Une sortie peut durer 4 heures, ou 19 : le circuit à vélo du Cercle d'Or en Islande, un parcours de 240 km décidé par le vent
En roulant en Islande, vous apprendrez une nouvelle unité de ressenti physique : « Ce vent peut me pousser sans que je pédale. »
Ce n’est pas une exagération. Sur les hauts plateaux ouverts du sud de l’Islande, avec le vent dans le dos, vous vous surprendrez à glisser à 45 km/h, les jambes presque au repos, avec une sensation de joie presque frauduleuse. Puis vous tournez — juste un virage — et le même vent devient frontal, la vitesse chute instantanément à 14 km/h, et vous commencez à avancer sur du plat avec la puissance que vous mettriez pour gravir le mont Wuling, tandis que le paysage ne bouge pas d’un pouce.
C’est le Cercle d’Or (Gullni hringurinn). C’est l’itinéraire touristique le plus célèbre d’Islande, que tous les bus de tourisme du monde empruntent ; mais à vélo, en faire le tour, cela devient quelque chose de totalement différent — une leçon d’endurance de dix heures, dominée par le vent, ponctuée de trois merveilles naturelles à l’échelle planétaire.
Un circuit, trois chocs à l’échelle géologique
Le Cercle d’Or repose sur trois points : Þingvellir (Thingvellir), Geysir (zone des geysers), Gullfoss (la cascade d’Or). Chacun de ces lieux représente une facette de l’Islande : l’histoire, la géothermie, l’eau.
Et surtout, les distances entre eux forment exactement une boucle réalisable en une journée, mais absolument pas facile.
Þingvellir : le seul endroit au monde où l’on peut rouler à vélo entre deux plaques continentales
À environ 40 km au nord-est de Reykjavík se trouve le parc national de Þingvellir. Il a deux identités, et les deux sont extrêmes.
La première identité est géologique. C’est la zone de rift entre la plaque nord-américaine et la plaque eurasienne, où les deux continents s’écartent lentement l’un de l’autre. Le long de la route que vous empruntez se trouve une immense fissure appelée Almannagjá — c’est un affleurement réel de la limite de plaque. Vous pouvez vous arrêter, marcher entre deux hautes parois de basalte noir, et réaliser : à gauche, c’est l’Amérique du Nord ; à droite, l’Europe.
La fissure de Silfra se trouve également dans ce secteur, une crevasse remplie d’eau de fonte glaciaire, si claire que la visibilité y est extrême, ce qui en fait un site de plongée mondialement connu.
La deuxième identité est humaine. Le parlement islandais, l’Alþingi, s’y est réuni à partir de l’an 930, jusqu’à son transfert à Reykjavík en 1798. Cela signifie que cette vallée de rift à ciel ouvert est l’un des berceaux de la plus ancienne tradition parlementaire continue au monde. En 2004, le site a été inscrit au patrimoine mondial. Et ce parc national, créé en 1930, est le plus ancien d’Islande.
Au sud du parc se trouve le Þingvallavatn, le plus grand lac naturel d’Islande. Sur la portion qui longe le lac, le vent est presque toujours un problème — rien ne protège la surface de l’eau.
Geysir : l’origine du mot « geyser » dans toutes les langues
Deux protagonistes animent la zone géothermique de Haukadalur.
Le Geysir lui-même n’entre presque plus en éruption aujourd’hui. Mais c’est précisément le nom de ce geyser qui a donné le mot « geyser » dans toutes les langues du monde. C’est l’un des rares mots islandais exportés à l’échelle planétaire.
Le véritable protagoniste aujourd’hui, c’est son voisin, Strokkur. Il entre en éruption environ toutes les 5 à 10 minutes, avec une grande fiabilité. Vous verrez un groupe de touristes former un cercle, tous les téléphones levés, puis la surface de l’eau au centre du bassin se gonfle d’abord en une bulle bleue — à cet instant, tout le monde retient son souffle — puis une colonne d’eau bouillante jaillit vers le ciel.
