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Faire du sport avec une maladie chronique : le guide complet pour une pratique sûre, de qualité et adaptée à votre mode de vie

健康與醫學

Vivre avec une maladie chronique et faire du sport : le guide complet pour une pratique sûre, de qualité et adaptée à votre mode de vie

Introduction : l’histoire de M. Zhang, qui n’osait plus pédaler

Je me souviendrai toujours de l’après-midi où M. Zhang est venu me voir pour la première fois. Il avait cinquante-huit ans, deux stents posés lors d’un cathétérisme cardiaque deux ans plus tôt, une tension artérielle contrôlée par deux médicaments depuis des années, et une glycémie à jeun aux portes du prédiabète. Avant sa retraite, c’était un passionné de vélo qui organisait souvent des sorties en groupe autour de la montagne Banping et des ascensions du mont Chai le week-end. Mais depuis son problème cardiaque, il avait astiqué son vélo de route en carbone, l’avait accroché au mur, et ne l’avait pas touché depuis un an.

Assis en face de moi, il m’a dit une phrase qui m’a profondément marqué : « Coach, ce n’est pas que je ne veux pas bouger, c’est que j’ai peur. J’ai peur que mon cœur lâche en pleine sortie, peur que ma glycémie chute soudainement, peur de causer des soucis à ma famille. Autant ne plus bouger du tout, c’est le plus sûr. »

J’ai entendu ce genre de témoignage bien trop souvent. Le plus grand ennemi des patients atteints de maladies chroniques n’est souvent pas la maladie elle-même, mais cette peur du « autant ne plus rien faire ». Or, du point de vue de la science de l’exercice, cette intuition est précisément à l’envers — pour la grande majorité des patients chroniques en phase stable, une activité physique régulière, adaptée et correctement conçue n’est pas un risque, mais l’une des prescriptions les plus efficaces qui soient. Ce qui est réellement dangereux, c’est la sédentarité prolongée.

Dans cet article, je souhaite rassembler quinze ans d’expérience avec des élèves atteints de diverses maladies chroniques, ainsi que les connaissances en physiologie et en médecine du sport que je continue d’étudier, pour en faire un guide pratique que vous pouvez réellement suivre. Il ne remplacera pas votre médecin, mais il vous permettra, lors de votre prochaine consultation, de mieux savoir quoi demander et comment travailler avec votre équipe médicale pour faire de l’exercice une partie de votre vie.

Commençons par la phrase la plus importante : si vous souffrez d’une maladie chronique, avant de commencer ou de modifier considérablement votre programme d’exercice, veuillez impérativement en discuter avec votre médecin traitant. Ce n’est pas une formule de courtoisie pour nous dégager de toute responsabilité, c’est le fondement de tout cet article. Toutes les recommandations qui suivent reposent sur le principe que « vous avez déjà confirmé avec votre équipe médicale que votre état est stable ».

Fondements conceptuels : pourquoi l’exercice est une prescription et non une contre-indication pour les maladies chroniques

Le concept de « dose » d’exercice

J’aime beaucoup considérer l’exercice comme un médicament. Un médicament a une dose, des effets, des effets secondaires, des contre-indications — l’exercice aussi. Bien prescrit, ses effets sont remarquables ; trop intense ou en ignorant les contre-indications, cela peut poser problème. La conception d’un programme d’exercice pour un patient chronique repose sur un principe central : « trouver la bonne dose ».

Dans ses recommandations d’activité physique mises à jour en 2020, l’Organisation mondiale de la santé indique clairement que les adultes devraient accumuler 150 à 300 minutes d’activité aérobie d’intensité modérée par semaine, ou 75 à 150 minutes d’activité aérobie d’intensité soutenue, et pratiquer en outre un renforcement musculaire sollicitant les principaux groupes musculaires au moins deux jours par semaine. Plus crucial encore, ces recommandations ont ajouté un chapitre spécifique dédié aux « personnes atteintes de maladies chroniques et de handicaps », qui nous dit explicitement : les personnes atteintes de maladies chroniques peuvent elles aussi tirer des bénéfices de l’activité physique, l’essentiel étant de discuter avec son médecin du type et de la quantité adaptés à sa situation.

Pour le dire simplement : une maladie chronique n’est pas un « passe-droit pour ne pas bouger », c’est le point de départ d’un « exercice sur mesure ».

Ce que l’exercice apporte concrètement

Pour les maladies chroniques les plus courantes à Taïwan, les bénéfices de l’exercice sont bien réels et soutenus par des mécanismes physiologiques :

