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Méditation et pleine conscience dans les sports d'endurance : des outils pratiques de régulation de l'attention, pas un discours spirituel

訓練科學

La méditation n’est pas « vider son esprit », c’est « s’entraîner à se concentrer »

Quand on parle de méditation ou de pleine conscience (mindfulness), de nombreux sportifs ont d’abord un réflexe d’association avec la posture assise, la religion, l’ésotérisme, et estiment que cela n’a rien à voir avec un entraînement dur et axé sur les données, la fréquence cardiaque et la puissance, comme le cyclisme ou la course à pied. Mais si on change de perspective : le cœur de la méditation et de la pleine conscience est en réalité un ensemble de méthodes pour entraîner la « capacité de régulation de l’attention », ce qui est fondamentalement le même arbre de compétences que la capacité des athlètes d’endurance à gérer la sensation de fatigue, à maintenir leur concentration et à contrôler leurs décisions d’allure lors de longues compétitions ou séances d’entraînement.

Cet article n’a pas l’intention de présenter la méditation comme une expérience mystique, mais plutôt de l’introduire comme une compétence qui peut être décomposée, pratiquée et dont les effets peuvent être vérifiés : ce qu’elle fait concrètement, quels sont ses scénarios d’application spécifiques pour les athlètes d’endurance, comment les débutants devraient commencer à la pratiquer, ainsi que les malentendus courants rencontrés pendant la pratique.

Ce qu’est réellement la pleine conscience : la décomposer en une définition opérationnelle

La pleine conscience (mindfulness), dans la pratique, fait généralement référence au fait de « porter volontairement son attention sur l’expérience du moment présent, sans jugement ». Cette phrase, une fois décomposée, contient trois éléments clés :

  1. Guider volontairement son attention : c’est une action active et entraînable, différente du fait de « rêvasser » ou de « vider son esprit » de manière passive.
  2. Se concentrer sur le moment présent : il ne s’agit pas de repenser aux erreurs d’entraînement passées, ni de s’inquiéter d’un résultat de course qui n’a pas encore eu lieu, mais de ramener son attention sur les sensations corporelles, la respiration et les mouvements qui se produisent en ce moment même.
  3. Sans jugement : lorsqu’on observe la fatigue, les courbatures ou l’apparition de pensées parasites, on ne s’empresse pas de critiquer (« je suis si faible » ou « je ne devrais pas penser à ça »), mais on reconnaît simplement l’existence de ces sensations, puis on ramène son attention.

Pour les athlètes d’endurance, le troisième point est particulièrement important. Lors de longues compétitions ou séances d’entraînement, l’inconfort physique et la sensation de fatigue sont voués à apparaître. L’objectif de la pratique de la pleine conscience n’est pas d’éliminer ces sensations, mais de changer notre façon d’interagir avec elles — ni se laisser emporter par elles émotionnellement, ni les réprimer ou les nier de force.

Pourquoi les sports d’endurance ont particulièrement besoin de ces compétences

La gestion de l’attention dans un schéma moteur unique et prolongé

Lors de longues sorties à vélo sur route ou dans la seconde moitié d’un marathon, le schéma moteur est hautement répétitif. Dans ce contexte, le cerveau tombe facilement dans un dialogue interne négatif et récurrent (« c’est encore loin », « j’ai les jambes lourdes », « je ne vais pas tenir »). Si ce type de pensées s’accumule et s’amplifie, cela affecte significativement la perception subjective de la fatigue et l’épuisement de la volonté. L’entraînement à la pleine conscience fournit une technique pour « remarquer l’apparition des pensées parasites sans se laisser emporter », permettant à l’athlète de choisir plus consciemment où porter son attention, plutôt que d’être passivement entraîné par des pensées négatives.

Recadrer la perception de la douleur et de la fatigue

Il faut ici clarifier un point : la pleine conscience ne consiste pas à « ignorer les signaux du corps ». Ce point est directement lié aux considérations de sécurité, et il ne faut absolument pas prôner le fait de tenir coûte que coûte par la force de la volonté face à de véritables signaux d’alarme nécessitant l’arrêt de l’activité (comme des douleurs thoraciques, de graves vertiges, des douleurs articulaires intenses). L’application de la pleine conscience ici concerne les inconforts de fatigue dans la plage normale pendant l’entraînement ou la compétition : il s’agit de s’entraîner à les observer de manière moins émotionnelle et moins catastrophisante, plutôt que d’associer systématiquement chaque courbature à « je suis fichu » ou « je n’y arriverai pas ». Ce tampon cognitif est concrètement utile pour maintenir un jugement rationnel dans les décisions d’allure.

