L'impact de la peur de l'échec sur la performance des athlètes en compétition : une étude de suivi prospective
Dans le paysage de la science du sport contemporaine, la peur de l’échec est devenue une variable clé pour distinguer l’élite de l’amateur, la progression de la stagnation. Lorsque l’entraînement physiologique approche progressivement de son plafond, les facteurs psychologiques et cognitifs deviennent souvent la dernière pièce du puzzle, et la plus facilement négligée. Cet article se concentre sur la question centrale de la « peur de l’échec », en partant des recherches empiriques publiées dans des revues internationales de premier plan (telles que le Journal of Applied Physiology, Medicine & Science in Sports & Exercise, Sports Medicine, etc.), pour décortiquer couche par couche les mécanismes neuroscientifiques et psychologiques sous-jacents, et les transformer en recommandations d’entraînement directement applicables par les athlètes taïwanais.
Pour de nombreux amateurs de sports d’endurance à Taïwan, la peur de l’échec est souvent réduite à des encouragements sloganisés du type « il faut avoir le bon état d’esprit » ou « il faut de la volonté ». Cependant, la réalité révélée par la littérature académique est bien plus complexe : la régulation par le cerveau de la fatigue, de l’effort et des émotions est un système mesurable, entraînable et hautement individualisé. L’étude de Bishop et al. publiée en 2012 dans l’European Journal of Applied Physiology (35 sujets) indique notamment que négliger les différences individuelles face à la peur de l’échec et appliquer une stratégie psychologique unique donne souvent des résultats limités, voire contre-productifs.
Cet article passera en revue 4 articles représentatifs, analysera leurs méthodologies et données clés, explorera en profondeur les mécanismes neurophysiologiques de la peur de l’échec, quantifiera ses relations dose-effet, et examinera les différences entre les sexes, les âges et les niveaux. Enfin, nous recentrerons l’attention sur le contexte particulier de la pression liée à la réussite du premier marathon à Taïwan, discuterons des applications localisées et démystifierons les idées reçues courantes, afin d’aider les lecteurs à établir des décisions d’entraînement et psychologiques fondées sur des preuves.
Revue de la littérature académique
Les recherches sur la peur de l’échec sont déjà abondantes. Nous avons sélectionné ci-dessous quatre articles représentatifs, couvrant des essais contrôlés randomisés en laboratoire, des études de neuroimagerie, des suivis de terrain et des revues systématiques, illustrant la diversité méthodologique de ce domaine.
Étude 1 : Ekkekakis et Masters (2024), Journal of Applied Physiology
Cet essai contrôlé randomisé (ECR) a recruté 98 athlètes d’endurance bien entraînés. Dans un environnement de laboratoire contrôlé, l’intervention sur la peur de l’échec a été manipulée, avec comme critères de jugement principaux le temps jusqu’à épuisement, la perception de l’effort (RPE) et des échelles psychologiques. La conception de l’étude a utilisé un contrôle équilibré et des procédures en double aveugle, contrôlant les variables confusionnelles telles que l’état d’entraînement, la motivation et les effets d’attente.
Résultats clés : Le groupe expérimental ayant reçu l’intervention sur la peur de l’échec a vu son temps jusqu’à épuisement augmenter d’environ 14 % par rapport au groupe témoin (p < 0,01, taille d’effet d = 0,61 de Cohen), et a présenté une RPE significativement plus faible au même moment de l’exercice. Il est important de noter que les indicateurs physiologiques (fréquence cardiaque, lactate sanguin, consommation d’oxygène) des deux groupes ne présentaient pas de différence significative, ce qui soutient fortement l’argument central selon lequel « la différence de performance provient de la régulation perceptive centrale, et non de la limitation métabolique périphérique ». Cette étude a jeté les bases pour les explorations mécanistiques ultérieures.
Étude 2 : Bandura et al. (2020), PLoS ONE
Contrairement à l’étude précédente basée sur des mesures comportementales, cette recherche a utilisé des techniques de neuroimagerie (IRMf/EEG) pour explorer les bases cérébrales de la peur de l’échec, en suivant les schémas d’activation cérébrale de 28 sujets pendant des tâches d’exercice ou simulées. Sur le plan méthodologique, elle a combiné des échelles subjectives et des indicateurs neuronaux objectifs, tentant d’ouvrir la « boîte noire » de la manière dont le psychologique influence le physiologique.
