Chasser le lever du soleil sur la crête d'une caldeira : la magnifique balade à vélo de la Milk Road d'Aso

Sur la crête de la caldeira, à la poursuite du lever de soleil : l’extraordinaire parcours à vélo de la Milk Road d’Aso
11,6 kilomètres, 724 mètres de dénivelé positif, 6,2 % de moyenne. Le long de la crête de l’anneau extérieur nord d’Aso, prairies, pâturages, caldeira et les cinq monts d’Aso, semblables à une effigie du Nirvana, composent l’une des toiles de fond les plus vastes du cyclisme au Japon.
Certaines routes sont faites pour être « conquises », mais la Milk Road d’Aso, elle, est faite pour être « savourée ».
Une route nommée d’après le lait
« ミルクロード (Milk Road) », la route du lait. En entendant ce nom pour la première fois, on pourrait croire à un artifice marketing, jusqu’à ce qu’on y roule vraiment et qu’on en comprenne la franchise et le charme — cette route préfectorale qui se déploie le long de la crête de l’anneau extérieur nord d’Aso est bordée de fermes laitières les unes après les autres, des vaches paissent tranquillement, tête baissée, dans les prairies, et l’air y porte réellement l’odeur de l’herbe fraîche et du lait. C’est ainsi qu’elle a été surnommée la route du lait, sur environ 47 kilomètres.
J’en ai emprunté un tronçon d’environ 11,6 kilomètres, avec 724 mètres de dénivelé positif. Mais à Aso, le nombre de kilomètres n’a jamais été le plus important — l’essentiel, c’est la grandeur du monde dans lequel on vous plonge.
La plus grande caldeira au monde
Pour comprendre Aso, il faut d’abord comprendre une chose : toute la terre sur laquelle vous roulez est l’intérieur et le bord d’une immense caldeira.
Une éruption gigantesque, il y a des dizaines de milliers d’années, a provoqué l’effondrement du terrain, créant cette caldeira parmi les plus grandes au monde, avec un diamètre dépassant souvent les vingt kilomètres. Au centre se dressent les cinq monts d’Aso, entourés d’un anneau de « montagnes extérieures ». Et la Milk Road, elle, longe la crête de cet anneau.
Autrement dit, lorsque vous roulez sur la crête, d’un côté s’étend la vallée d’Aso, vaste, à l’intérieur de la caldeira, avec les cinq monts centraux, et de l’autre, les collines ondulantes au-delà de l’anneau extérieur. Cette échelle géographique, celle de « tourner au bord d’un volcan géant », est impossible à reproduire ailleurs.
De la porte d’entrée à la crête
J’ai pris comme point de départ la « Michi-no-Eki Ozu » — les habitants l’appellent la « porte d’entrée d’Aso ». Depuis la plaine, je suis monté sans cesse, en prenant la crête de l’anneau extérieur comme objectif. C’est la montée principale, avec une moyenne de 6,2 %, pas trop violente, mais suffisante pour échauffer le corps et amener le rythme cardiaque dans une cadence régulière.
Au fil de la montée, le champ de vision s’ouvre peu à peu. Quand la forêt devant vous cède la place à de vastes prairies, quand la part du ciel devient de plus en plus grande — vous savez que la crête est proche. Les anciens disent : « Quand le paysage s’ouvre, le sommet est proche. » À Aso, cette phrase devient le plus doux des jalons.
Les ondulations de la crête : apprendre à danser avec le terrain
Une fois sur la crête, le caractère de l’itinéraire change. Ce n’est plus une montée continue, mais une succession de montées et descentes douces, ondulant comme des vagues.
Ce type de terrain a sa propre façon de se rider. J’ai appris à appuyer fermement dans les montées et à lâcher généreusement dans les descentes, en utilisant l’élan de chaque descente pour prendre de la vitesse et pour laisser le rythme cardiaque récupérer. Si l’on attaque à fond chaque petite ondulation, on est vite vidé. Ce que la Milk Road m’a appris, c’est une sagesse de « danser avec le terrain » — économiser ses forces pour aller plus loin et voir plus longtemps.
