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27 épingles à cheveux, un tunnel creusé dans la montagne : Lysevegen, l'échelle céleste du fond du fjord jusqu'aux nuages

騎行路線

Le village au fond du fjord, une seule route pour sortir — vers le haut

Si vous arrivez à Lysebotn en ferry ou à pied, ce petit village niché au plus profond du Lysefjord, vous vous retrouverez encerclé par des parois de fjord presque verticales, avec un horizon écrasant au-dessus de vous. C’est ici que se trouve le point de départ de la randonnée vers le célèbre rocher de Kjerag (Kjeragbolten), un site norvégien de randonnée majeur qui attire chaque année une foule de randonneurs et de passionnés de BASE jump. Mais pour les cyclistes, la véritable légende n’est pas la montagne, c’est la route qui relie le village au monde extérieur — la Lysevegen (la « route du Lysefjord » en norvégien), plus connue sous le nom des 27 lacets de Lysebotn.

L’existence même de cette route est un exploit d’ingénierie : elle s’étend sur environ 29 kilomètres, depuis le fond du fjord, presque au niveau de la mer, jusqu’à plus de 900 mètres d’altitude, avec 27 lacets en chemin, dont l’un est même caché à l’intérieur d’un tunnel creusé dans la montagne de plus d’un kilomètre de long — cela signifie que vous tournez un lacet complet à l’intérieur du tunnel, dans la pénombre, avec l’écho, et une pente qui ne faiblit pas. C’est une expérience cycliste rarissime au monde. Cette route n’a été officiellement ouverte à la circulation qu’en 1984 ; avant cela, Lysebotn était un village pratiquement isolé, accessible uniquement par bateau ou à pied.

Avant l’ouverture de la route, les habitants de Lysebotn et les voyageurs de passage ne pouvaient compter que sur le ferry du fjord pour rester en contact avec le monde extérieur, et en hiver, lorsque les vagues étaient fortes, le village pouvait rester coupé du monde plusieurs jours d’affilée. Ce destin géographique d’isolement a fait de l’ouverture de la Lysevegen un événement fondateur pour la région — une route qui, pour la première fois, permettait à une communauté installée au fond d’un fjord de franchir par voie terrestre les parois verticales du fjord et de rejoindre le réseau routier de l’intérieur de la Norvège. C’est aussi pour cela que, dès sa naissance, cette route n’a jamais été une simple « route touristique » : elle portait le sens concret de relier une communauté isolée au monde extérieur. Cette épaisseur historique donne à la montée de cette route une dimension humaine qui dépasse le paysage et les chiffres de pente.

La notoriété de cette route dans le monde du cyclisme mondial doit beaucoup aux prises de vue aériennes et aux accélérés de l’ère des réseaux sociaux — lorsque vous contemplez d’en haut la trajectoire de la route qui s’élève en spirale, les 27 lacets ressemblent à des courbes de niveau tracées au pinceau sur une paroi verticale. Cette image à l’impact visuel puissant a fait de la Lysevegen un sujet récurrent des contenus sur les voyages nordiques et le cyclisme sur Instagram, YouTube et autres plateformes, attirant un nombre croissant de cyclistes internationaux venus spécialement pour ce pèlerinage sportif.

Informations de base sur l’itinéraire

Élément Détail
Pays / massif Norvège, comté de Rogaland, au plus profond du Lysefjord, reliant Lysebotn à la région de Sirdal
Départ → arrivée Village de Lysebotn (près du niveau de la mer) → aire de service du plateau d’Øygardstølen (point de départ de la randonnée de Kjerag)
Longueur Environ 29 kilomètres
Dénivelé total Plus de 900 mètres
Pente moyenne Environ 3 % sur l’ensemble, mais ce chiffre est hautement trompeur (voir explication ci-dessous)
Pente maximale Sur les sections raides des 27 lacets, localement estimée autour de 10 %
Altitude départ / arrivée Départ près du niveau de la mer → sommet à Øygardstølen, environ 932 mètres
Source de notoriété Route emblématique du génie civil norvégien ; itinéraire reconnu par les médias cyclistes européens et les communautés de récits de voyage comme la merveille du « lacet en tunnel »

