Guide pratique de la Lijia Forest Road : 8,33 km, 960,5 m de dénivelé, découpage du segment de montée difficile classé Strava

Aperçu de l’itinéraire : ce n’est pas la Lijia Forest Road dans son intégralité de 40 km, c’est sa portion la plus difficile
Autant être clair d’emblée. La Lijia Forest Road fait environ 40 km de long (certaines sources indiquent 39 km). C’est une ancienne route forestière d’exploitation qui s’enfonce dans le massif du Daba Lioujiou, dans le canton de Beinan, à Taitung. La circulation des véhicules est actuellement autorisée jusqu’à la barrière jaune située au kilomètre 11,5 ; au-delà, c’est le domaine des piétons et des cyclistes. L’altitude passe d’environ 50 mètres au pied de la montagne à près de 1 500 mètres. Si vous lisez en ligne des avis du type « la Lijia Forest Road est agréable à rouler, les pentes sont douces », il s’agit très probablement d’impressions concernant la partie inférieure de la route ou l’état général du parcours — ce n’est pas le tronçon dont il est question dans cet article.
Cette stratégie se concentre sur le segment populaire enregistré sur Strava (segment ID 11977496), c’est-à-dire la portion reine qui grimpe depuis l’entrée de la route forestière :
| Élément | Données |
|---|---|
| Nom du segment | Lijia Forest Road (segment Strava) |
| Localisation | Canton de Beinan, comté de Taitung |
| Distance | 8 327,6 mètres (environ 8,33 km) |
| Dénivelé positif total | 960,5 mètres |
| Pente moyenne | 8,2 % |
| Classification Strava | Catégorie 4 (difficile) |
| ID du segment Strava | 11977496 |
8,33 km pour avaler 960,5 mètres de dénivelé, soit une pente moyenne de 8,2 %. Pour donner un ordre de comparaison familier aux cyclistes taïwanais, cette difficulté se situe à peu près entre certains enchaînements de la montée ouest du mont Wuling et les montées dures bien connues. Et comme il s’agit d’une pente moyenne de 8,2 %, cela signifie que le segment cache forcément des sections plus raides pour compenser les passages plus doux — ce n’est pas le genre de montée docile qui reste uniformément à 8,2 % jusqu’en haut. Autrement dit, c’est le cœur le plus dur de la Lijia Forest Road sur ses 40 km. Ce n’est pas un petit faux plat qu’on aurait choisi au hasard pour faire le compte, et cela ne signifie pas non plus que les sections suivantes seront forcément aussi dures une fois ces 8,33 km avalés — mais ne sous-estimez pas la difficulté de ces 8,33 km sous prétexte que « la suite est peut-être plus douce ». Cette portion mérite une préparation sérieuse avant de s’y attaquer.
Pour les cyclistes locaux de Taitung, la Lijia Forest Road est depuis longtemps une adresse secrète, bien moins connue que les itinéraires grand public comme Zhiben ou Taimali. C’est justement pour cela que les informations sur l’état de la route et les points de ravitaillement ne sont pas aussi bien documentées que sur les circuits touristiques. Cet article clarifiera les conditions matérielles vérifiables et traitera les zones d’ombre avec prudence, afin que vous ne partiez pas avec des attentes erronées.
À qui s’adresse cet itinéraire
Une montée de catégorie 4 sur Strava signifie que ce n’est pas un parcours pour débutants. Si vous avez commencé le vélo de route en côte il y a moins de six mois et que votre volume d’entraînement est faible, il est recommandé d’accumuler d’abord de la force avant de vous lancer, sinon vous risquez fort de vous retrouver « à pousser le vélo à mi-parcours ». Pousser son vélo au fond d’une route forestière est non seulement pénible, mais le ravitaillement n’est pas non plus assuré.
