Pourquoi l'humidité est plus redoutable que la température : les limites physiques du refroidissement par évaporation et le piège de la sensation thermique dans l'été taïwanais
Un problème souvent négligé : les chiffres du thermomètre vous trompent
De nombreux amateurs de cyclisme et de course à pied à Taïwan ont déjà vécu cette expérience : la météo annonce une température de « seulement » 32 °C, mais une fois sorti pour s’entraîner, on se sent plus mal à l’aise, plus essoufflé et plus sujet aux étourdissements que certains jours où le thermomètre affiche 35 °C. Ce n’est pas une illusion, ni une baisse soudaine de forme physique. La raison clé derrière ce phénomène est souvent l’humidité, et non le chiffre de température en lui-même.
Cet article vise à clarifier un point : pour évaluer le risque thermique lors d’un sport en extérieur, se fier uniquement aux prévisions de température ne suffit pas, et peut même conduire à une mauvaise évaluation. Comprendre comment l’humidité limite physiquement la capacité du corps à dissiper la chaleur peut vous aider à juger plus précisément « si aujourd’hui est vraiment adapté pour suivre le plan d’entraînement prévu », plutôt que de vous laisser induire en erreur par un seul chiffre sur le thermomètre.
Comme les autres articles de cette série, il s’agit ici de connaissances générales sur la physiologie de l’endurance et la météorologie. Le jugement concret de la sécurité à l’entraînement doit toujours prendre en compte l’état physique personnel et les sensations réelles sur le terrain. En cas de doute sur votre propre condition, veuillez consulter en priorité un avis médical professionnel. Cet article ne remplace pas une évaluation de santé personnalisée.
Les quatre voies de dissipation de la chaleur du corps humain, et pourquoi l’évaporation est la plus cruciale
Lors d’un effort, le corps humain produit une grande quantité de chaleur métabolique. Si cette chaleur n’est pas évacuée efficacement, la température corporelle centrale continue d’augmenter, ce qui est la cause fondamentale des coups de chaleur. Le corps évacue l’excès de chaleur principalement par quatre voies physiques :
Rayonnement : Le corps émet directement de la chaleur sous forme de rayons infrarouges vers un environnement dont la température est plus basse. Cette voie est efficace lorsque la température ambiante est nettement inférieure à la température de surface du corps. Mais lorsque la température de l’air approche ou dépasse celle de la surface corporelle, l’efficacité du refroidissement par rayonnement chute considérablement, voire s’inverse, le corps absorbant alors de la chaleur de l’environnement.
Conduction : La chaleur est transférée par contact direct, par exemple lorsque la peau touche de l’eau froide ou une poche de glace. C’est d’ailleurs pourquoi les premiers secours en cas de coup de chaleur utilisent de l’eau froide en aspersion ou en immersion : cela combine conduction et évaporation pour accélérer le refroidissement. Lors d’un sport quotidien, la conduction ne joue généralement pas un rôle majeur, car le corps n’est pas en contact direct avec des objets à basse température la plupart du temps.
Convection : La chaleur est emportée par le mouvement de l’air ou de l’eau à la surface de la peau. Un ventilateur, le flux d’air qui frappe le visage à vélo, ou même une simple brise, améliorent l’efficacité du refroidissement par convection. C’est pourquoi se tenir immobile en plein soleil est totalement différent de rouler à vélo avec le vent qui souffle.
Évaporation : C’est la voie de dissipation de la chaleur la plus importante et la plus cruciale en situation d’effort, surtout dans un environnement chaud. Lorsque la sueur s’évapore de la surface de la peau pour devenir de la vapeur d’eau, elle emporte une grande quantité de chaleur latente. Ce processus est en soi le mécanisme de refroidissement le plus efficace du corps. Plus l’intensité de l’effort est élevée et plus la température ambiante est haute, plus le corps dépend de l’évaporation pour se refroidir.
Le point clé est le suivant : lorsque la température ambiante approche ou dépasse la température de surface du corps, l’efficacité du refroidissement par rayonnement et par conduction s’effondre, voire devient nulle. Le corps dépend alors presque entièrement de l’évaporation pour maintenir son équilibre thermique. Or, l’efficacité de l’évaporation est précisément le maillon directement et sévèrement limité par l’humidité.
