La physique du réglage du poste de pilotage : comment la largeur et la hauteur du guidon, la longueur de la potence et le recul de la selle influencent le confort, la maniabilité et l'aérodynamisme
Le réglage de la position est gratuit, mais la plupart des gens ne l’ont jamais sérieusement ajusté
Le réglage de la position sur un vélo de route comprend quatre variables fondamentales : la largeur du cintre, la hauteur du cintre (drop), la longueur de la potence et la position avant-arrière de la selle. En théorie, tout cela peut être ajusté sans dépenser un centime (sauf si vous devez remplacer la potence ou le cintre pour changer de taille), mais de nombreux cyclistes n’ont jamais systématiquement réglé ces paramètres après l’achat de leur vélo, se contentant de rouler avec la configuration standard d’usine du magasin. Cet article utilise des calculs géométriques et mécaniques pour décomposer comment chacune de ces quatre variables affecte le confort, la maniabilité et les performances aérodynamiques, et explique la logique des compromis entre elles. Tous les calculs indiqueront clairement les paramètres hypothétiques utilisés. Cet article ne donne pas de recommandations absolues pour des tailles spécifiques, car le réglage de la position dépend fortement de la morphologie individuelle, de la souplesse et de l’objectif de la pratique — il doit être adapté à chaque personne.
Le cadre géométrique de base de la position : la relation relative entre la selle et le cintre
L’essence du réglage de la position consiste à déterminer la relation de position relative entre les deux points de contact que sont la « selle » et le « cintre », incluant la distance horizontale (reach, c’est-à-dire l’amplitude d’extension) et la différence verticale (drop). Ces deux valeurs déterminent ensemble l’angle d’inclinaison du tronc du cycliste par rapport au plan horizontal, et cet angle du tronc est directement lié à la surface frontale (l’un des composants du CdA, voir l’article dédié à la résistance de l’air dans cette série), à la répartition des charges sur les hanches et le rachis lombaire, ainsi qu’à l’espace de respiration disponible.
Pour comprendre cela avec un modèle trigonométrique simplifié : supposons que la distance horizontale fixe de la selle au centre du tube de direction (reach) plus la longueur de la potence constituent la distance horizontale totale de la selle au cintre ; la différence verticale du cintre par rapport à la selle constitue la distance verticale de la selle au cintre. Ces deux distances forment une ligne, et l’angle que cette ligne fait avec le plan horizontal peut servir d’indicateur proxy simplifié de l’angle d’inclinaison du tronc (l’angle réel du tronc est également influencé par le degré de flexion des bras, la souplesse des épaules, etc. ; le calcul présenté ici est un modèle simplifié destiné à illustrer les relations relatives, et non une formule ergonomique précise).
Longueur de la potence : le réglage fin de la distance horizontale
En supposant une distance horizontale fixe de la selle au centre du tube de direction (reach) de 550 millimètres (une valeur hypothétique représentative, qui varie en réalité selon la taille du cadre), et une différence verticale du cintre fixée à 120 millimètres, en ne modifiant que la longueur de la potence, calculons la distance horizontale totale de la selle au cintre et le changement d’angle correspondant :
| Longueur de la potence | Distance horizontale totale selle-cintre | Angle d’inclinaison du tronc (par rapport à l’horizontale) |
|---|---|---|
| 80mm | 630mm | 10,8 degrés |
| 90mm | 640mm | 10,6 degrés |
| 100mm | 650mm | 10,5 degrés |
| 110mm | 660mm | 10,3 degrés |
| 120mm | 670mm | 10,2 degrés |
Ce tableau révèle un fait facilement négligé : dans la plage de réglage courante (80 à 120 millimètres), la longueur de la potence a un impact relativement limité sur l’angle global d’inclinaison du tronc — en passant de 80 à 120 millimètres, l’angle ne change que d’environ 0,6 degré. Mais cela ne signifie pas que la longueur de la potence n’est pas importante, car le changement de distance horizontale qu’elle induit (de 630 à 670 millimètres, soit une augmentation de 6,3 %) a un impact plus direct sur la sensibilité de la direction, le confort d’extension des bras, et pas seulement sur l’angle du tronc. Une potence trop courte rend la direction de la roue avant trop sensible et réduit la précision du pilotage ; une potence trop longue force les bras à maintenir une position d’extension excessive sur la durée, augmentant la charge sur les épaules, la nuque et les poignets, et peut même affecter le champ de vision et l’espace de respiration. Le choix de la longueur de la potence consiste essentiellement à trouver un équilibre entre « sensibilité de la direction » et « confort d’extension » adapté à sa propre morphologie et à ses habitudes de pilotage, plutôt que de l’utiliser simplement comme un outil pour ajuster l’angle du tronc (le principal moyen d’ajuster l’angle du tronc est la hauteur du cintre, voir la section suivante).
