Guide de la montagne Erjian de Zhongliao : analyse complète de l'ascension secrète et exigeante à 7,3 % dans les collines de thé du Nantou

Erjian Mountain, Zhongliao : le guide complet de l’ascension exigeante cachée des collines à thé de Nantou
Sur la carte des ascensions de Nantou, des noms comme Wuling, Tou 89 ou Fengguizui occupent toujours le devant de la scène, mais les cyclistes aguerris qui savent choisir leurs itinéraires le savent bien : la route agricole de Zhongliao qui mène à Erjian Mountain est le secret qui allie à la perfection « tranquillité » et « vraie difficulté ». Elle n’est pas longue, avec seulement 6 439,2 mètres (environ 6,44 km) au total, mais sur cette courte distance, elle accumule 497,6 mètres de dénivelé positif, ce qui donne une pente moyenne de 7,3 %, classée par Strava comme une ascension officielle de Catégorie 3. Ce chiffre semble modéré, mais une fois sur le vélo, la réalité est tout autre.
Cet article ne parle pas de paysages, n’écrit pas de poésie : nous décomposons cette route jusqu’à l’os avec des données, en abordant point par point les pentes par sections, le choix des braquets, le rythme, la planification du ravitaillement et le risque d’abandon (DNF). Que vous soyez un cycliste compétitif visant un record personnel ou un débutant avancé qui attaque pour la première fois une ascension intermédiaire, après avoir lu cet article, vous saurez quel rythme adopter pour dompter Erjian Mountain.
Vue d’ensemble de l’itinéraire et analyse des données réelles
Commençons par poser les chiffres froids. Voici les paramètres clés de l’ascension d’Erjian Mountain :
| Paramètre | Valeur | Explication |
|---|---|---|
| Distance totale | 6 439,2 mètres (6,44 km) | Ascension courte à moyenne, réalisable en une seule séance à haute intensité |
| Dénivelé total | 497,6 mètres | Un dénivelé cumulé proche de 500 mètres, une vraie montée de collines |
| Pente moyenne | 7,3 % | Intensité moyenne à élevée, quasiment aucune portion plate pour souffler |
| Classement Strava | Catégorie 3 | Nécessite une certaine condition physique en montée et un braquet adapté |
| Situation géographique | Zhongliao, comté de Nantou | Près de l’épicentre du séisme de 921, dans la région vallonnée des plantations de thé |
La pente moyenne de 7,3 % est l’âme de cette route. Beaucoup voient « 6,4 kilomètres » et baissent la garde, pensant qu’il s’agit d’une courte montée d’échauffement, mais attention : une pente moyenne de 7,3 % signifie qu’il n’y a pratiquement aucune descente ou portion plate pour récupérer. En d’autres termes, ces 6,44 kilomètres sont un effort « continu » : une fois votre fréquence cardiaque montée, il sera très difficile de la faire redescendre. Comparée aux longues ascensions avec un début doux, une fin raide et des replats au milieu, Erjian Mountain, avec son profil « qui grimpe du début à la fin », impose des exigences bien plus sévères en matière de gestion du rythme.
Faisons une simple conversion physique pour comprendre ce que signifie 7,3 % : pour un cycliste de 70 kg, soit environ 80 kg avec le vélo, avancer à 10 km/h sur une pente de 7,3 % nécessite déjà plus de 160 watts rien que pour vaincre la gravité. En ajoutant la résistance au roulement et les pertes de transmission, la puissance réelle au pédalage se situe souvent entre 180 et 200 watts. Si vous voulez monter la vitesse à 13 km/h, la puissance requise frôle directement les 250 watts. C’est pourquoi Erjian Mountain, bien que courte, peut vous vider complètement : elle ne vous laisse aucun espace pour tricher.
Stratégie par sections : découper les 6,44 km en cinq segments
Pour bien performer dans une montée, la clé n’est pas de « pédaler fort sans réfléchir », mais de diviser la route en plusieurs sections gérables mentalement et physiquement, avec une stratégie différente pour chacune. Voici ma découpe recommandée en cinq segments.
