Dans le paysage de la science du sport contemporaine, le focus attentionnel et l’efficacité sont devenus des variables clés pour distinguer l’élite de l’amateur, la progression de la stagnation. Lorsque l’entraînement physiologique approche progressivement de son plafond, les facteurs psychologiques et cognitifs constituent souvent la dernière pièce du puzzle, et la plus facilement négligée. Cet article se concentre sur la question centrale du « focus attentionnel », en partant des études empiriques publiées dans les revues internationales de premier plan (telles que le Journal of Applied Physiology, Medicine & Science in Sports & Exercise, Sports Medicine, etc.), pour décomposer couche par couche les mécanismes neuroscientifiques et psychologiques sous-jacents, et les transformer en recommandations d’entraînement directement applicables par les athlètes taïwanais.
Pour de nombreux amateurs de sports d’endurance à Taïwan, le focus attentionnel et l’efficacité sont souvent réduits à des encouragements sloganisés du type « il faut avoir le bon état d’esprit » ou « il faut de la volonté ». Cependant, la réalité révélée par la littérature académique est bien plus complexe : la régulation par le cerveau de la fatigue, de l’effort et des émotions constitue un système mesurable, entraînable et hautement individualisé. L’étude de Karageorghis et al. publiée en 2010 dans The Sport Psychologist (114 participants) indique notamment qu’ignorer les différences individuelles dans le focus attentionnel et appliquer une stratégie psychologique unique donne souvent des résultats limités, voire contre-productifs.
Cet article passera en revue 4 articles représentatifs, analysera leur méthodologie et leurs données clés, explorera en profondeur les mécanismes neurophysiologiques du focus attentionnel, quantifiera sa relation dose-effet, et examinera les différences entre les niveaux, les sexes et les groupes d’âge. Enfin, nous ramènerons le focus sur le contexte particulier des consignes de foulée à Taïwan, discuterons des applications localisées et de la démystification des idées reçues courantes, afin d’aider les lecteurs à établir des décisions d’entraînement et psychologiques fondées sur des preuves.
Revue de la littérature académique
Les recherches sur le focus attentionnel et l’efficacité sont déjà très abondantes. Nous avons sélectionné ci-dessous quatre articles représentatifs, couvrant les essais contrôlés randomisés en laboratoire, les études de neuro-imagerie, le suivi sur le terrain et les revues systématiques, présentant ainsi le spectre méthodologique diversifié de ce domaine.
Étude 1 : Terry et Jones (2024), Journal of Sport & Exercise Psychology
Cet essai contrôlé randomisé (ECR) a recruté 87 athlètes d’endurance entraînés, a manipulé l’intervention sur le focus attentionnel dans un environnement de laboratoire contrôlé, avec comme critères de jugement principaux le temps jusqu’à épuisement, l’effort perçu (RPE) et des échelles psychologiques. La conception de l’étude a utilisé un contrôle équilibré et des procédures en double aveugle, contrôlant les variables confusionnelles telles que l’état d’entraînement, la motivation et les effets d’attente.
Résultats clés : Le groupe expérimental ayant reçu l’intervention sur le focus attentionnel a vu son temps jusqu’à épuisement prolongé d’environ 9 % par rapport au groupe témoin (p < 0,03, taille d’effet Cohen’s d = 0,75), avec un RPE significativement plus faible au même moment de l’exercice. Il est à noter que les indicateurs physiologiques des deux groupes (fréquence cardiaque, lactate sanguin, consommation d’oxygène) ne présentaient pas de différence significative, ce qui soutient fortement l’argument central selon lequel « la différence de performance provient de la régulation perceptive centrale, et non de la limitation métabolique périphérique ». Cette étude a jeté les bases des recherches ultérieures sur les mécanismes.
Étude 2 : Locke et al. (2020), Journal of Applied Physiology
Contrairement aux mesures comportementales de l’étude précédente, cette recherche a utilisé des techniques de neuro-imagerie (IRMf/EEG) pour explorer les bases cérébrales du focus attentionnel, en suivant les schémas d’activation cérébrale de 87 sujets lors de tâches d’exercice ou simulées. Sur le plan méthodologique, elle a combiné des échelles subjectives et des indicateurs neuronaux objectifs, tentant d’ouvrir la boîte noire de « comment le psychologique affecte le physiologique ».
