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Jiji au-delà du petit train : solitude et immensité à vélo vers la station de retransmission du mont Jiji

單車生活

Le Jiji que le petit train ne voit pas : la solitude et l'immensité en pédalant vers la station de retransmission du mont Jiji

Le Jiji que la plupart des gens connaissent, c’est ce tunnel vert bordé de camphriers, ce petit train bleu qui passe lentement, ce paysage ferroviaire baigné de soleil sur les cartes postales. Mais Jiji a aussi un autre visage — un visage caché dans les montagnes à l’arrière de la petite ville, un visage fait pour les grimpeurs.

En remontant la route agricole, en traversant le tunnel vert de bambouseraies et de bananiers, on grimpe de plus de mille mètres, jusqu’à la station de retransmission télévisée du mont Jiji, à environ 1 392 mètres d’altitude. Ces 14,39 kilomètres à 7 % de pente moyenne, c’est le visage le plus calme et le plus chargé d’histoire de Jiji. Cet article veut vous emmener dans cette forêt de montagne oubliée des touristes.

Jiji : une petite ville qui a de la mémoire

Pour comprendre le mont Jiji, il faut d’abord comprendre Jiji.

Jiji est une charmante petite ville du Nantou, célèbre pour sa ligne ferroviaire Jiji, son tunnel vert et les paysages de la rivière Zhuoshui. Ce qu’il y a de plus émouvant ici, ce sont les traces laissées par le temps. La piste cyclable du tour de Jiji fait environ 17,52 kilomètres de long, bordée de camphriers, et l’on y voit des bâtiments de style japonais, des vestiges de la dynastie Qing, ainsi que les cicatrices laissées par le séisme du 21 septembre et la majesté des gorges de la rivière Zhuoshui. Et sur la route départementale 152, entre le canton de Mingjian et la ville de Jiji, ce tunnel vert d’environ 4,5 kilomètres planté d’environ cinq cents camphriers est la vitrine de Jiji — la nuit, de petites ampoules s’allument dans les arbres, et toute la route devient comme un tunnel doré.

Le séisme du 21 septembre a durement frappé cette petite ville, et la gare de Jiji s’est un moment effondrée. Mais les habitants de Jiji ont transformé leurs blessures en mémoire et ont relevé leur ville. Quand vous passez à vélo par ici, chaque portion de route sous vos roues porte la résilience de cette petite ville.

D’un tunnel vert à l’autre

Ce qui est intéressant, c’est que cette montée du mont Jiji a elle aussi son propre « tunnel vert » — seulement, il n’est pas sur la carte touristique.

En partant de l’entrée de la route agricole à l’arrière du centre-ville de Jiji, on monte le long de la route sinueuse, bordée de bambouseraies, de bois divers et de bananiers qui tissent une verdure foisonnante. Le soleil filtre à travers les couches de feuillage et danse en taches de lumière sur le bitume. Ce « tunnel vert caché » n’a ni petit train, ni touristes : il n’y a que vous, votre vélo, et la respiration de la forêt.

Plus on monte, plus l’agitation de la ville s’éloigne, plus les chants d’oiseaux et les stridulations des cigales se font nets. Parfois, à un virage, la vue s’ouvre soudain : la petite ville de Jiji et la vallée de la rivière Zhuoshui se déploient sous vos pieds, et au loin les montagnes s’empilent en couches successives. Ce « paysage exclusif gagné à la sueur », les touristes du petit train ne le verront jamais.

À la première personne : la solitude et l’immensité vers la station de retransmission

J’ai choisi un matin légèrement frais pour monter. Le centre-ville de Jiji ne s’était pas encore tout à fait réveillé, et l’air portait l’odeur de la rosée. En tournant sur la route agricole, la pente n’était pas brutale, mais elle s’étirait sans fin — ce genre de route « pas trop raide, mais qui monte tout le temps » est ce qui met le plus à l’épreuve le mental.

Je n’ai presque croisé personne sur tout le trajet. Seuls les bambous bruissaient dans le vent, et les feuilles de bananier se balançaient doucement au-dessus de ma tête. J’ai mis un rythme très lent, laissant ma respiration et mes coups de pédale se synchroniser. Cette solitude ne fait pas peur, elle apaise au contraire — le monde se réduit à la route devant soi, les pensées parasites se vident une à une dans l’effort, et il ne reste qu’une concentration pure.