Comment l’humidité bloque physiquement le refroidissement par évaporation
Le principe physique de l’évaporation est en réalité assez intuitif : pour que la sueur puisse s’évaporer en vapeur d’eau, l’air doit encore avoir de la « place pour contenir de la vapeur d’eau ». Lorsque l’humidité relative de l’air est déjà élevée, cela signifie que l’air contient déjà une grande quantité de vapeur d’eau, proche de la saturation. Dans ce cas, la sueur à la surface de la peau a beaucoup de mal à continuer de s’évaporer dans l’air. C’est le même principe qu’une serviette déjà trempée qui sèche beaucoup plus lentement dans une salle de bain humide que dans un endroit sec et bien ventilé.
Cela explique aussi pourquoi beaucoup de gens, en faisant du sport par temps chaud et humide, ont l’impression que « la sueur ne cesse de couler, mais qu’ils n’ont pas l’impression de se rafraîchir, peu importe la quantité de sueur ». Cette sensation reflète en réalité très fidèlement la réalité physiologique : la sueur est bien sécrétée en continu, mais comme l’humidité de l’air est trop élevée, elle ne peut pas s’évaporer efficacement. Elle reste collée à la surface de la peau ou tombe en gouttes, sans réellement produire l’effet de refroidissement attendu de l’évaporation. En d’autres termes, dans un environnement très humide, la quantité de sueur peut être importante, mais l’effet de refroidissement réellement obtenu est très limité. C’est un effort futile que le corps continue de fournir avec acharnement, tout en perdant en plus une grande quantité d’eau et d’électrolytes. C’est « payer un coût sans obtenir le retour attendu ».
C’est précisément la raison fondamentale pour laquelle un environnement chaud et humide est bien plus dangereux qu’un environnement chaud et sec : dans un environnement sec et chaud, même si le chiffre de température est élevé, tant que l’humidité est suffisamment basse, l’efficacité d’évaporation de la sueur reste relativement bonne, et le corps peut encore contrôler sa température grâce à l’évaporation. En revanche, dans un environnement chaud et humide, même si le chiffre de température ne semble pas si extrême, la voie de refroidissement la plus importante, l’évaporation, est presque totalement bloquée. La capacité du corps à réguler sa température est fortement réduite, et le risque de coup de chaleur est en réalité plus élevé.
Pourquoi l’environnement chaud et humide de Taïwan nécessite une vigilance particulière
La caractéristique climatique de l’été taïwanais est précisément la combinaison simultanée de températures élevées et d’une humidité élevée. Surtout après la fin de la saison des pluies (plum rains) et à l’entrée du plein été, combiné au climat insulaire de Taïwan et aux effets topographiques de certaines régions, il est courant que l’humidité reste à un niveau élevé sur de longues périodes. Cela signifie que l’environnement des sports en extérieur en été à Taïwan se situe en grande partie dans la combinaison à haut risque où « l’efficacité du refroidissement par évaporation est sévèrement limitée ». Par rapport aux régions simplement chaudes et sèches, une vigilance accrue est nécessaire.
Différents contextes de pratique sportive présentent également leurs propres défis de chaleur humide :
Pistes cyclables au bord des rivières et courses à pied sur terrain plat : Le terrain est peu vallonné, la circulation de l’air est relativement limitée, et s’ajoute la chaleur radiative du bitume qui a absorbé la chaleur. La sensation de chaleur est souvent plus étouffante que ne l’indiquent les prévisions météo, surtout en fin de matinée ou vers midi.
Sections de montagne à basse altitude : Par exemple, près des points de départ de nombreux itinéraires cyclables populaires, les vallées ont tendance à retenir l’air chaud et humide qui circule mal. Même si l’on commence à grimper, la sensation d’étouffement peut ne pas s’améliorer immédiatement avec la baisse de température due à l’altitude. Ce n’est qu’en atteignant une altitude plus élevée, où la température baisse réellement, que la sensation s’améliore nettement.
Sites d’entraînement en zone urbaine : Le bitume, la chaleur réfléchie par les bâtiments, la chaleur résiduelle des véhicules, ainsi que la vitesse du vent généralement plus faible et la circulation de l’air plus mauvaise en ville, rendent la sensation de chaleur étouffante supérieure à ce que reflète le simple chiffre de température.
