Court, mais d’une brièveté désespérante
Si l’Angliru est l’archétype de « la douleur accumulée par la longueur », l’Alto de Hazallanas suit une logique radicalement opposée — il est court, si court qu’on peut à peine parler d’un « voyage en montée », mais il concentre la souffrance à son paroxysme : sur quelques kilomètres à peine, la pente moyenne frôle, voire dépasse, les deux chiffres. C’est l’une des montées courtes et raides les plus redoutées et reconnues de la communauté cycliste espagnole. Cette route se cache dans le réseau de chemins ruraux au pied de la Sierra Nevada, près de Grenade. Sans le bouche-à-oreille de la communauté cycliste, la plupart des touristes n’en connaîtraient même pas l’existence.
Le caractère de l’Alto de Hazallanas diffère des quatre autres itinéraires présentés dans cet article — il n’a pas la gloire sportive de l’Angliru, ni la portée historique des Lacs de Covadonga, ni le record d’altitude du Veleta, ni le paysage extraterrestre du Teide. Il ne doit sa renommée qu’à une seule chose : ses chiffres de pente. Ce type d’itinéraire « brut mais féroce » rappelle d’ailleurs étrangement ces raidillons de chemins agricoles que les cyclistes taïwanais se transmettent en privé, sans jamais avoir les honneurs d’une course officielle — ce qui torture vraiment, ce ne sont souvent pas les montées célèbres sous les projecteurs des médias, mais ces itinéraires cachés, transmis de bouche à oreille par les cyclistes locaux, qui ne se trouvent qu’avec l’expérience du terrain.
Fiche technique de l’itinéraire
| Élément | Détail |
|---|---|
| Pays / Massif | Communauté autonome d’Andalousie, Espagne, près de Grenade, au pied de la Sierra Nevada |
| Départ → Arrivée | Départ sur un chemin rural près du village au pied de la montagne, montée vers les hauteurs de la zone de Hazallanas |
| Longueur | Environ 5 à 6 km (variable selon le point de départ, valeur couramment citée : environ 5,5 km) |
| Dénivelé total | Environ 600 à 650 mètres |
| Pente moyenne | Les sources varient considérablement, les valeurs courantes se situent entre 11 % et 13 %, ce qui en fait l’une des montées routières les plus raides d’Europe en moyenne |
| Pente maximale | Certaines sections sont citées à plus de 20 %, voire proches de 25 %, avec de grandes variations selon les sources ; se fier aux panneaux sur place |
| Altitude départ / arrivée | Départ à quelques centaines de mètres, arrivée à plus de mille mètres selon le tronçon réel |
| Origine de la notoriété | Notoriété construite principalement par la communauté cycliste, les discussions de segments Strava et le bouche-à-oreille des passionnés ; ce n’est pas un col officiel de course professionnelle |
La rigueur des données sur l’Alto de Hazallanas mérite d’être soulignée : comme ce n’est pas un col officiellement utilisé en compétition et qu’il n’existe pas de relevés cartographiques officiels accumulés sur le long terme, les chiffres de pente précis cités en ligne varient considérablement. Selon les bases de données d’ascensions, les traces GPS mesurées par différents cyclistes, les pentes moyennes et maximales calculées peuvent présenter des écarts notables. C’est la norme pour ce type d’itinéraires raides « non-sportifs » — leur existence repose davantage sur le bouche-à-oreille communautaire et le partage des challengers que sur un relevé officiel unifié. Si le lecteur envisage sérieusement de relever ce défi, il doit garder à l’esprit que « les chiffres ne sont qu’indicatifs, seuls le ressenti sur place et les panneaux font foi ».
Découpage par sections : pas d’échauffement, on entre directement dans le vif du sujet
La plus grande différence entre l’Alto de Hazallanas et les itinéraires présentés précédemment, c’est qu’il n’y a presque pas de notion de « section d’échauffement » — la distance est trop courte, et la pente se fait sentir presque dès le départ. On peut grossièrement le découper en trois sections.
