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Stratégie de montée du plateau d'Utsukushigahara : rampe d'ouverture à 20 %+, ascension directe du plateau volcanique de 2 000 m à Nagano

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Guide d'ascension du plateau d'Utsukushigahara : rampe d'ouverture à 20 %+, montée directe vers le plateau de lave à 2000 mètres de Nagano

Dans le milieu du cyclisme de montée au Japon, les trois caractères « 美ヶ原 » (Utsukushigahara) sont presque synonymes de « un direct du droit dès le départ ». C’est le théâtre d’une course de montée légendaire qui attire chaque année des milliers de cyclistes, et pour beaucoup, l’incarnation de « l’une des montées les plus dures du Japon ».

Commençons par clarifier les chiffres. Les données du segment de montée sur lequel se concentre cet article sont d’environ 12,28 kilomètres de distance, environ 885,8 mètres de dénivelé positif, et une pente moyenne de 6,9 % (il s’agit des mesures du segment Strava). Quant au parcours officiel du « Tour d’Utsukushigahara » organisé chaque année, il est de 21,6 kilomètres de longueur totale, 1270 mètres de dénivelé, et une pente moyenne de 5,9 %, avec un départ au parking du stade de baseball de Matsumoto et une arrivée au plateau d’Utsukushigahara. Ces deux ensembles de chiffres désignent des périmètres différents — le premier est le segment de montée pur, le second est le parcours officiel complet incluant la route d’approche au départ. Veuillez bien les distinguer lors de la rédaction et de la planification. Quel que soit l’ensemble utilisé, l’impression centrale d’Utsukushigahara reste la même : la rampe raide du début vous réveille d’abord. Ce mur est la clé qui fait d’Utsukushigahara une légende, et c’est aussi le facteur que vous devez prioritairement prendre en compte lors de la planification de cet itinéraire.

I. Aperçu de l’itinéraire et données réelles

Élément Segment Strava Parcours officiel complet
Distance Environ 12,28 km 21,6 km
Dénivelé positif Environ 885,8 m 1270 m
Pente moyenne 6,9 % 5,9 %
Altitude à l’arrivée Environ 2000 m (plateau) Idem à gauche
Départ Parking du stade de baseball de Matsumoto
Difficulté emblématique Rampe d’ouverture max 20 %+ Idem à gauche

Une pente moyenne de 5,9 à 6,9 % semble seulement « moyennement difficile », mais c’est une moyenne diluée par la rampe raide. Le vrai caractère d’Utsukushigahara se cache dans ce « mur » peu après le départ. Un concept clé : lorsqu’une montée a une pente moyenne faible mais une pente maximale très raide, cela signifie que la répartition des pentes est extrêmement inégale — elle concentre l’essentiel de la souffrance sur quelques kilomètres, puis utilise d’autres sections relativement douces pour faire baisser la moyenne. Ce type d’itinéraire ne teste pas tant l’endurance que « la gestion du braquet et de l’état d’esprit face à une pente soudainement raide ». En d’autres termes, vous ne pouvez pas vous laisser endormir par ce chiffre moyen clément ; vous devez au contraire préparer votre équipement et votre stratégie en fonction de ce mur le plus raide. C’est la première leçon pour comprendre et planifier Utsukushigahara.

II. Situation géographique

Le plateau d’Utsukushigahara est situé dans la région de Matsumoto / Ueda, préfecture de Nagano, et est un plateau de lave d’environ 2000 mètres d’altitude, centré sur le sommet principal Mont Ōgatō (altitude 2034 mètres). Il est accessible en environ une heure de route depuis la ville de Matsumoto, avec en contrebas le centre-ville de Matsumoto et la station thermale d’Asama. Le tracé général de la montée est le suivant : départ (stade de baseball de Matsumoto) → quartier des sources chaudes d’Asama → lac Misuzu → col Takeshi → parking du plateau d’Utsukushigahara (arrivée à Tenku no Roji). Ce tracé signifie que vous partez des basses terres de la zone thermale pour grimper jusqu’au plateau, en passant par un lac et un col, avec une richesse de paysages en couches tout au long du parcours.

