Pédaler jusqu'au bord d'un volcan actif : Kintamani et le lac Batur à Bali, une ascension entre rizières, volcan et aube
Quand la route se termine au pied d’un volcan actif
Pour la plupart des voyageurs, Bali évoque les plages de surf de Kuta, les piscines des resorts de Seminyak ou les rizières en terrasses verdoyantes d’Ubud. Rares sont ceux qui associent « grimper » à cette île tropicale. Mais si vous pédalez vers le nord, quittant la bande touristique chaude et humide du sud, la route commence à s’élever doucement, les rizières laissent progressivement place aux plantations de café et aux terrasses de légumes, l’air devient peu à peu plus frais — jusqu’à ce qu’à un virage, le paysage s’ouvre soudainement et qu’un volcan toujours en activité — le mont Batur — ainsi que le lac Batur, d’un bleu profond et miroitant à ses pieds, apparaissent devant vous sans le moindre avertissement.
Ce point de bascule, c’est Kintamani. Kintamani est à la fois le nom d’un district administratif et le terme générique désignant les villages alignés sur la crête de cette caldeira. C’est aussi, dans la bouche des Balinais, le synonyme du « nord frais » — lorsque la côte sud est étouffante, les environs de Kintamani maintiennent souvent une température agréable, voire fraîche, ce qui explique pourquoi de nombreux habitants viennent s’y réfugier ou y cultivent des fruits et légumes de climat tempéré impossibles à produire en basse altitude.
Le mont Batur, culminant à environ 1 717 mètres d’altitude dans le kabupaten de Bangli, est l’un des volcans les plus actifs de l’île. Il est entré en éruption à de multiples reprises depuis les premiers relevés en 1804, la dernière activité enregistrée remontant aux alentours de l’an 2000. La particularité de ce volcan réside dans son implantation au cœur d’une immense caldeira à double paroi — la caldeira externe atteint la taille impressionnante de 10 kilomètres sur 13, la caldeira interne mesure environ 7,5 kilomètres, et la dépression au sud-est de cette dernière a donné naissance à l’actuel lac Batur. Le bourg de Kintamani se trouve précisément sur la crête du rebord externe de la caldeira, dominant l’ensemble du paysage volcanique et lacustre, ce qui en fait l’un des points de vue les plus réputés de Bali. En 2012, le géoparc de la caldeira du mont Batur a d’ailleurs été intégré au Réseau mondial des géoparcs de l’UNESCO, consacrant la valeur géologique et écologique unique de ce site.
Pour les amateurs de cyclisme, Kintamani n’offre pas ces « ascensions musclées » réputées pour leurs pourcentages de pente en Europe, mais plutôt une expérience composite mêlant variations de terrain, paysages culturels et merveilles géologiques volcaniques. L’intensité de la montée est suffisante pour constituer un entraînement sérieux, sans pour autant être assez rude pour décourager. Ajoutez à cela la facilité d’accès qu’offre Bali en tant que destination touristique internationale, et Kintamani devient une étape incontournable pour de nombreux groupes de cyclotourisme internationaux et clubs locaux.
Plus rare encore : cet itinéraire condense presque intégralement le condensé géographique et culturel de Bali — vous traversez d’abord les rizières en terrasses denses du sud et les villages aux temples hindous, puis vous grimpez dans la zone agricole de moyenne altitude dédiée au café et au girofle, pour enfin atteindre le secteur du paysage géologique volcanique. Cette expérience de « parcourir un condensé de l’île en une seule sortie » est la raison fondamentale pour laquelle de nombreux cyclotouristes choisissent Kintamani plutôt qu’un simple trajet en voiture — ressentir au rythme de deux roues la transition progressive des paysages et de la culture est infiniment plus profond que de défiler derrière la vitre d’un bus touristique. C’est aussi pour cela que, même si Kintamani n’a rien de « costaud » en termes de pente ou d’altitude, sa réputation au sein de la communauté cyclotouriste ne le cède en rien à des itinéraires bien plus raides mais au panorama monotone.