Comment évaluer la « sensation thermique » plutôt que de se fier uniquement au thermomètre
Concepts courants d’indices de sensation thermique
Dans les domaines de la météorologie et de la santé au travail, on utilise couramment des indices de sensation thermique combinant la température, l’humidité (et parfois la vitesse du vent, la chaleur radiative, etc.) pour remplacer le simple chiffre de température dans l’évaluation du risque de chaleur. La logique centrale de ces indices est de reconnaître que « l’humidité amplifie considérablement la charge réelle de la chaleur sur le corps humain », et qu’il ne faut donc pas se fier uniquement à la température. L’Agence centrale de météorologie (CWA) de Taïwan a également mis en place un système d’alertes par niveaux de couleurs pour les fortes chaleurs, prenant en compte la température et d’autres conditions pour émettre des avertissements de chaleur de différents niveaux. Consulter les informations publiées par l’agence météo avant de faire du sport est plus pertinent que de ne regarder que la simple prévision de température.
En plus de consulter les informations officielles sur la sensation thermique ou les alertes de chaleur, vous pouvez aussi développer votre propre sensibilité au « risque de chaleur humide », plutôt que de dépendre entièrement d’un seul chiffre :
Observer la sensation de moiteur de l’air : Dès que vous sortez, sentez le contact de l’air sur votre peau. Est-ce une chaleur sèche, ou une chaleur collante, étouffante et sans air ? Cette dernière indique généralement une humidité élevée, rendant l’évaporation plus difficile.
Observer la vitesse de séchage après la transpiration : Pendant l’échauffement, si la sueur sèche rapidement et que la peau redevient sèche, cela signifie que l’évaporation est encore efficace dans l’environnement actuel. Si la sueur reste collée à la peau et ne semble pas sécher, c’est un signal direct d’humidité élevée. Il faut alors redoubler de vigilance et envisager de réduire l’intensité ou la durée de l’entraînement.
Faire attention à la présence ou à l’absence de vent : Par temps sans vent et étouffant, le refroidissement par convection est presque totalement inopérant. La charge ressentie est bien plus lourde que dans des conditions de température et d’humidité identiques mais avec une brise. C’est aussi pourquoi les sections plates et sans vent sont souvent plus difficiles à supporter qu’on ne l’imagine.
Principes d’ajustement de l’entraînement en environnement chaud et humide
Une fois comprise la limitation physique de l’humidité sur l’efficacité du refroidissement, comment ajuster concrètement son plan d’entraînement ? Voici quelques orientations générales :
Réduire activement les objectifs d’allure et d’intensité, plutôt que de s’accrocher à ses chiffres habituels. Dans un environnement très humide, même si le chiffre de température ne semble pas particulièrement extrême, la charge physiologique réelle sur le corps peut déjà approcher celle d’un environnement à température plus élevée mais à humidité plus faible. Plutôt que de s’obstiner à maintenir son allure ou sa puissance habituelle, il est plus raisonnable d’utiliser la fréquence cardiaque ou la perception de l’effort (RPE) comme principal critère d’intensité, en laissant la réaction physiologique réelle du corps décider de l’intensité supportable ce jour-là, plutôt que d’être prisonnier d’un chiffre d’allure fixe. S’obstiner ne fait qu’augmenter le risque de coup de chaleur, sans forcément être bénéfique pour l’entraînement.
Ajuster les horaires d’entraînement pour éviter la fenêtre de chaleur humide la plus sévère. En été à Taïwan, l’humidité est certes élevée tôt le matin, mais la température est relativement plus fraîche, et la charge ressentie est bien plus supportable que vers midi ou l’après-midi. En fin de journée, après le coucher du soleil, la température commence à baisser, mais l’humidité peut parfois remonter, et la sensation d’étouffement ne s’améliore pas forcément de manière significative. Il faut se fier à ses propres sensations, sans généraliser.