  • Hypertension artérielle : l’exercice aérobie régulier améliore l’élasticité vasculaire et réduit le tonus du système nerveux sympathique. Plusieurs méta-analyses de revues systématiques indiquent que l’exercice aérobie permet en moyenne de réduire la pression artérielle systolique d’environ 8 mmHg et la diastolique d’environ 5 mmHg, avec un effet dose-réponse — environ 150 minutes d’exercice aérobie par semaine peuvent entraîner une baisse de la pression systolique d’environ 7 mmHg. Cette ampleur équivaut à l’effet de certains antihypertenseurs en monothérapie.
  • Diabète de type 2 et prédiabète : le muscle est le plus grand entrepôt de glucose du corps. Pendant l’effort, les cellules musculaires captent le glucose par des voies indépendantes de l’insuline, ce qui soulage d’autant le travail de l’insuline. L’exercice régulier améliore la sensibilité à l’insuline, et cet effet persiste pendant un certain temps après la séance.
  • Coronaropathie stable et réadaptation cardiaque : il est prouvé que l’exercice pratiqué dans le cadre de programmes de réadaptation cardiaque supervisés améliore la condition cardio-respiratoire, réduit les taux de réhospitalisation et aide les patients à reconstruire leur confiance en leur propre corps.
  • Syndrome métabolique, hyperlipidémie, maladie rénale chronique, arthrose, dépression et anxiété : l’exercice est probablement la seule intervention capable d’avoir un impact positif sur autant de systèmes à la fois.

Je dis souvent à mes élèves : aucun médicament au monde ne peut à la fois faire baisser la tension, stabiliser la glycémie, améliorer le sommeil, remonter le moral, renforcer les os et vous permettre de monter deux étages de plus sans être essoufflé. Mais l’exercice, lui, le peut. Et cet « médicament » qu’est l’exercice a un autre avantage : il n’a pratiquement pas ces effets secondaires chimiques qui font peur. Tant que la dose et la méthode sont bonnes, les effets secondaires se résument la plupart du temps à « être un peu fatigué, avoir un peu de courbatures le lendemain » — des petits désagréments que le corps répare tout seul. En comparaison, les « effets secondaires » de la sédentarité prolongée — perte musculaire, dégradation cardio-respiratoire, détérioration métabolique, baisse de moral — sont eux réellement silencieux et mortels. C’est aussi pour cela que la médecine du sport utilise de plus en plus l’expression « Exercise is Medicine (l’exercice est un médicament) », plaçant l’exercice au même niveau d’importance que les médicaments.

Mais — la peur n’est pas totalement infondée

Revenons-en à M. Zhang : sa peur n’était pas complètement dénuée de fondement. L’exercice augmente effectivement, de manière temporaire, la charge sur le système cardiovasculaire pendant l’effort, et pour certains patients dont l’état est instable, un exercice inadapté comporte effectivement des risques. La vraie réponse n’est donc pas un choix binaire entre « bouger » et « ne pas bouger », mais plutôt « comment se mettre en mouvement, de la bonne manière et à la bonne intensité, dans un cadre sécurisé ». C’est précisément ce que nous allons aborder dans les méthodes pratiques.

Méthodes pratiques : intégrer l’exercice en toute sécurité dans le quotidien d’une maladie chronique

Première étape : auto-évaluation avant l’exercice et confirmation médicale

À Taïwan, nous avons un grand avantage : l’accès aux soins via l’assurance maladie est facile et de proximité. Je recommande vivement à tous mes élèves atteints de maladies chroniques d’inscrire le « programme d’exercice » comme point de discussion lors de leurs consultations de suivi. Vous pouvez apporter ces questions à votre médecin :

  1. Mon état actuel me permet-il de commencer ou d’augmenter l’exercice ? Y a-t-il des examens préalables nécessaires (par exemple une épreuve d’effort avec ECG) ?
  2. Y a-t-il des exercices ou des intensités que je devrais éviter à ce stade ?
  3. Mes médicaments peuvent-ils influencer ma fréquence cardiaque, ma tension artérielle ou ma glycémie pendant l’effort ?
  4. Quels symptômes pendant l’exercice devraient m’amener à m’arrêter immédiatement, voire à consulter ?

Le tableau ci-dessous est mon « auto-évaluation feu vert / feu rouge avant l’exercice » que je donne à mes élèves. Mais attention : cela sert uniquement à vous rappeler quand consulter votre médecin, pas à remplacer son jugement.

Situation Feu Action recommandée
État stable, médicaments pris régulièrement, pas de douleur ou d’oppression thoracique récente Vert Peut commencer progressivement selon les conseils du médecin
Tension / glycémie récemment instables, oublis fréquents de médicaments Jaune Consulter d’abord pour stabiliser, reporter l’augmentation de l’effort
Oppression thoracique, essoufflement, palpitations, vertiges au repos Rouge Consulter d’abord, ne pas faire d’exercice seul
Ajustement récent des médicaments cardiaques ou sortie d’hospitalisation récente Rouge Impérativement se concerter d’abord avec l’équipe médicale
Évanouissement ou douleur thoracique inexpliquée pendant l’effort Rouge Évaluation médicale immédiate avant d’envisager tout exercice

Deuxième étape : utiliser le « test de conversation » pour trouver la bonne intensité

L’erreur la plus courante chez les patients chroniques est de viser une intensité trop élevée. Les zones de fréquence cardiaque sont certes scientifiques, mais de nombreux antihypertenseurs (notamment les bêtabloquants) freinent le rythme cardiaque, ce qui fausse les chiffres de fréquence cardiaque. C’est pourquoi je préfère enseigner à mes élèves une méthode sans équipement et sans calcul — le test de conversation (Talk Test) :

  • Intensité légère : vous pouvez chanter sans difficulté. C’est l’intensité de l’échauffement et des jours de récupération.
  • Intensité modérée : vous pouvez tenir une phrase complète, mais pas chanter ; vous êtes un peu essoufflé mais pouvez converser. C’est le terrain de jeu principal des patients chroniques — c’est cette intensité que l’OMS vise avec ses 150 minutes.
  • Intensité élevée : la parole est hachée, vous ne pouvez prononcer que quelques mots. Sauf avis favorable du médecin et de l’équipe de réadaptation, la plupart des patients chroniques devraient l’éviter au début.

