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La nuit et la falaise de Wanggaoliao : gravir Dadu Mountain pour admirer un feu d'artifice de lumières version Hakodate taïwanaise

單車生活

La nuit et la falaise de Wanggaoliao : monter sur Dadu Shan pour voir une réplique taïwanaise de Hakodate

Les habitants de Taichung ont un repère romantique tacitement partagé — Wanggaoliao. Perché sur le point culminant de la falaise de Wangtian, au sud de Dadu Shan, c’est le premier parc de Taïwan dédié au thème des « vues nocturnes ». Grâce à sa position idéale qui offre une vue imprenable sur le centre-ville de Taichung, il est surnommé le « Hakodate taïwanais ». Pour les cyclistes, la « Route Bleue » qui mène à Wanggaoliao — 3,51 kilomètres, pente moyenne de 5,9 %, avec des sections approchant les 12 % — est un rituel où l’on échange sa sueur contre des lumières. Dans cet article, je veux t’emmener ranger ton compteur, et regarder avec ton cœur ce qui rend Wanggaoliao vraiment émouvant.

Dadu Shan : une falaise bâtie sur de la terre rouge

Pour comprendre Wanggaoliao, il faut d’abord comprendre Dadu Shan. C’est un plateau de terre rouge qui s’étend entre le bassin de Taichung et la zone côtière. Sa géologie est ancienne, sa surface est faite de graviers et de terre rouge teintés par l’oxyde de fer. Sur le bord sud-ouest du plateau, le soulèvement de la couche géologique et l’incision des rivières ont créé l’escarpement abrupt de « Wangtian » — et Wanggaoliao se dresse au point le plus élevé de cette falaise.

Précisément parce que c’est le point culminant de la falaise, le relief de Wanggaoliao est abrupt sur trois côtés : à l’est, on domine le centre-ville de Taichung ; au sud, on embrasse la grande plaine de Changhua jusqu’à la côte ; à l’ouest, on voit au loin tout le port de Taichung. Cette vue « dominant toutes les montagnes » est la raison fondamentale qui en fait un sanctuaire de la nuit, et aussi la source de la difficulté de sa montée — comment ne serait-ce pas raide, quand il faut gravir le sommet de la falaise en seulement 3,5 kilomètres ?

La Route Bleue : une introduction écrite avec la force des jambes

Pour monter à Wanggaoliao, on ne peut pas éviter la « Route Bleue » sur Huanan Road. C’est un segment célèbre où les cyclistes de Taichung s’entraînent les jambes, avec des pentes allant jusqu’à 12 %. Pour ceux qui cherchent des chiffres, c’est un entraînement exigeant ; mais pour moi, c’est plutôt comme une « introduction » — elle prépare le décor du paysage au sommet par l’effort fourni.

J’aime pédaler sur la Route Bleue en fin d’après-midi. Le soleil couchant rend la terre rouge de Dadu Shan encore plus rouge, la sueur coule le long du menton, la respiration est lourde comme un soufflet de forge. Juste au moment où tu penses ne plus pouvoir tenir, la pente s’adoucit, et Wanggaoliao est là. Tu détaches les pieds des pédales, tu lèves la tête — tout le bassin de Taichung est en train de s’illuminer, une lumière après l’autre.

À cet instant, toute la souffrance endurée sur la pente raide en vaut la peine.

Le Hakodate taïwanais : une ville qui s’illumine une à une

Si la vue nocturne de Wanggaoliao est comparée à celle de Hakodate, c’est à cause des couches de cette mer de lumières. La vue nocturne de Hakodate est célèbre pour les lumières de sa baie en forme d’éventail, tandis que Wanggaoliao embrasse d’un seul regard les dix mille feux de tout le bassin de Taichung. Pendant que le ciel passe du bleu au violet, puis du violet au noir, les lumières de la ville émergent une à une : d’abord les lampadaires des grands axes qui forment des lignes dorées, puis les fenêtres éclairées des immeubles, les néons des enseignes, et enfin tout le bassin devient un filet de lumière mouvant.