Première section : du départ à la lisière du village (partie initiale)
Après avoir quitté le village au pied de la montagne, la pente entre presque immédiatement dans la zone des deux chiffres, sans aucune transition. C’est une grande épreuve pour la préparation mentale du cycliste — la plupart des longues montées vous laissent quelques minutes pour laisser le corps et le cardio s’adapter progressivement, mais l’Alto de Hazallanas n’offre pas cette chance : dès les premiers coups de pédale, c’est un effort à haute intensité.
Deuxième section : le cœur de l’enchaînement de pentes raides (partie centrale)
C’est la section la plus féroce de tout l’itinéraire. La pente se maintient à des valeurs à deux chiffres élevées, frôlant même localement les limites. Sur certaines portions, la route crée une nette illusion d’optique — la pente est si raide que, vue depuis le cycliste, la route devant semble presque un mur vertical. Cette section ne teste pas l’endurance, mais la capacité à maintenir, sur un temps court, une puissance proche ou supérieure à son seuil anaérobie personnel, tout en gérant la stabilité du pilotage à basse vitesse.
Troisième section : la dernière lutte (partie finale)
Plus on approche du sommet, plus certains challengers rencontrent les passages les plus raides de tout le parcours — cette conception de « garder le pire pour la fin » (ou coïncidence due au terrain) est assez similaire à la logique de l’Angliru qui place ses pentes les plus raides dans la seconde moitié : il s’agit d’affronter les pentes les plus sévères alors que les forces sont déjà largement entamées. Après avoir survécu à ce dernier tronçon, le soulagement à l’arrivée est particulièrement intense — car la densité de souffrance de tout l’itinéraire est si élevée que le sentiment d’accomplissement est d’autant plus concentré.
Pourquoi l’Andalousie produit-elle ce niveau de pentes raides
Si l’Andalousie peut engendrer des pentes extrêmes comme l’Alto de Hazallanas, c’est étroitement lié à la structure topographique locale. La Sierra Nevada s’élève brutalement de collines d’altitude relativement basse à des sommets dépassant les 3 000 mètres. Ce dénivelé spectaculaire, combiné au fait que les anciens chemins agricoles et d’élevage étaient tracés selon le principe de la distance la plus courte plutôt que selon les pentes douces prônées par le génie civil moderne, a créé dans la région une multitude de chemins ruraux aux pentes d’une raideur irrationnelle. Ces routes n’avaient à l’origine rien à voir avec le cyclisme sur route ; elles servaient uniquement à permettre aux agriculteurs et éleveurs de montagne de relier au plus court leurs villages et leurs terres. Mais c’est précisément pour cela qu’elles ont laissé ces pentes raides « non domestiquées par le génie civil moderne », devenues aujourd’hui des défis rares et précieux aux yeux des amateurs de cyclisme.
Ce phénomène ne se limite d’ailleurs pas à l’Andalousie. Dans le monde entier, de nombreuses ascensions célèbres pour leur raideur ont des origines similaires — les raidillons pavés de Flandre en Belgique, certains célèbres « muri » italiens (le mot italien pour « mur », désignant des pentes courtes et extrêmement raides), proviennent pour la plupart d’anciens chemins agricoles ou de pèlerinage, et non d’infrastructures conçues délibérément pour le sport. L’Alto de Hazallanas peut être considéré comme la version espagnole de cet « héritage accidentel ». Son existence rappelle aux amateurs de cyclisme moderne que les défis les plus purs se cachent souvent dans des recoins qui n’ont jamais été conçus pour repousser les limites, mais que la topographie a naturellement transformés en limites.