Pour les cyclistes, il y a ici une valeur très pratique : c’est l’un des rares endroits du parcours où l’on est sûr de trouver des toilettes, de la nourriture chaude et un abri intérieur contre le vent. En Islande, cela compte plus que n’importe quel paysage.
Gullfoss : une cascade sauvée par une femme au péril de sa vie
Gullfoss signifie « la cascade d’Or ». La rivière Hvítá (la rivière Blanche) y chute en deux paliers : le premier d’environ 11 mètres, le second d’environ 21 mètres, avant de se précipiter dans un canyon d’environ 32 mètres de profondeur.
Son débit est de cet ordre : en moyenne environ 141 mètres cubes par seconde en été, et environ 80 en hiver ; lors des crues, il a atteint 2 000 mètres cubes par seconde. Debout sur la plateforme d’observation, vous n’entendez pas la personne à côté de vous, votre visage est constamment couvert de bruine, et par temps clair, un arc-en-ciel est presque toujours suspendu au-dessus du canyon.
Mais elle a failli ne pas exister.
Au début du XXe siècle, des investisseurs étrangers voulaient y construire une centrale hydroélectrique. Une femme du pays, Sigríður Tómasdóttir — fille d’un des copropriétaires de la cascade — a mené une longue lutte. La légende raconte qu’elle a même menacé de se jeter dans la cascade si elle était vendue. Aujourd’hui, une pierre commémorative portant son profil est érigée au-dessus de la cascade. La cascade a finalement été classée réserve permanente en 1979.
En passant à vélo, arrêtez-vous un instant pour regarder cette pierre. Sur un itinéraire défini par les bus touristiques, c’est l’une des rares choses qui vous rappelle que « des gens, ici, ont vraiment tenu à quelque chose ».
Informations de base sur l’itinéraire
| Élément | Détail |
|---|---|
| Pays | Islande, sud-ouest |
| Départ / Arrivée | Reykjavík |
| Longueur de la boucle | Environ 230 à 300 km (varie fortement selon l’itinéraire choisi) |
| Dénivelé total | Environ 1 800 à 2 500 m (les statistiques GPS varient considérablement) |
| Routes principales | Route 36 (Þingvallavegur), 365, 37, 35 (Biskupstungnabraut), route 1 (ceinture) |
| Point culminant | Secteur de Hellisheiði, environ 380 m ; secteur de Mosfellsheiði, environ 250 à 300 m |
| Trois sites majeurs | Þingvellir, Geysir / Strokkur, Gullfoss |
| Autres arrêts | Cratère volcanique de Kerið, Brúarfoss, cascade de Faxi, Skálholt, Hveragerði, centrale géothermique |
| État des routes | Principalement goudronnées, certaines routes de liaison en gravier |
| Origine de la notoriété | Itinéraire phare promu par l’office du tourisme islandais, ensemble de sites le plus visité d’Islande |
Note de rigueur sur les données : le Cercle d’Or n’a pas d’itinéraire officiel unique. Certains ne font que la liaison minimale entre les trois points (un peu plus de 230 km), d’autres dépassent les 260 km en passant par Kerið, Skálholt et Hveragerði, et certaines sources estiment la boucle recommandée complète à environ 300 km. Les statistiques de dénivelé varient également d’une source à l’autre. Pour votre planification, fiez-vous à votre propre tracé GPS, et ne croyez aucun chiffre unique.
Découpage par sections : quatre mondes totalement différents
Première section : Reykjavík → Þingvellir (Mosfellsheiði)
Après avoir quitté la ville, vous entrez rapidement dans une plaine désertique appelée Mosfellsheiði. La route commence à monter lentement, bordée de formations de lave recouvertes de mousse — cette toundra volcanique d’un vert irréel, qui se déforme sous vos pas.