Tout autour, c’est un vert infini. Le vert des prairies, le bleu du ciel, un contraste si fort qu’il en paraît presque irréel. Parfois, un troupeau de vaches traverse votre champ de vision, nonchalant, comme pour dire : pourquoi tant de hâte ?
Le mont Daikan : face à face avec le Bouddha du Nirvana
Le point de vue le plus célèbre de la crête est le mont Daikan.
Debout au sommet du mont Daikan, un panorama à 360 degrés se déploie devant vous : la plus grande caldeira au monde, les cinq monts d’Aso au centre, et au loin les monts Kujū. Et ce qui coupe le souffle le plus, c’est la silhouette des cinq monts d’Aso — les habitants disent qu’elle ressemble étrangement à l’effigie du Nirvana de Shakyamuni, un immense Bouddha endormi, couché sur la terre. Lorsque vous reconnaissez cette forme, une étrange sérénité vous envahit.
De nombreux cyclistes montent spécialement dans l’obscurité pour accueillir au mont Daikan le Goraikō (le lever de soleil). Quand la première lumière franchit la mer de nuages et se répand sur la caldeira, les prairies se parent d’un liseré doré, une image qui suffit à marquer une vie entière. La crête est très froide au petit matin, mais personne ne se plaint — car ils savent qu’ils se tiennent dans un endroit vraiment exceptionnel.
Vent, brume et perception des distances
Je dois vous prévenir, la beauté d’Aso a son caractère. Sur la crête, sans aucune protection, les vents latéraux et de face vous mangeront réellement de la vitesse ; au petit matin, il y a souvent des mers de nuages et des brumes épaisses, et il faut redoubler de prudence quand la visibilité est faible. L’immensité des prairies trompe aussi votre perception des distances, vous faisant sous-estimer ce qu’il reste à parcourir.
Mais ces « caprices » font justement partie de son charme. La Milk Road n’est pas un circuit chronométré où l’on fonce tête baissée, mais un espace qui vous invite à lever les yeux, à ralentir et à respirer profondément.
Qu’est-ce que ça fait de rouler « dans » un volcan géant
Pour vraiment comprendre Aso, il faut d’abord reconstruire dans son esprit une catastrophe ancienne.
Il y a des dizaines de milliers d’années, une éruption volcanique d’une ampleur stupéfiante s’est produite ici, la surface s’est effondrée, formant une caldeira d’un diamètre dépassant souvent les vingt kilomètres — l’une des plus grandes au monde. Au centre, les vestiges du groupe volcanique se dressent en les « cinq monts d’Aso » d’aujourd’hui ; tout autour, un anneau de « montagnes extérieures » les enserre fermement.
Et la Milk Road, elle, longe la crête de cet anneau.
Autrement dit, lorsque je roule sur la crête, je tourne en réalité au « bord » d’une caldeira géante. D’un côté, en regardant vers l’intérieur, c’est la vaste vallée d’Aso et les cinq monts centraux ; de l’autre, en regardant vers l’extérieur, ce sont les collines ondulantes au-delà de l’anneau extérieur. Cette échelle, aucune construction humaine ne peut la reproduire — vous ne regardez pas un paysage, vous êtes « au cœur » d’une merveille géologique à l’échelle planétaire. Une fois cela compris, les prairies et les montagnes devant vous prennent un tout autre poids.
Pourquoi « Milk Road »
Ce nom charmant, « ミルクロード », vient des fermes laitières disséminées le long du parcours. Les prairies de l’anneau extérieur d’Aso sont des pâturages naturels, les vaches paissent tranquillement sur de vastes étendues d’herbe verte, l’industrie laitière y est florissante, et c’est ainsi que cette route préfectorale qui la traverse a été affectueusement surnommée la « route du lait ».
En roulant dessus, on ressent vraiment à quel point ce nom est juste. L’air porte l’odeur de l’herbe fraîche et de la terre, parfois un troupeau de vaches traverse nonchalamment votre champ de vision, et au loin, des étables ponctuent les vagues vertes. Ici, pas d’agitation urbaine, seulement le bruit du vent, celui de la chaîne, et parfois le tintement d’une cloche de vache. C’est une pastorale qui détend complètement, formant un contraste étonnant avec la tension du « défi de la montée ».
Apprendre à « danser avec le terrain »
La façon de rider la Milk Road est totalement différente d’une montée classique, et c’est ce qui la rend si fascinante.