Premier segment (0 à 1,3 km) : zone d’échauffement à l’entrée, résistez à l’envie de foncer
Le départ d’une montée est souvent un piège. L’adrénaline monte, les jambes sont fraîches, et beaucoup attaquent la pente en force dès le début, pour exploser moins de 2 kilomètres plus loin. La pente à l’entrée d’Erjian Mountain se situe entre 5 % et 6,5 %, ce qui en fait la section la plus « clémente » du parcours. La bonne approche ici est de réduire volontairement la puissance, en la maintenant entre 80 % et 85 % de votre FTP (puissance fonctionnelle seuil), pour laisser au corps le temps de passer en douceur du démarrage anaérobie au rythme de montée aérobie. La cadence de pédalage recommandée est de 75 à 85 rpm, en position assise, les hanches reculées, le haut du corps relâché, en confiant l’effort aux grands groupes musculaires plutôt qu’aux mollets.
Deuxième segment (1,3 à 2,8 km) : zone de pente croissante, passage en rythme de combat
Après la section d’échauffement, la pente augmente progressivement, avec des passages continus de 7 % à 8,5 %. C’est ici que se joue le résultat de toute votre ascension. L’objectif est de stabiliser la puissance entre 88 % et 92 % du FTP, c’est-à-dire entrer dans la zone dite du « Sweet Spot », une intensité qui permet à la fois de maintenir un effort prolongé et de progresser efficacement. La cadence peut naturellement chuter à environ 70 rpm dans cette section, ce qui est normal : ne forcez pas à maintenir une cadence élevée en passant sur le plus petit braquet pour tourner dans le vide, car cela serait contre-productif. Restez assis, et ne vous levez brièvement que lorsque la pente dépasse temporairement 9 %, pour changer les groupes musculaires sollicités.
Troisième segment (2,8 à 4,2 km) : zone tampon des plantations de thé, saisissez l’occasion de récupérer
Le milieu d’Erjian Mountain traverse une zone où les plantations de thé et les routes agricoles s’entrecroisent. Le relief y varie légèrement, avec parfois des sections « relativement plates » où la pente descend sous les 5 %. C’est la seule occasion de tout le parcours de faire baisser activement votre fréquence cardiaque, il faut absolument la saisir. Quand vous sentez la pente s’adoucir, ne vous précipitez pas pour accélérer et « consommer » ce répit : au contraire, rétrogradez d’un ou deux braquets, augmentez la cadence à 90 rpm, et laissez à l’acide lactique de vos jambes une chance d’être métabolisé. Cette gestion du rythme, « épargner dans les pentes raides, récupérer dans les pentes douces », est la plus grande différence entre un grimpeur expérimenté et un débutant.
Quatrième segment (4,2 à 5,5 km) : la zone de montée infernale, le braquet fait la différence
Si Erjian Mountain a un « segment démoniaque », c’est bien ici. Après la zone tampon des plantations de thé, la pente remonte à nouveau, avec de courtes sections raides qui peuvent approcher ou dépasser les 10 %. C’est là que l’énergie que vous avez économisée plus tôt devient votre capital. Dans cette section, passez sans hésiter sur votre braquet le plus léger, en maintenant une cadence qui ne descend pas sous 60 rpm, pour éviter de surcharger les genoux ou de vous épuiser d’un coup en forçant brutalement. Votre fréquence cardiaque peut alors frôler votre fréquence cardiaque maximale, ce qui est normal : l’important est de « continuer à avancer », pas d’« accélérer ». Le rythme respiratoire doit être volontairement plus profond, avec une expiration allongée, et le gainage maintenu.
