La romance des virages des douze signes du zodiaque : de la patate douce de Zhushan au sommet des nuages de Sunlinksea

Au départ de Zhushan, le temps était encore chaud, l’asphalte dégageait une chaleur estivale. Qui aurait cru qu’au bout de cette même route se trouvait Shanlinxi, à 1 600 mètres d’altitude, enveloppé de nuages et de brume ? Cette route d’environ 26,9 kilomètres avec un dénivelé d’environ 1 434 mètres a pour plus grand charme une série d’épingle à cheveux consécutives nommées d’après les douze signes du zodiaque — Rat, Bœuf, Tigre, Lapin, Dragon, Serpent, Cheval, Chèvre, Singe, Coq, Chien, Cochon — un virage après l’autre, vous transportant du monde des humains jusqu’au royaume des nuages, en spirale.
Cet article ne parle pas d’allure. Les guides regorgent de chiffres ; ce que je veux dire ici, c’est pourquoi ces virages portent des noms de signes du zodiaque, pourquoi le thé de Fantian est si parfumé, quels paysages se cachent dans la gorge du Dragon et du Phénix, et pourquoi les cyclistes taïwanais reviennent encore et encore pour compter ces douze animaux.
Les virages des douze signes du zodiaque : la romance de nommer une route
Sur ce tronçon de la route de Shanlinxi, communément appelé « les 17 kilomètres », chaque grand virage en épingle à cheveux d’environ 180 degrés porte le nom d’un signe du zodiaque. Ce n’est pas un simple marketing, c’est une romance très taïwanaise, très locale — quand une route a tellement de virages qu’on ne peut plus les compter, on utilise les douze signes du zodiaque, les plus familiers, pour nommer chaque virage, afin que les voyageurs égarés et les cyclistes en montée sachent « à quel animal ils sont arrivés ».
Cette montée acquiert ainsi un rituel étrangement merveilleux. On entend les cyclistes s’interpeller : « On a passé le virage du Dragon ! » « Plus que le virage du Cochon, tiens bon ! » Le virage du Cochon est l’un des derniers de la série — quand tu comptes jusqu’au Cochon, tu sais que la partie la plus difficile est presque terminée. Ces noms transforment une montée impersonnelle et froide en un voyage rythmé, plein d’espoir. Après le virage du Cheval, on rencontre « Chufengling » ; après le virage du Cochon, on enchaîne avec « Xiangsitai » et la gorge du Dragon et du Phénix — même les noms de lieux sont poétiques, comme si la route écrivait un poème sur ta peine.
Pourquoi « les douze signes du zodiaque » et pas des numéros
Tu te demanderas peut-être : une route avec autant de virages, pourquoi ne pas simplement les appeler « premier virage, deuxième virage » ? J’ai fini par comprendre : les chiffres sont froids, les signes du zodiaque sont chaleureux. Les chiffres te disent seulement « combien il en reste », mais les signes du zodiaque donnent une personnalité à chaque virage — le Dragon est majestueux, le Serpent sinueux, le Cheval fougueux, le Cochon bonhomme. Quand un virage a un nom, il n’est plus juste une courbe sur l’asphalte, il devient un lieu dont tu te souviens, que tu attends, que tu savoures.
Cette habitude de nommer les routes de montagne cache un optimisme taïwanais face à la difficulté. La montée est pénible, mais les ancêtres et les voyageurs qui ont suivi ont tenu à trouver de la joie dans la peine, en utilisant les douze signes du zodiaque, les plus familiers et présents dans chaque foyer, pour apprivoiser une longue montée éprouvante en une comptine que l’on peut réciter en pédalant. Après le Rat, le Bœuf, le Tigre, tu ne peux t’empêcher de sourire — même souffrir peut être si plein d’humanité.