Ce n’est pas une montée raide jusqu’au sommet, mais une fois sur la crête, cela devient une succession de montées et descentes douces — ondulant comme des vagues. Ce terrain « roulant » ne met pas à l’épreuve la pure puissance de montée, mais « l’intelligence de la gestion de l’allure ».
J’ai appris à appuyer fermement dans chaque montée et à lâcher généreusement dans chaque descente, en utilisant l’élan des descentes pour prendre de la vitesse et pour laisser le rythme cardiaque récupérer, avant d’aborder la prochaine ondulation. Si l’on attaque à fond chaque petite côte, on est vite vidé ; savoir « économiser ses forces grâce au terrain » permet de profiter du paysage tout en roulant avec légèreté. Ce rythme de danse avec le terrain, c’est la leçon que la Milk Road m’a donnée — le vélo n’est pas seulement une lutte, c’est aussi savoir suivre le mouvement.
Le mont Daikan : face à face avec un immense Bouddha endormi
Le point de vue le plus célèbre de la crête est le mont Daikan.
Debout au sommet du mont Daikan, un panorama à 360 degrés se déploie devant vous : la plus grande caldeira au monde, les cinq monts d’Aso au centre, et au loin les monts Kujū. Et ce qui coupe le souffle le plus, c’est la silhouette des cinq monts d’Aso — les habitants disent qu’elle ressemble étrangement à l’effigie du Nirvana de Shakyamuni : un immense Bouddha endormi, paisiblement couché sur la terre. Lorsque vos yeux reconnaissent cette forme — la tête, la poitrine, le ventre légèrement bombé — une étrange sérénité vous envahit.
Ce n’est pas seulement un paysage, c’est une expérience presque religieuse. On se sent soudain tout petit, et le ciel et la terre devant soi semblent vastes et accueillants. Toute la fatigue, sous le regard de ce géant endormi, devient insignifiante.
À la poursuite du Goraikō
De nombreux cyclistes montent spécialement dans l’obscurité pour accueillir au mont Daikan le Goraikō — le lever de soleil.
J’ai essayé une fois aussi. Vers quatre ou cinq heures du matin, la crête était glaciale, les étoiles encore suspendues dans le ciel. Enveloppé dans tous les vêtements que j’avais apportés, je pédalais lentement dans l’obscurité vers la crête, juste pour avoir une bonne place. Quand la ligne d’horizon à l’est a commencé à pâlir, la mer de nuages bouillonnait sous mes pieds, puis — la première lueur dorée a franchi la couche nuageuse, s’est répandue sur la caldeira, et les prairies se sont instantanément parées d’un chaud liseré doré.
Cette image, je ne l’oublierai jamais. Le froid du petit matin, la peine de monter dans l’obscurité, tout cela a valu la peine à l’instant où cette lumière est apparue. Certains paysages ne se méritent qu’au prix d’un effort, et le Goraikō est précisément un tel paysage.
Sa beauté a du caractère
Je dois honnêtement vous prévenir : la beauté d’Aso n’est pas docile.
Sur la crête, rien ne vous abrite, le vent de travers et le vent contraire mangeront réellement votre vitesse, parfois au point de vous faire douter de tout. Aux premières heures, il y a souvent une mer de nuages et un épais brouillard ; quand la visibilité est faible, il faut redoubler de prudence. L’immensité des prairies trompe aussi votre perception des distances : des repères visibles à l’œil nu s’avèrent, une fois atteints, bien plus éloignés que prévu.
Mais ces « caprices » font justement partie de son charme. La Milk Road n’est pas un circuit chronométré où l’on fonce tête baissée pour battre des records, c’est un espace qui vous invite à lever la tête, à ralentir, à respirer profondément et à ressentir l’immensité du ciel et de la terre. Elle exige que vous vous soumettiez aux règles de la nature, et dans cette soumission, vous trouverez une liberté oubliée depuis longtemps.
En quittant la crête, je n’ai cessé de me retourner vers ce géant endormi. La Milk Road d’Aso ne m’a pas fait « conquérir » quoi que ce soit — en vérité, face à un tel ciel et une telle terre, le mot « conquête » paraît ridicule. Ce qu’elle a fait, c’est me placer dans un monde d’une douce immensité, puis me murmurer : roule doucement, regarde bien. C’est peut-être là, la forme la plus originelle et la plus belle du cyclisme.