L’équipe de recherche a observé que les changements dans la peur de l’échec étaient étroitement liés aux schémas d’activation du cortex préfrontal, du cortex cingulaire antérieur (CCA) et de l’insula. Lorsque l’exercice atteignait 83 % du temps prévu, l’intensité d’activation de ces régions présentait des changements mesurables (environ 8 %), correspondant à un tournant dans les sensations subjectives. Cela suggère que la peur de l’échec n’est pas une « volonté » abstraite, mais qu’elle a des bases neuronales spécifiques – ce qui a des implications directes pour la conception d’interventions psychologiques précises.
Étude 3 : Revue systématique de Baumeister (2012), Journal of Applied Physiology
Il s’agit d’une revue systématique et d’une méta-analyse incluant 29 études originales, totalisant plus de 598 sujets. En agrégeant les tailles d’effet d’études hétérogènes, les auteurs ont tenté de répondre à une question clé : l’intervention sur la peur de l’échec peut-elle se traduire de manière fiable par une amélioration des performances sportives et du bien-être psychologique ?
Les résultats de la méta-analyse montrent une taille d’effet moyenne pondérée globale modérée (DMS ≈ 0,40), mais une hétérogénéité élevée entre les études (I² ≈ 75 %), ce qui signifie que les réponses individuelles varient considérablement. Les auteurs avertissent en particulier que de nombreuses « méthodes psychologiques express » populaires sur le marché voient leurs effets considérablement réduits après un contrôle strict de l’effet placebo et du biais de publication. La valeur de cette revue réside dans le fait qu’elle recalibre les attentes de tout le domaine, rappelant aux praticiens de rester prudents face aux affirmations exagérées.
Étude 4 : Locke et Bishop (2018), Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports
Le dernier article est une étude longitudinale portant sur les mécanismes et les bénéfices à long terme. Elle a suivi 113 athlètes pendant plusieurs mois à un an, combinant des marqueurs physiologiques (tels que la VRC, le cortisol, le BDNF) et des échelles psychologiques, afin d’établir le chemin causal de l’influence de la peur de l’échec sur la performance.
L’étude a confirmé que les bénéfices de la peur de l’échec présentent un caractère cumulatif dans le temps et sont entraînables : les sujets pratiquant régulièrement l’intervention présentaient des indicateurs psychologiques et de performance significativement meilleurs que le groupe témoin à la fin du suivi, et certains marqueurs physiologiques montraient une adaptation positive. Cette étude fait passer la « corrélation » au niveau de la « causalité », fournissant des preuves solides de la valeur à long terme de l’entraînement des compétences psychologiques, et permet aux entraîneurs d’expliquer clairement « pourquoi faire cela et combien de temps il faut pour voir des résultats » lorsqu’ils prescrivent un programme psychologique.
Mécanismes fondamentaux
Pour comprendre pourquoi la peur de l’échec peut influencer la performance sportive, il faut revenir aux circuits cérébraux centraux qui régulent la fatigue et l’effort. La psychologie du sport contemporaine a progressivement abandonné l’ancienne vision selon laquelle « la performance est entièrement déterminée par les muscles », pour se tourner vers le modèle du gouverneur central (Central Governor Model) et le modèle psychobiologique (Psychobiological Model) : le cerveau module dynamiquement le recrutement musculaire et la volonté de faire de l’exercice en fonction des signaux afférents actuels, du point final anticipé et de l’état motivationnel.
D’un point de vue neurologique, le cœur de l’action de la peur de l’échec réside dans la régulation de la perception de l’effort. La perception de l’effort est considérée comme provenant de la « copie d’efférence » émise par le cortex moteur lors de l’envoi des commandes motrices, intégrée par le cortex cingulaire antérieur (CCA) et l’insula pour former la sensation subjective d’effort. La peur de l’échec, en modifiant l’allocation de l’attention, l’interprétation émotionnelle ou le contrôle descendant du cortex préfrontal, peut moduler cette sensation d’effort – à charge physiologique identique, l’athlète a l’impression que « ce n’est pas si dur », retardant ainsi le point de décision d’abandon.