Cinquième segment (5,5 à 6,44 km) : zone de sprint final, videz tout ce qui reste
Sur le dernier kilomètre environ, quand vous voyez le panorama du point de vue d’Erjian Mountain s’ouvrir peu à peu, vous savez que la fin est proche. Si vous avez bien géré votre énergie, c’est le moment de tout déverser. Vous pouvez vous lever sur les pédales à bon escient, en poussant la puissance au-delà de 100 % du FTP, et tenir la dernière montée à la force de la volonté. Mais attention : si vous avez déjà tout donné à cause d’une erreur de rythme en amont, ne tentez surtout pas de vous lever sur les pédales dans cette section, sinon vous risquez de « flancher » et de caler à 200 mètres de l’arrivée.
Développement et équipement : un petit braquet est votre bouée de sauvetage
Face à une pente moyenne de 7,3 % et des sections pouvant dépasser les 10 %, le choix du braquet détermine directement si vous roulerez avec aisance ou dans la souffrance. Voici les configurations recommandées selon le niveau du cycliste :
| Niveau du cycliste | Plateau (grand plateau) | Cassette arrière | Remarques |
|---|---|---|---|
| Débutant avancé | 50/34 (Compact) | 11-34T | Le grand pignon de 34T offre une marge de sécurité maximale en montée, fortement recommandé |
| Niveau intermédiaire | 50/34 | 11-32T | Bon compromis, équilibrant montée et roulage sur le plat |
| Compétiteur | 52/36 (Semi-compact) | 11-30T ou 11-32T | Nécessite une puissance de pédalage élevée, sinon risque de caler dans les pentes raides |
Pour la grande majorité des cyclistes amateurs, je recommande vivement d’avoir au moins un pignon de 34T comme plus grand pignon de la cassette arrière. La raison est simple : avec le braquet le plus léger en 34/34, un tour de pédalier fait avancer la roue arrière d’environ 2,1 mètres seulement. Cela vous permet de maintenir une cadence supérieure à 60 rpm même sur les pentes dépassant les 10 %, en répartissant l’effort sur de nombreux tours de pédale plutôt que de forcer avec une seule jambe. Beaucoup de cyclistes explosent en montée, non pas par manque de condition physique, mais parce que le braquet est trop lourd, les obligeant à pédaler à basse cadence avec un couple élevé, épuisant prématurément les genoux et le système cardiovasculaire.
Côté équipement, cet itinéraire est un parcours secret sur chemins agricoles, dont la qualité de surface est moins stable que celle des routes nationales : pierres, feuilles mortes, mousse et nids-de-poule possibles. Il est recommandé d’utiliser des pneus d’au moins 25C, voire 28C, et de réduire légèrement la pression (5 à 10 psi de moins que sur le plat) pour améliorer l’adhérence et le confort, évitant ainsi de glisser sur les sections ombragées et humides des plantations de thé. De plus, Zhongliao étant un lieu secret et peu fréquenté, emportez impérativement un kit complet de réparation de crevaison, une chambre à air de rechange et une pompe, car il n’y a aucun magasin de proximité pour vous dépanner.
Ravitaillement et hydratation : même une courte montée ne doit pas être négligée
6,44 kilomètres de montée, cela semble suffisant avec une seule bouteille d’eau, mais si vous abordez cette ascension comme une séance d’entraînement à haute intensité, la planification du ravitaillement reste importante. Par forte chaleur estivale, la perte de sueur peut dépasser 1 litre par heure pendant l’ascension du mont Erjian. Il est conseillé de boire environ 500 ml de boisson pour sportifs avec électrolytes 30 minutes avant l’ascension, et d’emporter au moins une grande bouteille d’eau (750 ml ou plus) sur le vélo.
