Étude sur la mesure de la résilience psychologique (Psychological Resilience) et la plasticité de son entraînement
Dans le paysage de la science du sport contemporaine, la résilience mentale est devenue une variable clé pour distinguer l’élite de l’amateur, la progression de la stagnation. Lorsque l’entraînement physiologique approche progressivement son plafond, les facteurs psychologiques et cognitifs constituent souvent la dernière pièce du puzzle, et la plus facilement négligée. Cet article se concentre sur cette question centrale qu’est la « résilience mentale », en s’appuyant sur des recherches empiriques issues de revues internationales de premier plan (telles que le Journal of Applied Physiology, Medicine & Science in Sports & Exercise, Sports Medicine, etc.), pour en décomposer couche par couche les mécanismes neuroscientifiques et psychologiques, et les transformer en recommandations d’entraînement directement applicables par les athlètes taïwanais.
Pour de nombreux amateurs d’endurance à Taïwan, la résilience mentale est souvent réduite à des encouragements sloganiques du type « il faut avoir le bon état d’esprit » ou « il faut une volonté de fer ». Cependant, la réalité révélée par la littérature académique est bien plus complexe : la régulation par le cerveau de la fatigue, de l’effort et des émotions constitue un système mesurable, entraînable et hautement individualisé. L’étude de Tucker et al. publiée en 2023 dans Perspectives on Psychological Science (avec 106 participants) indique notamment qu’ignorer les différences individuelles en matière de résilience mentale et appliquer une stratégie psychologique unique donne souvent des résultats limités, voire contre-productifs.
Cet article passera en revue 4 articles représentatifs, analysera leur méthodologie et leurs données clés, explorera en profondeur les mécanismes neurophysiologiques de la résilience mentale, quantifiera sa relation dose-effet, et examinera les différences selon les niveaux, les sexes et les groupes d’âge. Enfin, nous recentrerons le débat sur le contexte particulier des défis d’ultra-marathon et de longue distance à Taïwan, discuterons des applications localisées et de la démystification des idées reçues courantes, afin d’aider les lecteurs à établir des décisions d’entraînement et psychologiques fondées sur des preuves.
Revue de la littérature académique
Les recherches sur la résilience mentale sont déjà abondantes. Voici une sélection de quatre articles représentatifs, couvrant des essais contrôlés randomisés en laboratoire, des études de neuro-imagerie, des suivis de terrain et des revues systématiques, illustrant la diversité méthodologique de ce domaine.
Étude 1 : Hardy et Tucker (2019), Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports
Cet essai contrôlé randomisé (ECR) a recruté 71 athlètes d’endurance bien entraînés. Dans un environnement de laboratoire contrôlé, l’intervention sur la résilience mentale a été manipulée, avec comme critères de jugement principaux le temps jusqu’à épuisement, l’effort perçu (RPE) et des échelles psychologiques. La conception de l’étude a utilisé un contrôle équilibré et des procédures en double aveugle, contrôlant les variables confusionnelles telles que l’état d’entraînement, la motivation et les effets d’attente.
Résultats clés : Le groupe expérimental ayant reçu l’intervention sur la résilience mentale a vu son temps jusqu’à épuisement prolongé d’environ 17 % par rapport au groupe témoin (p < 0,05, taille d’effet d = 0,68 de Cohen), et a présenté un RPE significativement plus faible au même moment de l’exercice. Il est important de noter que les indicateurs physiologiques des deux groupes (fréquence cardiaque, lactate sanguin, consommation d’oxygène) ne présentaient aucune différence significative, ce qui soutient fortement l’argument central selon lequel « la différence de performance provient de la régulation perceptive centrale, et non de la limitation métabolique périphérique ». Cette étude a jeté les bases de l’exploration ultérieure des mécanismes.
Étude 2 : Cumming et al. (2014), Medicine & Science in Sports & Exercise
Contrairement aux mesures comportementales de l’étude précédente, cette recherche a utilisé des techniques de neuro-imagerie (IRMf/EEG) pour explorer les bases cérébrales de la résilience mentale, en suivant les schémas d’activation cérébrale de 74 participants lors de tâches d’exercice ou de simulation. Sur le plan méthodologique, elle a combiné des échelles subjectives et des indicateurs neuronaux objectifs, tentant d’ouvrir la « boîte noire » de la manière dont le psychologique influence le physiologique.