Il n’y a pas d’arbres sur cette section. Le taux de couverture forestière de l’Islande est extrêmement faible, ce qui signifie que de la périphérie de la ville jusqu’à l’arrivée, vous ne rencontrerez presque aucun obstacle naturel contre le vent.
Point clé pour l’allure : c’est la première montée du parcours, peu raide mais continue. L’erreur que beaucoup commettent ici est de « pousser fort parce que la pente est douce », ce qui laisse les meilleures jambes dans la première heure. Réduisez délibérément l’intensité, et roulez comme si c’était le 30e kilomètre d’un parcours de 200 km — parce que c’est exactement ce que c’est.
Deuxième section : Þingvellir → Laugarvatn → Geysir
Après avoir quitté le parc national, c’est la section la plus agréable de l’itinéraire : une zone agricole vallonnée, quelques lacs, et de temps en temps des sommets enneigés au loin. Il y a des villages dans ce secteur, et des opportunités de ravitaillement relativement fréquentes.
C’est aussi l’endroit où le vent change de sens pour la première fois. L’itinéraire change ici d’orientation principale. Si vous aviez du vent de face dans la première partie, félicitations, vous pouvez commencer à en profiter ; si vous aviez le vent dans le dos — préparez-vous mentalement.
Troisième segment : Geysir → Gullfoss → retour
De Geysir à Gullfoss, il y a un peu plus de dix kilomètres, c’est le segment le plus court de tout le parcours, mais aussi celui où la circulation touristique est la plus dense. Route étroite, beaucoup de voitures, tout le monde regarde le paysage. Allumez impérativement vos feux et portez des vêtements haute visibilité.
Après le retour depuis Gullfoss, l’itinéraire bifurque vers le sud en suivant la route 35. Ce segment est souvent le plus agréable de tout le parcours : le terrain descend globalement, et si le vent est favorable, vous aurez droit à une longue glisse à grande vitesse.
Quatrième segment : Selfoss → Hveragerði → Hellisheiði → Reykjavik
C’est le dernier segment, et le plus rude.
Après Selfoss, on rejoint la route périphérique n°1, puis c’est Hellisheiði : depuis les environs de Hveragerði (environ 40 m d’altitude), on grimpe jusqu’à environ 380 m, sur une distance d’environ 8 km, avec une pente moyenne d’environ 4,25 %.
À première vue, c’est une montée de difficulté moyenne. Mais elle arrive après le 200ᵉ kilomètre, et — c’est un axe principal, avec un trafic dense, un terrain dégagé, et du vent quasi garanti. C’est aussi une zone de géothermie : pendant l’ascension, vous verrez de la vapeur s’échapper des conduites et du sol, avec une légère odeur de soufre dans l’air.
Une fois le col franchi, c’est la longue descente qui ramène à Reykjavik. Si vous avez encore des jambes à ce stade, cette descente sera l’un des vingt minutes les plus jouissives de votre vie.
Estimation de puissance et d’allure : il n’y a qu’une seule variable
La physique islandaise est simple : pas de haute altitude, pas de pentes extrêmes, seulement le vent.
Paramètres de calcul (tout est détaillé) :
- Masse totale m = cycliste 70 kg + vélo et équipement 9 kg = 79 kg (en réalité, en longue distance, ce sera plus lourd, ajustez en conséquence)
- g = 9,81 m/s²
- Crr ≈ 0,005
- CdA ≈ 0,32 m² (position de croisière, mains sur le haut du cintre)
- Rendement de transmission ≈ 0,975
- Densité de l’air ρ : altitude d’environ 150 m, température d’environ 8 °C, calcul réel ρ ≈ 1,233 kg/m³. À noter : c’est près de 7 % de plus que les ~1,157 de la côte taïwanaise en été — l’air froid est plus dense, à vitesse égale il faut pousser plus d’air.