La régulation de l’anxiété pré-compétition

De nombreux athlètes ressentent une anxiété marquée avant les grandes compétitions : accélération du rythme cardiaque, dégradation de la qualité du sommeil, pensées répétitives et vagabondes. Les exercices de respiration et les techniques de scan corporel couramment utilisés dans la pratique de la pleine conscience peuvent servir d’outils de régulation de l’état d’éveil physiologique avant une compétition, aidant l’athlète à trouver un état mental relativement stable sur la ligne de départ, plutôt que de commencer la course avec une anxiété excessive et tendue.

La concentration à l’entraînement et la qualité du geste

Pour les disciplines nécessitant un contrôle moteur fin (comme les techniques de virage en cyclisme sur route, ou le maintien de la cadence de foulée en course à pied), la capacité de « se concentrer sur le moment présent » mise en avant par l’entraînement à la pleine conscience peut, en théorie, aider l’athlète à percevoir plus finement les détails de ses mouvements et les retours de son corps, permettant ainsi des micro-ajustements plus immédiats.

Clarification des malentendus courants

Malentendu courant Compréhension plus précise
La méditation est une pratique religieuse La pratique de la pleine conscience peut être totalement détachée de tout contexte religieux ; c’est une méthode d’entraînement aux compétences psychologiques
Méditer, c’est vider son esprit et ne doit laisser place à aucune pensée Les pensées apparaissent naturellement et en continu ; l’objectif de la pratique de la pleine conscience est de « remarquer l’apparition d’une pensée puis de ramener doucement son attention », et non de se forcer à n’avoir aucune pensée
La méditation est difficile et nécessite des heures de posture assise pour être efficace Une pratique courte et régulière (par exemple 5 à 10 minutes par séance) est un point de départ raisonnable ; pas besoin de viser de longues périodes de méditation assise dès le début
La pleine conscience permet de ne plus ressentir aucune douleur ni fatigue La pleine conscience modifie « la façon d’interagir avec les sensations d’inconfort », elle n’élimine pas les signaux physiologiques réels de fatigue ou de douleur, et ne doit surtout pas être utilisée pour ignorer les signes d’alarme nécessitant une consultation médicale
La méditation n’aide que sur le plan mental et n’a aucun lien avec les performances physiques L’état mental et la performance physiologique s’influencent mutuellement ; la gestion de l’attention et la régulation de l’anxiété ont un lien concret avec les décisions d’allure et le jugement en situation de compétition

Comment les débutants peuvent commencer à pratiquer : un cheminement progressif

Première étape : la conscience de la respiration de base (semaines 1 à 2)

Trouvez un environnement calme et peu propice aux perturbations. Accordez-vous environ 5 minutes par jour pour porter simplement votre attention sur la sensation de la respiration — la sensation de l’air entrant et sortant des narines, le rythme de l’élévation de la poitrine ou de l’abdomen. Lorsque vous remarquez que vos pensées s’égarent (ce qui est normal et inévitable), ne vous blâmez pas ; ramenez simplement et doucement votre attention sur la respiration. L’objectif de cette étape n’est pas de « ne jamais être distrait », mais de s’entraîner à l’action même de « remarquer la distraction puis ramener son attention ».

Deuxième étape : la pratique du scan corporel (semaines 3 à 4)

Une fois la conscience de la respiration de base maîtrisée, vous pouvez étendre la pratique au scan corporel (body scan) : allongé ou assis, portez successivement votre attention de la tête aux pieds (ou dans l’autre sens) sur chaque partie du corps, en observant simplement la sensation présente dans chaque zone (tension, relaxation, courbature, température), sans jugement ni envie de la « régler » immédiatement. C’est particulièrement utile pour les athlètes, car cela développe une capacité d’observation plus fine des signaux corporels, une capacité qui, à l’entraînement comme en compétition, permet de repérer plus tôt les signaux anormaux.

