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Commencer la saison à Strade Bianche : parler de la périodisation annuelle, comment les cyclistes amateurs planifient leur année autour de Wuling

單車訓練

Regarder le calendrier 2026 de Tadej Pogačar, une chose mérite l’attention des cyclistes taïwanais : sa saison ne démarre officiellement que le 7 mars avec le Strade Bianche.

Pas l’Australie en janvier, pas les courses à étapes du Moyen-Orient en février, mais les routes blanches de Toscane début mars. Et à partir de ce jour-là, il a enchaîné cette série de résultats :

Date Course Résultat
3/7 Strade Bianche Vainqueur (4e victoire en carrière, record de l’épreuve)
3/21 Milan-San Remo Vainqueur (1re victoire en carrière)
4/5 Tour des Flandres Vainqueur (3e victoire en carrière)
4/12 Paris-Roubaix 2e
Avril Liège-Bastogne-Liège Vainqueur (4e victoire en carrière)
Tour de Romandie Classement général
Tour de Suisse Classement général
Juillet Tour de France Classement général (5e victoire en carrière, 5 victoires d’étape)
10/10 (prévu) Lombardie En quête d’une 6e victoire

En l’espace d’un an, classiques de printemps, grand tour d’été, monument d’automne : trois sommets. Ce n’est pas « rester au meilleur niveau en permanence » — personne ne peut faire ça. C’est l’illustration ultime de la périodisation (periodization) : faire délibérément en sorte de ne pas être au maximum à certains moments, pour être au maximum quand il le faut.

Pourquoi « démarrer tard » est une stratégie

La performance sportive obéit à une réalité impitoyable : un pic de forme ne dure pas longtemps. Un pic correctement construit maintient un haut niveau pendant environ 2 à 4 semaines ; au-delà, la fatigue accumulée grignote progressivement le capital physique durement construit.

La logique du « départ tardif » est donc la suivante :

  1. Protéger la phase de travail de fond des interruptions dues aux courses. Chaque course disputée sérieusement génère un besoin de récupération de plusieurs jours à une semaine ; trop tôt, trop dense, et l’entraînement se retrouve émietté.
  2. Réserver la fraîcheur mentale aux échéances importantes. L’état de forme ne concerne pas que le corps, il inclut aussi « l’envie de courir », et cette ressource se consume également.

Périodisation annuelle : quatre phases

Voici un cadre simplifié et pratique pour les cyclistes amateurs taïwanais. Les durées doivent être ajustées selon votre situation personnelle, ce n’est pas une formule figée.

1. Phase de base (8–12 semaines)

  • Objectifs : fond aérobie, force musculaire, technique de pilotage, retour du poids dans une zone saine
  • Contenu : beaucoup de sorties longues à faible intensité (assez faciles pour parler sans effort), 1 à 2 séances de musculation par semaine, un peu de travail au seuil pour entretenir
  • État d’esprit : c’est la phase la plus ennuyeuse et celle où il n’y a pas de raccourci. Si vous bâclez la base, toutes les séances intenses suivantes verront leur efficacité réduite.

2. Phase de construction (6–10 semaines)

  • Objectifs : faire progresser la puissance soutenable (FTP) et le VO2max
  • Contenu : 2 séances intenses par semaine (seuil → VO2max), sorties longues maintenues mais légèrement réduites
  • État d’esprit : les progrès deviennent nets, et c’est aussi la période où l’on risque le plus le surentraînement. Après 3 semaines consécutives de charge croissante, prévoyez 1 semaine de récupération.

3. Phase spécifique / pic de forme (4–8 semaines)

  • Objectif : simuler les exigences réelles de l’objectif. Si la cible est Wuling, on travaille « montée longue + maintien de la puissance sous fatigue en fin de parcours »
  • Action clé : l’affûtage (taper), généralement commencé 7 à 14 jours avant la course, avec un volume réduit de 40 % à 60 %, tout en conservant un peu d’intensité pour garder la vivacité neuromusculaire

4. Phase de transition / hors-saison (2–4 semaines)

  • Objectif : récupération complète, remise à zéro physique et mentale
  • Contenu : on oublie les watts et les plans d’entraînement, on peut ne pas rouler du tout, ou passer au VTT, à la course à pied, à la natation
  • État d’esprit : cette phase est nécessaire, ce n’est pas de la paresse. Ceux qui la sautent attaquent généralement la base de l’année suivante avec la fatigue de l’année précédente.

