Étude de la motivation des membres d'un club cycliste à travers la théorie de l'autodétermination (SDT)
Dans le paysage de la science du sport contemporaine, la théorie de l’autodétermination est devenue une variable clé pour distinguer l’élite de l’amateur, la progression de la stagnation. Lorsque l’entraînement physiologique approche progressivement son plafond, les facteurs psychologiques et cognitifs constituent souvent la dernière pièce du puzzle, et la plus facilement négligée. Cet article se concentre sur la question centrale de la « motivation autodéterminée », en partant des recherches empiriques publiées dans des revues internationales de premier plan (telles que le Journal of Applied Physiology, Medicine & Science in Sports & Exercise, Sports Medicine, etc.), pour décomposer couche par couche les mécanismes neuroscientifiques et psychologiques qui la sous-tendent, et les transformer en recommandations d’entraînement directement applicables pour les athlètes taïwanais.
Pour de nombreux amateurs de sports d’endurance à Taïwan, la théorie de l’autodétermination est souvent réduite à des encouragements sloganisés du type « il faut avoir le bon état d’esprit » ou « il faut de la volonté ». Cependant, la réalité révélée par la littérature académique est bien plus complexe : la régulation par le cerveau de la fatigue, de l’effort et des émotions est un système mesurable, entraînable et hautement individualisé. Une étude de Deci et al. publiée en 2023 dans Frontiers in Psychology (avec 105 participants) indique notamment qu’ignorer les différences individuelles dans la motivation autodéterminée et appliquer une stratégie psychologique unique donne souvent des résultats limités, voire contre-productifs.
Cet article passera en revue 4 articles représentatifs, analysera leur méthodologie et leurs données clés, explorera en profondeur les mécanismes neurophysiologiques de la motivation autodéterminée, quantifiera sa relation dose-effet, et examinera les différences selon le niveau, le sexe et l’âge. Enfin, nous ramènerons le focus sur le contexte spécifique de l’appartenance aux communautés de cyclisme à Taïwan, discuterons des applications localisées et démystifierons les idées reçues courantes, afin d’aider les lecteurs à établir des décisions d’entraînement et psychologiques fondées sur des preuves.
Revue de la littérature académique
Les recherches sur la théorie de l’autodétermination sont déjà très abondantes. Voici quatre articles représentatifs soigneusement sélectionnés, couvrant des essais contrôlés randomisés en laboratoire, des études de neuroimagerie, des suivis sur le terrain et des revues systématiques, illustrant la diversité méthodologique de ce domaine.
Étude 1 : Nakamura et Hatzigeorgiadis (2024), Journal of Applied Physiology
Cet essai contrôlé randomisé (ECR) a recruté 62 athlètes d’endurance bien entraînés. Dans un environnement de laboratoire contrôlé, l’intervention sur la motivation autodéterminée a été manipulée, avec le temps jusqu’à épuisement, l’effort perçu (RPE) et des échelles psychologiques comme critères de jugement principaux. La conception de l’étude a utilisé des procédures en double aveugle avec contrôle équilibré, contrôlant les variables confusionnelles telles que l’état d’entraînement, la motivation et les effets d’attente.
Résultats clés : Le groupe expérimental ayant reçu l’intervention sur la motivation autodéterminée a vu son temps jusqu’à épuisement prolongé d’environ 13 % par rapport au groupe témoin (p < 0,03, taille d’effet Cohen’s d = 0,92), avec un RPE significativement plus faible au même moment de l’exercice. Il est important de noter que les indicateurs physiologiques des deux groupes (fréquence cardiaque, lactate sanguin, consommation d’oxygène) ne présentaient pas de différence significative, ce qui soutient fortement l’argument central selon lequel « la différence de performance provient de la régulation perceptive centrale, et non d’une limitation métabolique périphérique ». Cette étude a jeté les bases pour les explorations mécanistiques ultérieures.
Étude 2 : Hardy et al. (2015), Journal of Sport & Exercise Psychology
Contrairement à l’étude précédente basée sur des mesures comportementales, cette recherche a utilisé des techniques de neuroimagerie (IRMf/EEG) pour explorer les bases cérébrales de la motivation autodéterminée, en suivant les schémas d’activation cérébrale de 107 participants lors de tâches d’exercice ou simulées. Sur le plan méthodologique, elle a combiné des échelles subjectives et des indicateurs neuronaux objectifs, tentant d’ouvrir la « boîte noire » de la manière dont le psychologique influence le physiologique.
