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Type 2 Fun : ces choses qui ne semblent agréables qu'une fois la souffrance terminée

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Type 2 Fun : ces choses qui ne semblent agréables qu’une fois la souffrance terminée

Trois types de plaisir

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Dans le milieu des sports de plein air, circule une classification classique qui divise le « plaisir » (Fun) en trois types :

  • Type 1 Fun : le plaisir est immédiat. Manger une glace, regarder un film, rouler tranquillement sur une piste cyclable plate.
  • Type 2 Fun : c’est pénible sur le moment, mais en y repensant après coup, on trouve ça génial. Un century sous la tempête, trois heures de montée continue, terminer un triathlon sous une chaleur écrasante.
  • Type 3 Fun : c’est pénible sur le moment, et en y repensant après coup, c’est toujours aussi pénible. Cela signifie généralement que vous avez fait quelque chose de vraiment dangereux ou de vraiment stupide.

La vie de la plupart des amateurs d’endurance tourne autour du Type 2 Fun. Nous savons pertinemment que tel parcours va nous faire souffrir le martyre, et pourtant nous y retournons encore et encore pour nous défier. Ce n’est pas du masochisme, c’est un mécanisme psychologique humain profond qui est à l’œuvre.

Pourquoi la souffrance devient-elle du plaisir ?

L’effet de filtre de la mémoire

Le psychologue Daniel Kahneman a proposé la « règle du pic et de la fin » (Peak-End Rule) : notre souvenir d’une expérience dépend principalement du moment le plus intense (le pic) et de la sensation ressentie à la fin. Cela explique pourquoi, lors d’une sortie éprouvante, au moment où vous franchissez la ligne d’arrivée, toute la souffrance est réinterprétée.

Vous ne vous souviendrez pas de la durée de la brûlure dans vos cuisses au kilomètre 73, mais vous vous souviendrez du paysage au sommet, de la joie d’avoir terminé, et de la chaleur du compagnon qui vous tend votre bidon. La mémoire installe automatiquement pour vous un filtre embellissant, et ce filtre, vous l’avez gagné à la sueur et aux larmes.

La magie de l’effet de contraste

Si une douche froide donne une sensation de revitalisation, ce n’est pas parce que l’eau froide est agréable en soi, mais parce que la sensation de chaleur après en être sorti est amplifiée. De la même manière, si le Type 2 Fun est si addictif, c’est précisément parce qu’il crée un immense contraste émotionnel.

L’eau que vous buvez après deux heures de montée continue est plus douce que n’importe quelle boisson que vous prenez dans une pièce climatisée. Le dîner qui suit une course éprouvante est un délice qu’aucune étoile Michelin ne peut égaler. La souffrance n’est pas l’opposé du plaisir — c’est son amplificateur.

L’accumulation du sentiment d’efficacité personnelle

Chaque fois que vous tenez bon à un moment où vous vouliez abandonner, votre cerveau enregistre silencieusement : « Tiens, je peux le faire. » L’accumulation de ce sentiment d’efficacité personnelle (Self-Efficacy) est le sous-produit le plus précieux du Type 2 Fun.

Lorsque vous vous trouvez au pied d’une montagne qui semble impossible, votre corps crie « non », mais votre mémoire contient une centaine de traces de « finalement, je peux ». Cette base de données intérieure de confiance ne peut se construire que par l’expérience réelle de la souffrance, sans raccourci.

La sagesse pratique du Type 2 Fun

Apprendre à distinguer « l’inconfort » du « danger »

Le Type 2 Fun a pour condition préalable la sécurité. Des cuisses douloureuses, c’est de l’inconfort, mais un bruit anormal au niveau du genou peut être un danger. Apprendre à distinguer les deux est la première leçon pour apprécier le Type 2 Fun. L’inconfort peut être dépassé, le danger doit faire stopper.

Créer un contexte pour la souffrance

Une souffrance pure n’est que de la souffrance. Mais lorsque vous lui donnez un sens — terminer son premier century, battre un record personnel, prouver certaines choses — la souffrance acquiert un contexte, et une souffrance contextualisée se transforme plus facilement en Type 2 Fun.

Le partage démultiplie le plaisir

L’une des caractéristiques les plus merveilleuses du Type 2 Fun, c’est qu’il se multiplie lorsqu’on le partage. Ceux qui ont tenu bon ensemble dans la souffrance développent un lien particulier. C’est pourquoi les liens au sein des communautés de sports d’endurance sont si profonds — parce qu’ils ont partagé tous les ingrédients du Type 2 Fun : la souffrance, la persévérance, et la libération finale.

Voir la vie à travers le Type 2 Fun

Si vous y réfléchissez bien, les choses les plus précieuses de la vie sont presque toutes du Type 2 Fun : élever des enfants, créer une entreprise, apprendre de nouvelles compétences, entretenir une relation à long terme. Sur le moment, c’est souvent difficile, mais avec le recul, vous n’échangeriez ces expériences contre rien au monde.

Ce que les sports d’endurance nous apprennent, ce n’est pas seulement comment trouver du plaisir aux limites de son corps, c’est aussi une façon de voir la vie : les meilleures histoires ne parlent jamais de confort.

Embrassez votre Type 2 Fun

La prochaine fois que vous êtes en pleine montée, à bout de souffle, ruisselant de sueur, en train de vous jurer intérieurement « plus jamais je ne refais ça », essayez de sourire. Parce que vous êtes en train de créer un souvenir dont votre futur vous sera reconnaissant. Vous êtes en train d’écrire le chapitre le plus passionnant de l’histoire de votre vie.

Et ce serment du « plus jamais je ne refais ça » ? Vous le savez bien, sa durée de conservation est à peu près celle d’un repas de hot pot.

« Le Type 2 Fun est le cadeau que l’univers fait aux athlètes d’endurance : il nous permet de trouver un sens dans la souffrance, de trouver du plaisir dans le sens, et de trouver le courage de continuer à souffrir dans le plaisir. »

Ce cycle, c’est la raison pour laquelle nous revenons sans cesse au point de départ. Non pas parce que nous avons oublié la souffrance, mais parce que nous nous souvenons de tout ce qui vient après.

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