Col du Grand Colombier : la montée cachée la plus raide de France, un enfer à 22 % niché dans 4,4 km d'ascension continue
Le Tour l’a choisie parce que toutes les grandes montagnes alpines avaient déjà été gravies
Avant 2012, si vous mentionniez le Grand Colombier à un cycliste chevronné, la plupart auraient probablement l’air perplexe. Il ne se trouve ni dans les Alpes, ni dans les Pyrénées, mais se dresse tranquillement dans un coin relativement méconnu de l’extrémité sud du Massif du Jura, dans l’est de la France — le Bugey, dans l’Ain. Mais en 2012, le directeur du Tour de France a pris une décision : inclure cette montagne dans une étape, comme ascension hors catégorie en direction de Culoz.
Derrière cette décision se cache une histoire bien plus vaste. Avant cela, le Massif du Jura n’avait jamais vu aucune de ses montagnes classée hors catégorie par le Tour — un rang qui était jusqu’alors l’apanage des Alpes et des Pyrénées. Le Grand Colombier a brisé cette convention, devenant d’un coup « la seule ascension hors catégorie en dehors des Alpes et des Pyrénées », jusqu’à ce que le Puy de Dôme ne réintègre le parcours de la course bien des années plus tard. Cela signifie que le Tour avait déjà gravi, tour après tour, toutes les montagnes légendaires à sa disposition, et a donc porté son regard sur ce sommet longtemps négligé, doté pourtant de l’un des pourcentages les plus raides de France.
Si vous demandez à n’importe quel cycliste ayant gravi le Grand Colombier, neuf fois sur dix il vous dira la même chose : ce n’est pas une ascension « au paysage pittoresque et au pourcentage clément » pour touristes, mais une montée brutale qui vous fait douter de votre existence — en particulier ce tronçon de 4,4 kilomètres à plus de 12 % de moyenne, surnommé la « montée directe d’Artemare », qui cache en son sein un segment de 400 mètres à 18 % de moyenne, avec des pointes à 22 %. De tels chiffres placent cette ascension dans le haut du panier de toutes les routes de France.
Informations de base sur l’itinéraire
| Élément | Détails |
|---|---|
| Pays / Massif | Extrémité sud du Massif du Jura, Bugey (Ain), France |
| Départ → Arrivée | Quatre itinéraires principaux : Culoz, Anglefort, Artemare (direct), Lochieu, tous menant au même sommet |
| Longueur | Culoz environ 18,3 km / Anglefort environ 15,2 km / Artemare direct environ 15,9 km / Lochieu environ 13,1 km |
| Dénivelé total | Selon l’itinéraire, entre environ 900 et 1 260 mètres |
| Pente moyenne | Culoz environ 6,9 % / Anglefort environ 7,9 % / Artemare direct environ 7,8 % / Lochieu environ 6,8 % |
| Pente maximale | Jusqu’à 22 % sur l’itinéraire direct d’Artemare (segment de 400 mètres au sein du tronçon de 4,4 km à plus de 12 %) ; les autres itinéraires oscillent autour de 14 à 15 % |
| Altitude départ / arrivée | Sommet à environ 1 498 à 1 534 mètres (légères variations selon les sources) |
| Source de notoriété | L’une des ascensions routières les plus raides de France ; première ascension hors catégorie du Jura au Tour de France en 2012 ; sélectionnée à plusieurs reprises en 2012, 2016, 2017, 2020 et 2023 |
Les différentes sources divergent légèrement sur l’altitude exacte du sommet (1 498 ou 1 534 mètres) et la longueur des itinéraires, ce qui provient généralement des points de départ choisis par les différents organismes et des erreurs de mesure GPS. Les chiffres ci-dessus sont des valeurs approximatives issues de multiples sources ; référez-vous aux panneaux sur place et à vos enregistrements GPS pour les données exactes.
Découpage par sections : quatre routes, quatre caractères
Ce qui rend le Grand Colombier si particulier, c’est qu’il n’a pas un seul « itinéraire standard », mais quatre routes d’ascension aux caractères bien distincts. Le Tour de France a même, lors d’une même édition, inclus trois de ces itinéraires dans son parcours, faisant ressentir aux coureurs les différentes facettes de la montagne en une seule journée.