Les stigmates laissés par l’histoire éruptive du volcan
L’histoire éruptive du mont Batur a, dans une certaine mesure, façonné le paysage que vous traversez aujourd’hui à vélo. La violente éruption de 1963 a laissé de vastes coulées de lave noire encore parfaitement identifiables, cette zone quasi stérile contrastant fortement avec les rizières en terrasses verdoyantes et les forêts environnantes — c’est le segment au choc visuel le plus puissant de toute la sortie. Les cyclistes intéressés par la géologie ou l’activité volcanique feront bien de s’attarder un peu plus longtemps aux belvédères du secteur de Penelokan pour tenter de distinguer les strates laissées par les coulées de lave des différentes époques — une leçon de géologie volcanique à ciel ouvert, bien plus parlante qu’un manuel.
Fiche technique de l’itinéraire
| Élément | Détail |
|---|---|
| Pays / massif | Île de Bali, Indonésie, kabupaten de Bangli, pourtour de la caldeira du mont Batur |
| Départ → arrivée | Itinéraire courant au départ d’Ubud ou des zones touristiques du sud, via Tirta Empul et Penelokan, montée jusqu’aux belvédères volcaniques de Kintamani |
| Longueur | Varie considérablement selon le point de départ : environ 40 à 50 km au départ d’Ubud ; environ 10 km pour la montée finale vers le village depuis le secteur de Kedisan au bord du lac Batur (les points de jonction des différents itinéraires varient, ces chiffres ne sont donnés qu’à titre indicatif) |
| Dénivelé total | Plus de 1 000 m de dénivelé positif cumulé depuis Ubud ; environ 500 m si l’on ne compte que la montée finale vers les hauteurs |
| Pente moyenne | Environ 4 à 6 % sur l’ensemble, d’intensité modérée, avec quelques courtes sections plus raides |
| Altitude départ / arrivée | Ubud : un peu plus de 200 m ; belvédères de Kintamani : environ 1 500 m ; mont Batur lui-même : environ 1 717 m |
| Origine de la notoriété | L’un des sites volcaniques les plus emblématiques de Bali, étape classique des circuits touristiques internationaux et des clubs cyclistes depuis des années, intégré au Réseau mondial des géoparcs de l’UNESCO en 2012 |
Note sur les données : le réseau routier de la région de Kintamani compte de nombreuses ramifications, et les points de départ et d’arrivée varient considérablement selon les agences et clubs cyclistes. Il existe par ailleurs peu de relevés précis et segmentés des pentes de cet itinéraire au niveau international. Les chiffres fournis ici sont des fourchettes indicatives ; pour toute planification concrète, référez-vous aux panneaux sur place et à vos relevés GPS.
Découpage par sections : les transitions successives des rizières au cratère
Première section : les environs d’Ubud — l’ouverture culturelle des rizières et de l’eau sacrée
Si vous partez d’Ubud, la première section traverse les paysages culturels les plus emblématiques de Bali — les rizières en terrasses superposées et les temples hindous traditionnels. Le dénivelé y est relativement doux, davantage un échauffement culturel. On y croise fréquemment des agriculteurs locaux penchés sur leurs plants de riz ou occupés à la récolte, ainsi que de petits autels où s’élève une fumée d’encens. De nombreux groupes cyclistes prévoient une halte ici pour visiter le temple de l’eau sacrée de Tirta Empul — l’une des sources sacrées hindouistes les plus importantes de Bali, où les fidèles accomplissent des rituels de purification. L’intérêt de cette section ne réside pas dans le défi physique, mais dans la découverte du rythme culturel unique de Bali, où « le quotidien est foi ».
Deuxième section : l’entrée dans la zone volcanique — un paysage qui se transforme radicalement
Après avoir quitté les zones de basse altitude densément peuplées de paysages culturels, la route s’élève nettement et la végétation passe progressivement des rizières aux plantations de café, de girofle et de légumes de haute altitude. Une partie non négligeable des zones de production du célèbre café de civette balinais (Kopi Luwak) se situe dans cette tranche d’altitude, et l’on aperçoit çà et là de petites exploitations caféières. Le profil de cette section commence à offrir des variations de pente, avec quelques courtes montées plus raides qui mettent à l’épreuve la gestion du rythme du cycliste, mais l’ensemble reste dans les cordes de la plupart des amateurs.