Troisième étape : la pratique de la pleine conscience en situation dynamique

Une fois que la pratique statique a une certaine base, vous pouvez essayer d’intégrer la pleine conscience dans des situations d’entraînement réelles, par exemple lors d’une sortie tranquille ou d’une récupération en course à pied : entraînez-vous délibérément à porter votre attention sur le rythme respiratoire, la cadence de pédalage ou de foulée, et les sensations subtiles de la posture corporelle. Lorsque des pensées parasites surgissent (par exemple penser au travail, ou se demander combien de temps il reste à rouler), entraînez-vous à ramener doucement votre attention sur les sensations corporelles du moment présent. À ce stade, il n’est pas recommandé d’essayer cette technique pour la première fois directement lors d’une séance à haute intensité ou en compétition, car les ressources cognitives sont déjà relativement limitées en haute intensité ; il faut d’abord maîtriser cette technique dans des contextes d’intensité faible à modérée et relativement détendus.

Quatrième étape : l’application en situation de compétition

Ce n’est qu’après avoir acquis une base de pratique lors des étapes précédentes que l’on peut envisager d’appliquer les techniques de pleine conscience en compétition réelle, par exemple utiliser des exercices de respiration avant la course pour réguler la tension nerveuse, ou, pendant la course, face à l’apparition de la sensation de fatigue, s’entraîner à la traiter par l’observation plutôt que par l’affrontement, au lieu de laisser les pensées négatives s’amplifier sans cesse. À ce stade, il est recommandé d’expérimenter d’abord lors de courses d’entraînement moins importantes ou de compétitions de niveau inférieur, puis d’appliquer ces techniques aux grandes échéances une fois l’expérience accumulée.

Le lien entre la pleine conscience et les concepts existants de la psychologie du sport

Si l’on replace la pleine conscience dans le contexte des sports d’endurance, elle a des connexions naturelles avec plusieurs concepts déjà bien connus dans le milieu sportif. Comprendre ces liens nous aide à ne pas considérer la pleine conscience comme un élément nouveau, isolé et abrupt, mais comme une extension de la logique d’entraînement existante.

La relation avec l’échelle de perception de l’effort (RPE)

L’échelle RPE de Borg est un outil couramment utilisé par les athlètes d’endurance pour évaluer leur perception subjective de l’intensité de l’effort. Pour utiliser précisément le RPE, un certain degré de conscience corporelle est nécessaire — il faut être capable d’observer de manière relativement objective son propre essoufflement et la sensation de fatigue musculaire du moment, sans que le jugement soit fortement perturbé par les émotions ou l’humeur du moment. L’accent mis par la pratique de la pleine conscience sur « observer les sensations corporelles du moment présent sans jugement » contribue, dans une certaine mesure, à développer la capacité sous-jacente qui rend l’évaluation RPE plus précise. Un athlète entraîné à l’observation sera souvent capable de remarquer plus tôt et plus précisément que l’intensité a dépassé la plage prévue, et d’ajuster son allure en conséquence, plutôt que de ne réaliser qu’il y a un problème qu’au moment de l’effondrement manifeste.

Relation avec l’état de « Flow »

L’état de « flow » souvent discuté en psychologie du sport désigne un état mental caractérisé par une concentration intense, une fusion entre l’action et la conscience, et une perception altérée du temps. De nombreux coureurs de fond et cyclistes sur route ont décrit des expériences similaires, comme « entrer dans un certain rythme et oublier le temps qui passe ». L’une des conditions d’émergence de l’état de flow est une attention hautement concentrée sur la tâche présente, sans être perturbé par des pensées parasites ou le doute de soi. La capacité de régulation attentionnelle développée par la pratique de la pleine conscience peut être considérée comme l’un des fondements pour entrer dans l’état de flow — bien que le flow implique également d’autres facteurs comme l’adéquation entre le défi et les compétences, la pleine conscience n’est pas la seule clé, mais elle constitue certainement une pièce importante du puzzle.

Relation avec la qualité des décisions de stratégie d’allure

Les décisions d’allure en endurance sont essentiellement une série de jugements continus pris en état de fatigue. Si l’athlète est submergé par des émotions négatives ou des pensées catastrophistes du moment (par exemple, succomber trop tôt à l’idée « je suis en mauvaise forme aujourd’hui, autant abandonner »), la qualité des décisions d’allure peut être perturbée, pouvant conduire à un abandon prématuré ou, à l’inverse, à une perte de contrôle de l’allure due à l’anxiété. L’espace tampon offert par la pleine conscience — « observer les pensées sans agir immédiatement » — peut théoriquement aider l’athlète à conserver une certaine rationalité décisionnelle en état de fatigue, plutôt que d’être entièrement dominé par les émotions du moment.