Du Rat au Cochon : un rythme qui respire
Ce que j’aime particulièrement sur cette route, c’est le rythme psychologique de « compter les animaux », avec ses hauts et ses bas. Les premiers — Rat, Bœuf, Tigre, Lapin — tu as encore des forces, compter est léger, comme un appel nominal ; au milieu — Dragon, Serpent, Cheval, Chèvre — les jambes s’alourdissent, la voix qui compte devient plus serrée ; dans la dernière partie — Singe, Coq, Chien, Cochon — chacun semble compter à rebours ta délivrance. En passant le virage du Cheval, tu rencontres « Chufengling », un nom qui semble dire « première rencontre, c’est là que tout se joue » ; et quand tu arrives enfin au Cochon, après le virage du Cochon, tu rejoins Xiangsitai et aperçois la gorge du Dragon et du Phénix, cette sensation de « bientôt arrivé » est plus rassurante que n’importe quelle notification Strava.
Fantian et la gorge du Dragon et du Phénix : le parfum du thé caché dans les virages
La région de thé de Shanlinxi, où se trouvent les virages des douze signes du zodiaque, est une importante zone de production de thé de haute montagne taïwanais. On y trouve de nombreux noms de lieux chargés d’histoires — Yangzaiwan, Ruan’an Bagua, Sancengping, Zhu zaiwan, la gorge du Dragon et du Phénix, Caodi, Fantian… Derrière chacun de ces noms se cache une plantation de thé adossée à la montagne.
Parmi eux, la zone de thé de Fantian, située autour de Da’an à Zhushan, est l’une des plus grandes plantations de toute la grande région de thé de Shanlinxi, entourée de forêts de bambous Moso et de cèdres. Le thé de Shanlinxi produit dans la région de la gorge du Dragon et du Phénix et de Yangzaiwan est particulièrement réputé — l’altitude élevée, les grands écarts de température entre le jour et la nuit, et l’humidité des nuages donnent au thé de Shanlinxi cette saveur fraîche, douce et profonde, typique des hautes altitudes.
En pédalant sur cette route, tu traverses sans cesse des plantations de thé. Le brouillard matinal s’étend sur les théiers, les cueilleurs courbés travaillent, leurs silhouettes apparaissant et disparaissant dans la brume. C’est l’image la plus vivante et chaleureuse de cette route — chaque mètre que tu gravis à la force de tes jambes est le domaine de quelqu’un qui cultive et vit du thé au quotidien. Fatigué, bois une tasse de ce thé de haute montagne, laisse son arôme redonner vie à tes jambes.
Les noms de lieux dans les plantations de thé : une chronique locale jamais écrite
Yangzaiwan, Ruan’an Bagua, Sancengping, Zhu zaiwan, la gorge du Dragon et du Phénix, Caodi, Fantian — ces noms, si tu n’avais pas parcouru cette route, tu ne les aurais probablement jamais entendus. Mais chacun est comme un petit sceau apposé sur l’histoire de cette terre. Certains doivent leur nom au relief (wan, ping, xia, décrivent les plis de la montagne), d’autres aux souvenirs de défrichement des ancêtres. Quand tu passes devant un panneau usé portant ces noms, tu traverses en réalité les traces de plusieurs générations qui ont vécu de cette montagne.
J’ai toujours pensé que pour comprendre une route, il faut d’abord comprendre ses noms de lieux. Ces mots ne sont pas raffinés, un peu rustres même, mais honnêtement charmants — ils n’ont pas été inventés pour le tourisme, ce sont de véritables scènes de vie : ici une plantation de thé, là il y avait des habitations, plus loin une forêt de bambous. En pédalant sur une telle route, tu ne fais pas seulement du sport, tu feuillettes page après page une chronique locale jamais officiellement écrite.
Brume, écarts de température jour-nuit, et l’origine d’une tasse de thé
Si le thé de Shanlinxi est si parfumé, c’est grâce aux conditions offertes par cette montagne : altitude élevée, grands écarts de température entre le jour et la nuit, et l’humidité des nuages toute l’année. Pour les cyclistes, ce sont des raisons de « difficulté » — l’altitude fait respirer fort, la brume rend humide et froid — mais pour les théiers, c’est précisément une bénédiction qui donne naissance à de bonnes saveurs. La même brume qui rend ta montée plus pénible rend aussi ce thé plus doux et profond. En y pensant, cette brume de montagne devient soudain moins agaçante.
