Une longue montée paisible hors des sentiers battus : moments de solitude entre la route départementale 47 Nord et les sentiers de montagne de Shiding et Pingxi

Un week-end de mi-juillet, sans orage d’après-midi, une rareté, j’ai dirigé mon vélo vers Shiding. Ma destination : une route départementale si peu connue qu’elle est même confidentielle dans le cercle des cyclistes locaux — la 47 Nord. Peu de guides à consulter, peu de comptes rendus de sorties à comparer, seulement une vague impression : une route longue, douce, et où l’on ne croise presque personne. Par la suite, cette impression s’est avérée tout à fait exacte, et ce calme « où l’on ne croise presque personne » a été le bien le plus précieux de cette sortie.
一、Shiding : un vieux village de thé niché dans la vallée
Pour comprendre la géographie de la route départementale 47 Nord, il faut d’abord comprendre Shiding. Shiding est une ville de montagne typique des collines de Nouvelle Taipei, au relief vallonné et accidenté. Dans le passé, ce relief contraignait les communications avec l’extérieur, ce qui a paradoxalement favorisé le développement d’une forme d’habitat unique — le plus célèbre étant le vieux quartier de Shiding, construit sur les falaises du torrent. Les maisons y sont empilées en gradins selon le relief, formant ce qu’on appelle communément la « rue sans ciel », une architecture de rue rare à Taïwan, née de l’adaptation au relief de la vallée. Shiding est aussi l’une des principales régions productrices de thé du nord de Taïwan. Avec le voisin Pingxi, elle constitue le cœur de production du thé Baozhong Wenshan. Les plantations de thé en terrasses qui s’étagent sur les pentes sont l’un des paysages les plus emblématiques de la région (pour la répartition exacte des plantations et les informations sur les visites, il est conseillé de se référer aux maisons de thé locales ou aux informations touristiques officielles).
La route départementale 47 Nord se situe en bordure de ce paysage de collines théicoles, et appartient au réseau de routes industrielles locales reliant les villages de montagne de Shiding et Pingxi. Ce type de route départementale n’est pas rare dans le réseau routier des montagnes de Nouvelle Taipei. La plupart ont été construites dans le passé pour desservir les hameaux dispersés et les besoins du transport agricole. Elles sont étroites, avec de nombreux virages, mais ont conservé un paysage forestier relativement primitif, non défiguré par un développement touristique à grande échelle. Comparée aux routes de Jiufen ou du col de Fengzui, déjà érigées en « classiques » par d’innombrables groupes de cyclistes, la 47 Nord ressemble davantage à un secret qui n’a pas encore été inscrit dans les guides des itinéraires grand public.
二、Le départ : la transition du tumulte urbain au silence de la vallée
Sur la route qui mène de la ville à Shiding, on ressent encore l’animation des embouteillages du week-end et des bourgs périphériques. Mais dès que l’on s’engage sur l’entrée de la 47 Nord, le monde sonore semble avoir été mis en sourdine. La chaussée bitumée s’élève sans fin, bordée de forêts secondaires en couches successives et de bambouseraies qui pointent par endroits. Le chant des cigales remplace le bruit des moteurs et devient le seul bruit de fond permanent. Cette transition instantanée de décor est la caractéristique la plus envoûtante et la plus apaisante des itinéraires de montagne aux abords de Taipei — inutile de pédaler jusqu’à des montagnes reculées, il suffit de s’engager sur le bon embranchement pour laisser le tumulte derrière soi.
Environ dix minutes après m’être engagé sur cette route, j’ai réellement pris conscience du poids des mots « hors des sentiers battus ». Sur les 8 kilomètres et quelques du parcours, je n’ai croisé pas plus de cinq véhicules, aucun autre cycliste, et même les habitants locaux étaient rares. Un tel degré de silence est une expérience déjà assez rare aux abords de Taipei — la plupart des itinéraires de montée réputés du week-end sont déjà saturés par un flot ininterrompu de groupes de cyclistes et de motos, tandis que la 47 Nord semble être un chemin de montagne oublié par le temps, attendant tranquillement les quelques personnes prêtes à faire un détour pour venir le découvrir.
