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L'essor du cyclisme professionnel féminin : du Tour de France Femmes à l'égalité des primes

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L’essor du cyclisme professionnel féminin : du Tour de France Femmes à l’égalité des primes

Le 24 juillet 2022, le même jour où le Tour de France masculin s’achevait sur l’avenue des Champs-Élysées à Paris, le Tour de France Femmes avec Zwift prenait son départ. Ce moment n’était pas seulement le début d’une course, mais aussi un jalon dans la lutte d’un demi-siècle pour le cyclisme féminin.

Une histoire oubliée

Les premières tentatives et leur interruption

L’histoire de la participation des femmes au cyclisme est plus ancienne que la plupart des gens ne l’imaginent. Lors de l’engouement pour le vélo à la fin du XIXe siècle, la pratique du cyclisme féminin était considérée comme l’un des symboles du mouvement de libération des femmes — Susan B. Anthony a déclaré que le vélo avait « fait plus pour l’émancipation des femmes que toute autre chose au monde ».

En ce qui concerne les compétitions, les prédécesseurs du Tour de France Femmes remontent à :

  • 1955 : première édition expérimentale d’un Tour de France féminin
  • 1984-1989 : le « Tour de France Féminin » se déroule en même temps que le Tour masculin, mais reste toujours marginalisé
  • 1992-2009 : se poursuit sous le nom de « Grande Boucle Féminine », mais avec une qualité inégale faute de financement
  • 2009-2021 : interruption totale du Tour de France féminin, une période creuse de 13 ans

Les raisons de cette négligence

Les raisons pour lesquelles le cyclisme féminin a été longtemps négligé sont multiples :

  1. Couverture médiatique insuffisante : les retransmissions télévisées couvrent à peine les épreuves féminines
  2. Manque d’intérêt des sponsors : pas de diffusion, pas de visibilité ; pas de visibilité, pas de sponsors
  3. Écart de salaires : de nombreuses coureuses doivent travailler en parallèle pour subvenir à leurs besoins
  4. Obstacles institutionnels : les règlements de l’UCI pour l’organisation des épreuves féminines sont longtemps restés en retard

Tour de France Femmes : une résurrection historique

La naissance de l’épreuve

En 2022, grâce à la collaboration entre ASO (Amaury Sport Organisation, l’organisateur du Tour de France) et Zwift, le Tour de France Femmes avec Zwift renaît officiellement. La première édition compte 8 étapes, partant de Paris pour se terminer à La Super Planche des Belles Filles en Alsace.

Le choc de la première édition

Le succès de la première édition du Tour de France Femmes a dépassé toutes les attentes :

  • Spectateurs au bord de la route : des millions de personnes ont suivi la course tout au long du parcours, la densité du public sur de nombreux tronçons n’ayant rien à envier au Tour masculin
  • Audience télévisée : les audiences en France ont battu des records pour une épreuve sportive féminine
  • Réseaux sociaux : les hashtags #TDFF et #WomensCycling ont balayé le monde
  • Niveau de compétition : la Néerlandaise Annemiek van Vleuten s’est imposée avec 3 minutes 48 secondes d’avance, une intensité de course à couper le souffle

Le développement de l’épreuve

Parti de 8 étapes lors de la première édition, le Tour de France Femmes s’étend progressivement :

  • Le nombre d’étapes augmente chaque année, avec pour objectif de se rapprocher des 21 étapes du Tour masculin
  • La difficulté du parcours ne cesse de croître, avec davantage d’étapes de montagne
  • Les primes augmentent chaque année
  • La couverture médiatique s’élargit

Les figures clés

Les coureuses

Annemiek van Vleuten (Pays-Bas) :
L’une des plus grandes coureuses de l’histoire du cyclisme féminin. En 2022, à l’« âge avancé » de 40 ans, elle remporte le Giro, le Tour et la Vuelta, devenant la seule coureuse à avoir remporté les trois Grands Tours féminins la même année. Retraitée en 2023, elle laisse derrière elle une légende incomparable.

