La montée HC la plus négligée par les cyclistes européens : la Serra da Estrela au Portugal, 24 kilomètres jusqu'au point culminant du continent
Une ascension HC ignorée par les cyclistes européens
Ouvrez n’importe quelle liste des « dix plus grandes ascensions classiques d’Europe » : vous y verrez l’Alpe d’Huez, le mont Ventoux, le Stelvio, voire l’Angliru en Espagne, mais presque jamais le Portugal. Ce n’est pas parce que le Portugal n’a pas de montagnes, mais parce que la carte du cyclisme sur route de ce pays est depuis longtemps éclipsée par les paysages côtiers entre Lisbonne et Porto. En réalité, la plus haute chaîne de montagnes du Portugal continental, la Serra da Estrela (qui signifie « chaîne des étoiles »), offre depuis la petite ville de Covilhã au pied de la montagne jusqu’au sommet de la Torre une ascension classée HC (Hors Catégorie) par les bases de données internationales d’ascensions — un niveau habituellement réservé aux ascensions monstrueuses qui terrifient les coureurs sur le Tour de France.
Ce qui est encore plus intriguant, c’est que cette route figure parmi les étapes de haute montagne que le Tour du Portugal (Volta a Portugal), épreuve classique traditionnelle du pays, revisite année après année, sans pour autant attirer les projecteurs des médias internationaux. Pour les cyclistes taïwanais, c’est presque une pièce entièrement vierge du puzzle — nous connaissons bien la grandeur des Alpes, la sauvagerie des Pyrénées, mais rares sont ceux qui savent qu’à l’extrémité occidentale du continent européen se trouve une montagne qui vous mène d’un climat de vignobles méditerranéens à une lande alpine marquée par des traces de neige.
Cet article vous fera découvrir cette route : comment son relief évolue, ce que l’on ressent en la gravissant, où se situent la puissance et le temps calculés par les formules physiques, et — surtout — ce à quoi il faut faire attention si vous voulez vraiment vous envoler pour le Portugal afin de la relever.
Fiche technique de l’itinéraire
| Élément | Détail |
|---|---|
| Pays / massif | Portugal, chaîne de la Serra da Estrela (plus haute chaîne du Portugal continental, région de Beira, centre du pays) |
| Départ → arrivée | Covilhã (alt. ≈ 461 m) → sommet de la Torre (point culminant du Portugal continental, alt. ≈ 1 989–1 993 m) |
| Longueur | ≈ 24,3 km (les sources varient légèrement entre 24 et 24,5 km) |
| Dénivelé total | ≈ 1 530–1 650 m (les points de départ et les corrections GPS varient ; on retient ici une valeur médiane d’environ 1 585 m) |
| Pente moyenne | ≈ 6,5 %–6,8 % (léger écart selon les sources) |
| Pente maximale | Certains passages atteignent des pourcentages à deux chiffres ; les chiffres exacts varient selon les sources, se référer aux panneaux et indicateurs de pente sur place |
| Altitude départ / arrivée | ≈ 461 m → ≈ 1 989 m |
| Origine de la notoriété | Point culminant du Portugal continental ; étape de haute montagne emblématique visitée à de multiples reprises par le Tour du Portugal (Volta a Portugal) ; classée HC (Hors Catégorie) par les bases de données internationales d’ascensions |
Il convient de préciser que les routes menant à la Torre dans la Serra da Estrela ne sont pas uniques — outre l’itinéraire le plus souvent évoqué au départ de Covilhã, il existe également des options d’ascension depuis Unhais da Serra, Seia, Manteigas, etc., chacune présentant des caractéristiques légèrement différentes en termes de distance, de pente et de relief. Cet article se concentre sur le versant de Covilhã, car c’est celui qui est le plus souvent répertorié par les sites internationaux d’ascensions et pour lequel les données sont les plus complètes ; si les chiffres que vous trouvez diffèrent légèrement de ceux-ci, il est probable que la source concerne un autre itinéraire — un phénomène courant dans les massifs à plusieurs points de départ, sans que cela signifie qu’une source a raison et l’autre tort.