三、Rythme et respiration dans la longue montée : un dialogue avec soi-même
8,26 kilomètres, une pente moyenne de 4,5 % : cela signifie que cette sortie n’offrira pas beaucoup de moments où il faut se dresser sur les pédales, mais elle procure en revanche une expérience rare de « concentration soutenue ». Le début de la pente est régulier, le corps entre progressivement dans un rythme de pédalage stable, et le son de la respiration remplace le bruit des pensées pour devenir la présence la plus claire de la conscience. Cet état que l’on appelle « flux » est peut-être la véritable raison pour laquelle de nombreux cyclistes chevronnés aiment tant les longues montées — lorsque le corps est occupé à gérer l’ascension continue, le cerveau gagne au contraire un espace de respiration précieux.
Vers le quatrième ou cinquième kilomètre, la route entre dans une section d’ascension relativement droite et régulière, où l’ombre des arbres des deux côtés crée une sensation de tunnel profond. Je me souviens qu’à ce moment-là, j’ai presque cessé de regarder mon compteur, laissant ma cadence se poser naturellement sur un rythme confortable, tandis que mes pensées commençaient à dériver vers quelques soucis professionnels en suspens. Chose étrange, ces problèmes que je n’arrivais pas à résoudre devant mon bureau trouvaient peu à peu des contours clairs au rythme continu et régulier du pédalage. C’est sans doute la valeur ajoutée la plus inattendue de l’endurance sur longue distance — ce n’est pas seulement un exercice physique, c’est aussi une forme de méditation dynamique.
Comparée aux pentes raides qui exigent une concentration totale pour gérer des changements instantanés, la pente longue et stable de la 47 Nord se prête bien mieux à « réfléchir ». Le corps a la capacité de maintenir un fonctionnement mécanique régulier, et l’esprit a alors l’espace pour vagabonder, décanter et se réorganiser. Ce jour-là, en approchant de la fin du parcours, j’avais effectivement clarifié la décision qui était en suspens — une récompense qu’aucune heure passée au bureau devant un écran d’ordinateur n’aurait pu m’apporter.
四、Les silhouettes silencieuses des hameaux de montagne
Le long de la 47 Nord, il n’y a pas que des zones inhabitées. On croise parfois quelques maisons construites à flanc de montagne, ou de petites plantations de thé et des potagers dispersés sur les pentes. Ces scènes ne portent aucune trace de touristification, aucun décor destiné à plaire aux visiteurs : ce sont simplement des tranches de vie quotidienne de villages de montagne, dans leur plus grande simplicité — un aîné qui range ses outils agricoles dans sa cour, quelques chiens de campagne qui se promènent paisiblement, du linge qui sèche sur un bambou et se balance doucement au vent. Cette authenticité sans fard est en soi un paysage rare pour ceux qui vivent depuis longtemps au rythme de la ville.
En passant devant ces hameaux épars, j’ai volontairement ralenti, par politesse d’une part, et d’autre part parce que je ne voulais pas manquer ce spectacle trop vite. Les routes de montagne sont étroites et servent avant tout aux déplacements quotidiens des habitants ; les cyclistes ne sont que des visiteurs sur ces terres. Faire preuve d’humilité et de courtoisie est la règle la plus élémentaire — et pourtant la plus souvent négligée — lorsqu’on emprunte ce type de route départementale peu fréquentée.
五、De la valeur du « silence »
Dans la vie moderne, le « silence » devient une ressource rare. La ville n’offre presque jamais de véritable quiétude : même dans les ruelles au cœur de la nuit, le bruit lointain des voitures, le ronronnement des climatiseurs ou la vibration des notifications du téléphone remplissent chaque recoin des sens. Ce que la 47 Nord offre, c’est précisément ce silence pur, presque luxueux — aucun bruit de conversation entre cyclistes, aucune agitation de touristes, et même le bruissement du vent dans les feuilles paraît d’une netteté exceptionnelle.
Je commence à comprendre pourquoi certains cyclistes chevronnés évitent délibérément les itinéraires populaires pour chercher ces sections isolées mais solides. Les itinéraires populaires ont certes leur ambiance communautaire et le plaisir des photos à partager, mais les longues montées peu fréquentées offrent une expérience plus introspective, plus intime — un tête-à-tête avec la route, avec son propre corps, avec les pensées qui tournent dans l’esprit. Cette expérience ne peut être reproduite, difficile à transmettre par les mots ; il faut la vivre soi-même.
