De la démarche en canard à un moyen fessier puissant : décrypter l'ITBS et l'inclinaison pelvienne en course à pied grâce à un entraînement correctif scientifique
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- 1. Introduction et contexte de la recherche de pointe (évolution historique et découvertes récentes)
- 2. Mécanismes fondamentaux de physiologie de l'exercice et de biomécanique
- 2.1 Équation d'équilibre mécanique en phase d'appui unipodal
- 2.2 Effet de chaîne de l'adduction et de la rotation interne du fémur et augmentation brutale de la tension de la bandelette iliotibiale
- 2.3 Rôle du contrôle excentrique du moyen fessier
- 3. Mesures réelles des paramètres clés et analyse comparative
- 3.1 Tableau comparatif des paramètres biomécaniques des coureurs selon différents degrés de chute latérale du bassin
- 3.2 Comparaison du niveau d'activation électromyographique (EMG) des exercices correctifs courants
1. Introduction et contexte de la recherche de pointe (évolution historique et découvertes récentes)
La description clinique de la chute du bassin (Pelvic Drop) et de la démarche de Trendelenburg remonte aux observations classiques du chirurgien allemand Friedrich Trendelenburg à la fin du XIXe siècle. Il a découvert que lorsqu’un membre inférieur supporte le poids du corps, si le bassin controlatéral ne parvient pas à rester horizontal, cela indique une insuffisance fonctionnelle de charge des muscles abducteurs de la hanche (principalement le moyen fessier et le petit fessier). Ce signe clinique centenaire, grâce à la démocratisation des capteurs portables (IMU) et des systèmes d’analyse tridimensionnelle du mouvement au cours des dix dernières années, est officiellement passé du cabinet d’orthopédie au domaine de la science du sport et de l’entraînement des coureurs de haut niveau.
De multiples études prospectives publiées récemment dans le Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy et Gait & Posture indiquent que si l’angle de chute latérale du bassin pendant la phase d’appui en course à pied dépasse continuellement 4° à 5°, le risque relatif de développer un syndrome de l’essuie-glace (ITBS) augmente de 2,5 à 3,8 fois. Il ne s’agit pas simplement d’une « mauvaise posture », mais d’une déficience systémique impliquant le contrôle neuromusculaire, la capacité de contraction excentrique et la transmission de la tension fasciale. Les recherches les plus récentes ont également révélé que l’élévation latérale de la jambe en position couchée (Side-lying Hip Abduction), bien qu’efficace pour activer le moyen fessier, a un effet très limité sur l’amélioration de la stabilité dynamique du bassin en course à pied si elle n’est pas associée à un contrôle excentrique et à un transfert vers des exercices fonctionnels d’appui unipodal. Cela explique pourquoi de nombreux coureurs effectuent une multitude d’exercices de rééducation sans que la douleur ne disparaisse : nous entraînons la « force musculaire », et non le « contrôle moteur ».
2. Mécanismes fondamentaux de physiologie de l’exercice et de biomécanique
2.1 Équation d’équilibre mécanique en phase d’appui unipodal
Pendant la phase d’appui unipodal en course à pied, le corps peut être simplifié en un modèle de pendule inversé. Le pied d’appui est au sol, le centre de masse (COM) est situé au-dessus du bassin. Pour maintenir le bassin horizontal, les muscles abducteurs de la hanche doivent générer une force de traction vers le bas afin de résister au moment de force exercé par la gravité sur le bassin controlatéral. L’équilibre mécanique peut être exprimé comme suit :
[
M_{abductors} = M_{gravity}
]
[
F_{gluteus\ medius} \times d_{moment\ arm} = m_{body\ segment} \times g \times d_{COM}
]
Où ( F ) est la force combinée du moyen et du petit fessier, ( d_{moment\ arm} ) est le bras de levier (approximativement la distance horizontale du grand trochanter au centre de l’articulation de la hanche), ( m ) est la masse du bassin et du membre inférieur controlatéraux (environ 15 à 18 % du poids corporel), ( g ) est l’accélération due à la gravité, et ( d_{COM} ) est la distance horizontale du centre de masse du membre controlatéral à l’articulation de la hanche. Lorsque la force de contraction isométrique volontaire maximale (MVIC) du moyen fessier est insuffisante pour générer la ( F ) requise, le bassin controlatéral s’abaisse, formant le signe de Trendelenburg.