Alors quand tu t’arrêtes près de la gorge du Dragon et du Phénix et que tu bois une gorgée de ce thé de haute montagne local, cette saveur fraîche et sucrée contient en réalité chaque mètre d’altitude que tu viens de gravir, chaque brume que tu as traversée. C’est un goût qu’on ne trouve nulle part ailleurs — car tu ne l’as pas acheté avec de l’argent, tu l’as gagné avec toute une montée.
Zhushan : patates douces, pousses de bambou et la saveur d’une petite ville
Le point de départ de cette route, Zhushan, est une petite ville discrète mais généreuse. Elle est célèbre pour trois choses : les patates douces, les pousses de bambou, et le bambou Moso qui soutient la moitié de l’industrie du bambou de Nantou.
Le plat le plus représentatif de Zhushan est le « bao de patate douce » — une enveloppe de patate douce, fourrée aux pousses de bambou, qui, en une bouchée, réunit les « trois trésors » de Zhushan. C’est une saveur locale que de nombreux cyclistes goûtent absolument avant de partir ou après l’effort. Outre le bao de patate douce, les plats de pousses de bambou et le caozaiguo sont aussi des délices quotidiens d’ici. La vieille rue de Zhushan et le quartier animé du temple Zinan, très fréquenté, sont de bons points d’étape avant ou après le parcours.
J’ai toujours pensé qu’une bonne route de montée devrait avoir un « point de départ savoureux ». Zhushan est exactement cela — avant de transpirer en grimpant, tu goûtes d’abord la douceur de la terre ; et après être redescendu épuisé, un plat chaud et une vieille rue t’attendent.
De la chaleur estivale à la brume : un voyage vertical
L’expérience la plus extraordinaire de cette route est le « changement de saison vertical ». Au départ de Zhushan, il fait peut-être encore une chaleur estivale ; à mesure que l’altitude grimpe mètre par mètre, la température descend degré par degré, l’air devient plus frais, plus humide. Quand tu arrives enfin à Shanlinxi, le parfum frais des cèdres du Japon t’envahit, la brume s’écoule entre les virages, et tu as l’impression d’avoir changé de saison.
Cette expérience de « traverser plusieurs climats en une seule sortie » est la magie propre aux longues routes de haute montagne. Et les virages des douze signes du zodiaque sont la scène de ce voyage vertical — à chaque virage du zodiaque franchi, tu te rapproches d’un pas des nuages. Quand enfin, près de la gorge du Dragon et du Phénix, tu lèves les yeux et vois la mer de nuages onduler sous tes pieds, tu oublies la fatigue des virages que tu viens de compter, pour ne te souvenir que de ce paysage qui n’appartient qu’à ceux qui sont montés.
限é par saison : le même chemin, des visages différents
L’une des raisons pour lesquelles cette route donne envie d’y revenir sans cesse, c’est qu’elle change de visage au fil des quatre saisons. Au printemps, les plantations de thé sortent leurs jeunes pousses d’un vert tendre, la saison de la cueillette anime la vallée de voix humaines, et l’air charrie un parfum délicat, presque imperceptible. En été, c’est un refuge pour échapper à la chaleur des plaines : tu transpires encore à Zhushan, mais en grimpant vers Shanlinxi, il faut ajouter une couche, la fraîcheur des cryptomérias te lave de la tête aux pieds.
En automne, la lumière en montagne devient douce, les brumes de l’après-midi arrivent tôt et se dissipent lentement, toute la série des virages du zodiaque semble baigner dans un voile fin, si calme que tu peux entendre ta propre respiration. L’hiver est le plus froid : si tu as de la chance, le givre se forme en altitude, tu grimpes dans le froid, ton souffle se condense en buée, et quand tu atteins le sommet, cette fraîcheur qui te transperce te donne l’impression d’avoir grimpé dans un autre monde. La même série de virages du zodiaque, au printemps elle se compte dans l’animation, en été dans la fraîcheur, en automne dans la poésie, en hiver dans la grandeur — elle ne se répète jamais, et c’est pourquoi les cyclistes aguerris disent toujours que cette route « mérite qu’on vienne à chaque saison ».