Marianne Vos (Pays-Bas) :
Surnommée « l’Eddy Merckx du cyclisme féminin ». Championne du monde sur route, sur piste et en cyclo-cross, elle compte plus de 250 victoires en carrière. Elle est toujours active sur les routes.

Demi Vollering (Pays-Bas) :
La nouvelle leader de la génération montante, qui s’impose grâce à ses capacités d’escalade et de contre-la-montre impressionnantes, considérée comme la future dominatrice du cyclisme féminin pour les années à venir.

Lotte Kopecky (Belgique) :
Une coureuse complète alliant sprint et grimpe, championne du monde 2023, avec d’excellentes performances dans les classiques et les Grands Tours.

Les progrès structurels

Salaires et contrats

Règlement sur le salaire minimum de l’UCI en 2020 :

  • L’UCI fixe pour la première fois un salaire annuel minimum pour les coureuses des WorldTeams : 15 000 euros en 2020
  • Porté à environ 32 100 euros en 2023
  • L’écart avec le salaire minimum des WorldTeams masculines (environ 40 000 euros) subsiste, mais le progrès est significatif

Comparaison historique :
Avant le règlement sur le salaire minimum, de nombreuses cyclistes professionnelles gagnaient moins de 10 000 euros par an, certaines n’étant même pas rémunérées. Les coureuses devaient assumer elles-mêmes leurs frais de transport, d’hébergement et d’équipement.

Le mouvement pour l’égalité des primes

Ces dernières années, de plus en plus d’épreuves ont instauré l’égalité des primes entre hommes et femmes :

  • Strade Bianche : à partir de 2024, primes identiques pour les hommes et les femmes
  • Paris-Roubaix Femmes : première édition en 2021, primes en augmentation progressive
  • Tour de France Femmes : la dotation augmente chaque année, mais l’écart avec le Tour masculin reste considérable

Diffusion et médias

  • GCN/Eurosport : augmentation significative de la diffusion des épreuves féminines
  • Zwift : via sa plateforme de cyclisme virtuel, sponsorise les épreuves féminines et attire un nouveau public
  • Réseaux sociaux : Instagram, YouTube et autres plateformes offrent aux coureuses un canal d’interaction directe avec leurs fans

Les problèmes encore à résoudre

Malgré des progrès significatifs, le cyclisme féminin reste confronté à des défis : les budgets des équipes ne représentent qu’un dixième de ceux des équipes masculines, la durée des Grands Tours n’est qu’un tiers de celle des hommes, et le développement est fortement concentré en Europe et en Amérique du Nord. Les coureuses d’Asie et des pays en développement font toujours face à d’énormes barrières à l’entrée.

La situation actuelle et les perspectives du cyclisme féminin à Taïwan

Le cyclisme féminin à Taïwan est en pleine croissance, avec de plus en plus de femmes cyclistes qui participent à des activités sur route. Au niveau de la compétition, il reste une marge de progression, avec un besoin de davantage d’épreuves féminines, de systèmes d’entraînement structurés et du soutien des médias.

Recommandations de suivi

Pour les fans taïwanais, voici les épreuves féminines les plus à suivre :

  • Tour de France Femmes (juillet-août) : le plus haut niveau
  • Giro d’Italia Women (juillet) : le romantisme italien
  • Paris-Roubaix Femmes (avril) : la puissance des pavés
  • Strade Bianche Women (mars) : l’art des routes blanches
  • Championnats du monde (septembre) : le duel des équipes nationales

L’essor du cyclisme professionnel féminin est l’une des histoires les plus exaltantes de l’histoire du sport. De l’oubli à la reconnaissance, ce chemin a pris un demi-siècle. Et aujourd’hui, nous sommes au début de cet âge d’or — le meilleur moment ne fait que commencer.

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