Il convient de mentionner la caractéristique topographique du « plateau de lave » — Utsukushigahara n’est pas un pic pointu, mais un plateau étendu formé par de la lave volcanique. C’est aussi pourquoi, après avoir enduré la montée et atteint le plateau, le paysage devient soudainement si ouvert et plat, contrastant fortement avec la raideur de l’ascension.

Cette combinaison de « montée raide + plateau plat » détermine également le rythme de la montée d’Utsukushigahara : la première partie est un combat acharné contre la gravité, la seconde est une récompense de croisière sur une prairie au-dessus des nuages. Comprendre cette structure topographique vous aide à vous préparer mentalement pour l’ensemble du parcours — savoir qu’« après avoir enduré la rampe raide et la montée du milieu, un plateau ouvert vous attend » est une motivation importante pour traverser les sections les plus douloureuses.

III. Guide par sections

Section 1 : Départ d’Asama Onsen (0 à 2 km, échauffement très court)

Au départ du parking du stade de baseball de Matsumoto, en passant par le quartier des sources chaudes d’Asama, on entre doucement dans la montée. Cet échauffement est très court — Utsukushigahara ne vous laisse pas beaucoup de temps pour vous chauffer, et enchaîne immédiatement avec sa section la plus tristement célèbre. Par conséquent, si les conditions le permettent, faites un léger échauffement à vélo avant le départ (10 à 15 minutes de roulage sur le plat pour mettre votre rythme cardiaque et vos muscles en condition), ce qui réduira considérablement la souffrance de « démarrer à froid » dans la rampe raide.

Section 2 : La rampe raide légendaire (environ 2 à 5 km après le départ, le cœur du parcours)

C’est la signature d’Utsukushigahara. La « rampe raide » qui apparaît peu après le départ est un passage difficile connu dans tout le Japon : selon plusieurs sources, cette rampe fait environ 2 à 3 kilomètres, avec une pente moyenne de plus de 11 % et une pente maximale dépassant 20 %. C’est précisément à cause de ce mur d’ouverture que cette course est considérée comme « l’une des montées les plus difficiles représentatives du Japon ».

Face à cette section, la stratégie d’allure est très claire :

  • Ne forcez pas en vous levant sur les pédales par fierté. Utilisez votre braquet le plus léger, maintenez un pédalage régulier en position assise, et gardez votre fréquence cardiaque sous la limite que vous pouvez tenir sur toute la durée.
  • Faites des « zigzags » (si la route et la circulation le permettent). Dans les sections les plus raides, suivre une courbe à l’intérieur de la voie peut légèrement réduire la pente effective — mais vérifiez d’abord qu’aucun véhicule n’arrive derrière vous et que vous ne gênez pas les autres usagers.
  • Gérez votre fréquence cardiaque maximale. L’erreur de beaucoup est de brûler toutes leurs forces ici, ce qui entraîne une perte de vitesse sur les 7 à 8 kilomètres suivants. Rappelez-vous : c’est une montée longue distance, la rampe raide n’est qu’une entrée, ne vous gavez pas dès l’entrée.

Si vous avez déjà le cœur au maximum dans la rampe raide et que vous êtes sur le point de ne plus pouvoir pédaler, il vaut mieux s’arrêter brièvement pour reprendre votre souffle, boire une gorgée, puis repartir, plutôt que de tenir à bout de force dans un état proche de l’épuisement — c’est souvent le point de départ d’un effondrement complet sur la fin.

