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Débat entre cadence et force : pédaler vite ou pédaler fort ?

單車訓練

Débat sur la cadence et la force : haute cadence ou pédalage puissant ?

Introduction

Dans le monde de l’entraînement cycliste, rares sont les sujets qui suscitent un débat aussi durable que la « cadence optimale ». D’un côté, Lance Armstrong a révolutionné le Tour de France avec son style à haute cadence de 100+ RPM, faisant de « spin to win » un slogan populaire. De l’autre, Jan Ullrich a démontré une puissance impressionnante avec un style de pédalage puissant à basse cadence de 70-80 RPM. Alors, de quel côté la science se range-t-elle ? La réponse est plus nuancée que vous ne le pensez.

Révision de la physique de base

L’équation de la puissance

Puissance = Couple × Vitesse angulaire

P = T × ω

Ou, sous une forme plus pratique :

P = Force sur la pédale × Bras de levier effectif × 2π × RPM / 60

La signification fondamentale de cette formule est la suivante : une même puissance de sortie peut être obtenue par une infinité de combinaisons de couple et de cadence.

Par exemple, pour produire 250 watts :

  • 60 RPM × 39,8 Nm
  • 80 RPM × 29,8 Nm
  • 100 RPM × 23,9 Nm
  • 120 RPM × 19,9 Nm

D’un point de vue purement physique, ces quatre combinaisons sont parfaitement équivalentes. Mais d’un point de vue physiologique humain, elles présentent chacune des avantages et des inconvénients.

Perspective de la physiologie musculaire

Types de fibres musculaires et cadence

Les muscles squelettiques humains contiennent différents types de fibres musculaires :

Caractéristique Type I (contraction lente) Type IIa (oxydative rapide) Type IIx (glycolytique rapide)
Vitesse de contraction Lente Moyenne-rapide Rapide
Résistance à la fatigue Élevée Moyenne Faible
Source d’énergie principale Aérobie Mixte Anaérobie
Production de force Faible Moyenne Élevée

Un pédalage à basse cadence et à couple élevé nécessite une plus grande proportion de fibres de type II. Or, les fibres de type II utilisent principalement le glycogène comme carburant, produisant davantage de lactate. À l’inverse, une cadence élevée avec un couple faible sollicite davantage les fibres de type I, qui utilisent principalement les acides gras comme carburant, avec un métabolisme plus « propre ».

Relation force-vitesse

Chaque fibre musculaire possède une courbe de relation force-vitesse : plus la vitesse de contraction est rapide, plus la force qu’elle peut produire est faible. Cela signifie que :

  • À basse cadence, les muscles se contractent plus lentement, et chaque fibre musculaire peut produire une force plus importante. Par conséquent, moins d’unités motrices doivent être recrutées pour atteindre la puissance cible.
  • À haute cadence, la vitesse de contraction musculaire augmente et la production de force de chaque fibre diminue. Il faut recruter davantage d’unités motrices pour compenser.

Efficacité musculaire

L’efficacité musculaire est définie comme le travail mécanique utile divisé par la dépense énergétique métabolique totale. Les études s’accordent systématiquement sur les points suivants :

  • La cadence d’efficacité mécanique optimale se situe autour de 50-60 RPM
  • L’efficacité diminue progressivement à mesure que la cadence augmente
  • À 120 RPM, l’efficacité est inférieure d’environ 5 à 8 % par rapport à 60 RPM

Ce résultat semble soutenir l’avantage de la basse cadence. Mais l’histoire n’est pas si simple.