Tableau 1 : Temps pour 240 km (avec une micro-pente équivalente de 0,8 % pour représenter le coût global du relief)
| Puissance de sortie | Vitesse sans vent / temps de pédalage pur | Vitesse avec vent contraire de 6 m/s / temps de pédalage pur |
|---|---|---|
| 130 W | 24,1 km/h / 9 h 57 min | 15,0 km/h / 16 h 01 min |
| 160 W | 26,8 km/h / 8 h 58 min | 17,1 km/h / 14 h 02 min |
| 190 W | 29,1 km/h / 8 h 15 min | 19,0 km/h / 12 h 38 min |
| 220 W | 31,1 km/h / 7 h 42 min | 20,7 km/h / 11 h 35 min |
| 260 W | 33,5 km/h / 7 h 09 min | 22,8 km/h / 10 h 32 min |
À noter : le « temps de pédalage pur » n’est pas égal au « temps total passé dehors ». En ajoutant le ravitaillement, les photos, les pauses toilettes, les réparations de crevaison, les feux rouges, le temps réel de porte à porte est environ 1,2 à 1,3 fois supérieur. Pour l’exemple de 190 W sans vent, 8 h 15 min de pédalage pur correspondent en réalité à environ 10 heures ou plus.
Tableau 2 : Le vent décide de tout (puissance fixe de 180 W, modèle plat sur 240 km)
| Conditions de vent | Vitesse sol | Temps pour 240 km |
|---|---|---|
| Vent arrière 8 m/s | 52,1 km/h | 4 h 36 min |
| Vent arrière 4 m/s | 41,6 km/h | 5 h 45 min |
| Sans vent | 32,2 km/h | 7 h 27 min |
| Vent contraire 4 m/s | 24,0 km/h | 10 h 00 min |
| Vent contraire 8 m/s | 17,4 km/h | 13 h 48 min |
| Vent contraire 12 m/s | 12,4 km/h | 19 h 21 min |
Ce tableau, c’est toute la vérité du cyclisme en Islande. Le même cycliste, la même puissance, la même route : on peut boucler en 4 h 30, ou rouler 19 heures sans rentrer. Ce n’est pas une différence de condition physique, c’est l’air.
L’avantage et le piège de la boucle : comme le Cercle d’Or est une boucle, théoriquement vous ne pouvez pas avoir du vent contraire tout du long — certains segments seront forcément avec vent arrière. Mais en pratique, deux choses à surveiller : premièrement, les segments de la boucle ne sont pas de longueur égale, si les segments les plus longs sont justement contre le vent, vous serez quand même très mal ; deuxièmement, le vent islandais change de direction au cours de la journée, la direction de vent arrière planifiée le matin peut s’être inversée l’après-midi.
Tableau 3 : La seule montée officielle, Hellisheiði (environ 8 km / 340 m / pente moyenne 4,25 %)
| Rapport poids/puissance | Profil correspondant | Temps estimé | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Débutant qui termine | 38 min | 12,5 km/h |
| 2,5 W/kg | Amateur moyen | 31 min | 15,2 km/h |
| 3,0 W/kg | Avancé | 27 min | 17,7 km/h |
| 3,5 W/kg | Fort | 23 min | 20,1 km/h |
| 4,0 W/kg | Niveau compétition | 21 min | 22,2 km/h |
Mais multipliez les temps de ce tableau par 1,3 à 1,5, car vous la rencontrerez après le 200ᵉ kilomètre, et probablement avec du vent contraire. C’est l’endroit du parcours où le « craquage mental » est le plus probable.
Tout ce qui précède est une estimation basée sur un modèle physique, sans prise en compte des variations réelles de vent, des rafales, de l’état de la route, du poids des bagages, des pauses et des différences individuelles ; les résultats réels peuvent varier.
