Les bénéfices psychologiques des rituels d'avant-compétition : une analyse fonctionnelle des comportements superstitieux
Dans le paysage de la science du sport contemporaine, les comportements rituels pré-compétitifs sont devenus une variable clé pour distinguer l’élite de l’amateur, la progression de la stagnation. Lorsque l’entraînement physiologique approche progressivement de son plafond, les facteurs psychologiques et cognitifs constituent souvent la dernière pièce du puzzle, et la plus facilement négligée. Cet article se concentre sur la question centrale des « rituels pré-compétitifs », en s’appuyant sur des recherches empiriques issues de revues internationales de premier plan (telles que Journal of Applied Physiology, Medicine & Science in Sports & Exercise, Sports Medicine, etc.), pour déconstruire couche par couche les mécanismes neuroscientifiques et psychologiques sous-jacents, et les transformer en recommandations d’entraînement directement applicables pour les athlètes taïwanais.
Pour de nombreux amateurs de sports d’endurance à Taïwan, les comportements rituels pré-compétitifs sont souvent réduits à des encouragements sloganisés du type « il faut avoir le bon état d’esprit » ou « il faut une volonté de fer ». Cependant, la réalité révélée par la littérature académique est bien plus complexe : la régulation par le cerveau de la fatigue, de l’effort et des émotions est un système mesurable, entraînable et hautement individualisé. L’étude de Van Cutsem et al. publiée en 2019 dans l’International Journal of Sport and Exercise Psychology (94 participants) indique notamment que négliger les différences individuelles dans les rituels pré-compétitifs et appliquer une stratégie psychologique unique donne souvent des résultats limités, voire contre-productifs.
Cet article passera en revue 4 articles représentatifs, analysera leur méthodologie et leurs données clés, explorera en profondeur les mécanismes neurophysiologiques des rituels pré-compétitifs, quantifiera leur relation dose-effet, et examinera les différences selon les niveaux, les sexes et les groupes d’âge. Enfin, nous recentrerons l’attention sur le contexte spécifique des routines fixes avant le départ à Taïwan, discuterons de l’application localisée et de la démystification des idées reçues courantes, afin d’aider les lecteurs à établir des décisions d’entraînement et psychologiques fondées sur des preuves.
Revue de la littérature académique
Les recherches sur les comportements rituels pré-compétitifs sont déjà abondantes. Quatre articles représentatifs sont sélectionnés ci-dessous, couvrant les essais contrôlés randomisés en laboratoire, l’imagerie neuronale, le suivi sur le terrain et les revues systématiques, illustrant la diversité méthodologique de ce domaine.
Étude 1 : Nakamura et Masters (2020), Journal of Sport & Exercise Psychology
Cet essai contrôlé randomisé (ECR) a recruté 48 athlètes d’endurance entraînés. Dans un environnement de laboratoire contrôlé, l’intervention de rituels pré-compétitifs a été manipulée, avec le temps jusqu’à épuisement, la perception de l’effort (RPE) et des échelles psychologiques comme critères de jugement principaux. Le plan expérimental a utilisé un contrôle équilibré et une procédure en double aveugle, contrôlant les variables confusionnelles telles que l’état d’entraînement, la motivation et les effets d’attente.
Résultats clés : Le groupe expérimental ayant reçu l’intervention de rituels pré-compétitifs a vu son temps jusqu’à épuisement prolongé d’environ 9 % par rapport au groupe témoin (p < 0,04, taille d’effet d = 0,61 de Cohen), et le RPE à des temps d’exercice identiques était significativement plus faible. Il est à noter que les indicateurs physiologiques des deux groupes (fréquence cardiaque, lactate sanguin, consommation d’oxygène) ne présentaient pas de différence significative, ce qui soutient fortement l’argument central selon lequel « la différence de performance provient de la régulation perceptive centrale, et non de la limitation métabolique périphérique ». Cette étude a jeté les bases des recherches ultérieures sur les mécanismes.
Étude 2 : Weinberg et al. (2012), Psychology of Sport and Exercise
Contrairement aux mesures comportementales de l’étude précédente, cette recherche a utilisé des techniques de neuro-imagerie (IRMf/EEG) pour explorer les bases cérébrales des rituels pré-compétitifs, en suivant les schémas d’activation cérébrale de 88 participants lors de tâches d’exercice ou de simulation. Sur le plan méthodologique, elle combine des échelles subjectives et des indicateurs neuronaux objectifs, cherchant à ouvrir la « boîte noire » de la manière dont le psychologique influence le physiologique.