Section 3 : Du lac Misuzu au col Takeshi (section intermédiaire, pente stabilisée)

Après avoir survécu à la rampe raide, la pente revient dans une zone « négociable ». En passant par le lac Misuzu et en progressant vers le col Takeshi, cette section est votre fenêtre en or pour rétablir votre rythme, ramener votre respiration et votre fréquence cardiaque à la normale. La stratégie ici est un effort stable, le ravitaillement et l’ajustement — reconstituer le glycogène brûlé dans la rampe raide et se préparer pour la section finale du plateau. En chemin, vous pouvez admirer la vue panoramique sur le mont Norikura, un véritable coup de pouce psychologique.

Cette section est aussi le moment de « relire » votre corps : si la rampe raide vous a trop épuisé, baissez encore l’intensité ici et donnez la priorité à finir la course ; si vous êtes encore en forme, maintenez un rythme stable pour rattraper le temps. En passant devant le lac Misuzu, le paysage du lac et des montagnes offre une pause visuelle bienvenue — au milieu d’une bataille difficile, laisser vos yeux et votre moral souffler aide réellement à maintenir la concentration pour un effort prolongé.

Il convient de rappeler que même si la pente se stabilise dans la section intermédiaire, l’altitude continue de s’accumuler et vous montez en réalité constamment. Ne relâchez pas votre attention et ne pédalez pas trop fort parce que la pente s’adoucit, cela pourrait épuiser vos forces sans que vous vous en rendiez compte. La bonne mentalité pour la section intermédiaire est « croisière stable, accumulation patiente de dénivelé », en la considérant comme un tapis roulant vers la section finale du plateau, et non comme une ligne droite où l’on peut accélérer librement.

Section 4 : Monter sur le plateau de lave à 2000 mètres (fin de parcours)

Enfin, on grimpe jusqu’au parking du plateau d’Utsukushigahara (arrivée à Tenku no Roji), à environ 2000 mètres d’altitude. Vous êtes maintenant sur le plateau de lave, avec une vue qui s’ouvre soudainement. Avant la ligne d’arrivée, il y a des colonies de rhododendrons (Rengesutsuji), et selon la saison, c’est une mer de fleurs spectaculaire. Le point clé de cette section est de ne pas se relâcher — l’altitude de 2000 mètres vous fera respirer plus fort que prévu, stabilisez votre pédalage et terminez la dernière partie.

Il y a un piège facile à négliger dans cette section finale : lorsque vous voyez le plateau et pensez que l’arrivée est proche, vous vous relâchez inconsciemment mentalement, mais votre corps travaille encore en état d’hypoxie. Beaucoup de gens perdent de la vitesse, voire ont des crampes, dans ce dernier kilomètre ou deux où ils « pensent être presque arrivés ». La bonne approche est de « repousser mentalement l’arrivée un peu plus loin » — dites-vous que « la vraie ligne d’arrivée est encore un peu plus loin », et utilisez cette suggestion mentale pour vous forcer à maintenir votre effort jusqu’à ce que vous ayez réellement franchi la ligne. Monter sur le plateau et terminer cet itinéraire considéré comme l’une des montées les plus dures du Japon, ce sentiment d’accomplissement à ce moment-là rendra toute votre souffrance antérieure digne d’être vécue.

IV. Développement et équipement

Le choix du développement à Utsukushigahara est presque entièrement dicté par cette rampe d’ouverture brutale. Puisqu’il y a du 20%+ dès le départ, ton développement doit être préparé pour le passage le plus raide, pas pour la pente moyenne :

  • Plateau : Un compact 50/34 est le minimum absolu. Si tu n’es pas un compétiteur, envisage une configuration plus légère (comme un plateau gravel 46/30 ou l’ajout d’un plateau intérieur plus petit) pour gagner une marge de manœuvre supplémentaire face aux pentes extrêmes.
  • Cassette : Un 11–34T est fortement recommandé, voire plus grand si ton cadre et ton dérailleur le permettent. Sur une pente à 20%, une dent de plus, c’est une marge de survie supplémentaire.
  • Cadence : Sur les sections les plus raides, essaie de maintenir au moins 50 à 60 rpm, en évitant de laisser ta cadence chuter dans cette zone de « mort lente » où tu es sur le point de ne plus pouvoir pédaler. Cela mettrait tes genoux et tes cuisses sous une charge explosive en un instant.