Il faut absolument préciser ce que signifie la pente moyenne globale : la structure du relief de la Lysevegen est très inhabituelle — la partie finale comporte un long tronçon relativement plat qui longe le plateau jusqu’à l’aire de service, et cette section douce abaisse la moyenne de pente de « toute la route », la faisant paraître à environ 3 %, ce qui peut gravement induire en erreur les cyclistes qui planifient leur parcours pour la première fois. Ce qui détermine réellement la difficulté de cette route, c’est la montée raide qui s’élève en spirale depuis le fond du fjord, avec ses 27 lacets ; la pente moyenne de cette section est nettement plus élevée, estimée autour de 9 %, avec de fortes variations tout au long du parcours, certaines portions de lacets pouvant approcher ou dépasser brièvement les 10 %. Lors de la planification, évaluez votre niveau en fonction de la difficulté de la « section des lacets », et ne vous laissez pas induire en erreur par la moyenne globale.

Découpage en sections : trois mondes radicalement différents

Première section : l’échauffement au fond du fjord

Au départ du village de Lysebotn, les premiers centaines de mètres suivent une zone relativement plate au fond du fjord, avec une pente douce. Ce tronçon est court, mais c’est un moment clé pour la préparation mentale — vous pouvez clairement voir devant vous la route en zigzag qui s’élève en spirale sur la paroi de la montagne, couche après couche, comme des lignes tracées au pinceau sur une paroi verticale. Rien que mesurer du regard la distance qu’il reste à grimper suffit à vous couper le souffle.

Deuxième section : le théâtre vertical des 27 lacets

C’est l’âme de toute la Lysevegen. Les 27 lacets sont serrés les uns contre les autres sur une paroi de fjord presque verticale, l’un des rares cas au monde de génie routier où autant de virages sont concentrés sur une distance horizontale aussi limitée. À chaque virage, la vue change de façon spectaculaire — vous pouvez clairement voir le chemin que vous venez de parcourir serpenter en contrebas, et la surface du fjord qui se réduit progressivement à un mince filet à mesure que vous prenez de l’altitude. Ce retour visuel constant sur le chemin parcouru est l’une des expériences psychologiques les plus uniques de la Lysevegen par rapport à d’autres montées célèbres : sur la plupart des longues ascensions, on ne voit ni le sommet devant soi, ni le départ derrière soi, mais ici, les deux sont parfaitement visibles, ce qui ne cesse de vous rappeler à quelle hauteur vous êtes déjà monté et ce qu’il reste à parcourir.

Ce retour visuel est une arme à double tranchant — pour un cycliste à la volonté solide, voir la surface du fjord rétrécir progressivement est une immense source de satisfaction, chaque virage franchi étant une preuve tangible de progression ; mais pour un cycliste dont les forces sont déjà proches de la limite, cette pression visuelle de « voir clairement combien de virages il reste à grimper » peut aussi représenter un fardeau psychologique supplémentaire, surtout dans les sections où les lacets sont denses : lever les yeux vers les virages qui s’empilent au-dessus peut facilement générer une frustration du type « il en reste encore autant ». De nombreux cyclistes ayant terminé l’ascension recommandent dans leurs retours d’expérience de ne pas passer son temps à lever la tête pour compter les virages restants, mais plutôt de se concentrer sur la cadence et le rythme respiratoire de « ce virage-ci », de découper cette longue épreuve physique en segments psychologiques plus courts, ce qui est plus tenable que d’affronter d’un seul coup la pression macro de toute la route.

À noter : les numéros des virages de cette route sont clairement indiqués dans les informations locales norvégiennes et certains guides — du n°1 jusqu’au n°27. Cette indication visuelle de « compte à rebours » contribue en quelque sorte au rituel unique de cette route ; de nombreux cyclistes s’arrêtent spécialement à côté de chaque numéro de virage pour prendre une photo souvenir, transformant tout le défi en un voyage visuel que l’on peut revivre virage par virage.

