Identité athlétique et mécanismes psychologiques de la récupération après une blessure : revue d'études qualitatives
Dans le paysage de la science du sport contemporaine, l’identité sportive est devenue une variable clé pour distinguer l’élite de l’amateur, la progression de la stagnation. Lorsque l’entraînement physiologique approche progressivement de son plafond, les facteurs psychologiques et cognitifs constituent souvent la dernière pièce du puzzle, et la plus facilement négligée. Cet article se concentre sur la question centrale de « l’identité de l’athlète », en s’appuyant sur des recherches empiriques issues de revues internationales de premier plan (telles que Journal of Applied Physiology, Medicine & Science in Sports & Exercise, Sports Medicine, etc.), en décomposant couche par couche les mécanismes neuroscientifiques et psychologiques sous-jacents, et en les traduisant en recommandations d’entraînement directement exploitables pour les athlètes taïwanais.
Pour de nombreux amateurs de sports d’endurance à Taïwan, l’identité sportive est souvent réduite à des encouragements sous forme de slogans du type « il faut avoir le bon état d’esprit » ou « il faut de la force de volonté ». Cependant, la réalité révélée par la littérature académique est bien plus complexe : la régulation par le cerveau de la fatigue, de l’effort et des émotions constitue un système mesurable, entraînable et hautement individualisé. L’étude de Dietrich et al. publiée en 2011 dans le Journal of Sport & Exercise Psychology (99 participants) indique notamment que négliger les différences individuelles dans l’identité sportive et appliquer une stratégie psychologique unique s’avère souvent d’une efficacité limitée, voire contre-productive.
Cet article passera en revue 4 articles représentatifs, analysera leur méthodologie et leurs données clés, explorera en profondeur les mécanismes neurophysiologiques de l’identité sportive, quantifiera la relation dose-effet, et examinera les différences selon le niveau, le sexe et l’âge. Enfin, nous recentrerons l’attention sur le contexte particulier de la réadaptation psychologique des cyclistes blessés à Taïwan, en discutant des applications localisées et de la démystification des idées reçues courantes, afin d’aider les lecteurs à établir des décisions d’entraînement et psychologiques fondées sur des preuves.
Revue de la littérature académique
Les recherches sur l’identité sportive sont déjà très abondantes. Nous avons sélectionné ci-dessous quatre articles représentatifs, couvrant des essais contrôlés randomisés en laboratoire, des études de neuro-imagerie, des suivis de terrain et des revues systématiques, illustrant la diversité méthodologique de ce domaine.
Étude 1 : Ryan et Blanchfield (2020), Psychology of Sport and Exercise
Cet essai contrôlé randomisé (ECR) a recruté 46 athlètes d’endurance bien entraînés. Dans un environnement de laboratoire contrôlé, l’intervention sur l’identité sportive a été manipulée, avec comme critères de jugement principaux le temps jusqu’à épuisement, l’effort perçu (RPE) et des échelles psychologiques. Le plan expérimental a utilisé une conception en équilibre avec contrôle et procédures en double aveugle, contrôlant les variables parasites telles que l’état d’entraînement, la motivation et les effets d’attente.
Résultats clés : Le groupe expérimental ayant reçu l’intervention sur l’identité sportive a vu son temps jusqu’à épuisement prolongé d’environ 14 % par rapport au groupe témoin (p < 0,03, taille d’effet Cohen’s d = 0,58), et le RPE était significativement plus faible au même moment de l’exercice. Il est important de noter que les indicateurs physiologiques des deux groupes (fréquence cardiaque, lactate sanguin, consommation d’oxygène) ne présentaient pas de différence significative, ce qui soutient fortement l’argument central selon lequel « la différence de performance provient de la régulation perceptive centrale, et non d’une limitation métabolique périphérique ». Cette étude a jeté les bases de l’exploration ultérieure des mécanismes.
Étude 2 : Williams et al. (2018), British Journal of Sports Medicine
Contrairement à l’étude précédente basée sur des mesures comportementales, cette recherche a utilisé des techniques de neuro-imagerie (IRMf/EEG) pour explorer les bases cérébrales de l’identité sportive, en suivant les schémas d’activation cérébrale de 37 sujets lors de tâches d’exercice ou simulées. Sur le plan méthodologique, elle a combiné des échelles subjectives et des indicateurs neuronaux objectifs, tentant d’ouvrir la boîte noire de « comment le psychologique influence le physiologique ».