La distance étant courte, aucun aliment solide n’est nécessaire en cours de route, mais il est recommandé de consommer des glucides en quantité modérée (banane, onigiri, barre énergétique) 1 à 2 heures avant le départ pour garantir des réserves de glycogène suffisantes. Le canton de Zhongliao est réputé pour ses agrumes, longanes et bananes ; si vous venez en pleine saison, les agriculteurs installent souvent des étals au pied de la montagne pour vendre leurs fruits de saison, parfaits pour un apport naturel en sucres. Une fois arrivé au belvédère du mont Erjian, pensez à vous réhydrater et à laisser votre fréquence cardiaque redescendre avant d’attaquer la descente.
Météo et saisons : quand venir pour profiter au maximum
Zhongliao, à Nantou, bénéficie d’un climat de collines du centre de Taïwan, praticable toute l’année, mais avec des différences saisonnières marquées :
- Printemps (mars à mai) : températures agréables, plantations de thé verdoyantes, c’est la saison la plus recommandée. Attention toutefois aux orages isolés en fin d’après-midi.
- Été (juin à août) : les températures dépassent 33 °C avant midi, il est fortement conseillé de partir à l’aube pour éviter le soleil de plomb. Le parcours du mont Erjian est partiellement ombragé, mais une protection solaire et une hydratation rigoureuses restent indispensables.
- Automne (septembre à novembre) : météo stable, humidité réduite, excellente visibilité, vue plongeante sur les chaînes de montagnes, c’est la saison idéale pour les photos et pour battre ses records personnels.
- Hiver (décembre à février) : températures fraîches mais peu de pluie, idéal pour ceux qui craignent la chaleur, avec une attention particulière aux écarts de température entre le matin et le soir et au maintien au chaud dans les descentes.
Attention particulière : soyez prudent sur les routes mouillées après la pluie. Les chemins agricoles sont sujets à la mousse et aux feuilles mortes glissantes après une averse, surtout sur les sections ombragées des plantations de thé, où l’adhérence chute considérablement. Restez prudent, que ce soit en montée ou en descente.
Erreurs courantes et risque d’abandon
Même sur une courte montée, certains « lâchent » au mont Erjian. Voici les erreurs les plus fréquentes :
Erreur n°1 : partir trop vite dès l’entrée. Forcer sur le segment d’échauffement des 1,3 premiers kilomètres provoque une accumulation précoce de lactate, et l’on se retrouve à bout de forces dans la quatrième section très raide. C’est l’erreur la plus classique chez les cyclistes amateurs.
Erreur n°2 : un braquet trop lourd. Avoir un 34T mais refuser de l’utiliser, en s’entêtant sur un braquet intermédiaire par fierté, fait chuter la cadence à 40 rpm dans les pentes raides, faisant exploser genoux et système cardiovasculaire.
Erreur n°3 : sous-estimer l’hydratation. Se dire « ce n’est que 6 km » et ne pas emporter assez d’eau, pour finir déshydraté ou avec des crampes à mi-ascension sous la chaleur estivale.
Erreur n°4 : ne pas connaître le parcours. Itinéraire secret avec peu d’informations, on s’y engage sans préparation et l’on est pris au dépourvu par les pentes dépassant les 10 %, provoquant un effondrement mental.
L’abandon (DNF) sur cette route n’est généralement pas dû à un manque absolu de condition physique, mais à une « erreur d’allure » combinée à un « manque de préparation mentale ». Si vous suivez la stratégie de cinq segments décrite précédemment, en réservant vos forces pour la quatrième section très raide, la grande majorité des cyclistes de niveau intermédiaire et au-delà peuvent atteindre le sommet sans encombre.
Temps de référence par niveau de cycliste
Voici des temps de référence pour parcourir les 6,44 km d’ascension du mont Erjian, afin de vous fixer un objectif :
| Niveau du cycliste | Rapport puissance/poids moyen (W/kg) | Temps estimé | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| Débutant avancé | 2,0 à 2,5 | Environ 40 à 50 minutes | 8 à 10 km/h |
| Niveau intermédiaire | 2,5 à 3,2 | Environ 30 à 38 minutes | 10 à 13 km/h |
| Cycliste confirmé | 3,2 à 4,0 | Environ 24 à 29 minutes | 13 à 16 km/h |
| Élite compétitive | 4,0 et plus | Moins de 24 minutes | Plus de 16 km/h |
Ces chiffres sont donnés à titre indicatif ; les performances réelles dépendent de la température du jour, du vent, de l’état de la route et de votre forme physique. Pour une première tentative, je recommande de ne pas chercher la performance, mais de vous concentrer sur « l’exécution complète de la stratégie en cinq segments », afin de laisser votre corps s’habituer au rythme de cette route, puis d’améliorer votre chrono lors des deuxième et troisième sorties.