六、Les risques de la solitude et la prise en charge de soi
Bien sûr, l’autre face de « hors des sentiers battus », ce sont les risques correspondants. Le long de cette route, il n’y a pratiquement aucun magasin ni point de ravitaillement, et le signal du réseau mobile est instable sur certaines sections. En cas d’imprévu en cours de route, la possibilité de demander rapidement de l’aide est bien moindre que sur les itinéraires populaires. Ce jour-là, avant de partir, j’ai pris soin d’informer ma famille de l’itinéraire prévu et de l’heure de retour, et de vérifier que mes provisions et mes outils étaient complets, avant de m’élancer l’esprit tranquille.
Cette « solitude que l’on ne s’autorise à savourer qu’après une préparation minutieuse » est peut-être aussi la leçon que ces itinéraires peu fréquentés m’ont apprise — la véritable liberté et le silence reposent sur une préparation solide, et non sur une imprudence sans filet. À force de pédaler, je comprends de mieux en mieux que le plaisir et la responsabilité du cyclisme en solitaire en montagne sont les deux faces d’une même médaille ; ce n’est qu’en ayant pleinement conscience des risques et en s’y préparant que l’on peut véritablement se confier en toute confiance à cette route de montagne silencieuse.
七、Le vieux quartier de Shiding et l’imaginaire des collines de thé
Après avoir redescendu de la 47 Nord, j’ai fait un détour par le centre de Shiding pour une brève halte. De loin, j’ai aperçu le vieux quartier construit à flanc de montagne, ses maisons empilées en gradins. Même sans avoir le temps de le parcourir en détail, sa seule silhouette suffisait à évoquer des siècles de sagesse accumulée sur cette terre. Shiding, en tant que région importante de production du thé Baozhong Wenshan, offre des plantations de thé disposées en terrasses harmonieuses sur les pentes, qui partagent avec la longue montée silencieuse que je venais de gravir la même personnalité géographique — trouver, dans les ondulations des collines, une manière de cohabiter avec la nature.
Si vous avez encore du temps après avoir parcouru la 47 Nord, n’hésitez pas à prévoir un moment pour flâner dans le centre de Shiding et ressentir la texture architecturale unique de cette ville de montagne et son atmosphère de village de thé (pour les commerces, horaires d’ouverture et informations sur les visites guidées, il est conseillé de se référer aux informations sur place ou aux annonces officielles). Cette combinaison d’itinéraire — « d’abord transpirer à vélo, puis flâner pour s’imprégner de la culture » — rendra l’ensemble de la visite plus riche et plus complet.
Huitième partie : La route départementale 47 Nord au fil des saisons
La région de Shiding et Pingxi est l’une des zones les plus pluvieuses de Taïwan, et cette route y dévoile des visages particulièrement distincts selon les saisons. L’été, bien que étouffant, offre une canopée dense ; pédaler à l’aube ou en fin de journée, la brise fraîche traversant les bois est le meilleur moyen de se rafraîchir, tandis que les cigales chantent en cascade, offrant la manière la plus directe de ressentir la vitalité de la forêt en plein été. À l’automne et en hiver, l’humidité apportée par la mousson du nord-est enveloppe souvent toute la vallée d’une fine brume. Bien que la visibilité soit limitée, le tableau des sentiers de montagne enveloppés de nuages possède une poésie vaporeuse propre, mais la difficulté de pédalage et les risques de sécurité augmentent d’autant — il faut évaluer prudemment. Le printemps, quant à lui, est la saison où la vitalité de la forêt est la plus exubérante : la verdure nouvelle foisonne, et parfois des nuages de montagne s’élèvent lentement du fond de la vallée. C’est la période idéale pour photographier et ressentir les couches du paysage.
