De la côte atlantique au cratère volcanique : le Teide, la base secrète d'entraînement hivernal des équipes professionnelles du monde entier
Un volcan, deux expériences cyclistes radicalement différentes
Sur l’île de Tenerife, dans les îles Canaries (Canary Islands) en Espagne, se dresse le plus haut sommet de toute l’Espagne — le Teide, dont le sommet culmine à plus de 3 700 mètres d’altitude. Mais ce qui fait vraiment la renommée du Teide dans le monde du cyclisme sur route, ce n’est pas son record d’altitude, mais ses conditions géographiques uniques : à vélo, on peut presque partir du niveau de la mer sur la côte atlantique et grimper sans interruption jusqu’au cœur du parc national, proche du sommet, sans quasiment aucune descente significative en chemin. Cette ascension continue « de la mer aux nuages » fait du Teide l’un des rares itinéraires routiers au monde permettant d’expérimenter un dénivelé positif continu de plus de 2 000 mètres, voire approchant les 3 000 mètres. C’est également pourquoi il figure parmi les destinations privilégiées de nombreux cyclistes professionnels européens pour leurs stages d’entraînement hivernaux à l’étranger.
Le charme le plus fascinant du Teide réside dans ses « apparences trompeuses » — la plupart des sections ont des pentes relativement douces, avec une moyenne comprise entre 4 % et 6 %, loin des pentes abruptes et redoutables d’Angliru ou de celles de l’Espagne continentale. Mais c’est précisément ce caractère « doux mais interminable » qui fait du Teide un défi d’un tout autre genre : il ne s’agit pas de savoir qui peut produire la puissance instantanée la plus élevée sur une pente raide, mais plutôt de savoir qui peut maintenir un rythme de sortie stable sans s’effondrer sur des dizaines de kilomètres d’ascension continue, tout en gérant les changements radicaux de climat et de végétation liés à l’altitude. Pour les cyclistes taïwanais, cette logique d’itinéraire « échanger la distance contre du dénivelé » fait écho, dans une certaine mesure, à l’esprit du défi du Wuling, qui consiste à grimper depuis les plaines de l’ouest jusqu’à la région de Hehuanshan — ce n’est pas une pente raide qui décide de tout, mais plusieurs heures de sortie continue qui font la différence.
Tableau des informations de base sur l’itinéraire
| Élément | Contenu |
|---|---|
| Pays / Massif | Îles Canaries, Espagne, Tenerife, Parc national du Teide (Parque Nacional del Teide) |
| Départ → Arrivée | Départ possible depuis plusieurs villes côtières de l’île (par exemple la zone de Puerto de la Cruz sur la côte nord, ou Vilaflor sur la côte sud), l’arrivée étant généralement fixée dans la zone d’El Portillo ou plus haut dans le parc national |
| Longueur | Varie considérablement selon le point de départ ; la ligne nord est souvent citée autour de 45 km, celle du sud partant de Vilaflor est souvent classée parmi les plus longues ascensions continues d’Europe, avec une longueur totale pouvant atteindre plusieurs dizaines de kilomètres |
| Dénivelé total | Environ 1 500 à 2 000 mètres et plus selon l’itinéraire choisi ; si l’on part du véritable niveau de la mer, le dénivelé total théorique peut dépasser 2 000 mètres |
| Pente moyenne | Environ 4 à 6 % sur l’ensemble du parcours, un type « doux mais durable » ; les chiffres de pente varient selon le point de départ et le découpage des sections |
| Pente maximale | Certaines sections locales peuvent atteindre des pourcentages à deux chiffres, mais globalement le Teide n’est pas réputé pour ses pentes raides ; les chiffres de pente maximale cités par les différentes sources varient considérablement, veuillez vous référer aux panneaux sur place |
| Altitude départ / arrivée | Le départ varie du niveau de la mer à quelques centaines de mètres selon l’itinéraire choisi ; la zone d’arrivée dans le parc national se situe autour de 2 000 mètres d’altitude ; la station du téléphérique du sommet est plus haute, mais les sections au-dessus de la station du téléphérique ne sont généralement pas accessibles à vélo |
| Origine de la notoriété | Destination prisée depuis des années par les équipes professionnelles européennes pour l’entraînement en altitude hivernal, également réputée dans le monde du cyclisme pour son paysage volcanique unique et son dénivelé continu |
Une précision importante concernant les données du Teide : étant donné la grande flexibilité du choix du point de départ (les côtes nord, sud et est offrent toutes des itinéraires d’ascension différents), et le fait que la définition même du « début de l’ascension » varie selon les personnes (certains comptent à partir de la véritable ligne de côte, d’autres à partir de l’entrée du parc national), les chiffres de longueur et de dénivelé total que l’on peut trouver en ligne peuvent varier considérablement. Pas de surprise si vous trouvez des versions différentes, il est recommandé de réestimer plus précisément en fonction de vos propres points de départ et d’arrivée planifiés.