Liste de vérification avant le départ
Avant de partir, vérifiez chaque point suivant pour minimiser les risques :
- ☐ Vérification du vélo : plaquettes de frein suffisamment épaisses, passage des vitesses fluide, chaîne lubrifiée, pression des pneus correcte, serrage des serrages rapides ou axes traversants.
- ☐ Configuration du braquet : confirmez que le plus grand pignon de la cassette arrière est en 32T ou 34T, indispensable pour les pentes raides.
- ☐ Kit de réparation : chambre à air de rechange, démonte-pneus, CO2 ou pompe, rustines ; pas de secours sur cet itinéraire secret.
- ☐ Hydratation : au moins une grande bouteille d’eau avec électrolytes, plus une supplémentaire en été.
- ☐ Protection solaire et thermique : crème solaire, manchons, et coupe-vent pour la descente.
- ☐ Navigation : téléchargez à l’avance le tracé GPX ou une carte hors ligne, certaines sections de Zhongliao ont un mauvais signal.
- ☐ Contact d’urgence : informez vos proches de votre itinéraire, batterie de téléphone pleine, prévoyez une batterie externe.
- ☐ État physique : sommeil suffisant, alimentation normale, ni rhume ni fatigue excessive.
Détails techniques de pédalage : la science de la position assise et du pédalage en danseuse
Nous avons parlé plus tôt de l’allure et des braquets. Ici, nous allons approfondir le « comment pédaler », car pour une même puissance de sortie, les différences d’efficacité de pédalage peuvent vous faire gagner plusieurs minutes sur le mont Erjian.
La montée en position assise est la reine de l’efficacité. Sur les pentes de 7 % à 9 %, la plage la plus courante sur le mont Erjian, pédaler en position assise vous permet de maintenir votre poids stable sur la selle, de solliciter les grands groupes musculaires — grands fessiers, quadriceps et ischio-jambiers — pour une production de puissance continue, avec un métabolisme énergétique principalement aérobie, ce qui accumule moins rapidement l’acide lactique. Il y a trois détails clés en position assise : premièrement, reculer légèrement les hanches sur la selle pour optimiser l’angle de poussée des quadriceps ; deuxièmement, garder le haut du corps détendu, les coudes légèrement fléchis, sans tirer désespérément sur le guidon pour ne pas gaspiller d’énergie ; troisièmement, maintenir une tension modérée des muscles du tronc (abdominaux et bas du dos) comme point d’appui stable pour le pédalage des jambes.
Le pédalage en danseuse (position debout) est une arme tactique, pas un état permanent. Il permet de mobiliser instantanément plus de groupes musculaires et de générer un couple plus important. Il est adapté à trois situations : premièrement, lorsque la pente dépasse soudainement 10 % et nécessite une explosion immédiate ; deuxièmement, lorsque les muscles de la position assise sont fatigués et qu’il faut solliciter un autre groupe musculaire pour « passer le relais et récupérer » ; troisièmement, lors du sprint final pour extraire toute sa puissance. Mais le pédalage en danseuse consomme beaucoup plus d’oxygène que la position assise, la fréquence cardiaque monte rapidement, et si vous passez toute la route en danseuse, vous vous effondrerez complètement en milieu de parcours. Mon conseil : sur le mont Erjian, ne dépassez pas 15 % du temps total en danseuse, le reste du temps, restez assis pour stabiliser votre rythme.
