Du col enneigé jusqu'au canyon aride : le Mustang et le col de Thorong La au Népal, le secret le plus sauvage du cyclisme en descente
Un chemin qui n’était pas destiné au vélo, en train d’être redéfini par le vélo
Le circuit de l’Annapurna, au Népal, est depuis des années un itinéraire de pèlerinage pour les randonneurs du monde entier. On y marche avec un gros sac à dos, pendant deux à trois semaines, pour faire le tour du massif de l’Annapurna et franchir le col de Thorong La, à environ 5 416 mètres d’altitude. Cet itinéraire a appartenu pendant des décennies aux pieds et aux bâtons de marche ; le vélo n’y avait presque pas sa place.
Mais au cours des quinze dernières années, la situation a subtilement changé. Avec l’extension des routes vers les zones montagneuses, une proportion considérable de ce qui était à l’origine un pur sentier — on l’estime même à plus de 70 % du parcours — a été remplacée ou longée par des routes. Ce qui demandait auparavant trois semaines de marche peut désormais être considérablement raccourci en combinant une partie du trajet en véhicule de liaison. Pour la communauté des randonneurs, c’est une source de controverse et de déception, mais pour les amateurs de vélo, cela a ouvert une porte inattendue : lorsque le sentier devient route, les terrains de haute montagne autrefois inaccessibles commencent à apparaître sur les cartes cyclistes.
Ces dernières années, des itinéraires à vélo centrés sur la région du Mustang ont vu le jour, en particulier le tronçon qui descend de Muktinath (de l’autre côté du col de Thorong La, à environ 3 800 mètres d’altitude) jusqu’à Tatopani, qui attire les amateurs de VTT et de cyclotourisme longue distance. L’attrait de cet itinéraire est simple et brutal : en deux ou trois jours, vivre un dénivelé négatif de près de 3 000 mètres, depuis les paysages secs et désolés du Mustang, proches du plateau tibétain, jusqu’aux gorges chaudes et humides de basse altitude. La violence du changement de décor tout au long du parcours est une expérience que peu d’itinéraires cyclistes au monde peuvent offrir.
Cet article ne parle pas d’un itinéraire de défi « gravir une montagne » au sens traditionnel, mais d’un itinéraire composite « d’abord atteindre le sommet, puis dévaler à toute allure » — il faut d’abord trouver un moyen de se rendre, soi-même ou avec un véhicule, sur les hauteurs du Mustang, puis conquérir cette descente stupéfiante à vélo. Cette structure se prête d’ailleurs très bien à une comparaison avec les routes de haute montagne de Taïwan, nous y reviendrons plus loin.
Un débat sur la « routarisation » aux enjeux doubles
Il convient de noter que la routarisation du circuit de l’Annapurna reste un sujet controversé au sein des communautés de randonneurs et d’alpinistes. Pour de nombreux randonneurs expérimentés, l’expérience sauvage qui nécessitait auparavant trois semaines de traversée à pied est aujourd’hui morcelée par des routes goudronnées et en gravier, interrompue par la poussière soulevée par les véhicules à moteur, ce qui dilue en quelque sorte la pureté sauvage originelle de cet itinéraire. Mais d’un autre côté, l’arrivée des routes a aussi permis aux villages le long du parcours d’avoir un approvisionnement en marchandises plus pratique et des liens économiques renforcés, ce qui constitue une amélioration concrète de la qualité de vie des habitants locaux. Et pour les amateurs de vélo, ce réseau routier qui prend progressivement forme a, quant à lui, ouvert par accident une porte qui n’existait pas auparavant. Cette « double face du développement » est en réalité un enjeu commun que vivent de nombreux hauts lieux secrets de montagne à travers le monde. En parcourant cet itinéraire, il est bon d’avoir cette compréhension à l’esprit et de respecter le rythme de vie des habitants le long du parcours, plutôt que de considérer la région simplement comme un décor pour sports extrêmes.