Tirer parti de la vitesse du vent et de l’ombre pour améliorer la sensation thermique. Choisir des itinéraires ombragés et bien ventilés, ou profiter de la vitesse relative du vent générée par le déplacement à vélo, peut physiquement améliorer l’efficacité du refroidissement par convection et par évaporation. C’est aussi pourquoi rouler sur un home-trainer fixe par temps étouffant donne souvent plus chaud et plus essoufflé que rouler en extérieur, car il manque l’effet de refroidissement auxiliaire de la vitesse du vent. Si vous devez absolument faire une séance de simulation sur home-trainer par temps étouffant, l’utilisation d’un ventilateur à grand débit d’air est une pratique courante et efficace.
Recalibrer votre habitude de juger « aujourd’hui, il ne devrait pas faire trop chaud ». Beaucoup de gens ont l’habitude de ne regarder que le chiffre de température pour décider de l’intensité de l’entraînement du jour ou pour savoir s’il faut retarder l’heure de départ. Il est recommandé de se référer également à l’humidité, à l’indice de sensation thermique et aux alertes officielles de chaleur. Surtout les jours où le chiffre de température semble « correct » mais où l’humidité est élevée : on a tendance à baisser la garde, alors qu’il s’agit en réalité d’une combinaison à haut risque.
Le lien entre l’humidité, l’acclimatation à la chaleur et la stratégie d’hydratation
L’acclimatation à la chaleur et les stratégies d’hydratation et d’électrolytes abordées dans les autres articles de cette série sont en réalité étroitement liées à l’humidité. Dans un environnement chaud et humide, comme l’efficacité de l’évaporation est faible, le corps, pour maintenir son équilibre thermique, peut avoir tendance à sécréter davantage de sueur pour « compenser » le manque d’efficacité de l’évaporation. Cela signifie que pour une même intensité et une même durée d’effort, les pertes en eau et en électrolytes dans un environnement chaud et humide peuvent être plus importantes que dans un environnement chaud et sec. La planification de l’hydratation et de l’apport en sodium doit être ajustée en conséquence, et l’on ne peut pas appliquer les mêmes standards à toutes les conditions météorologiques.
Concernant l’acclimatation à la chaleur, on considère généralement qu’une acclimatation établie dans un environnement chaud et humide correspond plus directement à une meilleure tolérance future dans des environnements chauds et humides similaires. Si votre environnement d’entraînement est généralement sec, mais que le lieu de compétition est chaud et humide (ou l’inverse), cet écart de conditions environnementales mérite d’être pris en compte lors de la préparation précédant la compétition. Il est préférable de rapprocher autant que possible les caractéristiques de chaleur et d’humidité de l’environnement d’entraînement de celles de l’environnement cible de la compétition, afin que l’acclimatation soit plus proche des besoins réels de la course.
Comparaison des scénarios chaleur sèche et chaleur humide : mêmes chiffres de température, des risques totalement différents
Pour rendre plus concret le concept selon lequel « l’humidité est plus redoutable que la température », voici une comparaison de scénarios montrant l’écart réel que peut représenter une humidité différente à température égale :
| Élément de comparaison | Environnement chaud et sec (humidité faible) | Environnement chaud et humide (humidité élevée, courant en été à Taïwan) |
|---|---|---|
| Efficacité du refroidissement par évaporation | Relativement bonne, la sueur s’évapore efficacement et emporte la chaleur | Sévèrement limitée, la sueur a du mal à s’évaporer, elle tombe souvent en gouttes plutôt que de s’évaporer |
| Sensation subjective | Peau sèche, la sueur sèche rapidement | Peau collante, la sueur est constamment présente mais a du mal à sécher |
| Relation entre quantité de sueur et effet de refroidissement | La quantité de sueur est relativement proportionnelle à l’effet de refroidissement | La quantité de sueur peut être importante, mais l’effet de refroidissement réel est disproportionnellement faible |
| Vitesse d’augmentation de la température corporelle centrale (à intensité égale) | Relativement contrôlable | Augmente plus rapidement, surtout en l’absence de vitesse du vent |
| Risque de perte d’eau et d’électrolytes | Modéré, une hydratation planifiée reste nécessaire | Généralement plus élevé, car le corps a tendance à sécréter davantage de sueur pour tenter de compenser |
| Risque de coup de chaleur | Existant mais relativement prévisible, peut être efficacement atténué par l’hydratation et l’ombre | Plus élevé et facilement sous-estimé, car le chiffre de température en lui-même peut ne pas sembler si extrême |
| Scénario courant de mauvaise évaluation | Moins souvent sous-estimé, car la sensation de « très chaud » correspond généralement au chiffre | Facilement sous-estimé, car le chiffre du thermomètre « semble correct » |
Le message le plus important de ce tableau comparatif est la dernière ligne : dans un environnement chaud et sec, les gens ont tendance à être plus vigilants car le chiffre de température est en lui-même élevé. Mais le plus dangereux dans un environnement chaud et humide, c’est précisément que le chiffre de température peut ne pas être si extrême, ce qui conduit à un manque de vigilance, alors que la charge physiologique réelle peut être équivalente, voire supérieure, à certains scénarios de chaleur sèche avec des températures plus élevées. C’est aussi la raison fondamentale pour laquelle cet article insiste à plusieurs reprises sur le fait de ne pas prendre de décision d’entraînement en se basant uniquement sur le chiffre de température.