Côté équipement, n’oublie pas non plus de te protéger du froid en altitude : la température est basse au sommet à 2000 mètres, et Utsukishigahara est réputée pour ses brouillards épais (le point de repère « Utsukushi no Tō » a d’ailleurs été construit comme abri en cas de brouillard). Avant la descente, pense à enfiler une coupe-vent. Quand la visibilité est mauvaise, allumer ses feux et ralentir est une nécessité pour ta sécurité.

Concevoir ton « échauffement d’avant-course » pour la rampe brutale

Une raison souvent négligée pour laquelle la rampe d’ouverture d’Utsukushigahara est si éprouvante, c’est le « départ à froid ». Les muscles et le système cardio-respiratoire ont besoin de temps pour atteindre leur régime de fonctionnement. Si tu attaques directement une pente à 20% dès le début, ton corps n’a pas le temps de s’adapter et te donnera sa pire performance au moment où tu as le plus besoin de force.

C’est pourquoi il est crucial de concevoir un échauffement spécifique pour Utsukushigahara :

  • 20 à 30 minutes avant le départ, fais un pédalage aérobie facile sur du plat ou une pente douce, pour faire monter progressivement ta fréquence cardiaque et augmenter la température musculaire.
  • Ajoute quelques sprints courts (15 à 20 secondes chacun) pour réveiller ton système neuromusculaire et « prévisualiser » la sensation d’un effort à haute intensité.
  • Ne laisse pas ton corps refroidir après l’échauffement : si tu dois attendre avant le départ, remets une veste pour conserver la chaleur, puis enlève-la juste avant de t’élancer.

Un bon échauffement te permet d’aborder la rampe d’ouverture avec un corps « déjà chaud » plutôt que de forcer avec un corps « encore endormi ». Cette petite préparation fait souvent la différence entre « passer sans encombre » et « exploser dès le départ ».

V. Ravitaillement et hydratation

La rampe brutale épuise massivement le glycogène dès le départ. Il est donc essentiel de faire le plein de glucides avant de partir et d’emporter suffisamment de ravitaillement sur le vélo. Il est conseillé de faire le ravitaillement principal au milieu du parcours (quand la pente se stabilise autour de Misuzu-ko et Takeshi-tōge), pour rehausser ta glycémie avant d’aborder la section finale en altitude. Côté hydratation, l’air sec et froid de l’altitude combiné à un effort prolongé favorise la déshydratation ; emporter deux bidons (eau claire + électrolytes) est plus prudent. Si tu participes à une course, repère l’emplacement des postes de ravitaillement officiels et coordonne ton propre ravitaillement avec celui du parcours.

Sur ce type de parcours « forte intensité au début, longue ascension ensuite », le moment du ravitaillement est plus important que la quantité. La rampe d’ouverture ne te laisse ni le temps ni l’appétit de manger. La véritable fenêtre de ravitaillement se situe donc au milieu du parcours, quand la pente se stabilise et que ta fréquence cardiaque redescend. Saisis cette fenêtre pour reconstituer rapidement ta glycémie et tes électrolytes : c’est ce qui te donnera les moyens de maintenir ton effort dans la section finale à 2000 mètres. Si tu laisses passer cette fenêtre et que tu penses à manger seulement à la fin, il est souvent trop tard.