Hauteur du cintre (drop) : le principal levier d’ajustement de l’angle du tronc
Comparée à la longueur de la potence, la hauteur du cintre (le drop, c’est-à-dire la différence de hauteur verticale du cintre par rapport à la selle) a un impact bien plus important sur l’angle d’inclinaison du tronc. En supposant une distance horizontale fixe de la selle au cintre de 650 millimètres, modifions le drop du cintre et calculons l’angle d’inclinaison correspondant :
| Drop du cintre | Angle d’inclinaison du tronc (par rapport à l’horizontale) |
|---|---|
| 40mm | 3,5 degrés |
| 80mm | 7,0 degrés |
| 120mm | 10,5 degrés |
| 160mm | 13,8 degrés |
| 200mm | 17,1 degrés |
En passant d’un drop de 40 à 200 millimètres (soit une augmentation de 160 millimètres), l’angle d’inclinaison du tronc passe de 3,5 à 17,1 degrés, une amplitude de variation bien plus significative que celle de la longueur de la potence. Cela explique pourquoi la hauteur du cintre est le principal levier pour ajuster la position de pédalage et donc la surface frontale — plus le cintre est bas (drop plus important), plus l’angle d’inclinaison du tronc est grand, et plus la surface frontale est théoriquement réduite. Cela rejoint la conclusion de l’article sur la résistance de l’air dans cette série : « l’ajustement de la position est l’optimisation aérodynamique gratuite la plus rentable ».
Mais abaisser le cintre implique également un angle de flexion des hanches plus important, un transfert de poids plus important vers les mains et les épaules, et une exigence accrue sur la musculature du tronc pour maintenir cette position sans s’affaisser. C’est aussi pourquoi l’ajustement de la hauteur du cintre ne peut pas se baser uniquement sur le bénéfice aérodynamique : il faut prendre en compte la souplesse du cycliste, sa force du tronc, sa tolérance à maintenir cette position sur la durée, ainsi que l’objectif du moment (par exemple, une balade touristique de longue distance et un contre-la-montre sprint court n’appellent évidemment pas la même hauteur de cintre). Abaisser excessivement le cintre sans la force du tronc et la souplesse correspondantes peut, à long terme, provoquer des inconforts voire des blessures au bas du dos, aux cervicales et aux poignets — ce point sera développé dans la section sur les rappels santé plus loin.
Largeur du cintre : le compromis entre la correspondance à la largeur des épaules et l’espace respiratoire
La logique de choix de la largeur du cintre n’est pas tout à fait la même que pour la longueur de la potence ou la hauteur du cintre : elle est plus directement liée à la structure anatomique de la largeur des épaules du cycliste qu’à de simples considérations aérodynamiques ou de maniabilité. La règle générale communément admise est que la largeur du cintre doit correspondre approximativement à la largeur bi-acromiale du cycliste (la distance entre les repères osseux des deux articulations des épaules), afin que les avant-bras et les bras maintiennent un angle naturel, sans être excessivement resserrés vers l’intérieur ni écartés vers l’extérieur, permettant ainsi à la cage thoracique de disposer d’un espace d’expansion suffisant pour une respiration efficace, tout en évitant que les articulations des épaules ne restent dans des angles non naturels qui augmenteraient le risque d’inconfort.
