Guide complet de la respiration en course à pied : respiration abdominale, respiration rythmée et stratégies respiratoires selon l'intensité
La respiration est la technique de course la plus négligée, pourtant la plus fondamentale
De nombreux coureurs passent énormément de temps à étudier l’allure, la posture et l’équipement, mais réfléchissent rarement sérieusement à la « respiration ». La réaction instinctive de la plupart des gens est : la respiration n’est-elle pas quelque chose que le corps fait automatiquement ? Certes, la respiration est un processus automatique contrôlé par le système nerveux autonome, mais la « manière » de respirer — respiration thoracique ou abdominale, comment le rythme d’inspiration/expiration s’accorde avec la foulée — est un aspect technique qui peut être ajusté par l’entraînement et qui influence les performances et le confort de course.
Cet article expliquera d’abord les différences entre la respiration abdominale et la respiration thoracique, puis présentera la logique opérationnelle de la respiration rythmique (rhythmic breathing), et enfin proposera des stratégies respiratoires concrètes selon l’intensité de l’effort, tout en rappelant les signaux d’alerte du corps auxquels il faut prêter attention.
I. Respiration abdominale vs respiration thoracique
La respiration fait principalement intervenir le diaphragme et les muscles intercostaux. Selon le groupe musculaire dominant et la manière dont la cage thoracique se dilate, on distingue habituellement deux modes : la « respiration abdominale » et la « respiration thoracique ».
La respiration thoracique repose principalement sur la contraction des muscles intercostaux, qui élèvent et élargissent la cage thoracique pour inspirer. Ce mode de respiration est très courant dans la vie quotidienne, en particulier chez les personnes modernes qui restent assises de longues heures avec une mauvaise posture, développant facilement une habitude de respiration thoracique superficielle et rapide. Le problème de la respiration thoracique est le suivant : l’amplitude d’expansion de la cage thoracique est limitée, le volume d’air renouvelé à chaque respiration (volume courant) est relativement faible. Pour répondre à l’augmentation des besoins ventilatoires pendant l’effort, le corps ne peut compenser qu’en augmentant la fréquence respiratoire, ce qui rend la respiration superficielle et haletante, avec une sensation subjective d’« essoufflement ».
La respiration abdominale (également appelée respiration diaphragmatique) mobilise la respiration par la descente et la remontée du diaphragme. À l’inspiration, le diaphragme descend, pousse les organes abdominaux vers le bas et fait naturellement gonfler l’abdomen vers l’extérieur ; à l’expiration, le diaphragme se relâche et remonte, l’abdomen se rétracte. L’avantage de la respiration abdominale est que l’amplitude de mouvement du diaphragme est plus grande que celle des muscles intercostaux, ce qui permet un volume courant plus important — autrement dit, pour un même nombre de respirations, on renouvelle davantage d’air, avec une meilleure efficacité ventilatoire. De plus, la respiration abdominale provoque moins de tensions supplémentaires au niveau des épaules, du cou et des muscles de la partie supérieure de la cage thoracique que la respiration thoracique ; lors d’un effort prolongé, la fatigue des muscles respiratoires est moins susceptible d’affecter la relaxation globale pendant la course.
Comment pratiquer la respiration abdominale
Pour beaucoup de personnes habituées à la respiration thoracique, il n’est pas facile de saisir la sensation au début. Il est recommandé de s’entraîner d’abord dans une situation statique, puis d’intégrer ce mode respiratoire à la course une fois qu’il est maîtrisé :
- Allongé sur le dos ou assis, placez une main sur la poitrine et l’autre sur l’abdomen.
- Inspirez lentement par le nez, sentez la main sur l’abdomen se soulever, tandis que la main sur la poitrine reste aussi immobile que possible ou ne bouge que très légèrement.
- Expirez lentement (par le nez ou la bouche), sentez l’abdomen se rétracter naturellement.
- Répétez l’exercice en allongeant progressivement la durée de l’inspiration et de l’expiration, jusqu’à trouver un rythme naturel et détendu, sans effort forcé.