Troisième section : Penelokan et les belvédères — la première rencontre frontale avec le volcan
À l’approche du secteur de Penelokan, la route longe la crête du rebord externe de la caldeira. C’est ici que la plupart des voyageurs découvrent pour la première fois la vue d’ensemble du mont Batur et du lac Batur. La topographie de la caldeira offre un panorama exceptionnellement dégagé — vous vous tenez en hauteur sur la crête périphérique, dominant l’immense dépression du cratère, le lac scintillant de son éclat bleu en contrebas, tandis que le cône volcanique au loin porte encore les stigmates évidents de l’activité éruptive, avec ses coulées de lave noire et stériles parfaitement visibles, vestiges de la violente éruption de 1963. L’expérience de pédaler sur cette section relève davantage du choc visuel et émotionnel que du simple défi physique.
Quatrième section : les hauteurs de Kintamani — le panorama complet de la caldeira
La dernière section mène aux points culminants des environs du bourg de Kintamani, où de nombreux restaurants et plateformes d’observation font face au volcan — un lieu prisé pour les photos de fin de parcours et le ravitaillement. Par temps clair, on distingue nettement le contour complet du lac Batur, ainsi que les villages disséminés dans la caldeira : Kedisan, Songan, Trunyan — ce dernier étant réputé pour ses rites funéraires singuliers, l’une des rares communautés balinaises à ne pas pratiquer la crémation mais à laisser les corps se décomposer naturellement à l’air libre. Les voyageurs intéressés par la culture locale pourront y consacrer du temps supplémentaire pour approfondir.
Extension optionnelle : pédaler à l’intérieur de la caldeira
Pour les cyclistes qui n’en ont pas encore assez, la crête de Kintamani n’est pas la seule destination. La caldeira abrite au total une quinzaine de villages, dont Kintamani, Songan, Trunyan et Toya Bungkah sont les plus connus. Descendre de la crête périphérique vers l’intérieur de la caldeira pour rejoindre les abords du lac à Kintamani ou Toya Bungkah est une expérience totalement différente — on passe d’une vue panoramique en surplomb à une immersion au pied du volcan, au plus près de la démesure de ce paysage de lave noire. Toya Bungkah dispose également d’installations de sources chaudes ; s’y détendre après une longue sortie est un classique en fin de parcours pour de nombreux groupes de cyclotourisme. Attention toutefois : une fois descendu à l’intérieur de la caldeira, il faudra inévitablement remonter vers la crête périphérique pour le retour. L’intensité de cette remontée n’est pas à sous-estimer ; il est essentiel d’en tenir compte dans la répartition de vos forces pour éviter de vous laisser griser par la descente au détriment de l’effort du retour.