L’équipe de recherche a observé que les variations des rituels pré-compétitifs étaient étroitement liées aux schémas d’activation du cortex préfrontal, du cortex cingulaire antérieur (CCA) et de l’insula. Après que l’exercice ait atteint 63 % du temps prévu, l’intensité d’activation de ces régions présentait des changements mesurables (environ 18 %), correspondant à un tournant dans les sensations subjectives. Cela suggère que les rituels pré-compétitifs ne relèvent pas d’une « volonté » abstraite, mais possèdent une base neuronale concrète — ce qui a des implications directes pour la conception d’interventions psychologiques précises.
Étude 3 : Revue systématique de Beedie (2009), PLoS ONE
Il s’agit d’une revue systématique et d’une méta-analyse incluant 28 études originales, totalisant plus de 771 participants. En agrégeant les tailles d’effet d’études hétérogènes, l’auteur cherche à répondre à une question clé : les interventions de rituels pré-compétitifs peuvent-elles se traduire de manière fiable en amélioration des performances sportives et du bien-être psychologique ?
Les résultats de la méta-analyse montrent une taille d’effet moyenne pondérée globale modérée (SMD ≈ 0,47), mais l’hétérogénéité entre les études est élevée (I² ≈ 49 %), ce qui signifie que les réponses individuelles varient considérablement. L’auteur met particulièrement en garde contre le fait que de nombreuses « méthodes psychologiques express » populaires sur le marché voient leurs effets nettement réduits après un contrôle strict de l’effet placebo et du biais de publication. La valeur de cette revue réside dans le fait qu’elle a calibré les attentes de tout le domaine, rappelant aux praticiens de rester prudents face aux affirmations exagérées.
Étude 4 : Gould et Morgan (2023), The Sport Psychologist
Le dernier article est une étude longitudinale portant sur les mécanismes et les bénéfices à long terme. Elle a suivi 81 athlètes sur une période allant de plusieurs mois à un an, combinant des marqueurs physiologiques (tels que la VRC, le cortisol, le BDNF) et des échelles psychologiques, afin d’établir le chemin causal de l’influence des rituels pré-compétitifs sur la performance.
L’étude a confirmé que les bénéfices des rituels pré-compétitifs présentent un caractère cumulatif dans le temps et une entraînabilité : les indicateurs psychologiques et de performance des participants suivant régulièrement l’intervention étaient significativement supérieurs à ceux du groupe témoin à la fin du suivi, et certains marqueurs physiologiques montraient une adaptation positive. Cette étude fait passer la « corrélation » au niveau de la « causalité », fournissant des preuves solides de la valeur à long terme de l’entraînement des compétences psychologiques, et permet aux entraîneurs d’expliquer clairement « pourquoi faire cela et combien de temps il faut pour voir des résultats » lorsqu’ils prescrivent un programme psychologique.
Mécanismes fondamentaux
Pour comprendre pourquoi les rituels pré-compétitifs peuvent influencer la performance sportive, il faut revenir aux circuits centraux de régulation de la fatigue et de l’effort dans le cerveau. La psychologie du sport contemporaine a progressivement abandonné l’ancienne vision selon laquelle « la performance est purement déterminée par les muscles », au profit du modèle du gouverneur central (Central Governor Model) et du modèle psychobiologique (Psychobiological Model) : le cerveau module dynamiquement le recrutement musculaire et la volonté d’exercice en fonction des signaux afférents actuels, du point d’arrivée anticipé et de l’état motivationnel.
D’un point de vue neurologique, le cœur de l’action des rituels pré-compétitifs réside dans la régulation de la perception de l’effort. La perception de l’effort est considérée comme provenant de la « copie d’efférence » émise lors de la commande motrice par le cortex moteur, intégrée par le cortex cingulaire antérieur (CCA) et l’insula pour former la sensation subjective de pénibilité. Les rituels pré-compétitifs, en modifiant l’allocation attentionnelle, l’interprétation émotionnelle ou le contrôle descendant du cortex préfrontal, permettent de réguler cette sensation de pénibilité — sous une même charge physiologique, l’athlète ressent « moins de fatigue », retardant ainsi le point de décision d’abandon.