Pourquoi cette montagne mérite votre attention
Serra da Estrela se traduit littéralement par « chaîne des étoiles ». Derrière cette appellation romantique se cache un vaste plateau connu pour ses reliefs granitiques et ses vestiges glaciaires, candidat au statut de géoparc de l’UNESCO. C’est la seule région du Portugal à posséder une station de ski — oui, dans ce Portugal que l’on imagine chaud toute l’année, le sommet se couvre de neige en hiver, tandis que Covilhã, au pied de la montagne, est surnommée le « Manchester portugais » en raison de son histoire textile. Ce contraste géographique saisissant est précisément ce qui rend cette ascension si fascinante : vous partez des rues pavées d’une petite ville industrielle et, vingt-trois kilomètres plus loin, le paysage s’est transformé en une lande alpine parsemée de blocs de granit et de moutons paissant paisiblement, comme si vous aviez traversé plusieurs zones climatiques d’un seul souffle.
Pour la culture du cyclisme sur route au Portugal, cette montagne occupe une place comparable à celle du mont Wuling pour les cyclistes taïwanais — non pas parce qu’elle est la plus longue ou la plus raide, mais parce qu’elle symbolise le « toit du pays ». Le Tour du Portugal est l’épreuve cycliste la plus ancienne et la plus importante du pays, et ce massif est depuis des années l’un des hauts lieux d’étape privilégiés par les concepteurs du parcours. Les coureurs n’y disputent pas seulement le classement, mais aussi une forme de cérémonie quasi rituelle : « gravir le toit du Portugal ».
Découpage par sections : de la ville textile à la lande granitique
Découper ces 24 kilomètres en trois sections permet de mieux comprendre la route que de mémoriser des chiffres de pente.
Première section : du centre de Covilhã au pied de la montagne (≈ 0–8 km)
Le point de départ, Covilhã, est lui-même construit sur un terrain en pente, et les rues de la ville présentent déjà un relief vallonné : vous ressentirez une légère chaleur dans les jambes avant même d’entrer véritablement dans la phase d’ascension. En quittant la ville, la route s’élève nettement, bordée par le paysage rural typique du centre du Portugal — vergers en terrasses, fermes en pierre éparses, bosquets d’oliviers occasionnels. La pente y est relativement douce, c’est le segment le plus propice de tout l’itinéraire pour trouver son rythme et contrôler sa fréquence cardiaque. Beaucoup de cyclistes qui l’ont gravie conseillent aux suivants : « Ne vous laissez pas emporter par l’enthousiasme et foncez ici, le plus dur vous attend plus loin. »
Section intermédiaire : entrée dans le cœur du parc national (≈ 8–17 km)
C’est la section la plus emblématique de toute la route, et celle qui met le plus à l’épreuve la force mentale. La route entre officiellement dans le parc naturel de la Serra da Estrela ; la végétation passe d’un paysage agricole à des arbustes alpins bas et des affleurements rocheux nus, la pente se redresse nettement, se maintenant autour de 7 % sur de longues périodes, avec des passages plus raides par endroits. Il y a peu d’ombre ici : en plein été, le soleil de midi frappe directement, et l’effort continu de la montée s’y ajoute — c’est le segment le plus propice au découragement mental. De nombreux récits de voyage mentionnent que l’on commence à apercevoir des traces de neige résiduelle sur cette portion (même au début de l’été), que l’air se refroidit sensiblement et que la température ressentie n’a plus rien à voir avec celle du pied de la montagne.
Dernière section : approche du sommet de la Torre (≈ 17–24,3 km)
Sur ces derniers kilomètres, la vue s’ouvre brusquement — vous avez dépassé la limite des arbres, autour de vous s’étendent de vastes reliefs granitiques nus et des prairies d’altitude, et le vent se renforce nettement. La pente n’y est pas nécessairement la plus raide de tout le parcours, mais l’altitude déjà élevée et les réserves d’énergie presque épuisées rendent la difficulté subjective la plus grande. En atteignant le sommet de la Torre, vous découvrirez une petite structure commémorative et une plateforme d’observation — c’est le point culminant du Portugal continental ; par beau temps, la vue s’étend sur toute la région montagneuse centrale, une véritable ligne d’arrivée gratifiante, celle d’avoir « gravi le toit du pays ».
Granit, laine et usines textiles : la trame humaine derrière ce massif
Pour vraiment comprendre ce qui rend la Serra da Estrela si particulière, il faut d’abord connaître l’histoire de Covilhã. Pendant la révolution industrielle du XIXe siècle, la ville a développé l’une des industries textiles les plus importantes du Portugal, grâce à la laine de qualité supérieure produite dans les montagnes environnantes. À son apogée, les usines s’y comptaient par dizaines, les cheminées s’alignaient — d’où le surnom de « Manchester portugais ». Aujourd’hui encore, en pédalant dans le centre-ville, on voit de nombreuses anciennes usines textiles reconverties en musées ou en espaces créatifs, où se mêlent bâtiments en brique et rues pavées escarpées, une lourde atmosphère de ville industrielle qui contraste totalement avec l’image stéréotypée d’un « Portugal ensoleillé ».