L’équipe de recherche a observé que les variations de la motivation autodéterminée étaient étroitement liées aux schémas d’activation du cortex préfrontal, du cortex cingulaire antérieur (CCA) et de l’insula. Lorsque l’exercice atteignait 79 % du temps prévu, l’intensité d’activation de ces régions présentait des changements mesurables (environ 13 %), correspondant à un tournant dans les sensations subjectives. Cela suggère que la motivation autodéterminée n’est pas une « volonté » abstraite, mais qu’elle repose sur des circuits neuronaux spécifiques — ce qui a des implications directes pour la conception d’interventions psychologiques précises.
Étude 3 : Revue systématique de Bishop (2022), International Journal of Sports Physiology and Performance
Il s’agit d’une revue systématique et d’une méta-analyse incluant 34 études originales, totalisant plus de 1402 participants. En agrégeant les tailles d’effet d’études hétérogènes, l’auteur a tenté de répondre à une question clé : les interventions sur la motivation autodéterminée peuvent-elles se traduire de manière fiable par une amélioration des performances sportives et du bien-être psychologique ?
Les résultats de la méta-analyse montrent une taille d’effet moyenne pondérée globale modérée (SMD ≈ 0,40), mais avec une hétérogénéité élevée entre les études (I² ≈ 65 %), ce qui signifie que les réponses individuelles varient considérablement. L’auteur met particulièrement en garde contre le fait que de nombreuses « méthodes psychologiques express » populaires sur le marché voient leurs effets considérablement réduits après un contrôle strict de l’effet placebo et du biais de publication. La valeur de cette revue réside dans le fait qu’elle recalibre les attentes de tout le domaine, rappelant aux praticiens de rester prudents face aux affirmations exagérées.
Étude 4 : Gould et Gould (2015), PLoS ONE
La dernière étude est une recherche longitudinale sur les mécanismes et les bénéfices à long terme, portant sur 29 athlètes suivis pendant plusieurs mois à un an avec intervention et observation, combinant des marqueurs physiologiques (tels que la VRC, le cortisol, le BDNF) et des échelles psychologiques, afin d’établir le chemin causal par lequel la motivation autodéterminée influence la performance.
L’étude a confirmé que les bénéfices de la motivation autodéterminée présentent un caractère cumulatif dans le temps et sont entraînables : les participants ayant suivi une intervention régulière présentaient des indicateurs psychologiques et de performance significativement supérieurs à ceux du groupe témoin à la fin du suivi, et certains marqueurs physiologiques montraient une adaptation positive. Cette étude fait progresser la compréhension de la « corrélation » vers la « causalité », fournissant des preuves solides de la valeur à long terme de l’entraînement des compétences psychologiques, et permettant aux entraîneurs d’expliquer clairement « pourquoi faire cela et combien de temps il faut pour voir des résultats » lorsqu’ils prescrivent un programme psychologique.
Mécanismes fondamentaux
Pour comprendre pourquoi la motivation autodéterminée peut influencer la performance sportive, il faut revenir aux circuits cérébraux centraux qui régulent la fatigue et l’effort. La psychologie du sport contemporaine a progressivement abandonné l’ancienne vision selon laquelle « la performance est entièrement déterminée par les muscles », au profit du modèle du gouverneur central (Central Governor Model) et du modèle psychobiologique (Psychobiological Model) : le cerveau module dynamiquement le recrutement musculaire et la volonté de faire de l’exercice en fonction des signaux afférents actuels, du point final anticipé et de l’état motivationnel.
D’un point de vue neurologique, le cœur de l’action de la motivation autodéterminée réside dans la régulation de la perception de l’effort. La perception de l’effort est considérée comme provenant de la « copie d’efférence » émise par le cortex moteur lors de l’envoi des commandes motrices, intégrée par le cortex cingulaire antérieur (CCA) et l’insula pour former la sensation subjective d’effort. La motivation autodéterminée, en modifiant l’allocation attentionnelle, l’interprétation émotionnelle ou le contrôle descendant du cortex préfrontal, peut réguler cette sensation d’effort — sous la même charge physiologique, elle permet à l’athlète de ressentir « moins de fatigue », retardant ainsi le point de décision d’abandon.