Le profil adapté est le suivant : les cyclistes de niveau intermédiaire et plus, qui ont déjà l’expérience de longues montées réputées, qui ont une base d’entraînement solide au quotidien et qui connaissent précisément les limites de leur développement. Si vous êtes à ce niveau, la Lijia Forest Road est une montée difficile qui vaut vraiment la peine d’être ajoutée à votre liste. D’autant que les visiteurs y sont rares, que le terrain est brut, et que l’expérience n’a rien à voir avec les itinéraires touristiques bien connus. Son côté confidentiel exige aussi une plus grande autonomie.
Si un débutant tient vraiment à relever le défi, il est conseillé de partir avec un cycliste expérimenté et de se fixer comme objectif « terminer en sécurité » plutôt que « chercher la performance ». La marge d’erreur sur cet itinéraire n’est pas aussi large que sur un parcours d’entraînement urbain. Par ailleurs, il est recommandé de chercher près de chez soi un itinéraire d’entraînement au profil de pente et de longueur comparable pour faire un test de simulation, afin de vérifier que l’on peut pédaler en continu pendant plus de vingt minutes sans s’arrêter, et de surveiller sa fréquence cardiaque et sa respiration pendant le test pour évaluer objectivement son niveau de préparation, plutôt que de se fier uniquement aux sensations. Si un malaise net apparaît pendant le test, mieux vaut reporter le projet et renforcer d’abord l’endurance de base et le travail musculaire.
Découpage de la montée, du départ à l’arrivée
Première section : un faux départ tout en douceur, ne vous laissez pas berner
Depuis la direction de la tribu Lijia, en s’engageant sur la route forestière, la pente des tout premiers mètres n’a rien d’impressionnant : elle se situe plutôt entre 3 % et 5 %, sur un revêtement en bitume en bon état. Cette portion pousse facilement le cycliste à baisser sa garde — la fréquence cardiaque n’est pas encore montée, le braquet est encore sur le plateau moyen, sans se douter que la suite est le plat principal. Traitez cette section comme un échauffement : réduisez volontairement la puissance, laissez le cardio et les jambes se mettre en route, plutôt que de chercher à prouver quelque chose en accélérant ici.
Concrètement, il est conseillé de passer dès le faux plat du départ sur la combinaison de braquets de montée que vous avez préparée, pour laisser le corps s’adapter à la cadence de pédalage, plutôt que de marteler avec un gros braquet dès le début. Car très vite, vous allez devoir affronter des sections à deux chiffres en continu, et la gestion de l’énergie se joue dès ici. Beaucoup de cyclistes qui échouent lors d’une première tentative sur ce type d’itinéraire ne perdent pas à cause d’une défaillance physique en fin de parcours, mais à cause d’une mauvaise lecture de la situation et d’une puissance trop élevée au début : quand la vraie bataille commence, ils ont déjà entamé une partie de leurs réserves de glycogène.
Deuxième section : les pentes raides enchaînées du milieu, le vrai champ de bataille
Après le faux départ, la pente se redresse nettement : c’est la zone de pentes raides la plus dense de tout le parcours. La moyenne de 8,2 % est en grande partie tirée par cette section. Sa caractéristique : des pentes qui ondulent mais reviennent rarement au plat. Le cycliste voit sa fréquence cardiaque maintenue autour du seuil lactique, voire au-dessus, et comme la route forestière présente parfois des feuilles mortes, des gravillons et de l’humidité, l’adhérence est un peu moins bonne que sur une route de montagne bitumée classique. Il faut donc être plus prudent dans les virages et dans la transmission de la puissance.
Sur cette portion, la stratégie recommandée est « puissance stable, zéro à-coup ». Beaucoup de cyclistes, en entrant dans la pente raide, ont le réflexe de se lever sur les pédales et de lancer une attaque en voyant le pourcentage grimper. Sur un segment de 8,33 km avec près de mille mètres de dénivelé, c’est une stratégie très risquée : vous risquez fort de brûler vos réserves de glycogène avant même d’être à mi-parcours, et de finir au ralenti, voire à pied. Il est recommandé de pédaler le plus possible en position assise, de maintenir sa fréquence cardiaque autour de 85 % à 92 % de sa fréquence cardiaque au seuil, et de construire la montée à un rythme soutenable, en gardant une marge de fatigue pour les pentes raides qui suivent.