Fiche technique de l’itinéraire
| Élément | Détail |
|---|---|
| Pays / massif | Népal, autour du massif de l’Annapurna, région du Mustang |
| Départ → Arrivée | L’itinéraire classique part de Muktinath ou des environs de Jomsom, passe par des villages comme Kagbeni et Marpha, et descend jusqu’à Tatopani |
| Longueur | Très flexible selon l’organisation ; l’aménagement courant est de 2 à 3 jours, le kilométrage total variant selon les groupes |
| Dénivelé total (descente dominante) | Dénivelé négatif de près de 3 000 mètres sur l’ensemble du parcours (principalement une diminution d’altitude, avec quelques sections de montée) |
| Pente moyenne | Axée sur une longue descente, entrecoupée de terrains vallonnés, pas une pente unique et constante |
| Altitude départ / arrivée | Environ 3 800 m autour de Muktinath au départ ; environ 1 200 m à Tatopani à l’arrivée (les points de départ et d’arrivée varient selon les organisations, ces chiffres sont donnés à titre indicatif) |
| Origine de la notoriété | A émergé avec la routarisation du circuit de l’Annapurna ; depuis une quinzaine d’années, c’est devenu un itinéraire secret transmis de bouche à oreille dans les communautés de VTT et de cyclotourisme longue distance |
Si vous voulez vous attaquer au col de Thorong La lui-même (environ 5 416 mètres d’altitude, en bordure du plateau tibétain), il faut d’abord comprendre ceci : ce col reste aujourd’hui principalement un col de haute montagne accessible à pied et à cheval, ce n’est pas une route complète. Pour le franchir à vélo, il faut compter une proportion considérable de portage et de poussage. De plus, il est souvent fermé en hiver à cause de la neige. Ce n’est pas un itinéraire qu’on « traverse à vélo », mais un itinéraire extrême qu’on « franchit avec ses pieds, sa volonté et un vélo ». Il convient aux vététistes ayant une solide expérience de la haute altitude et des capacités de portage ; il n’est pas recommandé aux amateurs de vélo de route de s’y aventurer à la légère. C’est aussi pourquoi cet article se concentre sur la section en descente de la région du Mustang, déjà routarisée et plus adaptée au vélo.
Découpage par sections : du désert d’altitude aux gorges thermales
Première section : les hauteurs du Mustang — un monde sec comme si on avait atterri au Tibet
La région du Mustang est, géographiquement et climatiquement, plus proche du plateau tibétain que de l’image humide et verdoyante habituelle des montagnes népalaises. C’est une zone sous abri pluviométrique (rain shadow), où les imposants sommets de plus de 8 000 mètres de l’Annapurna et du Dhaulagiri bloquent l’humidité de la mousson, créant un paysage sec, fortement érodé, aux teintes rouge-brun, qui de loin ressemble à une version miniature de la surface lunaire ou aux zones désertiques du Tibet. L’expérience de vélo sur cette section ne réside pas dans le défi de la pente, mais dans le choc de l’environnement — le soleil intense de l’altitude, le vent sec et cinglant, et l’inconfort physique qui peut survenir à tout moment à cause de l’altitude.
Deuxième section : de Kagbeni à Marpha — en descendant la vallée de la Kali Gandaki
L’itinéraire suit globalement la vallée de la rivière Kali Gandaki vers le sud en descendant. Cette vallée est elle-même une des merveilles géographiques — elle est bordée de part et d’autre par l’un des plus grands dénivelés de gorges au monde. À mesure que l’altitude diminue, la végétation passe de buissons d’altitude clairsemés à des vergers de pommiers (la région de Marpha est réputée pour son industrie de la pomme), puis à des forêts plus denses d’altitude moyenne. Cette section est la partie la plus fluide de tout l’itinéraire en termes de rythme de pédalage : une longue descente douce avec un paysage de gorge majestueux. Beaucoup de voyageurs qui l’ont parcourue décrivent cela comme « la descente la plus apaisante de toute une vie ».
Troisième section : à l’approche de Tatopani — le retour brutal de la température et de l’humidité
En continuant à descendre, l’air devient progressivement humide et chaud, la végétation passe des forêts d’altitude moyenne à une verdure dense quasi subtropicale. Le point d’arrivée, Tatopani, est lui-même réputé pour ses sources chaudes (le nom se traduit littéralement par « eau chaude »). Après avoir terminé la longue descente, s’immerger dans une source chaude pour soulager les jambes endolories et les bras et poignets longtemps crispés est le rituel classique pour conclure cet itinéraire.