Climat de haute latitude et insulaire : cinq risques à comprendre absolument
1. Un été où il ne fait presque jamais nuit
Reykjavik se situe à environ 64° de latitude nord, au sud du cercle polaire arctique (environ 66,5° N), donc strictement parlant, il n’y a pas de véritable soleil de minuit. Mais autour du mois de juin, le soleil ne se couche que brièvement autour de minuit, et le ciel reste dans un crépuscule lumineux toute la nuit ; en pratique, vous pouvez rouler toute la nuit sans allumer vos feux.
C’est le plus grand avantage tactique du Cercle d’Or : vous pouvez éviter les vagues de bus touristiques de la journée et partir tard dans la nuit ou tôt le matin. Les trois sites majeurs sont presque déserts à 3 ou 4 heures du matin, et ce calme-là ne s’achète pas en plein jour.
Mais le piège est là aussi : sans nuit, on perd la notion du temps. Programmez des rappels de ravitaillement fixes, et ne vous fiez pas à « il fait encore jour » pour juger que vous tenez le coup.
En hiver, c’est l’inverse : l’ensoleillement est très court, avec en plus le verglas et les vents violents, le Cercle d’Or en hiver n’est pas quelque chose que le cycliste moyen devrait affronter.
2. Le vent est le personnage principal, pas un second rôle
L’Islande se trouve sur la trajectoire des tempêtes de l’Atlantique Nord, le pays n’a presque pas de forêts, et le terrain est en grande partie dégagé. C’est l’un des régimes de vent les plus hostiles au monde pour un cycliste.
Conseils pratiques :
- Consultez avant le départ les prévisions horaires de vitesse et de direction du vent, et décidez en conséquence de faire le tour dans le sens horaire ou antihoraire. Cette seule décision peut représenter plusieurs heures d’écart.
- L’agence météorologique islandaise (Veðurstofa Íslands) et l’administration des routes (Vegagerðin) publient toutes deux des informations publiques sur la météo et l’état des routes ; il existe aussi une plateforme officielle d’information sur la sécurité touristique. Fiez-vous à ces sources officielles.
- En cas de prévision de vents extrêmes, annuler ou raccourcir l’itinéraire est la bonne réponse, ce n’est pas de la lâcheté.
3. Le temps change trois fois par heure
L’Islande a une phrase célèbre qui dit à peu près : « Tu n’aimes pas le temps qu’il fait ? Attends cinq minutes. » Soleil, pluie, grêle, vents violents peuvent tous se succéder dans la même heure, même en juillet.
Cela signifie que votre liste d’équipement ne peut pas avoir de colonne « ça ne devrait pas servir ». Veste imperméable, couche chaude, gants longs, chaussettes sèches de rechange — en Islande, c’est la base, pas des accessoires.
4. La densité des points de ravitaillement est si faible qu’elle choquerait les Taïwanais
Les Taïwanais sont habitués à trouver une supérette tous les cinq kilomètres. L’Islande, ce n’est pas ça. Sur le Cercle d’Or, les points de ravitaillement sont concentrés dans quelques agglomérations et zones touristiques spécifiques, et il peut y avoir trente ou quarante kilomètres sans le moindre commerce. De plus, les horaires d’ouverture de nombreux établissements varient fortement selon la saison.
Principe : emportez toujours assez d’eau et de nourriture pour tenir même si tous les magasins sont fermés.
5. Détails sur l’état des routes et la circulation
- Sections en gravier : Le circuit principal du Cercle d’Or est majoritairement goudronné, mais certaines routes de liaison (par exemple celles menant à des sites secondaires) sont en gravier. Les pneus fins des vélos de route sont très désavantagés sur le gravier islandais, prévoyez au moins du 28c, ou optez directement pour un vélo gravel.
- Les routes de haute terre commençant par F : Ce sont des routes de l’intérieur nécessitant un véhicule à quatre roues motrices, elles ne font pas partie du Cercle d’Or et ne conviennent pas aux vélos de route classiques. Ne vous engagez pas sur un raccourci juste parce qu’il apparaît sur la carte.