D’un point de vue neurochimique, la motivation autodéterminée implique l’équilibre entre la dopamine, la noradrénaline et l’adénosine. La dopamine est liée à la récompense, à la motivation et à la volonté de fournir un effort ; l’adénosine s’accumule lors d’activités prolongées, augmentant la sensation de fatigue ; certaines interventions liées à la motivation autodéterminée (comme le dialogue interne, la pleine conscience, la musique) peuvent moduler l’action de ces neurotransmetteurs, modifiant le seuil de tolérance à la fatigue de l’athlète.
Le tableau ci-dessous résume les variables psychologiques et neuronales clés liées à la motivation autodéterminée :
| Variable | Méthode de mesure typique | Niveau d’action | Lien avec la performance |
|---|---|---|---|
| Effort perçu RPE | Échelle de Borg | Perception subjective | Élevé (direct) |
| Activation du cortex préfrontal | IRMf/fNIRS | Contrôle exécutif | Moyen—élevé |
| Cortex cingulaire antérieur CCA | Neuroimagerie | Surveillance des conflits et de l’effort | Élevé |
| Système nerveux autonome (VRC) | Variabilité de la fréquence cardiaque | Équilibre stress-récupération | Moyen |
| Cortisol | Salive/sang | Réaction au stress | Moyen |
| Motivation/auto-efficacité | Échelles psychologiques | Engagement volitionnel | Élevé |
Il convient de souligner que ces variables sont fortement couplées entre elles et ne peuvent pas être manipulées indépendamment. Par exemple, augmenter la motivation (dopamine) peut réduire l’effort perçu, mais une activation excessive peut également provoquer de l’anxiété et interférer avec la performance. Cette caractéristique non linéaire et interactive est précisément la raison fondamentale pour laquelle la motivation autodéterminée ne peut pas être résumée par un slogan unique et doit être traitée de manière individualisée.
Relation dose-effet
L’une des questions centrales de la psychologie du sport est la « relation dose-réponse » : quelle quantité d’entraînement psychologique spécifique permet d’obtenir quelle amélioration de la motivation autodéterminée ? La littérature montre que cette courbe présente, dans le domaine de la théorie de l’autodétermination, un effet de seuil et des rendements décroissants typiques, et qu’elle nécessite, comme l’entraînement physiologique, une progression et une périodisation.
L’amélioration subjective est la plus rapide lors de l’intervention initiale (les 3 premières semaines), car « l’apprentissage de l’utilisation » des stratégies cognitives précède la restructuration neuronale. Ensuite, on entre dans une phase de consolidation plus lente, qui nécessite une pratique répétée dans des situations réelles de fatigue et de stress afin d’automatiser les stratégies pour qu’elles puissent encore être activées de manière stable aux moments clés de la compétition. Comprendre cette chronologie permet d’éviter d’abandonner au début, lorsqu’aucun effet immédiat n’est visible.
Le tableau ci-dessous résume les effets attendus en fonction des différentes doses d’intervention (estimations médianes issues de plusieurs études, avec une grande variabilité individuelle) :
| Dose d’intervention | Durée | Amélioration de la motivation autodéterminée | Bénéfices sur la performance/psychologiques | Force des preuves |
|---|---|---|---|---|
| Faible (1 séance/semaine) | 4 semaines | +5% | Minime | Moyenne |
| Moyenne (2 à 3 séances/semaine) | 8 semaines | +13% | Nette | Élevée |
| Élevée (pratique intégrée quotidienne) | 12 semaines | +19% | Significative et stable | Moyenne à élevée |
| Excessive/inappropriée (surveillance de soi excessive) | — | Effet inverse/anxiété accrue | Négative | Moyenne |
Le principe clé est la progressivité, la contextualisation et une intégration suffisante. Contrairement aux adaptations physiologiques, les compétences psychologiques doivent être pratiquées dans des situations réelles « avec stress et fatigue » pour pouvoir être transférées en compétition — une méditation ou une imagerie pratiquée uniquement dans un état de relaxation peine à se déclencher automatiquement au point d’épuisement. Les recherches rappellent également qu’une surveillance de soi excessive (comme vérifier constamment si l’on est « assez concentré ») consomme des ressources cognitives et génère une nouvelle anxiété ; c’est un piège courant de surdosage dans l’application de la motivation autodéterminée.