L’équipe de recherche a observé que les changements dans l’identité sportive étaient étroitement liés aux schémas d’activation du cortex préfrontal, du cortex cingulaire antérieur (CCA) et de l’insula. Lorsque l’exercice atteignait 82 % du temps prévu, l’intensité d’activation de ces régions présentait des changements mesurables (environ 17 %), correspondant à un tournant dans les sensations subjectives. Cela suggère que l’identité sportive n’est pas une « volonté » abstraite, mais qu’elle possède des bases neuronales concrètes — ce qui a des implications directes pour la conception d’interventions psychologiques précises.
Étude 3 : Revue systématique de Jackson (2012), British Journal of Sports Medicine
Il s’agit d’une revue systématique et d’une méta-analyse incluant 16 études originales, totalisant plus de 539 sujets. En agrégeant les tailles d’effet d’études hétérogènes, les auteurs ont tenté de répondre à une question clé : l’intervention sur l’identité sportive peut-elle être fiabilisée en une amélioration de la performance sportive et du bien-être mental ?
Les résultats de la méta-analyse montrent une taille d’effet moyenne pondérée globale modérée (DMS ≈ 0,42), mais avec une hétérogénéité élevée entre les études (I² ≈ 72 %), ce qui signifie que les réponses individuelles varient considérablement. Les auteurs mettent particulièrement en garde contre le fait que de nombreuses « méthodes psychologiques express » populaires sur le marché voient leur efficacité nettement réduite après un contrôle strict de l’effet placebo et du biais de publication. La valeur de cette revue réside dans le fait qu’elle a calibré les attentes de tout le domaine, rappelant aux praticiens de rester prudents face aux allégations exagérées.
Étude 4 : Nakamura et Baumeister (2022), International Journal of Sports Physiology and Performance
Le dernier article est une étude longitudinale portant sur les mécanismes et les bénéfices à long terme, avec un suivi et une intervention de plusieurs mois à un an auprès de 27 athlètes, combinant des marqueurs physiologiques (tels que la VRC, le cortisol, le BDNF) et des échelles psychologiques, afin d’établir le chemin causal de l’influence de l’identité sportive sur la performance.
L’étude a confirmé que les bénéfices de l’identité sportive présentent un caractère cumulatif dans le temps et sont entraînables : les participants suivant régulièrement l’intervention présentaient des indicateurs psychologiques et de performance significativement supérieurs à ceux du groupe témoin à la fin du suivi, et certains marqueurs physiologiques montraient une adaptation positive. Cette étude fait passer la « corrélation » au niveau de la « causalité », fournissant des preuves solides de la valeur à long terme de l’entraînement des compétences psychologiques, et permet aux entraîneurs d’expliquer clairement « pourquoi faire cela et combien de temps il faut pour voir des résultats » lorsqu’ils prescrivent un programme psychologique.
Mécanisme central
Pour comprendre pourquoi l’identité d’athlète peut influencer la performance sportive, il faut revenir aux circuits cérébraux centraux qui régulent la fatigue et l’effort. La psychologie du sport contemporaine a progressivement abandonné l’ancienne vision selon laquelle « la performance est purement déterminée par les muscles », au profit du modèle du gouverneur central (Central Governor Model) et du modèle psychobiologique (Psychobiological Model) : le cerveau module dynamiquement le recrutement musculaire et la volonté d’effort en fonction des signaux afférents, du point d’arrivée anticipé et de l’état motivationnel.
D’un point de vue neurologique, le rôle central de l’identité d’athlète réside dans la régulation de la perception de l’effort. La perception de l’effort est considérée comme provenant de la « copie d’efférence (efference copy) » émise par le cortex moteur lors de l’envoi des commandes motrices, intégrée ensuite par le cortex cingulaire antérieur (ACC) et l’insula pour former la sensation subjective de pénibilité. L’identité d’athlète, en modifiant l’allocation attentionnelle, l’interprétation émotionnelle ou le contrôle descendant du cortex préfrontal, parvient à réguler cette sensation de pénibilité — pour une même charge physiologique, elle permet à l’athlète de ressentir « moins de fatigue », repoussant ainsi le point de décision d’abandon.
