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Les héros de l'autre côté du parcours : l'expérience émouvante des bénévoles en triathlon

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Héros de l’autre côté du parcours : l’expérience émouvante d’un bénévole de triathlon

À quatre heures et demie du matin, alors que le ciel n’est pas encore éclairci, un groupe de personnes s’est déjà rassemblé au bord du lac d’eau vive de Taitung. Ce ne sont pas des athlètes, mais ils arrivent sur le site de course plus tôt que la plupart d’entre eux. Vêtus de gilets de bénévole uniformes, tenant talkies-walkies et bâtons réfléchissants, ils arborent des sourires plus éclatants que n’importe quel athlète. Ce sont les bénévoles des épreuves de triathlon — les plus facilement négligés, mais aussi les plus indispensables du parcours.

Derrière chaque épreuve de triathlon, des centaines, voire des milliers de bénévoles œuvrent dans l’ombre. De la préparation du site la veille de la course aux services de ravitaillement le jour J, de la régulation du trafic aux secours médicaux, de la surveillance du matériel dans la zone de transition à la remise des médailles de finisher sur la ligne d’arrivée — sans les bénévoles, il n’y aurait pas d’épreuve de triathlon.

Ma première expérience de bénévole en triathlon

Il y a trois ans, à cause d’une blessure au genou, je ne pouvais pas participer au Challenge Taiwan de cette année-là, et j’étais très déçu. Une amie m’a suggéré : « Puisque tu ne peux pas courir, pourquoi ne pas être bénévole ? Voir le triathlon sous un autre angle, tu vivras une expérience complètement différente. »

J’ai été affecté au troisième poste de ravitaillement du segment vélo, chargé de distribuer des gobelets d’eau et des boissons pour sportifs. La tâche semblait simple, mais c’est en la pratiquant que j’ai compris tout ce qu’elle impliquait.

Une journée de bénévole au poste de ravitaillement

04:30 — Arrivée au poste de ravitaillement, installation. Aligner des centaines de gobelets, vérifier la concentration des boissons pour sportifs, préparer bananes, gels énergétiques, éponges et autres ravitaillements.

06:00 — Début du segment natation. Nous attendons au poste de ravitaillement, répétant sans cesse le geste de distribution des gobelets. L’astuce : ne remplir le gobelet qu’à moitié (s’il est plein, l’athlète s’en renverse partout en l’attrapant), le tenir avec deux doigts au-dessus du bord, le bras entièrement tendu vers l’avant — pour que l’athlète puisse l’attraper avec précision à 35 km/h.

07:30 — Les premiers athlètes d’élite passent en trombe. Si vite qu’on n’a pas le temps de réagir. Un athlète a attrapé le gobelet de ma main avec précision de la main gauche, sans en renverser une seule goutte. À cet instant, j’ai senti que mon gobelet participait à un relais parfait.

08:00-12:00 — Le peloton principal commence à passer. C’est la période la plus chargée. Des centaines d’athlètes défilent vague après vague ; comme des ouvriers sur une chaîne de production, nous distribuons les gobelets, ramassons les gobelets vides, remplissons à nouveau, redistribuons. Le sol est couvert d’eau, nos chaussures sont trempées, nos bras sont endoloris, mais personne ne s’arrête.

12:00-16:00 — Les athlètes de fin de peloton commencent à passer. Leur allure est plus lente, mais leurs yeux portent une détermination différente. Certains luttent visiblement contre des crampes ou la fatigue, d’autres ont le visage marqué par la souffrance, mais ils continuent d’avancer. Chaque fois qu’un athlète nous dit « merci » ou nous adresse un sourire, l’émotion est indescriptible.

16:30 — Le dernier athlète passe. Nous nous tenons au bord de la route, applaudissant et encourageant ce fer solitaire. Il se retourne et nous fait un pouce levé. Cette image, je m’en souviens encore aujourd’hui.

17:00 — Démontage du poste de ravitaillement, ramassage des déchets, remise en état du site. La journée de travail se termine, retour à la ligne d’arrivée pour voir les derniers athlètes franchir la ligne.