Décomposition par sections : de la côte aux plaines volcaniques
Première section : des villes côtières aux collines du pied de la montagne (début)
Que l’on parte de la côte nord ou sud, on traverse d’abord le paysage typique des villes balnéaires côtières de Tenerife, avec des routes relativement plates, idéales pour s’échauffer et établir son rythme. En s’éloignant progressivement de la côte, la pente commence à s’élever doucement, et le paysage des deux côtés passe des installations touristiques aux bananeraies et vignobles, un paysage agricole méditerranéen subtropical typique des îles Canaries.
Deuxième section : entrée dans la forêt de lauriers (début de la partie médiane)
À mesure que l’altitude continue de grimper, la route pénètre dans la forêt de lauriers (Laurisilva), une espèce endémique de Tenerife. Il s’agit d’un écosystème forestier humide rare, préservé grâce au climat et à la topographie uniques de l’archipel. La route, sous le couvert dense des arbres, paraît particulièrement paisible, et c’est l’une des sections où l’humidité et les variations de température sont les plus marquées — la couche de nuages se forme souvent à cette altitude, et même si le soleil brille en contrebas, cette section peut être enveloppée dans un épais brouillard.
Troisième section : sortie de la couche nuageuse, entrée dans le désert volcanique (fin de la partie médiane)
C’est le point de basculement le plus spectaculaire du Teide. Lorsque la route franchit l’inversion thermique nuageuse fréquente sur l’île, le paysage change radicalement en quelques kilomètres seulement — la forêt humide s’arrête brusquement, remplacée par un relief volcanique sec et nu, et le ciel passe souvent du gris à un bleu profond et limpide. De nombreux cyclistes décrivent cette section comme une expérience de « sortie des nuages », et ce double contraste visuel et climatique est l’un des moments les plus mémorables du Teide.
Quatrième section : le cœur du parc national (section finale)
Après être entré dans la zone centrale du parc national du Teide, on découvre un paysage de plaine volcanique quasi extraterrestre — parsemé de roches volcaniques aux formes étranges, de plantes endémiques clairsemées, et du cône volcanique du Teide qui se dresse au loin. La pente de cette section est relativement douce, laissant aux cyclistes le loisir d’admirer ce paysage unique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. En arrivant au centre des visiteurs ou aux points de vue de la zone d’El Portillo, on peut contempler de près le sommet conique du Teide ; cette sensation d’être dans un paysage extraterrestre est une expérience unique rare parmi les itinéraires cyclistes sur route du monde entier.
La géologie et l’écologie uniques des îles Canaries
La richesse et la diversité des paysages de Tenerife sont indissociables de sa géologie volcanique unique et de son système climatique d’alizés. L’île est essentiellement un immense volcan surgi des profondeurs de l’océan Atlantique, et le Teide lui-même est toujours classé comme volcan actif. La topographie de l’île présente ainsi une succession de végétation allant de la flore tropicale côtière, aux paysages agricoles subtropicaux, en passant par les forêts humides de lauriers, les pinèdes sèches, jusqu’à la végétation de haute montagne désertique près du sommet. Ce phénomène de compression d’étages écologiques verticaux complets sur une seule île, en quelques dizaines de kilomètres à peine, est extrêmement rare en géographie mondiale.