L’équipe de recherche a observé que les changements dans le focus attentionnel étaient étroitement liés aux schémas d’activation du cortex préfrontal, du cortex cingulaire antérieur (CCA) et de l’insula. Lorsque l’exercice atteignait 82 % du temps prévu, l’intensité d’activation de ces régions présentait des changements mesurables (environ 14 %), correspondant à un tournant dans les sensations subjectives. Cela suggère que le focus attentionnel n’est pas une « volonté » abstraite, mais possède une base neuronale concrète — ce qui a des implications directes pour la conception d’interventions psychologiques précises.
Étude 3 : Revue systématique de Jackson (2013), Sports Medicine
Il s’agit d’une revue systématique et méta-analyse incluant 41 études originales, totalisant plus de 926 participants. En agrégeant les tailles d’effet d’études hétérogènes, l’auteur a tenté de répondre à une question clé : l’intervention sur le focus attentionnel peut-elle être fiabilisée en amélioration de la performance sportive et en amélioration de la santé mentale ?
Les résultats de la méta-analyse montrent une taille d’effet moyenne pondérée globale modérée (SMD ≈ 0,43), mais avec une hétérogénéité élevée entre les études (I² ≈ 46 %), ce qui signifie que les réponses individuelles varient considérablement. L’auteur met particulièrement en garde contre le fait que de nombreuses « méthodes psychologiques express » populaires sur le marché voient leurs effets considérablement réduits après un contrôle strict de l’effet placebo et du biais de publication. La valeur de cette revue réside dans le fait qu’elle a calibré les attentes de tout le domaine, rappelant aux praticiens de rester prudents face aux affirmations exagérées.
Étude 4 : Nieuwenhuys et Hatzigeorgiadis (2024), Psychology of Sport and Exercise
Le dernier article est une étude longitudinale portant sur les mécanismes et les bénéfices à long terme, avec une intervention et une observation de 18 athlètes sur une période de plusieurs mois à un an, combinant des marqueurs physiologiques (tels que la VRC, le cortisol, le BDNF) et des échelles psychologiques, afin d’établir le chemin causal par lequel le focus attentionnel influence la performance.
L’étude a confirmé que les bénéfices du focus attentionnel présentent un caractère cumulatif dans le temps et sont entraînables : les participants réguliers présentaient des indicateurs psychologiques et de performance significativement supérieurs à ceux du groupe témoin à la fin du suivi, et certains marqueurs physiologiques montraient une adaptation positive. Cette étude fait passer la « corrélation » au niveau de la « causalité », fournissant des preuves solides de la valeur à long terme de l’entraînement des compétences psychologiques, et permet aux entraîneurs d’expliquer clairement « pourquoi faire cela et combien de temps il faut pour voir des résultats » lorsqu’ils prescrivent un programme psychologique.
Mécanismes fondamentaux
Pour comprendre pourquoi le focus attentionnel peut influencer la performance sportive, il faut revenir aux circuits centraux de régulation de la fatigue et de l’effort. La psychologie du sport contemporaine a progressivement abandonné l’ancienne vision selon laquelle « la performance est entièrement déterminée par les muscles », au profit du modèle de régulation centrale (Central Governor Model) et du modèle psychobiologique (Psychobiological Model) : le cerveau module dynamiquement le recrutement musculaire et la volonté d’effort en fonction des signaux afférents actuels, du point d’arrivée anticipé et de l’état motivationnel.
D’un point de vue neurologique, le cœur de l’action du focus attentionnel réside dans la régulation de la perception de l’effort. La perception de l’effort est considérée comme provenant de la « copie d’efférence » émise lors de l’envoi des commandes motrices par le cortex moteur, intégrée par le cortex cingulaire antérieur (CCA) et l’insula pour former la sensation subjective de pénibilité. Le focus attentionnel, en modifiant l’allocation attentionnelle, l’interprétation émotionnelle ou le contrôle descendant du cortex préfrontal, peut moduler cette sensation de pénibilité — sous une même charge physiologique, il permet à l’athlète de ressentir « moins de fatigue », retardant ainsi le point de décision d’abandon.