Itinéraire de Culoz (le plus long, pente relativement douce mais soutenue) : C’est l’itinéraire officiel le plus souvent emprunté par le Tour, long d’environ 18,3 kilomètres, avec une pente moyenne de 6,9 % et une pente maximale d’environ 14 %. Le début part du petit village de Culoz, grimpant doucement à travers les routes forestières, avec des variations de pente relativement uniformes, sans les sections abruptes à deux chiffres de l’itinéraire d’Artemare. Mais précisément parce que la distance est plus longue, l’usure continue est tout aussi considérable. À partir du milieu du parcours, des lacets successifs apparaissent, et la vue passe progressivement des forêts aux vastes prairies d’altitude, offrant une vue plongeante sur la vallée du Rhône et le lac du Bourget en contrebas.
Itinéraire d’Anglefort (l’itinéraire « normal » le plus raide) : Long d’environ 15,2 kilomètres, avec une pente moyenne de 7,9 %, c’est l’itinéraire avec la pente moyenne la plus élevée des quatre, et une pente maximale d’environ 14 %. Sa caractéristique est de ne presque pas offrir de répit : du début à la fin, le rythme d’ascension reste soutenu, sans réelle section de transition. Il convient aux cyclistes qui préfèrent « un effort constant et dur » plutôt qu’un profil en dents de scie.
Itinéraire direct d’Artemare (le tronçon infernal tristement célèbre) : Long d’environ 15,9 kilomètres, avec une pente moyenne de 7,8 %, mais ce qui rend vraiment cet itinéraire célèbre, c’est ce tronçon de 4,4 kilomètres à plus de 12 % de moyenne continue, qui cache en son sein un segment extrême de 400 mètres à 18 % de moyenne, avec des pointes à 22 %. Que représente 22 % ? Converti en angle, cela donne une inclinaison d’un peu plus de 12 degrés. Pour la grande majorité des cyclistes amateurs, maintenir la roue avant au sol et éviter le patinage de la roue arrière est déjà un défi technique considérable, sans même parler de continuer à produire de la puissance pour monter. C’est également la principale raison pour laquelle le Grand Colombier est surnommé « l’une des ascensions les plus douloureuses de France » par les cyclistes européens.
Itinéraire de Lochieu (le plus court mais tout aussi coriace) : Long d’environ 13,1 kilomètres, avec une pente moyenne de 6,8 %, c’est l’itinéraire le plus court des quatre, mais la pente maximale peut tout de même atteindre environ 15 %. Cet itinéraire a été combiné avec celui de Culoz en 2016 pour former une étape à « double ascension » — les coureurs grimpaient d’abord par Lochieu, puis redescendaient par Culoz pour remonter une seconde fois, un véritable double test d’endurance et de volonté.
L’expérience sensorielle sur la montagne : le contraste saisissant entre forêt, lac et pente infernale
Comparé aux montagnes légendaires des Alpes et des Pyrénées, déjà mondialement célèbres, le Bugey, où se trouve le Grand Colombier, a conservé un caractère plus rural. Les premiers kilomètres au départ de Culoz traversent des forêts de feuillus denses, où la canopée masque presque entièrement le soleil en été, formant un tunnel vert naturel. Ajoutez à cela les courants d’air frais propres à la montagne, et vous ressentez une fraîcheur même en plein été — un contraste saisissant avec de nombreuses ascensions alpines dénudées.
À mesure que l’altitude augmente, la forêt s’éclaircit et la vue passe des monotones allées forestières à de vastes panoramas. À partir du milieu de l’itinéraire de Culoz, on peut clairement voir en contrebas les méandres de la vallée du Rhône, ainsi que les reflets scintillants du lac du Bourget, non loin — l’un des plus grands lacs naturels de France. Par temps clair, en se retournant depuis le flanc de la montagne, le tableau mêlant lac et montagnes est souvent décrit par les cyclistes comme une « agréable surprise », car la plupart ne s’attendaient pas à ce qu’une montagne aussi méconnue offre un tel panorama.
