Guide de survie du Fuji Azami Line : le braquet le plus léger pour la pente la plus raide du Japon

S’il existe au Japon une route que l’on surnomme « le roi des pentes extrêmes », ce serait probablement celle-ci — la Fuji Azami Line. Elle porte un surnom imposant : « la pente la plus raide du Japon », et on la compare même au Zoncolan italien, cette montée qui terrifie les cyclistes professionnels.
Commençons par situer les choses clairement. La Fuji Azami Line se trouve dans le district de Oyama, comté de Sunto, préfecture de Shizuoka. Son départ se situe dans le secteur de Subashiri à Oyama, et elle monte jusqu’au cinquième station de Subashiri du mont Fuji. C’est une route préfectorale gratuite, et c’est aussi la route d’accès de l’« itinéraire d’ascension de Subashiri ». Cette route sert normalement de passage aux randonneurs et aux touristes se rendant au cinquième station de Subashiri, mais pour le monde du cyclisme, c’est depuis longtemps un lieu saint des pentes extrêmes, chargé de légendes, un nom que de nombreux cyclistes endurcis considèrent comme « un défi à relever au moins une fois dans sa vie ».
Concernant les données de cette route, une précision est nécessaire. Les données de référence du segment de montée citées dans cet article sont d’environ 8,27 kilomètres de distance, environ 609,6 mètres de dénivelé positif, et une pente moyenne de 7,4 % (il s’agit des mesures d’un segment Strava, couvrant pour la plupart la section centrale de la pente extrême). Quant aux données complètes rapportées par la plupart des sources primaires japonaises (magazines et organisateurs de courses), elles sont d’environ 11,3 kilomètres, un dénivelé d’environ 1170 à 1200 mètres, une pente moyenne d’environ 10 %, et une pente maximale frôlant les 22 %, avec le cinquième station de Subashiri à environ 1980 mètres d’altitude. La différence entre ces deux ensembles de chiffres vient de la « portée de mesure » — le premier concerne le segment central de la pente extrême, le second l’itinéraire complet incluant la partie initiale. Quelle que soit la série utilisée, l’essence de cette route tient en un seul mot : raide.
Pourquoi la compare-t-on au Zoncolan ? Le Zoncolan italien est l’une des ascensions les plus redoutées des cyclistes dans le Tour d’Italie (Giro d’Italia), célèbre pour ses pentes ultra-raides et continues, un segment de « niveau démoniaque » qui fait grimacer même les professionnels. Et la partie finale de la Fuji Azami Line, avec ses pentes tout aussi brutales et son « mur dressé » tout aussi désespérant, a gagné le surnom de « Zoncolan japonais ». Cette comparaison n’est pas un argument marketing, c’est une authentification sincère de ceux qui l’ont parcourue — c’est une route qui force les professionnels à se donner à fond et les amateurs à mettre pied à terre. Comprendre cela, c’est s’y préparer avec le respect qui lui est dû.
I. Aperçu de l’itinéraire et données réelles
| Élément | Segment Strava | Référence complète (sources japonaises) |
|---|---|---|
| Distance | Environ 8,27 km | Environ 11,3 km |
| Dénivelé | Environ 609,6 m | Environ 1170 à 1200 m |
| Pente moyenne | 7,4 % | Environ 10 % |
| Pente maximale | — | Annoncée à près de 22 % |
| Point d’arrivée | Cinquième station de Subashiri | Idem (environ 1980 m) |
| Localisation | Oyama, préfecture de Shizuoka | Idem |
Veuillez noter que la « pente maximale de 22 % » est le chiffre cité de manière cohérente par les organisateurs de courses et de nombreux médias pour la comparer au Zoncolan ; c’est une valeur généralement admise, mais elle provient de panneaux et d’indications des organisateurs, et non de relevés topographiques précis. Il serait donc plus rigoureux de dire « pente maximale annoncée de 22 % ». Quel que soit le chiffre exact, la brutalité de ce « mur dressé » dans la partie finale est un témoignage unanime de tous ceux qui l’ont parcourue.