L’écosystème unique de ces montées raides « non-sportives »
La manière dont existe l’Alto de Hazallanas reflète un phénomène intéressant de la culture cycliste : toutes les routes dignes d’être relevées n’ont pas besoin de la bénédiction d’une course professionnelle pour devenir célèbres. Avec la démocratisation des plateformes de partage de traces GPS et des réseaux sociaux, ces « itinéraires cachés » comme l’Alto de Hazallanas, connus à l’origine des seuls cyclistes locaux, ont progressivement acquis une notoriété internationale grâce aux classements de segments, aux discussions communautaires et aux récits de blogs, attirant des amateurs de montée du monde entier venus spécialement pour les relever, même si cette route n’a jamais figuré au programme officiel d’aucune course professionnelle.
Cette réputation construite « de bas en haut » est, d’une certaine manière, plus proche de l’esprit pur du défi que les montées consacrées par les courses professionnelles — pas de caméras de retransmission, pas de ravitaillements, pas de spectateurs en bord de route, seulement vous, la pente, et le dialogue entre vous et votre volonté. En Andalousie, les pentes courtes et raides de nature similaire ne se limitent pas à l’Alto de Hazallanas ; le réseau de chemins ruraux autour de la Sierra Nevada regorge de tronçons de défi comparables, faisant de la région de Grenade, dans l’esprit des amateurs européens de cyclisme, un autre sanctuaire de « chasseurs de pentes raides » à explorer en profondeur, au-delà des montées célèbres des courses.
Préparation du matériel : un niveau que l’équipement de montée standard ne peut pas gérer
Face à une pente extrême comme l’Alto de Hazallanas, la configuration standard d’un vélo de route s’avère généralement insuffisante. Voici quelques considérations matérielles clés :
Le développement est absolument central : il faut le répéter, le développement de montée standard utilisé par la plupart des cyclistes amateurs (par exemple 34-28) rend presque impossible de pédaler en position assise sur cet itinéraire. Même avec un 34-32 ou des combinaisons encore plus légères, les sections les plus raides restent très éprouvantes. Ces dernières années, de nombreux cyclistes spécialisés dans ce type de raidillons extrêmement raides choisissent des cassettes à plus large plage de développements, dans le but d’assurer une cadence maintenue dans une plage contrôlable et d’éviter de devoir lutter, voire caler, sur les pentes les plus raides faute d’un développement assez léger.
Adhérence des pneus : le pédalage à basse vitesse et à fort couple exige beaucoup d’adhérence du pneu arrière, surtout si la chaussée est humide ou parsemée de gravier meuble ; le risque de patinage de la roue arrière augmente nettement. Il est recommandé de choisir des pneus aux performances d’adhérence supérieures et d’ajuster légèrement la pression pour augmenter la surface de contact.
Géométrie du cadre et centre de gravité : sur une pente aussi raide, la répartition antéropostérieure du centre de gravité du cycliste influence directement le maintien d’une force de direction suffisante sur la roue avant et d’une adhérence motrice suffisante sur la roue arrière. La plupart des challengers recommandent, sur les sections les plus raides, de déplacer modérément le centre de gravité vers l’avant (tout en évitant un transfert excessif qui surchargerait la roue avant et ferait patiner l’arrière), et de chercher l’équilibre d’adhérence entre les deux roues en avançant légèrement les hanches vers l’avant de la selle. Cela demande un certain entraînement et de l’expérience pour être maîtrisé.
Estimation de puissance et d’allure : combien de temps pour différents niveaux de cyclistes ?
