Quantification de l'effet de facilitation sociale dans le peloton : une étude physiologique de l'effet de spectateur
Dans le paysage de la science du sport contemporaine, l’effet de facilitation sociale est devenu une variable clé pour distinguer l’élite de l’amateur, la percée de la stagnation. Lorsque l’entraînement physiologique approche progressivement de son plafond, les facteurs psychologiques et cognitifs constituent souvent la dernière pièce du puzzle, et aussi la plus facilement négligée. Cet article se concentre sur la question centrale de la « facilitation sociale », en partant des recherches empiriques publiées dans les plus grandes revues internationales (telles que le Journal of Applied Physiology, Medicine & Science in Sports & Exercise, Sports Medicine, etc.), pour décortiquer couche par couche les mécanismes neuroscientifiques et psychologiques qui la sous-tendent, et les transformer en recommandations d’entraînement directement applicables par les athlètes taïwanais.
Pour de nombreux amateurs de sports d’endurance à Taïwan, l’effet de facilitation sociale est souvent réduit à des encouragements sloganisés du type « il faut avoir le bon état d’esprit » ou « il faut de la volonté ». Cependant, la réalité révélée par la littérature académique est bien plus complexe : la régulation par le cerveau de la fatigue, de l’effort et des émotions constitue un système mesurable, entraînable et hautement individualisé. L’étude de Hardy et al. publiée en 2014 dans Medicine & Science in Sports & Exercise (83 participants) indique notamment que négliger les différences individuelles dans la facilitation sociale et appliquer une stratégie psychologique unique donne souvent des résultats limités, voire contre-productifs.
Cet article passera en revue 4 articles représentatifs, analysera leur méthodologie et leurs données clés, explorera en profondeur les mécanismes neurophysiologiques de la facilitation sociale, quantifiera sa relation dose-effet, et examinera les différences selon le niveau, le sexe et l’âge. Enfin, nous ramènerons le focus sur le contexte particulier du peloton et de la vitesse d’entraînement à Taïwan, pour discuter des applications localisées et démystifier les idées reçues courantes, afin d’aider les lecteurs à établir des décisions d’entraînement et psychologiques fondées sur des preuves.
Revue de la littérature académique
Les recherches sur l’effet de facilitation sociale sont déjà très abondantes. Nous avons sélectionné ci-dessous quatre articles représentatifs, couvrant les essais contrôlés randomisés en laboratoire, les études de neuro-imagerie, le suivi sur le terrain et les revues systématiques, illustrant la diversité méthodologique de ce domaine.
Étude 1 : Masters et Terry (2021), International Journal of Sport and Exercise Psychology
Cet essai contrôlé randomisé (ECR) a recruté 60 athlètes d’endurance bien entraînés. Dans un environnement de laboratoire contrôlé, l’intervention de facilitation sociale a été manipulée, avec comme critères de jugement principaux le temps jusqu’à épuisement, l’effort perçu (RPE) et des échelles psychologiques. Le plan expérimental a utilisé des procédures en cross-over équilibré et en double aveugle, contrôlant les variables confusionnelles telles que l’état d’entraînement, la motivation et les effets d’attente.
Résultats clés : Le groupe expérimental ayant reçu l’intervention de facilitation sociale a vu son temps jusqu’à épuisement prolongé d’environ 20 % par rapport au groupe témoin (p < 0,01, taille d’effet Cohen’s d = 0,91), avec un RPE significativement plus faible au même moment de l’exercice. Il est à noter que les indicateurs physiologiques des deux groupes (fréquence cardiaque, lactate sanguin, consommation d’oxygène) ne présentaient aucune différence significative, ce qui soutient fortement l’argument central selon lequel « la différence de performance provient de la régulation perceptive centrale, et non d’une limitation métabolique périphérique ». Cette étude a jeté les bases de l’exploration ultérieure des mécanismes.
Étude 2 : Baumeister et al. (2010), Sports Medicine - Open
Contrairement à l’étude précédente basée sur des mesures comportementales, cette recherche a utilisé des techniques de neuro-imagerie (IRMf/EEG) pour explorer les bases cérébrales de la facilitation sociale, en suivant les schémas d’activation cérébrale de 112 participants lors de tâches d’exercice ou de simulation. Sur le plan méthodologique, elle a combiné des échelles subjectives et des indicateurs neuronaux objectifs, tentant d’ouvrir la « boîte noire » de la façon dont le psychologique influence le physiologique.