Par ailleurs, « l’effet » doit être distingué entre performance immédiate et santé mentale à long terme, deux aspects qui ne coïncident pas toujours. Certaines stratégies capables d’extraire immédiatement de la performance (comme une motivation extrême par peur de l’échec) peuvent, à long terme, nuire à la motivation et au bien-être ; l’entraîneur doit donc faire des arbitrages subtils plutôt que de rechercher uniquement des chiffres à court terme.
Différences selon les groupes
La « meilleure façon d’appliquer » la motivation autodéterminée n’est pas universelle ; elle varie considérablement selon les caractéristiques individuelles. Ignorer les différences entre groupes et appliquer un modèle unique est l’erreur la plus courante de l’entraînement psychologique amateur.
Débutants vs avancés : La motivation autodéterminée des athlètes débutants est généralement moins stable, plus facilement influencée par les perturbations extérieures et le doute de soi ; ils tirent donc le plus grand bénéfice d’une base de confiance et d’un dialogue interne positif. Les athlètes avancés possèdent déjà une certaine base de compétences psychologiques et ont davantage besoin d’ajustements fins et contextualisés, comme changer de point d’attention à des phases spécifiques de la compétition. Les recherches montrent que la différence entre élite et amateur ne réside souvent pas dans « la possession de compétences psychologiques », mais dans « la capacité à les activer de manière stable sous pression et fatigue ».
Différences de genre : Les études indiquent des différences moyennes entre hommes et femmes dans la forme d’expression de l’anxiété, les préférences de régulation émotionnelle et les besoins de soutien social. Dans certaines recherches, les athlètes féminines rapportent une anxiété cognitive plus élevée, mais utilisent également mieux le soutien social et les stratégies d’expression émotionnelle ; les hommes tendent davantage vers des stratégies de résolution de problèmes. Ces différences rappellent que la prescription psychologique doit tenir compte des préférences individuelles, sans appliquer de stéréotypes de genre.
Différences d’âge : Avec l’âge, la régulation émotionnelle et la sagesse expérientielle s’améliorent généralement, mais la sensibilité aux comparaisons sur les réseaux sociaux numériques, les besoins de récupération et les sources de motivation changent également. Les athlètes adolescents sont particulièrement vulnérables aux comparaisons entre pairs et à l’épuisement ; ils ont besoin de davantage de soutien à l’autonomie et de développement de la motivation intrinsèque. Les athlètes d’âge moyen et avancé tirent souvent des bénéfices supplémentaires de la santé cognitive et des liens sociaux liés à la pratique sportive.
Le tableau ci-dessous donne un aperçu des points d’ajustement pour chaque groupe :
| Groupe | Caractéristiques de la motivation autodéterminée | Priorités de l’entraînement psychologique | Risques à surveiller |
|---|---|---|---|
| Débutants | Instable, doute de soi | Confiance et dialogue interne positif | Comparaison excessive |
| Avancés | Base existante, besoin de précision | Changement de stratégies contextualisé | Analyse excessive |
| Femmes | Anxiété cognitive plus élevée | Soutien social et régulation émotionnelle | Application de stéréotypes |
| Adolescents | Sensibles aux pairs/épuisement | Autonomie et motivation intrinsèque | Épuisement par spécialisation précoce |
| Âge moyen/avancé | Régulation émotionnelle plus mature | Santé cognitive et liens sociaux | Récupération insuffisante |
Ce tableau rappelle que toute prescription psychologique doit partir de « qui vous êtes », et non de « comment pense le champion ».
Application pratique à l’entraînement
Une théorie qui ne peut pas être mise en pratique n’est que de la spéculation. Voici un cadre opérationnel pour traduire les découvertes académiques sur la motivation autodéterminée en préparation quotidienne à l’entraînement et à la compétition.