Mais cette quiétude contraste fortement avec l’itinéraire direct d’Artemare. Lorsque vous vous engagez dans ce tronçon de 4,4 kilomètres à plus de 12 %, le paysage environnant semble soudainement passer en mode silencieux — votre attention est entièrement contrainte de se focaliser sur cette chaussée presque verticale devant vous. Le bruit de votre respiration, le frottement de la chaîne et les battements sourds de votre cœur dans vos oreilles remplacent l’humeur contemplative. De nombreux cyclistes ayant gravi ce passage décrivent l’expérience des 400 mètres à 18 % de moyenne comme une « perte de la notion du temps » — quelques centaines de mètres à peine, mais qui semblent durer une éternité. Une fois le cœur de la pente la plus raide franchi et le retour sur des pentes plus douces, cette sensation de soulagement est la récompense la plus directe que le Grand Colombier offre à chaque challenger.
Conseils d’équipement : préparation du braquet et des freins pour la pente infernale
Face à un itinéraire comme le Grand Colombier, qui cache des pentes extrêmes, la préparation de l’équipement diffère nettement de celle d’une simple ascension de longue distance. Le cœur du sujet réside dans deux choses : « le braquet est-il assez léger » et « le système de freinage est-il assez fiable ».
Configuration du braquet : Si vous envisagez de relever le défi de l’itinéraire direct d’Artemare, il est fortement recommandé de revoir votre configuration de braquet avant le départ. Face à une pente ponctuelle de 22 %, même un cycliste confirmé avec une bonne condition physique peut avoir besoin d’un braquet bien plus léger que celui utilisé à l’entraînement pour maintenir une cadence de pédalage, évitant ainsi d’être contraint de mettre pied à terre — ce qui est non seulement gênant sur une pente raide, mais repartir sur une telle pente épuise également des forces supplémentaires. Ces dernières années, de nombreux cyclistes optent pour une cassette avec un grand pignon plus important (par exemple 34 dents ou plus) associée à un plateau compact pour faire face à ce type de pentes extrêmes.
Roues et pression des pneus : Les sections forestières du Bugey présentent parfois des feuilles mortes, des gravillons et des zones d’ombre humides. Il est conseillé de choisir des pneus de route offrant une bonne adhérence et d’ajuster la pression pour concilier efficacité de roulement et stabilité en virage, en particulier sur les sections ombragées et glissantes.
Système de freinage : Comme mentionné précédemment, la charge thermique sur les freins en descente est un point particulièrement important au Grand Colombier. Il est recommandé de vérifier l’usure des plaquettes (ou des patins de jante) avant le départ et d’envisager d’emporter des plaquettes de rechange, afin d’éviter une perte de puissance de freinage après une utilisation intensive prolongée.
Estimation de la puissance et de l’allure : comment le modèle physique calcule
En prenant comme base l’itinéraire le plus courant, celui de Culoz (18,3 km, pente moyenne de 6,9 %, dénivelé d’environ 1 263 mètres), et en appliquant un modèle physique standard :
P = (Fg + Fr + Fa) × v ÷ efficacité de transmission
Fg = m × g × sin(arctan(pente)) Composante gravitationnelle
Fr = m × g × cos(arctan(pente)) × Crr Résistance au roulement
Fa = 0,5 × ρ × CdA × v² Résistance de l'air
Avec les paramètres hypothétiques suivants :
- Masse totale m = 70 kg de cycliste + 9 kg de vélo et équipement = 79 kg
- Accélération de la pesanteur g = 9,81 m/s²
- Coefficient de résistance au roulement Crr ≈ 0,005 (pneus de route sur asphalte)
- Surface frontale CdA ≈ 0,32 m² (position assise en montée)
- Densité de l’air ρ : légèrement réduite avec l’altitude (plage d’environ 240 à 1 500 mètres sur cet itinéraire)
- Efficacité de transmission ≈ 0,975
En utilisant Python pour résoudre itérativement ce modèle afin de déterminer la vitesse moyenne et le temps correspondant à différents rapports puissance/poids, les résultats sont les suivants :
| Rapport puissance/poids | Catégorie de cycliste | Temps estimé pour l’ascension | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Débutant qui termine | Environ 1 h 56 min | Environ 9,5 km/h |
| 2,5 W/kg | Amateur moyen | Environ 1 h 34 min | Environ 11,7 km/h |
| 3,0 W/kg | Cycliste avancé | Environ 1 h 19 min | Environ 13,9 km/h |
| 4,0 W/kg | Niveau compétition | Environ 61 min | Environ 18,0 km/h |
| 5,0+ W/kg | Niveau professionnel | Environ 50 min | Environ 21,8 km/h |
Ce sont des estimations moyennes globales pour l’itinéraire de Culoz, sans tenir compte des variables réelles telles que le vent, l’état de la route ou les différences morphologiques. Mais il faut souligner un point crucial : ce chiffre de « pente moyenne de 6,9 % » masque la véritable dangerosité des différents itinéraires du Grand Colombier — si l’on convertit en prenant le segment extrême de 400 mètres à 18 % de moyenne de l’itinéraire direct d’Artemare, la vitesse instantanée pour un même rapport puissance/poids serait bien inférieure à la vitesse moyenne globale. La souffrance réellement ressentie par le cycliste sur ce segment est bien plus intense que ce que laisse entendre une « moyenne d’un peu plus de 7 % ». Le modèle physique le confirme également : à 18 % de pente, la puissance nécessaire pour surmonter la seule composante gravitationnelle augmente considérablement, et même avec une puissance de niveau professionnel, la vitesse instantanée peut être réduite à un rythme proche de la marche.