Troisième section : des pentes localement supérieures à 10 %, le vrai test pour les braquets
Une moyenne de 8,2 % cache presque nécessairement des passages localement supérieurs à 10 %, voire proches des deux chiffres élevés. C’est la raison clé pour laquelle cet itinéraire est classé en catégorie 4 (difficile) sur Strava. Il n’existe pas actuellement de profil kilométrique précis à citer, mais d’après l’expérience de montées forestières au profil similaire, il faut s’attendre à rencontrer dans la seconde moitié du parcours au moins un ou deux vrais « murs » : la pente qui se cabre soudainement, la roue avant qui semble vouloir se soulever visuellement, la cadence qui chute brutalement à un niveau très bas.
Pour faire face à ces pentes raides, le conseil le plus pratique est le suivant : passez sur votre braquet le plus léger préparé avant d’entrer dans la pente raide, plutôt que de chercher vos vitesses dans la précipitation une fois la pente déjà là — surtout qu’avec un groupe électronique, le passage du dérailleur avant sous forte tension peut provoquer des sauts de chaîne ou des ratés, et qu’avec un groupe mécanique, on peut rencontrer des passages de vitesses approximatifs, voire un risque de déraillement. Si vous voyez la route se cabrer nettement devant vous, anticipez le changement de vitesse deux ou trois coups de pédale plus tôt : c’est bien plus fiable qu’une réaction à la dernière seconde.
Si vous constatez que sur une pente raide votre cadence est tombée très bas et que votre fréquence cardiaque approche de son maximum, plutôt que de tenir coûte que coûte jusqu’à l’explosion — avec un risque de crampe ou de perte de posture pouvant mener à une chute —, il est plus raisonnable de marquer une courte pause sur un accotement sûr, de reprendre sa respiration, puis de repartir. La Lijia Forest Road a un trafic très faible et les accotements sont assez larges. Ce n’est pas une honte, c’est un choix rationnel pour la sécurité et le taux de réussite. À noter : la route forestière est étroite, donc quand vous vous arrêtez, assurez-vous d’être complètement hors de la trajectoire de circulation et surveillez l’arrivée éventuelle d’autres véhicules ou cyclistes.
Quatrième section : la fin au fond de la forêt, une bataille plus mentale que physique
Avant le point final des 8,33 km, la pente a tendance à s’adoucir, mais c’est à ce moment-là que la fatigue accumulée atteint son pic. On a alors facilement tendance à baisser la garde sur ces sections qui semblent plus faciles et à perdre son rythme. Sur cette portion, il est conseillé de recentrer son attention sur le rythme de la respiration et du pédalage, et de tenir les derniers mètres par la volonté, plutôt que de se relâcher trop tôt et de ne plus avoir de jus pour l’effort final.
Au fond de la forêt, la végétation est dense et l’ombrage efficace. La température y est généralement de quelques degrés plus basse qu’en bas de la montée, ce qui rend les sensations un peu plus agréables — c’est l’un des rares côtés « doux » de ce parcours. En revanche, le signal téléphonique est souvent instable, voire totalement absent, au fond de la forêt. Nous reviendrons plus en détail sur l’importance de ce point pour la sécurité dans la section sur le ravitaillement. Une fois arrivé à la fin du segment, il est conseillé de s’arrêter pour reprendre son souffle à un endroit dégagé avec un accotement sûr, et de se retourner pour contempler le dénivelé que l’on vient d’avaler. Ce sentiment d’accomplissement est généralement la récompense la plus directe de ce type de montée difficile.