- Ponts à voie unique : L’Islande compte de nombreux ponts à voie unique où il faut céder le passage. Ralentissez impérativement et vérifiez qu’aucun véhicule n’arrive en sens inverse.
- Tunnels : Certains tunnels islandais interdisent l’accès aux vélos et aux piétons (par exemple certains tunnels sous-marins de grande longueur). Vérifiez un par un lors de la planification de votre itinéraire, ne supposez pas que vous pourrez y passer.
- Les moutons : En été, les moutons islandais sont en liberté. Ils se tiennent au bord des routes et peuvent traverser soudainement, et il arrive souvent que les brebis et les agneaux se trouvent de part et d’autre de la chaussée. Si vous voyez des moutons au bord de la route, supposez qu’ils vont traverser.
Le point de vue des cyclistes taïwanais
Convertir vos capacités
| Élément de comparaison | Expérience similaire à Taïwan | Cercle d’Or |
|---|---|---|
| Ordre de grandeur de distance | Une longue sortie de plus de 200 km (par exemple une combinaison longue autour de la côte nord et du cap Nord-Est) | Environ 230 à 300 km |
| Ordre de grandeur de dénivelé | Modéré, moins qu’une montée de Wuling | Environ 1 800 à 2 500 mètres |
| Résistance principale | Gravité et chaleur | Vent et froid |
| Ravitaillement | Supérettes denses | Extrêmement clairsemé |
| Abri | Forêts, parois rocheuses | Quasiment inexistant |
| Changements météo | Orages de l’après-midi | Tous les types de temps possibles en une heure |
Si vous avez déjà réalisé une sortie longue de plus de 200 km à Taïwan (par exemple des étapes du double tour de l’île en un jour, ou une longue épopée comme Taipei-Kaohsiung), votre base d’endurance est suffisante. La différence : lors d’une longue sortie à Taïwan, vous craignez la chaleur, le soleil et les crampes ; en Islande, vous craignez le froid, l’humidité et de ne plus pouvoir avancer face au vent contraire dans une nature déserte.
Le scénario d’entraînement taïwanais le plus proche : une sortie longue de Taipei vers le cap Nord-Est et Yilan pendant la mousson du nord-est en hiver. Froid, humidité, fort vent latéral, terrain dégagé — c’est probablement la version la plus proche que Taïwan puisse offrir.
Aspects pratiques pour aller y rouler
- Saison : De juin à août est la meilleure période, avec le plus d’heures d’ensoleillement, les températures les plus élevées (bien que fraîches) et les meilleures conditions de route. Mai et septembre sont possibles mais avec un risque accru. L’hiver est déconseillé.
- Choix du sens : Décidez le matin même du jour J, selon la direction du vent, de faire le tour dans le sens horaire ou antihoraire. C’est la décision tactique la plus importante du Cercle d’Or.
- Vélo : Un vélo de route endurance ou un gravel avec des pneus d’au moins 28c, des œillets pour garde-boue et la possibilité de monter des sacoches de cadre. Une configuration de course avec pneus fins et haute pression n’a ici aucun avantage, seulement des risques.
- Location : Reykjavik propose des services de location de vélos, mais les modèles, les spécifications, les horaires d’ouverture et la disponibilité d’équipement pour longue distance changent chaque année. Renseignez-vous directement auprès des prestataires, ne vous fiez pas aux informations de seconde main.
- Hébergement et transport : En haute saison, l’hébergement en Islande est très disputé, avec des prix et une offre très variables. Veuillez vous référer aux canaux de réservation officiels ; cet article ne fournit aucune information tarifaire.
Rappels de sécurité
- Les prévisions de vent sont le premier critère pour décider de partir ou non. Ce n’est pas la pluie, c’est le vent. En cas de prévision de vent fort, reportez directement votre sortie.