À propos des records professionnels : Depuis sa première inclusion dans le Tour de France en 2012, le Grand Colombier a été au centre de l’attention à plusieurs reprises en 2016, 2017, 2020 et 2023. L’édition 2020 a même programmé trois des quatre itinéraires pour les coureurs. Étant donné que les combinaisons d’itinéraires, les tactiques du jour et la dynamique du peloton varient considérablement d’une édition à l’autre, les temps d’ascension réels des coureurs professionnels ne se prêtent pas à une comparaison directe ; aucune donnée précise n’est donc citée ici.
Point de vue des cyclistes taïwanais : évaluez vos capacités
Si vous avez gravi Wuling (route provinciale 14甲) de Cingjing Farm au Hehuanshan, ou si vous connaissez les virages successifs des Neuf Virages et Dix-huit Tours de la route provinciale 9 (Beiyi), l’itinéraire d’Artemare au Grand Colombier pourrait vous sembler encore plus impressionnant — les routes taïwanaises présentent rarement des sections continues de plus de 400 mètres à 18 % de moyenne. Cette intensité se rapproche davantage de certaines pentes uniques et très raides (comme les sections « pente infernale » de quelques chemins agricoles), à la différence que le Grand Colombier la place au milieu d’une ascension de près de 16 kilomètres, testant votre capacité à « affronter une pente infernale alors que vous êtes déjà fatigué ».
Si vous envisagez de relever le défi de cette montagne, voici quelques conseils pratiques (à titre indicatif uniquement ; pour la planification réelle, veuillez vous référer aux dernières annonces officielles et aux informations locales) :
- Choix de l’itinéraire : Pour une première tentative, il est conseillé de commencer par l’itinéraire de Culoz ou de Lochieu, dont la répartition des pentes est plus uniforme, et de réserver l’itinéraire direct d’Artemare pour une phase où vous êtes pleinement préparé et confiant dans vos compétences en montée raide.
- Saison : Le climat du Bugey est plus doux que celui des hautes Alpes, avec une période de praticabilité relativement plus longue tout au long de l’année. Cependant, la neige peut encore affecter l’état des routes en hiver ; il est conseillé de vérifier les prévisions météorologiques et l’état des routes avant le départ.
- Préparation du braquet : Face au segment extrême de 22 %, la configuration du braquet déterminera directement si vous pouvez maintenir un pédalage efficace. Il est fortement recommandé de préparer un braquet plus léger que pour une ascension longue classique, afin d’éviter d’être contraint de mettre pied à terre.
- Transport : La plupart des cyclistes utilisent Lyon ou Genève comme base d’entrée et de sortie. Pour la location de voiture et les navettes, veuillez vous renseigner auprès des canaux officiels locaux ; aucun tarif ni horaire spécifique n’est indiqué ici.
Stratégie d’allure par sections : économisez vos forces avant la pente infernale
Face à un itinéraire comme le Grand Colombier, qui « cache une pente infernale soudaine », la stratégie d’allure doit être plus élaborée que pour une simple ascension longue. Prenons l’exemple de l’itinéraire direct d’Artemare : il ne faut surtout pas produire une puissance trop élevée sur les sections relativement douces du début, car la véritable épreuve est encore à venir — ce tronçon de 4,4 kilomètres à plus de 12 %, et surtout le segment extrême de 400 mètres, nécessite de conserver une réserve anaérobie et musculaire considérable.