Assis au bord de la falaise, la brise du soir souffle depuis la plaine de Changhua, portant une odeur de mer. Au loin, les lumières du port de Taichung scintillent à l’ouest ; plus près, la circulation de la ville ressemble à des vaisseaux sanguins lumineux. Ce paysage est le cadeau que Wanggaoliao offre à quiconque est prêt à gravir la falaise à vélo. Pas étonnant que ce soit le lieu de rendez-vous le plus populaire de Taichung — combien de couples, au bord de cette falaise, ont fait des promesses en regardant les lumières de la ville.

La jeunesse au pied de la colline : le quotidien de Lingdong et Dadu

Au pied de Wanggaoliao se trouve le quartier de l’Université des Sciences et Technologies de Lingdong. En passant par là, l’air est toujours imprégné d’une atmosphère de jeunesse — des étudiants qui sortent des cours, des snacks en bord de route, des jeunes qui discutent sous les auvents des supérettes. Cette animation autour du campus forme un contraste intéressant avec le paysage nocturne vaste et silencieux du sommet : d’un côté, le monde animé des humains ; de l’autre, un ciel étoilé paisible, séparés seulement par une montée de 3,5 kilomètres.

La région de Dadu conserve encore la simplicité des villages du plateau. Les patates douces cultivées dans la terre rouge, les spécialités culinaires traditionnelles au pied de la colline, les vieux banians devant les places des temples — ces paysages du quotidien sont, en dehors de la vue nocturne de Wanggaoliao, une autre saveur qui mérite qu’on ralentisse pour la savourer.

Le temps sur la falaise : coucher de soleil, Nouvel An et lever du jour

Ce qui est le plus fascinant à Wanggaoliao, c’est la façon dont il change d’expression selon les moments.

  • Coucher de soleil : la fin d’après-midi est la période dorée de Wanggaoliao. Le soleil plonge dans la direction du détroit de Taïwan, embrasant le ciel d’orange et de rouge — un paradis pour les photographes.
  • Tombée de la nuit : quand les lumières s’allument, la vue nocturne du Hakodate taïwanais fait son apparition — le moment idéal pour un rendez-vous ou pour ne penser à rien.
  • Nouvel An et lever du jour : chaque réveillon, Wanggaoliao est un lieu prisé des habitants de Taichung pour accueillir les premières lueurs de l’aube. Voir le soleil de la nouvelle année se lever de l’autre côté de la montagne depuis le point culminant de la falaise est un acte plein de solennité.

Imagine : monter à vélo, attendre un coucher de soleil au bord de la falaise, regarder la ville s’illuminer, puis attendre les premiers rayons du soleil de la nouvelle année — relier tout ce flux du temps par le vélo, c’est une romance que seul Wanggaoliao peut offrir.

Ce que cette route signifie pour les cyclistes

La route de Wanggaoliao n’est ni longue ni lointaine, mais elle occupe une place particulière dans le cœur des cyclistes de Taichung. C’est l’endroit où l’on va « pour décompresser après le travail », le choix « pour un rendez-vous qui montre un peu d’effort », la solution « quand on n’a pas le temps d’aller loin mais qu’on veut transpirer un peu ». Elle offre, sur la plus courte distance, l’effort le plus concentré et la récompense la plus généreuse.

Plus important encore, elle coud ensemble le « sport » et la « vie ». Pas besoin de prendre la voiture, de chercher une place de parking, de se bousculer pour voir cette vue nocturne ; tu peux pédaler, transpirer, haleter pour monter, et gagner cette immensité par le travail de ton corps. Ce « paysage qu’on a gravi soi-même » est plus émouvant que n’importe quel point de vue de touriste.