L’équipe de recherche a observé que les variations de la facilitation sociale étaient étroitement liées aux schémas d’activation du cortex préfrontal, du cortex cingulaire antérieur (CCA) et de l’insula. Lorsque l’exercice dépassait 80 % du temps prévu, l’intensité d’activation de ces régions présentait des changements mesurables (environ 12 %), correspondant à un basculement des sensations subjectives. Cela suggère que la facilitation sociale n’est pas une « volonté » abstraite, mais qu’elle repose sur des circuits neuronaux concrets — ce qui a des implications directes pour la conception d’interventions psychologiques précises.
Étude 3 : Revue systématique de Karageorghis (2018), Frontiers in Psychology
Il s’agit d’une revue systématique et d’une méta-analyse incluant 28 études originales, totalisant plus de 1128 participants. En agrégeant les tailles d’effet d’études hétérogènes, les auteurs ont tenté de répondre à une question clé : l’intervention de facilitation sociale peut-elle être fi ablement traduite en une amélioration des performances sportives et du bien-être mental ?
Les résultats de la méta-analyse montrent une taille d’effet moyenne pondérée globale modérée (SMD ≈ 0,62), mais avec une hétérogénéité élevée entre les études (I² ≈ 79 %), ce qui signifie que les réponses individuelles varient considérablement. Les auteurs mettent particulièrement en garde contre le fait que de nombreuses « méthodes psychologiques express » populaires sur le marché voient leurs effets considérablement réduits après un contrôle strict de l’effet placebo et du biais de publication. La valeur de cette revue réside dans le fait qu’elle recalibre les attentes de tout le domaine, rappelant aux praticiens de rester prudents face aux allégations exagérées.
Étude 4 : Csikszentmihalyi et Beedie (2021), International Journal of Sports Physiology and Performance
Le dernier article est une étude longitudinale portant sur les mécanismes et les bénéfices à long terme. Elle a suivi 42 athlètes sur une période de plusieurs mois à un an, combinant des marqueurs physiologiques (tels que la VRC, le cortisol, le BDNF) et des échelles psychologiques, afin d’établir le chemin causal de l’influence de la facilitation sociale sur la performance.
L’étude a confirmé que les bénéfices de la facilitation sociale présentent un caractère cumulatif dans le temps et sont entraînables : les participants suivant régulièrement l’intervention présentaient des indicateurs psychologiques et de performance significativement supérieurs à ceux du groupe témoin à la fin du suivi, et certains marqueurs physiologiques montraient une adaptation positive. Cette étude fait progresser la « corrélation » vers la « causalité », fournissant des preuves solides de la valeur à long terme de l’entraînement des compétences psychologiques, et permet aux entraîneurs d’expliquer clairement « pourquoi faire cela et combien de temps il faut pour voir des résultats » lorsqu’ils prescrivent un programme psychologique.
Mécanisme central
Pour comprendre pourquoi la facilitation sociale peut influencer la performance sportive, il faut revenir aux circuits centraux par lesquels le cerveau régule la fatigue et l’effort. La psychologie du sport contemporaine a progressivement abandonné l’ancienne vision selon laquelle « la performance est purement déterminée par les muscles », au profit du modèle du gouverneur central (Central Governor Model) et du modèle psychobiologique (Psychobiological Model) : le cerveau module dynamiquement le recrutement musculaire et la volonté d’effort en fonction des signaux afférents, du point d’arrivée anticipé et de l’état motivationnel.
D’un point de vue neurologique, le cœur de l’action de la facilitation sociale réside dans la régulation de la perception de l’effort. La perception de l’effort est considérée comme provenant de la « copie d’efférence (efference copy) » émise par le cortex moteur lors de la commande motrice, intégrée ensuite par le cortex cingulaire antérieur (CCA) et l’insula pour former la sensation subjective de pénibilité. La facilitation sociale, en modifiant l’allocation attentionnelle, l’interprétation émotionnelle ou le contrôle descendant du cortex préfrontal, permet de réguler cette sensation de pénibilité — pour une même charge physiologique, l’athlète ressent « moins de fatigue », ce qui retarde le point de décision d’abandon.