2.2 Effet de chaîne de l’adduction et de la rotation interne du fémur et augmentation brutale de la tension de la bandelette iliotibiale
La chute latérale du bassin n’est jamais un événement isolé. Lorsque le bassin s’abaisse du côté controlatéral, le fémur correspondant subit une adduction et une rotation interne compensatoires. Ce mouvement augmente directement le stress en valgus de l’articulation du genou et fait grimper brusquement la pression de frottement de la bandelette iliotibiale (ITB) au niveau de l’épicondyle fémoral latéral.
D’un point de vue de la mécanique des tensions, la bandelette iliotibiale n’est pas un simple ligament passif, mais une structure fasciale profonde reliant le grand fessier et le tenseur du fascia lata (TFL). Lorsque le moyen fessier est faible, le système nerveux central, pour maintenir la stabilité, sollicite excessivement le tenseur du fascia lata et la partie supérieure du grand fessier pour compenser. Cependant, la direction de la force résultante de ces deux muscles est plus verticale et en rotation externe, plutôt que purement en abduction. Cela augmente l’excursion latérale de la bandelette iliotibiale par rapport à l’épicondyle fémoral latéral pendant la flexion et l’extension du genou. Des mesures expérimentales montrent que lorsque l’angle de chute latérale du bassin passe de 2° à 6°, le pic de tension de la bandelette iliotibiale au niveau du genou augmente d’environ 42 %. Si l’on ajoute à cela une course longue distance à une allure supérieure à 8:00 min/km, avec une fréquence de frappe d’environ 1 200 pas par kilomètre, le nombre cumulé de frottements rendra l’inflammation de la bourse séreuse de la bandelette iliotibiale et la douleur inévitables.
2.3 Rôle du contrôle excentrique du moyen fessier
La principale différence entre la course et la marche réside dans la durée extrêmement courte de la phase d’appui (environ 0,2 à 0,3 seconde) et dans le fait que la force de réaction au sol atteint 2,5 à 3 fois le poids du corps. Cela signifie que le moyen fessier doit générer une tension suffisante en un temps très court, tout en effectuant une contraction excentrique au début du contact du pied afin de ralentir la vitesse d’adduction et de rotation interne du fémur. Une capacité de contraction excentrique insuffisante est la clé expliquant pourquoi de nombreux coureurs ont des tests de force normaux mais une stabilité dynamique défaillante. L’entraînement de la force excentrique nécessite un seuil de recrutement des unités motrices plus élevé et induit des adaptations neuronales spécifiques que la contraction concentrique traditionnelle (comme l’adduction assise) ne peut pas remplacer.
3. Mesures réelles des paramètres clés et analyse comparative
Afin de fournir aux entraîneurs et aux coureurs des références concrètes, l’auteur a compilé les données de coureurs locaux collectées au cours des trois dernières années en laboratoire à l’aide d’un système d’analyse tridimensionnelle du mouvement (système Vicon) et d’un dynamomètre isocinétique, et les a comparées à la littérature internationale pour élaborer le tableau comparatif suivant.
3.1 Tableau comparatif des paramètres biomécaniques des coureurs selon différents degrés de chute latérale du bassin
| Paramètre | Groupe normal (chute < 3°) | Groupe déficience légère (chute 3°-5°) | Groupe déficience significative (chute > 5°) |
|---|---|---|---|
| Pic de moment du moyen fessier en phase d’appui (Nm/kg) | 2,8 ± 0,3 | 2,1 ± 0,2 | 1,4 ± 0,3 |
| Angle de valgus du genou (degrés) | 2,1 ± 1,2 | 5,8 ± 1,8 | 9,5 ± 2,4 |
| Pic de tension de la bandelette iliotibiale (valeur relative) | 1,00 (référence) | 1,28 | 1,42 |
| Angle de rotation interne du fémur (degrés) | 8,5 ± 2,0 | 14,2 ± 3,1 | 19,8 ± 3,5 |
| Travail excentrique du moyen fessier au contact initial (J/kg) | 0,42 ± 0,08 | 0,29 ± 0,06 | 0,17 ± 0,05 |
Interprétation des données : Le pic de moment du moyen fessier du groupe présentant une déficience significative ne représente que 50 % de celui du groupe normal, mais l’angle de valgus du genou est amplifié de 4,5 fois. Cela indique que la déficience du contrôle neuromusculaire (freinage excentrique) est bien plus délétère qu’une simple insuffisance de force maximale.