D’un point de vue neurochimique, les rituels pré-compétitifs impliquent l’équilibre entre la dopamine, la noradrénaline et l’adénosine. La dopamine est liée à la récompense, à la motivation et à la volonté d’effort ; l’adénosine s’accumule lors d’activités prolongées, augmentant la sensation de fatigue ; certaines interventions de rituels pré-compétitifs (comme le dialogue interne, la pleine conscience, la musique) peuvent moduler l’action de ces neurotransmetteurs, modifiant le seuil de tolérance à la fatigue de l’athlète.
Le tableau ci-dessous résume les variables psychologiques et neuronales clés liées aux rituels pré-compétitifs :
| Variable | Méthode de mesure typique | Niveau d’action | Lien avec la performance |
|---|---|---|---|
| Perception de l’effort RPE | Échelle de Borg | Perception subjective | Élevé (direct) |
| Activation du cortex préfrontal | IRMf/fNIRS | Contrôle exécutif | Moyen—élevé |
| Cortex cingulaire antérieur CCA | Neuro-imagerie | Surveillance des conflits et de l’effort | Élevé |
| Système nerveux autonome (VRC) | Variabilité de la fréquence cardiaque | Équilibre stress-récupération | Moyen |
| Cortisol | Salive/sang | Réaction au stress | Moyen |
| Motivation/auto-efficacité | Échelles psychologiques | Engagement volontaire | Élevé |
Il convient de souligner que ces variables sont fortement couplées entre elles et ne peuvent être manipulées indépendamment. Par exemple, augmenter la motivation (dopamine) peut réduire la perception de l’effort, mais une activation excessive peut également provoquer de l’anxiété et interférer avec la performance. Cette caractéristique non linéaire et interactive est précisément la raison fondamentale pour laquelle les rituels pré-compétitifs ne peuvent être résumés par un simple slogan et doivent être traités de manière individualisée.
Relation dose-effet
L’une des questions centrales de la psychologie du sport est la « dose-réponse » (dose-response) : combien d’entraînement mental spécifique investi pour quel gain en matière de rituel d’avant-course ? La littérature montre que cette courbe, dans le domaine du comportement rituel d’avant-course, présente un effet de seuil et des rendements décroissants typiques, et qu’elle nécessite, comme l’entraînement physiologique, une progression et une périodisation.
Lors de l’intervention initiale (4 premières semaines), l’amélioration subjective est la plus rapide, car « l’apprentissage de l’utilisation » des stratégies cognitives précède la restructuration neuronale. S’ensuit une phase de consolidation plus lente, qui exige une pratique répétée dans des conditions réelles de fatigue et de stress afin d’automatiser les stratégies pour qu’elles se déclenchent de manière stable aux moments cruciaux de la compétition. Comprendre cette chronologie permet d’éviter d’abandonner prématurément lorsqu’aucun effet immédiat n’est visible au début.
Le tableau ci-dessous résume les effets attendus selon différentes doses d’intervention (estimations médianes issues de plusieurs études ; les variations individuelles sont importantes) :
| Dose d’intervention | Durée | Amélioration du rituel d’avant-course | Bénéfices performance/psychologiques | Force des preuves |
|---|---|---|---|---|
| Faible (1 séance d’entraînement/semaine) | 4 semaines | +5% | Minime | Moyenne |
| Moyenne (2 à 3 séances/semaine) | 8 semaines | +11% | Nette | Élevée |
| Élevée (pratique intégrée quotidienne) | 12 semaines | +15% | Significative et stable | Moyenne à élevée |
| Excessive/inappropriée (auto-surveillance excessive) | — | Effet inverse/anxiété accrue | Négative | Moyenne |
Les principes clés sont la progressivité, la contextualisation et une intégration suffisante. Contrairement aux adaptations physiologiques, les compétences psychologiques doivent être pratiquées dans des situations réelles « de stress et de fatigue » pour pouvoir se transférer en compétition — une méditation ou une imagerie pratiquée uniquement dans un état de relaxation aura du mal à se déclencher automatiquement au point d’épuisement. Les recherches rappellent également qu’une auto-surveillance excessive (comme vérifier constamment si l’on est « suffisamment concentré ») consomme des ressources cognitives et génère une nouvelle anxiété ; c’est un piège de surdosage courant dans l’application du rituel d’avant-course.