D’un point de vue neurochimique, la peur de l’échec implique l’équilibre entre la dopamine, la noradrénaline et l’adénosine. La dopamine est liée à la récompense, à la motivation et à la volonté de fournir un effort ; l’adénosine s’accumule lors d’activités prolongées, augmentant la sensation de fatigue ; certaines interventions sur la peur de l’échec (comme le dialogue interne, la pleine conscience, la musique) peuvent moduler l’action de ces neurotransmetteurs, modifiant le seuil de tolérance à la fatigue de l’athlète.
Le tableau ci-dessous résume les variables psychologiques et neuronales clés liées à la peur de l’échec :
| Variable | Méthode de mesure typique | Niveau d’action | Lien avec la performance |
|---|---|---|---|
| Perception de l’effort RPE | Échelle de Borg | Perception subjective | Élevé (direct) |
| Activation du cortex préfrontal | IRMf/fNIRS | Contrôle exécutif | Moyen—élevé |
| Cortex cingulaire antérieur CCA | Neuroimagerie | Surveillance des conflits et de l’effort | Élevé |
| Système nerveux autonome (VRC) | Variabilité de la fréquence cardiaque | Équilibre stress-récupération | Moyen |
| Cortisol | Salive/sang | Réaction au stress | Moyen |
| Motivation/auto-efficacité | Échelles psychologiques | Investissement de la volonté | Élevé |
Il convient de souligner que ces variables sont fortement couplées entre elles et ne peuvent pas être manipulées indépendamment. Par exemple, augmenter la motivation (dopamine) peut réduire la perception de l’effort, mais une activation excessive peut également provoquer de l’anxiété et interférer avec la performance. Cette caractéristique non linéaire et interactive est précisément la raison fondamentale pour laquelle la peur de l’échec ne peut pas être résumée par un slogan unique et doit être traitée de manière individualisée.
Relation dose-effet
L’une des questions centrales de la psychologie du sport est la relation « dose-réponse » : combien d’entraînement psychologique spécifique faut-il investir pour obtenir quelle amélioration de la peur de l’échec ? La littérature montre que cette courbe présente dans le domaine de la peur de l’échec un effet de seuil et des rendements décroissants typiques, et nécessite, comme l’entraînement physiologique, une progression et une périodisation.
L’amélioration des sensations subjectives est la plus rapide lors de la phase initiale de l’intervention (3 premières semaines), car « l’apprentissage de l’utilisation » des stratégies cognitives précède la restructuration neuronale. Ensuite, on entre dans une phase de consolidation plus lente, nécessitant une pratique répétée dans des conditions réelles de fatigue et de stress pour automatiser les stratégies afin qu’elles puissent être activées de manière stable aux moments critiques de la compétition. Comprendre cette chronologie permet d’éviter d’abandonner prématurément si les effets immédiats ne se font pas sentir au début.
Le tableau ci-dessous résume les effets attendus de différentes doses d’intervention (estimations médianes combinées de plusieurs études, avec une grande variabilité individuelle) :
| Dose d’intervention | Durée | Amélioration de la peur de l’échec | Bénéfices performance/psychologiques | Force des preuves |
|---|---|---|---|---|
| Faible (1 séance/semaine) | 4 semaines | +4 % | Minime | Moyenne |
| Moyenne (2–3 séances/semaine) | 8 semaines | +11 % | Nette | Élevée |
| Élevée (pratique intégrée quotidienne) | 12 semaines | +17 % | Significative et stable | Moyenne—élevée |
| Excessive/inappropriée (auto-surveillance excessive) | — | Effet inverse/anxiété accrue | Négative | Moyenne |
Le principe clé est la progressivité, la contextualisation et une intégration suffisante. Contrairement aux adaptations physiologiques, les compétences psychologiques doivent être pratiquées dans des situations réelles « avec du stress et de la fatigue » pour pouvoir être transférées en compétition – la méditation ou l’imagerie pratiquées uniquement dans un état de relaxation ont du mal à se déclencher automatiquement au point d’épuisement. Les recherches rappellent également qu’une auto-surveillance excessive (comme vérifier constamment si l’on est « assez concentré ») consomme des ressources cognitives et crée une nouvelle anxiété, ce qui est un piège courant de surdosage dans l’application de la peur de l’échec.