Une fois l’exercice statique maîtrisé, essayez d’intégrer ce mode respiratoire lors d’un footing à faible intensité. Au début, il n’est pas nécessaire d’exiger la perfection ; l’essentiel est de laisser le corps construire progressivement une mémoire musculaire de la respiration abdominale. À mesure que l’intensité de course augmente, une respiration purement abdominale se mêlera naturellement à une certaine proportion de respiration thoracique pour répondre aux besoins ventilatoires accrus. C’est une réaction physiologique normale ; il n’est pas nécessaire de s’obstiner à maintenir une respiration purement abdominale à haute intensité.
II. Respiration rythmique : synchroniser la respiration avec la foulée
La respiration rythmique (rhythmic breathing) est une stratégie respiratoire souvent discutée dans la communauté de la course d’endurance. Le concept central consiste à lier le rythme de l’inspiration et de l’expiration au nombre de poses de pieds au sol, formant ainsi un ratio fixe, par exemple « inspiration sur trois pas, expiration sur deux pas », un rythme alterné pair/impair.
Pourquoi utiliser un rythme alterné pair/impair
La logique derrière cette technique est d’éviter que chaque inspiration ou expiration ne tombe systématiquement au moment où le même pied touche le sol. Si le rythme respiratoire est pair sur pair (par exemple, inspiration sur deux pas, expiration sur deux pas), le point de départ de l’inspiration ou de l’expiration tombera toujours sur le même pied. À long terme, l’impact subi par ce pied au moment de l’inspiration sera théoriquement légèrement différent de celui de l’autre pied (car l’état de tension du diaphragme et du core à l’expiration diffère de celui à l’inspiration, ce qui peut avoir un léger effet sur la stabilité du tronc). L’utilisation d’un ratio impair (par exemple, inspiration sur trois pas, expiration sur deux pas, soit un cycle de cinq pas) permet au point de départ de l’inspiration et de l’expiration d’alterner entre le pied gauche et le pied droit, répartissant ainsi la charge de manière plus équilibrée entre les deux jambes. C’est un concept d’entraînement général ; son impact réel varie d’une personne à l’autre.
Ajuster le ratio respiration/foulée selon l’intensité
La respiration rythmique n’a pas un seul ratio fixe ; elle doit être ajustée en fonction de l’intensité de l’effort. Plus l’intensité est élevée, plus les besoins ventilatoires du corps sont importants, et plus le rythme respiratoire doit s’accélérer en conséquence :
| Zone d’intensité | Ratio respiration/foulée de référence | Explication |
|---|---|---|
| Footing, échauffement | Inspiration sur trois pas, expiration sur trois pas | Besoins ventilatoires faibles, on peut maintenir un rythme respiratoire plus long |
| Intensité modérée (seuil) | Inspiration sur trois pas, expiration sur deux pas | L’alternance pair/impair commence à être nécessaire pour équilibrer la charge sur les deux jambes |
| Haute intensité (intervalles, sprints) | Inspiration sur deux pas, expiration sur un pas | Besoins ventilatoires fortement accrus, rythme nettement accéléré |
Ce tableau fournit un cadre de référence conceptuel ; le ratio réel varie selon les individus. L’essentiel n’est pas de compter rigoureusement ses foulées, mais de comprendre le principe « plus l’intensité est élevée, plus le rythme respiratoire doit être rapide, tout en maintenant autant que possible une alternance pair/impair », afin de laisser le corps développer naturellement une habitude respiratoire, sans avoir à se concentrer constamment sur le comptage des pas pendant la course.
III. Stratégies respiratoires selon l’intensité
Footing et échauffement : privilégier la respiration nasale ou nasale-buccale combinée, en mettant l’accent sur la relaxation
À allure facile, les besoins ventilatoires sont faibles ; c’est le meilleur moment pour pratiquer la respiration abdominale et établir une habitude respiratoire détendue. Beaucoup de gens se demandent « faut-il respirer par le nez ou par la bouche en courant ? » Il n’y a pas de réponse absolue : la respiration purement nasale est effectivement viable à faible intensité, et la cavité nasale filtre, réchauffe et humidifie l’air, offrant une certaine protection aux voies respiratoires. Cependant, à mesure que l’intensité augmente, le volume ventilatoire de la respiration purement nasale devient souvent insuffisant ; à ce moment, la respiration nasale-buccale combinée (utiliser la bouche pour aider à l’inspiration et à l’expiration) est un ajustement naturel et raisonnable. Il n’est pas nécessaire de s’obstiner à respirer purement par le nez à intensité moyenne ou élevée.