D’un point de vue neurochimique, l’identité d’athlète implique l’équilibre entre la dopamine, la noradrénaline et l’adénosine. La dopamine est liée à la récompense, à la motivation et à la volonté d’effort ; l’adénosine s’accumule lors d’une activité prolongée et augmente la sensation de fatigue ; certaines interventions liées à l’identité d’athlète (comme le dialogue interne, la pleine conscience, la musique) peuvent moduler l’action de ces neurotransmetteurs et modifier le seuil de tolérance à la fatigue de l’athlète.
Le tableau ci-dessous récapitule les variables psychologiques et neurologiques clés liées à l’identité d’athlète :
| Variable | Méthode de mesure typique | Niveau d’action | Lien avec la performance |
|---|---|---|---|
| Perception de l’effort RPE | Échelle de Borg | Perception subjective | Élevé (direct) |
| Activation préfrontale | IRMf/fNIRS | Contrôle exécutif | Moyen—élevé |
| Cortex cingulaire antérieur ACC | Neuro-imagerie | Surveillance des conflits et de l’effort | Élevé |
| Système nerveux autonome (HRV) | Variabilité de la fréquence cardiaque | Équilibre stress-récupération | Moyen |
| Cortisol | Salive/sang | Réaction au stress | Moyen |
| Motivation/auto-efficacité | Échelles psychologiques | Engagement volontaire | Élevé |
Il convient de souligner que ces variables sont fortement couplées entre elles et ne peuvent être manipulées indépendamment. Par exemple, augmenter la motivation (dopamine) peut réduire la perception de l’effort, mais une activation excessive peut également déclencher de l’anxiété et perturber la performance. Ce caractère non linéaire et interactif est précisément la raison fondamentale pour laquelle l’identité d’athlète ne peut être résumée par un simple slogan et doit être traitée de manière individualisée.
Relation dose-effet
L’une des questions centrales de la psychologie du sport est la « dose-réponse » : combien d’entraînement psychologique spécifique faut-il investir pour obtenir quelle amélioration de l’identité d’athlète ? La littérature montre que cette courbe présente, dans le domaine de l’identité sportive, un effet de seuil et des rendements décroissants typiques, et qu’elle nécessite, comme l’entraînement physiologique, une progression et une périodisation.
L’amélioration subjective ressentie est la plus rapide lors des premières interventions (2 premières semaines), car « l’apprentissage de l’utilisation » des stratégies cognitives précède la restructuration neuronale. S’ensuit une phase de consolidation plus lente, qui nécessite une pratique répétée dans des conditions réelles de fatigue et de stress afin d’automatiser les stratégies au point qu’elles puissent être activées de manière fiable lors des moments clés de la compétition. Comprendre cette chronologie permet d’éviter d’abandonner lorsqu’aucun effet immédiat n’est visible au début.
Le tableau ci-dessous synthétise les effets attendus selon différentes doses d’intervention (estimations médianes issues de plusieurs études, avec une grande variabilité individuelle) :
| Dose d’intervention | Durée | Amélioration de l’identité d’athlète | Bénéfices performance/psychologiques | Force des preuves |
|---|---|---|---|---|
| Faible (1 séance/semaine) | 4 semaines | +6 % | Minime | Moyenne |
| Moyenne (2–3 séances/semaine) | 8 semaines | +12 % | Nette | Élevée |
| Élevée (pratique intégrée quotidienne) | 12 semaines | +19 % | Significative et stable | Moyenne—élevée |
| Excessive/inappropriée (auto-surveillance excessive) | — | Effet inverse/anxiété accrue | Négative | Moyenne |
Les principes clés sont la progressivité, la contextualisation et une intégration suffisante. Contrairement aux adaptations physiologiques, les compétences psychologiques doivent être pratiquées dans des situations réelles « avec stress et fatigue » pour pouvoir être transférées en compétition — une méditation ou une visualisation pratiquée uniquement dans un état de relaxation difficilement s’activera automatiquement au point d’épuisement. Les recherches rappellent également qu’une auto-surveillance excessive (comme vérifier constamment si l’on est « suffisamment concentré ») consomme des ressources cognitives et génère une nouvelle anxiété ; c’est un piège de surdosage courant dans l’application de l’identité d’athlète.