Neuvième partie : Une lettre à moi-même pour la prochaine visite
Ce jour-là, après avoir parcouru tout le trajet, en me retournant vers cette forêt silencieuse que je venais de traverser, ce qui montait en moi n’était pas le sentiment d’accomplissement d’avoir « terminé un objectif d’entraînement », mais une paix plus profonde — comme si j’avais passé près d’une heure à être véritablement en ma propre compagnie. La route départementale 47 Nord n’a pas de titre prestigieux, pas de classement, et même sa notoriété est assez limitée. Mais c’est précisément cette qualité d’« être hors des regards » qui lui préserve une pureté rare.
Si vous habitez aussi Taipei ou Nouveau Taipei, et que vous cherchez justement une route de montagne où vous pouvez vraiment être seul, sans être dérangé par le flot de voitures et le bruit des foules, je vous recommande sincèrement de trouver un après-midi en semaine ou hors des heures de pointe pour aller rencontrer la route départementale 47 Nord. Pas besoin de courir après le temps, ni de vous soucier de votre allure. Laissez simplement cette longue montée silencieuse vous accompagner à travers un moment qui n’appartient qu’à vous.
Dixième partie : Une réflexion sur les longues montées et la résilience mentale
Après avoir terminé cette sortie, je me suis souvent demandé pourquoi certaines routes au dénivelé modeste, qui ne semblent pas « particulièrement impressionnantes », laissent une empreinte plus profonde dans l’esprit que certaines montées difficiles et célèbres. J’ai fini par comprendre : la réponse réside peut-être dans la « perception du temps ». Une montée courte et raide met à l’épreuve la puissance explosive instantanée ; une fois terminée, l’adrénaline pulse encore dans le corps, et le souvenir reste souvent figé dans cette stimulation physiologique intense. En revanche, une montée longue et régulière comme la route départementale 47 Nord met à l’épreuve une concentration et une patience soutenues pendant trente à quarante minutes. Cette expérience se rapproche davantage d’un voyage intérieur qui se déploie lentement, laissant non pas une excitation éphémère, mais un long sillage persistant.
Cette forme d’entraînement à la résilience mentale est, à certains égards, plus précieuse qu’un simple gain de condition physique. Elle vous apprend à maintenir un rythme et un état d’esprit stables alors que la tâche n’est pas encore terminée et que la ligne d’arrivée n’est pas encore en vue. Cette capacité dépasse de loin le cadre du cyclisme lui-même ; elle s’étend au travail, aux relations humaines, et même à toutes les choses de la vie qui exigent un investissement à long terme avant de porter leurs fruits.
Onzième partie : L’esthétique du cyclisme en solitaire
Ce jour-là, je suis parti seul, ce qui a rendu l’expérience de toute la sortie d’autant plus pure. Rouler seul procure une liberté particulière — pas besoin de s’adapter à la vitesse d’un compagnon, on peut s’arrêter à tout moment pour prendre une photo, rêvasser, ou simplement s’immobiliser à un virage pour écouter le vent traverser la bambouseraie. Le faible trafic et la rareté des autres cyclistes sur la route départementale 47 Nord accomplissent parfaitement cette esthétique de la solitude. J’ai aussi pensé, plus tard, que si j’y retournais avec des amis, l’expérience serait radicalement différente — animée, accompagnée, avec des encouragements mutuels, mais ce silence quasi intime que je possédais à cet instant-là n’existerait peut-être plus.
Les deux façons de rouler n’ont pas de supériorité l’une sur l’autre ; elles offrent simplement des bénéfices radicalement différents. Pour moi, la route départementale 47 Nord restera sur la liste des routes à « visiter en solitaire », devenant la première option qui me vient à l’esprit lorsque je voudrai clarifier mes pensées à l’avenir.
Douzième partie : Imaginer le réseau routier de cette région montagneuse
La région montagneuse de Shiding et Pingxi, où se trouve la route départementale 47 Nord, recèle en réalité tout un réseau de routes encore insuffisamment exploré par les itinéraires grand public. Le relief vallonné y est fragmenté, et les routes départementales s’entrecroisent et se relient entre elles. Pour les cyclistes prêts à investir du temps dans l’exploration, il reste de nombreux tronçons à découvrir à leur rythme. La route départementale 47 Nord n’est peut-être qu’un épisode de ce réseau, mais elle a éveillé en moi une curiosité plus grande pour cette région montagneuse — la prochaine fois, je voudrais tenter de la relier aux autres routes départementales voisines, pour voir combien de paysages dignes d’être mémorisés cette campagne silencieuse recèle encore.