Course au seuil et allure de course : trouver un rythme de résonance stable entre respiration et cadence
Dans cette zone d’intensité, la respiration commence à devenir nettement plus profonde et plus rapide. Il est recommandé d’appliquer le concept de respiration rythmique pour trouver un ratio respiration/foulée soutenable qui ne provoque pas d’essoufflement excessif. À ce stade, la stabilité du rythme respiratoire peut, dans une certaine mesure, servir d’indicateur pour évaluer si l’allure est appropriée — si le rythme respiratoire est constamment perturbé et nécessite des ajustements fréquents du ratio pour suivre, cela peut signifier que l’allure actuelle dépasse l’intensité soutenable du moment.
Intervalles à haute intensité et sprints : fréquence respiratoire fortement augmentée, accepter une sensation d’essoufflement temporaire
À une intensité proche de l’effort maximal, la respiration devient naturellement haletante ; c’est une réaction normale du corps face à d’importants besoins ventilatoires. Il n’est pas nécessaire de réprimer délibérément cette respiration ou de s’obstiner à maintenir un rythme lent. À ce stade, l’essentiel est au contraire de « ne pas retenir sa respiration » — beaucoup de personnes retiennent involontairement leur souffle ou respirent de manière saccadée lors d’un sprint intense ou d’une montée, ce qui diminue l’efficacité ventilatoire et augmente l’inconfort. Il est recommandé de s’entraîner à maintenir la continuité de l’inspiration et de l’expiration même à haute intensité, même si le rythme est rapide et l’amplitude superficielle, pour assurer un flux d’air continu.
Sections en montée : expirer plus fort, laisser l’inspiration suivre naturellement
En montée, beaucoup de coureurs se sentent particulièrement essoufflés. Outre l’augmentation de l’intensité, le changement d’inclinaison du tronc vers l’avant peut également affecter l’espace de mouvement du diaphragme. Dans cette situation, on peut essayer d’accentuer et d’allonger légèrement l’expiration : en évacuant plus complètement l’air vicié, l’inspiration suivante peut s’enchaîner plus naturellement, plutôt que de se concentrer uniquement sur une « inspiration forcée », car la profondeur de l’inspiration dépend dans une certaine mesure de la qualité de l’expiration précédente.
IV. Interaction entre respiration et posture de course
Le schéma respiratoire et la posture de course ne sont pas deux éléments indépendants. La posture du tronc influence directement l’espace de mouvement du diaphragme et des muscles intercostaux, ce qui affecte à son tour l’efficacité respiratoire. C’est un aspect souvent négligé par de nombreux coureurs.
Bascule excessive du tronc vers l’avant ou l’arrière. Lorsque le tronc est trop incliné vers l’avant pendant la course (fréquent en fin de course lors de la fatigue ou lorsqu’on cherche délibérément à accélérer), l’espace de la cage thoracique et de la cavité abdominale est compressé, limitant l’amplitude de descente du diaphragme. Cela peut rendre la respiration plus superficielle et davantage dépendante d’une respiration thoracique compensatoire, ce qui accélère à long terme la fatigue des muscles respiratoires. À l’inverse, une inclinaison excessive vers l’arrière peut réduire la stabilité du tronc et affecter indirectement la régularité du rythme respiratoire. La posture de course idéale maintient généralement une légère inclinaison avant du tronc avec un gainage stable, laissant au diaphragme un espace de mouvement suffisant. Ce principe postural contribue concrètement à l’efficacité respiratoire.
Impact des tensions au niveau des épaules et du cou sur la respiration. De nombreux coureurs, sous l’effet de la fatigue ou lors d’un sprint intense, haussent inconsciemment les épaules, provoquant une tension excessive des muscles du cou et des épaules. Cette tension affecte la mobilité de la partie supérieure de la cage thoracique, empêchant les muscles respiratoires accessoires de fonctionner efficacement, ce qui réduit l’efficacité respiratoire. Il est recommandé, pendant la course — en particulier lorsque l’intensité augmente et que la fatigue se fait sentir — de vérifier consciemment si les épaules et le cou sont trop tendus, de relâcher modérément les épaules et de laisser les bras se balancer naturellement, ce qui aide à maintenir la fluidité des voies respiratoires et de la cage thoracique.