Suggestions d’itinéraire

  • Partir en fin d’après-midi : évite l’exposition au soleil de la journée, monte la Route Bleue en fin d’après-midi pour arriver juste à temps pour le coucher de soleil.
  • S’arrêter au sommet : le parc de la vue nocturne de Wanggaoliao dispose de passerelles d’observation, de toilettes publiques et de places de stationnement — un lieu agréable pour s’arrêter. Pour la vue nocturne, pense à prendre une veste coupe-vent : le vent est fort sur la falaise à la tombée de la nuit.
  • Ravitaillement à la descente : en redescendant vers Lingdong ou Dadu, trouve un petit restaurant ou un café pour conclure cette sortie nocturne.
  • Conseil de sécurité : en descente de nuit, allume impérativement tes feux et ralentis. La visibilité est mauvaise sur la Route Bleue la nuit ; la romance, oui, mais la sécurité d’abord.

L’histoire de Dadu Shan : une histoire géologique écrite dans la terre rouge

Pour vraiment lire Wanggaoliao, il faut d’abord lire la montagne sur laquelle il se dresse : Dadu Shan.

Dadu Shan est un ancien plateau de terre rouge, étendu entre le bassin de Taichung et la zone côtière. Sa surface est recouverte d’une épaisse couche de terre rouge — le résultat de l’altération des graviers au fil des millénaires, teintés par l’oxyde de fer. Cette terre rouge est pauvre et draine rapidement, mais elle a donné naissance sur Dadu Shan à une végétation et des cultures uniques (comme la patate douce résistante à la sécheresse).

Et sur le bord sud-ouest où se trouve Wanggaoliao, le soulèvement de la couche géologique et l’incision prolongée des rivières ont créé l’escarpement abrupt de « Wangtian ». Cette falaise est le relief le plus spectaculaire de Dadu Shan — d’un côté, le sommet plat du plateau ; de l’autre, une paroi qui plonge brusquement, et entre les deux, une vue qui embrasse le bassin de Taichung et la plaine de Changhua. Wanggaoliao se dresse au point le plus élevé de cette falaise, un belvédère né de la nature.

Une fois que tu comprends cette histoire géologique, quand tu remontes à Wanggaoliao, tu ne vois plus seulement une vue nocturne, mais une histoire de la Terre vieille de centaines de millions d’années, écrite dans la terre rouge et la falaise.

Le nom de Wanggaoliao : la mémoire d’une vigie des ancêtres

Le nom « Wanggaoliao » porte lui-même une histoire.

Autrefois, ce point culminant de Dadu Shan, grâce à sa vue dégagée et lointaine sur les quatre horizons, servait de poste d’observation aux premiers habitants — « Wanggaoliao » signifie « la hutte d’observation en hauteur ». À une époque où la sécurité n’était pas garantie, cette position dominante était un point stratégique essentiel pour veiller sur le foyer et se prémunir contre les bandits et les ennemis extérieurs.

Aujourd’hui, Wanggaoliao est passé d’un poste de guet austère à un parc romantique de vues nocturnes. Mais cette caractéristique géographique — « se tenir en hauteur, dominer tout du regard » — n’a jamais changé. Quand tu montes au sommet de la falaise et que tu vois tout le bassin de Taichung s’étaler sous tes pieds, tu te tiens en réalité au même endroit où les ancêtres veillaient sur cette terre. L’écho de l’histoire se cache dans cette vue.

La Route Bleue : la culture cycliste derrière un nom

La montée de Huanan Road, avec ses pentes allant jusqu’à 12 %, est surnommée « Route Bleue » par les cyclistes. L’origine de ce nom est incertaine, mais il est devenu un symbole de la culture cycliste de Taichung.

Pour les cyclistes de la zone côtière de Taichung, « aujourd’hui, je vais faire un tour sur la Route Bleue » est un code tacite — cela représente un défi personnel court et pur. D’innombrables cyclistes ont entraîné leurs jambes sur cette montée, battu leurs records personnels, chuté et s’est relevé. La Route Bleue n’est pas longue, mais elle porte la mémoire collective des cyclistes de Taichung : ces matins à bout de souffle, ces soirs à regarder la vue nocturne, ces moments de compétition amicale et d’encouragement mutuel.