限Itinéraires complémentaires : faire d’une journée une histoire
Une bonne route ne devrait pas se résumer à « la montée ». Ce qui rend Zhushan-Shanlinxi si fascinant, c’est qu’on peut la tisser en une histoire d’une journée entière. Avant de partir de Zhushan à l’aube, passe d’abord par la vieille rue pour manger quelque chose de chaud, va chercher un peu de bonne fortune au temple Zinan ; puis grimpe dans les nuages en comptant les virages du zodiaque, fais une halte dans les zones de thé de Longfengxia et de Fanzaitian pour boire un thé et contempler la mer de nuages ; à la descente, reviens à Zhushan et termine la journée avec un pain de patate douce et un plat de pousses de bambou.
La montée, c’est la sueur et la concentration ; la descente, c’est le relâchement et la lenteur. Entre cette montée et cette descente, cette tension et ce relâchement, tu découvres que tu n’as pas seulement parcouru une route, mais que tu as vraiment « traversé » la petite ville de Zhushan, cette montagne, ces thés et ces en-cas. Une telle journée mérite bien les 1 400 mètres de dénivelé que tu y as consacrés.
限Ce que cette route signifie pour les cyclistes
Zhushan-Shanlinxi apprend aux cyclistes à « découper une longue route en petits objectifs ». 26,9 kilomètres, 1 434 mètres, cela semble décourageant ; mais les douze virages du zodiaque offrent une méthode intelligente — ne pense pas à la distance restante, contente-toi de compter « le prochain animal ». Rat, bœuf, tigre, lapin… un par un, sans t’en rendre compte, tu as gravi toute la montagne.
C’est une métaphore de vie pleine de sagesse. Face à un objectif trop grand, la meilleure méthode n’est pas de fixer l’horizon lointain avec anxiété, mais de se concentrer sur le virage présent, sur le prochain signe du zodiaque. Pour beaucoup de cyclistes taïwanais, au moment où ils ont compté ces douze animaux, ce qu’ils gagnent n’est pas seulement un enregistrement Strava, mais une certitude tangible : « finalement, j’en suis capable ».
限Ceux qu’on croise dans les virages
En grimpant cette route, tu es rarement vraiment seul. Les virages du zodiaque sont longs et sinueux, et souvent, à un virage, tu croises un autre cycliste inconnu, tout aussi essoufflé. Personne ne connaît personne, mais un hochement de tête, un « courage », un « bientôt le virage du cochon » suffisent à faire de deux inconnus des compagnons d’arme le temps d’une pente. C’est la partie la plus chaleureuse de la culture du grimpeur à Taïwan — la montagne ne te fera pas de cadeau parce que tu es seul, mais les gens sur la route seront doux avec toi parce qu’ils comprennent ta peine.
J’ai aussi croisé sur cette route des dames qui cueillaient le thé, des ouvriers qui réparaient la chaussée, des gars qui montaient livrer des marchandises en camionnette. Quand ils te voient monter à vélo, ils te lancent souvent un regard qui dit « pourquoi se donner tant de mal » mêlé d’admiration. Ce regard est très intéressant — pour eux, cette montagne est la vie qu’ils affrontent chaque jour ; pour toi, c’est un rêve que tu es venu défier. La même pente est leur quotidien, et ton horizon lointain. Cette rencontre est en soi un cadeau que seule cette route peut offrir.
限Au moment d’atteindre les nuages, à quoi penses-tu ?
Chacun vit différemment le moment où il atteint le sommet après avoir gravi tous les virages du zodiaque. Certains repensent à cette pensée de départ qui doutait de pouvoir finir, et sourient ; d’autres repensent au virage où ils ont failli abandonner, et sont contents de ne pas être descendus ; d’autres encore ne pensent à rien, ils contemplent simplement les nuages qui roulent sous leurs pieds, laissant le vent de montagne disperser la fatigue du chemin.
Ce silence est précieux. En ville, nous avons rarement l’occasion d’échanger deux ou trois heures entières de concentration et de sueur contre une image « qui n’appartient qu’à ceux qui sont montés à la force des jambes ». La mer de nuages ne s’attarde pas une seconde de plus pour ceux qui montent en voiture ; elle est simplement là, attendant ceux qui ont accepté de gagner ce paysage mètre par mètre avec leurs jambes. Tu comprends soudain que ce que cette route te donne vraiment, ce ne sont jamais les noms des virages du zodiaque, mais cette fierté silencieuse, une fois arrivé : « je suis monté par mes propres moyens ».