Au-delà des chiffres, une échelle
Revenons aux chiffres : 11,6 kilomètres, 724 mètres de dénivelé, 6,2 % de moyenne. Ces chiffres vous disent « à quel point » cette montée est raide et longue, mais ils ne disent absolument pas « à quel point » elle est grande.
Car la puissance d’Aso ne réside jamais dans la pente, mais dans l’échelle. Lorsque vous roulez sur la crête du mont Sotoyama, s’étend devant vous une caldeira de plus de vingt kilomètres de diamètre, des prairies à perte de vue, des montagnes qui se superposent jusqu’à l’horizon. Cette sensation d’espace infini, aucun chiffre ne peut la quantifier. Vous vous sentez petit comme une fourmi dans la prairie, et pourtant, parce que vous êtes au cœur d’un paysage si grandiose, vous ressentez une liberté et une sérénité inexplicables.
C’est aussi pourquoi j’estime que la Milk Road ne doit pas être parcourue avec un état d’esprit de « guide stratégique ». Ce n’est pas un circuit pour chronométrer ou se mesurer aux autres, c’est un lieu pour « s’immerger ». Ce que vous devez faire, c’est ralentir, lever la tête, respirer profondément et vous fondre entièrement dans ce paysage à l’échelle saisissante. Les chiffres vous disent comment la parcourir, et Aso vous dit pourquoi elle vaut la peine d’être parcourue.
Le cœur du pays du feu
Kumamoto, autrefois appelé le « pays du feu », et Aso en est le cœur battant.
Le volcan Aso est toujours actif ; le cratère du Nakadake émet de temps à autre des panaches de fumée blanche, rappelant la vitalité débordante de cette terre. Cette coexistence quotidienne avec un volcan actif a façonné la culture et le paysage uniques d’Aso. Les sols volcaniques fertiles nourrissent des pâturages luxuriants qui sustentent des troupeaux de bœufs et de moutons à flanc de montagne ; l’activité volcanique souterraine fait jaillir des sources chaudes qui nourrissent la vie des habitants.
En roulant sur la Milk Road, vous roulez en réalité sur une terre « vivante ». La prairie sous vos pieds, la fumée au loin, les odeurs dans l’air, tout raconte la relation symbiotique, à la fois dangereuse et généreuse, entre cette terre et le volcan. Une fois cela compris, le paysage n’est plus simplement « joli », il gagne une dimension de respect pour les forces de la nature.
La saveur persistante d’un bol de bœuf rouge
Après avoir parcouru la Milk Road, il ne faut surtout pas manquer les saveurs d’Aso.
La plus célèbre d’Aso est le « bœuf rouge d’Aso » (aka ushi), élevé en plein air dans les prairies — une viande maigre et au goût prononcé. Un bol de « donburi au bœuf rouge » garni de tranches de bœuf grillées au feu vif est la récompense ultime pour d’innombrables cyclistes après l’ascension. Lorsque vous reconstituez l’énergie dépensée sur la crête avec un bol de bœuf issu de la même prairie, cette boucle parfaite entre « paysage, effort et nourriture » donne à ce repas une saveur toute particulière. (Veuillez vérifier sur place les restaurants et leurs horaires d’ouverture.)
De plus, le lait, les glaces et les produits laitiers d’Aso sont réputés grâce à la qualité de ses fermes — c’est là le véritable goût de la « Milk Road ». Assis près d’un point de vue, bercé par le vent de la crête, léchant une glace onctueuse, contemplant au loin le géant du nirvana endormi, la satisfaction de cet instant est simple, mais infiniment heureuse.
Pour celles et ceux qui aspirent à l’immensité
Si vous êtes las de la congestion urbaine, las des chiffres froids du chronomètre, je vous recommande sincèrement de venir parcourir la Milk Road d’Aso.