Rapport de braquet et équipement : une pente moyenne de 8,2 % n’a rien d’une plaisanterie
Avec une pente moyenne de 8,2 % et des passages localisés dépassant les 10 %, cette route est exigeante en matière de braquet. Voici des recommandations pragmatiques :
- Plateau : un plateau compact (50/34T) est recommandé comme configuration de base. Si vous êtes plus lourd ou avez peu d’expérience en montée, le petit plateau de 34T est une nécessité, pas un luxe. Ne vous fiez pas à votre « d’habitude, je roule en standard et ça va » pour défier ce parcours.
- Cassette : prévoyez au minimum un 28T. Si vous pouvez passer à une grande cassette de 32T, voire 34T (avec un dérailleur arrière à chape longue adapté), le pédalage dans les pentes raides sera nettement plus confortable, vous permettant de rester assis et de maintenir une force régulière, réduisant les risques de crampes et d’effondrement postural.
- Envisager des braquets plus légers : si vous estimez vos capacités en montée moyennes, ou si c’est votre première fois sur un segment avec plus de 8 % de pente moyenne et près de mille mètres de dénivelé, ne considérez pas un plateau 34-36T avec une cassette 28-32T comme une « configuration de faible ». L’objectif principal de cette combinaison est de vous permettre de rester assis et de pédaler à une cadence stable tout au long du parcours, évitant ainsi l’épuisement prématuré dû à un braquet trop lourd qui vous forcerait à vous lever sur les pédales. Ces dernières années, plusieurs fabricants proposent des cassettes à plus large plage de développement ; si vous en avez l’occasion, cela vaut la peine d’être envisagé, et vous pouvez même vous inspirer de la logique des très bas braquets de VTT pour configurer votre vélo de route ou de gravel.
- Roues et largeur de pneu : la surface des chemins forestiers n’est pas aussi lisse que celle des routes urbaines. Feuilles mortes et gravillons sont parfois présents. Il est recommandé d’utiliser des pneus plus larges et de réduire légèrement la pression par rapport à une sortie sur route classique, afin d’augmenter l’adhérence et le confort, et de réduire les risques de crevaison. Si votre cadre le permet, un vélo de gravel ou un vélo de route endurance équipé de pneus larges sera plus adapté à ce parcours qu’un vélo de route de course avec des pneus étroits.
- Système de freinage : la descente est un autre point d’attention. Des freinages continus sur une longue descente peuvent provoquer l’évanouissement thermique des freins sur jante. Si votre vélo est équipé de freins à disque, vous serez plus serein. Pour ceux qui roulent en freins sur jante, il est conseillé de freiner par intermittence et en avance, afin d’éviter une perte d’efficacité due à des freinages forts et continus, surtout sur les sections mouillées où il faut anticiper encore davantage les distances de freinage.
Ravitaillement et hydratation : pas de supérette au fond du chemin forestier, c’est un avertissement ferme
Autour de la Lijia Forest Road, il existe effectivement des activités d’écotourisme développées par les communautés tribales, comme des visites guidées nature ou des ateliers de prunes vertes croquantes maison. Cependant, ces activités sont des expériences culturelles tribales sur réservation, et non des points de ravitaillement accessibles au fil de la route. Les cyclistes ne doivent pas s’attendre à trouver des magasins ou des fontaines à eau au fond du chemin forestier.
Une stratégie de ravitaillement pragmatique est la suivante :
- Effectuez votre dernier ravitaillement autour de la tribu Lijia avant le départ. Avant d’entrer dans le chemin forestier, assurez-vous d’avoir suffisamment de capacité de bidons et de réserves caloriques. Les magasins ou épiceries en contrebas sont votre dernier filet de sécurité ; une fois ce point passé, vous devrez compter sur ce que vous portez pour tenir tout le parcours.