限Une route, aussi un exercice de vie
Si on prend du recul, cette route est comme une miniature des grandes choses de la vie. 26,9 kilomètres, 1 434 mètres, comme ces objectifs auxquels on n’ose même pas penser au début — changer de travail, apprendre une compétence difficile, élever un enfant. Si tu fixes dès le départ l’horizon lointain, tu seras écrasé par son immensité. Mais la méthode des douze virages du zodiaque est intelligente : ne pense pas à tout, pense seulement au prochain animal.
La vie est ainsi : un virage, un signe du zodiaque, un pas après l’autre. Tu n’as pas besoin de voir toute la montagne d’un coup, tu dois seulement gravir le virage présent, puis croire que le virage suivant viendra naturellement. Quand tu reprends tes esprits, tu découvres que tu as déjà gravi, tranquillement, cette « montagne à laquelle tu n’osais même pas penser ». C’est peut-être pour cela que tant de cyclistes taïwanais reviennent encore et encore sur cette route — ils ne viennent pas seulement pour pédaler, mais pour réapprendre « le courage d’affronter les grandes choses ».
限Itinéraires complémentaires et conseils
- Les douze virages du zodiaque : l’âme de cette route, un virage, un signe du zodiaque, compte-les lentement, grimpe lentement, ne te presse pas, laisse chaque animal t’accompagner un moment.
- Zones de thé de Fanzaitian et Longfengxia : le berceau du thé de haute montagne, repose-toi dans les plantations quand tu es fatigué, bois un thé local nourri de brume et d’altitude.
- Le pain de patate douce de Zhushan : peau de patate douce, farce de pousses de bambou, les trois trésors de Zhushan réunis en une bouchée, la spécialité la plus chaleureuse du point de départ.
- La vieille rue de Zhushan et le temple Zinan : étapes de ravitaillement avant et après le départ, la vieille rue pour les en-cas, le temple Zinan pour la bonne fortune, pour donner un début et une fin pleins de chaleur humaine à ta journée de vélo.
- Se couvrir et partir tôt : c’est un voyage vertical à travers les zones climatiques, de la chaleur de Zhushan à la brume de Shanlinxi, il faut se couvrir ; l’après-midi, la brume et le changement de temps sont fréquents en montagne, pars tôt et termine tôt.
限Pour ceux qui viennent pour la première fois
Si c’est la première fois que l’idée te traverse de venir compter ces douze animaux, je veux te dire quelques mots qui ne parlent pas d’allure, mais d’état d’esprit. N’aie pas peur de ne pas finir — cette route ne t’impose jamais d’aller vite, elle ne demande que ta volonté de l’accompagner virage après virage jusqu’au bout. Fatigué, arrête-toi, la montagne ne s’enfuira pas ; assoiffé, bois un thé, la brume t’attendra. Ralentis le pas, et tu verras d’autant plus : ce buisson de fleurs sauvages en pleine floraison au bord du chemin, le chapeau conique du cueilleur de thé dans la plantation, l’ouverture soudaine sur la mer de nuages après un virage.
Ceux qui ont vraiment roulé ici le savent : le plus beau paysage de cette route n’est souvent pas au sommet, mais dans cet instant où tu lèves les yeux sans y penser. Alors ne garde pas les yeux collés à ton compteur, lève souvent la tête. Le jour où tu redescendras, tu n’emporteras pas une série de chiffres, mais une journée entière de nuages, le parfum du thé tout au long du chemin, et ce toi-même qui n’a pas abandonné dans les virages du zodiaque. Ce toi-là, dans bien des moments futurs où tu voudras abandonner, reviendra discrètement te rappeler : tu as déjà gravi toute une montagne, virage après virage.
限Douze animaux, douze tempéraments : reconnaître les virages du zodiaque un par un
En comptant les virages du zodiaque, j’ai peu à peu pris une habitude : ne pas seulement compter les chiffres, mais imaginer le tempérament de chaque animal, pour donner un peu de théâtre à la montée. Le virage du rat est tout au début, agile, le départ léger, comme pour te rappeler « ne t’inquiète pas, ça ne fait que commencer » ; le virage du bœuf suit, stable, endurant, comme s’il t’apprenait à avoir la patience d’un bœuf pour grimper, pas à pas, sans se presser ; le virage du tigre, lui, a de l’allure, la pente commence à montrer des angles comme le caractère du tigre, et tu ressens pour la première fois que « cette route n’est pas un jeu ».
