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Cyclisme et café : une amitié indissoluble et profonde

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Cyclisme et café : une amitié indissoluble et profonde

Si vous demandez à un cycliste ce qu’il préfère après le vélo, la réponse sera probablement « le café ». Ce n’est pas un hasard. De l’espresso d’avant-course des coureurs du Tour de France au latte de mi-parcours du cycliste du week-end, il existe entre le café et le cyclisme un lien presque sacré. Comment cette relation s’est-elle formée ? Explorons cela sous trois angles : la science, l’histoire et la culture.

Volet scientifique : la caféine et la performance sportive

Si le café est devenu le favori des cyclistes, c’est d’abord grâce à des bases scientifiques solides. La caféine est l’un des ergogènes les plus étudiés au monde, et ses effets positifs sur les sports d’endurance ont été confirmés par de nombreuses recherches.

Comment la caféine améliore les performances à vélo

Réduction de la perception de l’effort : la caféine bloque les récepteurs de l’adénosine dans le cerveau, réduisant la transmission des signaux de fatigue. En termes simples, à intensité égale, après avoir bu un café, vous avez l’impression d’« être moins fatigué ».

Amélioration de l’oxydation des graisses : la caféine encourage le corps à utiliser les graisses comme source d’énergie, préservant ainsi de précieuses réserves de glycogène. Pour des sorties longues de plusieurs heures, cet effet est crucial.

Renforcement de la concentration : l’un des plus grands ennemis des longues sorties est la baisse d’attention. La caféine maintient la vigilance du système nerveux central, vous permettant de rester concentré à la quatrième ou cinquième heure.

Amélioration du temps de réaction : lors de descentes à grande vitesse ou de roulage en peloton, des réflexes rapides peuvent faire la différence entre la sécurité et l’accident. L’effet de la caféine sur le temps de réaction a été démontré dans plusieurs études.

Stratégie d’apport optimale

Les recherches en science du sport recommandent un apport de 3 à 6 milligrammes de caféine par kilogramme de poids corporel pour un effet ergogène optimal. Pour un cycliste de 70 kilogrammes, cela équivaut à environ 1 à 2 espressos ou 1 grande tasse de café filtre.

Le moment de l’apport est également important. La caféine atteint sa concentration sanguine maximale environ 30 à 60 minutes après l’ingestion. Il est donc idéal de boire un café 30 minutes avant de partir rouler. Pour les longues sorties, un apport supplémentaire peut être effectué en cours de route.

Volet historique : de la tradition européenne à la culture moderne

Le Tour de France et le café

Les liens entre les courses cyclistes et le café remontent aux débuts du cyclisme. Dans les courses sur route européennes du début du XXe siècle, les cafés au bord des routes servaient naturellement de points de ravitaillement et de repos pour les coureurs. De nombreux récits historiques du Tour de France mentionnent des coureurs faisant halte dans des cafés.

Parmi les photos emblématiques des légendaires coureurs Fausto Coppi et Gino Bartali, l’une les montre partageant un bidon pendant une course — et ce bidon, dit-on, contenait du café. À cette époque, les coureurs croyaient qu’un expresso bien serré les aiderait à tenir dans les cols difficiles.

La tradition italienne du café à vélo

L’Italie, terre d’élection à la fois du cyclisme et de la culture du café, est naturellement le théâtre idéal de leur union. En Italie, le déroulement type d’une sortie route (uscita) comprend : un espresso à la maison avant le départ, un deuxième dans un bar d’un petit village en cours de route, puis un troisième au retour, en guise de récompense.

Cette « méthode des trois cafés » n’est pas seulement une stratégie de gestion de l’énergie, c’est aussi un rituel social. Dans ce bar de village, vous pourriez croiser d’autres cyclistes en pause comme vous, et une conversation pourrait bien s’engager.

La culture du café à vélo en Belgique

En Belgique, la relation entre le vélo et le café est tout aussi profondément enracinée. Les cyclistes belges ont une tradition appelée « Koffiekoers » — littéralement « course-café ». Il s’agit d’une sortie de groupe décontractée, où l’objectif n’est pas l’intensité de l’entraînement, mais de pédaler jusqu’à un café pour y savourer un café et une part de gâteau.

Cette tradition illustre parfaitement l’attitude belge envers le vélo : pédaler n’est pas seulement un sport, c’est une partie de la vie.

Volet culturel : le café comme catalyseur de la sociabilité à vélo

Le rituel du « café d’avant-ride »

Pour de nombreux cyclistes, le café pris avant la sortie est devenu un rituel indispensable. Ce café n’est pas seulement une préparation physiologique, c’est aussi une bascule mentale — du mode quotidien au mode vélo. Moudre, infuser, déguster : ce processus est comme une ouverture à la sortie.

Le moment social du « café d’après-ride »

Si le « café d’avant-ride » est un rituel personnel, le « café d’après-ride » est, lui, une activité sociale. Après une sortie en groupe, on se retrouve au café pour revenir sur le parcours du jour, discuter de qui « a explosé » dans telle ou telle bosse, partager les dernières infos sur le matériel — ces conversations autour de la table de café sont au cœur de la sociabilité cycliste.

Rapha et l’alliance du café

La marque britannique de vêtements cyclistes Rapha est peut-être celle qui a le mieux réussi à fusionner le café et la culture du vélo. Ses Rapha Clubhouse disséminés dans le monde sont, à la base, des cafés de qualité — sauf qu’aux murs, il y a des vélos plutôt que des tableaux. Rapha a même lancé son propre café en grains, fusionnant parfaitement les deux passions.

Le choix du café : les préférences des cyclistes

Fait intéressant, les cyclistes présentent souvent des préférences communes en matière de café :

  • Base espresso : la plupart des cyclistes préfèrent les boissons à base d’espresso, en particulier le Flat White et le cappuccino
  • Orientation qualité : la proportion d’amateurs de café de spécialité (Specialty Coffee) est particulièrement élevée chez les cyclistes
  • Tendance au café noir : de nombreux cyclistes sérieux préfèrent le café sans sucre ni lait, pour un apport en caféine le plus « pur » possible
  • Conscience de la provenance : tout comme ils s’intéressent à la provenance et au savoir-faire des composants de leur vélo, de nombreux cyclistes s’intéressent à la provenance et au processus de torréfaction des grains de café

L’avenir du café et du cyclisme

Avec la croissance conjointe de la vague du café de spécialité et de la culture cycliste, leur union ne fera que se renforcer. Nous voyons déjà de plus en plus de marques de café sponsoriser des courses et des équipes cyclistes, et de plus en plus de marques de vélos lancer des produits café en collaboration.

À Taïwan, cette tendance est tout aussi visible. Du Yangmingshan au nord au lac Sun Moon au centre, les cafés de spécialité le long des itinéraires cyclables sont de plus en plus nombreux, devenant un critère important dans la planification des parcours. « Aujourd’hui, on roule jusqu’où pour boire un café ? » est déjà devenu la première question que se posent de nombreux cyclistes avant de sortir.

La prochaine fois que vous siroterez un café avant une sortie, pensez-y : vous participez à une belle tradition qui traverse un siècle et s’étend au monde entier. Cette tasse de café vous relie aux cyclistes du monde entier, relie le passé et le présent, relie le sport et la vie.

Levons nos tasses, au cyclisme.

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