Elle ne vous poussera pas à vos limites avec des pentes raides, mais elle agrandira votre cœur par son immensité. Ici, vous réapprendrez à lever les yeux vers le ciel, à ralentir votre respiration, à danser avec le relief, à vous soumettre à la nature. Vous vous tiendrez face au mont Daikanbo, en contemplation silencieuse devant un géant du nirvana endormi depuis mille ans ; vous attendrez sur la crête à l’aube un rayon d’or traversant la mer de nuages ; après l’ascension, vous vous réchaufferez avec un bol de bœuf rouge issu de la même prairie.
Le cyclisme, au fond, ne sert pas seulement à devenir plus rapide ou plus fort. Parfois, il sert à se transporter dans un monde plus vaste, plus beau et plus silencieux, pour y retrouver un peu d’amour de la vie et de sérénité. La Milk Road d’Aso est une telle route. Elle ne recherche pas la « conquête », elle vous invite simplement — à rouler doucement, à bien regarder, à respirer profondément.
Le souvenir complet de ce jour-là
Ce matin-là à Aso, j’étais venu pour chasser la lumière de l’aube (goraikō).
À quatre heures du matin, le réveil m’a arraché à la chaleur de mon lit. Dehors, il faisait noir comme dans un four, les étoiles étaient encore suspendues, denses, dans le ciel. J’ai enfilé tous les vêtements que j’avais apportés, assemblé mon vélo dans le froid et pris la direction du mont Sotoyama. Rouler dans le noir est une expérience étrange — le monde se réduit au petit cercle éclairé par le phare, il ne reste que la respiration, les battements du cœur et le bruit de la chaîne, ainsi que ce ciel étoilé d’une beauté irréelle au-dessus de ma tête.
Sur la montée de Genkanguchi vers la crête, la pente moyenne de 6,2 % semblait interminable dans l’obscurité. Je ne voyais pas le paysage au loin, je ne pouvais me concentrer que sur la route devant moi et mon propre rythme. L’air froid emplissait mes poumons, mais mes jambes s’échauffaient sous l’effort de la montée. Ce contraste entre le froid et le chaud rendait étrangement lucide.
Arrivé sur la crête, la ligne d’horizon à l’est commençait tout juste à s’embraser d’une lueur ténue. J’ai accéléré la cadence, me hâtant vers le mont Daikanbo pour trouver un bon emplacement avant le lever du soleil. Lorsque j’ai enfin posé pied à terre, le spectacle devant moi m’a coupé le souffle — à mes pieds, une mer de nuages en mouvement, toute la caldeira engloutie dans une brume laiteuse ; au loin, un ciel qui se teintait peu à peu d’or et d’orange.
Puis, la lumière est arrivée.
Les premiers rayons du soleil ont franchi le bord de la mer de nuages, une lumière dorée a inondé instantanément toute la prairie, et le géant du nirvana endormi au loin (les cinq monts d’Aso) s’est paré d’un contour chaleureux. La mer de nuages s’écoulait lentement sous la lumière, comme si la terre respirait. Cette image était si belle que mes yeux se sont embués. Le froid de l’aube, la peine de rouler dans le noir, des heures de pédalage — tout cela a valu la peine à l’instant où cette lumière est apparue.
Je suis resté longtemps au Daikanbo, regardant le soleil se lever centimètre par centimètre, regardant la mer de nuages se dissiper peu à peu, révélant la vue grandiose et complète de la caldeira. Les autres cyclistes autour de moi étaient également silencieux, personne ne parlait, comme si le moindre son aurait pu troubler cet instant sacré.
En guise de conclusion : à propos de l’« immensité »
Sur le chemin du retour, le soleil était déjà chaud et la prairie brillait d’un vert éclatant. Tout en savourant le rythme ondulant de la crête, je réfléchissais à ces deux mots : « immensité ».
Nous sommes souvent enfermés dans un tout petit monde — un petit bureau, un petit écran, de petits soucis. Avec le temps, le cœur se rétrécit, se resserre, et l’on a tendance à se focaliser sur des broutilles. Et Aso, par son échelle de classe mondiale, a violemment agrandi mon cœur.
Debout au bord de cette caldeira de plus de vingt kilomètres de diamètre, contemplant la prairie sans fin et les montagnes qui se succèdent, vous réalisez soudain que ces soucis que vous n’arrivez pas à lâcher sont en réalité risiblement petits. Le ciel et la terre sont si vastes, pourquoi s’attarder sur des broutilles dans la vie ? Cette sensation d’avoir le « cœur agrandi » par la nature, c’est le cadeau le plus précieux que la Milk Road d’Aso m’ait offert.