Pourquoi la « pente moyenne » n’a ici aucune valeur de référence
Établissons d’abord un concept clé : pour la Fuji Azami Line, regarder la « pente moyenne » peut vous tuer. Que ce soit 7,4 % ou 10 %, cette moyenne sous-estime gravement la difficulté réelle. La raison en est que la répartition des pentes sur cette route est extrêmement inégale — les sections initiale et intermédiaire tirent la moyenne vers le bas, tandis que ce mur frôlant les 22 % dans la partie finale est ce qui décide de votre sort.
Pour donner une image : si une route a une moyenne de 10 %, cela peut être une montée uniforme et stable à 10 % sur tout le parcours, ou une combinaison extrême de 3 % sur une moitié et 17 % sur l’autre. Dans le premier cas, vous pouvez gérer avec un rythme régulier et facile ; dans le second, la section à 17 % vous brisera directement. La Fuji Azami Line est la version ultime de ce second cas. Donc, en planifiant cette route, ce que vous devez surveiller n’est pas cette moyenne douceâtre, mais « à quel point l’endroit le plus raide est raide » — car c’est là que se trouve le véritable ennemi que vous devez affronter. Ce concept détermine directement le braquet le plus léger que vous devez emporter et comment répartir vos forces.
II. Répartition des pentes : où se cache la souffrance sur cette route
Pour comprendre la Fuji Azami Line, l’essentiel est que ses pentes sont extrêmement inégales. Selon les données de parcours réelles en japonais, on peut la diviser en trois sections aux caractères bien distincts :
Section 1 (environ 0 à 2 km) : la « fausse montée directe » d’apparence douce
Près du départ se trouve une section de « montée directe » à la vue dégagée, qui semble douce, mais qui présente en réalité déjà des pentes de 10 % et plus. C’est ici que l’on se fait le plus facilement piéger — car visuellement, c’est une route droite qui monte, sans virages comme points de repère, et vous aurez l’illusion de « pédaler sans avancer ». Beaucoup de gens, par impatience, forcent ici excessivement, semant les graines de l’explosion pour la pente extrême à venir. Principe clé : sur cette section, pédalez régulièrement avec un braquet léger, ne vous laissez pas tromper par l’apparence « pas si raide ».
Cette « tromperie visuelle » est courante en montée, mais la Fuji Azami Line la pousse à l’extrême. Quand une route est droite et longue, sans repères visibles de chaque côté, le cerveau humain sous-estime la pente réelle, et l’on augmente inconsciemment l’effort pour « en finir vite avec cette route qui semble facile ». Le résultat, c’est que l’on gaspille son précieux glycogène et ses forces avant même d’atteindre le vrai passage difficile. La solution est simple : faites confiance à votre compteur et à vos jambes, pas à vos yeux. Regardez la puissance, la fréquence cardiaque, la cadence, et utilisez les données pour gérer votre allure. Ne laissez pas la vision dicter votre rythme.
Section 2 (environ 3 à 5,5 km) : la section forestière de relative récupération
Ici, la pente redescend à environ 8 %, à travers une forêt d’un vert printanier ; c’est la section relativement « où l’on peut reprendre son souffle » sur tout le parcours. C’est votre fenêtre en or pour vous ravitailler, réguler votre respiration et mettre de côté de l’énergie pour le grand démon de la fin. Principe clé : profitez de cette section pour ramener votre glycémie et votre fréquence cardiaque dans une plage contrôlable.
Il faut souligner que c’est la seule véritable fenêtre de ravitaillement de tout le parcours. Une fois passé Magaeshi et entré dans le mur dressé, vous serez trop en pente pour avoir le temps, et même l’appétit, de manger — il faut tenir le vélo à deux mains, tout le corps lutte contre la gravité, où trouverait-on le loisir de prendre un ravitaillement ? Il est donc impératif de consommer les gels énergétiques et l’eau nécessaires dans cette section forestière, et de faire monter sa glycémie au maximum. Manquer cette fenêtre et se retrouver à court d’énergie sur la pente extrême, c’est vraiment appeler au secours en vain. Traitez cette section comme le dernier ravitaillement avant une bataille difficile, et prenez-la au sérieux.