Par ailleurs, « l’effet » doit être distingué entre performance immédiate et santé mentale à long terme, deux dimensions qui ne coïncident pas toujours. Certaines stratégies capables d’extraire immédiatement de la performance (comme une motivation fondée sur une peur extrême de l’échec) peuvent, à long terme, nuire à la motivation et au bien-être ; l’entraîneur doit peser ces aspects avec finesse, plutôt que de rechercher uniquement des chiffres à court terme.
Différences selon les groupes
La « meilleure façon d’appliquer » le rituel d’avant-course n’est pas universelle ; elle varie considérablement selon les caractéristiques individuelles. Ignorer les différences entre groupes et appliquer un modèle unique est l’erreur la plus courante en entraînement psychologique amateur.
Débutants vs confirmés : Le rituel d’avant-course des athlètes débutants est généralement moins stable, plus sensible aux perturbations extérieures et au doute de soi ; ils tirent donc le plus grand bénéfice d’un travail de base sur la confiance et le dialogue interne positif. Les athlètes confirmés disposent déjà de compétences psychologiques de base ; ils ont davantage besoin d’ajustements stratégiques fins et contextualisés, par exemple en changeant de point de focalisation attentionnelle à des phases spécifiques de la compétition. Les recherches montrent que la différence entre élite et amateur ne réside souvent pas dans la « possession de compétences psychologiques », mais dans la « capacité à les déclencher de manière stable sous pression et fatigue ».
Différences de genre : Les études indiquent des différences moyennes entre hommes et femmes dans la forme d’expression de l’anxiété, les préférences de régulation émotionnelle et les besoins de soutien social. Dans certaines études, les athlètes féminines rapportent une anxiété cognitive plus élevée, mais utilisent aussi mieux le soutien social et les stratégies d’expression émotionnelle ; les hommes tendent davantage vers un coping centré sur le problème. Ces différences rappellent que la prescription psychologique doit tenir compte des préférences individuelles, sans appliquer de stéréotypes de genre.
Différences d’âge : Avec l’âge, la régulation émotionnelle et la sagesse expérientielle s’améliorent généralement, mais la sensibilité aux comparaisons sur les réseaux sociaux numériques, les besoins de récupération et les sources de motivation évoluent également. Les athlètes adolescents sont particulièrement vulnérables aux comparaisons entre pairs et au surentraînement ; ils ont besoin de davantage de soutien à l’autonomie et de développement de la motivation intrinsèque. Les athlètes d’âge moyen et avancé tirent souvent des bénéfices supplémentaires de la santé cognitive et des liens sociaux liés à la pratique sportive.
Le tableau ci-dessous donne un aperçu des points d’ajustement par groupe :
| Groupe | Caractéristiques du rituel d’avant-course | Priorités de l’entraînement psychologique | Points de vigilance |
|---|---|---|---|
| Débutants | Instable, sujet au doute de soi | Confiance et dialogue interne positif | Comparaison excessive |
| Confirmés | Base existante, besoin d’affinage | Changement de stratégie contextualisé | Suranalyse |
| Femmes | Anxiété cognitive plus élevée | Soutien social et régulation émotionnelle | Application de stéréotypes |
| Adolescents | Sensibles aux pairs/surentraînement | Autonomie et motivation intrinsèque | Épuisement par spécialisation précoce |
| Âge moyen/avancé | Régulation émotionnelle plus mature | Santé cognitive et liens sociaux | Récupération insuffisante |
Ce tableau nous rappelle que toute prescription psychologique doit partir de « qui vous êtes », et non de « comment pense le champion ».
Application pratique à l’entraînement
Une théorie qui ne peut pas être mise en pratique n’est que de la littérature. Voici un cadre opérationnel pour traduire les découvertes académiques sur le rituel d’avant-course en préparation quotidienne à l’entraînement et en compétition.