Treizième partie : Quelques conseils aux voyageurs amateurs d’itinéraires confidentiels
Si vous êtes comme moi, à la recherche de ces routes relativement méconnues et peu documentées, voici quelques petits conseils : avant le départ, assurez-vous de vérifier l’état de base de la route et de planifier votre ravitaillement, car il n’y a pratiquement aucun magasin le long du parcours pour dépanner ; évitez autant que possible les périodes de mauvais temps ou de mauvaise visibilité, car le drainage et l’éclairage des routes départementales de montagne ne sont pas aussi complets que ceux des routes urbaines ; il est également recommandé d’informer vos proches de votre itinéraire prévu, car l’absence de passage signifie que si vous avez besoin d’aide, le temps de réaction sera plus long. Une fois ces préparatifs faits, vous pourrez véritablement profiter sereinement de cette expérience de solitude rare, sans laisser la prudence devenir une inquiétude qui gâche le plaisir.
Quatorzième partie : La carte sonore de la forêt : des détails sans image qui restent gravés dans la mémoire
Si je devais décrire le souvenir sensoriel le plus marquant de cette sortie, ce ne sont pas les paysages vus par les yeux, mais les sons entendus par les oreilles. Le chant des cigales était le bruit de fond principal, mais en écoutant attentivement, il n’y avait pas qu’une seule espèce qui chantait — certains sons étaient aigus et continus, comme un courant électrique prolongé ; d’autres étaient par vagues, montant et descendant, avec de brèves pauses. À mi-montée, à un certain endroit, l’ombre de la forêt est soudainement devenue plus dense, et le chant des cigales est devenu plus tridimensionnel, comme si toute la forêt résonnait en chœur. Parfois, on entendait aussi le cri d’oiseaux non identifiés, bref et clair, traversant le mur sonore de fond formé par les cigales, me rappelant que cette forêt n’était pas un décor statique, mais un écosystème vivant, en fonctionnement continu.
Sur un tronçon du parcours, les bambouseraies étaient particulièrement denses des deux côtés. Le bruissement du vent dans les cimes de bambous, mêlé au son lointain et presque imperceptible d’un ruisseau (la source exacte et la topographie précises sont à vérifier sur place), créait un effet proche du bruit blanc, étonnamment propice à la détente — bien sûr, je parle d’une relaxation au niveau psychologique ; pendant le pédalage effectif, le corps maintenait une puissance de sortie stable. Près d’un virage, j’ai aussi entendu des froissements dans les fourrés — probablement un écureuil ou un autre petit animal sauvage détalant après avoir été dérangé. Bien que je n’aie pas pu voir quelle créature c’était, cet instant de rencontre fugace avec l’environnement sauvage m’a quand même fait sursauter, et m’a rappelé que cette région montagneuse est avant tout l’habitat de la faune sauvage, et que les humains n’y sont que des visiteurs de passage.
Plutôt que de « regarder » le paysage avec les yeux, cette sortie ressemblait davantage à une « écoute » du paysage avec les oreilles. Sans la perturbation des bruits de moteurs de voitures ou de motos, ni des conversations d’autres cyclistes, les sens se trouvent naturellement amplifiés, et les sons subtils habituellement ignorés remontent un à un à la surface de la conscience. Cette expérience de ralentissement sensoriel, imposée (ou plutôt permise), est peut-être le cadeau le plus inattendu — et le plus précieux — que les routes silencieuses offrent aux cyclistes.
Quinzième partie : À propos du « changement de perspective » : ce qu’une sortie à vélo rapporte
Une fois rentré, après la douche, affalé sur le canapé en repensant à cette sortie, j’ai réalisé que ce que j’avais ramené n’était pas seulement une sueur abondante et des jambes endolories, mais aussi un subtil changement de perspective. Avant de partir, je portais encore, inconsciemment, un jugement de type classement sur ce qui fait une route « digne d’être visitée » — assez de dénivelé, assez de pente, assez de notoriété. Mais la route départementale 47 Nord m’a montré, à sa manière, que la valeur d’un itinéraire ne se mesure pas nécessairement à ces indicateurs quantitatifs.