3.2 Comparaison du niveau d’activation électromyographique (EMG) des exercices correctifs courants
| Exercice | Moyen fessier (%MVIC) | Tenseur du fascia lata (%MVIC) | Grand fessier (%MVIC) | Risque de tension de la bandelette iliotibiale |
|---|---|---|---|---|
| Élévation latérale de la jambe en position couchée (abduction de hanche à 0°) | 68 ± 12 | 45 ± 10 | 20 ± 5 | Faible |
| Exercice du clam (Clamshell) | 52 ± 9 | 38 ± 8 | 18 ± 6 | Faible |
| Marche latérale avec élastique (Banded Side Step) | 74 ± 14 | 60 ± 15 | 35 ± 9 | Moyen |
| Soulevé de terre roumain sur une jambe (SL RDL) | 82 ± 10 | 25 ± 7 | 78 ± 12 | Moyen-faible |
| Squat sur une jambe (personnes déficientes) | 45 ± 15 | 85 ± 20 | 40 ± 10 | Élevé |
Analyse clé : Le soulevé de terre roumain sur une jambe permet d’activer fortement le moyen et le grand fessier avec une compensation très faible du tenseur du fascia lata ; c’est l’exercice en or pour reconstruire la « stabilité fonctionnelle de la hanche ». En revanche, chez les personnes déficientes, le squat sur une jambe entraîne une activation du tenseur du fascia lata allant jusqu’à 85 %, ce qui pourrait aggraver la tension de la bandelette iliotibiale ; il convient de l’utiliser avec prudence au début.
4. Programme d’entraînement périodisé et guide d’ajustement des mouvements
Cette section propose un cycle de correction et de renforcement de 8 semaines, adapté aux coureurs ne présentant pas de douleur aiguë mais dont l’évaluation de la démarche révèle une chute latérale du bassin. La conception du programme suit le principe « d’abord le contrôle, puis la charge, enfin l’intégration ».
4.1 Phase 1 : Contrôle neuromusculaire et initiation excentrique (semaines 1-2)
L’objectif de cette phase est de réveiller le contrôle excentrique du moyen fessier et d’inhiber la dominance excessive du tenseur du fascia lata. Fréquence d’entraînement : 4 à 5 fois par semaine, 20 à 25 minutes par séance.
| Exercice | Séries x Répétitions | Intensité/Rythme | Repos |
|---|---|---|---|
| Élévation latérale de la jambe en position couchée (bassin fixé) | 3 x 15 | 2 secondes de montée, 4 secondes de descente excentrique | 60 secondes |
| Exercice du clam (élastique léger) | 3 x 15 | Se concentrer sur la sensation du moyen fessier | 60 secondes |
| Abduction de hanche à quatre pattes (Fire Hydrant) | 3 x 12 | Contrôler la rotation du bassin | 60 secondes |
| Station unipodale statique (surface instable) | 3 x 30 secondes | Maintenir le bassin horizontal | 90 secondes |
Points d’ajustement clés : Lors de l’élévation latérale de la jambe en position couchée, incliner légèrement le tronc vers l’arrière d’environ 15° permet d’obtenir un avantage d’activation plus important pour le faisceau postérieur du moyen fessier (principalement responsable du freinage excentrique). Il faut absolument veiller à ce que le rachis lombaire ne compense pas par une extension.
4.2 Phase 2 : Augmentation de la force et de la charge excentrique (semaines 3-5)
Fréquence d’entraînement : 3 fois par semaine (avec un intervalle d’au moins 6 heures avec les séances de course). Cette phase introduit des exercices en position debout et en chaîne cinétique fermée.
| Exercice | Séries x Répétitions | Intensité/Charge | Rythme et points clés |
|---|---|---|---|
| Marche latérale avec élastique (Banded Side Step) | 4 x 20 pas | Élastique à tension moyenne-élevée | Garder les orteils vers l’avant, genoux alignés avec les orteils |
| Soulevé de terre roumain sur une jambe (SL RDL) | 4 x 8/jambe | Haltère à 10-15 % du poids du corps | Pousser les hanches vers l’arrière, dos droit, se concentrer sur l’étirement excentrique du moyen fessier |
| Fente bulgare (pied arrière surélevé) | 3 x 10/jambe | Poids du corps | Genou avant aligné avec le deuxième orteil, éviter le valgus du genou |
| Descente de marche latérale (Side Step Down) | 3 x 10/jambe | Hauteur de marche 15-20 cm | Contrôler le bassin à la descente, pas de chute visible |
Justification scientifique : Lors du soulevé de terre roumain sur une jambe, au milieu de la phase d’appui, le moyen fessier doit jouer un double rôle de « stabilisateur de l’abduction de la hanche » et d’« extenseur de la hanche ». Sa charge excentrique est bien supérieure à celle des exercices en chaîne cinétique ouverte, ce qui permet d’induire efficacement une adaptation de tension de l’unité muscle-tendon.