Un autre détail souvent négligé est le « pédalage circulaire ». Beaucoup de gens ne font que pousser vers le bas (la poussée avant le point mort bas), en ignorant les autres quadrants du cercle de pédalage. Un pédalage idéal devrait ressembler à « gratter la boue de ses semelles » : au point mort bas, tirer le pied vers l’arrière, puis remonter naturellement, pour rendre la puissance de pédalage plus fluide et plus continue. Cette technique est particulièrement importante à basse cadence sur les pentes raides, car elle réduit efficacement les « points morts » du pédalage qui créent des ruptures de puissance.
Gestion à double compteur : fréquence cardiaque et puissance
Si vous portez une ceinture cardiaque et un capteur de puissance, le mont Erjian est un terrain de test idéal pour vérifier votre « discipline d’allure ». Voici les recommandations concrètes pour la gestion à double compteur :
Utilisez le capteur de puissance comme compteur principal. En montée, la lecture de puissance est plus immédiate que la fréquence cardiaque et reflète mieux la production réelle du moment. Après avoir défini votre FTP, affichez la puissance sur l’écran en « moyenne sur 3 secondes » (pour éviter que les fluctuations instantanées ne perturbent votre jugement), et contrôlez la puissance dans les plages de pourcentage du FTP correspondant à la stratégie en cinq segments décrite précédemment.
Utilisez la fréquence cardiaque comme compteur secondaire, une « soupape de sécurité ». La fréquence cardiaque réagit plus lentement que la puissance, mais c’est un signal réel de la fatigue de votre corps. Si vous constatez que pour une même puissance de sortie, votre fréquence cardiaque « dérive » continuellement à la hausse (cardiac drift), cela signifie que vous accumulez de la fatigue ou que vous vous déshydratez ; il faut alors réduire modérément la puissance cible, sinon vous exploserez dans la seconde moitié. En général, lors de l’ascension du mont Erjian, la fréquence cardiaque d’un cycliste de niveau intermédiaire ou supérieur devrait se situer entre 85 % et 92 % de la fréquence cardiaque maximale, et ne dépasser brièvement 95 % que dans le sprint final.
Si vous n’avez pas de capteur de puissance, utilisez le « test de conversation », une méthode ancienne mais fiable : à l’intensité optimale du sweet spot, vous devriez pouvoir prononcer des phrases courtes par intermittence, sans pouvoir tenir une conversation complète, mais sans être totalement incapable d’émettre un son. Dès que vous n’arrivez même plus à sortir un mot, l’intensité est trop élevée et vous devez ralentir.
Sécurité en descente : ne laissez pas vos efforts de montée être anéantis dans la descente
Bien que cet article soit un guide de montée, la descente ne doit pas être prise à la légère, surtout que le mont Erjian est une route agricole aux conditions variées. Le risque de mortalité en descente est en réalité plus élevé qu’en montée. Voici quelques principes à respecter absolument :
Premièrement, la priorité au contrôle de la vitesse. La route agricole a de nombreux virages et angles morts ; il peut y avoir des véhicules venant en sens inverse, des engins agricoles, voire des résidents qui se promènent et des chiens. Veillez à maintenir une vitesse à laquelle vous pouvez « vous arrêter à tout moment dans votre champ de vision ». Ne transformez surtout pas la descente en terrain de jeu pour battre des records de vitesse.
Deuxièmement, freinez par « à-coups » plutôt que « en continu ». Sur une longue descente, si vous serrez les freins en continu, les jantes ou les disques surchauffent ; les premières peuvent provoquer une crevaison de la chambre à air, les seconds une perte de puissance de freinage. La bonne méthode est de freiner par intermittence pour laisser le système de freinage refroidir.
