La pente secrète menant à l'arbre sacré : la route 投56, une rencontre entre l'ombre profonde de la forêt et les géants millénaires

Certaines routes existent pour atteindre un lieu ; d’autres, pour rencontrer une présence. La route 投56 appartient à la seconde catégorie.
Dans les montagnes profondes de Nantou, cette route escarpée, longue de seulement 6,9 kilomètres mais avec un dénivelé de 653 mètres, serpente silencieusement à l’ombre des arbres. Elle n’a pas de nom célèbre, pas de flot de voitures, et la plupart des gens n’en ont même jamais entendu parler. Mais pour les cyclistes prêts à quitter les routes principales et à s’enfoncer au cœur de la forêt, au bout de cette route se cache une émotion indescriptible : un arbre sacré, debout en silence, traversant les longues années.
Cet article souhaite vous emmener, loin des calculs de pente et de braquet, simplement avec les sens d’un cycliste, au cœur de ce sentier escarpé et secret, pour ressentir l’ombre des bois, la pluie de montagne, la solitude, et la crainte inspirée par cet arbre géant.
I. Quitter l’agitation, s’enfoncer dans les plis de la montagne
Nantou est le cœur de Taïwan, où les montagnes s’empilent en couches successives. Les régions de Zhushan, Lugu et Xinyi sont réputées depuis toujours pour leurs arbres sacrés et leurs arbres géants — des miracles de vie que seuls les cyprès rouges de Taïwan et les cyprès de Formose peuvent accomplir, après de longues années dans l’air humide et doux des montagnes.
La route 投56 est l’un de ces sentiers qui s’enfoncent dans les plis de cette forêt de montagne.
Lorsque vous tournez depuis la route principale vers l’entrée de cette route de campagne, le monde s’apaise soudainement. Le bruit des voitures s’éloigne, remplacé par le bruissement du vent à travers les cimes, le chant d’oiseaux inconnus, et votre propre respiration de plus en plus lourde. La route grimpe dès le début, et elle grimpe sérieusement — ce n’est pas une route qui vous laisse reprendre votre souffle sur un faux plat, elle montre sa nature de sentier escarpé et secret dès le premier kilomètre.
Le premier cadeau de cette route secrète, c’est le « silence ». Lorsque vous êtes habitué à l’agitation urbaine, au flot de voitures des routes principales, et que vous vous retrouvez soudain sur une route de montagne où vous êtes presque seul, ce silence réveille vos sens. Vous entendez des sons que vous n’entendez habituellement pas, vous voyez des détails que vous ne voyez habituellement pas.
II. Au cœur de l’ombre : le flux de la lumière et des senteurs
Ce qui rend la route 投56 la plus émouvante, c’est son ombrage.
À mesure que l’altitude augmente, les arbres des deux côtés deviennent plus hauts et plus denses, leurs branches et leurs feuilles s’entrelacent au-dessus de votre tête pour former un tunnel vert naturel. La lumière du soleil traverse les couches de feuilles, projetant des taches de lumière dansantes et mouchetées qui se déplacent sur la surface de l’asphalte. En pédalant sous cette ombre, même si vos jambes brûlent à cause de la pente raide, votre cœur ressent une sérénité doucement enveloppée par la montagne.
L’air, lui aussi, change au fil de la montée. En bas, il porte la verdeur des herbes le long des chemins industriels ; plus haut, on sent cette odeur boisée, humide et profonde, propre aux forêts primaires. Si une pluie de montagne vient de passer, toute la route est enveloppée d’une fine couche de brume, les odeurs de terre, de mousse et d’écorce se mélangent ; une profonde inspiration, et l’on dirait que l’on aspire la respiration de toute la montagne dans ses poumons.
Cette section du parcours est un voyage double, physique et spirituel. Le corps lutte contre la gravité de la pente, tandis que l’esprit se dépose peu à peu dans le flux de lumière et d’ombre de la forêt. Vous découvrirez que les soucis qui vous obsédaient avant la montée s’estompent doucement, dans la concentration sur la respiration et le pédalage, enveloppé par la nature.
III. La solitude, couleur de fond de cette route
La route 投56 est une route « peu fréquentée ».