4.3 Phase 3 : Intégration fonctionnelle et réserve de puissance (semaines 6-8)
L’objectif de cette phase est de convertir la force en économie de course. Fréquence d’entraînement : 2 séances de musculation + 1 séance d’intégration dynamique par semaine.
| Exercice | Séries x Répétitions | Intensité | Objectif |
|---|---|---|---|
| Squat unipodal chargé (sur boîte) | 4 x 6/jambe | Charge supplémentaire de 20-30 % du poids du corps | Augmenter la force maximale en chaîne cinétique fermée |
| Soulevé de terre unipodal + tirage (même côté) | 3 x 8/jambe | Poids modéré | Renforcer l’intégration de la stabilité de la hanche et de la résistance à la rotation du tronc |
| Montée de marche explosive (Step-up Jump) | 3 x 5/jambe | Faible impact | Améliorer la pré-activation du moyen fessier en phase pré-contact |
| Abduction de hanche unipodale en suspension (TRX) | 3 x 10 | Poids du corps | Augmenter le défi d’instabilité |
Rappel pour l’exécution du programme : Le point crucial de tous les exercices réside dans la phase excentrique (descente ou réception) qui doit être contrôlée lentement pendant 3 à 4 secondes, afin de garantir que le moyen fessier continue de produire une force en position allongée. Si l’on observe un effondrement du genou vers l’intérieur ou un balancement évident du bassin pendant le mouvement, il faut immédiatement réduire la charge ou revenir à l’exercice de la phase précédente.
5. Ravitaillement en course, adaptation à l’environnement et stratégies de compétition
Une fois que vous avez investi 8 semaines d’entraînement correctif, comment intégrer un contrôle stable du bassin dans une compétition réelle (comme le Marathon de Taipei, l’IRONMAN 70.3 de Taitung, ou le défi cycliste de la montée de Wuling) ?
5.1 Signaux d’alerte de « fatigue de mi-parcours » en compétition
Dans la partie finale d’une épreuve de longue distance (après le 30e km d’un marathon complet, après le 10e km de la section course à pied d’un triathlon), la fatigue du système nerveux central entraîne une élévation du seuil de recrutement des unités motrices, et la capacité de contrôle excentrique du moyen fessier est la première à décliner. L’angle de chute latérale du bassin peut alors passer de 2° en début de course à plus de 6°, déclenchant directement la tension de la bandelette iliotibiale.
Stratégie pratique : Il est recommandé d’effectuer une « réinitialisation pelvienne tactique » (Tactical Pelvic Reset) au milieu de la course (toutes les 30 à 40 minutes). Concrètement : ralentir au poste de ravitaillement, se tenir debout, pieds écartés à la largeur des épaules, mains sur les hanches, et effectuer 5 abductions lentes de hanche sur chaque jambe, en soulevant consciemment le bassin controlatéral. C’est une micro-stimulation de rééducation neuromusculaire qui permet de réveiller brièvement le contrôle excentrique du moyen fessier.
5.2 Défis supplémentaires des sections en pente et du vent
Prenons l’exemple des sections le long de la rivière du Marathon de Taipei ou de l’avenue Mahengheng de l’IRONMAN de Taitung : une légère montée ou un vent contraire oblige le coureur à augmenter l’angle de flexion de la hanche, ce qui raccourcit le bras de levier du moyen fessier et rend plus difficile la production d’un moment d’abduction suffisant. Dans ce cas, il faut activement raccourcir la foulée (augmenter la cadence à 180-185 ppm) afin de rapprocher le point d’appui du centre de gravité du corps, réduisant ainsi la demande en moment d’abduction de la hanche.