En arrivant à la station de retransmission, à environ 1 392 mètres d’altitude, la tour de transmission se dressait là, solitaire. J’ai garé mon vélo, je me suis avancé au point de vue le plus dégagé, et toute la vallée du centre de Taïwan s’est déployée devant moi. Jiji, la rivière Zhuoshui, Mingjian et Zhushan au loin, et même la plaine plus lointaine, tout cela d’un seul regard. À cet instant, l’immensité rendait les 14 kilomètres d’ascension dignes de chaque effort. Pas d’arche de célébration, pas d’acclamations, seulement le vent et moi. Mais je savais que c’était mon sommet, rien qu’à moi.

Les saveurs et la chaleur humaine en chemin

La route agricole du mont Jiji offre peu de ravitaillement, mais la petite ville de Jiji en contrebas est l’étape de ravitaillement la plus chaleureuse de ce voyage.

Le centre-ville de Jiji regorge de petites spécialités et de commerces : c’est la dernière source d’énergie avant la montée, et l’endroit idéal pour se récompenser après la descente. Autour de la gare de Jiji et le long du tunnel vert, on trouve toujours des étals de snacks traditionnels et de produits agricoles locaux. Après la montée, en redescendant en ville, on s’achète un bol de nourriture chaude, on boit une boisson fraîche, et on s’assoit devant la vieille gare à regarder le petit train entrer en gare — ce contraste entre la « solitude de la montagne » et « l’animation de la petite ville », c’est précisément ce qui fait le charme de cette route du mont Jiji.

Ce que cette route signifie pour les cyclistes

La station de retransmission du mont Jiji est une route que l’on « pédale sans chercher la gloire ».

Elle n’a pas l’altitude du mont Wuling, ni les points de repère des itinéraires photogéniques, elle n’a même pas de véritable point de repère. Ceux qui viennent la grimper le font surtout pour eux-mêmes — pour cette ascension solide de plus de mille mètres, pour cette concentration sans aucune perturbation, pour cette sensation, au sommet en regardant au loin, de « je suis monté par mes propres moyens ».

Ce qu’elle vous apprend, c’est à « supporter la solitude ». Sur cette route agricole longue et silencieuse, pas de spectateurs, pas d’applaudissements, seulement vous et votre rythme. Quand vous apprenez à apprécier cette solitude, vous découvrez que le plaisir le plus profond du vélo ne réside pas dans les performances, mais dans ce processus de tête-à-tête avec soi-même. Le mont Jiji est un professeur silencieux mais honnête.

Des paysages propres à chaque saison

  • Printemps : la forêt reverdit, les bambouseraies sont d’un vert tendre, c’est la saison la plus agréable pour pédaler.
  • Été : la chaleur est étouffante en basse altitude, mais le tunnel vert offre une ombre fraîche, et monter tôt le matin est le plus agréable.
  • Automne : le ciel est haut et l’air vif, la visibilité est optimale, et la vue sur la vallée de la rivière Zhuoshui depuis le sommet est particulièrement nette.
  • Hiver : les matinées sont froides mais sèches, le sommet est souvent enveloppé de nuages et de brume, avec une beauté mélancolique particulière.

Suggestions d’itinéraire

Pour intégrer le mont Jiji dans une journée, voici comment organiser :

  1. Petit matin : départ du centre-ville de Jiji, profitez de la fraîcheur pour relever le défi de la station de retransmission du mont Jiji et savourer le tunnel vert sans personne.
  2. Matinée : après la descente, retour au centre-ville de Jiji, visitez la gare de Jiji et le tunnel vert pour ressentir l’ambiance de la petite ville.
  3. Après-midi : pédalez sur la piste cyclable du tour de Jiji, admirez les bâtiments de style japonais, les vestiges de la dynastie Qing et les gorges de la rivière Zhuoshui, et profitez-en pour visiter le parc éducatif du séisme du 21 septembre.
  4. Soirée : dégustez un repas local dans la petite ville, accompagné d’une boisson fraîche, pour clore en douceur ce voyage « d’une montagne et d’une ville ».

Le mont Jiji ne fait pas de bruit, mais il laisse une marque profonde dans le cœur de ceux qui acceptent de monter. Il nous fait comprendre que les paysages les plus précieux ne se trouvent souvent pas sur les cartes animées, mais dans les endroits où l’on accepte de suer seul et d’arriver seul. La prochaine fois que vous viendrez à Jiji, en plus de prendre le petit train, essayez donc de monter cette montagne à vélo — vous y découvrirez un Jiji plus calme et plus vaste.