Le phénomène de « mer de nuages » propre à l’île est l’une des expériences les plus mémorables de l’ascension du Teide. Sous l’interaction des alizés atlantiques et du relief, l’air humide forme une couche d’inversion nuageuse stable à certaines altitudes lors de son ascension. C’est pourquoi, en gravissant le Teide, les cyclistes vivent souvent cette transition météorologique et paysagère d’une intensité dramatique : « humide et brumeux en bas, sortie des nuages vers un ciel dégagé après un certain dénivelé, puis entrée dans le désert volcanique sec en continuant l’ascension ». Ce phénomène ne se présente pas exactement de la même manière chaque jour ; l’expérience réelle varie selon la saison, la direction du vent et le climat du jour. Mais le moment classique de « sortir des nuages pour voir le ciel bleu » reste un souvenir commun dont la grande majorité des cyclistes ayant parcouru cet itinéraire aiment parler.
Le parc national du Teide a été classé au patrimoine naturel mondial de l’UNESCO en 2007, ce qui a permis à ce paysage de désert volcanique de bénéficier d’une conservation et d’une gestion complètes. Le parc abrite de nombreuses espèces végétales endémiques, comme les arbustes volcaniques typiques des zones de haute montagne. Ces espèces sont le produit d’une évolution sur le long terme dans des conditions environnementales rigoureuses — sécheresse, forte radiation UV, écarts de température importants — faisant du Teide non seulement un simple itinéraire de défi cycliste, mais aussi un site d’une grande valeur pour l’observation de la nature.
Pourquoi les équipes professionnelles choisissent le Teide comme base d’entraînement hivernal
La réputation du Teide comme « lieu saint de l’entraînement hivernal » dans le cyclisme professionnel repose sur plusieurs facteurs structurels. D’abord, le climat : bien que les îles Canaries soient géographiquement situées au large de l’Afrique de l’Ouest, le climat y est relativement doux et stable grâce à la régulation des courants océaniques et des alizés. Même pendant les mois d’hiver les plus rigoureux sur le continent européen, les zones côtières de l’île conservent généralement des températures propices à l’entraînement en extérieur. Cela permet aux équipes d’éviter les basses températures, les chutes de neige et la réduction de l’ensoleillement de l’hiver européen, et de poursuivre des séances d’entraînement de longue durée en extérieur.
Ensuite, il y a « l’avantage du dénivelé continu » mentionné précédemment — la plupart des ascensions de montagne du continent européen, même les plus longues, ont du mal à accumuler plus de 2 000 mètres de dénivelé sans interruption sur un seul itinéraire. Mais le Teide, parce que Tenerife est elle-même une île volcanique surgie des fonds marins, permet aux cyclistes de vivre véritablement une ascension continue « du niveau de la mer à près de 3 000 mètres ». Ce type de stimulation d’entraînement en altitude, de longue durée, à intensité faible à modérée et continue, est un scénario d’entraînement idéal pour la condition physique et l’acclimatation à l’altitude des athlètes professionnels qui doivent préparer des courses par étapes de longue durée (comme les épreuves de trois semaines que sont le Tour de France, le Tour d’Italie ou le Tour d’Espagne).
Concernant les mécanismes précis par lesquels ce type d’entraînement en altitude améliore la performance, la science du sport a établi quelques principes généraux largement connus (comme la stimulation de l’efficacité du transport et de l’utilisation de l’oxygène par le corps dans un environnement hypoxique), mais les effets réels varient d’une personne à l’autre, et le dosage et les méthodes relèvent d’un savoir-faire très spécialisé. Cet article ne décrit que la logique d’entraînement générale du milieu, sans garantir de résultats spécifiques. Les cyclistes amateurs qui souhaiteraient imiter ce type de stage d’entraînement en altitude sont invités à consulter un entraîneur professionnel pour planifier leur programme, afin d’éviter le surentraînement ou une charge excessive pour le corps faute d’un suivi approprié.
Planification de l’équipement et du ravitaillement
La logique de préparation de l’équipement pour l’itinéraire du Teide diffère de celle des itinéraires aux pentes extrêmes précédents : l’accent n’est pas mis sur un braquet très léger pour la montée, mais sur le « confort sur la durée » et « l’autonomie en ravitaillement ».
Selle et position : Étant donné que le temps de pédalage total peut atteindre plusieurs heures, le confort de la selle et la tenabilité de la position de pédalage sont plus importants que sur un itinéraire de montée extrême. Il est recommandé de choisir une selle et un réglage de cadre déjà familiers et validés par de longues heures d’entraînement, et d’éviter d’utiliser un équipement neuf non testé le jour du défi.