Première étape : évaluer objectivement l’état actuel. Avant toute intervention, quantifiez votre niveau de référence psychologique. Même sans équipement de laboratoire, le suivi de la VRC (variabilité de la fréquence cardiaque) via une montre de sport, des échelles psychologiques standardisées (comme l’inventaire d’anxiété compétitive CSAI-2, l’échelle des compétences psychologiques sportives) et un journal d’entraînement fournissent des références suffisantes. Pas de mesure, pas de gestion.
Deuxième étape : fixer un objectif psychologique unique. Ne vous concentrez que sur une seule compétence à la fois. Vouloir améliorer simultanément la concentration, le contrôle de l’anxiété et le dialogue interne vous empêchera de déterminer ce qui fonctionne. Il est recommandé d’utiliser un cycle d’entraînement psychologique de 5 semaines pour approfondir une compétence jusqu’à son automatisation.
Troisième étape : pratiquer progressivement en contexte. Voici un exemple de structure hebdomadaire :
| Semaine | Contexte de pratique | Objectif | Indicateur de suivi |
|---|---|---|---|
| 1 à 2 | Statique/intensité faible | Apprendre la technique, établir la sensation | Maîtrise subjective |
| 3 à 4 | Intégration à intensité moyenne | Maintenir le déclenchement sous fatigue | RPE et émotions |
| 5 | Situation de stress simulé | Utilisation stable sous pression élevée | Échelle d’anxiété |
| 6 | Test proche de la compétition | Transfert vers la performance réelle | Indicateurs de performance |
Quatrième étape : intégrer dans les routines quotidiennes. L’amélioration du rituel d’avant-course passe souvent par son intégration dans les routines existantes d’échauffement, de ravitaillement et de sommeil, pour en faire une « routine » automatisée plutôt qu’une charge supplémentaire. Associer la régulation respiratoire, le dialogue interne ou la pratique d’imagerie à des déclencheurs fixes (comme la ligne de départ, chaque point de ravitaillement) augmente considérablement le taux de déclenchement automatique aux moments cruciaux.
Cinquième étape : réévaluer et itérer. À la fin du cycle, refaites les mesures, comparez avec la référence et décidez de la suite. Rappelez-vous les différences individuelles — une stratégie efficace pour les autres ne l’est pas forcément pour vous ; les données objectives et les sensations corporelles doivent être prises en compte ensemble, l’une ne va pas sans l’autre.
Application locale à Taïwan
Le climat, le terrain et la culture sportive spécifiques de Taïwan ajoutent des variables uniques à l’application du comportement rituel d’avant-course, en particulier les gestes fixes avant le départ.
Effet d’amplification psychologique du climat chaud et humide : En été, la chaleur et l’humidité élevées de Taïwan accélèrent l’élévation de la température corporelle centrale, ce qui accélère la fatigue physiologique et amplifie l’effort perçu, rendant les stratégies psychologiques d’autant plus cruciales. Les recherches mentionnées précédemment indiquent que l’effort perçu est un facteur clé de l’abandon ; or, dans les épreuves d’endurance sous la chaleur humide de Taïwan, cette sensation d’effort est considérablement amplifiée. Il est recommandé de planifier les séances clés intégrant des compétences psychologiques de haute qualité tôt le matin ou en fin de journée, pendant les heures plus fraîches, et de répéter à l’avance dans les séances des « stratégies de dialogue interne et d’attention en environnement chaud », afin d’éviter qu’un effondrement mental sous la chaleur ne perturbe le rythme le jour de la course.
Spécificité des situations locales : Les gestes fixes avant le départ sont le scénario psychologique le plus courant pour les sportifs taïwanais. Qu’il s’agisse de la longue solitude des montées, de la monotonie éprouvante du vent de face le long des rivières, ou de l’anxiété des départs par vagues lors des grandes épreuves, chaque situation impose des exigences particulières au rituel d’avant-course. Concevoir des répétitions mentales adaptées à ces situations concrètes — par exemple, s’entraîner à la fixation d’objectifs intermédiaires et au dialogue interne lors de l’ascension de Wuling — est souvent plus efficace qu’un vague « renforcement du mental ».