Comment le choix des vêtements et de l’équipement influence l’efficacité du refroidissement par évaporation
Puisque l’évaporation est la voie de refroidissement la plus cruciale en environnement chaud, le choix des vêtements et de l’équipement n’est pas qu’une question de confort, mais un facteur réel qui influence directement l’efficacité de la dissipation thermique du corps.
L’importance des matières respirantes et évacuant la transpiration : La logique centrale des vêtements de sport en fibres synthétiques est de transporter rapidement la sueur de la surface de la peau vers la couche externe du vêtement, augmentant ainsi la surface de contact entre la sueur et l’air extérieur pour améliorer l’efficacité de l’évaporation. En comparaison, les matières non respirantes, absorbantes mais qui sèchent difficilement (comme le coton pur qui, imbibé de sueur, colle à la peau), laissent au contraire la sueur stagner entre la peau et le vêtement, créant un microclimat humide et étouffant qui entrave réellement l’évaporation. C’est pourquoi, dans le milieu des sports d’endurance, il est généralement déconseillé de porter des vêtements en grande partie en coton pur pour des efforts prolongés dans un environnement chaud et humide.
L’effet auxiliaire des vêtements de couleur claire : En plein soleil, les vêtements de couleur claire absorbent relativement moins de chaleur radiative. Bien que cet effet soit limité par temps nuageux ou sur des sections ombragées, c’est un détail qui mérite d’être pris en compte dans les environnements de forte exposition au soleil, courants en été à Taïwan.
Le compromis entre coupe ample et zones découvertes : Une coupe modérément ample favorise la circulation de l’air entre le vêtement et la peau, aidant l’évaporation par convection. Mais il faut aussi prendre en compte les besoins de frottement lors d’efforts prolongés, de protection solaire et d’équipements de sécurité (comme la sangle du casque à vélo, les accessoires réfléchissants). On ne peut pas sacrifier les protections nécessaires au seul profit du refroidissement.
La gestion de la dissipation thermique de la tête et du cou : La tête et le cou sont des zones du corps où le flux sanguin est riche et où l’efficacité de dissipation thermique est relativement élevée. Dans un environnement chaud et humide, on peut utiliser des bandeaux ou des tours de cou humidifiés, en profitant de l’évaporation continue de l’eau ajoutée pour assister le mécanisme de refroidissement naturel du corps. Les ré-humidifier ou les changer aux points de ravitaillement ou aux pauses est une pratique courante et utile.
Utiliser des outils pour vous aider à juger, mais sans oublier le retour direct du corps
En plus de prêter attention aux alertes de chaleur et aux informations de sensation thermique publiées par l’Agence centrale de météorologie, de nombreuses applications météo proposent désormais également un indice de sensation thermique combinant température et humidité. Prendre une minute pour le consulter avant de faire du sport est plus pertinent que de ne regarder que la colonne « température du jour ». Certaines montres de sport et appareils connectés peuvent également afficher en temps réel les données de température et d’humidité locales pendant l’activité, servant de référence auxiliaire pour ajuster l’intensité.