VI. Erreurs courantes et risque d’abandon

  1. Tout brûler dès le départ : Forcer en danseuse sur la rampe brutale est la principale cause d’abandon à Utsukushigahara. Assieds-toi, passe un petit braquet, et tiens bon.
  2. Un développement trop lourd : Préparer son développement pour une « pente moyenne de 6% » puis être stupéfait face au 20%. Le développement doit être préparé pour la section la plus raide.
  3. Attaquer la rampe à froid : Un échauffement insuffisant avant d’attaquer la pente d’ouverture pénalise les genoux et les muscles.
  4. Sous-estimer la météo d’altitude et le brouillard : La chute soudaine de visibilité et la chute des températures sont monnaie courante sur ce plateau.
  5. Ignorer l’altitude de l’arrivée : Croire qu’une fois la rampe passée tout va bien, alors que la section finale à 2000 mètres est une autre épreuve.

VII. Temps objectifs selon le niveau du cycliste

Voici les temps de référence pour le parcours officiel complet (21,6 km, 1270 m de dénivelé positif) :

Niveau du cycliste Temps de référence Stratégie clé
Compétiteur avancé Environ 1 h 20 min ou moins Contrôler la fréquence cardiaque sur la rampe, pousser au milieu, résister à l’altitude à la fin
Rouleur régulier Environ 1 h 40 min à 2 h Chercher la stabilité plutôt que la vitesse sur la rampe, ravitaillement au milieu
Défi touristique Environ 2 h 15 min à 2 h 45 min Petit braquet tout du long, possibilité de mettre pied à terre sur la rampe, profiter du paysage

VIII. Technique de pédalage sur pente raide : comment monter sans exploser

Face à cette rampe d’ouverture à 20%+ d’Utsukushigahara, un petit braquet ne suffit pas. Ta technique de pédalage déterminera aussi si tu passes ou non. Voici quelques points clés pour la pratique en pente raide :

Assis en priorité, danseuse en appoint. Sur les pentes très raides, beaucoup ont l’instinct de se lever pour danser, mais la danseuse demande une puissance élevée et consomme de l’oxygène rapidement ; sur un plateau en altitude, elle t’épuise très vite. La bonne approche est de privilégier la position assise et une cadence stable, et de ne se lever que brièvement pour franchir le point le plus raide quand tu n’arrives vraiment plus à avancer, puis de te rasseoir immédiatement pour retrouver ton rythme.

Transférer le poids vers l’avant. Plus la pente est raide, plus la roue avant a tendance à s’alléger, voire à se soulever, à cause du recul du centre de gravité. En penchant délibérément le haut du corps vers l’avant, en gardant les coudes légèrement fléchis et en ramenant le poids au-dessus de la roue avant, tu maintiens la stabilité de la direction et l’adhérence.

Appliquer la force de manière fluide, éviter les à-coups. Sur une pente raide, le pire est un pédalage saccadé du type « un coup de pédale puissant, puis relâchement » — cela fait patiner la roue arrière instantanément et soumet les muscles à une charge explosive. Imagine que tu « dessines un cercle » avec tes pédales, en gardant une force fluide sur tout le tour de manivelle : c’est la clé pour économiser de l’énergie et éviter le patinage.

Bien choisir sa trajectoire. Sur les sections les plus raides, si la largeur de la route et la circulation le permettent, suivre la corde extérieure du virage peut légèrement réduire la pente réelle. Mais la sécurité prime : vérifie d’abord qu’aucun véhicule n’arrive derrière toi.

Le dialogue entre la montée et la fréquence cardiaque

La rampe brutale est dangereuse parce qu’elle pousse ta fréquence cardiaque dans la zone maximale en très peu de temps. Une fois que ton cœur s’emballe et que tu bascules en métabolisme anaérobie, l’acide lactique s’accumule rapidement et tes jambes se « verrouillent » en quelques dizaines de secondes. Sur une telle rampe, regarde ta fréquence cardiaque plutôt que ta vitesse. Fixe-toi une limite supérieure (par exemple 90% de ta fréquence cardiaque maximale) ; dès que tu t’en approches, rétrograde immédiatement et ralentis. Mieux vaut être lent que de franchir la ligne. Une fois la rampe terminée et la pente adoucie, ta fréquence cardiaque redescendra naturellement et tu auras encore de l’énergie pour la suite.