L’approche la plus prudente consiste à maintenir le début autour de 70 à 75 % de votre puissance au seuil lactique (FTP), en retenant délibérément un peu de marge, afin que votre fréquence cardiaque et votre respiration restent confortables. Avant d’aborder ce tronçon raide, vous pouvez faire une brève pause mentale et physique (boire une gorgée, respirer profondément, vérifier que vous êtes bien sur le braquet le plus léger), puis vous autoriser à pousser brièvement à un niveau proche ou supérieur à votre FTP sur la section raide — ce terrain n’est de toute façon pas fait pour un « rythme de croisière stable », et un effort anaérobie bref est à la fois raisonnable et nécessaire. Une fois le cœur de la pente la plus raide franchi, vous pouvez revenir à un rythme stable sur les pentes restantes, laissant le corps récupérer progressivement.
Si vous choisissez des itinéraires à répartition de pente plus uniforme comme Culoz ou Lochieu, la logique d’allure revient à la stratégie progressive d’une ascension longue classique : prudence au début, stabilité au milieu, et gestion de l’effort selon vos capacités à la fin, en évitant de vous emballer dans les derniers kilomètres avant le sommet.
Avertissements de sécurité : l’enfer du freinage en descente
Le risque le plus facilement sous-estimé au Grand Colombier ne se situe pas en montée, mais en descente — en particulier lors de la descente du segment extrême de 22 % d’Artemare, où le système de freinage subit une charge thermique bien supérieure à celle d’un parcours de montée classique.
Surchauffe des freins en descente : Sur les sections de descente extrêmement raides et continues, si vous freinez en continu plutôt que par à-coups, la température des disques ou des patins de jante peut monter dangereusement, entraînant une perte de puissance de freinage, voire une défaillance (fading). Il est conseillé d’adopter un « freinage par points » : freiner brièvement et fermement pour réduire la vitesse, puis relâcher pour laisser la chaleur se dissiper, et répéter selon les besoins, plutôt que de serrer les leviers de frein en continu.
Angles morts dans les virages : Plusieurs itinéraires comportent des lacets serrés, certains avec une visibilité réduite. Ajoutez à cela la présence occasionnelle de véhicules agricoles ou de véhicules de riverains, et il est impératif de rester vigilant en descente et d’éviter toute vitesse excessive dans les virages en aveugle.
Changements météorologiques : Bien que le Massif du Jura soit moins élevé que les Alpes, il connaît également un climat de montagne, avec des orages fréquents l’après-midi. Les routes mouillées combinées à des descentes raides augmentent considérablement les risques ; il est conseillé d’éviter de partir aux heures où les orages de montagne de l’après-midi sont courants.
Charge cardiovasculaire des pentes raides intenses : Produire une puissance maximale sur une pente de plus de 20 % en peu de temps représente une charge soudaine considérable pour le système cardiovasculaire. Si vous avez des antécédents cardiovasculaires ou si votre état de santé récent n’est pas optimal, évaluez avec une prudence particulière si vous devez tenter l’itinéraire d’Artemare. En cas d’oppression thoracique, de palpitations anormales, de vertiges extrêmes, arrêtez-vous immédiatement et consultez un médecin. Les conseils de cet article ne sauraient remplacer une évaluation médicale professionnelle.
Une montagne, quatre routes : la philosophie de conception des étapes
L’un des principaux défis auxquels sont confrontés les directeurs du Tour de France ces dernières années est de trouver, au-delà des montagnes légendaires utilisées et réutilisées depuis des décennies, des étapes suffisamment difficiles tout en apportant une touche de nouveauté. Le Grand Colombier répond précisément à ce besoin — il possède quatre itinéraires d’ascension radicalement différents, ce qui permet aux concepteurs du parcours de les recombiner année après année, offrant aux coureurs « la même montagne, mais différentes manières de souffrir », évitant ainsi la lassitude esthétique du public et des coureurs face à un itinéraire unique.