En complément, avec l’échelle de perception de l’effort (RPE, de 0 à 10), l’intensité modérée se situe environ entre 4 et 6 — la sensation d’« être en sueur, un peu essoufflé, mais en sécurité, capable de tenir, et se sentir bien après la séance ».

Étape 3 : Un programme progressif de douze semaines pour les débutants atteints de maladies chroniques

Voici un modèle d’introduction que j’ai conçu pour des élèves « sédentaires, dont l’état est stable et qui viennent d’obtenir le feu vert de leur médecin ». L’intensité est entièrement maintenue à un niveau modéré (le test de conversation permet de prononcer des phrases complètes). L’accent est mis sur l’établissement d’habitudes et l’adaptation du corps, plutôt que sur la progression forcée.

Semaine Cardio (par séance / nombre de fois par semaine) Musculation Objectif de volume hebdomadaire Remarques
Semaines 1–2 Marche rapide ou vélo d’appartement 10 min × 3 fois/semaine Aucune Environ 30 min D’abord, laisser le corps s’habituer à « bouger »
Semaines 3–4 15 min × 3–4 fois Squats au poids du corps, pompes contre le mur : 1 série chacune × 2 jours Environ 45–60 min Ajout de la musculation de base
Semaines 5–6 20 min × 4 fois 2 séries des principaux groupes musculaires × 2 jours Environ 80 min Commencer à avoir un rythme
Semaines 7–8 25 min × 4 fois 2–3 séries × 2 jours Environ 100 min Se rapprocher du minimum de l’OMS
Semaines 9–10 30 min × 4–5 fois 3 séries × 2–3 jours Environ 120–150 min Atteindre la zone cible
Semaines 11–12 30–40 min × 5 fois Circuit complet du corps × 2–3 jours Plus de 150 min Maintien stable

Pour les cyclistes, le vélo d’appartement ou le vélo lent sur terrain plat est l’activité d’introduction que je recommande particulièrement. La raison est simple : le vélo est une activité sans impact, les chocs sur les genoux, les hanches et les chevilles sont bien moindres qu’en course à pied. C’est beaucoup plus adapté aux personnes en surpoids, souffrant d’arthrose, ou aux patients atteints de maladies chroniques qui commencent à reconstruire leur condition physique. De plus, sur un vélo d’appartement, on peut s’arrêter à tout moment et ajuster finement la résistance ; en cas de problème, on n’est pas coincé comme lors d’une sortie en extérieur. Une fois l’endurance et la confiance établies, on peut progressivement revenir à des parcours plats en extérieur, et ne considérer les montées qu’en dernier.

Étape 4 : Points clés d’ajustement de l’exercice selon les maladies

Chaque maladie chronique a ses particularités. Le tableau ci-dessous résume les points d’attention pour les situations courantes, mais l’état de chaque personne varie énormément ; la pratique réelle doit être individualisée et confirmée avec l’équipe médicale :

Maladie Attention particulière Points que je rappelle souvent à mes élèves
Hypertension Éviter de bloquer sa respiration en forçant (manœuvre de Valsalva), éviter les efforts explosifs soudains En musculation, « expirer en forçant », ne pas retenir sa respiration ; mesurer et noter sa tension avant et après l’exercice
Diabète de type 2 Risque d’hypoglycémie, soins des pieds Avoir sur soi une collation sucrée ; porter des chaussures adaptées, vérifier l’absence de plaies ou d’ampoules aux pieds après l’exercice
Maladie coronarienne stable Échauffement et retour au calme complets, avoir ses médicaments sur soi Avoir ses médicaments d’urgence comme la trinitrine sur soi ; échauffement et retour au calme d’au moins 5 à 10 minutes chacun
Arthrose Choisir des activités sans impact, éviter d’aggraver la douleur Privilégier le vélo, la natation, les exercices en milieu aquatique ; « bouger dans l’amplitude indolore »
Maladie rénale chronique Attention à la déshydratation et aux électrolytes S’hydrater particulièrement en été à Taïwan ; éviter les exercices intenses pendant les heures chaudes

Glycémie et exercice : les détails les plus demandés par les élèves diabétiques

Le diabète étant très répandu à Taïwan, je consacre une section entière à ce sujet. Les recommandations de principe ci-dessous, si vous utilisez de l’insuline ou des médicaments comme les sulfonylurées qui peuvent provoquer une hypoglycémie, doivent impérativement être discutées avec votre médecin ou votre éducateur en diabétologie pour ajuster la prise en charge.