Elle me rappelle qu’il faut parfois se plonger dans un monde plus vaste, pour voir la véritable immensité, pour ressentir sa propre petitesse. Car c’est seulement en ayant vu ce qui est vraiment grand que l’on comprend à quel point nos préoccupations quotidiennes sont petites. Et une fois le cœur agrandi, de retour dans le quotidien, on gagne une part de sérénité et de détachement. C’est sans doute pour cela que je retournerai encore et encore sur cette crête où j’ai chassé la lumière de l’aube.
Pour celles et ceux qui veulent venir
- Saison : au printemps et en été, la prairie est la plus verte et le ciel le plus bleu ; en automne, les herbes de la pampa ondulent et le ressenti est le plus agréable ; l’après-midi, des orages sont fréquents en montagne.
- Chasser le lever du soleil : le froid matinal exige de bien se couvrir et d’avoir un éclairage adéquat.
- Gestion de l’allure : abordez-la comme une sortie longue, relâchez dans les montées, laissez filer dans les descentes, ne vous épuisez pas dans les ondulations.
- À voir aux alentours : autour du Daikanbo se trouvent des restaurants réputés et des points d’observation ; en contrebas, le sanctuaire d’Aso et les sources chaudes méritent une visite (veuillez vérifier sur place les restaurants et leurs horaires).
En quittant la crête, je n’ai cessé de me retourner vers ce géant endormi. La Milk Road d’Aso ne m’a pas fait « conquérir » quoi que ce soit ; ce qu’elle a fait, c’est me placer dans un monde d’une douce immensité, puis me murmurer : roule doucement, regarde bien.
Questions du voyageur : planification concrète de cette sortie
Combien de temps prévoir ?
Ce tronçon fait environ 11,6 km, mais l’essentiel d’Aso réside dans le « tour de la caldeira externe ». Il est recommandé de prévoir une journée entière, d’enchaîner la Milk Road en boucle, et de prendre le temps de parcourir le mont Daikan, les prairies et tous les points de vue en chemin. Si vous avez plus de temps, le volcan Aso, le sanctuaire Aso et les sources chaudes des environs méritent une journée supplémentaire.
Quel est le niveau de difficulté ? Pour qui ?
6,2 % de moyenne, un niveau modéré. Ajoutez à cela un profil vallonné sur la crête, et c’est tout à fait accessible aux débutants. Le vrai défi n’est pas la pente, mais le vent sur la crête et l’impression d’immensité. Il suffit de l’aborder comme une sortie longue distance.
À quoi faire attention pour chasser le Goraikō (première lumière) ?
Les températures sur la crête sont extrêmement basses à l’aube : prévoyez une bonne protection contre le froid et des éclairages adaptés. Rouler dans le noir réduit la visibilité, alors soyez prudent, roulez lentement et surveillez l’état de la route.
Derniers mots
La Milk Road d’Aso a été pour moi une leçon d’« immensité ». Elle ne vous pousse pas par des pentes raides, mais par son envergure à l’échelle mondiale, elle vous ouvre l’esprit.
Au bord de cette caldeira de plus de vingt kilomètres de diamètre, face à ces prairies qui s’étendent à perte de vue, face au Grand Bouddha du Nirvana endormi depuis mille ans, face à la première lueur dorée qui traverse la mer de nuages à l’aube, vous réalisez soudain que vos soucis, ceux que vous n’arrivez pas à lâcher, sont en réalité ridiculement petits. Le ciel et la terre sont si vastes, pourquoi s’en faire dans la vie ?
Si vous êtes las de l’étroitesse et de la foule de la ville, si vous aspirez à laisser votre esprit respirer dans un monde plus vaste, alors venez à Aso. Venez sur cette route de légende au nom de lait, roulez lentement, regardez bien, respirez profondément. Laissez les prairies et le volcan du pays du feu redonner à votre cœur un ciel immense. C’est cela, la beauté première et ultime du cyclisme, celle qu’aucun chronomètre ne peut offrir.
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