Troisième section : le lacet dans le tunnel

C’est la signature de la Lysevegen, célèbre dans le monde entier — l’un des 27 lacets est directement aménagé à l’intérieur d’un tunnel creusé dans la montagne, long de plus d’un kilomètre. Lorsque vous entrez dans le tunnel à vélo, la lumière passe instantanément de la lumière naturelle à l’éclairage artificiel, la route conserve son double défi de pente et de virage, mais tous les repères visuels disparaissent, ne laissant que la courbe des parois du tunnel et la lumière devant vous. Cette expérience de tourner un lacet dans l’obscurité d’un tunnel est rarissime dans le génie civil mondial, et c’est aussi l’un des passages les plus savoureux des récits de voyage partagés par les cyclistes — cette sensation absurde de « même dans le tunnel, on ne vous épargne pas » fait à la fois peur et donne envie de rire.

Quatrième section : la fin en douceur sur le plateau

Après la sortie du tunnel, la pente s’adoucit progressivement pour entrer dans un relief de plateau relativement ouvert, et le dernier tronçon suit un terrain vallonné et doux jusqu’à l’aire de service d’Øygardstølen — c’est aussi le point de départ du sentier de randonnée vers le rocher de Kjerag, avec un parking et des services de base. C’est l’endroit idéal pour se reposer et se ravitailler après avoir gravi la Lysevegen, et pour admirer au passage le paysage du plateau et les sommets lointains, en contraste saisissant avec le relief vertical du fjord que vous venez de traverser.

Estimation de puissance et d’allure (modèle physique)

La Lysevegen ayant une structure de relief particulière, nous proposons ici deux méthodes de calcul pour les lecteurs. Formule du modèle :

P = (Fg + Fr + Fa) × v / efficacité de transmission

Fg = m × g × sin(arctan(pente))      composante gravitationnelle
Fr = m × g × cos(arctan(pente)) × Crr   résistance au roulement
Fa = 0.5 × ρ × CdA × v²             résistance de l'air

Hypothèses des paramètres : poids du cycliste 70 kg + vélo et équipement 9 kg (poids total 79 kg), g = 9,81 m/s², Crr ≈ 0,005, CdA ≈ 0,32 m², densité de l’air ρ ≈ 1,19 kg/m³, efficacité de transmission 0,975.

Méthode 1 : 29 km au total, environ 900 m de dénivelé (pente moyenne d’environ 3,1 %)

Rapport puissance/poids Profil correspondant Temps total estimé Vitesse moyenne
2,0 W/kg Débutant qui termine Environ 1 h 52 min Environ 15,6 km/h
2,5 W/kg Amateur moyen Environ 1 h 33 min Environ 18,6 km/h
3,0 W/kg Avancé Environ 1 h 22 min Environ 21,3 km/h
4,0 W/kg Niveau compétition Environ 1 h 7 min Environ 26,0 km/h
5,0+ W/kg Niveau professionnel Environ 58 min Environ 29,9 km/h

Méthode 2 : uniquement la section raide des lacets (estimée à environ 8 km, environ 700 m de dénivelé, pente moyenne d’environ 8,8 %)

Rapport puissance/poids Profil correspondant Temps estimé sur la section raide Vitesse moyenne
2,0 W/kg Débutant qui termine Environ 1 h 10 min Environ 6,8 km/h
2,5 W/kg Amateur moyen Environ 57 min Environ 8,5 km/h
3,0 W/kg Avancé Environ 47 min Environ 10,1 km/h
4,0 W/kg Niveau compétition Environ 36 min Environ 13,3 km/h
5,0+ W/kg Niveau professionnel Environ 29 min Environ 16,3 km/h

Le découpage de la section des lacets dans la méthode 2 est une estimation basée sur le relief, et non une donnée officielle précise ; il vise uniquement à faire comprendre aux lecteurs l’écart entre la « partie raide » et la « moyenne globale ». Il s’agit d’estimations issues d’un modèle physique, sans prise en compte du vent, des variations de résistance de l’air dans le tunnel, des différences de revêtement et des différences morphologiques ; les résultats réels varient d’une personne à l’autre. Cet article n’invente aucun temps de référence ni donnée de puissance de cyclistes professionnels sur cette section.