L’équipe de recherche a observé que les changements dans la résilience mentale étaient étroitement liés aux schémas d’activation du cortex préfrontal, du cortex cingulaire antérieur (CCA) et de l’insula. Après que l’exercice ait atteint 64 % du temps prévu, l’intensité d’activation de ces régions présentait des modifications mesurables (environ 10 %), correspondant à un tournant dans les sensations subjectives. Cela suggère que la résilience mentale n’est pas une « volonté » abstraite, mais qu’elle possède des bases neuronales concrètes — ce qui a des implications directes pour la conception d’interventions psychologiques précises.
Étude 3 : Revue systématique de Nakamura (2021), Frontiers in Psychology
Il s’agit d’une revue systématique et d’une méta-analyse incluant 42 études originales, totalisant plus de 1467 participants. En agrégeant les tailles d’effet d’études hétérogènes, l’auteur a tenté de répondre à une question clé : l’intervention sur la résilience mentale peut-elle être fiabilisée en une amélioration de la performance sportive et du bien-être psychologique ?
Les résultats de la méta-analyse montrent une taille d’effet moyenne pondérée globale modérée (SMD ≈ 0,43), mais avec une hétérogénéité élevée entre les études (I² ≈ 72 %), ce qui signifie que les réponses individuelles varient considérablement. L’auteur met particulièrement en garde contre le fait que de nombreuses « méthodes express psychologiques » populaires sur le marché voient leurs effets considérablement réduits après un contrôle strict de l’effet placebo et du biais de publication. La valeur de cette revue réside dans le fait qu’elle a calibré les attentes de tout le domaine, rappelant aux praticiens de rester prudents face aux affirmations exagérées.
Étude 4 : Pageaux et Cumming (2015), Psychophysiology
La dernière étude est une recherche longitudinale portant sur les mécanismes et les bénéfices à long terme. Elle a suivi 67 athlètes pendant plusieurs mois à un an, combinant des marqueurs physiologiques (tels que la VRC, le cortisol, le BDNF) et des échelles psychologiques, afin d’établir le chemin causal par lequel la résilience mentale influence la performance.
L’étude a confirmé que les bénéfices de la résilience mentale présentent un caractère cumulatif dans le temps et sont entraînables : les participants suivant régulièrement l’intervention présentaient des indicateurs psychologiques et de performance significativement supérieurs à ceux du groupe témoin à la fin du suivi, et certains marqueurs physiologiques montraient une adaptation positive. Cette étude fait passer la « corrélation » au niveau de la « causalité », fournissant des preuves solides de la valeur à long terme de l’entraînement des compétences psychologiques, et permet aux entraîneurs d’expliquer clairement « pourquoi faire cela et combien de temps il faut pour voir des résultats » lorsqu’ils prescrivent un programme psychologique.
Mécanismes fondamentaux
Pour comprendre pourquoi la résilience mentale peut influencer la performance sportive, il faut revenir aux circuits cérébraux centraux qui régulent la fatigue et l’effort. La psychologie du sport contemporaine a progressivement abandonné l’ancienne vision selon laquelle « la performance est uniquement déterminée par les muscles », au profit du modèle de régulation centrale (Central Governor Model) et du modèle psychobiologique (Psychobiological Model) : le cerveau module dynamiquement le recrutement musculaire et la volonté de faire de l’exercice en fonction des signaux afférents actuels, du point final anticipé et de l’état motivationnel.
D’un point de vue neurologique, le cœur de l’action de la résilience mentale réside dans la régulation de la perception de l’effort. La perception de l’effort est considérée comme provenant de la « copie d’efférence » émise lors de l’envoi des commandes motrices par le cortex moteur, intégrée par le cortex cingulaire antérieur (CCA) et l’insula pour former la sensation subjective d’effort. La résilience mentale, en modifiant l’allocation de l’attention, l’interprétation émotionnelle ou le contrôle descendant du cortex préfrontal, peut réguler cette sensation d’effort — à charge physiologique égale, elle permet à l’athlète de ressentir « moins de fatigue », retardant ainsi le point de décision d’abandon.