Une route qui a son propre nom, sa propre culture, c’est parce que suffisamment de gens y ont laissé des histoires. La Route Bleue est une route que les cyclistes ont « prise en affection » à force de la parcourir.

La romance et la discipline de la sortie nocturne

Wanggaoliao est l’une des routes de sortie nocturne les plus célèbres de Taichung. Monter la Route Bleue en fin d’après-midi, regarder la ville s’illuminer au sommet de la falaise, est un rituel romantique pour d’innombrables cyclistes et couples. Mais la romance de la sortie nocturne doit reposer sur la discipline.

  • L’éclairage est une ligne de vie : la nuit, il faut impérativement un feu avant et un feu arrière suffisamment puissants, pour voir la route et être vu des véhicules.
  • Accessoires réfléchissants : un gilet réfléchissant, des bandes réfléchissantes aux chevilles, augmentent considérablement la visibilité nocturne.
  • Ralentir en descente : en descente de nuit sur la Route Bleue, la visibilité est mauvaise et la route difficile à lire — il faut fortement ralentir et anticiper les virages.
  • Rouler à plusieurs est plus sûr : en sortie nocturne, essaie de rouler accompagné, pour veiller les uns sur les autres.

La romance et la sécurité ne sont jamais en conflit. Avec de la discipline, tu peux profiter sereinement de la beauté nocturne de Wanggaoliao.

Cette mer de lumières n’est réservée qu’à ceux qui acceptent de monter

J’ai toujours pensé que la vue nocturne de Wanggaoliao est un paysage complètement différent selon qu’on monte en voiture ou à vélo.

Ceux qui viennent en voiture voient une belle mer de lumières — belle, certes, mais il manque quelque chose. Ceux qui viennent à vélo, eux, sont en sueur, à bout de souffle, hissant leur corps centimètre par centimètre jusqu’au sommet de la falaise avec leurs jambes. Quand tu arrives enfin au sommet, que tu détaches les pieds des pédales et que tu regardes les lumières de la ville s’allumer une à une, cette mer de lumières est imprégnée de ton propre effort et des battements de ton cœur. Ce n’est plus seulement un paysage, c’est une récompense gagnée par ton corps.

Ce « paysage qu’on a gravi soi-même » a un poids difficile à décrire. Il rend la vue nocturne de Wanggaoliao, dans ta mémoire, plus profonde et plus émouvante que n’importe quel point de vue de touriste.

Taichung vue depuis la falaise : une leçon de géographie urbaine

Debout au sommet de la falaise de Wanggaoliao, tu ne vois pas seulement une vue nocturne, mais une leçon de géographie urbaine de Taichung en trois dimensions.

À l’est, c’est le bassin de Taichung. Tout le centre-ville s’étale sous tes pieds — immeubles denses, routes qui se croisent, lumières scintillantes. Tu peux clairement distinguer la texture de la ville : les lignes dorées des grands axes, les zones lumineuses des quartiers d’immeubles, les bandes sombres découpées par les espaces verts et les rivières. C’est le cœur de la deuxième plus grande ville de Taïwan, qui bat sous tes yeux.

Au sud, la vue dépasse le bord de Dadu Shan, s’étend sur la vaste plaine de Changhua, jusqu’à la côte. Par beau temps, on peut même voir l’horizon plus lointain. Cette plaine est le grenier du centre de Taïwan.

À l’ouest, c’est la direction du port de Taichung. Au loin, les lumières de la zone portuaire se confondent avec le crépuscule du détroit de Taïwan. De jour, on voit les porte-conteneurs et les installations portuaires ; de nuit, c’est une mer de lumières industrielles scintillantes.