Ici, il est fort probable que vous ne croisiez presque personne sur tout le parcours. Pas de compagnons de route pour rouler côte à côte, pas de spectateurs pour vous encourager, pas de points de ravitaillement pratiques. Il n’y a que vous, votre vélo, et la route asphaltée qui s’étire sans cesse vers le haut.
Cette solitude peut sembler un peu effrayante pour certains, mais pour ceux qui savent l’apprécier, c’est un cadeau inestimable.
La solitude sur un sentier escarpé et secret n’est pas de l’isolement, mais une rare opportunité « d’être avec soi-même ». Personne sur qui compter, personne à qui se comparer, vous ne pouvez qu’affronter honnêtement votre condition physique, votre volonté, votre rythme. Cette pureté, dans une époque toujours connectée, toujours bruyante, est devenue presque un luxe.
Lorsque la douleur dans vos jambes s’accumule à un certain niveau, votre cerveau entre dans un silence étrange. Vous ne pensez plus à rien d’autre, vous vous concentrez uniquement sur le rythme de chaque respiration, le poids de chaque tour de pédale, le changement de chaque pente. C’est un état proche de la méditation. Dans cette solitude, vous entendrez la voix la plus authentique de votre cœur.
IV. L’émotion du point d’arrivée : la rencontre avec l’arbre sacré
Puis, après un virage, vous atteignez le bout du chemin. L’arbre sacré est là.
Comment décrire la sensation de voir l’arbre sacré pour la première fois ?
C’est une sensation d’être bouleversé par le « temps » lui-même. Lorsque vous vous tenez devant un arbre géant qui a peut-être vécu des centaines, voire des milliers d’années, vous prenez soudain conscience de votre propre petitesse et de votre brièveté. Il se tenait ici bien avant votre naissance, et il continuera à veiller silencieusement sur cette forêt bien après votre départ. Il a traversé d’innombrables aubes et crépuscules, d’innombrables tempêtes, d’innombrables cycles de saisons, et vous n’êtes qu’un passager pressé dans sa longue vie.
Les arbres sacrés de Taïwan — cyprès rouges, cyprès de Formose — sont les trésors écologiques les plus précieux de cette île. Leurs troncs massifs sont des cernes de croissance accumulés année après année ; leurs racines entrelacées s’accrochent fermement à cette terre ; leurs branches et feuilles s’élevant vers le ciel protègent toute la vie de la forêt. Devant un arbre sacré, aucun mot n’est nécessaire, il suffit de lever les yeux en silence, de respirer en silence, pour ressentir cette force de vie silencieuse et immense qui traverse le temps et l’espace.
C’est la récompense ultime de la route 投56. Pas un beau bulletin de notes, pas un chiffre de check-in sur les réseaux sociaux, mais une rencontre authentique avec une vie millénaire.
V. À propos de cette aventure : les détours et les sensations
Bien que la route 投56 soit en elle-même un sentier escarpé et secret dédié à la montée, la région montagneuse de Nantou où elle se trouve est une terre qui mérite d’être explorée lentement.
| Aspect | Contenu de l’expérience | Sensation |
|---|---|---|
| Cyclisme sous les arbres | Tunnel vert, lumière mouchetée | Enveloppé doucement par la montagne |
| Senteurs de pluie de montagne | Odeur boisée et de mousse après la pluie | Profonde et apaisante |
| Solitude du secret | Temps de concentration, peu fréquenté | Être honnête avec soi-même |
| Rencontre avec l’arbre sacré | L’émotion de l’arbre millénaire | Crainte du temps et de la vie |
| Villages de montagne de Nantou | Zhushan, Lugu et alentours | Parfum du thé, produits de montagne, hospitalité |
Quelques petits conseils pour ceux qui veulent explorer :
- Ralentissez : Ce n’est pas une route pour monter vite, prendre une photo et repartir. Elle mérite que vous vous attardiez un peu plus à l’ombre des arbres, que vous restiez quelques minutes de plus devant l’arbre sacré.
- Ayez de la crainte : L’arbre sacré est une ressource écologique fragile et précieuse. Admirez-le, photographiez-le, mais ne le touchez pas, ne grimpez pas dessus, ne le détruisez pas. Laissez-le continuer à veiller sereinement sur la forêt.