Un exemple simple de programme d’introduction sur quatre semaines

Voici un programme progressif destiné aux athlètes sans aucune expérience de la méditation. La durée et le contenu peuvent être ajustés en fonction de la situation personnelle, l’essentiel étant que la « régularité » prime sur la « durée » :

Semaine Contenu de la pratique Fréquence / durée suggérée
Semaine 1 Conscience de base de la respiration 5 minutes par jour, avant de dormir ou au réveil
Semaine 2 Conscience de la respiration + balayage corporel simple 5 à 8 minutes par jour
Semaine 3 Prolongement du balayage corporel + 3 minutes de régulation respiratoire avant l’entraînement À ajouter avant l’échauffement les jours d’entraînement
Semaine 4 Intégrer la méthode d’ancrage sensoriel dans une sortie facile à vélo ou un footing de récupération Intégrer la pratique pendant l’entraînement, la durée dépend de l’entraînement lui-même

Après avoir complété ces quatre semaines de base, vous pouvez décider selon votre situation personnelle de passer à des applications contextuelles plus avancées (comme la régulation de l’anxiété pré-compétition, ou la technique d’étiquetage des pensées en course). Inutile de vouloir tout apprendre en peu de temps ; la pleine conscience est une compétence qui se construit sur le long terme, et non une technique express.

Outils et méthodes pratiques

Méthode Description Contextes adaptés
Comptage respiratoire Se concentrer sur le comptage des respirations (par exemple, recommencer après avoir compté jusqu’à 10), ramener doucement l’attention en cas de distraction Avant de dormir, en cas de nervosité pré-compétition
Balayage corporel Scanner successivement les sensations dans chaque partie du corps Détente après l’entraînement, avant de dormir
Respiration synchronisée avec la cadence Observer la respiration en lien avec la cadence de course ou de pédalage Pratiquer la concentration lors d’entraînements faciles
Ancrage sensoriel Porter délibérément attention aux détails concrets des cinq sens du moment présent (bruit du vent, sensation du sol, lumière) Sur les longues portions monotones, comme les longues sorties le long des rivières
Étiquetage des pensées Lorsqu’une pensée parasite surgit, la marquer simplement mentalement (« c’est de l’inquiétude », « c’est une pensée de fatigue »), puis la laisser partir Gérer les émotions négatives en compétition

Points de vigilance

Ne remplace pas une évaluation médicale ou psychologique professionnelle

Si votre anxiété ou votre stress atteint un niveau qui affecte clairement votre vie quotidienne, votre sommeil ou vos relations interpersonnelles, ou si vous suspectez un trouble de santé mentale comme la dépression ou l’anxiété, la pratique de la pleine conscience peut servir d’outil complémentaire, mais elle ne remplace pas une consultation psychologique professionnelle ou une évaluation psychiatrique. Considérer la pleine conscience comme l’unique solution et éviter de chercher une aide professionnelle pourrait retarder la prise en charge réellement nécessaire.

Ne doit pas servir à ignorer de véritables signaux d’alarme du corps

Ce point a déjà été évoqué précédemment, mais il mérite d’être répété : la pleine conscience traite l’inconfort lié à la fatigue dans la plage normale de l’entraînement et de la compétition. Elle ne doit absolument pas être utilisée pour se convaincre d’ignorer des signaux d’alarme tels que des douleurs thoraciques, des vertiges sévères, des douleurs articulaires aiguës ou une difficulté respiratoire anormale, qui nécessitent d’arrêter immédiatement l’effort et de consulter un médecin. Si, au cours de la pratique de la pleine conscience, vous développez une tendance à « tenir coûte que coûte par la force de la volonté face à des signaux physiques clairement anormaux », il s’agit d’une utilisation dangereuse qu’il faut immédiatement corriger.