Bien que l’exercice puisse stabiliser la glycémie, il peut aussi provoquer une hypoglycémie pendant l’effort ou plusieurs heures après. J’apprends à mes élèves à retenir trois moments clés :

  • Avant l’exercice : si la glycémie est basse (par exemple, en dessous d’un seuil convenu avec votre médecin), prenez d’abord un peu de glucides avant de bouger ; si la glycémie est trop élevée ou en présence de corps cétoniques, évitez au contraire les exercices intenses et gérez d’abord la situation.
  • Pendant l’exercice : lors d’un effort prolongé, soyez attentif aux signes d’hypoglycémie comme les sueurs froides, les tremblements, les palpitations ou la difficulté de concentration ; ayez sur vous des comprimés de glucose ou une boisson sucrée.
  • Après l’exercice : les muscles reconstituent leurs réserves de glycogène, la glycémie peut donc continuer à baisser plusieurs heures après l’effort. C’est l’« hypoglycémie tardive » que beaucoup négligent, surtout après une séance en fin de journée ; soyez particulièrement vigilant avant le coucher.

Voici le mémo que je donne à mes élèves diabétiques pour gérer l’hypoglycémie, basé sur le concept de la « règle des 15 » couramment utilisé à l’international (les valeurs réelles doivent suivre les indications de votre équipe médicale) :

Étape Action
1. Détecter Apparition de tremblements, sueurs froides, palpitations, vertiges, sensation de faim
2. S’arrêter Arrêter immédiatement l’exercice, s’asseoir et se reposer
3. Resucrer Consommer environ 15 grammes de glucides à absorption rapide (comprimés de glucose, boisson sucrée)
4. Attendre Se reposer environ 15 minutes puis mesurer à nouveau la glycémie
5. Re-mesurer Si la glycémie est toujours basse, resucrer à nouveau ; si elle ne s’améliore pas ou en cas de trouble de la conscience, consulter immédiatement un médecin

Le contexte local de Taïwan : climat, repas à l’extérieur et lieux d’entraînement

La science de l’exercice est universelle, mais pour l’appliquer concrètement, il faut tenir compte de notre environnement de vie.

Faire face à la chaleur humide de Taïwan

Les étés à Taïwan sont humides et chauds, la température ressentie dépasse souvent les 35 degrés. La chaleur représente une charge supplémentaire pour le système cardiovasculaire, en particulier pour les personnes souffrant d’hypertension ou de maladies cardiaques. Mes conseils aux élèves sont les suivants :

  • Éviter les heures chaudes de midi à 15 heures, privilégier tôt le matin ou en fin de journée.
  • S’hydrater de manière proactive, ne pas attendre d’avoir soif. Pour les patients atteints de maladie rénale chronique ou avec une restriction hydrique, demandez d’abord à votre médecin la quantité d’eau à boire.
  • Quand l’humidité est élevée, l’efficacité de la transpiration et du refroidissement diminue, le même effort semble plus éprouvant. Dans ce cas, réduisez l’intensité d’un cran, ne forcez pas.
  • Le vélo d’appartement en intérieur, la salle de sport ou les centres sportifs climatisés sont d’excellentes alternatives en été.

En hiver, méfiez-vous des basses températures matinales qui peuvent provoquer des pics de tension artérielle et une vasoconstriction. Les patients cardiovasculaires doivent éviter de sortir avant l’aube pour s’exposer au vent froid ; il est plus sûr de s’échauffer à l’intérieur et de sortir après le lever du soleil.

Nutrition pour les sportifs qui mangent à l’extérieur

À Taïwan, manger à l’extérieur est pratique, mais cela expose aussi à une alimentation riche en huile et en sodium. Pour les élèves hypertendus, je rappelle de faire encore plus attention à l’apport en sodium les jours d’entraînement : boire moins de bouillon des soupes de nouilles, tremper les sauces à part, privilégier les légumes blanchis. Pour les élèves diabétiques, il faut veiller à ce que le repas après l’exercice ne soit pas une occasion de se faire plaisir sous prétexte que « j’ai fait du sport aujourd’hui », ce qui ferait fluctuer la glycémie. L’exercice n’est pas un laissez-passer pour compenser une mauvaise alimentation ; il faut prendre soin des deux.

Tirer parti des installations locales

Taïwan est en réalité très favorable à l’exercice pour les maladies chroniques : les pistes cyclables le long des rivières dans les villes sont plates et sûres, les centres sportifs communautaires sont abordables et climatisés, et les pistes d’athlétisme des écoles sont ouvertes tôt le matin. Ce sont des options à faible barrière d’entrée et faciles pour commencer. Trouver un endroit proche de chez vous où vous êtes prêt à aller régulièrement est plus important que de trouver « l’endroit idéal où vous n’irez qu’une fois par semaine ».

Je dis souvent à mes élèves que la conception de l’environnement aide discrètement à prendre des habitudes. Si vous avez une piste cyclable près de chez vous, rangez votre vélo à l’endroit le plus accessible ; si vous allez à la salle de sport, choisissez-en une qui est sur votre chemin du retour du travail ou des courses. Réduire la « friction du démarrage » est plus efficace que de se forcer à avoir de la volonté. Beaucoup d’élèves abandonnent, non pas par manque d’effort, mais parce qu’ils ont placé l’exercice dans un endroit où « il faut faire un détour et fournir un effort supplémentaire à chaque fois ». Avec le temps, ils abandonnent. Faire en sorte que l’exercice devienne « étrange de ne pas le faire » est la clé pour une pratique durable toute une vie.