Vêtements en couches : Comme mentionné précédemment, cet itinéraire traverse des changements radicaux, du climat chaud et humide côtier au climat froid et sec de haute montagne, en passant par l’humidité de la couche nuageuse. Il est recommandé d’adopter une stratégie de vêtements en couches facilement ajustables, et d’emporter une couche coupe-vent légère pour faire face aux basses températures et au vent fort possibles dans la zone sommitale.
Stratégie de ravitaillement : Étant donné la distance totale considérable, il est recommandé de planifier un rythme de ravitaillement fixe toutes les heures, avec un apport suffisant en glucides et en eau, plutôt que d’attendre de ressentir clairement la fatigue ou la soif pour se ravitailler. Si le programme couvre une journée entière, il est également recommandé de prévoir des ravitaillements de niveau repas, et pas seulement des gels énergétiques ou des boissons pour l’effort, afin d’éviter un apport calorique insuffisant après plusieurs heures de pédalage.
Configuration des braquets : Bien que les pentes du Teide soient globalement douces et ne nécessitent pas de braquets de montagne extrêmes comme à l’Angliru, compte tenu de la durée totale de pédalage et de la baisse potentielle de forme dans la partie finale, il est recommandé de prévoir une plage de braquets légèrement plus large, afin de maintenir une cadence et une charge sur les genoux raisonnables même en état de fatigue, et d’éviter une pression articulaire accrue due à des braquets trop lourds.
Le visage réel vu à travers les partages des cyclistes
En parcourant les partages de première main sur le Teide dans les communautés de cyclistes et les blogs, un thème central revient sans cesse : presque tous les partageurs mentionnent le choc visuel du moment de « sortir des nuages », décrivant cette expérience de passage instantané d’un temps gris et humide à un ciel dégagé comme un moment unique qui reste gravé dans les mémoires, même après avoir gravi de nombreuses ascensions célèbres à travers le monde. Cette transition dramatique de météo et de paysage fait également classer le Teide par de nombreux cyclistes sur leur liste d’itinéraires « à faire dans une vie », même si ses pentes sont loin d’être aussi féroces que celles de l’Angliru.
Le deuxième thème récurrent concerne la « sous-estimation de la distance ». De nombreux cyclistes admettent que, parce que les chiffres de pente ne semblent pas impressionnants, ils ont tendance à sous-estimer l’effort physique et le temps réellement nécessaires pour cet itinéraire lors de la phase de planification, pour finalement se retrouver en difficulté dans la partie finale à cause d’un ravitaillement ou d’une répartition de l’effort inadaptés. Ces retours d’expérience rappellent constamment aux futurs challengers : ne jugez pas la difficulté d’un itinéraire uniquement sur le pourcentage de pente ; les défis d’endurance et de gestion du ravitaillement liés à la longue distance ne doivent pas être sous-estimés.
Le troisième thème concerne la « variabilité du climat insulaire ». Bien que le climat global soit doux, la météo locale en montagne peut changer sensiblement en peu de temps. De nombreux partageurs recommandent, même après avoir consulté les prévisions météo, d’emporter systématiquement un équipement de base coupe-vent et imperméable pour faire face aux éventuelles situations imprévues.
Estimation de la puissance et de l’allure : combien de temps pour les cyclistes de différents niveaux ?