Depuis ce point unique qu’est Wanggaoliao, tu peux voir simultanément la ville, la plaine et le port — cette vue « embrassant trois horizons » est un don géographique propre au point culminant de la falaise de Dadu Shan. En montant à vélo, tu ne fais pas seulement travailler ton corps, tu lis aussi avec tes yeux toute la géographie de Taichung.

La mémoire de la terre rouge de Dadu Shan

Au pied de Wanggaoliao, Dadu Shan est un ancien plateau formé par l’accumulation de terre rouge. Cette couche de terre rouge unique enregistre la mémoire géologique du centre de Taïwan.

La formation de la terre rouge est le résultat de l’altération des graviers et de la teinture par l’oxyde de fer au fil des millénaires. Elle est pauvre et draine rapidement, mais elle a donné naissance sur Dadu Shan à une végétation résistante à la sécheresse et à des cultures uniques — comme la célèbre patate douce de Dadu Shan. Ce plateau de terre rouge a aussi été un lieu militaire important et le site de villages de dépendances militaires, portant la mémoire historique de Taïwan moderne.

En pédalant à travers Dadu Shan, sous tes pieds se trouve une couche de terre rouge façonnée par des centaines de millions d’années d’altération, sur laquelle s’est imprimée l’histoire humaine moderne. Cette épaisseur où se superposent le « temps géologique » et le « temps humain » donne à la montée de Wanggaoliao une profondeur historique supplémentaire.

Un moment de falaise en solitaire

Wanggaoliao est un lieu de rendez-vous populaire, toujours animé. Mais ce que je préfère, en réalité, ce sont les moments où l’on y va seul.

En évitant les week-ends animés, choisis un matin ou un crépuscule en semaine, et monte seul la Route Bleue. Quand tu arrives au sommet de la falaise, si tu as de la chance, toute la zone d’observation est à toi seul. Tu peux t’asseoir tranquillement au bord de la falaise, regarder le soleil se lever ou se coucher, regarder la ville s’éveiller ou s’illuminer, sans penser à rien, juste être là.

Ce moment de falaise en solitaire est une pause rare dans la vie urbaine. L’agitation de la ville est à tes pieds, et toi, tu es en hauteur, momentanément détaché. La brise du soir passe, portant les senteurs de la plaine de Changhua ; au loin, les lumières du port de Taichung s’allument et s’éteignent. Dans ces moments-là, beaucoup de choses qu’on n’arrive pas à démêler d’habitude deviennent soudain claires. Wanggaoliao n’est pas seulement un lieu romantique pour les rendez-vous, c’est aussi un refuge pour la solitude.

Ce que cette falaise m’a appris

Après avoir monté Wanggaoliao tant de fois, cette falaise m’a appris une chose : les plus beaux paysages, il faut souvent les gravir centimètre par centimètre soi-même.

Ceux qui montent en voiture voient une vue nocturne toute prête ; ceux qui montent à vélo, eux, sont en sueur, à bout de souffle, hissant leur corps jusqu’au sommet de la falaise avec leurs jambes. La même mer de lumières a un poids complètement différent pour les deux. Quand tu gagnes un paysage par l’effort, ce paysage n’est plus seulement un paysage — c’est la preuve de ton effort, la récompense de ta persévérance.

Cette leçon ne s’applique pas seulement au vélo. Dans la vie, beaucoup de paysages vraiment émouvants — une relation, une réussite, un rêve — ne sont pas donnés par les autres, mais conquis pas à pas par soi-même. La falaise de Wanggaoliao, de la manière la plus directe, a gravé cette leçon dans le cœur de quiconque accepte de monter.

Les expressions saisonnières de Wanggaoliao

Bien que Wanggaoliao ne soit pas très élevé, grâce à sa position au point culminant de la falaise de Dadu Shan et à sa vue dégagée, il présente des expressions différentes selon les saisons.