Corrélation entre la stabilité du tronc et l’efficacité respiratoire. Les muscles du tronc (y compris le transverse de l’abdomen, le multifide, etc.) assurent non seulement la stabilité du corps, mais entretiennent également une relation de synergie étroite avec la fonction respiratoire du diaphragme. Une force du tronc insuffisante ou une stabilité défaillante peut entraîner des compensations posturales en fin d’effort prolongé, affectant indirectement la qualité de la respiration. C’est également pourquoi le renforcement musculaire et du tronc mentionné précédemment dans la section sur les différences d’entraînement entre semi-marathon et marathon apporte un bénéfice indirect mais réel à l’efficacité respiratoire. L’entraînement respiratoire ne devrait pas se limiter à de simples exercices de respiration, mais être envisagé conjointement avec l’entraînement postural global et de stabilité du tronc.
V. Méthodes concrètes d’entraînement respiratoire
En plus de pratiquer directement le rythme respiratoire pendant la course, il est possible de renforcer la puissance et l’endurance des muscles respiratoires grâce à des exercices respiratoires indépendants. Ce type d’entraînement a gagné en popularité ces dernières années au sein de la communauté des sports d’endurance :
Exercice de renforcement de la respiration diaphragmatique. En prolongement de l’exercice de respiration abdominale statique mentionné précédemment, on peut ajouter une variante avec expiration prolongée, par exemple inspirer sur quatre temps et expirer sur six à huit temps. En allongeant délibérément l’expiration, on entraîne les muscles respiratoires à vider plus complètement l’air des poumons, tout en apprenant à ralentir le rythme respiratoire et à mieux le maîtriser. Ces exercices peuvent être intégrés à l’échauffement avant l’entraînement ou à la récupération en fin de séance.
Outils d’entraînement à la résistance respiratoire. Il existe sur le marché des appareils spécialement conçus pour augmenter la résistance à l’inspiration ou à l’expiration, permettant d’entraîner la force des muscles respiratoires grâce à une charge supplémentaire. Cette approche relève de pratiques plus avancées. L’introduction de tels outils dépend des objectifs d’entraînement et du budget de chacun ; tous les coureurs n’ont pas besoin d’investir dans ce type d’équipement pour améliorer leur efficacité respiratoire. Les exercices de respiration abdominale et de rythme respiratoire décrits précédemment constituent déjà un point de départ très pratique et gratuit pour la majorité des coureurs amateurs.
Exercice de conscience corporelle pendant la course. Il est recommandé, dans les séances d’entraînement à différentes intensités, de consacrer délibérément quelques minutes à porter son attention sur la respiration, d’observer si la respiration est fluide, s’il y a une apnée involontaire ou un rythme respiratoire perturbé. Accumulée sur le long terme, cette pratique de conscience corporelle aide à développer une sensibilité à son propre schéma respiratoire, permettant de détecter plus rapidement en compétition ou lors d’entraînements à haute intensité si le rythme respiratoire nécessite un ajustement.
VI. Problèmes respiratoires courants et pistes d’ajustement
Douleur latérale au côté (point de côté)
Une douleur lancinante ou sourde sur le côté de l’abdomen pendant la course est un désagrément que de nombreux coureurs ont rencontré. Elle est généralement associée à des facteurs multiples tels que le rythme respiratoire, le moment des repas et la stabilité du tronc. Si le point de côté survient régulièrement avec un rythme respiratoire fixe, on peut essayer d’ajuster le ratio respiration/foulées, de ralentir la vitesse d’expiration, ou de vérifier si le moment et le contenu du repas avant la course pourraient être un facteur déclencheur. Si le point de côté persiste et affecte sérieusement l’entraînement, il est conseillé de consulter un professionnel pour écarter d’autres causes potentielles.