Différences individuelles et fréquence de pratique

Comme pour toute autre compétence psychologique, les effets de la pleine conscience varient d’une personne à l’autre et nécessitent un certain temps d’accumulation avant de se manifester progressivement dans les situations sportives concrètes. Il n’est pas recommandé de s’attendre à des changements visibles après une ou deux séances, ni de conclure que cette méthode ne fonctionne pas pour vous simplement parce que vous n’avez pas l’impression de ressentir grand-chose au début.

Contexte local taïwanais : scénarios d’application pratique

Terrain d’entraînement à la concentration pour les longues sorties le long des rivières

Les pistes cyclables riveraines de Taïwan sont plates et monotones, ce qui en fait un cadre idéal pour pratiquer la « méthode d’ancrage sensoriel » — porter délibérément attention au bruit du vent, aux reflets de la lumière sur l’eau, au rythme de pédalage pendant la sortie, plutôt que de scroller sur son téléphone ou de laisser vagabonder son esprit. Cela permet d’accumuler à la fois du kilométrage et de l’expérience en pleine conscience.

Gestion de la fatigue sur les longues ascensions comme Wuling

Pour des ascensions longues et intenses comme celle de Wuling, la partie médiane et finale est souvent la phase où la volonté et la sensation de fatigue s’affrontent le plus durement. C’est précisément le scénario typique où la pleine conscience — « observer la sensation de fatigue sans se laisser amplifier et emporter par les émotions » — s’avère utile : plutôt que de tomber dans la boucle de dialogue interne négative (« c’est encore loin, je ne vais pas y arriver »), il est préférable de s’entraîner à ramener l’attention sur le rythme respiratoire et la cadence de pédalage, pour simplement traverser chaque tour de pédale du moment présent.

Détente express avant l’entraînement en zone urbaine

Pour les amateurs de sport en zone urbaine, souvent débordés par le travail et qui doivent se libérer du temps pour s’entraîner, prendre 5 minutes de conscience respiratoire simple avant l’entraînement peut aider à passer d’un état de tension lié au mode travail à l’état de concentration requis pour l’entraînement. Ce rituel de transition a une utilité pratique pour la qualité de la séance.

Régulation de l’anxiété pendant l’attente du départ en compétition

Lors de grands événements comme le Marathon de Taipei ou le Marathon de Wan Jin Shi, le temps d’attente avant le départ est souvent accompagné d’une certaine nervosité et de la pression de la foule. Dans ce contexte, un simple exercice de comptage respiratoire est un outil pratique, relativement facile à réaliser dans un espace restreint, pour aider à stabiliser les émotions.

Obstacles courants à la pratique et façons d’y faire face

Au début de la pratique de la pleine conscience, la plupart des gens rencontrent des frustrations similaires. Voici quelques obstacles courants et les ajustements d’état d’esprit correspondants :

« Je n’arrête pas de me distraire, est-ce que ça veut dire que je fais mal ? »

C’est l’incompréhension la plus courante. La distraction et l’apparition de pensées parasites sont un fonctionnement normal du cerveau, et non une preuve d’échec de la pratique. Ce que la pleine conscience entraîne réellement, c’est le processus même de « remarquer la distraction, puis ramener doucement l’attention ». Chaque fois que vous remarquez que vous êtes distrait et que vous ramenez votre attention, c’est en réalité une séance d’entraînement efficace, et non un échec. Plutôt que de viser l’objectif irréaliste de « ne jamais être distrait », il est préférable de se concentrer sur le « nombre de fois où vous ramenez votre attention » et sur « l’attitude avec laquelle vous la ramenez — avec douceur plutôt qu’en vous blâmant ».

« Quand je me calme, je suis encore plus anxieux, mes pensées sont encore plus confuses »

Certaines personnes, lorsqu’elles sont seules dans le calme, ressentent l’émergence d’une anxiété habituellement masquée par l’agitation du quotidien. Ce phénomène n’est pas rare. Si cela se produit, il est recommandé de commencer par des séances plus courtes (2 à 3 minutes) et de les associer à des contextes dynamiques (comme la méthode d’ancrage sensoriel à vélo mentionnée précédemment), plutôt que de se forcer à rester assis longtemps dans le calme face à un inconfort émotionnel intense. Si cette anxiété persiste et reste difficile à gérer par vous-même, c’est également un moment raisonnable pour chercher une aide psychologique professionnelle, plutôt que de s’acharner seul avec la pratique.