Si tu n’as pas de cardiofréquencemètre, utilise un indicateur simple : « peux-tu encore parler ? » Si tu es essoufflé au point de ne plus pouvoir prononcer un mot, c’est le signe que l’intensité est trop élevée et qu’il faut ralentir.

Intégrer « mettre pied à terre » dans ton plan B

Beaucoup de cyclistes purs et durs refusent de l’admettre, mais sur un parcours comme Utsukushigahara avec du 20%+ dès le départ, considérer « descendre du vélo et pousser » comme une option officielle est en réalité une décision intelligente. Si sur la rampe tu constates que ton braquet n’est pas assez léger, que ta fréquence cardiaque est au maximum et que continuer à pédaler risque de provoquer une crampe, alors descendre et pousser le vélo sur quelques dizaines de mètres pour franchir le passage le plus raide, laisser ta fréquence cardiaque redescendre, puis remonter en selle, est bien plus sage que de t’accrocher au bord de l’épuisement et de t’effondrer complètement.

Pousser son vélo n’est pas un échec. Pour ceux qui visent une « arrivée en sécurité », alterner intelligemment entre « pédaler » et « pousser », en économisant ses forces pour ce qui compte, est une vraie maturité. Bien sûr, si ton objectif est de battre un record ou de viser le KOM, c’est une autre histoire ; mais pour la grande majorité de ceux qui veulent simplement bien vivre l’expérience d’Utsukushigahara, se permettre de descendre de vélo pour reprendre son souffle sur le passage le plus raide est souvent la clé pour atteindre le sommet. Plutôt que de t’accrocher sur la rampe jusqu’à la crampe et de devoir finalement faire demi-tour, il est plus malin de préserver ses forces et de parcourir la route entièrement — c’est l’attitude la plus responsable envers ce voyage.

IX. Si c’est ta première course de montée difficile

Pour beaucoup de cyclistes taïwanais, Utsukushigahara pourrait être leur première véritable « course de montée difficile à l’étranger ». Voici quelques conseils pour ceux qui se lancent pour la première fois :

  • Entraîne-toi d’abord sur des pentes raides à Taïwan. La rampe d’ouverture d’Utsukushigahara éliminera ceux qui ne sont pas préparés. Si avant le départ tu peux trouver à Taïwan quelques routes de montagne avec des sections à 15%+ (comme certaines montées courtes et raides en périphérie du nord) et t’entraîner en répétition, tu seras bien plus confiant sur place.
  • Un braquet plutôt trop léger que trop lourd. Beaucoup regrettent après coup de ne pas avoir emporté un braquet assez léger. Ajouter une grande dent de plus, c’est plus de sérénité, tant physiquement que mentalement.
  • Accepter que « finir lentement » est aussi une victoire. Tout le monde n’a pas à viser un chrono. Pour une première tentative, « terminer en sécurité et complètement » est en soi le plus beau résultat.
  • Fais tes devoirs sur le froid en altitude et le ravitaillement. L’environnement d’une course à l’étranger (altitude, température, emplacement des postes de ravitaillement) diffère de ton entraînement habituel. Anticiper ces détails logistiques à l’avance réduira considérablement les imprévus.

X. Considérez Utsukushigahara comme une « leçon de gestion de l’allure »

Si vous souhaitez repartir d’Utsukushigahara avec plus qu’un simple temps de course, la traiter comme une leçon de gestion de l’allure sera très enrichissant. Le profil de cette route est extrêmement contrasté — la pente raide du départ et le plateau relativement doux de la seconde partie représentent deux modes de pilotage totalement différents. Elle vous oblige, au moment où vos forces sont au maximum et votre adrénaline au plus haut, à apprendre à « freiner », à réprimer votre impulsion et à répartir rationnellement votre énergie sur l’ensemble du parcours.