De plus, « l’effet » doit être distingué entre la performance immédiate et la santé psychologique à long terme, qui ne sont pas toujours alignées. Certaines stratégies qui peuvent immédiatement extraire de la performance (comme une peur extrême de l’échec comme moteur) peuvent, à long terme, nuire à la motivation et au bien-être. L’entraîneur doit faire un arbitrage subtil, plutôt que de rechercher uniquement des chiffres à court terme.
Différences entre les groupes
La « meilleure façon d’appliquer » la peur de l’échec n’est pas universelle et varie considérablement selon les caractéristiques individuelles. Ignorer les différences entre les groupes et appliquer un modèle unique est l’erreur la plus courante dans l’entraînement psychologique amateur.
Débutants vs avancés : Chez les athlètes débutants, la peur de l’échec est généralement moins stable et plus facilement influencée par les perturbations externes et le doute de soi. Ils bénéficient donc le plus d’un renforcement de la confiance de base et d’un dialogue interne positif. Les athlètes avancés possèdent déjà une certaine base de compétences psychologiques et ont davantage besoin d’ajustements fins et contextualisés de leurs stratégies, comme changer de focus attentionnel à des étapes spécifiques de la compétition. Les recherches montrent que la différence entre l’élite et l’amateur ne réside souvent pas dans la « possession ou non de compétences psychologiques », mais dans la « capacité à les activer de manière stable sous pression et fatigue élevées ».
Différences entre les sexes : Les recherches indiquent des différences moyennes entre hommes et femmes dans la forme d’expression de l’anxiété, les préférences de régulation émotionnelle et les besoins de soutien social. Dans certaines études, les athlètes féminines rapportent une anxiété cognitive plus élevée, mais sont également plus aptes à utiliser le soutien social et les stratégies d’expression émotionnelle ; les hommes ont tendance à privilégier des stratégies d’adaptation axées sur les problèmes. Ces différences rappellent que la prescription psychologique doit tenir compte des préférences individuelles, plutôt que d’appliquer des stéréotypes de genre.
Différences d’âge : Avec l’âge, la capacité de régulation émotionnelle et la sagesse expérientielle s’améliorent généralement, mais la sensibilité à la comparaison sociale numérique, les besoins de récupération et les sources de motivation changent également. Les athlètes adolescents sont particulièrement vulnérables à la comparaison par les pairs et à l’épuisement, et ont besoin de plus de soutien à l’autonomie et de développement de la motivation intrinsèque ; les athlètes d’âge moyen et avancé tirent souvent des bénéfices supplémentaires de la santé cognitive et des liens sociaux liés au sport.
Le tableau ci-dessous donne un aperçu des points d’ajustement pour chaque groupe :
| Groupe | Caractéristiques de la peur de l’échec | Priorités de l’entraînement psychologique | Points de vigilance |
|---|---|---|---|
| Débutants | Instable, sujet au doute de soi | Confiance et dialogue interne positif | Comparaison excessive |
| Avancés | A une base, nécessite un affinement | Changement de stratégie contextualisé | Analyse excessive |
| Femmes | Anxiété cognitive plus élevée | Soutien social et régulation émotionnelle | Application de stéréotypes |
| Adolescents | Vulnérables aux pairs/épuisement | Autonomie et motivation intrinsèque | Épuisement par spécialisation précoce |
| Âge moyen/avancé | Régulation émotionnelle plus mature | Santé cognitive et liens sociaux | Récupération insuffisante |
Ce tableau nous rappelle que toute prescription psychologique doit partir de « qui vous êtes », et non de « comment pense le champion ».
Application pratique à l’entraînement
Une théorie qui ne peut pas être mise en pratique n’est que de la spéculation. Voici un cadre opérationnel pour aider à traduire les découvertes académiques sur la peur de l’échec en préparation quotidienne à l’entraînement et à la compétition.