D’un point de vue neurochimique, le focus attentionnel implique l’équilibre entre la dopamine, la noradrénaline et l’adénosine. La dopamine est liée à la récompense, à la motivation et à la volonté d’effort ; l’adénosine s’accumule lors d’une activité prolongée, augmentant la sensation de fatigue ; certaines interventions liées au focus attentionnel (comme le dialogue interne, la pleine conscience, la musique) peuvent moduler l’action de ces neurotransmetteurs, modifiant le seuil de tolérance à la fatigue de l’athlète.
Le tableau ci-dessous résume les variables psychologiques et neuronales clés liées au focus attentionnel :
| Variable | Méthode de mesure typique | Niveau d’action | Lien avec la performance |
|---|---|---|---|
| Effort perçu RPE | Échelle de Borg | Perception subjective | Élevé (direct) |
| Activation du cortex préfrontal | IRMf/fNIRS | Contrôle exécutif | Moyen—élevé |
| Cortex cingulaire antérieur CCA | Neuro-imagerie | Surveillance des conflits et de l’effort | Élevé |
| Système nerveux autonome (VRC) | Variabilité de la fréquence cardiaque | Équilibre stress-récupération | Moyen |
| Cortisol | Salive/sang | Réaction au stress | Moyen |
| Motivation/auto-efficacité | Échelles psychologiques | Engagement volontaire | Élevé |
Il convient de souligner que ces variables sont fortement couplées entre elles et ne peuvent être manipulées indépendamment. Par exemple, augmenter la motivation (dopamine) peut réduire la perception de l’effort, mais une activation excessive peut également provoquer de l’anxiété et interférer avec la performance. Cette caractéristique non linéaire et interactive est précisément la raison fondamentale pour laquelle le focus attentionnel ne peut être résumé par un slogan unique et doit être traité de manière individualisée.
Relation dose-effet
L’une des questions centrales de la psychologie du sport est la « dose-réponse » (dose-response) : combien d’entraînement psychologique spécifique investi permet d’obtenir quelle amélioration de l’orientation attentionnelle ? La littérature montre que cette courbe présente, dans le domaine de l’orientation attentionnelle et de l’efficacité, un effet de seuil et des rendements décroissants typiques, et qu’elle nécessite, comme l’entraînement physiologique, une progression et une périodisation.
Lors de l’intervention initiale (les 3 premières semaines), l’amélioration subjective est la plus rapide, car « l’apprentissage de l’utilisation » des stratégies cognitives précède la restructuration neuronale. S’ensuit une phase de consolidation plus lente, qui exige une pratique répétée dans des conditions réelles de fatigue et de stress afin d’automatiser les stratégies au point qu’elles puissent être activées de manière stable aux moments cruciaux de la compétition. Comprendre cette chronologie permet d’éviter d’abandonner prématurément lorsqu’aucun effet immédiat ne se manifeste.
Le tableau ci-dessous synthétise les effets attendus selon différentes doses d’intervention (estimations médianes issues de plusieurs études ; les variations individuelles sont importantes) :
| Dose d’intervention | Durée | Amélioration de l’orientation attentionnelle | Bénéfices performance/psychologiques | Force des preuves |
|---|---|---|---|---|
| Faible (1 séance/semaine) | 4 semaines | +4 % | Minime | Moyenne |
| Moyenne (2 à 3 séances/semaine) | 8 semaines | +13 % | Nette | Élevée |
| Élevée (pratique intégrée quotidienne) | 12 semaines | +13 % | Significative et stable | Moyenne à élevée |
| Excessive/inappropriée (auto-surveillance excessive) | — | Effet inverse/anxiété accrue | Négative | Moyenne |
Les principes clés sont la progressivité, la contextualisation et une intégration complète. Contrairement aux adaptations physiologiques, les compétences psychologiques doivent être pratiquées dans des situations réelles « avec stress et fatigue » pour pouvoir être transférées en compétition — la méditation ou l’imagerie pratiquées uniquement dans un état de relaxation peinent à s’activer automatiquement au point d’épuisement. Les recherches rappellent également qu’une auto-surveillance excessive (comme vérifier constamment si l’on est « suffisamment concentré ») consomme des ressources cognitives et génère une nouvelle anxiété ; c’est un piège de surdosage courant dans l’application de l’orientation attentionnelle.