Estimation puissance et allure : la physique d’une montée tropicale à basse altitude
En décomposant le dernier segment d’ascension vers Kintamani (à partir de la zone de Kintamani au bord du lac Batur, sur environ 10 km, 500 m de dénivelé positif, altitude moyenne d’environ 1 200 m) à l’aide d’un modèle physique, la formule standard est la suivante :
P = (Fg + Fr + Fa) × v / efficacité de transmission
Fg = m × g × sin(arctan(pente))
Fr = m × g × cos(arctan(pente)) × Crr
Fa = 0.5 × ρ × CdA × v²
Hypothèses : poids total de 79 kg (cycliste de 70 kg + 9 kg de vélo et d’équipement), Crr d’environ 0,005 (pneus de route sur asphalte), CdA d’environ 0,32 m², efficacité de transmission d’environ 0,975. Comme cette plage d’altitude est relativement modérée, la densité de l’air ne diminue que légèrement, à environ 1,06 kg/m³ (soit environ 87 % du niveau de la mer), ce qui n’affecte que peu la puissance produite. Un calcul effectué avec python3 donne le tableau comparatif suivant (pente moyenne estimée à environ 5,0 %) :
| Ratio puissance/poids | Profil type | Temps d’ascension estimé | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Débutant qui termine | Environ 54 min | Environ 11,1 km/h |
| 2,5 W/kg | Amateur moyen | Environ 44 min | Environ 13,6 km/h |
| 3,0 W/kg | Avancé | Environ 37 min | Environ 16,0 km/h |
| 4,0 W/kg | Niveau compétition | Environ 29 min | Environ 20,4 km/h |
| 5,0+ W/kg | Niveau professionnel | Environ 25 min | Environ 24,4 km/h |
Ce tableau reflète la particularité du segment d’ascension de Kintamani : le coût en temps est faible, mais l’intensité de la pente est élevée. Une pente moyenne d’environ 5 % est déjà d’intensité moyenne à soutenue ; ajoutez à cela la chaleur étouffante du climat tropical, et même sur une distance d’à peine 10 km, un cycliste qui gère mal son allure peut ressentir une fatigue marquée en milieu de parcours. Si vous choisissez de rouler d’Ubud jusqu’à Kintamani, la distance et la dépense calorique accumulées sur la première partie rendront cette dernière ascension d’autant plus difficile. Il est conseillé, lors de la planification, de concentrer la répartition de vos forces sur la préservation d’une réserve suffisante pour cette montée relativement concentrée en fin de parcours. Rappel : il s’agit d’une estimation issue d’un modèle physique, qui ne tient pas compte de l’état réel de la route, des perturbations liées à la circulation motorisée ni de la charge supplémentaire du climat tropical humide sur le corps.
Il convient de noter que les températures à Bali fluctuent peu tout au long de l’année, sans les quatre saisons marquées des régions tempérées. Cela signifie que, quelle que soit la période choisie, les cyclistes doivent sérieusement prendre en compte la charge du climat tropical humide sur le corps — même si la distance d’ascension est courte et la pente pas particulièrement raide, l’humidité constante fera monter la température corporelle centrale plus rapidement que sur une pente similaire à Taïwan. Si vous prévoyez de vous attaquer à Kintamani pendant les heures chaudes de la mi-journée, il est recommandé d’ajuster votre objectif d’allure vers le bas et d’augmenter la fréquence d’hydratation, sans simplement appliquer le tableau horaire calculé par le modèle physique pour fixer vos exigences personnelles — ce n’est qu’une limite théorique, pas une limite ressentie.
Si l’on inclut également le segment d’extension à l’intérieur de la caldeira dans le calcul, en prenant l’exemple de la remontée de Toya Bungkah vers la crête périphérique (distance et dénivelé variables selon les points de départ et d’arrivée exacts, généralement considérés comme d’intensité similaire, voire légèrement supérieure, au segment d’ascension de Kintamani mentionné précédemment), le cycliste, après avoir terminé la première partie du parcours, aura déjà accumulé une certaine fatigue musculaire et cardiovasculaire. L’effort perçu subjectivement sera généralement plus élevé que si l’on attaquait cette montée isolément. C’est aussi pourquoi il est recommandé de donner la priorité, dans la répartition des forces, à la garantie de terminer l’ensemble du parcours en toute sécurité, plutôt qu’à la recherche du meilleur temps sur un segment isolé.
Le point de vue des cyclistes taïwanais : plus doux que Fengguizui, plus spectaculaire que les berges de rivière
Pour les cyclistes taïwanais, l’intensité et la distance de Kintamani se rapprochent sans doute le plus d’une montée moyenne comme Fengguizui, dans la banlieue de Taipei — pas un niveau exigeant un entraînement spécial sérieux, mais suffisant pour constituer un entraînement de week-end consistant. En revanche, l’expérience visuelle et culturelle qu’offre Kintamani est difficilement reproductible par n’importe quelle montée de banlieue à Taïwan : il est difficile d’apercevoir depuis le sommet de Fengguizui un volcan actif et un lac de caldeira, et tout aussi difficile de traverser en une seule sortie les rizières en terrasses, les sources sacrées hindoues, les plantations de café et les paysages volcaniques en autant de transitions successives.