Ce contraste se prolonge jusque dans la montagne. En raison des processus géologiques de la période glaciaire, la Serra da Estrela a conservé d’innombrables blocs de granit et des vallées en U, auxquels s’ajoute un microclimat unique créé par la haute altitude, donnant naissance à un écosystème alpin sans équivalent au Portugal — on y croise des arbustes alpins résistants au froid, des troupeaux de moutons en pâture, et l’on peut même avoir la chance d’apercevoir la célèbre race de chiens de berger locale patrouillant sur les pentes. Ce massif est également la source de plusieurs rivières importantes du Portugal, dont le Zêzere qui traverse le centre du pays — ce qui signifie que la montagne sous vos roues est, d’une certaine manière, le « château d’eau » de tout le centre du Portugal.
Pour les cyclistes passionnés d’exploration culturelle, l’attrait de cet itinéraire ne réside pas seulement dans les chiffres de pente, mais aussi dans le fait qu’il permet, en une seule journée, de ressentir physiquement la transition entre la trame urbaine industrielle, le paysage pastoral et l’écosystème alpin quasi désertique. Cette narration géographique en couches successives est quelque chose que beaucoup d’ascensions européennes plus célèbres mais au relief monotone ne possèdent pas.
Autres itinéraires d’ascension : plus d’un défi, des options au-delà de Covilhã
Comme mentionné dans le tableau précédent, la route vers le sommet de Torre n’est pas unique, passant uniquement par Covilhã. Si votre emploi du temps le permet, ou si vous souhaitez éviter de faire l’aller-retour sur le même itinéraire, voici quelques directions qui méritent d’être connues :
- Côté Unhais da Serra : De nombreuses sources indiquent qu’il s’agit de l’un des itinéraires les plus difficiles vers le sommet. La longueur est similaire à celle du côté de Covilhã, mais les pentes y sont plus concentrées et plus raides, considéré par certains amateurs de grimpe comme un « véritable combat ».
- Côté Seia : Seia est une autre ville au pied de la montagne. La répartition des pentes sur cet itinéraire est relativement plus douce, avec une ascension plus étirée, adaptée aux cyclistes qui souhaitent gravir le sommet à intensité modérée sur une plus longue durée.
- Côté Manteigas : Manteigas est située dans une vallée en U façonnée par un glacier. Cette direction vous fera traverser le segment de canyon le plus spectaculaire sur le plan du relief, avec un impact visuel relativement marqué parmi les différents itinéraires. Cependant, les données précises sur les pentes y sont moins complètes ; il est recommandé de se fier aux panneaux sur place et aux cartes officielles avant le départ.
Si le temps le permet, de nombreux cyclistes choisissent de « monter par un côté et descendre par un autre », vivant ainsi deux récits de terrain totalement différents en une seule sortie. C’est aussi ce qui rend cette montagne plus flexible qu’une simple ascension sur un itinéraire unique. Toutefois, les kilométrages exacts et les variations de pente de chaque itinéraire varient considérablement selon les sources ; lors de la planification, il est conseillé de recouper les panneaux de signalisation les plus récents sur le terrain avec les cartes officielles de randonnée/vélo, sans se fier uniquement à une seule source en ligne.
Stratégie d’allure : comment ne pas exploser en plein milieu
D’après la décomposition par segments précédente, le « piège » de cette route est évident : la pente douce du début incite facilement à dépenser trop d’énergie avant même d’entrer dans le cœur du parc national ; le segment central, avec une pente maintenue autour de 7 % sur une longue durée et sans ombre, est la section où la puissance a le plus de risques de déraper sur l’ensemble de la montée.
Pour un amateur moyen, une stratégie d’allure plus prudente serait :
- Premier segment (0–8 km) : réduire délibérément la puissance, en maintenant une intensité de croisière légèrement inférieure à son FTP personnel, en gardant la fréquence cardiaque dans une zone où l’on peut converser normalement, sans se laisser emporter par l’excitation du départ.