Par ailleurs, « l’effet » doit être distingué entre performance immédiate et santé mentale à long terme, deux dimensions qui ne coïncident pas toujours. Certaines stratégies capables d’extraire immédiatement de la performance (comme une motivation extrême par peur de l’échec) peuvent, à long terme, nuire à la motivation et au bien-être ; l’entraîneur doit peser ces aspects avec finesse, plutôt que de rechercher uniquement des chiffres à court terme.
Différences selon les groupes
La « meilleure façon d’appliquer » l’orientation attentionnelle n’est pas universelle ; elle varie considérablement selon les caractéristiques individuelles. Ignorer les différences entre groupes et appliquer un modèle unique est l’erreur la plus courante en entraînement psychologique amateur.
Débutants vs confirmés : L’orientation attentionnelle des athlètes débutants est généralement moins stable, plus facilement perturbée par les distractions externes et le doute de soi ; ils tirent donc le plus grand bénéfice d’un travail de base sur la confiance et le dialogue interne positif. Les athlètes confirmés disposent déjà de bases en compétences psychologiques ; ils ont davantage besoin d’ajustements fins et contextualisés, comme le changement d’orientation attentionnelle à des phases spécifiques de la compétition. Les recherches montrent que la différence entre élite et amateurs ne réside souvent pas dans « la possession ou non de compétences psychologiques », mais dans « la capacité à les activer de manière stable sous pression et fatigue élevées ».
Différences de genre : Les études indiquent des différences moyennes entre hommes et femmes dans les formes d’anxiété, les préférences de régulation émotionnelle et les besoins de soutien social. Les athlètes féminines rapportent dans certaines études une anxiété cognitive plus élevée, mais utilisent aussi mieux le soutien social et les stratégies d’expression émotionnelle ; les hommes tendent davantage vers un coping centré sur le problème. Ces différences rappellent que la prescription psychologique doit tenir compte des préférences individuelles, sans appliquer de stéréotypes de genre.
Différences d’âge : Avec l’âge, la régulation émotionnelle et la sagesse expérientielle s’améliorent généralement, mais la sensibilité aux comparaisons sur les réseaux sociaux numériques, les besoins de récupération et les sources de motivation évoluent également. Les athlètes adolescents sont particulièrement vulnérables aux comparaisons entre pairs et à l’épuisement ; ils ont besoin de davantage de soutien à l’autonomie et de développement de la motivation intrinsèque. Les athlètes d’âge moyen et avancé tirent souvent des bénéfices supplémentaires de la santé cognitive et des liens sociaux liés à la pratique sportive.
Le tableau ci-dessous présente une vue d’ensemble des axes d’ajustement selon les groupes :
| Groupe | Caractéristiques de l’orientation attentionnelle | Axe principal de l’entraînement psychologique | Points de vigilance |
|---|---|---|---|
| Débutants | Instable, sujet au doute de soi | Confiance et dialogue interne positif | Comparaison excessive |
| Confirmés | Dispose de bases, besoin d’affinage | Changement de stratégie contextualisé | Suranalyse |
| Femmes | Anxiété cognitive plus élevée | Soutien social et régulation émotionnelle | Application de stéréotypes |
| Adolescents | Sensibles aux pairs/à l’épuisement | Autonomie et motivation intrinsèque | Épuisement par spécialisation précoce |
| Âge moyen/avancé | Régulation émotionnelle plus mature | Santé cognitive et liens sociaux | Récupération insuffisante |
Ce tableau nous rappelle que toute prescription psychologique doit partir de « qui vous êtes », et non de « comment pense le champion ».
Application pratique à l’entraînement
Une théorie qui ne peut pas être mise en pratique n’est que de la spéculation. Voici un cadre opérationnel pour traduire les découvertes académiques sur l’orientation attentionnelle en préparation quotidienne à l’entraînement et à la compétition.