Cependant, les outils ne restent que des auxiliaires. Pendant l’effort, les signaux envoyés par le corps, notamment la sensation de moiteur de la peau, la vitesse de séchage après la transpiration, la présence ou l’absence de vent, restent les critères de jugement les plus immédiats et les plus proches de votre état physiologique personnel. Il est recommandé de considérer la « consultation de l’indice de sensation thermique » comme un premier filtre avant de partir, puis de continuer à ajuster dynamiquement pendant l’effort en fonction des sensations directes du corps, en combinant les deux plutôt que de ne se fier qu’à un seul mode de jugement.
Il convient de noter que les indices de sensation thermique fournis par ces outils sont généralement basés sur des modèles d’estimation pour un adulte moyen dans des conditions standard. La sensation réelle peut varier en fonction de l’acclimatation à la chaleur de chacun, de l’état de fatigue du moment, des vêtements portés et de l’intensité de l’effort. Un même indice de sensation thermique peut représenter une charge physiologique réelle radicalement différente pour un athlète ayant terminé son acclimatation à la chaleur, par rapport à une personne qui vient d’enchaîner des nuits de travail consécutives, manque de sommeil et n’est pas acclimatée. Il est donc préférable de considérer le chiffre de l’outil comme un « voyant indicateur de niveau de risque », plutôt que comme un indicateur absolu suffisamment précis pour remplacer le jugement personnel. Lorsque l’outil indique un niveau de risque moyen à élevé, l’approche la plus prudente est toujours de réduire d’abord l’intensité et la durée, puis de décider de maintenir ou non le plan initial en fonction de la réaction réelle du corps.
Conclusion : ajoutez l’humidité à votre liste de décisions d’entraînement
Le chiffre du thermomètre ne raconte que la moitié de l’histoire. L’humidité est la contrainte physique clé qui détermine si le corps peut efficacement dissiper la chaleur. La caractéristique climatique de l’été taïwanais, où chaleur et humidité apparaissent simultanément, rend ce concept particulièrement important pour les athlètes d’endurance locaux. Plutôt que de se demander seulement « quelle est la température aujourd’hui ? », il faut aussi se demander « est-ce humide aujourd’hui ? est-ce étouffant ? y a-t-il du vent ? ». Remplacer un seul chiffre de température par un jugement plus complet basé sur la sensation thermique permet de prendre des décisions d’entraînement et de compétition réellement raisonnables.
Récapitulatif des points d’action :
- Le corps humain dissipe la chaleur par quatre voies : rayonnement, conduction, convection et évaporation. En environnement chaud, le corps dépend presque entièrement de l’évaporation pour maintenir son équilibre thermique.
- Une humidité élevée limite directement l’efficacité d’évaporation de la sueur, conduisant à « beaucoup de sueur mais un refroidissement limité ». C’est la raison physique fondamentale pour laquelle la chaleur humide est plus dangereuse que la chaleur sèche.
- En été à Taïwan, la combinaison de températures et d’humidité élevées est une norme climatique. Les pistes cyclables au bord des rivières, les vallées de basse altitude et les zones urbaines sont toutes susceptibles de présenter une sensation thermique bien supérieure au chiffre de température.
- Pour évaluer le risque de chaleur, ne vous fiez pas uniquement à la température. Il est recommandé de consulter également les informations de sensation thermique et les alertes de chaleur de l’Agence centrale de météorologie, et de développer une auto-observation de la moiteur de l’air et de la vitesse de séchage de la sueur.
- Pour l’entraînement en environnement chaud et humide, il est recommandé d’utiliser la fréquence cardiaque ou la perception de l’effort plutôt qu’un objectif d’allure fixe, et d’ajuster les horaires d’entraînement, de tirer parti de la vitesse du vent et de l’ombre.
- Les pertes en eau et en électrolytes dans un environnement chaud et humide peuvent être plus importantes que dans un environnement chaud et sec. La stratégie d’hydratation et d’apport en sodium doit être ajustée en fonction de l’humidité, et l’on ne peut pas utiliser un seul standard pour toutes les conditions.
- En cas de doute sur votre risque lié à l’effort en environnement chaud, il est recommandé de consulter un avis médical ou un professionnel du sport. Cet article présente des connaissances générales en physiologie et météorologie et ne peut pas remplacer une évaluation personnalisée.
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