Troisièmement, le centre de gravité et le regard dans les virages. Dans un virage, la pédale extérieure descend au point mort bas, le genou intérieur pointe vers l’intérieur du virage, et le regard se porte vers la sortie du virage plutôt que sur la route immédiate. Dans les virages humides ou couverts de feuilles mortes, ralentissez à l’avance et évitez absolument de freiner dans le virage.
Quatrièmement, restez au chaud. Après une ascension de près de 500 mètres de dénivelé, la température en haut peut être plusieurs degrés plus basse qu’en bas, et le vent relatif en descente accentue la sensation de froid. Enfilez impérativement une veste coupe-vent au sommet avant de descendre, pour éviter l’hypothermie qui pourrait altérer votre contrôle du vélo.
Conseils d’entraînement : comment se préparer pour le mont Erjian
Si votre condition physique actuelle ne vous permet pas encore de gravir le mont Erjian facilement, ne vous précipitez pas. Voici une progression d’entraînement par étapes :
Construire une base aérobie. Programmez 1 à 2 sorties longues de 60 à 90 minutes par semaine à intensité faible à modérée pour consolider vos fondations cardio-respiratoires, la base de toute capacité en montée.
Entraînement par intervalles au sweet spot. C’est le plan le plus efficace pour améliorer l’endurance en montée : sur home-trainer ou sur une pente douce, pédalez à 88 % à 94 % du FTP pendant 8 à 12 minutes, récupérez 3 à 5 minutes, et répétez 3 à 4 séries. Cette intensité correspond précisément à la puissance requise dans le deuxième segment du mont Erjian ; avec le temps, vous constaterez que vous « respirez moins fort » en montée.
Simulation spécifique de montée. Trouvez une pente au profil similaire au mont Erjian (autour de 7 %), montez-la 3 à 4 fois pour simuler l’ascension continue en conditions réelles, tout en vous familiarisant avec les variations de votre cadence de pédalage à différents niveaux de fatigue.
Gestion du poids. La montée est une guerre contre la gravité ; le rapport puissance/poids (W/kg) est l’indicateur clé qui détermine la vitesse en montée. Sans sacrifier la force, un contrôle modéré du poids vous permettra de monter plus vite à puissance égale. C’est aussi pourquoi les grimpeurs professionnels sont tous très minces.
Questions fréquentes : réponses rapides
Q : Le mont Erjian est-il adapté au vélo de route ou au VTT ?
A : Le vélo de route convient parfaitement ; c’est une route agricole asphaltée, pas un sentier tout-terrain. L’essentiel est d’avoir un braquet assez léger (développement arrière de 32 dents ou plus) et des pneus recommandés en 25C à 28C. Un vélo gravel est également très adapté, alliant gestion des variations de route et confort.
Q : Pour un débutant qui monte pour la première fois une pente de niveau intermédiaire, le mont Erjian est-il trop difficile ?
A : Pour un débutant complet, une pente moyenne de 7,3 % est effectivement un défi, mais comme la distance n’est que de 6,44 kilomètres, avec un braquet correct, une allure prudente et sans chercher à battre un chrono, la plupart des débutants ayant une base raisonnable peuvent la terminer en ralentissant le rythme. Il est conseillé d’accumuler d’abord de l’expérience sur des pentes plus douces avant de relever le défi du mont Erjian.
Q : Combien de fois peut-on monter en une journée ?
A : Grâce à sa courte distance et à sa descente rapide, les cyclistes en bonne condition physique peuvent utiliser le mont Erjian comme « terrain d’entraînement répétitif », en le montant 2 à 3 fois par jour pour des intervalles de montée. C’est l’un de ses grands avantages en tant que parcours d’entraînement — contrairement au mont Wuling, où l’on ne peut monter qu’une fois par jour.
Q : Faut-il un permis d’entrée en montagne ?
A : Le mont Erjian est une route de village et une route agricole ordinaire, ce n’est pas une zone montagneuse réglementée, aucun permis n’est nécessaire. Il est toutefois recommandé de respecter les agriculteurs et les habitants locaux : ralentir en passant près des plantations de thé et des terres agricoles, ne pas jeter de déchets et ne pas perturber les travaux agricoles.