En reprenant le même modèle physique :
P = (Fg + Fr + Fa) × v / rendement de transmission
Fg = m × g × sin(arctan(pente)) composante gravitationnelle
Fr = m × g × cos(arctan(pente)) × Crr résistance au roulement
Fa = 0,5 × ρ × CdA × v² résistance de l'air
Hypothèses de calcul : masse totale m = 70 kg de cycliste + 9 kg de vélo et équipement = 79 kg ; g = 9,81 m/s² ; Crr ≈ 0,005 ; CdA ≈ 0,32 m² ; densité de l’air ajustée pour une altitude moyenne d’environ 900 m sur tout le parcours ; rendement de transmission ≈ 0,975. En intégrant environ 5,5 km et 650 m de dénivelé positif (pente moyenne d’environ 11,8 %), les résultats sont les suivants :
| Rapport puissance/poids | Profil correspondant | Temps estimé | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Débutant qui termine | Environ 1 h 03 min | Environ 5,2 km/h |
| 2,5 W/kg | Amateur moyen | Environ 51 min 14 s | Environ 6,4 km/h |
| 3,0 W/kg | Avancé | Environ 42 min 48 s | Environ 7,7 km/h |
| 4,0 W/kg | Niveau compétition | Environ 32 min 18 s | Environ 10,2 km/h |
| 5,0 W/kg | Niveau professionnel | Environ 26 min 03 s | Environ 12,7 km/h |
Ce sont des estimations issues du modèle physique, sans prise en compte du vent, de la qualité de la chaussée, des différences morphologiques ni des variations de pente ; les valeurs réelles peuvent différer. Il est particulièrement notable que les vitesses moyennes de ce tableau se situent toutes entre un chiffre et une dizaine de km/h, ce qui signifie que même un cycliste « avancé » à 3,0 W/kg ne dépasse pas 8 km/h de moyenne sur tout le parcours, soit à peine la vitesse d’une marche rapide — c’est précisément la caractéristique centrale de l’Alto de Hazallanas : courte en distance, mais d’une densité d’intensité extrême, avec un investissement en temps pas nécessairement moindre et une souffrance disproportionnellement élevée.
Si l’on examine plus en détail la demande de puissance instantanée sur les sections locales les plus raides : en supposant une pente de 20 %, pour maintenir 6 km/h, la puissance requise est d’environ 267 W (environ 3,82 W/kg, calculé pour 70 kg de poids corporel) ; pour maintenir 8 km/h, la puissance requise monte à environ 357 W (environ 5,10 W/kg). Si l’on a la malchance de rencontrer une section proche de 25 %, maintenir 6 km/h exige environ 329 W (environ 4,69 W/kg), et maintenir 8 km/h approche les 439 W (environ 6,27 W/kg). Ces chiffres expliquent pourquoi, sur les sections les plus raides de l’Alto de Hazallanas, la plupart des cyclistes (y compris les amateurs avancés ayant une certaine base d’entraînement) ont beaucoup de mal à maintenir un pédalage continu ; le danseuse, voire de brefs lacets, sont des stratégies courantes.
L’enseignement pratique de ces chiffres pour les cyclistes amateurs est on ne peut plus direct : face à un tel niveau de pente, la configuration des développements doit être pensée de la manière la plus conservatrice et la plus légère possible, bien plus légère que pour une longue montée classique, sinon on risque fort d’être contraint de mettre pied à terre en cours de route lorsque la cadence tombe sous le seuil critique. Sur une pente extrême comme l’Alto de Hazallanas, ce n’est pas honteux, c’est même un résultat assez courant.
Le visage réel vu à travers les partages des cyclistes
En parcourant les partages de cyclistes sur l’Alto de Hazallanas et les raidillons extrêmement raides du même type, plusieurs thèmes reviennent sans cesse. D’abord, la « distorsion du temps » — de nombreux challengers mentionnent que, alors que la distance ne fait que quelques kilomètres, la sensation subjective de l’effort est bien plus longue qu’imaginé. Cette agonie de rester constamment en bordure de la puissance maximale sans voir la fin approcher est d’une nature totalement différente de la fatigue d’une longue montée ; elle s’apparente davantage à une séance d’intervalles à haute intensité étirée à l’infini.