- Segment central (8–17 km) : le cœur de la bataille d’endurance. Ici, il est recommandé d’adopter un rythme stable et soutenable, en évitant les accélérations brusques lorsque la pente se redresse — la combinaison de la chaleur, de l’exposition au soleil et de l’ascension continue peut facilement provoquer un « mur » avant même d’apercevoir le sommet. Sur cette section, il est également conseillé de planifier à l’avance son rythme d’hydratation : même sans sensation de soif, buvez régulièrement de petites gorgées pour éviter que la déshydratation n’affecte les performances de la fin de parcours.
- Dernier segment (17–24,3 km) : garder une marge pour le sprint final. À ce stade, l’altitude est élevée et le vent ressenti se renforce. Si l’allure précédente a été bien gérée, cette section devient au contraire une zone de motivation positive, où l’on « voit la ligne d’arrivée » ; on peut alors, selon son état de forme, augmenter raisonnablement la puissance et savourer la satisfaction de grimper sur le toit du Portugal.
Cette stratégie de « prudence au début, stabilité au milieu, conclusion en fin de parcours » rejoint en réalité la logique d’allure que les cyclistes taïwanais connaissent bien pour Wuling : les grimpeurs expérimentés de Wuling savent que le pire est d’épuiser ses forces avant Renzhiguan. La zone de pentes raides du milieu de la Serra da Estrela est, d’une certaine manière, son « Renzhiguan ».
Calculer la puissance avec des formules physiques : à quel point cette route est-elle éprouvante ?
Plutôt que de deviner la difficulté au ressenti, calculons-la sérieusement avec un modèle physique. La puissance nécessaire pour grimper est principalement composée de trois forces :
P = (Fg + Fr + Fa) × v / efficacité de transmission
Fg = m × g × sin(arctan(pente)) composante gravitationnelle
Fr = m × g × cos(arctan(pente)) × Crr résistance au roulement
Fa = 0,5 × ρ × CdA × v² résistance aérodynamique
Cet article utilise les paramètres hypothétiques suivants (il s’agit d’un modèle d’estimation, pas de mesures précises) :
- Poids du cycliste : 70 kg + vélo et équipement : 9 kg, soit m = 79 kg au total
- Accélération gravitationnelle g = 9,81 m/s²
- Coefficient de résistance au roulement Crr ≈ 0,005 (asphalte, pneus de vélo de route)
- Surface frontale aérodynamique CdA ≈ 0,32 m² (position de grimpeur)
- Masse volumique de l’air ρ ajustée à la baisse avec l’altitude — l’altitude moyenne de cet itinéraire se situe autour de 1 225 mètres, la masse volumique de l’air y est légèrement inférieure à celle du niveau de la mer (1,225 kg/m³), le calcul réel donne environ 1,059 kg/m³
- Efficacité de transmission ≈ 0,975
En intégrant ces paramètres pour 24,3 km avec une pente moyenne de 6,6 %, voici les résultats obtenus avec Python :
| Rapport puissance/poids | Profil correspondant | Temps d’ascension estimé | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Débutant terminant l’ascension | 2 h 27 min | 9,87 km/h |
| 2,5 W/kg | Amateur moyen | 1 h 59 min | 12,19 km/h |
| 3,0 W/kg | Cycliste avancé | 1 h 41 min | 14,43 km/h |
| 4,0 W/kg | Niveau compétition | 1 h 18 min | 18,66 km/h |
| 5,0+ W/kg | Niveau professionnel | 1 h 4 min | 22,53 km/h |
Ce qui précède est une estimation issue d’un modèle physique, sans tenir compte du vent, de l’état de la route, des différences morphologiques ni des arrêts pour se ravitailler ; les temps de parcours réels varieront. Mais ce tableau suffit déjà à démontrer une chose : pour un amateur moyen (environ 2,5 W/kg), il s’agit d’un effort soutenu de près de deux heures. Transposé à une expérience de grimpe familière aux Taïwanais, l’intensité et la durée sont très proches de celles de Wuling (depuis Puli), voire potentiellement plus lourdes sur le plan de la charge globale, la pente moyenne étant légèrement supérieure.
Il est strictement interdit d’inventer des temps de référence de cyclistes professionnels sur ce segment — bien que cette route soit un passage régulier du Tour du Portugal, les données officielles précises de chronométrage par segment ne sont pas facilement vérifiables publiquement, et les normes de chronométrage varient d’une source à l’autre. Cet article ne cite aucun record sans fondement ; les lecteurs intéressés peuvent consulter les résultats officiels de l’édition concernée.