Par ailleurs, le réseau communautaire et clinique de Taïwan mérite d’être exploité. De nombreux hôpitaux régionaux et cliniques disposent de centres de réadaptation cardiaque, de kinésithérapeutes et d’éducateurs en diabétologie. Ce sont vos ressources. L’exercice n’est pas une affaire personnelle ; en impliquant l’équipe professionnelle, vous avancerez plus sûrement et plus en sécurité.

Erreurs courantes et corrections

Après toutes ces années à accompagner des élèves, les erreurs des personnes atteintes de maladies chroniques se concentrent presque toujours aux mêmes endroits. Je les ai rassemblées avec les pistes de correction.

Erreur n°1 : Vouloir retrouver immédiatement l’intensité de sa jeunesse

Beaucoup de personnes comme M. Zhang, qui étaient très actives, veulent dès que le médecin donne son accord, revenir directement au volume d’entraînement d’avant la maladie. C’est le plus dangereux. Le corps a besoin de se réadapter, et la maladie chronique rend cette fenêtre d’adaptation d’autant plus délicate à respecter. Correction : quelle que soit votre forme passée, commencez par la semaine 1 du programme. Mieux vaut être lent que pressé.

Erreur n°2 : Se fier entièrement aux chiffres de la fréquence cardiaque

Chez les élèves qui prennent des bêtabloquants, la fréquence cardiaque maximale est réduite par le médicament. Appliquer mécaniquement les formules de zones cardiaques donne des résultats très imprécis, et l’on peut croire que l’on « n’a pas encore atteint l’intensité » et en faire trop. Correction : privilégiez le test de conversation et la perception de l’effort, et ne considérez la fréquence cardiaque que comme une référence.

Erreur n°3 : Négliger l’échauffement et le retour au calme

Pour les patients atteints de maladies chroniques, le coût de l’omission de l’échauffement et du retour au calme est plus élevé que pour la population générale. Commencer ou s’arrêter brusquement peut provoquer des fluctuations importantes de la tension artérielle et du rythme cardiaque. Correction : échauffement et retour au calme d’au moins 5 à 10 minutes chacun, en utilisant le même type d’exercice à faible intensité pour démarrer et terminer en douceur.

Erreur n°4 : Tout justifier par « l’inconfort à l’effort »

« Bien sûr que le sport, ça essouffle et ça fatigue » — cette phrase est vraie, mais elle peut aussi faire passer à côté de vrais signaux d’alarme. Correction : apprendre à distinguer « l’effort normal » des « signaux de danger ». Voici les drapeaux rouges pour lesquels j’exige de mes élèves qu’ils s’arrêtent immédiatement et consultent un médecin :

  • Douleur thoracique serrée, sensation d’oppression, ou douleur irradiant vers le bras, la mâchoire ou le dos
  • Essoufflement anormal, disproportionné par rapport à l’intensité de l’effort
  • Vertiges, vision qui s’obscurcit, sensation d’évanouissement imminent
  • Rythme cardiaque extrêmement irrégulier, palpitations anarchiques ou violentes
  • Sueurs froides, nausées, faiblesse soudaine et extrême

Erreur n°5 : S’entraîner par à-coups, ou à l’inverse, forcer tous les jours

Les bénéfices de l’exercice sur les maladies chroniques viennent de la « régularité », pas des « pics d’intensité ». Deux jours d’entraînement intensif par semaine, suivis de cinq jours épuisés au lit, sont bien moins efficaces qu’une activité stable et modérée chaque jour. Correction : découper l’exercice en petites sessions et l’intégrer au quotidien — 10 minutes à la fois, trois fois par jour, le cumul est tout aussi efficace et bien plus facile à tenir sur la durée.

Médicaments et exercice : les interactions dont personne ne vous parle

Cette section est l’aspect le plus négligé, et pourtant le plus crucial, de l’exercice avec une maladie chronique. Beaucoup de mes élèves prennent leurs médicaments régulièrement, sans savoir comment ceux-ci modifient la réponse du corps à l’effort. Voici un récapitulatif des points clés d’interaction entre les médicaments courants des maladies chroniques et l’exercice. Mais ceci ne sert qu’à vous rappeler « à quoi faire attention et quoi demander à votre médecin ». Tout ajustement de traitement doit être décidé par votre médecin. N’augmentez et ne diminuez jamais vos doses par vous-même.