Restrictions saisonnières : une route qui n’existe qu’en été

La Lysevegen est une route strictement saisonnière — les informations locales indiquent clairement que cette route n’est ouverte qu’en été, c’est-à-dire lorsque la neige a fondu et que la chaussée est confirmée sans glace ; elle est fermée en hiver en raison des fortes chutes de neige. Cela signifie que la fenêtre pour relever ce défi est assez limitée, généralement concentrée sur quelques mois d’été, et que les dates exactes d’ouverture et de fermeture varient chaque année en fonction des chutes de neige et de la fonte. Avant le départ, consultez impérativement les annonces officielles de l’année en cours, ne vous fiez pas à votre expérience des années précédentes.

Même pendant la saison d’ouverture, la météo sur le plateau peut changer brutalement — cette zone est proche du massif du Kjerag, un relief de haute altitude ; même en été norvégien, la température au sommet est nettement plus basse, et le plateau est balayé par des vents forts, sans aucun abri. Les cyclistes qui arrivent à l’aire de service du sommet ressentent souvent un écart de température très net avec le fond du fjord. Il est recommandé d’emporter suffisamment de vêtements chauds en couches, ainsi qu’une couche imperméable, car pluie et brouillard peuvent survenir à tout moment en montagne.

Cet écart de température entre le fond du fjord et le sommet du plateau est une caractéristique climatique de la Lysevegen particulièrement digne d’intérêt. Le relief du fjord, protégé par les parois rocheuses des deux côtés et modéré par l’effet océanique, maintient généralement une température relativement douce au fond, avec parfois une sensation de chaleur étouffante en plein été, comme enveloppé par les parois du fjord ; mais à mesure que l’altitude augmente, surtout après la sortie du tunnel sur le plateau, le vent et la température marquent un tournant net. De nombreux cyclistes partagent dans leurs retours d’expérience le contraste du type « au départ, en short, on a encore chaud, à l’arrivée, on grelotte ». Cet effet de compression des étages climatiques verticaux est une caractéristique commune aux routes de fjord ; lors de la préparation de l’équipement, il faut absolument intégrer cet écart de température, plutôt que de se fier uniquement aux chiffres du point de départ ou d’une seule station météo.

Par ailleurs, la température à l’intérieur du tunnel peut également différer nettement de l’environnement extérieur — les tunnels creusés dans la montagne maintiennent généralement une température relativement stable et fraîche toute l’année, sans exposition directe au soleil ; même par une journée d’été ensoleillée, on peut ressentir une fraîcheur qui vous saisit à l’entrée du tunnel. C’est un petit détail à garder en tête pour planifier le ravitaillement et l’ajustement des vêtements.

Le point de vue des cyclistes taïwanais : placer les 27 lacets dans votre système de coordonnées

En prenant comme référence les montées que les cyclistes taïwanais connaissent bien, l’intensité de la pente de la section raide des lacets de la Lysevegen est proche de la partie médiane de la montée de Wuling par l’ouest, mais comme le relief vertical est plus marqué et les virages plus denses, l’expérience réelle de pédalage se rapproche davantage d’une sorte de « version renforcée » de la section des lacets successifs de Hehuanshan. Si l’on compte les 29 kilomètres complets, la longueur et le dénivelé dépassent déjà l’ensemble de la montée de Wuling par l’ouest ; c’est une ascension longue et lourde qui exige une condition physique solide et une planification sérieuse du ravitaillement.

Pour les cyclistes taïwanais, le défi le plus particulier de cette route réside dans l’adaptation psychologique — la plupart des longues montées de Taïwan (comme Wuling) offrent une sensation de pente relativement continue, ce qui permet d’entrer facilement dans un rythme d’allure stable ; mais la structure de la Lysevegen, raide au début et plus douce à la fin, ajoutée à l’expérience particulière du tunnel où la pente ne change pas mais où les repères visuels disparaissent, vient perturber la perception du rythme à laquelle on est habitué. Il est recommandé de se familiariser à l’avance avec ces caractéristiques de relief, afin d’éviter de mal juger dans la section des lacets que l’on « approche déjà de la fin » et de se relâcher trop tôt ou d’attaquer trop fort.