Les cyclistes capables de réaliser sur Utsukushigahara un « départ sans s’emballer, une partie centrale en progression stable, et une fin sans défaillance » s’en sortent généralement mieux sur toute autre montée comportant un départ raide. C’est là la valeur d’entraînement la plus précieuse d’Utsukushigahara : elle ne teste pas seulement vos jambes, mais aussi votre tête.

Comparaison et préparation pour les cyclistes taïwanais

Pour les cyclistes taïwanais, la pente raide du départ d’Utsukushigahara peut être comparée à certaines côtes courtes et violentes des environs de Taïwan — ce genre de section qui vous oblige à vous lever dès que vous l’abordez, avec une fréquence cardiaque qui monte instantanément. La différence, c’est qu’Utsukushigahara place cette pente raide au tout début d’une montée de 20 kilomètres, suivie de plus de dix kilomètres d’ascension continue, pour finir sur un plateau à 2000 mètres d’altitude.

Par conséquent, la préparation avant le départ doit se concentrer sur deux points : premièrement, travailler l’explosivité immédiate et l’utilisation du braquet sur les pentes raides, pour habituer votre corps à des pourcentages de 15 à 20 % ; deuxièmement, travailler l’endurance et la gestion de l’allure sur les longues ascensions, afin d’avoir encore des réserves pour la seconde partie après la pente raide. Si vous parvenez à combiner ces deux types d’entraînement (par exemple en plaçant quelques sprints sur pente raide au début d’une longue montée), vous vous rapprocherez considérablement du rythme réel d’Utsukushigahara. En utilisant les routes de montagne taïwanaises comme terrain d’entraînement pour Utsukushigahara, vous constaterez sur place que cette fameuse pente raide est en réalité un exercice que vous avez déjà pratiqué.

XI. Liste de vérification de l’équipement

Avant le départ, utilisez cette liste pour une dernière vérification en vue d’Utsukushigahara :

  • Braquet : vérifiez que le braquet avant/arrière est suffisamment léger pour affronter la pente raide de départ à 20 % et plus (recommandé : 34×34 ou plus léger).
  • Couche chaude : veste coupe-vent fine, gants longs, pour faire face au froid du plateau à 2000 mètres et au refroidissement éolien en descente.
  • Ravitaillement : quantité suffisante de gels énergétiques, de nourriture, et au moins deux bidons d’eau (eau claire + électrolytes).
  • État du vélo : freins (surtout pour la longue descente), pneus, réglage de la transmission — tout doit être vérifié à l’avance.
  • Informations météo : consultez la météo du plateau et la visibilité du jour ; en cas de brouillard épais, allumez vos feux et ralentissez.
  • Éclairage : même en journée, vos feux dans le brouillard épais augmenteront considérablement votre visibilité.

Cochez chaque point un par un, et vous pourrez concentrer toute votre attention sur le pilotage et la contemplation du paysage, plutôt que de découvrir à mi-chemin que vous avez oublié quelque chose.

Conclusion

Utsukushigahara est une montée au « caractère bien trempé » : elle place sa section la plus redoutable au tout début, vous obligeant à apprendre la retenue au moment où vos forces sont au maximum et où vous êtes le plus susceptible de vous emballer. Si vous parvenez à rester calme face à ce mur à 20 % et plus du départ, à le franchir avec un braquet léger et un pédalage régulier, la suite — la route du plateau à 2000 mètres — vous récompensera de votre maîtrise par des panoramas dégagés et des rhododendrons à perte de vue. C’est une longue montée qui fera émerger votre « intelligence de la gestion de l’allure » — en la conquérant, votre compréhension de « comment répartir ses forces » franchira un nouveau palier. Préparez votre braquet le plus léger, échauffez-vous correctement, adoptez un état d’esprit « d’abord la stabilité, ensuite l’effort », et ce plateau de lave de Nagano qu’est Utsukushigahara, une fois la pente raide surmontée, remettra entre vos mains toute l’immensité du plateau.

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