Section 3 (environ 5,5 à 8 km, après le « Magaeshi historique ») : le mur dressé
C’est ici que la Fuji Azami Line devient légendaire. Après le célèbre point de repère « Magaeshi (Magaeshi historique) », la véritable pente extrême commence — environ 3 kilomètres avec une pente moyenne frôlant les 15 %, et les endroits les plus raides approchant les 22 %, surnommés par les cyclistes japonais « la paroi qui se dresse (mur dressé) ». Cette section est la clé qui décide si vous pouvez terminer la montée, et c’est l’un des segments de montée les plus durs de tout le Japon.
Le nom « Magaeshi » est en lui-même un avertissement. Il signifie « le cheval s’arrête ici, au-delà il faut continuer à pied » — autrefois, les chevaux des pèlerins du mont Fuji ne pouvaient aller plus loin. Quand une route est si raide qu’un cheval ne peut pas la monter, vous savez ce qui vous attend. Principe clé : avant d’entrer dans cette section, assurez-vous d’avoir fait le plein de glycémie et ramené votre fréquence cardiaque ; une fois dans ce mur, il n’y a plus de répit possible. Tout ce que vous pouvez faire, c’est passer sur le braquet le plus léger, reporter le poids sur l’avant, et faire tourner les pédales coup après coup. Sur ces 3 kilomètres, vous irez plus lentement qu’en marchant, mais tant que vous ne mettez pas pied à terre, que vous ne vous arrêtez pas et que vous continuez à faire tourner les pédales, vous êtes en train de gagner.
III. Braquet : c’est une « guerre de braquets »
Le choix du braquet sur la Fuji Azami Line n’est pas une « recommandation », c’est une « nécessité de survie ». Avec un mauvais braquet, même marcher à côté du vélo sera pénible.
- Plateau : un compact 50/34 est le minimum absolu, et il est presque insuffisant. Si vous voulez sérieusement terminer, il est conseillé de passer directement à une configuration plus légère — par exemple un 46/30 de vélo gravel, voire d’ajouter un braquet de niveau VTT.
- Cassette : au moins 11–34T ; si le cadre et le dérailleur le permettent, un 11–36T ou plus grand vous donnera une lueur d’espoir supplémentaire face au mur à 22 %.
- Référence du ratio de braquet : sur une pente à 22 %, un 34×34 (ratio d’environ 1,0) est déjà la limite en dessous de laquelle on peut à peine faire tourner ; si vous pouvez faire du 34×36 ou encore plus léger, vos genoux vous remercieront.
Une réalité cruelle : beaucoup de cyclistes qui se débrouillent très bien sur d’autres montées célèbres sous-estiment la Fuji Azami Line à leur première visite, arrivent avec un braquet pas assez léger, et finissent par mettre pied à terre devant le mur dressé. Préparez votre braquet à un niveau « que vous trouvez ridiculement léger » ; cette route le mérite.
Traduit pour vous : la signification du ratio de braquet
Plus le ratio de braquet (nombre de dents du plateau ÷ nombre de dents du pignon) est petit, plus c’est léger et plus c’est facile en montée. Ce chiffre est directement lié à votre capacité à maintenir une cadence sur les pentes raides. Par exemple :
- 34×28 (ratio d’environ 1,21) : la combinaison la plus légère courante sur les vélos de route, suffisante sur la plupart des montées célèbres, mais très pénible face au mur à 22 % de la Fuji Azami Line.
- 34×32 (ratio d’environ 1,06) : une nette amélioration, c’est un point de départ raisonnable pour relever ce défi.