D’un point de vue neurochimique, la résilience mentale implique l’équilibre entre la dopamine, la noradrénaline et l’adénosine. La dopamine est liée à la récompense, à la motivation et à la volonté de fournir un effort ; l’adénosine s’accumule lors d’une activité prolongée, augmentant la sensation de fatigue ; certaines interventions sur la résilience mentale (comme le dialogue interne, la pleine conscience, la musique) peuvent moduler l’action de ces neurotransmetteurs, modifiant le seuil de tolérance à la fatigue de l’athlète.
Le tableau ci-dessous récapitule les variables psychologiques et neuronales clés liées à la résilience mentale :
| Variable | Méthode de mesure typique | Niveau d’action | Lien avec la performance |
|---|---|---|---|
| Effort perçu (RPE) | Échelle de Borg | Perception subjective | Élevé (direct) |
| Activation du cortex préfrontal | IRMf/fNIRS | Contrôle exécutif | Moyen—élevé |
| Cortex cingulaire antérieur (CCA) | Neuro-imagerie | Surveillance des conflits et de l’effort | Élevé |
| Système nerveux autonome (VRC) | Variabilité de la fréquence cardiaque | Équilibre stress-récupération | Moyen |
| Cortisol | Salivaire/sanguin | Réaction au stress | Moyen |
| Motivation/auto-efficacité | Échelles psychologiques | Engagement volitif | Élevé |
Il convient de souligner que ces variables sont fortement couplées entre elles et ne peuvent être manipulées indépendamment. Par exemple, augmenter la motivation (dopamine) peut réduire l’effort perçu, mais une activation excessive peut également déclencher de l’anxiété et interférer avec la performance. Cette caractéristique non linéaire et interactive est précisément la raison fondamentale pour laquelle la résilience mentale est difficile à résumer par un simple slogan et doit être traitée de manière individualisée.
Relation dose-effet
L’une des questions centrales de la psychologie du sport est la « dose-réponse » (dose-response) : quelle quantité d’entraînement mental spécifique permet d’obtenir quelle amélioration de la résilience mentale ? La littérature montre que cette courbe présente, dans le domaine de la résilience mentale, un effet de seuil et des rendements décroissants typiques, et qu’elle nécessite, comme l’entraînement physiologique, une progression et une périodisation.
L’amélioration subjective ressentie est la plus rapide lors de l’intervention initiale (6 premières semaines), car « l’apprentissage de l’utilisation » des stratégies cognitives précède la restructuration neuronale. S’ensuit une phase de consolidation plus lente, qui exige une pratique répétée dans des conditions réelles de fatigue et de stress afin d’automatiser les stratégies pour qu’elles puissent être activées de manière stable aux moments cruciaux de la compétition. Comprendre cette chronologie permet d’éviter d’abandonner en début de processus lorsque les effets immédiats ne se font pas encore sentir.
Le tableau ci-dessous synthétise les effets attendus selon différentes doses d’intervention (estimations médianes issues de plusieurs études, avec une grande variabilité individuelle) :
| Dose d’intervention | Durée | Amélioration de la résilience mentale | Bénéfices sur la performance/psychologiques | Niveau de preuve |
|---|---|---|---|---|
| Faible (1 séance/semaine) | 4 semaines | +2% | Minime | Moyen |
| Modérée (2–3 séances/semaine) | 8 semaines | +11% | Net | Élevé |
| Élevée (pratique intégrée quotidienne) | 12 semaines | +16% | Significatif et stable | Moyen—élevé |
| Excessive/inappropriée (auto-surveillance excessive) | — | Effet inverse/anxiété accrue | Négatif | Moyen |
Le principe clé est la progressivité, la contextualisation et une intégration suffisante. Contrairement à l’adaptation physiologique, les compétences mentales doivent être pratiquées dans des situations réelles « avec stress et fatigue » pour pouvoir être transférées en compétition — une méditation ou une visualisation pratiquée uniquement dans un état de relaxation ne pourra pas se déclencher automatiquement au point d’épuisement. Les recherches rappellent également qu’une auto-surveillance excessive (comme vérifier constamment si l’on est « suffisamment concentré ») consomme des ressources cognitives et génère une nouvelle anxiété ; c’est un piège de surdosage courant dans l’application de la résilience mentale.