Les villages le long du parcours et le rythme du ravitaillement
L’un des aspects les plus fascinants de cet itinéraire est la densité de villages traditionnels à forte culture tibétaine le long du parcours. Kagbeni conserve des bâtiments traditionnels aux murs de pierre épais et des ruelles labyrinthiques ; c’était autrefois la porte d’entrée vers le Haut-Mustang (une zone plus reculée nécessitant un permis spécial supplémentaire). Marpha est quant à lui réputé pour ses rues pavées, ses maisons tibétaines aux murs blancs et ses vergers de pommiers ; les pommes locales et leurs dérivés (eau-de-vie de pomme, pommes séchées) sont un choix incontournable pour de nombreux voyageurs lors du ravitaillement. La plupart de ces villages disposent de tea houses (maisons de thé) proposant hébergement et repas, ce qui permet d’adopter un mode « ravitaillement et nuitée à chaque étape » pour les parcours de plusieurs jours, sans avoir à porter tout son équipement et toute sa nourriture comme dans une véritable randonnée VTT en pleine nature. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles l’itinéraire du Mustang est relativement accessible aux cyclotouristes longue distance : vous pouvez le planifier en trois à cinq jours, avec des étapes dont le kilométrage et le dénivelé quotidiens sont maîtrisables, sans avoir à tout donner d’un coup.
Estimation de la puissance et de l’allure : la dure réalité du départ en haute altitude
Bien que l’itinéraire global soit dominé par la descente, il comporte tout de même des sections de montée vallonnées sur une distance considérable, en particulier les tronçons de liaison au départ de Jomsom ou des environs de Muktinath pour rejoindre l’itinéraire principal, où le cycliste doit faire face à de véritables défis de montée en haute altitude. Prenons une montée de liaison en altitude représentative (environ 20 kilomètres, 900 mètres de dénivelé positif, altitude moyenne d’environ 3 200 mètres) pour une estimation physique :
P = (Fg + Fr + Fa) × v / efficacité de transmission
Fg = m × g × sin(arctan(pente))
Fr = m × g × cos(arctan(pente)) × Crr
Fa = 0.5 × ρ × CdA × v²
Hypothèses : poids total de 79 kg (70 kg de cycliste + 9 kg de vélo et d’équipement), Crr d’environ 0,005, CdA d’environ 0,32 m², efficacité de transmission d’environ 0,975, densité de l’air à 3 200 m d’altitude moyenne réduite à environ 0,84 kg/m³ (soit environ 69 % du niveau de la mer). Après calcul réel avec python3, on obtient le tableau comparatif suivant (pente moyenne estimée à environ 4,5 %) :
| Rapport puissance/poids | Profil type | Temps de montée estimé | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Finisher débutant | Environ 1 h 38 min | Environ 12,2 km/h |
| 2,5 W/kg | Amateur moyen | Environ 1 h 20 min | Environ 15,0 km/h |
| 3,0 W/kg | Avancé | Environ 1 h 08 min | Environ 17,6 km/h |
| 4,0 W/kg | Niveau compétition | Environ 54 min | Environ 22,4 km/h |
| 5,0+ W/kg | Niveau professionnel | Environ 45 min | Environ 26,7 km/h |
Ce tableau ne reflète là encore que les relations physiques, sans tenir compte de la diminution de la puissance de sortie réelle du corps humain en haute altitude, ni du fait que certaines sections de la région du Mustang sont encore en gravier et en terre, avec une résistance au roulement bien supérieure à l’hypothèse d’une route goudronnée. Dans la réalité, la plupart des cyclistes ressentent un effort subjectif nettement plus important lors des montées à cette altitude que pour une même puissance de sortie en plaine. Lors de la planification, prévoyez une marge de temps prudente et laissez suffisamment d’heures de jour pour terminer l’étape du jour, afin d’éviter de rouler dans le noir.
Il convient de noter que la physique de la descente est complètement opposée à celle de la montée — sur près de 3 000 mètres de dénivelé négatif continu, la densité de l’air augmente progressivement et la résistance au vent augmente en conséquence. Ajoutez à cela le freinage prolongé, les bras et les poignets qui encaissent des chocs continus : la descente semble « sans effort », mais en réalité elle épuise l’endurance musculaire et la concentration tout autant que la montée. C’est un point que beaucoup de cyclistes qui affrontent pour la première fois une longue descente en montagne ont tendance à sous-estimer.