Côté organisation pratique pour s’y rendre, Lysebotn, en tant que village isolé au fond du fjord, a une logique d’accès totalement différente des voyages routiers que connaissent bien les cyclistes taïwanais — outre la Lysevegen, l’autre moyen d’accès courant est le ferry du fjord, une option recommandée par de nombreux récits de cyclotourisme : entrer dans le fjord en ferry dans un sens, puis gravir la Lysevegen pour sortir du fjord à vélo (ou l’inverse), ce qui permet de vivre à la fois la vue grandiose de la navigation dans le fjord et le défi physique de la montée. Pour les horaires précis des ferries, les règles concernant le transport des vélos et les tarifs, veuillez vous référer impérativement aux dernières annonces officielles de la compagnie de ferry, et ne vous fiez pas à des horaires en ligne potentiellement obsolètes.

Pour les cyclistes habitués à la commodité des transferts en scooter et en voiture à Taïwan, cette logique de planification où « il faut prendre un ferry pour atteindre le départ » peut demander une certaine adaptation mentale — contrairement à Wuling, où l’on peut arriver en voiture directement au point de départ et partir tranquillement, l’isolement géographique de Lysebotn signifie que l’emploi du temps de tout le voyage dépend en grande partie des horaires de ferry, et non de votre propre contrôle. Il est recommandé de faire ses devoirs à l’avance, en intégrant dans la planification globale l’heure d’arrivée du ferry, la marge de récupération physique et le temps nécessaire pour gravir la montée, afin d’éviter que des problèmes de correspondance de ferry ne viennent perturber votre rythme.

Autre considération pratique : la planification du ravitaillement. Le village de Lysebotn lui-même est de taille modeste, avec des installations commerciales limitées ; l’aire de service d’Øygardstølen au sommet dispose certes d’installations de base, mais leur étendue et leurs horaires d’ouverture varient selon la saison. Il ne faut pas compter entièrement sur le ravitaillement en cours de route ; il est recommandé d’emporter suffisamment d’eau et de nourriture énergétique, surtout pour les cyclistes qui prévoient de parcourir les 29 kilomètres complets, car il n’y a pratiquement aucun autre point de ravitaillement commercial en chemin. Cette zone est aussi un haut lieu de la randonnée et des sports extrêmes (randonnée du rocher de Kjerag, BASE jump), et l’aire de service du sommet peut être très fréquentée en haute saison ; si vous souhaitez un espace de repos plus calme, envisagez d’éviter les week-ends ou les heures de pointe des groupes de randonnée.

Rappels de sécurité

  • Risques spécifiques à la conduite dans le tunnel : éclairage faible, écho prononcé ; il est recommandé d’équiper le vélo de feux avant et arrière et d’accessoires réfléchissants, allumés même en journée, pour augmenter votre visibilité, et de tenir compte du temps d’adaptation visuelle potentiellement plus long des conducteurs dans le tunnel.
  • Risque de chutes de pierres sur les parois du fjord : les routes sur parois rocheuses abruptes présentent un risque permanent de chutes de pierres ; soyez attentif aux traces de gravats fraîchement accumulés sur la chaussée.
  • Vents forts et hypothermie sur le plateau : la zone de l’aire de service du sommet est ouverte, la température y est nettement inférieure à celle du fond du fjord ; ajoutez immédiatement une couche chaude à l’arrivée.
  • Fermeture saisonnière : vérifiez impérativement les dates d’ouverture de l’année en cours avant le départ, pour éviter de faire le déplacement pour rien.
  • Charge de freinage en descente : quel que soit le sens choisi, la section raide des lacets sollicite énormément le système de freinage ; il est recommandé de freiner par intermittence, pour éviter qu’une chaleur continue ne dégrade l’efficacité des freins.
  • Signal et secours en zone reculée : sur certaines portions du fond du fjord et du plateau, le signal téléphonique peut être instable ; il est recommandé de rouler accompagné et d’informer quelqu’un de votre itinéraire.
  • Il n’est pas recommandé de tenter de battre des records personnels sur ce type de route au visuel spectaculaire et propice à la distraction ; la sécurité prime toujours sur la performance.
  • Préparation mécanique et ravitaillement autonome : les installations commerciales sont limitées en chemin ; vérifiez avant le départ que vous avez bien les outils de réparation de crevaison, les chambres à air de rechange et les accessoires de réparation de base, et emportez suffisamment d’eau et de nourriture énergétique ; ne comptez pas sur une assistance facile en cours de route.
  • Différence entre le défi dans le sens montant et le sens descendant : monter depuis le fond du fjord est un défi d’ascension classique, qui sollicite le cardio et l’endurance musculaire ; si vous choisissez l’inverse, en descente du plateau vers le fond du fjord, soyez particulièrement attentif aux exigences élevées des descentes en lacets successifs sur le système de freinage et la technique de pilotage. Les risques prioritaires ne sont pas les mêmes selon le sens ; évaluez honnêtement vos capacités et votre expérience avant le départ.