En utilisant le même modèle physique :
P = (Fg + Fr + Fa) × v / efficacité de transmission
Fg = m × g × sin(arctan(pente)) composante gravitationnelle
Fr = m × g × cos(arctan(pente)) × Crr résistance au roulement
Fa = 0.5 × ρ × CdA × v² résistance de l'air
Hypothèses de calcul : poids total m = 70 kg cycliste + 9 kg vélo et équipement = 79 kg ; g = 9,81 m/s² ; Crr ≈ 0,005 ; CdA ≈ 0,32 m² ; efficacité de transmission ≈ 0,975. En utilisant l’itinéraire nord courant (des villes côtières à la zone d’El Portillo dans le parc national, environ 45 km au total, dénivelé total d’environ 2 000 m, pente moyenne d’environ 4,4 %, altitude moyenne estimée à environ 1 000 m), les résultats sont les suivants :
| Rapport puissance/poids | Catégorie de cycliste | Temps estimé pour l’ascension | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Débutant qui termine | Environ 3 h 41 min | Environ 12,2 km/h |
| 2,5 W/kg | Amateur moyen | Environ 3 h 01 min | Environ 14,9 km/h |
| 3,0 W/kg | Avancé | Environ 2 h 35 min | Environ 17,4 km/h |
| 4,0 W/kg | Niveau compétition | Environ 2 h 02 min | Environ 22,0 km/h |
| 5,0 W/kg | Niveau professionnel | Environ 1 h 44 min | Environ 26,0 km/h |
Si l’on choisit l’itinéraire sud partant de Vilaflor (souvent cité comme l’une des plus longues ascensions continues d’Europe), en estimant sur une section d’environ 35 km avec un dénivelé total d’environ 1 500 m (pente moyenne d’environ 4,3 %, altitude moyenne estimée à environ 2 000 m, car le point de départ de la ligne sud est déjà à une altitude non négligeable), les résultats sont les suivants :
| Rapport puissance/poids | Catégorie de cycliste | Temps estimé pour l’ascension | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Débutant qui termine | Environ 2 h 46 min | Environ 12,6 km/h |
| 2,5 W/kg | Amateur moyen | Environ 2 h 16 min | Environ 15,4 km/h |
| 3,0 W/kg | Avancé | Environ 1 h 56 min | Environ 18,0 km/h |
| 4,0 W/kg | Niveau compétition | Environ 1 h 32 min | Environ 22,7 km/h |
| 5,0 W/kg | Niveau professionnel | Environ 1 h 18 min | Environ 26,9 km/h |
Tout ce qui précède est une estimation basée sur un modèle physique, sans tenir compte du vent, de la qualité de la route, des différences morphologiques, ni de la dégradation physiologique de la capacité de sortie réelle due à l’altitude. Les temps de parcours réels peuvent varier, en particulier sur les sections de haute altitude près de la zone centrale du parc national, où l’intensité ressentie est généralement plus éprouvante que ne le laissent supposer les simples chiffres de pente. Il est à noter que, parce que les pentes de ces deux itinéraires sont relativement douces, la vitesse moyenne théorique est nettement plus élevée que sur des pentes raides comme l’Angliru ou le lac de Covadonga. Mais ne vous y trompez pas — des dizaines de kilomètres et plusieurs heures de sortie continue représentent un défi d’un tout autre niveau pour l’endurance et la gestion du ravitaillement énergétique.
Point de vue des cyclistes taïwanais : convertissez vos capacités
Ce type d’itinéraire « échanger la distance contre du dénivelé » qu’est le Teide est très proche de l’esprit du défi du Wuling pour les cyclistes taïwanais (grimper de Puli ou Guoxing jusqu’à la région de Hehuanshan) — ce n’est pas une pente raide sur une section qui décide de tout, mais l’endurance et la capacité de gestion de l’allure sur plusieurs heures de sortie stable. Si vous avez déjà terminé le défi du Wuling avec une bonne gestion de l’allure, cela signifie que vous possédez déjà les capacités de base pour affronter ce type d’itinéraire de montée continue de longue distance comme le Teide. La différence réside dans le fait que les pentes du Teide sont globalement plus douces, ce qui en fait, dans une certaine mesure, un défi d’ascension ultra-longue plus adapté pour « accumuler de l’expérience en montée de longue distance ». Comparé à l’Angliru ou au lac de Covadonga, aux pentes extrêmes, le seuil psychologique et physiologique est relativement plus accessible pour les cyclistes qui s’attaquent pour la première fois aux ascensions de montagne européennes.
Concernant les aspects pratiques pour s’y rendre et y rouler : Tenerife bénéficie d’un climat relativement doux toute l’année, sans la période de fermeture des routes marquée des régions montagneuses de l’Espagne continentale. Cependant, l’altitude de la zone centrale du parc national reste élevée ; il est recommandé d’évaluer selon vos capacités personnelles s’il faut diviser le parcours en plusieurs étapes ou prévoir un véhicule de soutien. Étant donné la longueur considérable de l’itinéraire, les points de ravitaillement se raréfient à mesure que l’altitude augmente ; il est recommandé de planifier à l’avance la quantité d’eau et de ravitaillement énergétique à emporter, et de vérifier que la batterie de votre téléphone ou de votre GPS est suffisante pour répondre aux besoins de navigation sur une longue durée.