Si l’on change de perspective et que l’on décompose cette descente de près de 3 000 mètres sous l’angle de l’énergie physique, c’est plus intuitif : avec un poids total de 79 kg, en ne considérant que la conversion d’énergie potentielle, l’énergie contenue dans ce dénivelé est considérable, et la quasi-totalité de cette énergie doit être dissipée par le système de freinage sous forme de chaleur. C’est aussi pourquoi les cyclistes expérimentés en longue descente adoptent délibérément la technique du « freinage par à-coups » plutôt que de « maintenir le frein serré en continu » : ils relâchent le frein par segments pour laisser aux plaquettes et aux jantes (ou aux disques) le temps de respirer et de refroidir, afin d’éviter que la performance de freinage ne se dégrade en raison de la surchauffe lors des longues descentes. C’est particulièrement important sur les sections sèches et poussiéreuses du Mustang.
Le point de vue des cyclistes taïwanais : un sentiment de déjà-vu entre Wuling et Baling, en version décuplée
Pour les cyclistes taïwanais, l’expérience analogue la plus proche est peut-être la longue descente de Wuling jusqu’à Yilan ou Hualien — une diminution brutale de l’altitude et un changement climatique rapide en peu de temps, du froid des hauteurs à la chaleur humide de la plaine. L’itinéraire du Mustang à Tatopani est essentiellement une version amplifiée de cette expérience : un dénivelé plus important, une distance plus longue, une transformation des paysages plus violente, et le long du parcours, ce ne sont pas les stands de bétel et les épiceries familiers de Taïwan, mais des villages de style bouddhiste tibétain, des mâni et des drapeaux de prière.
Sur le plan pratique, se rendre dans la région du Mustang nécessite un permis régional spécial (ces règles de demande et les frais changent souvent ; référez-vous impérativement aux dernières annonces officielles de l’office du tourisme népalais, et non à des articles obsolètes trouvés sur Internet). La plupart des voyageurs arrivent d’abord à Katmandou, puis prennent un vol intérieur ou la route jusqu’à Pokhara, puis selon l’organisation, un véhicule ou la marche jusqu’à Jomsom, Muktinath et ses environs, avant de commencer l’itinéraire à vélo. Côté saison, la saison sèche (certains mois entre octobre et mai de l’année suivante) est un choix relativement stable ; en saison des pluies, l’état des routes se dégrade nettement et les chutes de pierres et éboulements sont plus fréquents en montagne. La planification concrète doit se faire en consultant des agences locales et les dernières informations météorologiques. En hiver, le ciel est généralement dégagé, mais les températures nocturnes autour du point de départ en haute altitude comme Muktinath peuvent descendre à des niveaux très froids, ce qui constitue une épreuve supplémentaire pour l’isolation de l’équipement et la résistance au froid du cycliste. Le col de Thorong La lui-même est plus souvent complètement fermé en hiver à cause de la neige. La plupart des agences expérimentées recommandent de cibler la fenêtre principale du voyage sur l’automne (fin septembre à novembre) et le printemps (mars à mai), deux saisons qui combinent un temps relativement stable et une plage de températures acceptable. Mais la situation réelle varie chaque année ; référez-vous impérativement aux informations locales les plus récentes avant le départ, et ne vous fiez pas à une idée figée d’un mois précis.
Côté vélo, il est recommandé de choisir un VTT ou un gravel bike équipé de pneus larges. Les pneus de vélo de route sont très désavantagés sur les routes en gravier et en terre de la région du Mustang, avec un risque accru de crevaison et de difficultés de pilotage. La plupart des voyageurs internationaux choisissent de suivre un circuit organisé par une agence de montagne locale ou un guide cycliste, plutôt que de partir à l’aventure en solo. Ce n’est pas seulement une question de qualité de l’expérience, c’est une nécessité pour la sécurité.