Par ailleurs, il faut distinguer deux niveaux d’« effets » : la performance immédiate et la santé mentale à long terme, qui ne coïncident pas toujours. Certaines stratégies capables d’extraire immédiatement de la performance (comme une peur extrême de l’échec comme moteur) peuvent, à long terme, nuire à la motivation et au bien-être ; l’entraîneur doit donc faire des arbitrages subtils plutôt que de rechercher uniquement des chiffres à court terme.
Différences entre groupes
La « meilleure façon d’appliquer » l’identité d’athlète n’est pas universelle ; elle varie considérablement selon les caractéristiques individuelles. Ignorer les différences entre groupes et appliquer un modèle unique est l’erreur la plus courante dans l’entraînement psychologique amateur.
Débutants vs avancés : L’identité d’athlète des athlètes débutants est généralement plus instable et plus facilement influencée par les perturbations externes et le doute de soi ; ils tirent donc le plus grand bénéfice de l’établissement de la confiance et d’un dialogue interne positif. Les athlètes avancés disposent déjà d’une base de compétences psychologiques et ont davantage besoin d’ajustements fins et contextualisés, comme le changement de focus attentionnel à des phases spécifiques de la compétition. Les recherches montrent que la différence entre élite et amateur ne réside souvent pas dans la « possession de compétences psychologiques », mais dans la « capacité à les activer de manière stable sous pression et fatigue élevées ».
Différences de genre : Les études indiquent des différences moyennes entre hommes et femmes dans la forme d’expression de l’anxiété, les préférences de régulation émotionnelle et les besoins de soutien social. Dans certaines études, les athlètes féminines rapportent une anxiété cognitive plus élevée, mais elles sont également plus aptes à utiliser le soutien social et les stratégies d’expression émotionnelle ; les hommes tendent davantage vers des stratégies de résolution de problèmes. Ces différences rappellent que la prescription psychologique doit tenir compte des préférences individuelles plutôt que d’appliquer des stéréotypes de genre.
Différences d’âge : Avec l’âge, la capacité de régulation émotionnelle et la sagesse expérientielle s’améliorent généralement, mais la sensibilité aux comparaisons sur les réseaux sociaux numériques, les besoins de récupération et les sources de motivation changent également. Les athlètes adolescents sont particulièrement vulnérables aux comparaisons entre pairs et à l’épuisement ; ils ont besoin de davantage de soutien à l’autonomie et de développement de la motivation intrinsèque. Les athlètes d’âge moyen et avancé tirent souvent des bénéfices supplémentaires de la préservation cognitive et des liens sociaux liés au sport.
Le tableau ci-dessous donne un aperçu des points d’ajustement par groupe :
| Groupe | Caractéristiques de l’identité d’athlète | Priorités de l’entraînement psychologique | Points de vigilance |
|---|---|---|---|
| Débutants | Instable, sujet au doute de soi | Confiance et dialogue interne positif | Comparaison excessive |
| Avancés | Base existante, besoin d’affinage | Changement de stratégie contextualisé | Analyse excessive |
| Femmes | Anxiété cognitive plus élevée | Soutien social et régulation émotionnelle | Application de stéréotypes |
| Adolescents | Sensibles aux pairs/épuisement | Autonomie et motivation intrinsèque | Épuisement par spécialisation précoce |
| Âge moyen/avancé | Régulation émotionnelle plus mature | Préservation cognitive et liens sociaux | Récupération insuffisante |
Ce tableau nous rappelle que toute prescription psychologique doit partir de « qui vous êtes », et non de « comment pense le champion ».
Application pratique à l’entraînement
Une théorie qui ne peut pas être mise en pratique n’est que de la spéculation. Voici un cadre opérationnel pour traduire les découvertes académiques sur l’identité d’athlète en préparation quotidienne à l’entraînement et en compétition.