Ces dernières années, certains débats orientés aérodynamique ont exploré si une largeur de cintre légèrement inférieure à la largeur traditionnelle des épaules pouvait réduire le CdA en diminuant la projection latérale des bras et des épaules. Cette direction est logiquement cohérente avec le principe physique selon lequel « réduire la surface frontale réduit la résistance de l’air », mais l’amplitude d’ajustement de la largeur du cintre est limitée par la mobilité des articulations des épaules du cycliste et les besoins d’espace respiratoire de la cage thoracique — ce n’est pas une question de « plus c’est étroit, mieux c’est » sans limite : un cintre trop étroit peut restreindre l’expansion de la cage thoracique, affecter l’efficacité respiratoire et le confort lors de longues sorties, et peut également augmenter la charge sur les épaules et la nuque en raison d’un angle de bras non naturel. Le choix de la largeur du cintre devrait partir de la correspondance anatomique avec la largeur des épaules, puis être affiné par de petits ajustements en fonction de l’objectif de pratique et des sensations corporelles de chacun, plutôt que de rechercher à tout prix l’extrême aérodynamique au détriment de la respiration et du confort lors de longues sorties.
Position avant-arrière de la selle : biomécanique du pédalage et répartition du centre de gravité
La position avant-arrière de la selle (fore-aft position) ajuste la relation horizontale entre le centre de gravité du cycliste et la manivelle/pédale, ce qui influence l’efficacité directionnelle de la force de pédalage, les angles relatifs des hanches et des genoux, ainsi que la répartition du centre de gravité du cycliste entre les trois points de contact que sont la selle, le cintre et les pédales.
Avancer la selle rapproche le centre de gravité du cycliste de l’avant de la manivelle ; on considère généralement que cette configuration peut, pour certains styles de pédalage, améliorer la cadence et la continuité de l’extension des hanches — les positions de selle des vélos de contre-la-montre et de certains cadres de contre-la-montre tendent d’ailleurs vers une position plus avancée. Reculer la selle déplace le centre de gravité vers l’arrière ; on considère généralement que cela offre un bras de levier plus long pour les quadriceps et les fessiers, ce qui présente certains avantages pour la répartition de la force de pédalage en danseuse lors des montées et en croisière sur longue distance. Mais ce sont là des connaissances générales du domaine de la biomécanique du cyclisme : la position de selle optimale réelle présente des variations individuelles significatives (la longueur des jambes, la mobilité des hanches et les habitudes de style de pédalage influencent toutes ces paramètres). Cet article ne fournit pas de recommandations chiffrées en centimètres et n’adopte aucune formule de mesure spécifique type « genou aligné avec la verticale de la manivelle » comme standard absolu, car la pertinence et la précision de ces méthodes de mesure font elles-mêmes débat entre les différentes écoles ; citer une formule unique risquerait d’induire les lecteurs en erreur en leur faisant croire qu’il existe une position correcte universelle.
Pour l’ajustement de la position avant-arrière de la selle, il est recommandé de procéder par petits incréments progressifs, en laissant au corps un temps d’adaptation suffisant après chaque ajustement (il est recommandé d’évaluer les sensations après plusieurs sorties plutôt que de tirer des conclusions immédiatement après le réglage), et d’observer si des inconforts inhabituels apparaissent au niveau des genoux et des hanches dans la seconde moitié de la sortie. Cette approche reflète bien mieux les besoins réels du corps individuel que l’application d’une formule fixe.
Interaction des quatre variables : le poste de pilotage est un système, pas quatre molettes indépendantes
Il faut souligner que la largeur du cintre, la hauteur du cintre, la longueur de la potence et le recul de la selle ne sont pas des variables indépendantes les unes des autres. Lorsque l’on ajuste l’une d’entre elles, il est souvent nécessaire de vérifier si les autres restent cohérentes. Par exemple, après avoir abaissé le cintre (augmentant le drop), si la longueur de la potence n’est pas ajustée en conséquence, l’amplitude d’étirement peut devenir trop grande ou trop petite, rompant l’équilibre postural initialement coordonné ; de même, après avoir avancé la selle, la distance horizontale entre la selle et le cintre change légèrement, ce qui peut nécessiter un ajustement fin de la longueur de la potence pour compenser.