La conception de l’édition 2016 était particulièrement ingénieuse : les coureurs grimpaient d’abord par l’itinéraire de Lochieu, puis, au lieu de redescendre directement, ils faisaient un détour par Culoz pour remonter une seconde fois, imposant ainsi un « double sommet » au sein d’une même étape. Cette conception représentait un défi sévère pour la stratégie de répartition des efforts des équipes professionnelles, et a rapidement fait du Grand Colombier une référence parmi les amateurs de montagnes exigeantes en l’espace de quelques années. En 2020, la course est allée encore plus loin, faisant gravir aux coureurs trois des quatre itinéraires en une seule édition, un véritable hommage « en règle » à la montagne. En 2023, le Grand Colombier a de nouveau été programmé comme étape clé, consolidant sa place indispensable dans le paysage moderne du Tour.
Cette philosophie de conception « une montagne, plusieurs routes » a également fait du Grand Colombier l’un des représentants de ce que le milieu cycliste européen appelle les « nouvelles ascensions à pèlerinage obligatoire » — elle prouve qu’une ascension légendaire ne naît pas nécessairement dans les Alpes ou les Pyrénées. Tant que la pente est assez dure et que les itinéraires offrent suffisamment de variété, un massif relativement méconnu comme le Jura peut tout à fait engendrer des étapes classiques dignes des annales du Tour de France.
Le charme de l’ascension cachée : pourquoi il vaut le détour
Ce qui rend le Grand Colombier le plus fascinant, c’est peut-être précisément le fait qu’il soit « moins célèbre ». Comparé à l’Alpe d’Huez, dans les Alpes, avec ses flots incessants de cyclistes, ou au Tourmalet, dans les Pyrénées, devenu un véritable monument touristique, le Grand Colombier n’a véritablement émergé sur la scène internationale qu’en 2012. Il reste encore un nom relativement méconnu dans les listes de souhaits de nombreux cyclistes taïwanais. Mais c’est précisément pour cela qu’il a conservé une atmosphère d’ascension plus pure — pas de files de pèlerins du vélo, pas de boutiques de souvenirs à perte de vue, seulement des routes forestières paisibles, les panoramas ouverts sur la vallée du Rhône, et cette pente infernale à 22 % dont vous vous souviendrez toute votre vie.
Pour les cyclistes avancés qui ont déjà conquis des ascensions célèbres comme Wuling ou l’Alpe d’Huez et qui cherchent « le prochain défi », le Grand Colombier offre une expérience de souffrance radicalement différente — non pas une épreuve d’endurance sur une longue distance, mais un test de force face à des pentes proches de l’extrême en peu de temps. Les quatre itinéraires aux caractères distincts vous permettent également de planifier un voyage d’exploration approfondie « une montagne, quatre façons de la gravir », voire de tenter de conquérir deux itinéraires ou plus en une seule journée, pour ressentir personnellement l’épreuve endurée par les coureurs du Tour lors de cette étape « triple ascension » de 2020.
Si vous planifiez un voyage à vélo dans l’est de la France, le Grand Colombier se combine très bien avec d’autres itinéraires du Jura ou des contreforts des Alpes pour former un périple de plusieurs jours, couvrant en un seul voyage trois expériences cyclistes distinctes : la forêt, le lac et l’ascension exigeante. Comparé aux itinéraires alpins classiques qui nécessitent une planification plusieurs mois à l’avance et où les places sont très disputées en haute saison, le Grand Colombier reste relativement confidentiel, ce qui signifie une plus grande flexibilité d’organisation et une qualité de cyclisme plus paisible.
Points clés à retenir
- Le Grand Colombier possède quatre itinéraires d’ascension aux caractères bien distincts : Culoz (le plus long et le plus régulier), Anglefort (l’itinéraire normal le plus raide), Artemare (avec sa pente infernale à 22 %) et Lochieu (le plus court mais tout aussi coriace)
- En 2012, il est devenu la première ascension hors catégorie du Jura au Tour de France, puis a été sélectionné à plusieurs reprises en 2016, 2017, 2020 et 2023
- Selon les estimations du modèle physique, l’itinéraire de Culoz prend environ 1 h 34 min pour un amateur moyen (2,5 W/kg), environ 61 minutes pour un niveau compétition (4 W/kg) et environ 50 minutes pour un niveau professionnel
- Le segment central de 400 mètres à 18 % de moyenne (22 % au maximum) de l’itinéraire d’Artemare nécessite une réserve d’énergie particulière et un braquet adapté
- En descente, adoptez impérativement un freinage par points pour éviter le fading ; les orages de montagne de l’après-midi et les routes mouillées et raides constituent les principaux risques de sécurité
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