- Adaptez la quantité d’eau à la température et à votre condition physique. En général, il est recommandé de boire au moins 750 ml à 1 litre par heure. Compte tenu de l’intensité élevée de l’effort sur une pente moyenne de 8,2 % et de la chaleur étouffante de l’été à Taitung, les besoins réels peuvent être plus élevés. Il est conseillé de prévoir au moins deux bidons, ou d’utiliser un système d’hydratation type poche à eau, pour garantir une capacité suffisante.
- Ne attendez pas d’avoir faim pour manger. Lors d’une montée intense, la digestion est ralentie. Il est recommandé de consommer un gel énergétique, une banane ou une barre de céréales toutes les 30 à 45 minutes. Manger peu et souvent est plus efficace qu’un gros repas d’un coup, et cela évite les fortes variations de glycémie qui nuisent à la régularité de votre puissance.
- Le signal téléphonique est souvent instable au fond du chemin forestier. Cela signifie qu’en cas de déshydratation, de crampes ou de problème mécanique, les secours peuvent être retardés. Prévoyez une marge de ravitaillement confortable et ne jouez pas avec le minimum vital en eau et en calories. Mieux vaut trop que pas assez. Il est également conseillé d’informer des proches ou des compagnons de route de votre itinéraire et de votre heure de retour estimée.
- Si vous envisagez de parcourir les 40 kilomètres complets de la Lijia Forest Road et pas seulement ce segment de 8,33 km, la planification du ravitaillement doit s’étendre sur une échelle de temps plus longue. Au-delà de la barrière, les véhicules ne peuvent plus circuler et le soutien logistique devient plus difficile. Évaluez soigneusement vos capacités avant de décider d’aller plus loin.
Météo et saison : chaleur humide en été, vigilance particulière après la pluie sur sol glissant
La Lijia Forest Road se situe dans la zone montagneuse de Beinan, à Taitung. La végétation y est dense et la biodiversité riche, ce qui a deux conséquences directes pour le cycliste :
Chaleur étouffante et humidité en été : au fond du chemin forestier, l’humidité est élevée et l’air circule mal. Même avec l’ombre des arbres qui rafraîchit, la sensation de chaleur reste étouffante et la transpiration est bien plus abondante que sur une route dégagée. Cela confirme que les conseils d’hydratation de la section précédente ne sont pas une plaisanterie. Il est recommandé d’éviter de partir en pleine journée et de prendre la route tôt le matin, ce qui permet d’éviter les fortes chaleurs et d’aborder cette montée exigeante avec une sensation thermique plus supportable, tout en évitant les averses orageuses fréquentes en montagne l’après-midi.
Sol glissant après la pluie : la surface du chemin forestier n’est pas entretenue au même niveau qu’une route urbaine en bitume. Après la pluie, l’humidité et l’accumulation de feuilles mortes réduisent nettement l’adhérence. Il faut ralentir le rythme dans les virages et au freinage, et redoubler de prudence en descente. Il n’est pas recommandé de s’attaquer à ce parcours immédiatement après une pluie ; il est plus prudent d’attendre un jour ou deux que la surface soit sèche.
Saison des papillons au printemps et en été : conditions de route relativement stables : ce chemin forestier est réputé pour sa richesse écologique, et particulièrement au printemps et en été, lorsque les plantes en fleurs des deux côtés attirent de nombreux papillons. Les conditions météorologiques de cette saison sont relativement stables pour ce parcours, et c’est aussi une bonne période pour profiter du paysage écologique en chemin (pour plus de détails sur l’écologie et les histoires humaines, consultez l’autre article de ce site sur le même itinéraire). Cependant, même en saison stable, les averses orageuses de l’après-midi en montagne restent fréquentes. Prévoyez une marge de manœuvre dans votre planning pour éviter de vous trouver encore au fond du chemin forestier pendant les orages de l’après-midi. Il est préférable de programmer la partie principale de la montée le matin.