- 34×34 (ratio d’environ 1,0) : la limite en dessous de laquelle on peut à peine faire tourner sur une pente à 22 %.
- 34×36 ou plus léger (ratio < 1,0) : vous permet de maintenir une certaine cadence sur les sections les plus raides, réduisant considérablement la pression sur les genoux ; c’est la configuration idéale pour ceux qui relèvent sérieusement le défi.
En d’autres termes, n’évaluez pas cette route en vous disant « sur les autres montagnes, je n’ai aucun problème avec un 34×28 ». La Fuji Azami Line est d’un autre niveau ; il faut préparer un braquet dans la direction que vous trouvez habituellement « trop exagéré ». Un pignon plus grand de plus, c’est peut-être la différence entre terminer la montée et devoir marcher.
IV. Technique de pédalage sur le « mur dressé » de la partie finale
Avoir un braquet léger ne suffit pas ; une pente à 22 % est aussi une épreuve sévère pour la technique de pédalage :
- Assis en priorité, poids vers l’avant : plus la pente est raide, plus la roue avant a tendance à se soulever ou à flotter. Poussez délibérément le haut du corps vers l’avant, envoyez le poids au-dessus de la roue avant, pour maintenir la stabilité de la direction et l’adhérence de la roue arrière.
- Force régulière, éviter les à-coups : sur une pente à 22 %, un pédalage saccadé « un coup puissant, un coup relâché » fera patiner instantanément la roue arrière. Imaginez que vous « dessinez un cercle », pour que la force soit régulière tout au long du mouvement.
- Danseuse prudente : se mettre en danseuse peut sauver sur une pente ultra-raide, mais cela consomme de l’oxygène très vite, et le déplacement du poids vers l’arrière risque de soulever la roue avant. Utilisez-la brièvement, uniquement quand vous ne pouvez vraiment plus pédaler et qu’il faut franchir le point le plus raide ; dès que c’est passé, rasseyez-vous immédiatement pour retrouver le rythme.
- Ligne de passage : si la largeur de la route et la circulation le permettent, prendre l’arc extérieur sur les sections les plus raides peut légèrement réduire la pente réelle — mais vérifiez d’abord qu’aucun véhicule n’arrive derrière ; la sécurité prime toujours sur l’économie d’effort.
V. La course : FUJI-ZONCOLAN Hill Climb
Cette route a accueilli une course de montée célèbre — la FUJI-ZONCOLAN Hill Climb à Oyama, dont le parcours va précisément de l’entrée jusqu’au cinquième station de Subashiri. L’origine de ce nom de course est l’échange amical entre la préfecture de Shizuoka et la région italienne du Frioul-Vénétie julienne, en référence directe à la légendaire pente raide locale, le Zoncolan.
Les éditions connues incluent 2016, 2017 et 2019 (généralement début octobre). Les professionnels mettent environ 41 minutes sur l’ensemble du parcours, et l’édition 2017 a vu Shunsuke Nakamura l’emporter avec une minute d’avance. Il faut le rappeler : cette course n’est pas organisée chaque année de manière fixe ; les informations sur sa continuité récente et les éditions suivantes ne sont pas claires. Lors de la planification, référez-vous aux dernières annonces officielles, ne la considérez pas comme une course « qui a lieu tous les ans ». Par ailleurs, on l’appelle parfois à tort « Fujisan International Hill Climb », mais le nom correct est FUJI-ZONCOLAN Hill Climb.
Les résultats de la course montrent aussi la brutalité de cette route : même les professionnels doivent se battre pendant 41 minutes pour terminer la montée. Pour donner une idée, dans le même temps, les professionnels auraient peut-être déjà parcouru une distance plus longue sur une course de montée classique ; mais face à ce mur, la vitesse est écrasée par la pente. Cela donne aussi une préparation mentale aux amateurs — n’utilisez pas votre vitesse de montée habituelle pour estimer le temps sur cette route ; elle vous fera aller beaucoup plus lentement que vous ne l’imaginez, et c’est tout à fait normal. Quand vous verrez votre vitesse tomber à un chiffre sur le mur dressé, rappelez-vous : même les professionnels ne vont pas beaucoup plus vite ici.