Plan concret pour les cyclistes taïwanais : viser Wuling

Les épreuves de grimpe à Taïwan se concentrent surtout en automne et en hiver (par exemple les événements autour de Wuling en octobre-novembre), et la chaleur estivale est en réalité défavorable à un entraînement intense de qualité. Avec « Wuling en automne » comme unique objectif de catégorie A, voici comment s’organiser :

Mois Phase Points clés
Janvier–mars Phase de base Sorties longues pour accumuler les heures, musculation, corrections techniques
Avril–mai Phase de construction Plans au seuil, début du VO2max, quelques épreuves B/C comme entraînement
Juin–août Maintien + adaptation à la chaleur Réduire la quête d’intensité en période chaude, privilégier l’adaptation à la chaleur et les sorties longues (départ à l’aube)
Septembre Phase spécifique Beaucoup de montées moyennes et longues, simulation du rythme de course, répétition du ravitaillement
Début octobre Pic de forme + affûtage Début du taper 10 à 14 jours avant la course
Fin octobre Objectif A : Wuling
Novembre–décembre Phase de transition Détente, changement de sport, bilan de l’année

La classification des épreuves A / B / C

C’est l’une des notions les plus utiles de la périodisation :

  • Catégorie A (1 à 2 par an) : l’objectif qui compte vraiment pour vous. Toute l’année d’entraînement s’organise autour, avec un affûtage complet avant.
  • Catégorie B (3 à 5) : on y va sérieusement, mais sans s’affûter pour elle, au plus 2 à 3 jours d’allègement avant. On la traite comme un test et une accumulation d’expérience.
  • Catégorie C (illimité) : on la roule comme une séance intense, on peut y participer en état de fatigue. Le résultat importe peu.

Le problème de la plupart des amateurs, c’est de traiter chaque course comme une catégorie A. Pogačar a trois pics clairement définis sur toute sa saison 2026, et toutes les autres épreuves servent ces trois pics ou font office de test de condition — c’est exactement l’illustration du « ne pas tout donner à chaque course ».

Trois erreurs courantes

Erreur n° 1 : « J’ai peur de perdre des watts, donc je n’ose pas me reposer »

L’affûtage donne l’impression d’avoir « les jambes un peu vides » à vélo, c’est normal. Un affûtage bien mené améliore la performance en course, il ne la diminue pas — c’est pendant le repos que l’adaptation à l’entraînement se produit.

Erreur n° 2 : « La phase de base est trop ennuyeuse, je passe directement à l’intensité »

Sauter la base donne effectivement des progrès plus rapides à court terme, mais le plafond arrive plus tôt, et les risques de blessure et de surentraînement augmentent fortement. Le fond aérobie détermine la quantité d’entraînement intense que vous pouvez encaisser.

Erreur n° 3 : « Il faut trois pics dans l’année »

Les professionnels y parviennent avec une équipe d’encadrement complète, mais pour un cycliste amateur qui travaille, réussir proprement un seul pic de qualité dans l’année est déjà très bien. Trop d’objectifs, et le résultat habituel, c’est qu’aucun n’est atteint.

L’ajustement dynamique compte plus qu’un plan parfait

Dernier point : le plan sera forcément perturbé. Travail, famille, maladie, météo, chute : n’importe lequel de ces facteurs peut faire voler le calendrier en éclats. Dans ce cas, il ne faut pas s’acharner à rattraper les séances manquées, mais réévaluer combien de semaines il reste avant l’objectif, puis reconstruire à rebours depuis l’état actuel. Perdre une semaine d’entraînement coûte très peu physiquement ; vouloir rattraper en forçant avec de la fatigue peut coûter plusieurs semaines.

Les différences individuelles sont grandes ; toutes les durées ci-dessus doivent être ajustées selon votre capacité de récupération, votre âge et votre niveau de stress quotidien. Si vous ressentez une fatigue persistante, des anomalies du rythme cardiaque, une oppression thoracique ou d’autres signes d’alerte pendant l’entraînement, consultez d’abord un médecin.

En résumé

Pogačar n’ouvre sa saison 2026 qu’avec le Strade Bianche, puis place un pic sur les classiques de printemps, le Tour de France et la Lombardie en automne. Il n’est pas le plus fort tous les jours, mais il est le plus fort les jours où il doit l’être.

Ce que les amateurs peuvent lui emprunter, ce n’est pas son plan d’entraînement, mais cette idée structurelle : décidez d’abord quelle course compte le plus pour vous cette année, puis faites en sorte que tout le reste serve cette course. Dès aujourd’hui, entourez cette date sur votre calendrier, puis comptez les semaines à rebours. Une fois cette étape faite, votre entraînement aura déjà plus de direction que celui de la plupart des gens.

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