Ce qu’elle m’a appris, c’est à réapprendre à apprécier le « processus » lui-même, plutôt que de ne se soucier que de « l’accomplissement ». Avant, quand je roulais, je me souciais souvent du dénivelé accumulé, des records personnels battus, du classement de la route dans les palmarès ; mais ce jour-là sur la route départementale 47 Nord, ces pensées n’ont presque jamais surgi. À la place, il y avait une concentration plus pure, une présence à l’instant — concentré sur la cadence, sur la respiration, sur le chant des cigales à mes oreilles, sur la brise de montagne qui effleurait parfois mes joues. Cette transformation peut sembler un lieu commun, mais après l’avoir vécue une fois, on comprend véritablement combien cette révélation — « ah, rouler peut être comme ça » — est précieuse.
Cela m’a aussi amené à réexaminer mes habitudes de planification d’itinéraires. Peut-être que chaque sortie n’a pas besoin de viser une performance chiffrée ; choisir délibérément, de temps en temps, une route confidentielle, silencieuse, sans trop de guides à suivre, et laisser le corps nous guider dans une exploration spontanée, permet au contraire de retrouver certaines choses perdues au fil de la course aux chiffres. Pour moi, la route départementale 47 Nord a été un rappel à la fois inattendu et profond de cela.
Seizième réflexion : sur l’équipement et l’état d’esprit
Ce jour-là, avant de partir, j’ai délibérément gardé mon équipement dans sa forme la plus simple — pas de capteur de puissance sophistiqué ni d’objectif d’allure, seulement un téléphone pour enregistrer le tracé, une bouteille d’eau et un appareil photo léger. Cette « allègement » volontaire était, d’une certaine manière, une forme de rangement mental. Lorsqu’on cesse d’être poursuivi par les chiffres et les objectifs, on remarque plus facilement la texture de la route, l’angle sous lequel la lumière se déverse, le chant des oiseaux qui parvient de la vallée lointaine.
Bien sûr, je ne cherche pas à nier la valeur de l’entraînement basé sur les données — si l’objectif est d’accumuler systématiquement une base d’endurance, l’enregistrement de la fréquence cardiaque, de la puissance et de l’allure reste un outil indispensable, comme l’article précédent l’a déjà clairement expliqué. Mais l’autre leçon que la route départementale 47 Nord m’a enseignée, c’est qu’une même route peut être abordée avec des états d’esprit radicalement différents. Parfois, c’est un plan d’entraînement méticuleusement calculé ; parfois, c’est simplement un coin où l’on dépose ses défenses pour reprendre son souffle dans le calme. Cette flexibilité est peut-être la véritable raison pour laquelle une route mérite d’être parcourue encore et encore.
Dix-septième réflexion : les souvenirs de lumière, d’ombre et d’odeurs rencontrés en chemin
En pédalant sur les tronçons ombragés de la route départementale 47 Nord, le soleil filtrait à travers les interstices des branches et se déversait sur la chaussée bitumée, formant des taches de lumière dansantes. Les ombres des arbres se balançant au gré de la brise donnaient à tout le tronçon l’impression d’avoir son propre rythme de respiration. L’air était imprégné de l’odeur de la terre humide et des plantes — cette fraîcheur teintée de fraîcheur que seules les zones montagneuses possèdent, radicalement différente de l’air étouffant que réfléchit le bitume urbain. Ces souvenirs tissés d’odeurs et de visions ont tendance à rester bien plus longtemps gravés dans l’esprit qu’une simple photo de paysage.
Je me souviens qu’à un certain tronçon, je suis passé devant une petite clairière en creux d’où l’on pouvait voir au loin les montagnes en couches successives et les nuages et brumes qui s’écoulaient lentement entre les vallées. À cet instant, j’ai arrêté le vélo, je me suis simplement tenu au bord de la route pendant quelques minutes, sans prendre de photo, sans penser à rien de particulier — juste laisser mes yeux se reposer et mon corps respirer. Cette halte sans but précis est presque un luxe dans la vie quotidienne trépidante, et pourtant c’est le cadeau inattendu le plus facile à obtenir sur une route aussi paisible.