- L’hypothermie est le risque numéro un ici. 8 °C, pluie, vent à 10 m/s, vêtements trempés — cette combinaison peut vous faire perdre vos capacités de jugement en une heure. Gardez toujours une couche de vêtements secs à portée de main.
- À chaque arrêt, ajoutez d’abord une couche. Surtout près des cascades, les embruns vous rendent vite mouillé et froid.
- Le trafic est rapide sur les routes principales. La route 1 est l’artère principale de l’Islande, avec des vitesses élevées et beaucoup de gros véhicules. Allumez impérativement vos feux avant et arrière et portez un gilet haute visibilité.
- Ne faites pas la course sur les routes ouvertes. C’est un itinéraire touristique, avec beaucoup de cars et de voitures de location, et leurs conducteurs regardent souvent le paysage plutôt que leurs rétroviseurs.
- Laissez votre itinéraire à quelqu’un. Le signal peut être instable dans la nature. Emportez une batterie externe et faites savoir à quelqu’un où vous allez et à quelle heure vous comptez revenir.
- Ne vous croyez pas en sécurité parce qu’il fait jour. La lumière crépusculaire brillante de minuit peut faire sous-estimer la fatigue et la perte de chaleur corporelle.
Les six erreurs les plus courantes
- Partir sans vérifier la direction du vent. C’est la seule erreur impardonnable du cyclisme en Islande. La même route peut prendre quatre heures et demie ou dix-neuf heures, la différence tient aux cinq minutes de préparation avant le départ.
- Utiliser du matériel de course. Pneus fins en 23c, jantes hautes, pression élevée — en Islande, ces trois éléments correspondent respectivement à des crevaisons, à être poussé par le vent latéral et à perdre de l’adhérence sur le gravier. Amenez votre vélo le plus robuste, pas le plus rapide.
- Croire que « de toute façon, il ne fait pas froid en été ». En été, la température diurne en Islande est souvent d’environ 10 °C, et avec la pluie et le vent, la sensation thermique peut tomber proche de zéro. Ce n’est pas une question de confort, c’est une question d’hypothermie.
- Considérer les sites touristiques comme des points de ravitaillement. Les installations de restauration des sites touristiques ont des horaires d’ouverture et des variations selon la saison. Emportez toujours assez d’eau et de nourriture, considérez les commerces comme une surprise agréable, pas comme un élément du plan.
- Pédaler fort pendant la première heure. Les 50 premiers kilomètres sont relativement roulants et le vent peut être favorable, beaucoup augmentent inconsciemment l’intensité. Puis ils le paient au kilomètre 200, à Hellisheiði.
- Vouloir couper par une route commençant par F sur la carte. Ce sont des routes de haute terre, dont l’état, les points de franchissement de rivières et les fermetures relèvent d’un tout autre monde. Elles ne conviennent pas aux vélos de route classiques et ne doivent pas être tentées sur un coup de tête.
Pourquoi il n’y a presque pas d’arbres en Islande (et ce que cela signifie pour le vélo)
La première chose qui frappe presque tous ceux qui font du vélo en Islande pour la première fois : il n’y a pas d’arbres dans le champ de vision.
L’Islande avait autrefois des forêts de bouleaux assez étendues, mais après l’établissement humain, en raison de facteurs multiples comme la coupe, le pâturage et les éruptions volcaniques, le taux de couverture forestière est resté extrêmement bas pendant longtemps. Aujourd’hui, on voit surtout de la mousse, des lichens, des herbes basses et de la lave nue.
Cela a un impact plus grand sur le vélo que n’importe quel chiffre de dénivelé :
- Pas de brise-vent. Les pistes côtières de Taïwan ont au moins des filaos, l’Islande n’a rien. Le vent souffle directement sur vous.
- Pas d’ombre, pas d’abri contre la pluie. Quand il pleut, la seule option est de continuer à pédaler, ou de se réfugier dans les toilettes d’un point de vue.