Considérez chaque montée comme une accumulation de données
Enfin, un conseil pour les cyclistes sérieux : enregistrez toutes vos données du mont Erjian. Temps par segment, puissance moyenne, courbe de fréquence cardiaque, température et vent du jour — archivez tout. Après avoir accumulé trois ou cinq sessions de données, vous commencerez à voir votre trajectoire de progression — même temps de parcours, fréquence cardiaque plus basse ; ou même fréquence cardiaque, puissance plus élevée. Ces chiffres ne mentent pas ; ils sont le témoin le plus honnête de l’efficacité de votre entraînement. Le mont Erjian, ce parcours court et intense, est le support parfait de cette philosophie d’entraînement du « soi quantifié ». Assez court pour être répété et contrôler les variables ; assez raide pour donner du sens à chaque donnée. C’est pourquoi je recommande cette montée secrète des collines de Nantou à tout cycliste qui veut sérieusement progresser.
Conclusion : transformez ce lieu secret en leçon de montée
Le mont Erjian de Zhongliao n’est pas en tête des listes de lieux populaires à photographier, mais c’est précisément pour cela qu’il conserve une tranquillité et un défi rares. Une pente moyenne de 7,3 %, près de 500 mètres de dénivelé, des sections pouvant dépasser 10 % — ces chiffres composent une leçon de montée solide. Elle ne vous apprend pas seulement le physique, mais aussi la sagesse de l’allure — quand économiser, quand tout donner. Une fois que vous maîtrisez le rythme des cinq segments du mont Erjian, vous découvrirez une sérénité nouvelle face aux montagnes plus longues et plus raides. C’est là la valeur la plus précieuse d’un parcours secret.
Lectures connexes
- Pédaler jusqu’à Erjian Mountain à Zhongliao : dans le village de thé rené après le séisme de 921, à la recherche de la montée la plus paisible de Taïwan
- Guide pratique du temple Zhinan à Maokong : 6,93 km, 388 m de dénivelé, analyse complète de la montée intermédiaire classique de Taipei avec une pente moyenne de 5,6 %
- Guide pratique de la route du café de Dongshan : 16,41 km, pente moyenne de 3,9 %, le choix idéal pour l’entraînement d’endurance
- Guide pratique de la montagne Teapot à Jinguashi : 3,15 km, pente moyenne de 7,1 %, analyse complète de la route de montagne minière
台北闊瀨陡坡 騎旅 / 日本單車雜誌編輯車友臨時加入!/ 髮香才是最強的 / feat. 北迴歸線小隊 / 公路車 CT Yeh
6 個月前
那瑪夏x茶山 阿里山系深山單車行 Day2 累積爬升6000M | 🥶超陡連續下坡 整路看隊友刷 | 爬升一座西進武嶺 | JJSC | 公路車 | CT Yeh
3 年前
一定要騎一次!阿里山最深處:里佳部落!單車旅行 | 2800m爬升 | 深度部落體驗:嗨翻晚會、螢火蟲、銀河 | feat. JJSC & 廢物伙伴 | 公路車 CT Yeh
9 個月前
大武山後門26%歡樂陡坡!JJSC南台灣單車行Day2 / 被颱風追著跑 / 公路車 / CT Yeh
2 年前
藤枝二集團 單車行 Day1 | 南部小武嶺 | 爬坡爬到罵罵叫 | JJSC | 公路車 | CT Yeh
3 年前
嘉義單車路線推薦:碧湖山茶園超陡坡挑戰!里佳部落-奮起湖-瑞峰 (附路線)
7 個月前
萬年峽谷! 30% 超激陡坡 里佳部落DAY2 還是很硬! | 公路車 | CT Yeh
3 年前
無耳茶壺山 半屏山 空拍震撼絕景 驚險O型縱走
8 年前