Automne et hiver secs mais journées plus courtes : en automne et en hiver, la probabilité de pluie est plus faible et la route est généralement plus sèche et stable. C’est une autre période propice pour relever le défi, mais il faut tenir compte du raccourcissement des journées. Partez tôt pour éviter de redescendre à la nuit tombée. Il n’y a pas d’éclairage public dans le chemin forestier, et une visibilité insuffisante augmente considérablement les risques.
Erreurs courantes et risque de DNF : ces pièges à éviter
Le risque de DNF (abandon) sur un parcours de montée ne vient souvent pas d’un seul facteur fatal, mais d’un effet domino causé par plusieurs petites négligences qui s’accumulent. Voici les pièges les plus fréquents sur la Lijia Forest Road :
Sous-estimer la raideur des pentes : une pente moyenne de 8,2 % peut sembler un chiffre peu impressionnant, mais avec 960,5 mètres de dénivelé concentrés sur 8,33 kilomètres, et des passages localisés dépassant les 10 %, cette intensité suffit à faire ralentir nettement, voire à pousser le vélo, un cycliste non préparé dès le milieu du parcours. Abordez cette route avec un état d’esprit « niveau difficile », et non comme une simple sortie d’entraînement du week-end à faire au feeling.
Quantité d’eau insuffisante : comme mentionné précédemment, il n’y a aucun point de ravitaillement au fond du chemin forestier. Si vous sous-estimez vos besoins en eau, des symptômes de déshydratation (vertiges, crampes, baisse de lucidité) peuvent apparaître dans la seconde moitié du parcours. C’est particulièrement dangereux dans un environnement de pentes raides et de signal instable, et cela peut même nécessiter une intervention extérieure.
Variations de l’état du chemin forestier : ce chemin, issu d’une ancienne route forestière d’exploitation, n’a pas une surface aussi stable qu’une route urbaine. Feuilles mortes, gravillons et nids-de-poule localisés peuvent apparaître, et l’entretien n’est pas aussi fréquent que sur les itinéraires touristiques. Il est conseillé de surveiller la largeur de la voie avant de rouler, en particulier dans les virages où la visibilité est limitée en montée. Ralentissez et ne jugez pas la distance de sécurité dans les virages du chemin forestier avec la sensation de vitesse d’une route plate.
Céder le passage à la faune sauvage : ce chemin forestier est écologiquement très riche, avec plus de 50 espèces d’oiseaux recensées, et c’est un itinéraire réputé pour l’observation des papillons. Il est possible de croiser des animaux sauvages traversant la route. Dans ce cas, ralentissez et laissez-les passer. Ne les dérangez pas pour maintenir votre vitesse. C’est le minimum de respect envers cet environnement naturel, d’autant que la zone est proche d’une réserve importante pour l’habitat de la faune sauvage.
Négliger la planification de la retraite : actuellement, la circulation des véhicules s’arrête à la barrière jaune du kilomètre 11,5. Si vous envisagez de vous enfoncer au-delà de ce point, sachez que le soutien logistique (comme un véhicule de récupération ou les secours d’urgence) devient plus difficile après la barrière. Préparez-vous mentalement et planifiez votre itinéraire avant le départ. Ne décidez pas sur un coup de tête d’aller plus loin que prévu, et ne forcez pas à continuer lorsque votre condition physique est déjà nettement en baisse.
Sous-estimer le risque de la descente : de nombreux cyclistes se concentrent uniquement sur la montée et oublient que la descente exige aussi de l’énergie et de la concentration. Après avoir épuisé vos forces dans la montée, vos réflexes et votre contrôle musculaire diminuent en descente. Ajoutez à cela les nombreux virages et la visibilité limitée du chemin forestier : en descente, il faut absolument modérer votre vitesse. Ne vous lancez pas à toute allure avec l’état d’esprit « j’ai bien travaillé en montée, je vais me faire plaisir en descente ».