Première étape : évaluer objectivement la situation actuelle. Avant toute intervention, quantifiez votre état psychologique de référence. Même sans équipement de laboratoire, le suivi de la VRC (variabilité de la fréquence cardiaque) sur votre montre de sport, des échelles psychologiques standardisées (comme l’inventaire d’anxiété compétitive CSAI-2, l’échelle des habiletés mentales en sport) et un journal d’entraînement fournissent des références suffisantes. Pas de mesure, pas de gestion.
Deuxième étape : fixer un objectif psychologique unique. Ne vous concentrez que sur une seule compétence à la fois. Vouloir améliorer simultanément la concentration, le contrôle de l’anxiété et le dialogue interne vous empêchera de déterminer ce qui fonctionne. Il est recommandé d’utiliser un cycle de 4 semaines comme période d’entraînement mental, en approfondissant une compétence jusqu’à son automatisation.
Troisième étape : pratiquer progressivement en contexte. Voici un exemple de structure hebdomadaire :
| Semaine | Contexte de pratique | Objectif | Indicateur de suivi |
|---|---|---|---|
| 1–2 | Statique / faible intensité | Apprendre la technique, établir la sensation | Maîtrise subjective |
| 3–4 | Intégration à intensité moyenne | Maintenir l’activation sous la fatigue | RPE et émotions |
| 5 | Simulation de situation de stress | Utilisation stable sous haute pression | Échelle d’anxiété |
| 6 | Test proche de la compétition | Transfert vers la performance réelle | Indicateurs de performance |
Quatrième étape : intégrer dans les routines quotidiennes. L’amélioration de l’identité d’athlète doit souvent être intégrée aux routines existantes d’échauffement, de ravitaillement et de sommeil, devenant des « routines » automatisées plutôt qu’une charge supplémentaire. Associer la régulation respiratoire, le dialogue interne ou la pratique d’imagerie à des déclencheurs fixes (comme la ligne de départ, chaque point de ravitaillement) peut considérablement augmenter le taux d’activation automatique dans les moments critiques.
Cinquième étape : réévaluer et itérer. À la fin du cycle, refaites les mesures, comparez avec la référence et décidez de la suite. Rappelez-vous les différences individuelles — une stratégie efficace pour quelqu’un d’autre ne vous convient pas nécessairement. Les données objectives et les sensations corporelles doivent être considérées ensemble, l’une ne va pas sans l’autre.
Application locale à Taïwan
Le climat, le terrain et la culture sportive uniques de Taïwan ajoutent des variables particulières à l’application de l’identité d’athlète, en particulier pour la réhabilitation psychologique des cyclistes blessés.
Effet d’amplification psychologique du climat chaud et humide : En été, la chaleur et l’humidité élevées de Taïwan font monter la température corporelle centrale, ce qui accélère la fatigue physiologique et amplifie l’effort perçu, rendant les stratégies psychologiques encore plus cruciales. Les recherches mentionnées précédemment indiquent que l’effort perçu est le facteur clé déterminant l’abandon, et dans les épreuves d’endurance longues sous la chaleur humide de Taïwan, cette sensation d’effort est considérablement amplifiée. Il est recommandé de planifier les séances d’entraînement de haute qualité et les exercices de compétences mentales pendant les périodes plus fraîches du matin ou du soir, et de répéter à l’avance dans vos séances des « stratégies de dialogue interne et d’attention en environnement chaud », afin d’éviter qu’un effondrement psychologique sous la chaleur ne perturbe votre rythme le jour de la course.
Ciblage des situations locales : La réhabilitation psychologique des cyclistes blessés est le scénario psychologique le plus courant pour les sportifs taïwanais. Qu’il s’agisse de la longue solitude des montées interminables, de la monotonie pénible du vent de face le long des rivières, ou de l’anxiété des départs par vagues lors des grandes courses, chacun impose des exigences spécifiques à l’identité d’athlète. Si les sportifs locaux conçoivent des répétitions mentales adaptées à ces situations concrètes — par exemple, pratiquer les objectifs intermédiaires et le dialogue interne lors de l’ascension de Wuling — c’est souvent plus efficace qu’un « renforcement mental » abstrait.