- Explorez Nantou : La région montagneuse de Nantou où se trouve la route 投56 regorge de villages de thé, de forêts de bambous et de charmes de montagne. Si le temps le permet, pourquoi ne pas prolonger cette sortie à vélo en un voyage plus complet au cœur des montagnes de Nantou.
VI. Pourquoi cette route escarpée et secrète vaut-elle le détour ?
Dans ce monde du cyclisme dominé par la « vitesse » et les « données », la route 投56 est une rébellion douce.
Elle n’est pas longue, mais elle est raide ; elle n’est pas animée, mais elle est pure ; elle ne vous donnera pas la fierté de conquérir une grande montagne, mais elle vous offrira une émotion calme et profonde. Elle vous dit que le vélo n’est pas seulement une question de performance, de chiffres de dénivelé, de likes sur les réseaux sociaux — le vélo peut aussi être une façon de pénétrer dans une forêt ombragée, de respirer l’air après une pluie de montagne, de retrouver, devant un arbre sacré millénaire, la crainte de la nature, du temps et de la vie.
Parfois, nous roulons trop vite, nous poursuivons trop avidement, et nous oublions pourquoi nous sommes partis. Et des routes secrètes comme la 投56, par leur raideur et leur solitude, nous forcent à ralentir, à nous taire, à réentendre notre propre respiration, à revoir la beauté au plus profond de cette île.
VII. Pour ceux qui veulent venir pour la première fois
Si, en lisant jusqu’ici, vous êtes également tenté et souhaitez venir parcourir vous-même ce sentier escarpé et secret menant à l’arbre sacré, voici quelques mots sincères pour vous.
Cette route ne sera pas douce avec vous. Elle grimpe dès le début, la pente est raide, les ravitaillements sont rares, les traces de vie sont minces. Vous serez fatigué, essoufflé, et il y aura des instants où vous vous demanderez pourquoi vous vous infligez cela. Mais croyez-moi, lorsque vous vous tiendrez enfin devant l’arbre sacré, tous ces efforts deviendront en un instant infiniment précieux.
Préparez un cœur prêt à ralentir, emportez suffisamment d’eau et de ravitaillement, choisissez un jour au temps stable, puis partez. Ne vous pressez pas, ne vous précipitez pas pour le check-in. Laissez la lumière et l’ombre de la forêt se poser sur vous, laissez l’odeur de la pluie de montagne pénétrer vos poumons, laissez la solitude de ce lieu secret vous ramener à l’essence la plus pure du cyclisme.
VIII. Pourquoi l’arbre sacré inspire-t-il la crainte : une leçon sur le temps
Nous vivons dans une époque du « rapide ». Les messages se transmettent en une seconde, les livraisons arrivent vite, les vidéos se regardent en accéléré. Nous sommes habitués à mesurer le monde en « secondes » et en « minutes ». Et l’arbre sacré est le rappel le plus doux et le plus bouleversant de cette époque rapide — il existe à l’échelle des « centaines d’années », des « milliers d’années ».
Les cyprès rouges et les cyprès de Formose de Taïwan sont parmi les plus anciens habitants de cette île. Ils poussent extrêmement lentement, ne grossissant peut-être que d’un tout petit peu par an ; c’est précisément à cause de cette lenteur que leur bois est si dense et si résistant, capable de résister aux intempéries, de lutter contre la décomposition, et de rester debout pendant des millénaires. Lorsque vous vous tenez devant un arbre sacré, contemplant un tronc qu’il faut plusieurs personnes pour embrasser, vous contemplez en réalité un temps si long qu’il dépasse l’imagination, scellé dans les cernes de croissance.
Un arbre sacré millénaire a vu plus d’aubes et de crépuscules que nous n’en verrons dans toute notre vie, mille fois plus. Il se tient là, en silence, sans lutter, sans se presser, vivant la vie la plus majestueuse de la manière la plus silencieuse. Cette existence en elle-même est une force.