C’est aussi pourquoi un ajustement professionnel du poste de pilotage (que ce soit via un service de fitting en magasin ou par essais personnels du cycliste) recommande généralement de ne modifier qu’une seule variable à la fois, d’accorder une période d’adaptation au corps avant de réévaluer, plutôt que de modifier plusieurs paramètres simultanément et de manière importante — cela permet d’identifier clairement quel ajustement a produit une sensation positive ou négative, et d’éviter que, lorsque plusieurs variables changent en même temps, il soit impossible d’attribuer le problème à un élément précis.
Hauteur de selle : une variable indépendante mais tout aussi cruciale
Bien que cet article se concentre sur les quatre variables liées au « poste de pilotage » — largeur du cintre, hauteur du cintre, longueur de la potence et recul de la selle — la hauteur de selle, en tant que paramètre étroitement lié et tout aussi important à régler correctement, mérite également d’être intégrée au cadre global de discussion. La hauteur de selle influence directement l’angle maximal d’extension du genou pendant le cycle de pédalage : une selle trop basse maintient le genou dans un angle de flexion excessif près du point mort bas, augmentant à long terme la pression sur la face antérieure du genou (articulation fémoro-patellaire) ; une selle trop haute provoque une hyperextension du genou près du point mort bas, et peut même entraîner un balancement compensatoire du bassin autour du point mort bas de la pédale, ce qui s’accompagne généralement d’une baisse d’efficacité du pédalage et de risques d’inconfort au niveau des hanches et du bas du dos.
La hauteur de selle et le recul de selle entretiennent également une certaine relation d’interaction : lors de l’ajustement du recul de selle, comme la plupart des rails de selle ne se déplacent pas verticalement, le déplacement avant-arrière de la selle modifie souvent légèrement la hauteur de selle effective. C’est pourquoi, dans le principe « une seule variable à la fois » mentionné précédemment, l’ordre d’ajustement entre le recul et la hauteur de selle doit également être pris en compte — il est généralement recommandé d’établir d’abord la hauteur de selle, puis d’ajuster finement le recul, et après l’ajustement du recul, de revérifier que la hauteur de selle reste dans la plage raisonnable initialement définie. Les méthodes de mesure spécifiques de cette partie (par exemple la mesure de l’angle de flexion du genou) relèvent d’une évaluation ergonomique plus spécialisée ; si un cycliste n’est pas certain que sa hauteur de selle actuelle lui convient, solliciter l’aide d’un personnel de magasin expérimenté pour une évaluation sur mesure sera plus efficace et plus sûr que d’essayer par soi-même de manière répétée.
Ordre de priorité entre le réglage du poste de pilotage et le choix de la taille du cadre
Il faut souligner une prémisse souvent mal comprise : les ajustements fins du poste de pilotage (largeur du cintre, hauteur, longueur de la potence, recul de selle) sont un travail de précision qui repose sur le fait que « la taille du cadre est déjà globalement adaptée à la morphologie du cycliste », et non un moyen de pallier une erreur de choix de taille de cadre. Si la taille du cadre est manifestement trop grande ou trop petite, remplacer la potence ou ajuster le poste de pilotage ne permettra généralement pas de résoudre véritablement le problème fondamental d’incohérence géométrique ; cela risque au contraire de sacrifier la stabilité et la prévisibilité de la maniabilité en utilisant des longueurs de potence extrêmes (par exemple, une potence très courte ou très longue pour faire correspondre de force un cadre inadapté).
C’est aussi pourquoi, avant de discuter des ajustements fins du poste de pilotage, le choix de la taille du cadre (impliquant généralement la longueur du tube de selle, la longueur du tube horizontal, l’angle de direction et d’autres paramètres géométriques du cadre lui-même) devrait être la première étape à valider. Les quatre variables du poste de pilotage servent ensuite, sur la base d’une taille de cadre adaptée, à affiner davantage les détails de position les plus appropriés aux proportions corporelles et aux objectifs de pratique de chacun. Si un cycliste constate qu’il doit utiliser une longueur de potence bien au-delà de la plage courante (par exemple, moins de 60 mm pour une potence très courte, ou plus de 130 mm pour une potence très longue) pour atteindre une position confortable, c’est généralement le signe que le choix de la taille du cadre doit être reconsidéré, et non pas simplement un problème d’ajustement fin du poste de pilotage.