Objectifs de temps de référence selon le niveau du cycliste
Les fourchettes de temps ci-dessous sont des estimations calculées sur la base de la difficulté raisonnable d’un segment classé catégorie 4 sur Strava (8,33 km, 960,5 m de dénivelé positif, pente moyenne de 8,2 %). Les performances réelles peuvent varier selon les conditions du jour, le vent, la température et la condition physique de chacun. Ces chiffres sont fournis à titre indicatif pour la planification et ne représentent aucun standard officiel :
| Niveau du cycliste | Temps estimé | Vitesse moyenne de référence |
|---|---|---|
| Niveau expert (entraînement régulier, forte aptitude en montée) | Environ 35 à 45 minutes | Environ 11 à 14 km/h |
| Niveau intermédiaire (une certaine expérience de la montée) | Environ 45 à 60 minutes | Environ 8 à 11 km/h |
| Amateur général (condition physique moyenne, première tentative sur un parcours difficile) | Environ 60 à 80 minutes | Environ 6 à 8 km/h |
| Finisher prudent (avec pauses, photos et ravitaillement) | Plus de 90 minutes | Variable selon le nombre de pauses |
Cette fourchette de temps est volontairement large, car sur un parcours avec une pente moyenne de 8,2 % et des sections encore plus raides, les écarts individuels sont amplifiés — le choix du braquet, la forme du jour et la force mentale face aux pentes raides peuvent tous entraîner des différences notables dans le temps final. Plutôt que de s’obséder sur « la vitesse des autres », il vaut mieux fixer comme objectif pour une première tentative de « terminer en toute sécurité, sans blessure et sans encombre ». Laissez la performance chronométrique pour les deuxième et troisième tentatives, une fois le parcours bien connu. Il est recommandé de porter un cardiofréquencemètre ou un capteur de puissance pendant toute la première tentative ; analyser les données après coup vous aidera davantage à ajuster votre stratégie de pilotage pour la prochaine sortie qu’un simple chrono.
Conclusion : un col exigeant et confidentiel qui mérite une préparation sérieuse
Le segment populaire de Strava sur la Lijia Forest Road cumule 960,5 m de dénivelé positif sur 8,33 km avec une pente moyenne de 8,2 %, ce qui en fait l’un des rares parcours de catégorie difficile à la fois exigeant et sauvage de Taitung. Il ne représente pas l’intégralité des 40 km de la Lijia Forest Road, mais bien son tronçon central le plus costaud. Abordez-le avec l’équipement, les braquets, le ravitaillement et la préparation mentale adaptés, plutôt que de partir léger en se disant « ce n’est que 8 km ».
Une fois bien préparé, ce parcours vous récompensera non seulement par un segment enregistré sur Strava, mais aussi par un véritable test d’endurance et une rare expérience de tranquillité au cœur de la forêt. Pour une première tentative, il est conseillé de partir avec des compagnons expérimentés pour veiller les uns sur les autres et s’encourager mutuellement dans la souffrance de la montée. Je vous souhaite une belle sortie, une arrivée en sécurité, et j’espère que vous voudrez bien partager votre expérience et vos impressions sur ce parcours une fois terminé, afin que davantage de cyclistes découvrent ce col difficile et confidentiel de Taitung.
Lectures complémentaires
- Rencontrer les papillons et la sérénité sur la Lijia Forest Road : un voyage entre montée et culture dans le massif de Daba Lioujiou
- Guide pratique de la forêt de Luye : 3,8 km, une montée courte et explosive avec des pentes dépassant 20 %
- Guide complet de la route du mont Ali : 53,57 km et plus de 2 000 m de dénivelé, le sanctuaire de la longue randonnée dans le sud de Taïwan
- Guide de la montagne Wufen à Pingxi : analyse complète d’une courte montée exigeante de 4 km avec 257 m de dénivelé et 6,4 % de pente moyenne dans le massif de Ruifang
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