Classe de médicament Effet sur l’exercice Ce que je rappelle à mes élèves
Bêtabloquants (antihypertenseurs / cardiologiques) Diminuent la fréquence cardiaque à l’effort, peuvent réduire la fréquence cardiaque maximale Les formules basées sur la fréquence cardiaque ne sont plus fiables ; utiliser le test de conversation ; il est plus difficile de juger l’intensité par le pouls
Diurétiques (antihypertenseurs / insuffisance cardiaque) Augmentent la diurèse, risque de déshydratation et de déséquilibre électrolytique Encore plus d’attention à l’hydratation en été à Taïwan ; surveiller crampes et vertiges
Insuline / sulfamides hypoglycémiants Augmentent nettement le risque d’hypoglycémie pendant et après l’effort Avoir toujours du sucre sur soi ; surveiller l’hypoglycémie retardée ; discuter des doses ou des horaires de repas avec l’éducateur(trice) en diabétologie
Vasodilatateurs / dérivés nitrés Peuvent aggraver l’hypotension orthostatique après l’effort Ne pas se lever brusquement ni s’arrêter net en fin de séance ; faire un retour au calme complet
Statines (hypolipidémiants) Chez certaines personnes, douleurs et faiblesses musculaires Si des courbatures anormales persistent après l’effort, en parler au médecin lors de la consultation ; ne jamais arrêter le traitement soi-même

Je tiens particulièrement à insister sur l’hypotension orthostatique. Une dame sous traitement antihypertenseur s’est levée d’un coup à la fin de son cours de vélo d’appartement pour aller chercher de l’eau : elle a eu un black-out et a failli tomber. La raison : pendant l’effort, les vaisseaux se dilatent, et avec l’effet du médicament, la pression artérielle n’a pas eu le temps de suivre lors du passage en position debout. Depuis, nous avons allongé la phase de retour au calme et elle reste assise une à deux minutes à boire un peu d’eau avant de se lever. Cela ne s’est plus jamais reproduit. Ces petits détails décident souvent plus de la sécurité que le programme d’entraînement lui-même.

Renforcement musculaire : le parent pauvre des programmes pour maladies chroniques

Quand on parle d’exercice et de maladies chroniques, tout le monde pense presque exclusivement à l’« aérobie » — marche, vélo, natation. Pourtant, les recommandations de l’OMS sont claires : un renforcement musculaire au moins deux jours par semaine est tout aussi indispensable. Pour les personnes atteintes de maladies chroniques et les seniors, sa valeur est même souvent sous-estimée.

Pourquoi est-ce si important ? Avec l’âge, la masse musculaire diminue naturellement (sarcopénie), et les maladies chroniques, les hospitalisations, la baisse d’activité accélèrent ce processus. Le muscle n’est pas seulement une question de force : c’est un entrepôt de glucose (particulièrement crucial pour le diabète), un moteur métabolique, et un frein contre les chutes. Une personne âgée avec une bonne force musculaire, même si elle trébuche, aura plus de chances de se rattraper sans tomber ; et une chute chez un senior atteint de maladie chronique est souvent le point de départ de la perte d’autonomie et de l’aggravation de son état.

Principes du renforcement musculaire pour les maladies chroniques

  • Commencer au poids du corps et avec des charges légères : squats contre le mur, se lever et s’asseoir sur une chaise, élastiques, bouteilles d’eau remplies — d’excellents outils pour débuter, pas besoin d’aller à la salle de sport tout de suite.
  • Ne jamais retenir sa respiration : c’est l’interdiction numéro un pour les personnes hypertendues ou cardiaques. Expirer à l’effort, inspirer en relâchant. Éliminez complètement la manœuvre de Valsalva (blocage respiratoire) pour éviter les pics de tension artérielle.
  • Le nombre de répétitions prime sur la charge : au début, utilisez une charge qui permet de faire « 12 à 15 répétitions facilement, avec les dernières un peu difficiles mais sans casser la posture », plutôt que de vouloir forcer sur le poids.
  • Priorité aux grands groupes musculaires : jambes, fessiers, dos, poitrine — ce sont ceux avec le meilleur retour sur investissement, et leur impact est le plus direct sur les gestes du quotidien (se lever, monter les escaliers, porter des objets).

Voici un exemple de programme maison pour débuter le renforcement musculaire avec une maladie chronique. À faire deux à trois jours par semaine, un jour sur deux, 1 à 2 séries par exercice :

Exercice Zone travaillée Recommandation de départ Rappel respiration
Se lever et s’asseoir sur une chaise Cuisses, fessiers 10 répétitions Expirer en se levant
Pompes contre le mur Poitrine, bras 8 à 10 répétitions Expirer en poussant
Rowing élastique Haut du dos 12 répétitions Expirer en tirant
Élévations sur la pointe des pieds Mollets 15 répétitions Respiration naturelle, ne pas bloquer
Squat statique contre le mur Cuisses Tenir 15 à 20 secondes Respirer en continu

Auto-surveillance : transformer vos données corporelles en langage commun avec votre médecin

Le suivi des maladies chroniques à Taïwan dispose d’une ressource formidable : beaucoup de foyers ont un tensiomètre et un lecteur de glycémie, et l’assurance maladie rend les consultations de suivi faciles d’accès. J’encourage vivement mes élèves à adopter de simples habitudes d’auto-surveillance, pour faire de l’exercice une pratique « étayée par des données ». Cela vous rend non seulement plus en sécurité, mais permet aussi à votre médecin, lors des consultations, de s’appuyer sur des chiffres réels pour ajuster avec vous médicaments et activité physique.