Lorsque, à bout de souffle, nous avons parcouru les 6,9 kilomètres de pente raide et que nous nous tenons devant lui, la fierté née de la montée se transforme, face à son immensité et son ancienneté, en humilité. Nous comprenons soudain que, aussi brillantes que soient les réalisations humaines, elles ne sont qu’un instant éphémère à l’échelle du temps naturel. Et c’est précisément cette prise de conscience de « notre propre petitesse » qui ouvre l’esprit et adoucit le cœur.
C’est la leçon que l’arbre sacré donne à chaque visiteur — une leçon sur le temps, sur l’humilité, sur la manière de bien vivre.
IX. Nantou : la patrie des arbres géants de Taïwan
Nantou, où se trouve la route 投56, est l’une des régions les plus riches en arbres géants de Taïwan.
Nantou est située au centre de Taïwan, entourée de montagnes, avec d’énormes différences d’altitude, des collines de basse altitude jusqu’aux sommets de la chaîne centrale. Ce relief et ce climat humide et doux ont donné naissance aux forêts de cyprès les plus précieuses de Taïwan. Les régions de Zhushan, Lugu et Xinyi sont depuis toujours d’importantes zones forestières et de répartition des arbres géants, parsemées de groupes d’arbres sacrés et de géants, grands et petits.
Ces arbres géants ne sont pas seulement des paysages spectaculaires, ce sont les piliers de tout l’écosystème forestier. Un arbre sacré est en lui-même un micro-écosystème — son écorce, ses branches, ses racines abritent d’innombrables plantes épiphytes, insectes, oiseaux et petits animaux. Il est l’ancien de la forêt, et aussi son cœur.
Précisément parce qu’ils sont si précieux, ces arbres géants sont aussi extrêmement fragiles. Taïwan a connu une ère de déforestation à grande échelle, et de nombreuses précieuses forêts primaires de cyprès ont disparu à cette époque. Aujourd’hui, chaque arbre sacré qui a survécu et se dresse encore dans les montagnes est un héritage naturel inestimable. Le fait que nous puissions aujourd’hui, à vélo, venir facilement devant eux est en soi une chance.
C’est pourquoi, lorsque vous visiterez l’arbre sacré au bout de la route 投56, veuillez porter le plus profond respect. Ne le touchez pas, ne grimpez pas dessus, ne gravez rien, ne laissez aucun déchet. Laissez cet arbre géant survivant continuer à veiller sereinement sur la forêt, afin que la génération suivante, et celle d’après, puissent, comme vous aujourd’hui, témoigner de son existence.
X. Le secret au fil des saisons : les expressions du parcours selon les époques
Une route secrète et ombragée comme la 投56 révèle des visages totalement différents au fil des quatre saisons.
- Printemps : La forêt s’éveille de la torpeur hivernale. Les nouvelles feuilles bourgeonnent, le vert tendre se répand, et parfois des cerisiers de montagne ou des fleurs sauvages ponctuent les bois. L’air est plein d’une vitalité débordante ; en y roulant, on dirait que l’on est contaminé par le réveil de toute la montagne.
- Été : L’ombre dense devient particulièrement précieuse en plein été. Lorsque la chaleur monte en bas, cette pente raide enveloppée de verdure reste relativement fraîche. Mais l’été est aussi la saison des orages d’après-midi fréquents ; avant de partir, vérifiez impérativement la météo pour éviter de vous retrouver sous une pluie soudaine en montagne.
- Automne : C’est la saison la plus stable et la plus confortable sur cette route. L’air frais, la lumière claire rendent la souffrance de la montée plus supportable. La lumière et l’ombre dans les bois sont particulièrement douces en automne, c’est l’une des meilleures saisons pour rouler.
- Hiver : L’hiver en montagne est froid et silencieux. L’ombre des bois est empreinte de froid, les traces de vie sont encore plus rares, et ce sentiment de secret solitaire est encore plus intense. Mais il faut penser à se couvrir, surtout pour le froid en descente, et pour les surfaces potentiellement glissantes.
À chaque saison, la route 投56 est différente. Le printemps a sa vitalité, l’été sa fraîcheur, l’automne sa clarté, l’hiver sa solitude. Et la seule chose qui ne change pas, c’est l’arbre sacré qui vous attend en silence au bout du chemin.