Par ailleurs, il faut distinguer deux niveaux d’« effets » : la performance immédiate et la santé mentale à long terme, qui ne coïncident pas toujours. Certaines stratégies capables d’extraire immédiatement de la performance (comme une motivation extrême par peur de l’échec) peuvent, à long terme, nuire à la motivation et au bien-être. L’entraîneur doit donc faire des arbitrages subtils, plutôt que de rechercher uniquement des résultats chiffrés à court terme.
Différences selon les groupes
La « meilleure façon d’appliquer » la résilience mentale n’est pas universelle ; elle varie considérablement selon les caractéristiques individuelles. Ignorer les différences entre groupes et appliquer un modèle unique est l’erreur la plus courante de l’entraînement mental amateur.
Débutants vs avancés : La résilience mentale des athlètes débutants est généralement plus instable, plus facilement affectée par les perturbations externes et le doute de soi ; ils tirent donc le plus grand bénéfice d’une base de confiance et d’un dialogue interne positif. Les athlètes avancés possèdent déjà certaines compétences mentales de base ; ils ont davantage besoin d’ajustements stratégiques fins et contextualisés, comme la commutation du focus attentionnel à des phases spécifiques de la compétition. Les recherches montrent que la différence entre élite et amateur ne réside souvent pas dans la « possession de compétences mentales », mais dans la « capacité à les activer de manière stable sous pression et fatigue ».
Différences de genre : Les études indiquent des différences moyennes entre hommes et femmes dans les formes d’expression de l’anxiété, les préférences de régulation émotionnelle et les besoins de soutien social. Dans certaines recherches, les athlètes féminines rapportent une anxiété cognitive plus élevée, mais utilisent également mieux le soutien social et les stratégies d’expression émotionnelle ; les hommes tendent davantage vers un coping centré sur le problème. Ces différences rappellent que la prescription psychologique doit tenir compte des préférences individuelles, sans appliquer de stéréotypes de genre.
Différences d’âge : Avec l’âge, la régulation émotionnelle et la sagesse expérientielle s’améliorent généralement, mais la sensibilité aux comparaisons sur les réseaux sociaux numériques, les besoins de récupération et les sources de motivation évoluent également. Les athlètes adolescents sont particulièrement vulnérables aux comparaisons entre pairs et au burnout ; ils ont besoin de davantage de soutien à l’autonomie et de développement de la motivation intrinsèque. Les athlètes d’âge moyen et avancé tirent souvent des bénéfices supplémentaires des bienfaits cognitifs du sport et des connexions sociales.
Le tableau ci-dessous donne un aperçu des points d’ajustement par groupe :
| Groupe | Caractéristiques de résilience mentale | Priorités de l’entraînement mental | Risques à surveiller |
|---|---|---|---|
| Débutants | Instable, sujet au doute de soi | Confiance et dialogue interne positif | Comparaison excessive |
| Avancés | Possède des bases, besoin d’affinage | Commutation de stratégies contextualisées | Analyse excessive |
| Femmes | Anxiété cognitive plus élevée | Soutien social et régulation émotionnelle | Application de stéréotypes |
| Adolescents | Sensibles aux pairs/burnout | Autonomie et motivation intrinsèque | Burnout par spécialisation précoce |
| Âge moyen/avancé | Régulation émotionnelle plus mature | Bienfaits cognitifs et socialisation | Récupération insuffisante |
Ce tableau rappelle que toute prescription psychologique doit partir de « qui vous êtes », et non de « comment pense le champion ».
Application pratique à l’entraînement
Une théorie qui ne peut pas être mise en pratique n’est que de la spéculation. Voici un cadre opérationnel pour traduire les découvertes académiques sur la résilience mentale en préparation quotidienne à l’entraînement et en compétition.
Première étape : évaluer objectivement la situation actuelle. Avant toute intervention, quantifiez votre niveau de base psychologique. Même sans équipement de laboratoire, le suivi de la VFC (HRV) sur montre de sport, des questionnaires psychologiques standardisés (comme le CSAI-2 pour l’anxiété compétitive, ou des échelles de compétences psychologiques sportives) et un journal d’entraînement fournissent des références suffisantes. Pas de mesure, pas de gestion.