Les cicatrices du 21 septembre et la renaissance : la résilience de Jiji

Pour comprendre Jiji, il faut évoquer le séisme du 21 septembre. Ce tremblement de terre majeur de 1999 a durement frappé cette petite ville — la gare de Jiji s’est un moment effondrée, de nombreux bâtiments se sont écroulés, et la ville était en ruines. Mais les habitants de Jiji ne se sont pas laissés abattre : ils ont transformé leurs blessures en mémoire, reconstruit leur foyer brique par brique, et relevé cette petite ville.

Aujourd’hui, en pédalant à Jiji, on peut encore voir, le long de la piste cyclable du tour de Jiji, les traces laissées par le séisme du 21 septembre, témoignage de la vitalité résiliente de cette petite ville. Quand vous passez à vélo par ces endroits, chaque portion de route sous vos roues porte la sueur et la volonté des habitants de Jiji qui ont reconstruit leur foyer. Cette résilience fait étrangement écho à l’esprit de la montée — c’est toujours se relever après être tombé, ne pas abandonner dans la difficulté. C’est peut-être pour cela que cette petite ville de Jiji touche particulièrement le cœur de chaque cycliste qui s’efforce de monter. Elle nous rappelle : qu’il s’agisse d’une montagne ou d’un creux dans la vie, tant qu’on n’abandonne pas, il y a toujours un jour où l’on se relève et où l’on atteint le sommet.

Les deux visages du tunnel vert

Le monument le plus célèbre de Jiji est ce tunnel vert bordé de camphriers. Ce tunnel, situé sur la route départementale 152 entre le canton de Mingjian et la ville de Jiji, fait environ 4,5 kilomètres de long, avec environ cinq cents camphriers de chaque côté dont les branches denses s’entrelacent au-dessus de la route pour former un passage vert émeraude. Le jour, le soleil filtre à travers les interstices des feuilles, créant des jeux d’ombre et de lumière féeriques ; la nuit, de petites ampoules s’allument dans les arbres, et toute la route devient comme un tunnel doré.

Ce qui est intéressant, c’est que la route agricole qui monte au mont Jiji a elle aussi son propre tunnel vert — seulement, il n’est pas sur la carte touristique. En partant de l’entrée au pied de la montée à l’arrière du centre-ville de Jiji, les deux côtés sont bordés de bambouseraies, de bois divers et de bananiers qui tissent une verdure foisonnante, et le soleil tache le bitume de lumière. Ce tunnel vert caché n’a ni petit train, ni touristes : il n’y a que vous, votre vélo, et la respiration de la forêt. Deux tunnels verts, l’un animé et bruyant, bondé de touristes, l’autre calme et solitaire, réservé à ceux qui acceptent de monter. Ce contraste, c’est précisément ce qui fait le charme de cette route du mont Jiji — elle vous fait voir un Jiji plus calme, que les touristes ne verront jamais.

La rivière Zhuoshui et la ligne ferroviaire de Jiji : les veines de la terre

La terre de Jiji est nourrie par deux veines — l’une est la rivière Zhuoshui, l’autre est la ligne ferroviaire de Jiji. La rivière Zhuoshui est le plus long cours d’eau de Taïwan ; son nom vient de la grande quantité de sédiments qu’elle charrie. Cette rivière a sculpté de majestueux canyons et a également donné naissance à des terres fertiles et à des produits abondants le long de ses rives. Lorsque vous gravissez le mont Dajian de Jiji et que vous contemplez le paysage depuis la station de retransmission, cette vallée qui s’étend sous vos pieds est précisément le chef-d’œuvre que la rivière Zhuoshui a façonné au fil des millénaires.

La ligne ferroviaire de Jiji, quant à elle, est l’autre veine de cette terre. Cette ligne secondaire a transporté des générations de personnes et de marchandises à travers les montagnes et les rivières de Jiji. L’image du petit train bleu traversant lentement le tunnel vert est, dans la mémoire d’innombrables Taïwanais, l’impression que l’on garde de Jiji. Lorsque vous passez à vélo devant la gare de Jiji et que vous regardez le petit train entrer en gare, vous ressentez une beauté où les époques se croisent — l’ancienne voie ferrée et le vélo moderne, sur la même terre, écrivent chacun l’histoire des hommes et de ces montagnes et rivières. Une fois que vous avez compris la rivière Zhuoshui et la ligne de Jiji, le mont Dajian de Jiji n’est plus pour vous une simple montée, mais un voyage profondément enraciné dans les veines de cette terre.