Stratégie mentale face au mur
Sur une pente à 22 %, la souffrance physique est une chose, l’effondrement mental en est une autre. Quand la vitesse ralentit au point d’être presque identique à la marche, et que chaque coup de pédale ressemble à pousser un mur, le cerveau commence à diffuser frénétiquement des signaux « abandonne ». Voici quelques principes pratiques :
- Découpage extrême des objectifs : ne pensez pas « il reste 3 kilomètres », cela vous écrasera. Réduisez l’objectif à « tenir jusqu’au prochain poteau électrique », « encore 20 tours de pédale ». Utilisez une série de petits objectifs atteignables pour vous hisser petit à petit vers le haut.
- Accepter la vitesse d’escargot : sur ce mur, être lent n’est pas un échec, c’est la seule stratégie. Autorisez-vous à avancer à une vitesse à un chiffre ; tant que la roue tourne, vous avancez.
- Se concentrer sur la respiration et la cadence : déplacez votre attention de « combien reste-t-il » vers un rythme contrôlable comme « inspiration profonde, expiration profonde, rotation stable » ; cela dilue efficacement la sensation de douleur.
- Imaginer le moment où l’on franchit le sommet du mur : donnez-vous une image — le soulagement exaltant au moment où vous dépassez la section la plus raide et que la pente s’adoucit enfin. Laissez cette image vous tirer vers le haut.
VI. Clarification importante : ne pas confondre avec le « Mt. Fuji Hill Climb »
C’est la confusion la plus fréquente chez les cyclistes venus d’ailleurs. La grande course de montée japonaise célèbre « Mt. Fuji Hill Climb » emprunte la Fuji Subaru Line (à Fujiyoshida, préfecture de Yamanashi), avec pour arrivée le cinquième station de la Subaru Line (environ 2305 mètres d’altitude). C’est complètement différent de la Fuji Azami Line (Oyama, préfecture de Shizuoka, Subashiri) : une route différente, une préfecture différente, un point de départ d’ascension différent. Lors de la planification de votre voyage, veillez à bien les distinguer, ne mélangez pas les informations de ces deux routes.
VII. Saison, météo et restrictions de circulation
- Fermeture hivernale : la Fuji Azami Line est fermée en hiver, généralement à partir de la mi-novembre environ, et rouvre vers fin avril de l’année suivante. Les dates exactes sont annoncées chaque année et varient légèrement.
- Restriction mycar pendant la saison d’alpinisme — mais les vélos ne sont pas concernés ! C’est un point extrêmement favorable pour les cyclistes. Pendant la saison d’ouverture du mont Fuji (environ début juillet au 10 septembre), cette route est soumise à une restriction automobile (les véhicules ordinaires doivent se garer à l’extérieur et prendre des navettes), mais les vélos et autres véhicules non motorisés ne sont pas concernés par la restriction ; ils peuvent toujours monter au cinquième station pendant cette période. En d’autres termes, en pleine saison d’alpinisme, les voitures sont bloquées à l’extérieur et la route est d’autant plus dégagée — c’est une condition rarement favorable pour la montée. Pour 2026, la période de restriction annoncée pour Subashiri est du 1er juillet à 09h00 au 10 septembre à 18h00.
- Températures basses en altitude : le cinquième station, point d’arrivée, est à environ 1980 mètres d’altitude ; même en plein été, il y fait nettement plus frais, et la sensation de froid est réelle sur les sections proches de l’arrivée. Des cyclistes ont déjà souffert d’hypothermie en automne par manque de ravitaillement. Emportez impérativement une couche coupe-vent et chaude.