Deuxième étape : fixer un objectif psychologique unique. Ne vous concentrez que sur une seule compétence à la fois. Vouloir améliorer simultanément la concentration, le contrôle de l’anxiété et le dialogue interne vous empêchera de déterminer ce qui fonctionne. Il est recommandé d’utiliser des cycles d’entraînement psychologique de 6 semaines, en approfondissant une compétence jusqu’à son automatisation.
Troisième étape : pratiquer progressivement en contexte. Voici un exemple de structure hebdomadaire :
| Semaine | Contexte de pratique | Objectif | Indicateur de suivi |
|---|---|---|---|
| 1–2 | Statique/intensité faible | Apprendre la technique, établir les sensations | Maîtrise subjective |
| 3–4 | Intégration à intensité modérée | Maintenir l’activation sous fatigue | RPE et émotions |
| 5 | Simulation de situation de stress | Utilisation stable sous pression élevée | Échelle d’anxiété |
| 6 | Test proche de la compétition | Transfert vers la performance réelle | Indicateurs de performance |
Quatrième étape : intégrer dans les routines quotidiennes. L’amélioration de la résilience mentale passe souvent par son intégration dans les routines existantes d’échauffement, de ravitaillement et de sommeil, pour en faire des « routines » automatisées plutôt qu’une charge supplémentaire. Associer la régulation respiratoire, le dialogue interne ou la pratique d’imagerie à des déclencheurs fixes (ligne de départ, chaque point de ravitaillement) augmente considérablement le taux d’activation automatique aux moments cruciaux.
Cinquième étape : réévaluer et itérer. À la fin du cycle, refaites les mesures, comparez avec la ligne de base et décidez de la suite. Rappelez-vous la variabilité individuelle — une stratégie efficace pour quelqu’un d’autre ne l’est pas forcément pour vous. Les données objectives et les sensations corporelles doivent être prises en compte ensemble, les deux sont indispensables.
Application locale à Taïwan
Le climat, le terrain et la culture sportive spécifiques de Taïwan ajoutent des variables uniques à l’application de la résilience mentale, en particulier pour l’ultra-marathon et les défis de longue distance.
Effet d’amplification psychologique du climat chaud et humide : En été, la chaleur et l’humidité élevées de Taïwan accélèrent la fatigue physiologique et amplifient l’effort perçu, rendant les stratégies psychologiques encore plus cruciales. Les recherches mentionnées précédemment indiquent que l’effort perçu est un facteur clé dans la décision d’abandonner ; or, dans les épreuves de longue distance sous la chaleur humide taïwanaise, cette sensation d’effort est considérablement amplifiée. Il est recommandé de planifier les séances clés de qualité et la pratique des compétences mentales aux heures fraîches du matin ou du soir, et de répéter à l’avance dans les séances des « stratégies de dialogue interne et d’attention en environnement chaud », afin d’éviter qu’une défaillance mentale sous la chaleur ne perturbe le rythme le jour de la course.
Ciblage des situations locales : L’ultra-marathon et les défis de longue distance sont les scénarios psychologiques les plus courants pour les sportifs taïwanais. Qu’il s’agisse de la longue solitude des montées interminables, de la monotonie pénible contre le vent le long des rivières, ou de l’anxiété des départs par vagues sur les grandes épreuves, chacun impose des exigences spécifiques à la résilience mentale. Concevoir des répétitions mentales adaptées à ces situations concrètes — par exemple pratiquer la fixation d’objectifs intermédiaires et le dialogue interne lors de l’ascension de Wuling — est souvent plus efficace qu’un vague « renforcement du mental ».
Culture communautaire et ressources : La culture florissante des clubs cyclistes et des groupes de course à pied à Taïwan constitue un excellent terrain de soutien social et d’entraînement mental collectif. Exploiter la dynamique de groupe peut amplifier l’auto-efficacité et la persévérance ; en revanche, les comparaisons sociales sur les plateformes communautaires (comme Strava) peuvent aussi générer du stress et de l’anxiété. Il est conseillé aux sportifs de revenir au cadre factuel de cet article, d’utiliser la fonction de soutien positif de la communauté tout en restant vigilants face au piège psychologique de la comparaison excessive.