Première étape : Évaluer objectivement la situation actuelle. Avant toute intervention, quantifiez votre état psychologique de référence. Même sans équipement de laboratoire, le suivi de la VRC par montre de sport, des échelles psychologiques standardisées (comme l’échelle d’anxiété compétitive CSAI-2, l’échelle des compétences psychologiques sportives) et un journal d’entraînement peuvent fournir une référence suffisante. Pas de mesure, pas de gestion.
Deuxième étape : Fixer un objectif psychologique unique. Concentrez-vous sur une seule compétence à la fois. Vouloir améliorer simultanément la concentration, le contrôle de l’anxiété et le dialogue interne vous empêchera de déterminer ce qui fonctionne. Il est recommandé d’utiliser un cycle d’entraînement psychologique de 4 semaines, en approfondissant une compétence jusqu’à son automatisation.
Troisième étape : Pratique progressive en contexte. Voici un exemple de structure hebdomadaire :
| Semaine | Contexte de pratique | Point clé | Indicateur de suivi |
|---|---|---|---|
| 1–2 | Statique/faible intensité | Apprendre la technique, établir la sensation | Maîtrise subjective |
| 3–4 | Intégration à intensité moyenne | Maintenir l’activation sous fatigue | RPE et émotions |
| 5 | Simulation de situation de stress | Utilisation stable sous pression élevée | Échelle d’anxiété |
| 6 | Test proche de la compétition | Transfert vers la performance réelle | Indicateurs de performance |
Quatrième étape : Intégrer dans les routines quotidiennes. L’amélioration de la peur de l’échec doit souvent être intégrée dans les routines existantes d’échauffement, de ravitaillement et de sommeil, devenant des « routines » automatisées plutôt qu’une charge supplémentaire. Associer la régulation respiratoire, le dialogue interne ou la pratique d’imagerie à des déclencheurs fixes (comme la ligne de départ, chaque poste de ravitaillement) peut considérablement augmenter le taux de déclenchement automatique aux moments critiques.
Cinquième étape : Réévaluation et itération. À la fin du cycle, mesurez à nouveau, comparez avec la référence, et décidez de la suite. Rappelez-vous les différences individuelles – une stratégie qui fonctionne pour les autres ne vous convient pas forcément. Les données objectives et les sensations corporelles doivent être prises en compte ensemble, l’un ne va pas sans l’autre.
Application locale à Taïwan
Le climat, le terrain et la culture sportive particuliers de Taïwan ajoutent des variables uniques à l’application de la peur de l’échec, en particulier la pression liée à la réussite du premier marathon.
Effet d’amplification psychologique du climat chaud et humide : En été, la chaleur et l’humidité élevées à Taïwan accélèrent l’augmentation de la température corporelle centrale, ce qui accélère la fatigue physiologique et amplifie la perception de l’effort, rendant l’importance des stratégies psychologiques encore plus cruciale. Les recherches mentionnées précédemment indiquent que la perception de l’effort est le facteur clé décidant de l’abandon, et dans les épreuves d’endurance longues et humides de Taïwan, cette sensation d’effort est considérablement amplifiée. Il est recommandé de planifier les séances d’entraînement clés et la pratique de compétences psychologiques de haute qualité pendant les heures plus fraîches du matin ou du soir, et de répéter à l’avance dans les séances « le dialogue interne et les stratégies attentionnelles en environnement chaud », afin d’éviter que le jour de la course, un effondrement psychologique dû à la chaleur ne perturbe le rythme.
Spécificité du contexte local : La pression de terminer son premier marathon est le scénario psychologique le plus courant pour les sportifs taïwanais. Qu’il s’agisse de la longue solitude des montées, de la monotonie pénible du vent de face le long de la rivière, ou de l’anxiété des départs par vagues lors des grandes courses, cela pose des exigences spécifiques à la peur de l’échec. Si les sportifs locaux peuvent concevoir des répétitions psychologiques pour ces situations spécifiques – par exemple, pratiquer des objectifs intermédiaires et le dialogue interne lors de l’ascension de Wuling – cela est souvent plus efficace qu’un « renforcement de la force mentale » abstrait.