- Pas de points de repère, la perception des distances est faussée. Dans une nature sans arbres, sans poteaux électriques, sans bâtiments, une montagne au loin semble proche alors qu’elle est encore à vingt kilomètres. L’effondrement mental de beaucoup commence par « pourquoi on n’est pas encore arrivés ». La solution est simple : passez votre compteur sur « distance parcourue » plutôt que « distance restante », et concentrez-vous uniquement sur les dix prochains kilomètres.
- Mais la vue est aussi un cadeau. Vous pouvez voir simultanément un glacier, un volcan, de la vapeur, un lac et l’évolution des nuages sur tout le ciel. Cette expérience de « voir d’un seul regard le fonctionnement de la Terre » est impossible dans un endroit avec des arbres.
Trois façons de le faire
A. En une journée (niveau avancé et plus)
Départ à l’aube ou en pleine nuit, environ 240 km en une seule journée. Nécessite une capacité de croisière supérieure à 3,0 W/kg et une expérience des longues distances, sans oublier des conditions de vent favorables. C’est l’option la plus gratifiante, mais aussi la plus risquée.
B. En deux jours (recommandé pour la plupart)
Premier jour : Reykjavik → Þingvellir → nuit vers Geysir. Deuxième jour : Gullfoss → Selfoss → retour en ville par le col de Hellisheiði. Environ 120 km par jour, ce qui rend l’effort accessible à la plupart des cyclistes ayant une certaine expérience. Et vous avez le temps de vraiment voir ces trois sites, plutôt que de passer devant en prenant une photo et repartir.
C. En trois jours (avec détours)
Ajoutez Kerið, Skálholt, Brúarfoss et Hveragerði, avec environ 80 à 100 km par jour. C’est la meilleure façon de ressentir l’Islande — car ce qui fascine le plus en Islande, ce ne sont pas les trois sites célèbres, mais les étendues sauvages sans nom qui les relient.
Liste d’actions
48 heures avant le départ
- [ ] Consulter les prévisions horaires de vent et de direction pour décider du sens de la boucle
- [ ] Consulter les avis d’état des routes de l’administration routière (gravillons, travaux, fermetures)
- [ ] Vérifier l’emplacement des points de ravitaillement sur le parcours, en supposant que la moitié seront fermés
- [ ] Vérifier qu’aucun tunnel sur l’itinéraire n’interdit les vélos
Préparation du sac
- [ ] Veste imperméable + couche intermédiaire chaude + gants longs + chaussettes de rechange sèches
- [ ] Feux avant et arrière (même si en été il ne fait pas nuit, la brume et la pluie réduisent fortement la visibilité)
- [ ] Vêtement extérieur haute visibilité
- [ ] 1,5 fois la quantité d’eau et de nourriture nécessaire pour tout le parcours
- [ ] Kit de réparation de crevaison, deux chambres à air de rechange (risque élevé de crevaison sur les sections en gravillons)
- [ ] Batterie externe, cartes hors ligne
Pendant le parcours
- [ ] Réduire volontairement l’intensité sur les 50 premiers kilomètres, garder les jambes pour Hellisheiði
- [ ] Ravitaillement fixe toutes les 45 minutes, sans attendre la sensation de faim
- [ ] À chaque arrêt, d’abord ajouter une couche de vêtement, puis faire le reste
- [ ] Sur les sections de vent contraire, adopter une position basse, réduire les attentes, se concentrer sur la puissance plutôt que la vitesse
- [ ] Ralentir dès qu’on voit des moutons au bord de la route
Les estimations de temps et de puissance ci-dessus sont issues de modèles physiques, sans prise en compte des vents réels, des rafales, du poids des bagages, de l’état de la route et des différences individuelles ; les résultats réels peuvent varier. Pour toutes les informations sur l’état des routes, la météo, les horaires d’ouverture et la circulation, veuillez vous référer aux dernières annonces de l’office météorologique islandais, de l’administration routière et de la plateforme officielle de sécurité touristique.
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