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Les classiques du cyclisme de montagne entre la Suisse et l'Italie : la légende et les pièges d'allure du Stelvio et du Mortirolo

騎行路線

Deux montagnes légendaires, deux formes de tourment radicalement différentes

Le Passo dello Stelvio et le Mortirolo sont tous deux des légendes du Giro et des Alpes, souvent qualifiés de « durs » d’un même souffle. Pourtant, leurs façons de faire souffrir sont radicalement différentes — l’un par la « longueur », l’autre par la « pente ». Les aborder comme s’ils étaient identiques constitue une erreur fatale de gestion de l’allure (en écho au thème de la géographie de l’allure).

Le profil de caractère des deux cols

Col Caractère du profil Piège de gestion de l’allure
Passo dello Stelvio Extrêmement long, altitude très élevée, lacets serrés en abondance Perte due au manque d’oxygène + endurance épuisée par la longueur
Mortirolo Plus court mais pentes impitoyables, murs soutenus W’ explosé dans la première partie, aucun retour possible ensuite

Stelvio : vidé lentement par la « longueur + l’altitude »

La puissance destructrice du Stelvio vient du cumul d’un kilométrage interminable et d’une altitude extrêmement élevée (en écho à la perte aérobie en altitude). Son piège de gestion de l’allure n’est pas une portion trop raide, mais plutôt « un temps suffisamment long pour que la moindre surexposition initiale soit démultipliée à l’infini ». Il teste le taux de déclin de l’endurance (en écho au thème de l’endurance) et la tolérance au manque d’oxygène ; c’est une montagne de type « discipline ».

Mortirolo : transpercé instantanément par le « mur »

Le Mortirolo est plus court, mais ses pentes sont impitoyables et ses murs soutenus, sans quasi aucun replat permettant de recharger le W’ (en écho au modèle W’ et à la géographie de l’allure). Son piège réside dans le fait que la raideur initiale vous pousse à exploser votre W’, puis aucune respiration ne permet à la batterie de se recharger. Il teste la « maîtrise de soi absolue dans la première partie » ; c’est une montagne de type « falaise anaérobie ».

Les principes de gestion de l’allure pour les deux cols

  • Stelvio : puissance cible revue à la baisse en raison de l’altitude et de la longueur, discipline constante sur tout le parcours
  • Mortirolo : réprimer strictement l’impulsion initiale, mieux vaut ralentir sur les murs que d’exploser son W’
  • Aucun des deux n’offre de « descente / replat » permettant de récupérer massivement ; impossible d’appliquer une stratégie d’alternance
  • Pour le Stelvio (haute altitude), le ravitaillement et la gestion de l’allure doivent être planifiés à l’avance en fonction de la longueur et du manque d’oxygène

Ils sont les modèles extrêmes de la géographie de l’allure

Si la Sella Ronda enseigne l’enchaînement et la liaison du Tourmalet, la discipline historique, le Stelvio et le Mortirolo sont les manuels extrêmes des deux pièges de gestion de l’allure : « type longueur » et « type pente ». Les comprendre revient à soumettre les mathématiques de la gestion de l’allure chronométrée et du modèle W’ à un test de résistance aux deux extrêmes du terrain.

Le Stelvio et le Mortirolo vous vaincront tous les deux, mais avec des armes opposées. Le Stelvio vous vide lentement par la longueur et l’air raréfié, punissant ceux qui manquent de discipline d’endurance ; le Mortirolo vous transperce instantanément par ses murs, punissant ceux qui ne contrôlent pas leur W’ dans la première partie. Ceux qui les abordent comme « également durs » s’effondreront à des endroits différents. Comprendre le caractère d’une montagne a toujours été plus important que de savoir à quel point elle est dure.

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