Ce que je recommande de noter est en réalité très simple :

  • La tension artérielle / la glycémie avant et après l’exercice (pas à chaque fois, quelques séances représentatives par semaine suffisent)
  • Le type d’exercice du jour, sa durée, et la perception de l’intensité (score RPE)
  • Toute gêne ou inconfort éventuel
  • La qualité du sommeil et l’état d’énergie général

Après un ou deux mois de relevés, vous commencerez à voir vos propres tendances — « tiens, après mon vélo d’appartement en fin d’après-midi, ma tension du lendemain matin est plus belle », « tiens, les jours où je fais du sport, je dors mieux ». Ce retour positif que l’on constate de ses propres yeux est le meilleur carburant pour la régularité. Et lorsque vous apportez ce carnet à votre consultation, les conseils de votre médecin seront bien plus précis. C’est ce que j’appelle : faire de l’exercice, des données et de l’équipe médicale un cercle vertueux.

FAQ – Questions fréquentes

Au fil des années avec mes élèves, quelques questions reviennent systématiquement chez les personnes atteintes de maladies chroniques. Je les regroupe ici.

Q : Ma tension / ma glycémie n’est pas encore bien contrôlée. Dois-je attendre qu’elle le soit pour faire du sport ?

R : Pas forcément. En cas de maladie stable, légère à modérée, une activité physique adaptée fait justement partie du traitement et aide au contrôle ; il ne faut pas attendre indéfiniment. En revanche, si les chiffres fluctuent fortement ou si vous êtes dans une phase instable et aiguë, il faut d’abord stabiliser la situation lors d’une consultation. C’est le médecin qui doit tracer cette limite, donc « demander d’abord à son médecin » reste toujours la première étape.

Q : Est-ce que l’exercice ne va pas faire monter ma tension de façon dangereuse sur le moment ?

R : La tension artérielle monte naturellement pendant l’effort, c’est une réaction physiologique normale. Ce qu’il faut vraiment éviter, c’est le pic soudain provoqué par le blocage respiratoire en force, ainsi que les exercices intenses lorsque la tension est déjà très élevée. Une intensité modérée, sans retenir sa respiration, avec un bon échauffement et un bon retour au calme, est sûre et bénéfique pour l’immense majorité des hypertendus contrôlés.

Q : Je suis âgé(e) et malade. Est-ce que je ne peux que me contenter de marcher ?

R : La marche est très bien, mais ne vous sous-estimez pas. Avec l’accord de votre médecin, le vélo d’appartement, les exercices en milieu aquatique, le renforcement musculaire léger : beaucoup de seniors de 70 ou 80 ans atteints de maladies chroniques les pratiquent très bien, avec des bénéfices bien plus complets que la seule marche. L’essentiel est la progressivité et l’individualisation, pas l’âge en lui-même.

Q : Depuis que je prends mon traitement antihypertenseur, ma fréquence cardiaque ne monte plus. Est-ce que mon sport est inefficace ?

R : Non. Les bêtabloquants freinent la fréquence cardiaque, c’est leur effet ; cela ne signifie pas que l’exercice est sans intensité ni sans bénéfice. Utilisez le test de conversation pour juger l’intensité, et ne vous focalisez pas sur le chiffre du pouls.

Q : Dès que je fais du sport, j’ai mal ici et là. Dois-je continuer ?

R : Il faut d’abord distinguer les « courbatures normales d’adaptation musculaire » des « douleurs signaux d’alerte articulaires ou corporelles ». Les premières sont généralement symétriques, se dissipent en quelques jours, et bouger soulage ; les secondes sont souvent unilatérales, s’aggravent avec le mouvement et s’accompagnent de gonflement. Dans ce cas, arrêtez le mouvement concerné et consultez pour évaluation, ne forcez pas.

Q : Au bout de combien de temps vais-je voir des effets ?

R : L’amélioration du moral et du sommeil se ressent souvent en une à deux semaines ; pour la tension et la glycémie, il faut généralement plusieurs semaines à un ou deux mois de pratique régulière pour voir des résultats nets. L’exercice avec une maladie chronique est un marathon, pas un sprint. En prenant du recul sur la durée, vous remercierez celui ou celle que vous êtes aujourd’hui d’avoir commencé.

Recommandations d’action selon votre niveau de lecteur

Si vous êtes un·e parfait·e débutant·e, ou si vous êtes resté·e assis·e trop longtemps

Votre premier objectif n’est pas « d’atteindre 150 minutes », mais « bouger trois fois cette semaine, même si ce n’est que 10 minutes à chaque fois ». Commencez par consulter votre médecin pour confirmer que vous pouvez commencer, puis partez d’une marche après les repas ou d’un vélo stationnaire doux dans un centre communautaire. L’habitude est cent fois plus importante que l’intensité. Abaissez le seuil à « si bas qu’il est impossible d’échouer », et vous irez loin.