Respiration haletante alors que l’allure n’est pas rapide
Si, à une allure nettement inférieure à ses capacités, on ressent une respiration particulièrement haletante et difficile à contrôler, cela peut refléter l’état physique du moment, le niveau de fatigue accumulée, ou une inefficacité du schéma respiratoire lui-même (par exemple une dépendance excessive à une respiration thoracique superficielle et rapide). On peut d’abord vérifier si un enchaînement d’entraînements n’a pas laissé une fatigue résiduelle. Si le problème persiste après avoir écarté le facteur de fatigue, il est conseillé de consulter un professionnel de santé pour écarter d’éventuels problèmes respiratoires ou cardiopulmonaires sous-jacents, plutôt que de simplement l’attribuer à une « condition physique insuffisante » et ignorer un éventuel signal d’alerte de santé.
Inconfort respiratoire par temps froid ou mauvaise qualité de l’air
En hiver à Taïwan, les matinées sont fraîches et certains jours la qualité de l’air est médiocre dans certaines régions. Pendant la course, des réactions d’irritation des voies respiratoires peuvent apparaître : gorge sèche et qui gratte, toux, oppression thoracique. Il est recommandé d’augmenter modérément la durée de l’échauffement lors des périodes de froid pour permettre aux voies respiratoires de s’adapter progressivement. Si la qualité de l’air est manifestement mauvaise ce jour-là, envisagez un entraînement en intérieur ou un changement de créneau horaire. Les coureurs ayant des antécédents d’asthme ou d’autres maladies respiratoires doivent être particulièrement prudents dans ces environnements. Il est conseillé de discuter au préalable avec un médecin des stratégies adaptées et de porter sur soi les médicaments d’urgence prescrits (le cas échéant).
VII. Signaux d’alerte à surveiller
Une respiration difficile et un essoufflement sont des réactions physiologiques normales pendant l’effort, mais les situations suivantes dépassent le cadre de l’essoufflement lié à l’exercice et constituent des signaux d’alerte nécessitant une évaluation médicale. Le contenu de cet article est uniquement un partage d’informations générales et ne remplace pas un diagnostic médical professionnel :
- Difficulté respiratoire persistante au repos, ou nécessité de forcer délibérément pour respirer.
- Douleur thoracique ou oppression pendant l’effort, en particulier si elle s’accompagne de sueurs froides, de nausées, ou d’une irradiation vers les bras ou la mâchoire.
- Respiration accompagnée d’un sifflement audible (type sifflet), non soulagée par le repos.
- Apparition de signes d’hypoxie pendant ou après l’effort, comme une coloration bleutée des lèvres ou du lit des ongles.
- Difficulté respiratoire associée à une confusion mentale, une faiblesse extrême, ou une incapacité à rester debout.
Si l’un de ces signes apparaît, il faut immédiatement arrêter l’effort et consulter un médecin. Il ne faut pas tenter de soulager les symptômes par des techniques de respiration. Les stratégies respiratoires abordées dans cet article visent à optimiser les performances d’adultes en bonne santé à des intensités d’effort normales, et ne sont pas destinées à traiter des symptômes de maladies cardiopulmonaires sous-jacentes. Les coureurs ayant des antécédents connus de maladies cardiopulmonaires, d’asthme ou d’autres maladies respiratoires chroniques sont invités à consulter un médecin avant d’entreprendre tout nouveau programme d’entraînement.
VIII. Clarification des idées reçues
Idée reçue n°1 : Il faut absolument respirer par le nez pour que ce soit « correct ». Comme mentionné précédemment, la respiration nasale présente effectivement des avantages à faible intensité, mais à intensité moyenne ou élevée, la respiration mixte bouche-nez est une adaptation naturelle et raisonnable. Il n’existe pas de règle absolue selon laquelle « seule la respiration nasale est correcte ».
Idée reçue n°2 : Le rythme respiratoire doit être précisément synchronisé sur le comptage des foulées pour être efficace. Le concept central de la respiration rythmique est l’alternance pair/impair et l’adaptation du rythme à l’intensité. En pratique, après un entraînement prolongé, le corps développe naturellement cette habitude, sans qu’il soit nécessaire de compter délibérément ses foulées à chaque sortie. Une attention excessive au comptage peut au contraire distraire et nuire à la fluidité de la course.
Idée reçue n°3 : Être essoufflé est un signe de mauvaise condition physique, il faut serrer les dents et passer au travers. L’essoufflement est une réaction physiologique normale lorsque l’intensité de l’effort augmente. L’important est la qualité de la respiration (continuité, absence de respiration trop superficielle et saccadée), et non le simple fait d’être essoufflé ou non. Si l’essoufflement s’accompagne des signes d’alerte mentionnés précédemment, il ne faut pas s’obstiner avec un état d’esprit de « résistance », mais privilégier la sécurité et la santé.