Le deuxième thème récurrent est « la banalité de mettre pied à terre ». De nombreux témoignages admettent avoir été contraints, eux ou leurs compagnons, de descendre de vélo sur les sections les plus raides. Ces récits transmettent à répétition un message : face à un tel niveau de pente, mettre pied à terre n’est pas un signe de manque de capacité, mais le résultat normal d’un itinéraire (ou plutôt d’une contrainte topographique) qui frôle les limites physiologiques de la plupart des êtres humains. Le troisième thème concerne les « leçons de matériel » : de nombreux cyclistes ayant relevé le défi recommandent aux suivants de préparer un développement d’un cran plus léger que ce qu’ils pensent suffisant. Cette recommandation revient dans presque tous les partages et mérite d’être prise au sérieux.
Le point de vue des cyclistes taïwanais : convertissez votre niveau
Le type d’itinéraire « court et extrêmement raide » comme l’Alto de Hazallanas trouve en réalité de nombreux équivalents à Taïwan — non pas les montées touristiques célèbres, mais ces raidillons de chemins agricoles disséminés dans les régions montagneuses, connus des seuls cyclistes locaux, dont certaines pentes ne le cèdent en rien à l’Alto de Hazallanas. Si vous avez déjà souffert sur de tels raidillons locaux taïwanais, ressenti cette impuissance quand la cadence tombe à la limite, vous serez relativement préparé mentalement au type de défi de l’Alto de Hazallanas ; mais si votre expérience de la montée provient surtout de longues routes à pente douce (comme le Beiyi ou la montée ouest du Wuling, des itinéraires longs mais à pente relativement régulière), le choc de l’Alto de Hazallanas sera particulièrement violent — il teste une tout autre capacité : la puissance maximale sur un temps court et la stabilité de pilotage à basse vitesse, plutôt que la gestion de l’endurance sur la durée. En réalité, comparer l’Alto de Hazallanas à la montée ouest du Wuling révèle un contraste intéressant : le challenger du Wuling doit affronter une guerre d’usure de plusieurs heures où chaque parcelle d’énergie est comptée, tandis que celui de l’Alto de Hazallanas fait face à un « test de puissance explosive » bref mais extrêmement concentré. Les deux sollicitent des systèmes musculaires et énergétiques radicalement différents — le premier repose davantage sur l’endurance aérobie et la gestion du rythme sur la durée, le second s’approche davantage d’un test limite du seuil anaérobie et de la VO2max sur un temps court. C’est aussi pourquoi certains cyclistes endurants sur longue distance peuvent être déstabilisés en relevant l’Alto de Hazallanas, tandis que certains cyclistes spécialisés dans l’entraînement explosif sur courte distance (comme le VTT cross-country ou le contre-la-montre court) peuvent y briller.
Sur le plan pratique du déplacement pour rouler : comme ces itinéraires non officiels manquent de signalisation complète et d’entretien régulier, il est recommandé de vérifier au préalable l’itinéraire réel et l’état de la route via des plateformes de partage de traces GPS ou des communautés cyclistes, afin d’éviter les accidents dus à une erreur d’itinéraire ou à l’emprunt de routes non revêtues. Ces itinéraires n’ont généralement pas de points de ravitaillement en cours de route ; il faut impérativement emporter suffisamment d’eau et de ravitaillement énergétique avant le départ. Comme l’itinéraire est relativement confidentiel, il est conseillé de l’intégrer comme l’une des journées d’un séjour autour de Grenade ou de la Sierra Nevada, en le combinant avec d’autres montées célèbres (comme le Pico Veleta mentionné précédemment). Cela permet à la fois de découvrir la diversité de la culture cycliste locale et de croiser les entraînements sur différents types d’intensité, rendant les bénéfices d’entraînement de tout le voyage plus complets.