Culture communautaire et ressources : La culture florissante des clubs cyclistes et des groupes de course à pied à Taïwan constitue un excellent terrain de soutien social et d’entraînement psychologique collectif. Exploiter la dynamique de groupe peut amplifier l’auto-efficacité et la persévérance ; mais en parallèle, la comparaison sociale sur les plateformes communautaires (comme Strava) peut aussi générer du stress et de l’anxiété. Il est recommandé aux sportifs de revenir au cadre factuel de cet article, d’utiliser la fonction de soutien positif de la communauté tout en restant vigilants face au piège psychologique de la comparaison excessive.
Démystification des idées reçues
Idée reçue n°1 : « L’identité d’athlète, c’est une question de force de volonté, innée, impossible à entraîner ». Faux. De nombreux essais randomisés contrôlés (RCT) et études longitudinales confirment que l’identité d’athlète est une compétence psychologique qui peut être améliorée par un entraînement systématique, reposant sur des bases claires de neuroplasticité. Ce n’est pas un talent fixe et immuable.
Idée reçue n°2 : « L’entraînement mental est réservé aux faibles ». Faux. Les recherches montrent de manière répétée que l’une des plus grandes différences entre les athlètes d’élite et les amateurs réside précisément dans le fait que les élites utilisent les compétences mentales de manière plus systématique et plus consciente. Considérer l’entraînement mental comme un signe de faiblesse constitue précisément le plus grand désavantage compétitif.
Idée reçue n°3 : « Il suffit de le vouloir assez fort pour tout surmonter ». Partiellement vrai mais exagéré. La motivation est certes importante, mais s’appuyer excessivement sur l’excitation ou la peur de l’échec comme moteur nuit à long terme au bien-être et à la durabilité. Une performance psychologique saine provient d’un équilibre entre motivation intrinsèque, auto-efficacité et régulation émotionnelle, et non d’une simple détermination farouche.
Idée reçue n°4 : « Se sentir détendu signifie être dans un bon état psychologique ». Les ressentis subjectifs sont importants mais ne doivent pas être pris pour argent comptant. De nombreuses études indiquent que la performance optimale s’accompagne souvent d’un niveau modéré d’activation et de sensation de défi, plutôt que d’une relaxation complète. Rechercher excessivement la relaxation peut au contraire conduire au piège d’une activation insuffisante et d’un engagement insuffisant. Des mesures objectives (comme la VRC, les échelles d’anxiété) permettent de percer l’illusion de la zone de confort.
Conclusion
La science de l’identité sportive nous apprend : l’identité d’athlète n’est pas un concept abstrait que l’on résume par « il faut avoir le bon état d’esprit », mais un système intégré dans les circuits de régulation du cerveau, mesurable, entraînable et hautement individualisé. Des recherches de Ryan, Jackson à Nakamura, trois principes fondamentaux sont confirmés de manière répétée — les bénéfices psychologiques sont réels et mesurables, les différences individuelles priment, les mécanismes comptent plus que les slogans.
Pour les athlètes taïwanais, le véritable progrès vient de la traduction patiente des preuves de laboratoire en décisions d’entraînement psychologique adaptées à votre corps, vos parcours, votre climat et votre culture. Plutôt que de courir après les citations inspirantes et les remèdes miracles des réseaux sociaux, il vaut mieux établir un cycle scientifique de mesure — intervention — réévaluation, et accumuler semaine après semaine votre propre résilience psychologique et votre état de performance optimal dans les scénarios réels de réhabilitation psychologique des cyclistes blessés.
La psychologie du sport ne consiste pas à transformer la compétition en un jeu de chiffres froid, mais à nous offrir une paire de lunettes plus claires pour voir comment le cerveau fait ses choix entre fatigue, stress et désir. Lorsque les preuves scientifiques et les sensations corporelles sont synchronisées, la percée de la performance et la santé mentale durable peuvent véritablement avancer de pair. C’est précisément l’enseignement le plus précieux que la recherche sur l’identité d’athlète offre à chaque passionné de sport à Taïwan.
Lectures complémentaires
- Sécurité psychologique et dynamique d’équipe dans les équipes cyclistes d’élite : une analyse qualitative
- Neuroscience de l’addiction au sport : étude des liens dopaminergiques du système endocannabinoïde
- Enquête sur les compétences psychologiques actuelles des cyclistes taïwanais : analyse des écarts avec l’élite internationale
- Syndrome d’épuisement chez les athlètes adolescents : revue de recherche sur la prévalence et la prévention
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