Perspective du métabolisme énergétique

Consommation d’oxygène

À puissance de sortie égale, la consommation d’oxygène à différentes cadences suit une courbe en U :

  • La consommation d’oxygène la plus faible se situe généralement entre 60 et 70 RPM
  • En dessous de 50 RPM : la demande de force musculaire est trop élevée, le recrutement des fibres de type II augmente le métabolisme anaérobie
  • Au-dessus de 100 RPM : le travail interne lié au balancement rapide des jambes augmente, ce qui accroît le coût métabolique

Consommation de glycogène

C’est le facteur clé qui distingue les performances sur courte et longue distance. Un pédalage à basse cadence avec un couple élevé consomme davantage de glycogène musculaire :

  • Basse RPM (60-70) : demande de force musculaire plus élevée → plus de fibres de type II sollicitées → taux de consommation de glycogène plus élevé
  • Haute RPM (90-100) : demande de force musculaire plus faible → plus de fibres de type I sollicitées → plus d’oxydation des graisses, moins de consommation de glycogène

Dans une course sur route de 4 à 6 heures, l’économie de glycogène peut devenir le facteur décisif. C’est aussi pourquoi de nombreux professionnels ont tendance à utiliser une cadence plus élevée lors des épreuves de longue distance.

Considérations sur le seuil lactique

Lors d’un effort à une intensité proche du seuil lactique, le choix de la cadence est particulièrement important :

  • Une basse cadence génère une tension intramusculaire plus élevée, ce qui peut atteindre plus rapidement le seuil lactique local des muscles
  • Une haute cadence répartit la charge, mais augmente la pression sur le système cardiovasculaire

Cela crée un compromis intéressant : la basse cadence est de type « limitation périphérique » (les muscles atteignent leur limite en premier), tandis que la haute cadence est de type « limitation centrale » (le système cardiovasculaire atteint sa limite en premier).

Perspective du système cardiovasculaire

Réaction de la fréquence cardiaque

À puissance égale, chaque augmentation de 10 RPM de la cadence entraîne généralement une augmentation de 3 à 5 BPM de la fréquence cardiaque. Cela s’explique par :

  1. Les contractions et relaxations rythmiques des muscles des jambes sont plus fréquentes, ce qui augmente la fréquence de l’« effet pompe musculaire »
  2. Davantage d’unités motrices sont recrutées (bien que la charge de chaque unité soit plus faible)
  3. Le balancement rapide des jambes augmente la demande de retour veineux

Débit cardiaque

Une cadence élevée augmente le travail du cœur, mais améliore également la perfusion sanguine des muscles. Chaque contraction musculaire comprime temporairement les vaisseaux sanguins ; plus la contraction est longue (basse RPM), plus la perfusion sanguine est entravée.

Cadence auto-sélectionnée

Influence du niveau d’entraînement

Fait intéressant, la cadence confortable choisie par le cycliste lui-même (appelée cadence auto-sélectionnée) est fortement corrélée au niveau d’entraînement :

Niveau du cycliste Cadence auto-sélectionnée Cadence d’efficacité optimale
Cycliste loisir 60-70 RPM ~60 RPM
Amateur 80-90 RPM ~70 RPM
Professionnel 90-100 RPM ~80 RPM

Une observation importante : plus le niveau d’entraînement du cycliste est élevé, plus sa cadence auto-sélectionnée est élevée, mais sa cadence d’efficacité optimale augmente également. Cela suggère qu’un entraînement à haute cadence sur le long terme peut modifier les adaptations physiologiques des muscles, rendant la haute cadence plus efficace.

Pourquoi les cyclistes expérimentés préfèrent-ils une cadence plus élevée ?

  1. Réduction de la force musculaire de pointe : diminue l’usure articulaire et le risque de blessures aiguës
  2. Amélioration de la circulation sanguine : des cycles contraction-relaxation plus fréquents favorisent l’élimination des déchets
  3. Flexibilité stratégique : en partant d’une cadence déjà élevée, il est plus facile de passer sur un braquet supérieur pour accélérer lorsque nécessaire
  4. Adaptation à long terme : des années d’entraînement permettent au système neuromusculaire de s’adapter à un mode de haute cadence efficace

Stratégies optimales selon les situations

Roulage sur le plat

Cadence recommandée : 85-95 RPM

En roulage stable sur le plat, une cadence moyenne à élevée est le choix soutenu par la majorité des études. Cette plage équilibre l’efficacité musculaire et la charge cardiovasculaire, tout en conservant une marge pour l’accélération.

Montée

Côtes courtes et raides (< 5 minutes) : 75-85 RPM

Lors d’efforts en montée de courte durée à haute puissance, une cadence plus basse permet de mieux exploiter la force musculaire. À ce moment, le système cardiovasculaire n’est pas encore le facteur limitant.