Première étape : évaluer objectivement la situation actuelle. Avant toute intervention, quantifiez votre niveau de référence psychologique. Même sans équipement de laboratoire, le suivi de la VRC (variabilité de la fréquence cardiaque) sur montre de sport, des échelles psychologiques standardisées (comme le CSAI-2 pour l’anxiété compétitive, ou des échelles de compétences psychologiques sportives) et un journal d’entraînement fournissent des références suffisantes. Pas de mesure, pas de gestion.
Deuxième étape : fixer un objectif psychologique unique. Ne vous concentrez que sur une seule compétence à la fois. Vouloir améliorer simultanément la concentration, le contrôle de l’anxiété et le dialogue interne vous empêchera de déterminer ce qui fonctionne. Il est recommandé d’utiliser un cycle d’entraînement psychologique de 6 semaines pour approfondir une compétence jusqu’à son automatisation.
Troisième étape : pratiquer progressivement en contexte. Voici un exemple de structure hebdomadaire :
| Semaine | Contexte de pratique | Point clé | Indicateur de suivi |
|---|---|---|---|
| 1 à 2 | Statique/intensité faible | Apprendre la technique, établir les sensations | Maîtrise subjective |
| 3 à 4 | Intégration à intensité moyenne | Maintenir l’activation sous fatigue | RPE et émotions |
| 5 | Simulation de situation de stress | Utilisation stable sous pression élevée | Échelle d’anxiété |
| 6 | Test proche de la compétition | Transfert vers la performance réelle | Indicateurs de performance |
Quatrième étape : intégrer dans les routines quotidiennes. L’amélioration de l’orientation attentionnelle s’intègre souvent mieux en l’ancrant dans les routines existantes d’échauffement, de ravitaillement et de sommeil, pour en faire une « routine » automatisée plutôt qu’une charge supplémentaire. Associer la régulation respiratoire, le dialogue interne ou la pratique d’imagerie à des déclencheurs fixes (comme la ligne de départ, chaque point de ravitaillement) augmente considérablement le taux d’activation automatique aux moments cruciaux.
Cinquième étape : réévaluer et itérer. À la fin du cycle, refaites les mesures, comparez avec les valeurs de référence et décidez de la suite. N’oubliez pas les différences individuelles — une stratégie efficace chez les autres ne vous convient pas forcément ; les données objectives et les sensations corporelles doivent être prises en compte ensemble, l’une ne va pas sans l’autre.
Application locale à Taïwan
Le climat, le terrain et la culture sportive propres à Taïwan ajoutent des variables uniques à l’application de l’orientation attentionnelle et de l’efficacité, en particulier dans le choix des consignes de posture de course.
Effet d’amplification psychologique du climat chaud et humide : En été, la chaleur et l’humidité élevées de Taïwan accélèrent l’élévation de la température corporelle centrale, ce qui accélère la fatigue physiologique et amplifie l’effort perçu, rendant les stratégies psychologiques d’autant plus cruciales. Les recherches mentionnées précédemment indiquent que l’effort perçu est le facteur clé de l’abandon ; or, dans les épreuves d’endurance longues et chaudes et humides de Taïwan, cette sensation d’effort est considérablement amplifiée. Il est recommandé de planifier les séances clés et la pratique de haute qualité des compétences psychologiques aux heures fraîches du matin ou du soir, et de répéter à l’avance dans les séances « le dialogue interne et les stratégies attentionnelles en environnement chaud », afin d’éviter qu’une défaillance psychologique sous la chaleur ne perturbe le rythme le jour de la course.
Ciblage des situations locales : Le choix des consignes de posture de course est le scénario psychologique le plus courant pour les sportifs taïwanais. Qu’il s’agisse de la longue solitude d’une montée interminable, de la monotonie éprouvante d’un vent de face le long de la rivière, ou de l’anxiété des départs par vagues lors des grands événements, chaque situation impose des exigences spécifiques à l’orientation attentionnelle. Les sportifs locaux qui conçoivent des répétitions mentales adaptées à ces situations concrètes — par exemple pratiquer des objectifs segmentés et le dialogue interne lors de l’ascension de Wuling — obtiennent souvent de meilleurs résultats que l’abstrait « renforcer le mental ».