À la première personne : la solitude et l’immensité vers la station de retransmission

J’ai choisi un matin légèrement frais pour monter. Le centre-ville de Jiji n’était pas encore tout à fait réveillé, et l’air portait l’odeur de la rosée. En m’engageant sur la route agricole, la pente n’était pas brutale, mais elle s’étirait sans fin — ce genre de montée qui n’est pas trop raide mais qui ne s’arrête jamais est ce qui met le plus à l’épreuve le mental.

Sur tout le trajet, je n’ai presque croisé personne. Seuls les bambous bruissaient dans le vent, et les feuilles de bananiers se balançaient doucement au-dessus de ma tête. J’ai mis un rythme très lent, laissant ma respiration et mon pédalage se synchroniser. Cette solitude n’effraie pas ; elle apaise au contraire — le monde se réduit à la route devant soi, les pensées parasites sont peu à peu épuisées par la montée, et il ne reste qu’une concentration pure. À mon arrivée à la station de retransmission, à environ 1 392 mètres d’altitude, la tour de retransmission se dressait, solitaire. J’ai garé mon vélo et me suis dirigé vers le point de vue le plus dégagé : toute la vallée du centre de Taïwan s’étendait devant moi. Jiji, la rivière Zhuoshui, plus loin Mingjian et Zhushan, et même la plaine au-delà, tout cela d’un seul regard. À cet instant, cette immensité rendait les 14 kilomètres d’ascension dignes d’être parcourus. Pas d’arche de célébration, pas d’acclamations, seulement le vent et moi. Mais je savais que ce sommet était le mien, rien qu’à moi.

Ce que cette route signifie pour les cyclistes : savoir supporter la solitude

La station de retransmission du mont Dajian de Jiji est une route que l’on parcourt non pas pour la gloire. Elle n’a pas l’altitude du mont Wuling, ni les points de repère des itinéraires photogéniques, et elle ne possède même pas de véritable monument. Ceux qui acceptent de venir la gravir le font surtout pour eux-mêmes — pour cette ascension solide de plus de mille mètres, pour cette concentration que personne ne vient troubler, et pour cette sensation, au sommet, en contemplant au loin, de « je suis monté par mes propres moyens ».

Ce qu’elle vous apprend, c’est à supporter la solitude. Sur cette route agricole longue et silencieuse, il n’y a ni spectateurs, ni applaudissements, seulement vous et votre rythme. Lorsque vous apprenez à apprécier cette solitude, vous découvrez que le plaisir le plus profond du cyclisme ne réside pas dans les performances, mais dans ce moment passé seul avec soi-même. À une époque où tout se partage et se compte en « j’aime », pouvoir avoir une route, un moment, pour être pleinement avec soi-même, sans rien montrer à personne, en roulant uniquement pour soi — c’est en soi un bonheur luxueux. Le mont Dajian de Jiji est un professeur silencieux mais honnête ; il vous apprend que les paysages les plus précieux ne se trouvent souvent pas sur les cartes touristiques animées, mais dans ces endroits où vous acceptez de transpirer seul et d’arriver seul.

Saisons et visites complémentaires : une montagne, une petite ville

Le mont Dajian de Jiji offre des visages différents à chaque saison : au printemps, la verdure nouvelle des forêts et la tendreté des pousses de bambou ; en été, la chaleur étouffante en basse altitude, mais le tunnel vert offre une ombre rafraîchissante, et monter tôt le matin est le plus agréable ; en automne, le ciel est haut et l’air vif, la visibilité est optimale, et la vue sur la vallée de la rivière Zhuoshui depuis le sommet est particulièrement nette ; en hiver, les matins sont froids mais secs, et le sommet est souvent enveloppé de nuages et de brume, offrant une beauté mélancolique particulière.