5.3 Impact du ravitaillement et de l’hydratation sur le contrôle neuromusculaire
Des études ont démontré que lorsque la perte d’eau corporelle atteint 2 % du poids du corps, la vitesse de conduction nerveuse et la proprioception musculaire diminuent significativement, ce qui constitue un défi majeur pour le moyen fessier qui nécessite un contrôle excentrique fin. Il est recommandé, lors d’épreuves par temps chaud, de consommer 150 à 250 ml de boisson contenant des électrolytes toutes les 15 à 20 minutes. De plus, la prise de 300 à 500 mg de citrate de sodium avant la course ou de comprimés de sel aux postes de ravitaillement peut aider à maintenir l’excitabilité neuromusculaire. Côté glucides, il faut terminer une charge en glucides de 2 à 3 g par kg de poids corporel 2 heures avant une épreuve de longue distance, puis consommer 60 à 90 g par heure pendant l’épreuve pour maintenir l’apport en glucose du système nerveux central et retarder la fatigue du recrutement des unités motrices.
6. Erreurs opérationnelles courantes et démystification des idées reçues scientifiques
Idée reçue n°1 : Plus on fait d’élévations latérales de la jambe en position couchée, mieux c’est ?
Démystification : L’élévation latérale de la jambe en position couchée est un excellent exercice d’« activation », mais son pic d’activation électromyographique ne se produit que dans les 15° finaux de l’abduction de la hanche. Pour la course à pied qui nécessite une stabilité dynamique, augmenter simplement le nombre de répétitions d’élévations latérales ne peut pas améliorer le contrôle excentrique en phase d’appui. Un surentraînement (plus de 5 séances hebdomadaires à volume élevé d’élévations latérales) peut même entraîner une dominance excessive du tenseur du fascia lata, augmentant ainsi la tension distale de la bandelette iliotibiale.
Idée reçue n°2 : La douleur de la bandelette iliotibiale signifie qu’elle est trop tendue, il suffit de la rouler au rouleau ?
Démystification : La bandelette iliotibiale est un tissu conjonctif robuste qui supporte des tensions extrêmes. Essayer de la « détendre » au rouleau est non seulement d’une efficacité limitée, mais peut aussi provoquer une inflammation fasciale en raison d’une pression excessive. Le véritable problème en amont est la faiblesse du moyen fessier qui entraîne l’adduction et la rotation interne du fémur, étirant passivement la bandelette iliotibiale. La stratégie correcte consiste à renforcer le contrôle excentrique du moyen fessier et les muscles rotateurs externes de la hanche, plutôt que de traiter localement la bandelette iliotibiale.
Idée reçue n°3 : Le squat renforce le moyen fessier, donc je peux continuer à augmenter la charge au squat ?
Démystification : Lors du squat bipodal, les deux articulations de la hanche partagent la charge, ce qui réduit considérablement le besoin de stabilisation du moyen fessier. Même lors d’un squat chargé, l’activation électromyographique du moyen fessier n’atteint généralement que 40 à 50 % de la contraction volontaire maximale. Ce dont on a réellement besoin, ce sont des exercices « unipodaux » en chaîne cinétique fermée (comme la fente, le soulevé de terre roumain sur une jambe) pour forcer le moyen fessier à effectuer un contrôle excentrique sous charge.
Idée reçue n°4 : Si je maintiens consciemment mon bassin horizontal en courant, je n’aurai plus mal ?
Démystification : Contrôler consciemment le bassin peut effectivement réduire temporairement la chute latérale, mais cela relève de la voie de contrôle de haut niveau du « faisceau corticospinal », extrêmement consommatrice de ressources cognitives, et ne peut pas être maintenu lors d’une épreuve de longue distance fatigante. Seul un entraînement permettant d’« internaliser » la stabilité du bassin en réflexe spinal et en mémoire procédurale des noyaux gris centraux peut maintenir la stabilité de manière automatique. C’est précisément la raison pour laquelle l’entraînement périodisé doit être progressif.
7. FAQ des experts
Q1 : Comment savoir si j’ai une chute latérale du bassin en courant ?
R : La méthode la plus simple est de demander à un ami de filmer avec un ralenti de téléphone (240 ips) à 45° derrière et sur le côté du tapis de course. Observez si le bassin controlatéral (ligne de la taille au niveau du pantalon) présente une chute visible pendant la phase d’appui du pied. Une méthode de quantification plus objective consiste à utiliser deux capteurs IMU placés sur chaque épine iliaque antéro-supérieure (EIAS), connectés par Bluetooth à une application mobile qui calcule l’angle d’inclinaison du bassin dans le plan frontal. Si l’angle moyen de chute latérale pendant la course est supérieur à 4°, cela correspond au critère de dépistage de la démarche de Trendelenburg, et il est recommandé d’entreprendre un programme d’entraînement correctif systématique.