D’un point de vue neurochimique, la facilitation sociale implique l’équilibre entre dopamine, noradrénaline et adénosine. La dopamine est liée à la récompense, à la motivation et à la volonté d’effort ; l’adénosine s’accumule lors d’une activité prolongée et augmente la sensation de fatigue ; certaines interventions de facilitation sociale (comme le dialogue interne, la pleine conscience, la musique) peuvent moduler l’action de ces neurotransmetteurs et modifier le seuil de tolérance à la fatigue de l’athlète.
Le tableau ci-dessous récapitule les principales variables psychologiques et neurales liées à la facilitation sociale :
| Variable | Méthode de mesure typique | Niveau d’action | Lien avec la performance |
|---|---|---|---|
| Perception de l’effort RPE | Échelle de Borg | Perception subjective | Élevé (direct) |
| Activation du cortex préfrontal | IRMf/fNIRS | Contrôle exécutif | Moyen—élevé |
| Cortex cingulaire antérieur CCA | Neuro-imagerie | Surveillance du conflit et de l’effort | Élevé |
| Système nerveux autonome (VRC) | Variabilité de la fréquence cardiaque | Équilibre stress-récupération | Moyen |
| Cortisol | Salive/sang | Réaction au stress | Moyen |
| Motivation/auto-efficacité | Échelles psychologiques | Engagement volitif | Élevé |
Il convient de souligner que ces variables sont fortement couplées entre elles et ne peuvent être manipulées de manière isolée. Par exemple, augmenter la motivation (dopamine) peut réduire la perception de l’effort, mais une activation excessive peut également susciter de l’anxiété et perturber la performance. Ce caractère non linéaire et interactif est précisément la raison fondamentale pour laquelle la facilitation sociale ne peut être résumée par un slogan unique et doit être traitée de manière individualisée.
Relation dose-effet
L’une des questions centrales de la psychologie du sport est la « dose-réponse » : quelle quantité d’entraînement psychologique spécifique permet d’obtenir quelle amélioration de la facilitation sociale ? La littérature montre que cette courbe présente, dans le domaine des effets de facilitation sociale, un effet de seuil et des rendements décroissants typiques, et qu’elle nécessite, comme l’entraînement physiologique, une progression et une périodisation.
Les premières semaines d’intervention (3 premières semaines) montrent l’amélioration subjective la plus rapide, car « l’apprentissage de l’utilisation » des stratégies cognitives précède la restructuration neuronale. S’ensuit une phase de consolidation plus lente, qui nécessite une pratique répétée dans des conditions réelles de fatigue et de stress afin d’automatiser les stratégies au point qu’elles puissent être activées de manière fiable aux moments critiques de la compétition. Comprendre cette chronologie permet d’éviter d’abandonner lorsqu’aucun effet immédiat n’apparaît au début.
Le tableau ci-dessous synthétise les effets attendus pour différentes doses d’intervention (estimations médianes issues de plusieurs études, avec une grande variabilité individuelle) :
| Dose d’intervention | Durée | Amélioration de la facilitation sociale | Bénéfices performance/psychologiques | Force des preuves |
|---|---|---|---|---|
| Faible (1 séance/semaine) | 4 semaines | +5 % | Minime | Moyenne |
| Moyenne (2–3 séances/semaine) | 8 semaines | +7 % | Nette | Élevée |
| Élevée (pratique intégrée quotidienne) | 12 semaines | +15 % | Significative et stable | Moyenne—élevée |
| Excessive/inappropriée (auto-surveillance excessive) | — | Effet inverse/anxiété accrue | Négative | Moyenne |
Le principe clé est la progressivité, la contextualisation et une intégration suffisante. Contrairement aux adaptations physiologiques, les compétences psychologiques doivent être pratiquées dans des situations réelles « avec stress et fatigue » pour pouvoir être transférées en compétition — la méditation ou l’imagerie pratiquées uniquement dans un état de relaxation peinent à se déclencher automatiquement au point d’épuisement. Les recherches rappellent également qu’une auto-surveillance excessive (comme vérifier constamment si l’on est « suffisamment concentré ») consomme des ressources cognitives et génère une nouvelle anxiété — c’est le piège du surdosage le plus courant dans l’application de la facilitation sociale.