« Je n’ai pas le temps, l’entraînement et le travail remplissent déjà ma vie »

La pratique de la pleine conscience ne nécessite pas de dégager un grand créneau supplémentaire. La conscience respiratoire mentionnée précédemment peut tout à fait s’intégrer dans le rythme de vie existant : aux feux rouges pendant les déplacements, pendant les temps morts de l’échauffement avant l’entraînement, ou quelques minutes au lit avant de dormir. Ce sont autant de moments fragmentaires propices à la pratique. L’important est la continuité, pas la durée de chaque séance.

« Après plusieurs semaines, je ne ressens aucune différence »

Les changements apportés par la pleine conscience sont généralement progressifs et subtils, et ne se mesurent pas aussi clairement que les progrès en musculation (comme l’augmentation des charges ou l’amélioration de l’allure). Il est conseillé de porter son attention sur des changements moins évidents mais bien réels, par exemple : face à la sensation de fatigue à l’entraînement, est-on moins enclin à tomber dans le tourbillon des émotions négatives ? La nervosité pré-compétition est-elle un peu plus facile à réguler qu’avant ? Ces changements ne se manifestent généralement qu’après plusieurs semaines à plusieurs mois de pratique régulière. Abandonner trop tôt risquerait de manquer la phase où les effets se font réellement voir.

Consultation médicale et signes d’alerte

Les situations suivantes recommandent de solliciter une aide psychologique ou médicale professionnelle, plutôt que de se reposer uniquement sur des techniques de pleine conscience pratiquées en autonomie :

  • L’anxiété ou le stress perturbe clairement la vie quotidienne, le sommeil, l’alimentation ou les relations interpersonnelles depuis plusieurs semaines
  • Apparition d’une humeur dépressive persistante, perte d’intérêt pour des activités auparavant appréciées (y compris le sport lui-même)
  • Crises de panique récurrentes et incontrôlables (comme des palpitations soudaines et intenses, des difficultés respiratoires, une forte sensation de perte de contrôle)
  • L’anxiété de performance sportive a évolué au point d’éviter l’entraînement ou la compétition
  • Toute pensée d’automutilation ou suicidaire nécessite une recherche immédiate de soutien psychologique d’urgence ou un appel aux lignes d’assistance dédiées

Cet article présente des méthodes générales d’entraînement de l’attention et ne saurait remplacer une consultation psychologique professionnelle, une évaluation ou un traitement en santé mentale. Si vous traversez des difficultés psychologiques manifestes, veuillez impérativement solliciter une aide professionnelle.

Points clés et liste d’actions

  • La pleine conscience est une compétence de régulation de l’attention entraînable, dont le cœur est « se concentrer consciemment sur le moment présent, sans jugement », sans nécessiter de cadre religieux ou métaphysique.
  • Sa valeur pratique pour les athlètes d’endurance comprend : la gestion du dialogue intérieur négatif lors d’exercices longs et monotones, la régulation de l’anxiété pré-compétition, et la modification de la façon d’interagir avec les sensations d’inconfort liées à la fatigue.
  • Il est recommandé de commencer par de courtes séances de conscience de la respiration, de progresser vers le scan corporel, puis l’application dans des situations d’entraînement dynamiques, avant d’envisager une utilisation en compétition. Ne tentez pas d’emblée des situations à haute difficulté.
  • La pratique de la pleine conscience ne doit en aucun cas servir à ignorer les signaux corporels d’alerte exigeant l’arrêt immédiat de l’effort et une consultation médicale. C’est une ligne rouge de sécurité.
  • Si l’anxiété ou le stress affecte clairement la vie quotidienne, ou en cas de suspicion d’un trouble de santé mentale, une aide professionnelle doit être recherchée. La pleine conscience n’est qu’un outil complémentaire, pas un substitut au traitement.
  • Les effets s’accumulent avec le temps. Il n’est pas nécessaire de conclure à l’inefficacité de la méthode faute de ressenti initial marqué, et il ne faut pas s’attendre à des résultats immédiats.

Considérez la pleine conscience comme un élément de votre plan d’entraînement, au même titre que la musculation ou l’entraînement cardio-respiratoire : elle nécessite une pratique régulière pour produire des effets visibles. Elle ne vous rendra pas plus rapide, mais elle vous permettra très probablement d’aborder les longues et difficiles séances d’entraînement et les compétitions avec un peu plus de sérénité et de résilience.

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