Rappels de sécurité
Le plus grand risque de l’itinéraire du Teide réside dans la « sous-estimation de la dépense sur la longue distance » — comme les pentes sont relativement douces, de nombreux cyclistes ont tendance à sous-estimer l’intensité globale de cet itinéraire, pour finalement s’effondrer dans la partie finale à cause d’un ravitaillement énergétique insuffisant ou d’une mauvaise répartition de l’effort. Il est recommandé de planifier à l’avance un rythme de ravitaillement horaire, et de ne pas attendre de ressentir clairement la faim ou la soif pour commencer à se ravitailler. Côté climat, bien que le climat global de Tenerife soit doux, l’ascension du niveau de la mer à près de 2 000 mètres traverse des sections humides et froides dans la couche nuageuse ; il est recommandé d’emporter un équipement léger coupe-vent et imperméable pour faire face à l’humidité et aux écarts de température possibles. Dans la zone centrale du parc national, l’intensité des UV est élevée, et certaines sections offrent une vue dégagée sans ombrage ; la protection solaire et l’hydratation sont tout aussi importantes. Sur les sections de descente, comme les pentes sont globalement douces, la vitesse peut augmenter insensiblement ; il faut rester attentif à l’état de la route et aux virages, sans jamais baisser la garde. En cas de fatigue anormale, d’oppression thoracique, de palpitations ou d’autres symptômes lors d’un effort intense et prolongé, arrêtez-vous immédiatement et cherchez de l’aide à proximité. Les conseils de cet article sont fournis à titre indicatif uniquement et ne remplacent pas une évaluation médicale professionnelle.
Points clés à retenir
- L’itinéraire du Teide peut partir de plusieurs villes côtières de Tenerife, avec un dénivelé total théorique pouvant dépasser 2 000 mètres ; c’est l’un des rares itinéraires routiers au monde permettant de vivre une ascension continue du niveau de la mer à proximité du sommet ; la longueur exacte varie considérablement selon le point de départ choisi.
- L’itinéraire peut être divisé en quatre sections : échauffement dans les villes côtières, forêt de lauriers, sortie de la couche nuageuse vers le désert volcanique, et zone centrale du parc national ; « sortir des nuages » est le point de basculement le plus spectaculaire de tout le parcours.
- Le Teide est depuis des années une destination prisée des équipes professionnelles européennes pour l’entraînement en altitude hivernal, grâce à son climat doux et à son avantage rare de dénivelé continu.
- L’estimation par modèle physique pour la section nord de 45 km indique qu’un amateur moyen à 2,5 W/kg met environ 3 h 01 min pour terminer ; bien que les pentes soient douces, l’endurance sur la longue distance et la gestion du ravitaillement constituent le défi central.
- Comparé à l’Angliru et au lac de Covadonga, le Teide a des pentes plus accessibles, ce qui en fait un choix d’itinéraire ultra-long idéal pour aborder les ascensions de montagne européennes à un niveau d’entrée.
- Le plus grand risque est de sous-estimer la dépense sur la longue distance et de s’effondrer dans la partie finale ; planifiez impérativement votre rythme de ravitaillement à l’avance, et soyez attentif à l’humidité et au froid de la couche nuageuse ainsi qu’aux UV de haute altitude.
- Il est recommandé de choisir une selle et un réglage de cadre déjà familiers et validés par de longues heures d’entraînement pour relever ce défi, afin d’éviter tout inconfort sur la durée causé par un équipement neuf non testé.
Lectures complémentaires
- Cyclisme sur terrain volcanique : les sites d’entraînement en montée ultimes d’Hawaï et de Tenerife
- De la côte désertique aux forêts de pins dans les nuages : Pico de las Nieves, le sommet volcanique canarien que même Pogačar vient vénérer
- Majorque : la base d’entraînement secrète des équipes professionnelles européennes
- Pédaler jusqu’au lac de lune d’un volcan endormi : le Nevado de Toluca au Mexique, le test des limites respiratoires à 4 680 mètres d’altitude
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