XI. Une petite remarque à propos du « secret »
Le mot « secret » a été galvaudé ces dernières années sur les réseaux sociaux. Mais un véritable lieu secret est précieux précisément parce qu’il n’a pas été « trop perturbé ».
Une route comme la 投56 doit une grande partie de sa beauté à son « calme » et à sa « faible fréquentation ». Si un jour, à force d’être trop exposée, elle voyait affluer des foules et des flots de voitures, la tranquillité et la pureté propres à un lieu secret disparaîtraient.
C’est pourquoi je souhaite adresser un doux rappel à chaque cycliste qui visitera cette route :
- Montagne sans trace : Remportez tout ce que vous avez apporté. Ne laissez aucun déchet, y compris les restes de nourriture et les emballages.
- Respectez les habitants : C’est une route industrielle, il peut y avoir des habitants locaux qui vivent et travaillent le long du parcours. Ralentissez, soyez poli, soyez un visiteur bienvenu.
- Partagez avec discrétion : Partager votre belle expérience est bien sûr sans problème, mais peut-être n’est-il pas nécessaire de divulguer chaque coordonnée, chaque itinéraire dans les moindres détails. Laissez une part de beauté, une part qui nécessite d’être découverte par soi-même.
Aimer vraiment un lieu, c’est savoir comment le protéger, pour qu’il puisse exister longtemps, dans sa plus belle forme.
XII. Corps et esprit sur la pente raide : une exploration des limites
Gravir une pente raide comme la 投56 est en réalité une exploration de ses propres « limites ».
En roulant sur du plat, il est difficile de vraiment connaître ses limites. C’est la pente raide, cette montée continue qui fait brûler les jambes, battre le cœur à tout rompre, accélérer la respiration, qui vous pousse jusqu’à cette ligne de démarcation habituellement invisible. Et c’est précisément sur cette ligne que vous rencontrez votre moi le plus authentique.
Vous découvrirez que votre corps est plus fort que vous ne le pensiez. Lorsque vous pensez ne plus pouvoir continuer, et que vous parvenez encore à pédaler un tour, à tenir un virage de plus, vous repoussez votre limite d’un tout petit peu. Cette prise de conscience du « je peux le faire » est l’un des cadeaux les plus précieux que la pente raide vous offre. Elle ne s’applique pas seulement au vélo — lorsque vous rencontrez dans la vie des obstacles qui semblent insurmontables, vous vous souviendrez de cette pente raide, de ce vous qui, les jambes en plomb, a choisi d’avancer, et vous vous direz : je peux le faire, comme cette fois-là.
La pente raide ne muscle pas seulement les jambes, elle forge une « attitude face aux difficultés ». Et cette attitude s’infiltre silencieusement dans tous les recoins de votre vie.
En même temps, la pente raide est aussi une purification de l’esprit. Lorsque l’intensité atteint un certain niveau, votre cerveau est forcé de se « vider » — il n’y a plus de bande passante pour s’inquiéter du travail, pour se tourmenter avec les relations, pour angoisser de l’avenir. Vous ne pouvez vous concentrer que sur la respiration et le pédalage du moment présent. Cet « être dans l’instant présent » forcé est précisément l’état d’esprit le plus rare et le plus nécessaire pour l’homme moderne. Beaucoup dépensent des fortunes pour apprendre la méditation, sans savoir qu’une pente raide peut vous offrir l’expérience de pleine conscience la plus pure.
XIII. Le vélo, la meilleure façon de découvrir Taïwan
Des routes secrètes comme la 投56 me rappellent que le vélo est peut-être la meilleure façon de découvrir Taïwan.
La voiture va trop vite, vous ne faites que « passer » devant les paysages, les détails défilent à toute allure derrière la vitre, disparaissant avant même d’avoir pu les voir. La marche est trop lente, et la portée de vos déplacements est trop limitée. Le vélo, lui, trouve l’équilibre parfait entre les deux — il est assez lent pour savourer la lumière et l’ombre de la forêt, sentir l’odeur de la pluie de montagne, entendre le chant des oiseaux et le bruit du vent ; il est assez rapide pour vous permettre, en une journée, de vous enfoncer au cœur des plis de la montagne, d’atteindre ces lieux secrets inaccessibles en voiture et trop lointains à pied.