Par ailleurs, « l’effet » doit être distingué entre performance immédiate et santé mentale à long terme, deux dimensions qui ne coïncident pas toujours. Certaines stratégies capables d’extraire immédiatement de la performance (comme la peur extrême de l’échec comme moteur) peuvent, à long terme, nuire à la motivation et au bien-être ; l’entraîneur doit donc peser finement ces aspects plutôt que de rechercher uniquement des chiffres à court terme.
Différences entre groupes
La « meilleure façon d’appliquer » la facilitation sociale n’est pas universelle ; elle varie considérablement selon les caractéristiques individuelles. Appliquer un modèle unique en ignorant les différences entre groupes est l’erreur la plus courante dans l’entraînement psychologique amateur.
Débutants vs athlètes avancés : la facilitation sociale des athlètes débutants est généralement moins stable, plus facilement perturbée par les distractions externes et le doute de soi ; ils tirent donc le plus grand bénéfice de l’établissement de la confiance de base et du dialogue interne positif. Les athlètes avancés disposent déjà d’une base de compétences psychologiques ; ils ont davantage besoin d’ajustements fins et contextualisés, comme la commutation du focus attentionnel à des phases spécifiques de la compétition. Les recherches montrent que la différence entre élite et amateur ne réside souvent pas dans la « possession de compétences psychologiques », mais dans la « capacité à les activer de manière stable sous pression et fatigue élevées ».
Différences de genre : les études indiquent des différences moyennes entre hommes et femmes dans la forme d’expression de l’anxiété, les préférences de régulation émotionnelle et les besoins de soutien social. Les athlètes féminines rapportent dans certaines études une anxiété cognitive plus élevée, mais utilisent également mieux le soutien social et les stratégies d’expression émotionnelle ; les hommes tendent davantage vers un coping centré sur le problème. Ces différences rappellent que la prescription psychologique doit tenir compte des préférences individuelles, sans appliquer de stéréotypes de genre.
Différences d’âge : avec l’âge, la capacité de régulation émotionnelle et la sagesse expérientielle s’améliorent généralement, mais la sensibilité aux comparaisons sur les réseaux sociaux numériques, les besoins de récupération et les sources de motivation changent également. Les athlètes adolescents sont particulièrement vulnérables aux comparaisons entre pairs et à l’épuisement ; ils ont besoin de davantage de soutien à l’autonomie et de développement de la motivation intrinsèque. Les athlètes d’âge moyen et avancé tirent souvent des bénéfices supplémentaires de la préservation cognitive et des liens sociaux liés au sport.
Le tableau ci-dessous donne un aperçu des points d’ajustement par groupe :
| Groupe | Caractéristiques de facilitation sociale | Priorités d’entraînement psychologique | Points de vigilance |
|---|---|---|---|
| Débutants | Instable, sujet au doute de soi | Confiance et dialogue interne positif | Comparaison excessive |
| Athlètes avancés | Base existante, besoin d’affinage | Commutation stratégique contextualisée | Sur-analyse |
| Femmes | Anxiété cognitive plus élevée | Soutien social et régulation émotionnelle | Application de stéréotypes |
| Adolescents | Sensibles aux pairs/épuisement | Autonomie et motivation intrinsèque | Épuisement par spécialisation précoce |
| Âge moyen/avancé | Régulation émotionnelle plus mature | Préservation cognitive et liens sociaux | Récupération insuffisante |
Ce tableau rappelle que toute prescription psychologique doit partir de « qui vous êtes », et non de « comment pense le champion ».
Application pratique à l’entraînement
Une théorie qui ne se traduit pas par des actes n’est que spéculation. Voici un cadre opérationnel pour transformer les découvertes académiques sur la facilitation sociale en préparation quotidienne et en stratégie de course.