VIII. Erreurs courantes et risque d’abandon (DNF)
- Braquet trop lourd : c’est la première cause d’abandon sur la Fuji Azami Line. Préparez un braquet pour les 22 %, pas pour la pente moyenne.
- Effort excessif sur la fausse montée directe du début : se laisser tromper par l’apparence « pas si raide », épuiser ses forces avant Magaeshi, et n’avoir plus d’énergie quand le vrai mur arrive.
- Protection thermique insuffisante : près de 2000 mètres à l’arrivée, sensation de froid réelle, l’hypothermie est un risque réel, surtout en automne ou par mauvais temps.
- Erreur de jugement sur le ravitaillement : la pente raide consomme énormément ; ne pas avoir fait monter sa glycémie dans la section forestière du milieu, et se retrouver à court d’énergie avant le mur dressé, c’est l’erreur la plus frustrante.
- Perte de contrôle en descente : une pente aussi raide rend la descente tout aussi dangereuse ; un freinage prolongé et intense peut faire surchauffer les jantes ou les disques. Contrôlez votre vitesse par segments et relâchez les freins par intermittence.
Avertissement spécifique pour la descente
La descente de la Fuji Azami Line doit être prise aussi au sérieux que la montée, et elle est même plus dangereuse. Sur une pente moyenne de 10 % et maximale de 22 %, la vitesse s’accumule très rapidement en descente, et vous devez négocier ces virages serrés à grande vitesse ; si les freins surchauffent et lâchent, les conséquences peuvent être désastreuses.
La stratégie de descente correcte est la suivante :
- Contrôle de vitesse par segments, freinage intermittent : ne maintenez pas les freins serrés en continu, cela accumule de la chaleur dans les jantes ou les disques. Adoptez un rythme intermittent : « freiner pour ralentir — relâcher pour laisser refroidir — freiner à nouveau ».
- Ralentir avant le virage, accélérer après : contrôlez votre vitesse sur les lignes droites, réduisez à une plage de sécurité avant d’entrer dans le virage, n’effectuez pas de freinage d’urgence en plein virage.
- Protection thermique adéquate : le refroidissement éolien d’une longue descente emporte rapidement la chaleur corporelle accumulée pendant la montée. Avant de redescendre, enfilez impérativement une couche coupe-vent pour éviter que vos doigts ne s’engourdissent et n’affectent le ressenti des freins.
- Vérification du vélo : avant le départ, assurez-vous que le système de freinage et les pneus sont en bon état. Sur une descente de ce niveau, le moindre petit problème peut être amplifié.
Souvenez-vous : pouvoir monter en sécurité, c’est aussi pouvoir redescendre en sécurité ; c’est seulement à ce moment-là que ce défi de pente extrême est véritablement complet.
IX. Temps objectifs selon le niveau du cycliste
Voici des temps de référence pour le parcours complet (environ 11,3 km, dénivelé d’environ 1200 m). Comme cette route est extrêmement difficile, les écarts peuvent être importants :
| Niveau du cycliste | Temps de référence |
|---|---|
| Professionnel / compétiteur de haut niveau | Environ 41 à 50 min |
| Bon grimpeur avancé | Environ 55 min à 1 h 10 |
| Défi général (y compris avec mise pied à terre) | Environ 1 h 20 et plus |
Visez impérativement un « parcours terminé en sécurité » plutôt que de vous battre contre le chrono. Pour la grande majorité des gens, être capable de basculer avec souplesse entre « pédaler » et « marcher » devant le mur le plus raide, et d’atteindre complètement le cinquième station, est déjà un beau résultat. En réalité, le simple fait d’« oser venir relever le défi de cette route » vous place déjà au-dessus de la plupart des cyclistes — sa réputation en effraie beaucoup, et vous avez choisi de vous présenter au départ ; ce courage mérite d’être salué.