Découvrir Taïwan à vélo, c’est réaliser que cette île est bien plus riche que vous ne l’imaginiez. En une courte distance à vélo, vous pouvez passer d’une ville animée à une forêt silencieuse ; d’une plaine ensoleillée à des hauteurs enveloppées de brume ; d’une grande avenue moderne en asphalte à un sentier secret abritant des vies millénaires. La beauté de Taïwan se cache en grande partie dans ces endroits qui ne sont accessibles qu’avec les jambes et les roues.
Et des routes comme la 投56 sont un cadeau généreux de Taïwan aux cyclistes prêts à quitter leur zone de confort et à payer de leur sueur. Elles ne figurent pas dans les guides touristiques populaires, elles n’attirent pas de foules de touristes, mais elles récompensent chaque personne prête à venir les découvrir avec l’ombre la plus pure, la solitude la plus profonde, et l’arbre sacré le plus bouleversant.
XIV. Après la descente : ramener ce calme dans la vie
Lorsque vous terminez cette sortie, que vous redescendez doucement à l’ombre des arbres, que vous revenez à l’agitation du quotidien, vous ramenez avec vous des choses immatérielles mais précieuses.
Vous ramenez un calme. L’humilité et l’ouverture ressenties devant l’arbre sacré deviendront, lorsque vous serez confronté aux tourments de la vie, un point d’ancrage sur lequel vous pourrez vous retourner. Lorsque le travail vous étouffe, que les relations vous perturbent, fermez les yeux, pensez à cet arbre géant debout en silence, pensez à la sérénité qu’il a vécue en mille ans — votre cœur pourra peut-être s’apaiser un peu.
Vous ramenez une force. Ce vous qui, sur la pente raide, a voulu abandonner mais ne l’a pas fait, deviendra votre assurance face aux autres difficultés. Vous saurez que vous êtes capable de serrer les dents et de traverser les épreuves, comme vous avez traversé cette pente raide.
Vous ramenez aussi un respect et une envie pour la nature. Une fois que vous avez ressenti par vous-même le pouvoir apaisant de la forêt, l’émotion de l’arbre sacré, vous ne pourrez plus vous empêcher de vouloir revenir sans cesse à la montagne, de vouloir explorer à vélo toujours plus de secrets que cette île cache. Cette envie donnera à votre vie une direction saine, enrichissante et pleine d’attentes.
Un véritable voyage ne consiste pas à savoir où l’on est arrivé, mais ce que l’on a ramené. Ce que la route 投56 vous donne, c’est bien plus qu’un simple enregistrement de sortie à vélo, c’est un cadeau venu des profondeurs de la forêt, capable de nourrir votre vie quotidienne.
Conclusion : devant l’arbre sacré, repartir à nouveau
La route 投56 est un sentier escarpé et secret de Nantou menant à un arbre sacré. 6,9 kilomètres de route, 653 mètres de dénivelé, un véritable défi pour les jambes ; mais ce qui rend cette route inoubliable, ce ne sont jamais ces chiffres, mais la lumière et l’ombre au cœur de la forêt, l’odeur après la pluie de montagne, la solitude des lieux peu fréquentés, et cet arbre géant debout en silence au bout du chemin, traversant les millénaires.
Lorsque, à bout de souffle, vous atteignez le bout de la route et que vous vous tenez devant l’arbre sacré, vous comprendrez : le sens de ce voyage va bien au-delà du simple fait d’« avoir gravi une pente raide ». Vous êtes entré au plus profond de la montagne, vous avez rencontré le visage du temps, et dans la solitude et la crainte, vous vous êtes redécouvert vous-même.
Puis, lorsque vous faites demi-tour et redescendez doucement à l’ombre des arbres, vous emportez avec vous une paix indescriptible. L’arbre sacré se dresse toujours au cœur de la forêt, et vous, vous n’êtes plus celui qui est monté.
Puissiez-vous avoir l’occasion, un jour calme, de rouler vers ce lieu secret, de pénétrer dans l’ombre des bois, de rencontrer l’arbre sacré, puis — de repartir à nouveau.
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