Rappel santé et sécurité
Les réglages du poste de pilotage affectent directement la répartition des charges musculo-squelettiques pendant le pédalage. Des ajustements inappropriés ou trop agressifs peuvent augmenter les risques de douleurs lombaires, de tensions cervicales et au niveau des épaules, de compression nerveuse au poignet (par exemple, l’inconfort causé par une hyperextension prolongée du poignet), de douleurs à la face antérieure ou postérieure du genou, etc. Voici une liste de signes d’alerte médicale : si les symptômes suivants apparaissent pendant ou après le pédalage, il est recommandé de consulter un avis médical ou une évaluation professionnelle en kinésithérapie. Le contenu de cet article ne remplace pas une évaluation médicale professionnelle :
- Douleur lombaire persistante qui ne s’atténue pas après le repos, ou accompagnée d’engourdissement des membres inférieurs ou de douleurs irradiantes.
- Engourdissement ou picotements au poignet, en particulier un engourdissement du côté de l’annulaire et de l’auriculaire (pouvant être lié à une compression du nerf ulnaire).
- Céphalées persistantes, vertiges ou vision floue après avoir maintenu longtemps la tête en position basse ou relevée.
- Douleur au genou qui ne s’améliore pas après l’ajustement de la position de la selle, ou dont l’intensité continue de s’aggraver avec l’augmentation de la distance parcourue.
- Toute aggravation de symptômes liés à une maladie chronique préexistante (par exemple, antécédents connus de hernie discale, d’arthrite, de compression nerveuse) après un ajustement du poste de pilotage.
Les ajustements du poste de pilotage doivent être progressifs, en particulier les modifications comme l’abaissement important du cintre qui changent significativement l’angle du tronc et la charge sur le core. Il est recommandé de procéder par étapes et de laisser au corps un temps d’adaptation suffisant, en évitant les changements radicaux en une seule fois. Les différences individuelles sont considérables : une même configuration de poste de pilotage peut produire des sensations corporelles totalement différentes selon les cyclistes. Cet article fournit un cadre général fondé sur la physique et la mécanique ; en pratique, il faut impérativement se fier au retour de son propre corps et, si nécessaire, consulter un personnel de magasin expérimenté ou un kinésithérapeute pour une évaluation professionnelle.
Contextualisation taïwanaise : approches du réglage du poste de pilotage selon les objectifs de pratique
Appliquons les principes ci-dessus aux situations de pratique courantes des cyclistes taïwanais :
- Les sorties axées sur les longues montées comme Wuling ou la route provinciale 9 (Beiyi) : le réglage du poste de pilotage doit privilégier le confort de maintien de la position sur la durée et l’espace respiratoire. Un cintre trop bas peut limiter l’efficacité respiratoire sous la charge cardio-pulmonaire élevée des longues montées ; il vaut la peine de trouver un équilibre entre la recherche d’aérodynamisme et le maintien d’une respiration confortable.
- Les parcours plats et rectilignes comme les pistes cyclables riveraines ou la route provinciale 9 : si le réglage du poste de pilotage privilégie l’efficacité et l’aérodynamisme, on peut, dans la limite de sa force du core et de sa souplesse, augmenter modérément le drop du cintre et travailler sa tolérance à la position sur le creux.
- Principalement pour les déplacements quotidiens et le vélo utilitaire : le confort et la maniabilité décontractée doivent primer sur le gain aérodynamique. Une position du cintre plus haute et une posture plus redressée conviennent généralement mieux aux situations urbaines où il faut réagir fréquemment aux conditions de circulation, aux arrêts et redémarrages aux feux rouges.
- Pour les débutants qui viennent d’acquérir un vélo de route : il est recommandé de commencer par la configuration de poste de pilotage plus prudente et plus redressée d’origine, puis, à mesure que l’expérience de pilotage et la force du core se développent, d’évoluer progressivement et par petites étapes vers une configuration plus aérodynamique, en évitant d’imiter dès le départ la position très basse des cyclistes professionnels, ce qui pourrait entraîner une mauvaise adaptation du corps.
