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Stratégie de puissance en contre-la-montre (CLM) : répartition de la puissance entre la première et la seconde partie d'un CLM sur plat

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Stratégie de puissance en contre-la-montre (CLM) : répartition de la puissance sur un CLM plat

Introduction

Le contre-la-montre (Time Trial, TT) est surnommé « l’épreuve de la souffrance », car il n’y a pas de peloton pour s’abriter, pas de protection tactique, seulement soi-même face au chronomètre. Dans un contre-la-montre individuel pur, la stratégie de puissance décide de tout — rouler trop vite provoque une défaillance en fin de parcours, rouler trop prudemment gaspille inutilement de l’énergie.

La démocratisation des capteurs de puissance modernes permet d’exécuter précisément une stratégie de puissance en TT. Mais la question de « comment répartir la puissance » reçoit de la science du sport une réponse plus nuancée que ce que la plupart des cyclistes imaginent.

Fondements scientifiques de la stratégie de puissance constante

Principe fondamental : étant donné que la résistance de l’air est proportionnelle au cube de la vitesse, à puissance moyenne fixe, une allure constante (constant power) consomme moins d’énergie et produit une vitesse moyenne plus élevée qu’une stratégie rapide au début puis lente, ou lente au début puis rapide.

Exemple : si votre puissance de TT est de 250 W (fixe), comparé à un TT de 30 km à 250 W constants :

  • Si vous roulez les 15 premiers kilomètres à 280 W et les 15 derniers à 220 W (moyenne identique de 250 W), le temps total augmentera de 0,5 à 1,5 %
  • Cela s’explique par le fait que la résistance de l’air créée à haute vitesse sur la première partie est bien supérieure à celle économisée à basse vitesse sur la seconde partie

Conclusion : la puissance constante (Constant Power Pacing) est la stratégie optimale pour un TT plat, ou un léger « négatif split » (seconde moitié légèrement plus élevée que la première).

Plages de puissance recommandées pour un TT plat

Distance du TT Puissance recommandée (% FTP) Caractéristique d’intensité
10 km 110–120 % FTP Participation partielle de la capacité anaérobie
20 km 100–108 % FTP Proche ou légèrement au-dessus du FTP
40 km 96–103 % FTP Légèrement en dessous à légèrement au-dessus du FTP
60 km 90–97 % FTP Principalement en dessous du FTP

Stratégie de répartition de la puissance en TT réel

TT plat de 40 km (exemple avec FTP = 250 W)

Segment de départ (0–2 km) : 120–130 % FTP (300–325 W)

Raison : la dépense énergétique du sprint de départ provient principalement du système de la phosphocréatine, sans puiser dans les réserves aérobies de la suite du parcours. Accélérer immédiatement après le départ permet d’atteindre rapidement la vitesse cible et d’économiser le coût temporel de la résistance de l’air.

Premier tiers (2–15 km) : 98–103 % FTP (245–258 W)

L’adrénaline est encore élevée et le corps est encore frais ; l’erreur la plus courante est de laisser la puissance grimper à 115–120 % FTP, ce qui se paie cruellement dans la seconde partie. Il faut s’imposer un contrôle strict grâce aux chiffres du capteur de puissance.

Segment médian (15–30 km) : 100–105 % FTP (250–263 W)

Le corps entre dans un rythme régulier ; on peut légèrement augmenter la puissance, mais dans une mesure limitée. Ce segment est la période psychologique clé de la course ; maintenir une puissance stable est le plus important.

Derniers 5 km (35–40 km) : 105–115 % FTP (263–288 W)

Sachant qu’il n’y a plus de « seconde partie » à préserver, on peut commencer à augmenter progressivement. Sur le dernier kilomètre ou les deux derniers, sprint à pleine puissance, pouvant atteindre 130–150 % FTP.

Objectif de coefficient de variation (CV) de puissance recommandé

Pour une bonne répartition de puissance en TT, l’indice de variabilité (Variability Index, VI) doit se situer entre 1,00 et 1,05 :

  • VI = 1,00 : puissance parfaitement constante
  • VI 1,05 : légères fluctuations (acceptables)
  • VI > 1,10 : fluctuations de puissance trop importantes, la stratégie doit être améliorée

Influence du vent et ajustements

Face au vent, la résistance de l’air augmente considérablement ; avec le vent dans le dos, elle diminue fortement. Pour un parcours de TT avec des changements de vent, la stratégie optimale est :

Réduire la puissance dans les sections de face au vent, augmenter la puissance dans les sections de vent arrière (sans dépasser la limite supérieure)

Recommandations concrètes :

  • Section face au vent : 5–8 % en dessous de la puissance cible
  • Section vent arrière : 5–10 % au-dessus de la puissance cible (sans dépasser 110 % FTP)

Raison : face au vent, s’obstiner à maintenir la puissance cible consomme bien plus d’énergie que le bénéfice obtenu ; avec le vent dans le dos, augmenter modérément la puissance offre un gain de vitesse plus rentable que la dépense énergétique en face au vent.

Rôle auxiliaire de la fréquence cardiaque en TT

La puissance est l’indicateur d’exécution principal, mais la fréquence cardiaque fournit un précieux avertissement de fatigue :

Phénomène Signification possible Action recommandée
FC plus basse que la cible mais puissance atteinte Bon état de forme Peut augmenter prudemment la puissance en seconde partie
FC plus élevée que la cible mais puissance atteinte Accumulation de fatigue ou influence météorologique Maintenir la puissance, ne pas ajouter
FC en hausse continue (dérive cardiaque) Phénomène normal, surtout au-delà de 30 minutes L’accepter, se fier à la puissance

Erreurs courantes en contre-la-montre

Erreur n° 1 : suivre ses sensations sur les 5 premiers kilomètres après le départ
La fraîcheur et l’adrénaline rendent le départ « facile » ; la puissance est souvent 15–20 % plus élevée que nécessaire, ce qui provoque inévitablement une défaillance en seconde partie. Il faut s’imposer un contrôle strict grâce aux chiffres du capteur de puissance.

Erreur n° 2 : ne pas ajuster la puissance dans les montées
Même sur un TT « plat », le parcours comporte de légères ondulations. Dans les montées, la puissance augmente naturellement ; si l’on ne la réduit pas activement, le VI global dépassera la norme.

Conseils pratiques

  1. Effectuer 1 à 2 séances de simulation de TT avant la course : s’entraîner à maintenir la puissance cible pendant 20 à 40 minutes pour confirmer la sensation de rythme
  2. Attention particulière aux parcours taïwanais : de nombreux parcours de contre-la-montre à Taïwan (comme le Tour de Taroko) ne sont pas entièrement plats et comportent des reliefs ; il faut reconnaître le parcours à l’avance et concevoir des puissances cibles par segment
  3. La position est très importante : la résistance de l’air d’un vélo de TT est inférieure de 30 à 40 % à celle d’un vélo de route classique ; un bon entraînement à la position TT est aussi important que la stratégie de puissance

Conclusion

La stratégie de puissance en contre-la-montre n’est pas une question d’intuition, mais de science. Puissance constante, contrôle prudent du segment de départ, ajustement dynamique selon le vent — la combinaison de ces trois principes vous permet de rouler le plus vite possible avec des réserves d’énergie limitées. Avant votre prochain contre-la-montre, emportez votre capteur de puissance et des objectifs de segment clairs, et laissez les chiffres vous guider vers votre meilleure performance.

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