Dix-huitième réflexion : à ceux qui hésitent encore à venir
Si vous hésitez encore à organiser un déplacement spécial pour visiter la route départementale 47 Nord, voici mon conseil : si vous recherchez des paysages grandioses, des pentes stimulantes ou l’ambiance animée d’un peloton, cette route risque de ne pas répondre à vos attentes ; mais si vous aspirez à un moment de calme pour être seul avec vous-même et remettre vos idées en ordre, cette route sera une réponse tout à fait idéale. Il n’y a pas beaucoup de préparation à faire à l’avance — il suffit de prévoir les ravitaillements de base et les mesures de sécurité. Pour le reste, il ne reste plus qu’à se confier à cette longue pente douce de plus de huit kilomètres, et laisser le corps et l’esprit se déposer en même temps.
En écrivant ces lignes, le sens de cet article ne réside peut-être pas dans le fait de convaincre qui que ce soit d’aller absolument pédaler sur cette route, mais plutôt de laisser un témoignage honnête — le témoignage d’une route départementale presque sans notoriété, qui, par un après-midi ordinaire de juillet, a accueilli avec sa pente longue et régulière un cycliste en quête de silence. Je souhaite à tous ceux qui liront ces lignes jusqu’au bout de trouver, sur les routes de montagne qui leur sont familières ou inconnues, cette joie pure qui n’a pas besoin de raison, celle de simplement pédaler vers l’avant.
Dix-neuvième réflexion : postface — à ceux qui cherchent un coin tranquille
Si vous avez l’impression que le rythme de la vie vous étouffe, pourquoi ne pas envisager de trouver une route comme la départementale 47 Nord — sans rechercher la notoriété, sans rechercher la popularité des réseaux sociaux, offrant simplement une montée assez longue et assez régulière pour occuper le corps et laisser le cœur se calmer peu à peu. La région montagneuse de Shiding et Pingxi compte encore de nombreux tronçons de ce genre, attendant silencieusement ceux qui acceptent de faire un détour. Peut-être que la prochaine fois, ce sera vous qui grimperez cette longue pente silencieuse et trouverez, à un virage, cette rare quiétude qui vous appartient.
Vingtième réflexion : conclusion — une route sans classement, mais avec son propre poids
La route départementale 47 Nord n’apparaîtra dans aucun classement des « dix meilleures montées de Nouveau Taipei ». Elle est trop silencieuse, trop discrète, et même son nom officiel n’a pas la sonorité accrocheuse de la « route des fleurs de paulownia » ou du « col de Fengguizui ». Mais c’est précisément cet état d’anonymat qui lui préserve une pureté rare — pas de foule venue prendre des photos, pas de flots de recommandations sur les réseaux sociaux, seulement le bitume silencieux, les forêts qui se superposent en couches, et les rares voyageurs qui acceptent de faire un détour.
Ce sentiment de calme et de concentration ressenti cet après-midi-là sur la route départementale 47 Nord est devenu une image à laquelle je repense sans cesse dans mes moments de fatigue. C’est sans doute là le sens le plus intime et le plus précieux du cyclisme — il n’a pas besoin d’être inscrit sur une quelconque liste de recommandations officielles ; il lui suffit, par un après-midi ordinaire, d’accueillir silencieusement un cycliste ayant besoin d’un espace à lui, et de le laisser retourner à l’agitation quotidienne du bas de la montagne, l’esprit remis en ordre.
Lectures complémentaires
- Guide pratique de la route départementale 47 Nord à Pingxi : analyse complète de l’allure sur cette longue pente douce et paisible de 8,3 km avec 376 m de dénivelé
- Cyclisme dans les terres à thé de Shiding et Pinglin : l’expérience des routes de montagne de la culture du thé à Taïwan du Nord
- Le mois de mai blanc sur la route des fleurs de paulownia : récit d’une balade tranquille sur la route Xiding et ses paysages locaux
- La pente raide solitaire au cœur des terres à thé : une lente montée en solitaire sur la route 42 Nord de Pinglin et les récits du village de montagne du réservoir
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