Plus haut, le virage du lapin t’offre légèrement un court répit, comme une petite occasion de souffler donnée par le ciel ; le virage du dragon est majestueux et sinueux, le nom le plus pictural de toute la série, les virages s’étirent en longueur et la vue s’ouvre ; le virage du serpent, comme son nom l’indique, est tortueux, il met à l’épreuve le choix de la trajectoire dans les courbes ; le virage du cheval est fougueux, et après lui vient « Chufengling », ce nom de lieu me donne toujours l’impression que c’est seulement en arrivant ici qu’on « rencontre vraiment pour la première fois » cette route de montagne, tout ce qui précède n’était qu’un échauffement.
Dans la seconde moitié, le mouton, le singe, le coq, le chien et le cochon sont comme les derniers relais d’une course de relais — le virage du mouton est docile mais éprouvant, le virage du singe est agile mais la pente aime jouer des tours, les virages du coq et du chien s’enchaînent de près, et les cyclistes à bout de forces commencent souvent ici à se parler tout seuls pour s’encourager. Et le virage du cochon, c’est l’un des morceaux de bravoure de ce marathon du zodiaque ; après lui vient la terrasse Xiangsi, et tu ressens une plénitude indicible — non pas parce que le virage du cochon est le plus facile, mais parce qu’en comptant jusqu’au cochon, tu as presque compté tout le cycle du zodiaque.
L’instant où la mer de nuages déferle : comment la lumière et l’ombre circulent à Shanlinxi
La mer de nuages de Shanlinxi n’est pas un paysage figé ; elle ne cesse de changer de visage au fil du temps et de la lumière. Aux premières heures du matin, la couche nuageuse est encore basse, tapie dans la vallée. Le soleil traverse obliquement la forêt de cèdres du Japon, teintant la brume d’une couche d’or pâle, comme si la montagne n’était pas encore tout à fait réveillée. En pédalant jusqu’à approcher de midi, si la couche nuageuse commence à s’élever et à déferler, vous verrez la mer de nuages submerger la crête vague après vague, telle une marée frappant un rivage invisible, tandis que vous vous tenez sur une île solitaire émergeant de la surface des nuages.
Les cyclistes expérimentés le savent bien : les moments les plus émouvants de la mer de nuages sont souvent éphémères — la couche nuageuse peut se dissiper entièrement en dix minutes pendant que vous vous arrêtez pour prendre une photo, ou bien surgir soudainement et engloutir toute la route. Cette imprévisibilité fait justement de chaque arrivée une rencontre unique : la mer de nuages que vous voyez ne sera pas la même que celle qu’a vue la personne qui a pédalé hier, ni celle que verra celle qui viendra demain. C’est aussi pourquoi les anciens cyclistes disent toujours que la mer de nuages de Shanlinxi « mérite d’être vue de nombreuses fois, car chaque fois est différente ».
Suggestions d’itinéraire : intégrer cette route dans un plus long voyage
Si le temps le permet, la route de Zhushan à Shanlinxi se prête parfaitement à une petite escapade de deux jours sans se presser, plutôt qu’un aller-retour dans la journée avec une descente précipitée. Le premier jour, concentrez-vous sur la montée complète des virages du Zodiaque, prenez le temps de flâner autour du parc de Shanlinxi, contemplez la mer de nuages, dégustez du thé, et laissez votre corps se détendre progressivement après l’effort intense de la montée. Le lendemain, redescendez tranquillement, en passant par la vieille rue de Zhushan et en faisant un détour par le temple Zinan, mêlant ainsi le cyclisme au quotidien de la petite ville, plutôt que de repartir précipitamment dès la descente terminée.