Au printemps, sur le plateau de terre rouge de Dadu Shan, la végétation reverdit, et l’air est imprégné d’un léger parfum d’herbe fraîche. À cette saison, le climat de Wanggaoliao est agréable, c’est la période idéale pour pédaler et admirer le paysage.

En été, l’exposition au soleil sur Dadu Shan est intense, et monter la Route Bleue en journée est particulièrement éprouvant. Mais les nuits d’été, Wanggaoliao est un endroit agréable pour profiter de la fraîcheur et de la vue nocturne — la brise du soir souffle depuis la plaine de Changhua, apportant un peu de fraîcheur, et les lumières de la ville scintillent dans la chaleur.

En automne, la chaleur diminue, le ciel est haut et l’air est clair, la visibilité est excellente. C’est la saison où la vue de Wanggaoliao est la plus vaste — par temps clair, on distingue nettement chaque recoin du bassin de Taichung à l’est, et à l’ouest, l’horizon du port de Taichung et du détroit de Taïwan.

En hiver, la mousson du nord-est souffle fort sur Dadu Shan, le vent est fort au sommet et la sensation de froid est marquée. Mais l’air d’hiver est particulièrement limpide, et la vue nocturne particulièrement nette. Chaque réveillon, Wanggaoliao est un lieu prisé des habitants de Taichung pour accueillir les premières lueurs de l’aube.

La même falaise, quatre saisons avec des vents, des lumières et des températures différents. Et le vélo est la meilleure façon de ressentir ces changements subtils.

Quand les lumières s’allument : le moment le plus émouvant

Si je devais choisir le moment le plus émouvant de la journée à Wanggaoliao, je choisirais sans hésiter « quand les lumières s’allument ».

C’est ce bref instant où le jour cède la place à la nuit. Le soleil vient de plonger dans la direction du détroit de Taïwan, le ciel conserve encore les teintes crépusculaires mêlant orange, rouge et violet, et les lumières de la ville s’allument une à une. Ce processus ne dure qu’une dizaine de minutes, mais c’est le moment le plus magique de Wanggaoliao — le crépuscule du ciel et les lumières du sol coexistent, les tons chauds et froids s’entremêlent, et tout le bassin de Taichung ressemble à une peinture à l’huile en mouvement.

J’aime toujours arriver au sommet à ce moment précis. Après avoir monté la Route Bleue, haletant, debout au sommet de la falaise, juste à temps pour ce festin de lumière et d’ombre. En regardant le ciel passer de la clarté à l’obscurité, les lumières passer de rares à denses, cette beauté du temps qui s’écoule fait que toute la souffrance endurée sur la pente raide est instantanément rentabilisée. C’est la récompense la plus précieuse que Wanggaoliao offre à ceux qui acceptent de monter au bon moment.

Une falaise, deux vies

La falaise de Wanggaoliao se tient à la frontière entre la ville et la nature. Et en se tenant sur cette frontière, on ressent profondément « deux vies ».

En bas de la falaise, c’est la ville animée et bruyante — immeubles denses, routes qui se croisent, circulation qui s’écoule, dix mille feux. C’est le monde dans lequel la plupart d’entre nous vivons au quotidien, avec ses splendeurs et ses fatigues.

Au sommet de la falaise, c’est une vue vaste et paisible — la brise du soir, le crépuscule, le ciel étoilé, et ta propre respiration et ton rythme cardiaque. C’est un monde qui te permet de t’extraire momentanément et de respirer à nouveau.

Et monter à Wanggaoliao à vélo, c’est une courte migration du « bas de la falaise » vers le « haut de la falaise ». Tu hisses ton corps avec tes jambes de l’agitation de la ville vers la quiétude de la falaise ; tu restes un moment en hauteur, tu laisses ton cœur se déposer, puis tu redescends à vélo vers la vie d’en bas. Cette « extraction et ce retour momentanés » est la meilleure thérapie que Wanggaoliao offre aux citadins. Cela nous rappelle : quelle que soit la vie, aussi occupée et épuisante soit-elle, il faut se souvenir de monter parfois en hauteur, pour se donner un moment de répit, une immensité, une paix.

