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Course à pied et système immunitaire : un entraînement modéré renforce l'immunité, un surentraînement la supprime

訓練科學

Course et système immunitaire : un entraînement modéré renforce l'immunité vs un surentraînement l'immunosupprime

Introduction

Après la pandémie de COVID-19, l’attention portée par les coureurs taïwanais à l’immunité a considérablement augmenté. Beaucoup choisissent de courir précisément parce qu’ils ont « entendu dire que cela renforce l’immunité », mais pendant les périodes d’entraînement à haute intensité, ils attrapent fréquemment des rhumes, voire tombent malades avant ou après les courses. Ce phénomène apparemment contradictoire repose sur une explication claire de la physiologie immunitaire.

La répartition de base du système immunitaire

Le système immunitaire humain se divise en deux grandes branches :

  • Immunité innée : défense rapide non spécifique, comprenant les cellules tueuses naturelles (cellules NK), les neutrophiles et les macrophages, qui répondent en quelques minutes à quelques heures après l’infection.
  • Immunité adaptative : réponse spécifique des lymphocytes T (immunité cellulaire) et des lymphocytes B (anticorps/immunité humorale), nécessitant 1 à 2 semaines pour se développer.

L’entraînement physique affecte ces deux systèmes de manière différente, et cela dépend fortement de l’intensité et de la durée de l’entraînement.

La courbe en J : la relation entre le volume d’exercice et le risque d’infection

Le scientifique du sport David Nieman a proposé la célèbre « hypothèse de la courbe en J » :

  • Personnes sédentaires : fonction immunitaire à un niveau de base faible, risque d’infection modéré à élevé.
  • Pratiquants d’exercice régulier d’intensité modérée (150 à 300 minutes de course par semaine, intensité Zone 2–3) : risque d’infection le plus faible, 20 à 40 % inférieur à la population générale.
  • Athlètes à très haut volume d’entraînement (comme en période de préparation marathon, ou les coureurs d’ultra-trail) : risque d’infection nettement accru, particulièrement visible après la course.
État d’entraînement Kilométrage hebdomadaire Risque relatif d’infection
Sédentaire 0 km Modéré (référence)
Légèrement actif 10–30 km Faible
Entraînement régulier 30–60 km Le plus faible
Préparation haute intensité >80 km Modéré à élevé
72 h après un marathon 2 à 6 fois la référence

La période de fenêtre ouverte (Open Window Theory)

Après un exercice de haute intensité ou de longue durée (>90 minutes), la fonction immunitaire diminue temporairement pendant 3 à 72 heures — cette période est appelée la fenêtre immunitaire ouverte. Les mécanismes incluent :

  • Sécrétion massive d’hormones de stress (cortisol, adrénaline), qui inhibent l’activité des lymphocytes T et des cellules NK.
  • Diminution significative de la concentration d’immunoglobuline A sécrétoire (sIgA) dans la salive, affaiblissant la défense des muqueuses des voies respiratoires supérieures.
  • Bien que le nombre de neutrophiles augmente, leur capacité bactéricide (Oxidative Burst) diminue.

Pour les coureurs taïwanais, après les 42 km du Marathon de Taipei, s’exposer immédiatement à l’environnement du métro avec une grande foule augmente considérablement la probabilité d’infection par rapport à avant la course.

Les mécanismes de renforcement immunitaire d’un entraînement régulier d’intensité modérée

À l’inverse, une course à pied régulière d’intensité modérée sur le long terme apporte des bénéfices immunitaires cumulés :

  • Augmentation de l’activité des cellules NK : après chaque séance, le nombre de cellules NK augmente temporairement, et l’accumulation à long terme élève la valeur au repos.
  • Polarisation des macrophages M2 : favorise un phénotype anti-inflammatoire, réduisant l’inflammation chronique de bas grade (l’inflammation de bas grade est un mécanisme commun à de nombreuses maladies chroniques).
  • Amélioration du microbiote intestinal : l’exercice aérobie régulier favorise la diversité de la flore intestinale, bénéfique pour l’immunité intestinale.
  • Baisse du niveau chronique d’hormones de stress : le cortisol de base diminue, réduisant l’immunosuppression.

Conseils pratiques

  1. Les 72 heures après la course sont une période à haut risque : évitez les transports fermés, les grands rassemblements, portez un masque à l’extérieur (l’habitude des Taïwanais est particulièrement utile ici).
  2. Ajoutez une semaine de récupération après une semaine de haute intensité : toutes les 3 à 4 semaines, planifiez une semaine légère pour permettre au niveau de sIgA de se rétablir.
  3. Complétez avec de la vitamine C, D et du zinc : il existe des preuves d’intensité modérée soutenant leur effet protecteur pendant la fenêtre immunitaire post-exercice, en particulier la vitamine D, souvent déficiente en hiver à Taïwan (ensoleillement réduit).
  4. Le sommeil est le meilleur agent de récupération immunitaire : un sommeil insuffisant (<6 heures) double le risque d’infection. Une erreur courante des coureurs taïwanais est de maintenir des heures de coucher très tardives même après une semaine de haute intensité.
  5. Méfiez-vous du syndrome de surentraînement : une fatigue persistante au-delà de 2 semaines, une fréquence cardiaque au repos en hausse, une baisse des performances à l’entraînement sont des signaux d’un stress prolongé sur le système immunitaire. Il faut immédiatement réduire le volume et consulter un médecin du sport.

Conclusion

La course à pied est un outil efficace pour renforcer l’immunité, mais à condition que le volume d’entraînement soit modéré et la récupération suffisante. La courbe en J nous apprend que ce qui est le plus bénéfique pour la santé n’est pas l’entraînement le plus important, mais un entraînement « juste comme il faut » — c’est un rappel que les coureurs taïwanais en quête de performance devraient garder constamment à l’esprit.

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