Pour intégrer le mont Dajian de Jiji dans une journée, voici comment organiser : au petit matin, partez du centre-ville de Jiji, profitez de la fraîcheur pour relever le défi de la station de retransmission du mont Dajian, et savourez le tunnel vert sans personne ; en fin de matinée, redescendez au centre-ville de Jiji, visitez la gare de Jiji et le tunnel vert, et imprégnez-vous de l’ambiance de la petite ville ; l’après-midi, empruntez la piste cyclable du tour de Jiji, admirez les bâtiments de style japonais, les vestiges de la dynastie Qing et le canyon de la rivière Zhuoshui, et profitez-en pour visiter le parc éducatif du séisme du 21 septembre ; en fin de journée, dégustez une spécialité locale dans la petite ville, accompagnée d’une boisson fraîche, pour clore en douceur ce voyage d’une montagne et d’une petite ville. Le mont Dajian de Jiji ne fait pas de bruit, mais il laisse une empreinte profonde dans le cœur de ceux qui acceptent de monter. Il nous fait comprendre que les paysages les plus précieux ne se trouvent souvent pas sur les cartes animées, mais dans ces endroits où l’on accepte de transpirer seul et d’arriver seul. La prochaine fois que vous viendrez à Jiji, en plus de prendre le petit train, essayez aussi de monter sur cette montagne à vélo — vous y découvrirez un Jiji plus silencieux et plus vaste.

Jiji : une petite ville qui a de la mémoire

Jiji est une charmante petite ville du Nantou, célèbre pour sa ligne ferroviaire, son tunnel vert et les paysages de la rivière Zhuoshui. Ce qui y est le plus émouvant, ce sont les traces laissées par le temps. La piste cyclable du tour de Jiji fait environ 17,52 kilomètres de long, bordée de camphriers ; on y voit des bâtiments de style japonais, des vestiges de la dynastie Qing et la majesté du canyon de la rivière Zhuoshui. Et sur la route départementale 152, entre le canton de Mingjian et le bourg de Jiji, ce tunnel vert d’environ 4,5 kilomètres planté d’environ cinq cents camphriers est la signature de Jiji — la nuit, de petites ampoules s’allument dans les arbres, et toute la route ressemble à un tunnel doré.

Mais Jiji a aussi un autre visage — un visage caché dans les montagnes à l’arrière de la petite ville, celui qui appartient aux grimpeurs. En suivant la route agricole qui monte sans cesse, en traversant le tunnel vert de bambous et de bananiers, on grimpe de plus de mille mètres jusqu’à la station de retransmission télévisée du mont Dajian de Jiji, à environ 1 392 mètres d’altitude. Ces 14,39 kilomètres avec une pente moyenne de 7 % constituent le visage le plus silencieux et le plus chargé d’histoire de Jiji. La plupart des gens connaissent Jiji par son tunnel vert planté de camphriers, par le petit train bleu qui passe lentement, par les paysages ferroviaires tachetés de soleil sur les cartes postales. Et seuls ceux qui acceptent de monter à vélo rencontrent ce Jiji plus vaste, plus solitaire et plus authentique.

Les saveurs et la chaleur humaine en chemin

La route agricole du mont Dajian de Jiji offre peu de ravitaillements, mais la petite ville de Jiji en contrebas est l’étape de ravitaillement la plus chaleureuse de ce voyage. Le centre-ville de Jiji regorge de snacks et de commerces ; c’est la dernière source d’énergie avant la montée et l’endroit idéal pour se récompenser après la descente. Autour de la gare de Jiji et le long du tunnel vert, on trouve toujours des vendeurs de pâtisseries traditionnelles et de produits agricoles locaux. Après la montée, une fois redescendu en ville, acheter un plat chaud, boire une boisson fraîche, et s’asseoir devant la vieille gare pour regarder le petit train entrer en gare — ce contraste entre la solitude de la montagne et l’animation de la petite ville est précisément ce qui rend la route du mont Dajian de Jiji si fascinante.

Ce contraste saisissant fait de chaque sortie sur le mont Dajian de Jiji un voyage émotionnel. Vous pouvez affronter seul la longue ascension et le silence désert sur la montagne, puis redescendre pour retrouver l’animation bruyante de la petite ville. Un instant, vous êtes sous la tour de retransmission à contempler la vaste vallée ; l’instant d’après, vous êtes assis devant la vieille gare, entouré par le sifflet du petit train et les rires des visiteurs. Cette bascule de la solitude à l’animation, de la montagne à la vie urbaine, fait du mont Dajian de Jiji non seulement une montée, mais une expérience complète, à la fois exigeante et réparatrice. Il n’est pas étonnant que ceux qui acceptent de le gravir y reviennent sans cesse — ce qu’ils retrouvent, ce n’est pas seulement l’ascension de mille mètres, mais aussi ce plat chaud, cette boisson fraîche en bas, et la chaleur que cette petite ville chargée de mémoire leur offre.