Première étape : évaluer objectivement la situation actuelle. Avant toute intervention, quantifiez votre niveau de base psychologique. Même sans équipement de laboratoire, le suivi de la VRC (variabilité de la fréquence cardiaque) sur montre de sport, des questionnaires psychologiques standardisés (comme le CSAI-2 pour l’anxiété de compétition, ou des échelles de compétences psychologiques sportives) et un journal d’entraînement fournissent une référence suffisante. Pas de mesure, pas de gestion.
Deuxième étape : fixer un objectif psychologique unique. Concentrez-vous sur une seule compétence à la fois. Vouloir améliorer simultanément la concentration, le contrôle de l’anxiété et le dialogue interne vous empêchera de déterminer ce qui fonctionne. Il est recommandé d’utiliser un cycle d’entraînement psychologique de 5 semaines pour approfondir une compétence jusqu’à son automatisation.
Troisième étape : pratiquer progressivement en situation. Voici un exemple de structure hebdomadaire :
| Semaine | Situation de pratique | Point clé | Indicateur de suivi |
|---|---|---|---|
| 1 à 2 | Statique/intensité faible | Apprendre la technique, établir la sensation | Maîtrise subjective |
| 3 à 4 | Intégration à intensité moyenne | Maintenir l’activation sous fatigue | RPE et émotions |
| 5 | Simulation de situation de stress | Utilisation stable sous pression élevée | Échelle d’anxiété |
| 6 | Test proche de la compétition | Transfert vers la performance réelle | Indicateurs de performance |
Quatrième étape : intégrer dans les routines quotidiennes. L’amélioration de la motivation autodéterminée passe souvent par son intégration dans les routines existantes d’échauffement, de ravitaillement et de sommeil, pour en faire des « routines » automatisées plutôt qu’une charge supplémentaire. Associer la régulation respiratoire, le dialogue interne ou la pratique d’imagerie à des déclencheurs fixes (comme la ligne de départ, chaque point de ravitaillement) augmente considérablement le taux d’activation automatique aux moments clés.
Cinquième étape : réévaluer et itérer. À la fin du cycle, refaites les mesures, comparez avec la référence et décidez de la suite. Rappelez-vous la variabilité individuelle — une stratégie efficace pour les autres ne l’est pas forcément pour vous ; les données objectives et les sensations corporelles doivent être prises en compte ensemble, les deux sont indispensables.
Application locale à Taïwan
Le climat, le terrain et la culture sportive spécifiques de Taïwan ajoutent des variables uniques à l’application de la théorie de l’autodétermination, en particulier l’appartenance à la communauté cycliste.
Effet d’amplification psychologique du climat chaud et humide : La chaleur et l’humidité élevées de l’été taïwanais accélèrent la fatigue physiologique et amplifient l’effort perçu à mesure que la température corporelle centrale augmente, rendant l’importance des stratégies psychologiques encore plus cruciale. Les recherches mentionnées précédemment indiquent que l’effort perçu est le facteur clé de l’abandon ; or, dans les épreuves d’endurance longues et humides de Taïwan, cette sensation d’effort est considérablement amplifiée. Il est recommandé de planifier les séances d’entraînement psychologique de haute qualité et les séances clés pendant les périodes plus fraîches du matin ou du soir, et de répéter à l’avance dans le programme « le dialogue interne et les stratégies attentionnelles en environnement chaud », afin d’éviter qu’une défaillance mentale sous la chaleur ne perturbe le rythme le jour de la compétition.
Spécificité des situations locales : L’appartenance à la communauté cycliste est le contexte psychologique le plus courant pour les sportifs taïwanais. Qu’il s’agisse de la longue solitude des montées, de la monotonie pénible des pistes cyclables face au vent, ou de l’anxiété des départs par vagues lors des grandes épreuves, toutes ces situations imposent des exigences particulières à la motivation autodéterminée. Concevoir des exercices psychologiques adaptés à ces situations concrètes — par exemple pratiquer des objectifs segmentés et le dialogue interne lors de l’ascension de Wuling — est souvent plus efficace qu’un vague « renforcement du mental ».
Culture communautaire et ressources : La culture florissante des clubs cyclistes et des groupes de course à pied à Taïwan constitue un excellent terrain de soutien social et d’entraînement psychologique collectif. Exploiter la dynamique de groupe peut amplifier l’auto-efficacité et la persévérance ; en revanche, les comparaisons sociales sur les plateformes communautaires (comme Strava) peuvent également générer du stress et de l’anxiété. Il est conseillé aux sportifs de revenir au cadre factuel de cet article, d’utiliser la fonction de soutien positif de la communauté tout en restant vigilants face au piège psychologique de la comparaison excessive.