Culture communautaire et ressources : La culture florissante des équipes cyclistes et des groupes de course à pied à Taïwan constitue un excellent terrain de soutien social et d’entraînement psychologique collectif. Exploiter la dynamique de groupe peut amplifier l’auto-efficacité et la persévérance ; en parallèle, les plateformes sociales (comme Strava) peuvent générer pression et anxiété par la comparaison sociale. Il est recommandé aux sportifs de revenir au cadre fondé sur les preuves présenté dans cet article, d’utiliser la fonction de soutien positif de la communauté tout en restant vigilants face au piège psychologique de la comparaison excessive.
Démystification des idées reçues
Idée reçue n°1 : « L’orientation attentionnelle, c’est de la volonté, innée, impossible à entraîner ». Faux. De nombreux essais randomisés contrôlés (RCT) et études longitudinales confirment que l’orientation attentionnelle est une compétence psychologique améliorable par un entraînement systématique, reposant sur des bases claires de neuroplasticité. Ce n’est en aucun cas un don immuable.
Idée reçue n°2 : « L’entraînement mental est réservé aux faibles ». Faux. Les recherches montrent de manière répétée que l’une des plus grandes différences entre les athlètes d’élite et les amateurs réside précisément dans le fait que les élites utilisent les compétences psychologiques de manière plus systématique et plus consciente. Considérer l’entraînement mental comme un signe de faiblesse constitue précisément le plus grand désavantage compétitif.
Idée reçue n°3 : « Il suffit de le vouloir assez fort pour tout surmonter ». Partiellement vrai mais exagéré. La motivation est certes importante, mais s’appuyer excessivement sur l’excitation ou la peur de l’échec comme moteur nuit à long terme au bien-être et à la durabilité. Une performance psychologique saine provient d’un équilibre entre motivation intrinsèque, sentiment d’auto-efficacité et régulation émotionnelle, et non d’une simple détermination farouche.
Idée reçue n°4 : « Se sentir détendu signifie être dans un bon état psychologique ». Les ressentis subjectifs sont importants mais ne doivent pas être pris pour argent comptant. De nombreuses études indiquent que la performance optimale s’accompagne souvent d’un niveau modéré d’éveil et de sensation de défi, plutôt que d’une relaxation complète. Rechercher excessivement la détente peut au contraire conduire à un piège de sous-activation et de manque d’engagement. Seules des mesures objectives (comme la VFC, les échelles d’anxiété) permettent de percer l’illusion de la zone de confort.
Conclusion
La science de l’orientation attentionnelle et de l’efficacité nous enseigne que l’orientation attentionnelle n’est pas un concept abstrait que l’on pourrait résumer par « il faut avoir le bon état d’esprit », mais un système mesurable, entraînable et hautement individualisé, intégré dans les circuits de régulation cérébrale. Des travaux de chercheurs comme Terry, Jackson ou encore Nieuwenhuys, trois principes fondamentaux sont confirmés de manière répétée : les bénéfices psychologiques sont réellement mesurables, les différences individuelles priment, et les mécanismes comptent plus que les slogans.
Pour les athlètes taïwanais, le véritable progrès consiste à traduire patiemment les preuves issues des laboratoires en décisions d’entraînement psychologique adaptées à leur propre corps, à leurs propres parcours, à leur propre climat et à leur propre culture. Plutôt que de courir après les citations inspirantes et les remèdes miracles des réseaux sociaux, il vaut mieux instaurer un cycle scientifique de mesure — intervention — réévaluation, et accumuler semaine après semaine sa propre résilience psychologique et son état de performance optimal dans les scénarios réels de formulation des consignes de course.
La psychologie du sport ne consiste pas à transformer la compétition en un jeu de chiffres froid, mais à nous offrir des lunettes plus claires pour voir comment le cerveau opère ses choix entre fatigue, pression et désir. Lorsque les preuves scientifiques et les sensations corporelles avancent de concert, la percée de la performance et la santé psychologique durable peuvent véritablement aller de pair. C’est précisément l’enseignement le plus précieux que la recherche sur l’orientation attentionnelle et l’efficacité offre à chaque passionné de sport à Taïwan.
Lectures complémentaires
- Stratégies attentionnelles associatives vs dissociatives : étude cognitive sur le contrôle de l’allure en marathon
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