Sur le plan pratique, Bali étant une destination touristique internationale mature, la location de vélos et les groupes de cyclisme locaux sont relativement faciles à organiser. De nombreux prestataires proposent des excursions d’une journée combinant sites culturels et ascensions volcaniques, et des clubs dédiés aux amateurs de vélo de route organisent des itinéraires plus longs, davantage axés sur l’entraînement physique. Les tarifs de location, l’organisation des parcours et le contenu des services de guide varient selon les prestataires et les saisons ; veuillez vous référer impérativement aux annonces les plus récentes des prestataires locaux, et ne vous fiez pas aux informations tarifaires obsolètes trouvées en ligne.
Côté saisons, Bali a un climat tropical, globalement divisé entre une saison sèche (d’avril à octobre environ) et une saison des pluies (de novembre à mars de l’année suivante). La saison sèche offre un climat relativement stable et est la période privilégiée par la plupart des groupes de cyclotourisme ; pendant la saison des pluies, des orages en après-midi et des routes de montagne glissantes sont fréquents. Il est conseillé de prévoir une certaine flexibilité dans la planification pour éviter de rouler de force pendant les fortes précipitations. De nombreux groupes expérimentés recommandent de partir à l’aube, non seulement pour éviter la chaleur étouffante de la journée, mais aussi parce que la zone de Kintamani est moins brumeuse tôt le matin — c’est le meilleur moment pour admirer la vue panoramique sur le lac de cratère et prendre des photos, tout en évitant l’afflux ultérieur de bus touristiques.
Côté équipement, les routes du sud de Bali sont généralement en bon état ; un vélo de route standard et des pneus pour revêtement lisse suffisent pour la plupart des sections. En revanche, sur les routes secondaires moins entretenues autour du volcan ou sur les segments qui s’enfoncent dans la caldeira, la qualité de la chaussée peut se dégrader nettement, avec des nids-de-poule et des gravillons assez courants. Il est conseillé d’opter pour des pneus un peu plus résistants et d’emporter avec soi un kit de réparation de crevaison de base et des chambres à air de rechange. Le climat chaud et humide de Bali signifie également une transpiration plus abondante qu’à intensité égale à Taïwan ; il est recommandé d’emporter une quantité d’eau supérieure à vos habitudes. Les commerces et restaurants autour de Kintamani proposent également des ravitaillements de base, il n’est donc pas nécessaire de transporter toute l’eau nécessaire pour l’ensemble du parcours.
Pour les cyclistes qui souhaitent approfondir leur connaissance de la culture cycliste balinaise, Ubud a vu ces dernières années se développer de nombreux cafés et points de location de vélos fréquentés par les passionnés internationaux. N’hésitez pas à prévoir du temps avant ou après votre parcours pour échanger avec des cyclistes locaux ou internationaux, partager des conseils d’itinéraires et des expériences. C’est aussi ce qui rend le cyclotourisme plus riche qu’un simple tourisme : vous ne faites pas que passer devant un site, vous participez véritablement, avec vos jambes et vos roues, au rythme quotidien de cette terre.
Consignes de sécurité
L’altitude de Kintamani est bien en dessous du seuil où le mal aigu des montagnes se manifeste, il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter particulièrement des réactions physiologiques liées à l’altitude. Cependant, plusieurs risques concrets méritent votre attention. Tout d’abord, la sécurité routière : le trafic à Bali diffère sensiblement de celui de Taïwan, avec une forte densité de motos, certaines sections de route étroites et dépourvues de marquage clair, auxquels s’ajoutent les bus touristiques et les cars de tourisme qui circulent fréquemment autour des sites de Kintamani. Il convient de rester extrêmement vigilant à vélo, de porter des équipements réfléchissants tout au long du parcours et d’éviter les dépassements hasardeux dans des conditions de visibilité réduite ou aux heures de fort trafic.