En comparaison avec l’écosystème des routes de haute montagne de Taïwan, les routes autour de Wuling ont un revêtement en bitume de bonne qualité, un balisage kilométrique clair, des épiceries et des aires de repos partout. Même en cas de changement soudain de temps, on peut généralement trouver un abri ou redescendre dans un délai raisonnable. Le Mustang est totalement différent — le ravitaillement le long de la plupart des sections ne dépend que de tea houses de villages traditionnels dispersés, le signal de télécommunication peut être instable, voire totalement interrompu dans certaines zones. En cas de panne d’équipement ou de problème physique, le temps de réaction pour obtenir de l’aide est très long. Cela signifie que l’autonomie de l’équipement et la conscience du risque avant le départ doivent être d’un ordre de grandeur supérieur à celles de toute route de haute montagne à Taïwan — chambre à air de rechange, pompe, kit d’outils de base, couches chaudes et imperméables, nourriture d’appoint et équipement de purification de l’eau ne sont pas des options facultatives, mais des nécessités absolues pour cet itinéraire.
Rappels de sécurité : le double risque du départ en haute altitude et de la longue descente ne doit pas être pris à la légère
Même si le point de départ de la descente du Mustang sur lequel se concentre cet article (environ 3 800 mètres) est inférieur au col de Thorong La lui-même, il se situe clairement dans la zone où le mal aigu des montagnes (MAM) est fréquent. On considère généralement que le mal aigu des montagnes peut apparaître à partir d’environ 2 500 mètres d’altitude. Les symptômes courants comprennent maux de tête, nausées, fatigue, vertiges, troubles du sommeil, et ils apparaissent généralement dans les heures qui suivent l’arrivée en haute altitude. C’est une réaction physiologique normale du corps à l’environnement hypoxique, sans lien nécessaire avec la condition physique. Ne le prenez pas à la légère.
Si les symptômes s’aggravent, ils peuvent évoluer vers un œdème pulmonaire de haute altitude (OPHA, accumulation de liquide dans les poumons, essoufflement même au repos, toux sèche persistante) ou un œdème cérébral de haute altitude (OCHA, maux de tête violents accompagnés d’instabilité de la démarche, confusion mentale). Les deux peuvent mettre la vie en danger en peu de temps. La seule mesure de traitement reconnue de manière fiable est de descendre immédiatement en altitude jusqu’à ce que les symptômes s’atténuent. Tout médicament et l’oxygène ne font que gagner du temps, ils ne remplacent pas l’action fondamentale de la descente.
Le principe d’acclimatation progressive généralement recommandé en médecine de montagne est de « ne pas dépasser environ 300 mètres d’augmentation de l’altitude de sommeil par jour », combiné à la stratégie « monter haut le jour, dormir bas la nuit ». Lors de la planification d’un voyage dans le Mustang, prévoyez suffisamment de jours d’acclimatation, ne vous précipitez pas pour gagner des jours sur vos vacances. Si vous ou un compagnon présentez l’un des signes d’alerte suivants — maux de tête accompagnés de nausées, instabilité de la démarche, difficultés respiratoires extrêmes, confusion mentale — la seule bonne décision est de cesser immédiatement toute montée et de redescendre au plus vite. Il n’y a pas de place pour « tenir encore un peu ».
Outre le mal aigu des montagnes, la longue descente elle-même est un point de risque majeur : fatigue des mains due au freinage continu et surchauffe du système de freinage, erreurs de pilotage causées par les routes en gravier et les nids-de-poule, ainsi que les nuages, le brouillard et la pluie qui réduisent la visibilité, fréquents en montagne l’après-midi. Il est recommandé de vérifier soigneusement le système de freinage avant le départ (en particulier l’état des plaquettes de frein à disque et du circuit hydraulique), d’emporter des chambres à air de rechange et un kit de réparation de base, et de ralentir résolument ou de suspendre le parcours en cas de mauvais temps.
Avant le départ, consultez impérativement une consultation de médecine des voyages pour évaluer si votre fonction cardio-respiratoire et vos antécédents médicaux chroniques vous permettent de pratiquer des activités en haute altitude, et renseignez-vous sur le moment d’utilisation des médicaments préventifs. Les informations fournies dans cet article ne sont que des informations générales d’éducation sanitaire et ne remplacent pas une évaluation médicale professionnelle.