Q2 : Combien de temps faut-il pour voir une amélioration de l’économie de course grâce à l’entraînement correctif ?
R : L’adaptation neuromusculaire (amélioration du contrôle moteur) nécessite généralement 4 à 6 semaines. Des études montrent qu’après 8 semaines d’entraînement excentrique et fonctionnel, l’angle de chute latérale du bassin en phase d’appui diminue en moyenne de 2,1° à 3,4°, et le pic de tension de la bandelette iliotibiale peut diminuer d’environ 20 %. Cependant, veuillez noter qu’une augmentation significative de la force (section transversale musculaire) nécessite plus de 12 semaines. Si votre problème principal est le contrôle moteur, vous devriez ressentir après 4 semaines que « les fessiers travaillent davantage » en courant ; en cas d’insuffisance musculaire sévère, un cycle complet d’au moins 2 à 3 mois est nécessaire.
Q3 : J’ai un syndrome de l’essuie-glace (ITBS), puis-je encore courir ?
R : Cela dépend de l’intensité de la douleur. Si l’indice de douleur (EVA) reste inférieur à 3/10 pendant la course et ne s’aggrave pas avec la course, un « entraînement sous contrôle des symptômes » est possible, mais il faut réduire le volume de course à 70 % du seuil indolore et suivre simultanément l’entraînement correctif de cet article. Si la douleur dépasse 4/10 ou affecte la marche quotidienne, il est recommandé d’arrêter la course et de consulter un kinésithérapeute pour une évaluation complète, afin d’exclure d’autres problèmes structurels tels que des lésions méniscales ou ligamentaires.
Q4 : Les cyclistes peuvent-ils aussi avoir une faiblesse du moyen fessier ?
R : C’est très courant. Le mouvement de pédalage se déroule principalement dans le plan sagittal (flexion-extension) ; les muscles abducteurs de la hanche ne travaillent pratiquement pas pendant le pédalage, ce qui conduit à long terme à une « mise en sommeil » du moyen fessier. Lorsque le cycliste passe à la course à pied (comme en triathlon), le moyen fessier ne peut pas répondre immédiatement à l’impact de l’appui unipodal, ce qui provoque facilement une chute latérale du bassin et une ITBS. Il est recommandé aux triathlètes d’ajouter 2 séances hebdomadaires d’entraînement de stabilité unipodale 4 à 6 semaines avant la période de transition, afin d’établir à l’avance la connexion neuromusculaire pour la section course à pied.
Q5 : Outre le moyen fessier, quels autres muscles dois-je entraîner en parallèle ?
R : La stabilité du bassin est un projet systémique. Outre le moyen et le petit fessier, vous devez également vous concentrer sur :
- Le carré des lombes (Quadratus Lumborum) : Il aide à soulever le bassin controlatéral lors de l’appui unipodal, mais une tension excessive peut provoquer une inclinaison latérale du rachis lombaire.
- Les muscles adducteurs (Adductors) : En chaîne cinétique fermée, les adducteurs et le moyen fessier forment un « couple de forces » (Force Couple) qui stabilise ensemble le bassin.
- Les muscles profonds du tronc (transverse de l’abdomen et multifides) : Ils fournissent la pression intra-abdominale, servant de plateforme rigide pour la production de force des muscles de la hanche.
Il est recommandé d’ajouter la planche latérale (Side Plank) et l’exercice de l’oiseau-chien (Bird Dog) au programme, 2 fois par semaine, 3 séries à chaque fois, afin de renforcer le mécanisme de stabilisation par anticipation (Feed-forward).
Conclusion : La démarche de Trendelenburg n’est pas une fatalité irréversible. Grâce à une évaluation scientifique, à la compréhension de l’importance du contrôle excentrique et à l’exécution rigoureuse d’un entraînement périodisé, vous pouvez tout à fait reconstruire la fonction de « freinage » du moyen fessier, rendant votre bassin aussi stable qu’un roc à chaque pas, et vous éloignant définitivement des tourments sans fin de la bandelette iliotibiale. Dès aujourd’hui, posez le rouleau, tenez-vous sur une jambe, et insufflez une véritable force de stabilité à chacun de vos pas.