Ensuite, bien que le mont Batur soit actuellement dans une période relativement calme, il n’en demeure pas moins un volcan actif sous surveillance continue. Il est recommandé de consulter avant le départ les bulletins d’activité publiés par les autorités géologiques et volcanologiques indonésiennes. Si le niveau d’activité est relevé, il est impératif de suivre les mesures de contrôle et les ordres d’évacuation émis par les autorités locales, et de ne pas s’obstiner à s’y rendre sous prétexte que l’itinéraire a déjà été planifié.
Côté climat, l’intensité des rayons UV en zone tropicale reste élevée toute l’année. Même en montant sur les hauts plateaux à plus de mille mètres d’altitude, la protection solaire et l’hydratation restent indispensables. Il est conseillé d’emporter une quantité d’eau suffisante et de prévoir des points de ravitaillement en cours de route afin d’éviter la déshydratation dans un environnement chaud et humide. Pendant la saison des pluies, les routes de montagne peuvent être glissantes et présenter ponctuellement des risques d’éboulement ; soyez attentifs à l’état de la chaussée et réduisez modérément votre vitesse.
Il faut également évoquer le risque de coup de chaleur — Bali connaît toute l’année une chaleur et une humidité élevées. Lors d’un exercice prolongé en extérieur, le risque d’insolation et d’épuisement par la chaleur ne doit pas être sous-estimé. Si, en cours de route, vous ressentez des vertiges, des nausées, une cessation soudaine de la transpiration après avoir beaucoup transpiré, ou une confusion mentale, arrêtez immédiatement l’effort, mettez-vous à l’ombre pour vous reposer et réhydratez-vous avec de l’eau et des électrolytes. Si votre état ne s’améliore pas, consultez un médecin rapidement et ne forcez surtout pas pour terminer la sortie. En particulier pour les cyclistes touristes moins préparés ou en moins bonne condition physique, la priorité absolue doit être de terminer la sortie en toute sécurité, plutôt que de rechercher la performance en termes de vitesse ou de distance.
Conclusion : une invitation aux voyageurs prêts à faire un détour
- Profitez des départs aux premières heures du matin : évitez la chaleur étouffante et la circulation, tout en capturant les plus beaux paysages du lac volcanique.
- Gérez bien votre répartition d’effort : si vous optez pour un parcours longue distance, conservez une réserve suffisante pour affronter la montée finale concentrée.
- Surveillez les bulletins d’activité volcanique : avant le départ, consultez les dernières informations de l’institut de surveillance géologique local et suivez les consignes officielles.
- Prévoyez un itinéraire flexible pendant la saison des pluies : les orages de l’après-midi et les chaussées glissantes sont des risques courants en saison des pluies ; il ne faut pas s’obstiner à rouler dans ces conditions.
- Ralentissez pour ressentir la richesse culturelle : les rizières en terrasses, les sources sacrées, les plantations de café et les paysages volcaniques qui jalonnent Kintamani méritent d’être vécus à un rythme plus posé qu’un simple défi physique.
- Soyez attentifs aux signes de coup de chaleur : lors d’une sortie prolongée dans un environnement chaud et humide, si des symptômes tels que vertiges, nausées ou arrêt anormal de la transpiration apparaissent, arrêtez-vous immédiatement et consultez un médecin pour évaluation. Terminer la sortie en sécurité prime toujours sur la recherche de performance.
- Envisagez de prolonger l’itinéraire à l’intérieur de la caldeira : si votre condition physique le permet, les sources chaudes de Toya Bungkah constituent une récompense finale idéale après une longue sortie, mais n’oubliez pas d’inclure la montée du retour dans votre calcul de répartition d’effort.
Kintamani ne figurera peut-être sur aucun classement des « montées les plus dures du monde », mais ce qu’elle offre, c’est une expérience cycliste plus complète, proche du voyage — lorsque vous vous tenez sur la crête de la caldeira, contemplant l’eau du lac en contrebas et le volcan qui murmure encore au loin, vous comprenez que certaines routes méritent d’être gravées dans la mémoire, et cela ne tient jamais uniquement aux chiffres de pourcentage.
Lectures complémentaires
- Voyage à vélo au ralenti à Bali : trouver le rythme du cyclisme entre temples et rizières en terrasses
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