D’un tunnel vert à l’autre

Ce qui est intéressant, c’est que cette montée du mont Dajian de Jiji possède elle aussi son propre tunnel vert — seulement, il ne figure sur aucune carte touristique. Depuis le point de départ sur la route agricole à l’arrière du centre-ville de Jiji, en montant le long de la route sinueuse, les deux côtés sont bordés d’une verdure mêlant bambous, arbres variés et bananiers. La lumière du soleil filtre à travers les couches de feuillage, dansant en taches de lumière sur le bitume. Ce tunnel vert caché n’a ni petit train, ni touristes ; il n’y a que vous, votre vélo et la respiration de la montagne.

Plus on monte, plus l’agitation de la ville s’éloigne, et plus le chant des oiseaux et le bourdonnement des cigales se font clairs. Parfois, à un virage, la vue s’ouvre soudainement : la petite ville de Jiji et la vallée de la rivière Zhuoshui se déploient sous vos pieds, et au loin, les montagnes s’étagent en couches successives. Ce paysage que l’on gagne à la sueur, que l’on savoure en exclusivité, est ce que les touristes du petit train ne verront jamais. Deux tunnels verts, l’un animé et bruyant, bondé de touristes, l’autre silencieux et solitaire, réservé à ceux qui acceptent de monter. Ce contraste est précisément ce qui rend la route du mont Dajian de Jiji si fascinante — elle vous fait voir un Jiji plus silencieux, que les touristes ne verront jamais. Lorsque vous roulez seul sur cette route agricole déserte, vous comprenez soudain pourquoi certaines beautés ne s’obtiennent qu’avec ses propres jambes, en transpirant ; et précisément parce qu’elles sont durement gagnées, ces beautés sont d’autant plus profondes et inoubliables.

Zhuoshui River and the Jiji Line: The Lifeblood of the Land

The land of Jiji is nourished by two lifelines—one is the Zhuoshui River, and the other is the Jiji Line railway. The Zhuoshui River is Taiwan’s longest river, its name derived from the vast amount of sediment carried in its waters. This river carves out magnificent gorges while nurturing the fertile land and abundant produce along its banks. When you climb Jiji Mountain and gaze out from the relay station, the valley spreading beneath your feet is a masterpiece etched by the Zhuoshui River over millennia.

The Jiji Line railway, meanwhile, is the other lifeline of this land. This branch line has carried generation after generation of people and goods, weaving through the mountains and waters of Jiji. The image of a small blue train slowly passing through the green tunnel is the impression of Jiji etched in countless Taiwanese memories. As you ride past Jiji Station and watch the little train pull in, you feel a beauty of time interweaving—the old railway and the modern bicycle, on the same land, each writing their own stories of people and this landscape. Once you understand the Zhuoshui River and the Jiji Line, Jiji Mountain is no longer just a climb, but a journey deeply rooted in the lifeblood of this land. It is precisely for this reason that riding Jiji Mountain is something to be done with feeling—you are not merely challenging a mountain, but drawing close to a land nourished by a river and a railway for a hundred years.

What This Road Means to Riders: Enduring the Solitude

The Jiji Mountain relay station is a road ridden not for fame. It lacks the altitude of Wuling, the check-in spots of Instagram-worthy routes, and it doesn’t even have a proper landmark. Those willing to ride it are mostly doing so for themselves—for the solid climb exceeding a thousand meters, for the undisturbed focus, and for that feeling of solid accomplishment when you look out from the summit and know you made it up on your own.

What it teaches you is to endure solitude. On this long and quiet industrial road, there are no spectators, no applause—only you and your own rhythm. When you learn to embrace this solitude, you discover that the deepest joy of cycling lies not in results, but in the process of being alone with yourself. In an era where everything demands sharing and likes, to have a stretch of road, a stretch of time, purely for yourself—not to show anyone, but to ride only for yourself—is in itself a luxurious happiness. Jiji Mountain is such a silent yet honest teacher. It teaches you that the most precious scenery is often not on the crowded map, but in those places you are willing to reach alone, sweating alone.

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