Si vous avez déjà une routine d’exercice et souhaitez faire mieux

Votre priorité est « optimiser, pas ajouter ». Vérifiez trois choses : faites-vous de la musculation deux jours par semaine ? Vos échauffements et retours au calme sont-ils suffisants ? L’intensité grimpe-t-elle souvent trop haut sans que vous vous en rendiez compte ? Une intensité modérée stable associée à une musculation régulière apporte souvent plus de bénéfices à long terme pour les personnes atteintes de maladies chroniques que des sprints intenses occasionnels. Lors de votre consultation, apportez votre journal d’entraînement et vos données de tension / glycémie pour en discuter avec votre médecin, afin que l’exercice et les médicaments soient ajustés ensemble.

Si vous êtes un·e aidant·e, ou si vous accompagnez un proche dans son activité physique

Votre rôle est extrêmement important. Aidez à faire ces choses : surveillez les symptômes d’alerte, vérifiez que les médicaments d’urgence sont bien pris, encouragez sans forcer, et transformez l’exercice en une activité partagée plutôt qu’une corvée solitaire. Pour beaucoup de personnes âgées atteintes de maladies chroniques, la clé de la poursuite de l’activité physique réside dans le fait d’avoir quelqu’un avec elles, et d’être soutenues.

Suivi de cas : qu’est-il arrivé à M. Zhang par la suite

Revenons à M. Zhang du début. Nous n’avons pas sorti le vélo de route tout de suite. Nous sommes d’abord allés à la consultation de cardiologie pour confirmer que son état était stable, et il a passé une épreuve d’effort avec électrocardiogramme. Le médecin a donné le feu vert, tout en rappelant quelques situations à éviter.

Ensuite, nous avons commencé par le vélo stationnaire d’intérieur, 10 minutes par séance, en maintenant une intensité où il pouvait tenir une conversation (test de la parole). Les deux premières semaines, il riait lui-même en disant « c’est trop facile », mais j’ai insisté pour ne pas augmenter la charge. À la cinquième semaine, nous avons ajouté de la musculation au poids du corps ; à la neuvième semaine, il tenait 30 minutes par séance. Trois mois plus tard, ses chiffres de tension ont permis au médecin d’envisager un ajustement de ses médicaments, et son sommeil s’était amélioré.

Le parcours n’a pas été sans embûches. À la sixième semaine, il m’a dit qu’il avait ressenti une légère oppression thoracique à mi-parcours de sa séance de vélo. Même si cela s’est calmé après le repos, je lui ai demandé de ne pas juger par lui-même et de retourner immédiatement voir son cardiologue. Heureusement, ce n’était qu’une fausse alerte, mais j’ai pris cela comme un exemple positif — savoir s’arrêter au bon moment et retourner voir son médecin n’est pas de la lâcheté, mais de l’intelligence. Ceux qui pratiquent une activité physique en toute sécurité sur le long terme sont ceux qui savent « accélérer quand il le faut, s’arrêter quand il le faut ».

Ce qui m’a le plus fait plaisir, ce ne sont pas les données, mais un week-end du quatrième mois, il m’a envoyé une photo — c’était lui qui avait décroché le vélo de route accroché au mur depuis un an, et qui roulait sur la piste cyclable au bord de la rivière. La légende ne comportait qu’une phrase : « Coach, j’ose rouler à nouveau. »

C’est le cœur de ce que je veux transmettre à travers cet article : la maladie chronique n’est pas la fin de votre vie sportive, mais le point de départ pour repenser votre pratique. Lorsque vous utilisez les bonnes méthodes, dans un cadre sécurisé, et que vous avancez main dans la main avec votre équipe médicale, l’exercice peut vous rendre bien plus que des données de santé : il vous rend une qualité de vie et de la dignité.

Conclusion : vivre avec la maladie, plutôt que d’être défini·e par elle

Après avoir accompagné autant d’élèves atteints de maladies chroniques, je suis de plus en plus convaincu d’une chose : la vraie santé n’est pas « l’absence de maladie », mais « la capacité à bien vivre, même avec une maladie, et à continuer à faire ce que l’on aime ».

C’est tout le sens de l’exercice pour les personnes atteintes de maladies chroniques. Il ne fera pas disparaître les stents, il ne fera pas renaître les cellules bêta du pancréas, mais il vous permettra de vivre avec plus de force, plus de confiance et plus de contrôle dans un corps malade. Vous n’êtes plus passivement géré·e par la maladie, mais vous apprenez à coexister activement avec elle, à négocier avec elle, et à rendre votre vie aussi large que possible dans les limites qu’elle impose.

Enfin, n’oubliez jamais : progressez progressivement, écoutez votre corps, et faites équipe avec votre équipe médicale plutôt que de tout porter seul·e. Commencez dès aujourd’hui par une petite chose — posez une question supplémentaire à votre médecin lors de la consultation (« comment puis-je faire de l’exercice ? »), ou marchez 10 minutes de plus après votre repas.


Cet article a un but éducatif et ne remplace pas un diagnostic ou un avis thérapeutique individuel de la part d’un médecin, d’un kinésithérapeute ou d’un diététicien. Pour toute adaptation de l’exercice et de la nutrition liée à des maladies chroniques telles que le diabète, l’hypertension ou les maladies cardiaques, discutez-en d’abord avec votre équipe médicale référente et faites une évaluation personnalisée avant de mettre en œuvre.

Références

Lectures complémentaires

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