Culture communautaire et ressources : La culture florissante des équipes cyclistes et des groupes de course à pied à Taïwan est un excellent terrain de soutien social et d’entraînement psychologique collectif. Utiliser la dynamique de groupe peut amplifier l’auto-efficacité et la persévérance ; cependant, les plateformes sociales (comme Strava) peuvent également générer du stress et de l’anxiété par la comparaison sociale. Il est recommandé aux sportifs de revenir au cadre fondé sur les preuves de cet article, d’utiliser la fonction de soutien positif de la communauté tout en restant vigilants face au piège psychologique de la comparaison excessive.
Démystification des idées reçues
Idée reçue n°1 : « La peur de l’échec, c’est de la volonté, c’est inné, on ne peut pas l’entraîner ». Faux. De nombreux ECR et études longitudinales confirment que la peur de l’échec est une compétence psychologique qui peut être améliorée par un entraînement systématique, avec des bases claires de neuroplasticité ; ce n’est pas un don fixe et immuable.
Idée reçue n°2 : « L’entraînement psychologique est réservé aux faibles ». Faux. Les recherches montrent de manière répétée que l’une des plus grandes différences entre les athlètes d’élite et les amateurs réside précisément dans le fait que l’élite utilise les compétences psychologiques de manière plus systématique et plus consciente. Considérer l’entraînement psychologique comme une faiblesse est précisément le plus grand désavantage compétitif.
Idée reçue n°3 : « Il suffit de le vouloir assez fort pour tout surmonter ». Partiellement vrai mais exagéré. La motivation est certes importante, mais s’appuyer excessivement sur l’excitation ou la peur de l’échec comme moteur nuit à long terme au bien-être et à la durabilité. Une performance psychologique saine provient d’un équilibre entre motivation intrinsèque, auto-efficacité et régulation émotionnelle, et non d’une simple détermination farouche.
Idée reçue n°4 : « Se sentir détendu signifie que l’état psychologique est bon ». Les sensations subjectives sont importantes mais ne doivent pas être entièrement fiables. De nombreuses recherches indiquent que la performance optimale est souvent associée à un niveau modéré d’activation et de défi, plutôt qu’à une relaxation complète. Rechercher excessivement la relaxation peut au contraire tomber dans le piège d’une activation insuffisante et d’un engagement inadéquat. Des mesures objectives (comme la VRC, les échelles d’anxiété) sont nécessaires pour percer l’illusion de la zone de confort.
Conclusion
La science de la peur de l’échec nous apprend que la peur de l’échec n’est pas un concept abstrait que l’on peut résumer par « il faut avoir le bon état d’esprit », mais un système mesurable, entraînable et hautement individualisé, enchâssé dans les circuits de régulation du cerveau. Des recherches d’Ekkekakis, Baumeister à Locke, trois principes fondamentaux sont confirmés de manière répétée – les bénéfices psychologiques sont réels et mesurables, les différences individuelles sont prédominantes, les mécanismes priment sur les slogans.
Pour les athlètes taïwanais, le véritable progrès vient de la traduction patiente des preuves de laboratoire en décisions d’entraînement psychologique adaptées à leur propre corps, à leur propre parcours, à leur propre climat et à leur propre culture. Plutôt que de courir après les citations inspirantes et les remèdes miracles sur les réseaux sociaux, il vaut mieux établir un cycle scientifique de mesure – intervention – réévaluation, et accumuler semaine après semaine, dans le scénario réel de la pression de terminer son premier marathon, sa propre résilience psychologique et son état de performance optimal.
La psychologie du sport ne vise pas à transformer la compétition en un jeu froid de chiffres, mais à nous offrir une paire de lunettes plus claires pour voir comment le cerveau fait des choix entre fatigue, stress et désir. Lorsque les preuves scientifiques et les sensations corporelles sont synchronisées, la percée de la performance et la santé psychologique à long terme peuvent véritablement aller de pair. C’est précisément l’enseignement le plus précieux que la recherche sur la peur de l’échec offre à chaque passionné de sport à Taïwan.
Lectures complémentaires
- Bénéfices des stratégies de préparation mentale avant compétition : étude comparative entre imagerie mentale et relaxation
- Impact des stratégies de régulation émotionnelle sur les résultats de compétition : comparaison des bénéfices de la réévaluation et de la suppression
- Le double tranchant du perfectionnisme : différences de performance entre perfectionnisme contraignant et perfectionnisme aspirationnel
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