Hydratation, protection solaire et santé digestive : trois petites choses faciles à négliger
En haute altitude, combinée au climat sec sous abri pluviométrique, la perte d’eau du corps est souvent plus rapide qu’on ne le pense — beaucoup de gens, parce qu’il ne fait pas chaud et que la transpiration n’est pas évidente, oublient de s’hydrater activement, ce qui peut plus facilement déclencher des symptômes d’altitude ou aggraver la fatigue. Il est recommandé de maintenir une hydratation régulière tout au long du parcours, plutôt que d’attendre d’avoir soif. L’ensoleillement est intense dans la région du Mustang et les UV augmentent avec l’altitude ; même si la température n’est pas élevée, le risque de coup de soleil reste important. Crème solaire, lunettes de soleil et manches longues respirantes sont à inscrire sur la liste des indispensables. De plus, les longs voyages combinés à un changement d’alimentation et de source d’eau rendent les troubles digestifs fréquents et perturbateurs pour le parcours. Il est recommandé de choisir des tea houses réputées, de boire de l’eau bouillie ou traitée, et d’emporter des médicaments digestifs de base pour éviter que la déshydratation due à la diarrhée n’aggrave les choses en haute altitude.
Conclusion : pour ceux qui envisagent sérieusement cet itinéraire
L’itinéraire du Mustang à Tatopani est encore un itinéraire secret relativement jeune, encore en train d’être exploré et défini par la communauté cycliste. Les informations n’y sont pas aussi complètes que pour les cols classiques européens. C’est à la fois son charme et la raison pour laquelle vous devez préparer votre départ avec d’autant plus de soin. Voici les points essentiels à retenir :
- Assurez-vous d’avoir une expérience suffisante des activités en haute altitude ; ne considérez pas cet itinéraire comme votre premier défi en montagne.
- Régularisez les exigences réglementaires comme le permis régional, en vous référant aux dernières annonces officielles népalaises.
- Choisissez un VTT ou un gravel bike ; les pneus de vélo de route ne conviennent pas aux conditions locales.
- Prévoyez suffisamment de jours d’acclimatation, respectez le principe de montée progressive, ne compressez pas votre planning pour vous précipiter.
- Prenez au sérieux les risques de la descente, vérifiez soigneusement le système de freinage, ralentissez en cas de mauvais temps.
- Il est fortement recommandé de suivre un guide local ou une équipe cycliste organisée, plutôt que de partir à l’aventure en solo sur cet itinéraire où les informations sont relativement rares.
- Accordez de l’importance à l’hydratation, à la protection solaire et à la santé digestive ; ces détails apparemment insignifiants sont souvent la clé de la réussite d’un parcours dans un environnement sec de haute altitude.
- Le système de freinage doit impérativement refroidir par segments, pour éviter la dégradation des performances due au freinage continu et prolongé lors des longues descentes.
Conseils pratiques pour les cyclistes de différents niveaux
Si vous envisagez pour la première fois de relever ce type de défi composite en haute altitude, une approche pragmatique consiste d’abord à participer à un circuit commercial mature sur place, encadré par des guides professionnels, avec un kilométrage quotidien et un dénivelé planifiés, et un véhicule d’assistance logistique capable d’aider au transport de l’équipement ou de prendre en charge les membres épuisés en cas de besoin. Cette organisation, bien qu’elle enlève un peu du romantisme de « l’exploration autonome », réduit considérablement le risque de se retrouver isolé et sans secours en haute altitude. Pour la plupart des cyclotouristes taïwanais qui voyagent pendant leurs congés, c’est une façon plus pragmatique et plus sûre de commencer. Une fois que vous aurez accumulé suffisamment d’expérience en haute altitude et de capacité d’adaptation, vous pourrez envisager des défis plus autonomes et plus légers ; c’est l’ordre correct pour progresser étape par étape.
Lorsque vous vous tiendrez sur le plateau sec du Mustang, que vous regarderez au loin les crêtes enneigées des sommets de l’Annapurna, puis que vous dévalerez jusqu’aux gorges chaudes et humides de Tatopani, cette sensation de traverser deux mondes complètement différents en quelques heures est peut-être ce que cet itinéraire a de plus difficile à exprimer pleinement par les mots, mais c’est aussi la raison pour laquelle il mérite d’être sérieusement préparé et vécu au moins une fois.
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