X. Faire de la marche à pied une option officielle
Pour une pente extrême du niveau de la Fuji Azami Line, inscrire « mettre pied à terre et marcher » comme stratégie officielle n’est pas une faiblesse, c’est de l’intelligence. Si, sur le mur dressé, vous constatez que le braquet est insuffisant, que la fréquence cardiaque explose, et que continuer à pédaler risque de provoquer une crampe, alors descendre et marcher un moment, franchir le point le plus raide, laisser la fréquence cardiaque redescendre puis remonter en selle est bien plus sage que de s’obstiner jusqu’à l’épuisement total et l’effondrement. La difficulté de cette route est là ; l’essentiel est d’atteindre complètement le cinquième station. Que le parcours se fasse en pédalant ou en marchant n’enlève rien à ce sentiment d’accomplissement : « j’ai vaincu la pente la plus raide du Japon ».
XI. Conseils de préparation pour les cyclistes taïwanais
Pour les cyclistes taïwanais, la Fuji Azami Line est une véritable « épreuve de pente extrême » au sens plein du terme. Taïwan possède certes pas mal de pentes raides (par exemple certaines montées courtes et raides en périphérie du nord, ou les routes agricoles du centre et du sud), mais trouver un segment de « 3 kilomètres continus, 15 % de moyenne, 22 % au maximum » n’est pas facile. Par conséquent, une préparation ciblée avant le départ est particulièrement importante :
- Travailler l’équilibre à basse vitesse sur pente raide : sur une pente à 22 %, la vitesse peut tomber à un chiffre ; ce qui est alors le plus éprouvant, c’est la capacité à maintenir l’équilibre à basse vitesse et à pédaler sans à-coups. Multipliez les montées courtes et raides à Taïwan pour vous entraîner à l’ascension à basse vitesse.
- Travailler la cadence avec le braquet le plus léger : si vous utilisez rarement votre plus grand pignon, familiarisez-vous avec son ressenti sur des pentes raides avant de venir sur cette route ; ne l’utilisez pas pour la première fois sur place.
- Renforcer le gainage et le haut du corps : sur les pentes ultra-raides, il faut utiliser le haut du corps pour stabiliser le vélo et reporter le poids sur la roue avant ; la force du gainage et des bras affecte directement votre stabilité de pilotage.
- Accepter que « l’on ne termine peut-être pas » : la difficulté de cette route fait de la « mise pied à terre » une normalité, pas une honte. Relevez le défi avec un esprit serein, en plaçant la sécurité et l’expérience avant la performance.
Si vous faites ces préparatifs correctement, lorsque vous serez face à ce mur dressé sur place, vous ne serez au moins pas vaincu sans préparation.
Conclusion
La Fuji Azami Line est une route qui redéfinira votre compréhension du mot « raide ». Les 8 kilomètres du segment central de pente extrême, le mur dressé frôlant les 22 %, le cinquième station de Subashiri à près de 2000 mètres — elle concentre les pentes les plus brutales sur une route pas très longue, vous forçant à sortir votre braquet, votre technique, votre force et votre volonté. Préparez le braquet le plus léger de votre vie, faites le plein de protection thermique et de ravitaillement, gardez le respect de ce mur, et vous aurez la chance de vous tenir vous-même au cinquième station et de prononcer cette phrase : « j’ai terminé la pente la plus raide du Japon ». C’est une route réservée aux durs, et c’est aussi une route qui vous fera renaître.
Enfin, résumons l’essence de la stratégie pour la Fuji Azami Line en une phrase : un braquet plutôt trop léger que trop lourd, retenez-vous au début, avancez segment par segment dans la partie finale, et prenez la montée comme la descente extrêmement au sérieux. Si vous faites bien ces quatre choses, vous maximisez vos chances de réussite. Quant à savoir si vous pédalez jusqu’au bout ou si vous marchez un petit moment en chemin, cela n’enlève rien à cet accomplissement de vous tenir au cinquième station de Subashiri — car vous avez affronté de vos propres yeux le mur le plus dur du Japon, et vous ne vous êtes pas détourné. C’est là la récompense la plus précieuse de la Fuji Azami Line.
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