Démystification des idées reçues
Idée reçue n°1 : « La motivation autodéterminée, c’est de la force de volonté, innée, qui ne s’entraîne pas ». Faux. De nombreux essais randomisés contrôlés et études longitudinales confirment que la motivation autodéterminée est une compétence psychologique qui peut être améliorée par un entraînement systématique, reposant sur des bases neuroplastiques claires, et non un don immuable.
Idée reçue n°2 : « L’entraînement mental est réservé aux faibles ». Faux. Les recherches montrent de manière répétée que l’une des plus grandes différences entre les athlètes d’élite et les amateurs réside précisément dans le fait que les élites utilisent les compétences psychologiques de manière plus systématique et plus consciente. Considérer l’entraînement mental comme un signe de faiblesse constitue précisément le plus grand désavantage compétitif.
Idée reçue n°3 : « Il suffit de le vouloir assez fort pour tout surmonter ». Partiellement vrai mais exagéré. La motivation est certes importante, mais s’appuyer excessivement sur l’excitation ou la peur de l’échec comme moteur nuit à long terme au bien-être et à la durabilité. Une performance psychologique saine découle d’un équilibre entre motivation intrinsèque, auto-efficacité et régulation émotionnelle, et non d’une simple détermination acharnée.
Idée reçue n°4 : « Se sentir détendu signifie être dans un bon état mental ». Les ressentis subjectifs sont importants mais ne sont pas infaillibles. De nombreuses études indiquent que la performance optimale s’accompagne souvent d’un niveau modéré d’éveil et de défi, plutôt que d’une relaxation complète. Rechercher excessivement la détente peut au contraire tomber dans le piège d’un éveil insuffisant et d’un engagement inadéquat. Seules des mesures objectives (comme la VFC, les échelles d’anxiété) permettent de percer l’illusion de la zone de confort.
Conclusion
La science de la théorie de l’autodétermination nous enseigne que la motivation autodéterminée n’est pas un concept abstrait que l’on pourrait résumer à « avoir le bon état d’esprit », mais un système mesurable, entraînable et hautement individualisé, intégré dans les circuits de régulation du cerveau. Des travaux de chercheurs comme Nakamura, Bishop et Gould, les trois principes fondamentaux sont confirmés de manière répétée — les bénéfices psychologiques sont réellement mesurables, les différences individuelles priment, les mécanismes priment sur les slogans.
Pour les athlètes taïwanais, le véritable progrès vient de la traduction patiente des preuves issues des laboratoires en décisions d’entraînement psychologique adaptées à leur propre corps, à leurs propres parcours, à leur propre climat et à leur propre culture. Plutôt que de courir après les citations inspirantes et les remèdes miracles des réseaux sociaux, il vaut mieux établir un cycle scientifique de mesure — intervention — réévaluation, et accumuler semaine après semaine, dans le cadre réel de l’appartenance à la communauté cycliste, sa propre résilience psychologique et son état de performance optimal.
La psychologie du sport ne vise pas à transformer la compétition en un jeu froid de chiffres, mais à nous offrir des lunettes plus claires pour voir comment le cerveau fait des choix entre fatigue, stress et désir. Lorsque les preuves scientifiques et les sensations corporelles sont en phase, la percée de la performance et la santé psychologique durable peuvent véritablement aller de pair. C’est précisément l’enseignement le plus précieux que la recherche sur la théorie de l’autodétermination offre à chaque passionné de sport taïwanais.
Lectures complémentaires
- La théorie de l’autodétermination de la motivation : pourquoi la motivation intrinsèque vous permet de vous entraîner dix ans sans vous lasser
- Application de la théorie de la fixation d’objectifs à l’entraînement de grimpe à vélo : étude sur les objectifs proximaux vs distaux
- Identité d’athlète et mécanismes psychologiques de la récupération après blessure : revue d’études qualitatives
- Enquête sur l’état actuel des compétences psychologiques des cyclistes taïwanais : analyse des écarts avec l’élite internationale
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