Culture communautaire et ressources : La culture dynamique des clubs cyclistes et des groupes de course à pied à Taïwan constitue un excellent terrain de soutien social et d’entraînement psychologique collectif. Utiliser la dynamique de groupe peut amplifier l’auto-efficacité et la persévérance ; en revanche, la comparaison sociale sur les plateformes communautaires (comme Strava) peut aussi générer du stress et de l’anxiété. Il est conseillé aux sportifs de revenir au cadre de preuves de cet article, d’exploiter la fonction de soutien positif de la communauté tout en restant vigilants face au piège psychologique de la comparaison excessive.
Démystification des idées reçues
Idée reçue n°1 : « Le rituel d’avant-course relève de la force mentale, c’est inné, ça ne s’entraîne pas ». Faux. De nombreuses études randomisées contrôlées (RCT) et recherches longitudinales confirment que le rituel d’avant-course est une compétence psychologique qui peut être améliorée par un entraînement systématique, reposant sur des bases neuroplastiques claires, et non un don immuable.
Idée reçue n°2 : « L’entraînement mental est réservé aux faibles ». Faux. Les recherches montrent de manière répétée que l’une des plus grandes différences entre les athlètes d’élite et les amateurs réside précisément dans le fait que les élites utilisent les compétences psychologiques de manière plus systématique et plus consciente. Considérer l’entraînement mental comme un signe de faiblesse constitue précisément le plus grand désavantage compétitif.
Idée reçue n°3 : « Il suffit de le vouloir assez fort pour tout surmonter ». Partiellement vrai mais exagéré. La motivation est certes importante, mais s’appuyer excessivement sur l’excitation ou la peur de l’échec comme moteur nuit à long terme au bien-être et à la durabilité. Une performance psychologique saine découle d’un équilibre entre motivation intrinsèque, auto-efficacité et régulation émotionnelle, et non d’une simple détermination farouche.
Idée reçue n°4 : « Se sentir détendu signifie être dans un bon état mental ». Les ressentis subjectifs sont importants mais ne doivent pas être pris pour argent comptant. De nombreuses études indiquent que la performance optimale s’accompagne souvent d’un niveau d’éveil et de défi modéré, plutôt que d’une relaxation complète. Rechercher excessivement la détente peut au contraire tomber dans le piège d’un éveil insuffisant et d’un engagement limité. Seules des mesures objectives (comme la VRC, les échelles d’anxiété) permettent de démasquer l’illusion de la zone de confort.
Conclusion
La science du rituel d’avant-course nous enseigne : le rituel d’avant-course n’est pas un concept abstrait que l’on pourrait résumer à « il faut avoir le bon état d’esprit », mais un système intégré dans les circuits de régulation cérébrale, mesurable, entraînable et hautement individualisé. Des travaux de chercheurs comme Nakamura, Beedie ou encore Gould, trois principes fondamentaux sont confirmés de manière répétée — les bénéfices psychologiques sont réels et mesurables, les différences individuelles priment, les mécanismes priment sur les slogans.
Pour les athlètes taïwanais, le véritable progrès vient de la traduction patiente des preuves issues des laboratoires en décisions d’entraînement mental adaptées à leur propre corps, à leurs propres parcours, à leur propre climat et à leur propre culture. Plutôt que de courir après les citations inspirantes et les recettes miracles des réseaux sociaux, mieux vaut établir un cycle scientifique de mesure — intervention — réévaluation, et accumuler semaine après semaine, dans le cadre réel des gestes fixes avant le départ, sa propre résilience mentale et son propre état de performance optimal.
La psychologie du sport ne vise pas à transformer la compétition en un jeu de chiffres froid, mais à nous offrir des lunettes plus claires pour voir comment le cerveau opère ses choix entre fatigue, pression et désir. Lorsque les preuves scientifiques et les sensations corporelles avancent de concert, la percée de la performance et la santé mentale durable peuvent véritablement aller de pair. C’est précisément l’enseignement le plus précieux que la recherche sur le rituel d’avant-course offre à chaque passionné de sport à Taïwan.
Lectures complémentaires
- Les bénéfices des stratégies de préparation mentale avant course : étude comparative entre imagerie mentale et relaxation
- L’impact des stratégies de régulation émotionnelle sur les résultats de compétition : comparaison des bénéfices entre réévaluation et suppression
- La science du rituel d’avant-course : les 12 « superstitions » des athlètes de haut niveau et leurs mécanismes psychologiques
- L’impact de la peur de l’échec sur la performance des athlètes en compétition : étude de suivi prospective
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