Idée reçue n°4 : La respiration abdominale convient à toutes les intensités et doit être maintenue tout au long de l’effort. La respiration abdominale présente des avantages à faible intensité, mais lors d’efforts à haute intensité, le corps intègre naturellement une part plus importante de respiration thoracique pour répondre à des besoins de ventilation accrus. C’est une régulation physiologique normale et nécessaire. Il n’est pas nécessaire de s’efforcer de maintenir une respiration purement abdominale lors d’un sprint ou d’un intervalle à haute intensité.
Conclusion et liste d’actions
La respiration est un aspect de la technique de course souvent négligé, mais qui a un impact réel sur les performances et le confort. En pratiquant la respiration abdominale pour établir une base respiratoire détendue, en utilisant la respiration rythmée pour trouver un équilibre entre l’inspiration, l’expiration et la foulée, et en ajustant avec souplesse votre stratégie respiratoire en fonction de l’intensité, vous pouvez rendre vos séances de course plus efficaces et plus confortables, tout en détectant plus tôt les signaux envoyés par votre corps.
Voici quelques points d’action à mettre en pratique dès maintenant :
- Commencez par des exercices statiques pour vous familiariser avec la respiration abdominale, ressentez le mouvement du diaphragme, puis intégrez-la progressivement lors de footings à faible intensité.
- Essayez le concept d’alternance pair/impair de la respiration rythmée, en ajustant le rapport foulées/inspirations-expirations selon l’intensité du moment.
- Lors des sorties en endurance fondamentale, privilégiez une respiration détendue et profonde, sans chercher à maintenir une respiration exclusivement nasale.
- En haute intensité, acceptez que la respiration devienne naturellement plus rapide et plus superficielle ; l’objectif est de maintenir un flux d’air continu et d’éviter de retenir votre souffle.
- En montée, essayez d’accentuer l’expiration pour que l’inspiration suive plus naturellement.
- Soyez attentif aux points de côté, à l’essoufflement anormal, et ajustez votre entraînement ou consultez un professionnel si nécessaire.
- En cas de symptômes d’alerte comme des douleurs thoraciques, des sifflements respiratoires ou des signes d’hypoxie, arrêtez immédiatement l’effort et consultez un médecin ; ne tentez pas de tenir en vous appuyant sur des techniques respiratoires.
- Surveillez la posture du tronc et les tensions au niveau des épaules et du cou, afin d’éviter qu’une mauvaise posture ne comprime indirectement l’espace respiratoire et ne nuise à l’efficacité respiratoire.
- Intégrez des exercices de conscience respiratoire dans vos séances d’entraînement de différentes intensités, afin d’affiner progressivement votre sensibilité à votre propre schéma respiratoire.
L’ajustement de la respiration nécessite du temps pour construire une mémoire musculaire ; cela ne se fait pas du jour au lendemain. Il est recommandé de progresser étape par étape, en commençant par des footings faciles, et d’intérioriser progressivement ces stratégies respiratoires jusqu’à ce qu’elles deviennent des habitudes naturelles de course, faisant de chaque respiration un moteur pour courir plus loin et plus régulièrement. N’oubliez pas non plus que la respiration, la posture et la stabilité du tronc forment un tout interconnecté. S’entraîner uniquement au rythme respiratoire est certes utile, mais si vous prêtez également attention à la posture du tronc et au renforcement du gainage, l’amélioration de l’efficacité respiratoire sera souvent plus complète. Sur le long terme, vous constaterez que l’allure qui vous laissait auparavant à bout de souffle devient peu à peu plus aisée et plus stable.
Lectures complémentaires sur le sujet
- Les techniques de respiration en course : les différences entre la respiration rythmée et la respiration nasale
- Les techniques de respiration en course : la respiration rythmée et l’entraînement des muscles respiratoires
- La technique respiratoire en montée : le rythme de la respiration abdominale synchronisé avec la foulée
- La respiration en course : la respiration rythmée, la respiration par la bouche ou par le nez, et le point de côté
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