Il est à noter que le poids influence directement la perception de la difficulté de cette route. Pour une même puissance relative de 2,5 W/kg, un cycliste léger de 60 kg et un cycliste de 80 kg, en raison de la différence de poids total (vélo et équipement inclus), auront des puissances absolues différentes, mais à puissance relative égale, les temps d’ascension théoriques seront très proches — c’est aussi la raison physique pour laquelle les grimpeurs ont généralement un poids corporel plus léger : à niveau d’entraînement égal, un poids plus léger signifie qu’atteindre le même W/kg nécessite une puissance absolue plus faible, plus facile à maintenir lors d’une longue ascension. À l’inverse, un cycliste plus massif, doté d’une capacité de puissance absolue plus élevée, peut également tirer son épingle du jeu dans une longue montée s’il parvient à contrôler son poids dans une fourchette raisonnable — c’est précisément pour cela que les profils des grimpeurs et des rouleurs au sein des équipes professionnelles sont souvent très différents.
Le point de vue des cyclistes taïwanais : traduire cette route dans un langage qui nous est familier
Si l’on devait comparer avec une expérience de grimpe taïwanaise, la combinaison la plus proche de la Serra da Estrela serait « la longueur de Wuling + la sensation de pente continue de Fengguizui ». Elle ne présente pas les pentes redoutables de plus de 20 % que l’on trouve sur Wuling entre Cingjing et l’arche de Wuling, mais sa pente moyenne est plus soutenue et plus continue que celle de Wuling dans son ensemble (y compris ses sections plus douces), et avec les ondulations urbaines du début en guise d’échauffement, la charge ressentie n’est pas à négliger.
Pour les cyclistes habitués à la route provinciale 14甲 de Puli à Wuling (environ 47 km, plus de 2 300 mètres de dénivelé), l’échelle de la Serra da Estrela est nettement plus réduite — la distance ne représente qu’environ la moitié, mais le « niveau de difficulté par kilomètre » n’a rien à envier. En d’autres termes, c’est une route idéale pour une « première expérience des grands cols européens » : suffisamment dure et gratifiante, sans pour autant exiger le seuil de condition physique extrême de l’Alpe d’Huez ou du Mont Ventoux.
Rappels pratiques avant de partir
- Choix de la saison : La Serra da Estrela est enneigée en hiver, et la zone sommitale abrite même la seule station de ski du Portugal, ce qui signifie que les conditions hivernales ne conviennent pas à une sortie sur route. On considère généralement que la fin du printemps jusqu’au début de l’automne est la saison la plus adaptée, mais pour les informations précises concernant les fermetures et l’accessibilité, il est impératif de se référer aux annonces officielles des autorités routières locales et du parc national, et de ne pas remplacer une vérification en temps réel par les descriptions saisonnières de cet article.
- Adaptation à l’altitude : Le sommet culmine à près de 2 000 mètres d’altitude. Bien que cela soit loin des 3 275 mètres du mont Wuling à Taïwan, les cyclistes qui s’entraînent principalement en plaine peuvent tout de même ressentir de légers effets liés au changement d’altitude. Il est conseillé de ne pas enchaîner immédiatement avec des sprints à haute intensité à l’arrivée, mais de laisser d’abord le corps s’acclimater à l’environnement.
- Transport et hébergement : Covilhã est une ville de taille respectable et constitue une base de départ relativement pratique. Cependant, pour les détails précis concernant la location de voiture, les navettes et l’hébergement, veuillez vous référer aux informations touristiques locales et aux annonces officielles. Cet article ne cite pas de prix ou d’horaires spécifiques afin d’éviter que des informations obsolètes n’induisent les lecteurs en erreur.
- Concept de ravitaillement : La répartition des commerces et des points de ravitaillement le long du parcours en montagne varie selon les saisons (haute et basse saison touristique). Il est recommandé d’emporter suffisamment d’eau et de nourriture avant le départ, sans dépendre entièrement des achats en cours de route.
Avertissement de sécurité : les risques liés au climat de montagne et à la descente ne doivent pas être pris à la légère
Même si le sommet de la Torre culmine à « seulement » moins de 2 000 mètres, la variabilité du climat de type montagnard reste bien réelle. Il faut particulièrement prêter attention aux points suivants :
- Changements climatiques soudains : Les systèmes météorologiques en haute montagne évoluent souvent beaucoup plus rapidement qu’en plaine. Avant le départ, il est impératif de consulter les prévisions météorologiques en temps réel et d’emporter suffisamment de couches chaudes et coupe-vent. Même en partant en été, la température au sommet peut être nettement inférieure à celle du pied de la montagne.