Montées longues et régulières (> 20 minutes) : 80-90 RPM

Lors d’efforts prolongés en montée, maintenir une cadence relativement élevée aide à économiser le glycogène et à retarder la fatigue musculaire. Cela nécessite l’utilisation d’un braquet plus léger.

Contre-la-montre

Cadence recommandée : 90-100 RPM

Les contre-la-montre se déroulent généralement sur 20 à 60 minutes à intensité élevée et soutenue. Une cadence plus élevée aide à maintenir une puissance stable et à éviter l’effondrement de puissance dû à la fatigue musculaire en fin d’effort.

Sprint

Cadence recommandée : 100-120+ RPM

Lors d’une production de puissance maximale de courte durée, une cadence élevée est inévitable. Lors d’un sprint, la puissance peut atteindre 1000 à 1800 watts ; un tel niveau de puissance est tout simplement impossible à atteindre à basse cadence (le couple requis dépasserait la force musculaire de pointe).

Recommandations d’entraînement

Entraînement à haute cadence

  • Objectif : améliorer la coordination neuromusculaire et la fluidité du pédalage
  • Méthode : sur home-trainer, effectuer des intervalles de 30 secondes à 2 minutes à 110-130 RPM
  • Attention : le corps ne doit pas rebondir ; si les hanches sautent sur la selle, cela signifie que vous dépassez la limite de contrôle
  • Fréquence : 1 à 2 fois par semaine

Entraînement au pédalage puissant

  • Objectif : améliorer la capacité de couple de pointe et l’endurance de force musculaire
  • Méthode : sur une pente de 3 à 5 %, effectuer un roulage stable de 5 à 10 minutes à 50-60 RPM
  • Attention : maintenir un pédalage rond, ne pas « forcer » brutalement. En cas de gêne au genou, arrêter immédiatement
  • Fréquence : 1 fois par semaine, plus approprié en dehors de la saison de compétition

Entraînement à cadence variable

  • Objectif : développer la capacité à maintenir une puissance stable à différentes cadences
  • Méthode : à puissance fixe, changer de cadence toutes les 2 minutes (par exemple 70→90→110→90→70)
  • Bénéfices : améliore la flexibilité métabolique et la coordination des groupes musculaires

Stratégie de cadence personnalisée

En fin de compte, la cadence optimale est hautement individuelle et dépend de :

  1. La composition en fibres musculaires : les cyclistes avec une proportion élevée de fibres de type I sont naturellement plus adaptés aux cadences élevées
  2. L’historique d’entraînement : des années d’entraînement façonnent les schémas neuromusculaires
  3. La morphologie : les cyclistes avec des jambes plus longues et un poids plus élevé ont tendance à préférer des cadences plus basses
  4. L’intensité de l’effort : plus l’intensité est élevée, plus la cadence optimale est élevée
  5. La distance parcourue : plus la distance est longue, plus il faut prendre en compte l’économie de glycogène

Une méthode d’auto-évaluation pratique : sur un capteur de puissance, roulez à la même puissance (par exemple 85 % de votre FTP) à 75, 85 et 95 RPM pendant 10 minutes chacun, en enregistrant la fréquence cardiaque et le RPE. La cadence avec la fréquence cardiaque la plus basse et le RPE le plus confortable correspond à votre plage optimale actuelle.

Conclusion

Le débat entre cadence et force n’a pas de réponse universelle. La science nous apprend que la cadence d’efficacité optimale est peut-être plus basse que celle à laquelle la plupart des cyclistes sont habitués, mais la cadence de performance optimale — en particulier dans les contextes de longue distance et de haute intensité — tend vers une plage plus élevée. L’approche la plus judicieuse n’est pas de s’accrocher à un chiffre précis, mais de développer la capacité à pédaler efficacement à différentes cadences, puis de choisir avec flexibilité en fonction de la situation spécifique. Un véritable expert n’est pas celui qui ne sait pédaler qu’à haute ou qu’à basse cadence, mais celui qui est à l’aise quelle que soit la cadence.

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