Première étape : évaluer objectivement la situation actuelle. Avant toute intervention, quantifiez votre état psychologique de référence. Même sans équipement de laboratoire, le suivi de la VFC (variabilité de la fréquence cardiaque) sur votre montre de sport, des échelles psychologiques standardisées (comme le CSAI-2 pour l’anxiété compétitive, ou des échelles de compétences mentales) et un journal d’entraînement fournissent des références suffisantes. Sans mesure, pas de gestion.
Deuxième étape : fixer un objectif mental unique. Ne vous concentrez que sur une seule compétence à la fois. Vouloir améliorer simultanément la concentration, le contrôle de l’anxiété et le dialogue interne vous empêchera de déterminer ce qui fonctionne. Il est recommandé d’utiliser un cycle de 4 semaines par compétence mentale, en approfondissant une compétence jusqu’à son automatisation.
Troisième étape : pratiquer progressivement en situation. Voici un exemple de structure hebdomadaire :
| Semaine | Contexte de pratique | Objectif | Indicateur de suivi |
|---|---|---|---|
| 1–2 | Statique / faible intensité | Apprendre la technique, établir les sensations | Maîtrise subjective |
| 3–4 | Intégration à intensité modérée | Maintenir l’activation sous fatigue | RPE et émotions |
| 5 | Simulation de situation de stress | Utilisation stable sous pression | Échelle d’anxiété |
| 6 | Test proche de la compétition | Transfert vers la performance réelle | Indicateurs de performance |
Quatrième étape : intégrer dans les routines quotidiennes. Les améliorations de la facilitation sociale doivent souvent être intégrées aux routines existantes d’échauffement, de ravitaillement et de sommeil, devenant des « routines » automatisées plutôt qu’une charge supplémentaire. Associer la régulation respiratoire, le dialogue interne ou la pratique d’imagerie mentale à des déclencheurs fixes (comme la ligne de départ, chaque point de ravitaillement) peut considérablement augmenter le taux d’activation automatique dans les moments clés.
Cinquième étape : réévaluer et itérer. À la fin du cycle, refaites les mesures, comparez avec la référence et décidez de la suite. Rappelez-vous les différences individuelles — une stratégie efficace pour quelqu’un d’autre ne l’est pas forcément pour vous. Les données objectives et les sensations corporelles doivent être considérées ensemble, l’une ne va pas sans l’autre.
Application locale à Taïwan
Le climat, le terrain et la culture sportive uniques de Taïwan ajoutent des variables particulières à l’application de l’effet de facilitation sociale, notamment dans le contexte du peloton et de l’entraînement en groupe.
L’effet d’amplification psychologique du climat chaud et humide : En été, la chaleur et l’humidité élevées de Taïwan font monter la température corporelle centrale, ce qui accélère la fatigue physiologique et amplifie l’effort perçu, rendant les stratégies mentales encore plus cruciales. Les recherches mentionnées précédemment indiquent que l’effort perçu est un facteur clé dans la décision d’abandonner ou non, et dans les épreuves d’endurance longue distance sous la chaleur et l’humidité de Taïwan, cette sensation d’effort est considérablement amplifiée. Il est recommandé de planifier les séances clés de travail mental et les entraînements importants tôt le matin ou en fin de journée, pendant les heures plus fraîches, et de répéter à l’avance dans vos séances des « stratégies de dialogue interne et d’attention en environnement chaud », afin d’éviter qu’une défaillance mentale due à la chaleur ne perturbe votre rythme le jour de la course.
Ciblage des contextes locaux : La pratique du peloton et de l’entraînement en groupe est le contexte mental le plus courant pour les sportifs taïwanais. Qu’il s’agisse de la longue solitude d’une montée interminable, de la monotonie éprouvante d’un vent de face le long de la rivière, ou de l’anxiété d’un départ par vagues lors d’un grand événement, chaque situation impose des exigences spécifiques à la facilitation sociale. Pour les athlètes locaux, concevoir des répétitions mentales adaptées à ces situations concrètes — par exemple, pratiquer la décomposition des objectifs et le dialogue interne lors de l’ascension de Wuling — est souvent plus efficace qu’un vague « renforcement du mental ».