Quant à savoir s’il faut relier d’autres itinéraires de montagne à proximité, il est préférable de se fier aux toutes dernières informations sur place concernant l’état réel des routes, les périodes de fermeture et les correspondances de transport. Je m’abstiendrai ici de recommandations spécifiques non vérifiées, afin de ne pas induire en erreur les cyclistes qui viennent pour la première fois. L’approche la plus prudente consiste à réserver ce voyage exclusivement à Zhushan et Shanlinxi — cette route a déjà suffisamment de contenu pour mériter que vous la parcouriez lentement, sans vous presser, jusqu’à la comprendre pleinement.
Une note pour le moi qui reviendra la prochaine fois
Chaque fois que je redescends de cette route, je laisse toujours une phrase en moi pour le moi de la prochaine fois : n’oublie pas l’image de cette mer de nuages déferlante, n’oublie pas ce sentiment de « plus qu’à » après le virage du Cochon, et n’oublie pas ce pain de patate douce fumant dans la vieille rue de Zhushan. Ces souvenirs, dans les jours chargés qui suivent, deviennent un rappel silencieux — tu as déjà, virage après virage, gravi avec constance une montagne qui semblait inaccessible à perte de vue.
Peut-être qu’à la prochaine visite, le temps sera différent, la saison différente, et les cyclistes qui t’accompagnent différents, mais les douze animaux seront toujours là à t’attendre, dans le même ordre, pour te faire gravir à nouveau ce chemin qui mène du monde des humains jusqu’aux nuages. C’est sans doute ce qui rend cette route si fascinante — elle ne devient jamais banale parce que vous y êtes déjà venu. Chaque nouveau départ reste un voyage qui mérite d’être pris au sérieux.
Conclusion
Ces 26,9 kilomètres de Zhushan à Shanlinxi sont une longue route qui relie « la chaleur estivale et les brumes, les patates douces et le thé de haute montagne, le monde des humains et le royaume des immortels » du centre de Taïwan. Avec les noms des douze signes du zodiaque, elle transforme une montée redoutable en un voyage rythmé, ponctué d’attentes ; avec le parfum du thé de Fanzitian et la mer de nuages de Longfengxia, elle récompense chaque cycliste qui accepte de gravir virage après virage, en comptant patiemment. Lorsque vous aurez compté le dernier cochon et que vous lèverez les yeux pour voir les nuages sous vos pieds — vous comprendrez pourquoi cette route mérite d’être parcourue encore et encore. Voilà, c’est cela, la romance des virages du Zodiaque.
Lectures associées
- Guide des virages du Zodiaque de Zhushan-Shanlinxi : la discipline de l’allure sur 26,9 km de montée
- Entre parfum de thé et mer de nuages : pédaler sur la route 投101 jusqu’au secret de la forêt de ginkgos de Dalunshan, à Lugu
- De Xitou à Shanlinxi : un voyage dans les brumes entre cryptomérias, village des monstres et cascade de Songlong
- Pédaler vers le petit Xitou du sud de Taïwan : brumes, histoire forestière et reconstruction après les typhons sur la route forestière de Tengzhi
2026紫南宮環線99.9K挑戰Vlog 多視角第一集團 跟看看.. / CT Yeh 公路車
1 個月前
台北闊瀨陡坡 騎旅 / 日本單車雜誌編輯車友臨時加入!/ 髮香才是最強的 / feat. 北迴歸線小隊 / 公路車 CT Yeh
6 個月前
藤枝二集團 單車行 Day1 | 南部小武嶺 | 爬坡爬到罵罵叫 | JJSC | 公路車 | CT Yeh
3 年前
太平山單車員工旅遊 | 這樣玩CP值最高!| 公路車
5 年前
一定要騎一次!阿里山最深處:里佳部落!單車旅行 | 2800m爬升 | 深度部落體驗:嗨翻晚會、螢火蟲、銀河 | feat. JJSC & 廢物伙伴 | 公路車 CT Yeh
9 個月前
嘉義大埔、阿婆灣挑戰賽,美到以為在日本!ft. 環騎5 Cool 西拉雅188 / 公路車 / CT Yeh
7 個月前
爬坡ITT實境)台中 魔王 松鼠坡 首航 6:12 大肚山 大三元 科福路
8 年前
浪漫 #臺三線 #單車 員工旅遊 桃園到台中 老少咸宜 環台賽 路線探索
6 年前