Conclusion : une échelle céleste mêlant extrême du génie civil et esthétique du fjord

Si la Lysevegen occupe une place à part dans le cœur des cyclistes du monde entier, ce n’est pas seulement grâce au chiffre accrocheur de 27 lacets, mais parce qu’elle condense en une route de seulement 29 kilomètres trois scénarios géographiques radicalement différents : le « relief vertical du fjord », le « lacet dans le tunnel » et la « fin sur le plateau ». Lorsque vous sortez de ce tunnel de plus d’un kilomètre, que vous retrouvez la lumière du plateau, et que vous vous retournez vers la paroi du fjord que vous venez de gravir en spirale, cette sensation de « j’ai vraiment grimpé depuis ce village si petit qu’on le distingue à peine » restera l’un des souvenirs de cyclisme les plus inoubliables de votre vie.

Récapitulatif des points clés avant le départ :

  1. Évaluez votre niveau sur la section raide des lacets, ne vous laissez pas induire en erreur par la pente moyenne globale : le vrai défi est concentré sur la partie des 27 virages.
  2. Vérifiez les dates d’ouverture de l’année en cours : route saisonnière, consultez impérativement les annonces officielles avant le départ.
  3. Préparez l’équipement pour le tunnel : feux avant et arrière, accessoires réfléchissants indispensables.
  4. Emportez des vêtements chauds en couches et une protection imperméable : l’écart de température entre le fond du fjord et le sommet du plateau peut être très marqué.
  5. Envisagez de combiner le ferry pour un itinéraire à sens unique : vous vivrez ainsi deux perspectives radicalement différentes, la navigation dans le fjord et la montée routière.
  6. Roulez accompagné et informez quelqu’un de votre itinéraire : le signal est instable sur certaines portions, c’est à vous de bâtir votre filet de sécurité.
  7. Évaluez honnêtement votre capacité pour le sens montant ou descendant : la montée sollicite le cardio, la descente sollicite le pilotage et les freins ; choisissez le sens adapté à votre niveau d’expérience.

Si les 11 lacets de Trollstigen vous ont laissé sur votre faim, les 27 virages de la Lysevegen et son tunnel caché dans la montagne constituent le défi ultime à ajouter à votre liste de grands voyages à vélo en Norvège — cette échelle céleste qui part du fond du fjord pour filer vers les nuages mérite que vous planifiiez un voyage dédié en Scandinavie pour la conquérir.

Fait intéressant, cette route attire également l’attention d’épreuves d’endurance cycliste et d’événements de défi ; certaines communautés internationales de cyclistes organisent spontanément des contre-la-montre ou des sorties collectives centrées sur la Lysevegen, faisant de cette route l’étape finale de leurs grands voyages cyclistes nordiques. Que vous veniez en pèlerinage avec l’état d’esprit de la « liste des ascensions à faire dans une vie », ou simplement ému par cette photo aérienne des 27 lacets vus d’en haut, cette route ne vous décevra pas — elle prouve, avec une dramaturgie de relief presque exagérée, que le génie routier peut devenir une forme d’art à couper le souffle, et la gravir est la manière la plus directe de participer soi-même à cette représentation artistique.

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