Démystification des idées reçues
Idée reçue n°1 : « La résilience mentale, c’est de la force de volonté, innée, impossible à entraîner ». Faux. De nombreux essais randomisés contrôlés et études longitudinales confirment que la résilience mentale est une compétence psychologique qui peut être améliorée par un entraînement systématique, reposant sur des bases claires de neuroplasticité. Ce n’est pas un don immuable.
Idée reçue n°2 : « L’entraînement mental est réservé aux faibles ». Faux. Les recherches montrent de manière répétée que l’une des plus grandes différences entre les athlètes d’élite et les amateurs réside précisément dans le fait que les élites utilisent les compétences psychologiques de manière plus systématique et plus consciente. Considérer l’entraînement mental comme un signe de faiblesse constitue précisément le plus grand désavantage compétitif.
Idée reçue n°3 : « Il suffit de le vouloir assez fort pour tout surmonter ». Partiellement vrai, mais exagéré. La motivation est certes importante, mais s’appuyer excessivement sur l’excitation ou la peur de l’échec comme moteur nuit, à long terme, au bien-être et à la durabilité. Une performance psychologique saine découle d’un équilibre entre motivation intrinsèque, sentiment d’auto-efficacité et régulation émotionnelle, et non d’une simple détermination farouche.
Idée reçue n°4 : « Se sentir détendu signifie être dans un bon état mental ». Les ressentis subjectifs sont importants mais ne doivent pas être pris pour argent comptant. De nombreuses études indiquent que la performance optimale s’accompagne souvent d’un niveau d’éveil et de défi modéré, plutôt que d’une relaxation complète. Rechercher à tout prix la détente peut au contraire conduire au piège d’un éveil insuffisant et d’un engagement limité. Seules des mesures objectives (comme la VFC ou les échelles d’anxiété) permettent de percer l’illusion de la zone de confort.
Conclusion
La science de la résilience mentale nous enseigne ceci : la résilience mentale n’est pas un concept abstrait que l’on pourrait résumer à « il faut avoir le bon état d’esprit », mais un système mesurable, entraînable et hautement individualisé, intégré dans les circuits de régulation du cerveau. Les travaux de chercheurs comme Hardy, Nakamura ou encore Pageaux confirment de manière répétée trois principes fondamentaux — les bénéfices psychologiques sont réels et mesurables, les différences individuelles priment, les mécanismes priment sur les slogans.
Pour les athlètes taïwanais, le véritable progrès vient de la traduction patiente des preuves issues des laboratoires en décisions d’entraînement psychologique adaptées à leur propre corps, à leurs propres parcours, à leur propre climat et à leur propre culture. Plutôt que de courir après les citations inspirantes et les remèdes miracles sur les réseaux sociaux, mieux vaut établir un cycle scientifique de mesure — intervention — réévaluation, et accumuler semaine après semaine, dans les conditions réelles des ultra-marathons et des défis de longue distance, sa propre résilience mentale et son propre état de performance optimal.
La psychologie du sport ne vise pas à transformer la compétition en un jeu de chiffres froid, mais à nous offrir des lunettes plus claires pour voir comment le cerveau opère ses choix entre fatigue, pression et désir. Lorsque les preuves scientifiques et les sensations corporelles avancent de concert, la progression de la performance et la santé mentale durable peuvent véritablement aller de pair. C’est précisément l’enseignement le plus précieux que la recherche sur la résilience mentale offre à chaque passionné de sport à Taïwan.
Lectures complémentaires
- État des lieux des compétences psychologiques des cyclistes taïwanais : analyse des écarts avec l’élite internationale
- Impact des stratégies de régulation émotionnelle sur les résultats de course : comparaison de l’efficacité entre réévaluation et suppression
- Plasticité de l’entraînement de la tolérance à la douleur : étude des modifications du seuil de douleur après un entraînement de haute intensité
- Efficacité des stratégies de préparation mentale avant compétition : étude comparative entre imagerie mentale et entraînement à la relaxation
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