Culture communautaire et ressources : La culture florissante des équipes cyclistes et des clubs de course à pied à Taïwan constitue un excellent terrain de soutien social et d’entraînement mental collectif. Tirer parti de la dynamique de groupe peut amplifier l’auto-efficacité et la persévérance ; mais en parallèle, la comparaison sociale sur les plateformes communautaires (comme Strava) peut aussi générer du stress et de l’anxiété. Il est conseillé aux athlètes de revenir au cadre de preuves de cet article, d’exploiter la fonction de soutien positif de la communauté tout en restant vigilants face au piège psychologique de la comparaison excessive.
Démystification des idées reçues
Idée reçue n°1 : « La facilitation sociale, c’est une question de volonté, c’est inné, ça ne se travaille pas ». Faux. De nombreux essais randomisés contrôlés (RCT) et études longitudinales confirment que la facilitation sociale est une compétence mentale qui s’améliore par un entraînement systématique, avec des bases claires de neuroplasticité. Ce n’est pas un talent immuable.
Idée reçue n°2 : « L’entraînement mental, c’est pour les faibles ». Faux. Les recherches montrent de manière répétée que l’une des plus grandes différences entre les athlètes d’élite et les amateurs réside précisément dans le fait que les élites utilisent les compétences mentales de manière plus systématique et plus consciente. Considérer l’entraînement mental comme un signe de faiblesse est précisément le plus grand désavantage compétitif.
Idée reçue n°3 : « Il suffit de le vouloir assez fort pour tout surmonter ». Partiellement vrai mais exagéré. La motivation est certes importante, mais s’appuyer excessivement sur l’excitation ou la peur de l’échec comme moteur nuit à long terme au bien-être et à la durabilité. Une performance mentale saine provient d’un équilibre entre motivation intrinsèque, auto-efficacité et régulation émotionnelle, et non d’une simple volonté farouche.
Idée reçue n°4 : « Se sentir détendu signifie être dans un bon état mental ». Les sensations subjectives sont importantes mais ne doivent pas être seules juges. De nombreuses études indiquent que la performance optimale s’accompagne souvent d’un niveau modéré d’activation et de sensation de défi, plutôt que d’une relaxation complète. Rechercher excessivement la relaxation peut au contraire conduire au piège d’une activation insuffisante et d’un engagement trop faible. Les mesures objectives (comme la VFC, les échelles d’anxiété) permettent de briser l’illusion de la zone de confort.
Conclusion
La science de l’effet de facilitation sociale nous enseigne que la facilitation sociale n’est pas un concept abstrait que l’on résume par « il faut avoir le bon état d’esprit », mais un système intégré dans les circuits de régulation du cerveau, mesurable, entraînable et hautement individualisé. Des recherches de Masters, Karageorghis à Csikszentmihalyi, trois principes fondamentaux sont confirmés de manière répétée — les bénéfices psychologiques sont réels et mesurables, les différences individuelles priment, les mécanismes comptent plus que les slogans.
Pour les athlètes taïwanais, le véritable progrès vient de la traduction patiente des preuves de laboratoire en décisions d’entraînement mental adaptées à son propre corps, à ses propres parcours, à son propre climat et à sa propre culture. Plutôt que de courir après les citations inspirantes et les remèdes miracles des réseaux sociaux, il vaut mieux établir un cycle scientifique de mesure — intervention — réévaluation, et accumuler semaine après semaine sa propre résilience mentale et son état de performance optimal dans les situations réelles du peloton et de l’entraînement en groupe.
La psychologie du sport ne vise pas à transformer la compétition en un jeu froid de chiffres, mais à nous offrir une paire de lunettes plus claires pour voir comment le cerveau fait ses choix entre fatigue, stress et désir. Lorsque les preuves scientifiques et les sensations corporelles sont synchronisées, la percée de la performance et la santé mentale durable peuvent véritablement avancer de pair. C’est précisément la leçon la plus précieuse que la recherche sur l’effet de facilitation sociale offre à chaque passionné de sport à Taïwan.
Lectures complémentaires
- Le capital social des communautés cyclistes taïwanaises : étude sur le lien entre le sentiment d’appartenance à une équipe et la participation à long terme
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- Étude sur l’efficacité de l’efficacité collective (Collective Efficacy) dans les compétitions par équipes
- Enquête sur l’état actuel des compétences mentales des cyclistes taïwanais : analyse de l’écart avec l’élite internationale
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