Rappels de sécurité
Le plus grand risque sur une pente extrême comme l’Alto de Hazallanas est le déséquilibre à basse vitesse — lorsque la pente approche ou dépasse 20 %, la répartition du centre de gravité du vélo est radicalement différente de celle d’une conduite normale. L’adhérence de la roue avant peut diminuer en raison du report de poids vers l’arrière, et surtout lorsque la cadence tombe au point critique et que la vitesse approche de zéro, le risque de bascule latérale augmente nettement. Il est recommandé de s’entraîner d’abord aux techniques d’équilibre à très basse vitesse sur des pentes plus douces et plus sûres. La descente exige également une vigilance extrême : une pente aussi raide soumet le système de freinage à une charge thermique bien supérieure à celle d’un usage normal. Il est conseillé de freiner par intermittence plutôt que de manière continue et prolongée, afin d’éviter que les disques ou les plaquettes ne perdent en efficacité à cause de la surchauffe. Comme ces itinéraires sont peu fréquentés, sans mécanisme de secours officiel, il est recommandé d’informer ses compagnons ou proches de l’intégralité du plan de sortie et d’envisager de relever le défi à plusieurs plutôt que seul sur ces raidillons isolés. Si, au cours d’un effort à très haute intensité, apparaissent des signes d’alerte médicale tels qu’une oppression thoracique, des palpitations anormales, une vision floue, il faut immédiatement s’arrêter et chercher de l’aide à proximité. Les recommandations de cet article ne sont qu’indicatives et ne sauraient remplacer une évaluation médicale professionnelle. Ces défis extrêmes présentent d’énormes variations individuelles ; il faut absolument progresser par étapes et ne jamais se lancer sans une expérience suffisante de la montée raide. Les personnes âgées, celles ayant des antécédents cardiovasculaires ou des antécédents de pathologies articulaires devraient, avant de relever ce type de pente à charge instantanée élevée, à basse vitesse et à fort couple, consulter impérativement un avis médical professionnel pour évaluer si leurs genoux et leur système cardiovasculaire peuvent supporter ce type de contrainte particulière.
Points clés à retenir
- L’Alto de Hazallanas fait environ 5,5 km pour 650 m de dénivelé, avec une pente moyenne couramment citée entre 11 % et 13 % ; c’est l’une des montées courtes les plus raides reconnues d’Espagne, mais ce n’est pas un col officiel de course, d’où des écarts de chiffres plus importants que pour d’autres montées célèbres.
- L’itinéraire n’a presque pas de section d’échauffement et peut se découper en trois parties : la pente à deux chiffres dès le départ, le cœur de l’enchaînement de pentes raides au milieu, et une partie finale qui réserve souvent les passages les plus durs pour la fin.
- Selon le modèle physique, un cycliste avancé à 3,0 W/kg ne dépasse pas 8 km/h de moyenne sur tout le parcours ; l’investissement en temps n’est pas nécessairement moindre, mais la densité de souffrance est bien supérieure à celle d’une longue montée classique ; sur les sections locales les plus raides, la puissance instantanée requise peut approcher, voire dépasser, 6 W/kg.
- La configuration des développements doit être nettement plus conservatrice que pour une longue montée classique, afin d’éviter d’être contraint de mettre pied à terre sur les sections les plus raides faute de cadence suffisante.
- Absence de signalisation et de ravitaillement en cours de route : vérifier au préalable les traces GPS et l’état de la route, et emporter suffisamment de ravitaillement.
- La conduite à basse vitesse sur pente extrême et la surchauffe du système de freinage en descente sont les principaux risques ; il est recommandé de relever le défi à plusieurs et de s’entraîner à l’avance aux techniques d’équilibre à très basse vitesse.
- Ce type d’itinéraire sollicite un système énergétique radicalement différent de celui d’une longue montée d’endurance ; il est recommandé de préparer spécifiquement son seuil anaérobie et sa puissance maximale sur un temps court avant de relever le défi.
- Il est conseillé de combiner ce défi avec d’autres montées célèbres des environs (comme le Pico Veleta) pour planifier le voyage, découvrir la diversité de la culture cycliste andalouse et rendre les bénéfices d’entraînement plus complets.
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