Liste d’actions
- Ne modifier qu’une seule variable à la fois : largeur du cintre, hauteur, longueur de la potence, recul de selle — ajustez-les une par une et accordez au corps un temps d’adaptation suffisant pour pouvoir évaluer clairement l’impact réel de chaque modification.
- Partir de la largeur anatomique des épaules pour la largeur du cintre : assurez-vous d’abord d’un espace respiratoire naturel et d’un angle d’épaule confortable, puis ajustez finement en fonction de vos objectifs de pratique personnels.
- L’ajustement de la hauteur du cintre doit s’accompagner du développement de la force du core et de la souplesse : ne cherchez pas à abaisser le cintre d’un coup ; procédez progressivement et restez attentif aux signaux d’inconfort que votre corps vous envoie.
- La longueur de la potence sert à ajuster finement la sensibilité de la maniabilité et le confort d’étirement : n’attendez pas de la potence qu’elle modifie radicalement l’angle du tronc ; son rôle principal est l’étirement horizontal et le ressenti de la maniabilité.
- L’ajustement du recul de selle doit être progressif et par petites étapes : évitez de vous fier à une seule formule de mesure comme à une norme absolue ; basez-vous sur la sensation réelle de votre corps après plusieurs sorties.
- Soyez attentif aux signes d’alerte médicale : toute douleur persistante, engourdissement ou symptôme neurologique apparaissant après un ajustement du poste de pilotage doit faire l’objet d’une évaluation professionnelle ; ne supportez pas en silence et ne maintenez pas obstinément une position qui cause de l’inconfort.
Le réglage du poste de pilotage est l’un des rares ajustements sur un vélo de route qui ne coûte presque rien et qui peut pourtant avoir un impact concret simultané sur le confort, la maniabilité et les performances aérodynamiques. Comprendre le rôle mécanique propre à chacun des quatre variables centrales et leurs interactions mutuelles aide le cycliste à trouver, de manière systématique, la configuration qui lui convient — plutôt que de copier aveuglément la position des cyclistes professionnels ou de se contenter indéfiniment du réglage d’usine.
L’importance de l’observation et du suivi à long terme
Un dernier point mérite d’être souligné : l’optimisation de la configuration du poste de pilotage ne devrait pas être une action ponctuelle, mais un processus d’ajustement continu qui évolue avec l’expérience de pilotage, la souplesse corporelle et l’accumulation de force du tronc. Il est recommandé aux cyclistes de noter simplement les chiffres concrets après chaque ajustement de la configuration du poste de pilotage (par exemple, le nombre de rondelles pour la différence de hauteur du cintre, la position mesurée de la selle vers l’avant ou l’arrière, la longueur et le modèle de la potence). Ainsi, même si vous essayez ensuite différents réglages qui ne vous conviennent pas, vous pourrez revenir de manière documentée à la base de référence où vous vous sentiez confortable, plutôt que de tâtonner de façon floue en vous fiant à la mémoire. Cette habitude de prise de notes peut sembler triviale, mais pour les cyclistes qui roulent sur le long terme et développent progressivement leur adaptation physique, c’est une méthode pratique pour éviter que la configuration du poste de pilotage ne devienne « un désordre d’ajustements répétés qui empire à chaque fois ». Cela permet également, lors d’un futur changement de cadre ou de cintre/potence, de disposer d’une référence claire pour retrouver rapidement une position familière et raccourcir la période d’adaptation à un nouveau vélo.
Lectures complémentaires sur le sujet
- Hauteur du cintre et angle d’inclinaison : la répartition des pressions sur le haut du corps en vélo de route
- Réglages fins de la potence, du cintre et de la hauteur de selle : trouver la position de pilotage la plus adaptée
- Ajustement de la hauteur et de la distance du cintre : atteindre une position de pilotage optimale du haut du corps
- Guide de réglage fin de la position sur vélo de route : auto-ajustement de la longueur de potence et de la hauteur des rondelles
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