- Risque d’hypothermie en descente : Pendant l’ascension, le corps produit de la chaleur par l’effort et l’on ne ressent pas le froid. Mais en descente, l’effet du vent refroidissant fait chuter brutalement la température ressentie. De plus, des vêtements humides de transpiration dissipent la chaleur encore plus vite. Il est donc impératif de préparer des vêtements chauds avant d’atteindre le sommet, avant d’entamer la descente, afin d’éviter que l’hypothermie ne réduise l’attention et la maîtrise du vélo en cours de route.
- Différences du code de la route : Les règles de circulation et les habitudes de conduite au Portugal diffèrent de celles de Taïwan. Les routes de montagne sont sinueuses et vallonnées, avec des espaces de croisement limités. Il est impératif de respecter la réglementation locale et de redoubler de vigilance lorsque la visibilité est mauvaise (brouillard épais, averses soudaines). Si nécessaire, faites une halte et attendez que le temps s’améliore.
- Réactions du corps à l’altitude : Bien que l’altitude ne soit pas extrême, un effort intense et prolongé combiné au facteur altitude peut provoquer de légers vertiges ou une sensation de fatigue accrue. Si vous ressentez un inconfort manifeste, réduisez immédiatement l’intensité ou faites une pause, sans forcer pour atteindre le sommet.
- La course sur route ouverte n’est pas encouragée : Cet itinéraire est emprunté par des véhicules classiques. Gardez une distance de sécurité, ne dépassez pas en sens inverse, contrôlez votre vitesse en descente, et faites du plaisir de rouler une priorité qui repose sur la sécurité.
Les rappels de cet article ne sont que des principes généraux et ne constituent ni un avis médical ni un conseil professionnel de montagne. Si vous avez des antécédents de maladies cardiovasculaires, un malaise récent, ou si vous appartenez à une catégorie particulière (maladie chronique, grossesse, personne âgée), consultez un avis médical professionnel avant le départ pour évaluer si une activité de haute intensité en altitude vous convient. Si, pendant la sortie, vous ressentez des signes d’alerte médicale tels qu’une oppression thoracique, de violents maux de tête, une confusion, des difficultés respiratoires, arrêtez immédiatement l’activité et consultez un médecin. Le contenu de cet article ne saurait remplacer une évaluation médicale professionnelle.
Conclusion : une montagne européenne « atypique » qui mérite d’être gravie dans les mémoires
La Serra da Estrela ne figure pas en tête de liste des itinéraires cyclistes européens pour la plupart des cyclistes, et c’est précisément ce qui fait son charme — elle n’a pas l’effervescence pèlerine et bondée de l’Alpe d’Huez, ni l’aura légendaire surmédiatisée du mont Ventoux. Elle se dresse tranquillement au centre du Portugal, et avec ses 24 kilomètres de pente en granit, elle met à l’épreuve chaque cycliste qui accepte de la prendre au sérieux.
Si vous avez déjà gravi les itinéraires classiques des Alpes et des Pyrénées et que vous cherchez une ascension tout aussi solide, mais encore peu discutée, la Serra da Estrela mérite sérieusement de figurer dans votre prochain projet de voyage cycliste en Europe.
Points clés à retenir
- La Serra da Estrela est le plus haut massif du Portugal continental, la Torre en est le point culminant. Depuis Covilhã, l’ascension fait environ 24,3 km avec une pente moyenne d’environ 6,5 % à 6,8 %, classée en catégorie HC (hors catégorie)
- L’itinéraire peut être découpé en trois phases : « l’échauffement en ville », « le cœur de la montée raide dans le parc national » et « la section finale sur les hauts plateaux de montagne ». La partie centrale est une épreuve à la fois mentale et physique
- Avec un poids total estimé à 79 kg, un cycliste amateur (2,5 W/kg) mettra environ 2 heures pour terminer. La difficulté et la sensation de durée se rapprochent de l’expérience de la longue ascension du mont Wuling à Taïwan
- Avant le départ, vérifiez impérativement les conditions météorologiques locales en temps réel, les informations sur la circulation et les fermetures de routes ; ne vous fiez pas aux descriptions saisonnières d’une source unique
- Le climat de montagne est changeant et la descente expose à un risque d’hypothermie ; munissez-vous d’équipements chauds et réduisez votre vitesse lorsque la visibilité est mauvaise
- En cas d’antécédents cardiovasculaires ou de maladie chronique, consultez un avis médical avant le départ ; si un inconfort manifeste apparaît pendant la sortie, arrêtez-vous immédiatement et consultez un médecin
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