La vue d’en haut, une métaphore de la vie

Chaque fois que je monte à la falaise de Wanggaoliao et que je domine tout le bassin de Taichung d’en haut, j’éprouve une émotion profonde. En bas, dans la ville, nous sommes entourés d’immeubles, de circulation, de tracas ; notre vision est étroite, nous ne voyons pas l’ensemble, et nous sommes facilement entravés par les difficultés immédiates. Mais une fois monté en hauteur, debout au sommet de la falaise et regardant en bas, tout devient petit et clair — ces choses qui te tracassaient tout à l’heure, vues d’en haut, sont si insignifiantes.

C’est précisément le sens de « prendre de la hauteur ». Ce n’est pas seulement une ascension géographique, c’est une élévation de la vision et de l’esprit. Quand tu acceptes de fournir l’effort pour te hisser plus haut, ta façon de voir le monde change — tu vois plus loin, plus large, plus complètement, et il devient plus facile de lâcher prise sur ces préoccupations qui sont proches mais en réalité sans importance.

Il en va de même dans la vie. Quand nous sommes piégés dans les difficultés, étouffés par les problèmes immédiats, ce dont nous avons le plus besoin, c’est souvent de « prendre de la hauteur » — sortir de la perspective immédiate, réexaminer notre situation avec un regard plus haut et plus lointain. Tu découvriras que beaucoup d’obstacles qui semblent insurmontables sur le moment, vus d’une perspective plus élevée, finissent par passer. La falaise de Wanggaoliao, par sa vue vaste, me rappelle cette leçon à chaque fois. Elle m’a appris : quand la vie te coupe le souffle, n’oublie pas — monte en hauteur, change de perspective, et tu retrouveras le courage et la sérénité pour affronter tout.

Puisses-tu pédaler dans l’effort, et récolter l’abondance

La route de Wanggaoliao, courte et raide, condense les deux facettes les plus fascinantes du vélo — l’effort et la récompense. Chaque coup de pédale sur la Route Bleue est un effort, mais chaque paysage vu au sommet de la falaise est une récompense généreuse. Elle te dit de la manière la plus directe : l’effort et la récompense ont toujours été proportionnels.

Cette leçon ne s’applique pas seulement au vélo, mais aussi à la vie. Les choses qui te rapportent le plus sont souvent celles qui te demandent le plus, celles que tu traverses avec le plus d’effort. Fuir l’effort peut apporter un soulagement temporaire, mais cela te fait aussi manquer l’abondance au bout de l’effort. Puisses-tu, sur Wanggaoliao, sur chaque montée de ta vie, ne pas craindre l’effort et oser donner — car au bout de l’effort, il y a toujours un paysage qui en vaut la peine, qui attend celui qui accepte de monter.

Conclusion

Wanggaoliao, un parc de vues nocturnes perché sur la falaise de Wangtian, une mer de lumières gagnée par une montée de 3,5 kilomètres. C’est le Hakodate taïwanais, le repère romantique des habitants de Taichung, la mémoire de la vigie des ancêtres, et une lettre d’amour écrite par les cyclistes avec leur sueur. À ses pieds, Dadu Shan renferme une histoire géologique de centaines de millions d’années ; son nom renferme l’histoire des ancêtres ; sa Route Bleue renferme la mémoire collective des cyclistes de Taichung. La prochaine fois que la nuit tombe, ne reste pas chez toi à scroller ton téléphone — monte la Route Bleue, et laisse le vent de Dadu Shan, la vue de la falaise de Wangtian, et les dix mille feux du bassin de Taichung allumer une lumière pour ta nuit. Ce paysage n’est réservé qu’à ceux qui acceptent de monter.

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