Les histoires émouvantes des bénévoles à chaque poste

Bénévoles de sauvetage du segment natation

Le segment natation est l’épreuve la plus dangereuse du triathlon, et les bénévoles de sauvetage jouent un rôle crucial. Ce sont généralement des passionnés de sports aquatiques titulaires d’un brevet de sauveteur, qui pagayent en kayak ou se tiennent sur des planches à pagaie pendant la course, surveillant attentivement la condition de chaque athlète.

Un bénévole de natation expérimenté partage : « J’ai un jour secouru un athlète en proie à une attaque de panique. En eau libre, il a soudainement eu une respiration haletante et s’est mis à s’agiter frénétiquement. Je l’ai hissé sur mon kayak pour le calmer. Dix minutes plus tard, il a dit qu’il voulait reprendre la course. En le regardant nager à nouveau vers le large, j’ai compris que c’était ça, l’esprit du fer. »

Bénévoles de la zone de transition

La zone de transition est l’endroit le plus chaotique d’une épreuve de triathlon. Des centaines d’athlètes s’y précipitent en même temps, changeant d’équipement, de chaussures, appliquant de la crème solaire — une véritable scène de bataille. Les bénévoles de la zone de transition doivent maintenir l’ordre, aider les athlètes à retrouver leur emplacement de matériel, et parfois rassurer les débutants dont les mains tremblent de nervosité.

Bénévoles du poste de ravitaillement du segment course à pied

Le segment course à pied est la phase où les athlètes sont le plus épuisés physiquement, et le rôle des bénévoles du poste de ravitaillement passe de « prestataire de services » à « cheerleader ». Outre la distribution d’eau et de nourriture, l’essentiel est d’apporter un soutien moral.

« Vous avez l’air super ! » « Allez, la ligne d’arrivée est proche ! » « Tu es un fer ! » — ces simples paroles, pour un athlète qui a déjà couru plus de dix heures, dont tous les muscles sont endoloris et dont le cerveau ne veut qu’abandonner, peuvent être la dernière paille qui le fait continuer.

Bénévoles de la ligne d’arrivée

Les bénévoles de la ligne d’arrivée occupent le poste le plus gratifiant. Vous êtes témoin de l’instant où chaque athlète accomplit son parcours — certains s’effondrent en pleurs après avoir franchi la ligne, d’autres étreignent leur famille qui les attend, d’autres lèvent les bras pour savourer les acclamations du public. Vous accrochez de vos propres mains la médaille de finisher autour de leur cou, dites « félicitations », puis voyez sur leur visage cette expression mêlant fatigue, fierté et bonheur.

Poste de bénévolat Durée de travail Exigence physique Indice d’émotion Public adapté
Sauvetage natation 4-5 heures ★★★★ ★★★★★ Sauveteurs diplômés
Poste de ravitaillement 6-10 heures ★★★★ ★★★★ Bénévoles généraux
Zone de transition 8-12 heures ★★★ ★★★ Expérience triathlon souhaitée
Ligne d’arrivée 8-14 heures ★★ ★★★★★ Tout le monde
Régulation du trafic 6-10 heures ★★ ★★ Patience requise
Photographe de course 6-10 heures ★★★ ★★★★ Passionnés de photographie

Cinq choses que les bénévoles apprennent plus que les athlètes

1. Terminer la course est en soi une victoire

Lorsque vous êtes au poste de ravitaillement et que vous voyez passer chaque athlète, vous comprenez profondément : la vitesse et le classement n’ont jamais été l’essentiel du triathlon. Le professionnel qui franchit la ligne en premier est certes admirable, mais le dernier athlète qui franchit la ligne en titubant dix minutes avant la fermeture du parcours a peut-être une histoire plus émouvante que celle du premier.

2. Le vrai visage des gens dans des conditions extrêmes

Dans une épreuve de triathlon, vous voyez les gens tels qu’ils sont vraiment, à la limite de leurs capacités physiques et mentales. Certains, après s’être effondrés, sont soutenus par des athlètes inconnus pour continuer ; d’autres, déjà épuisés, s’arrêtent pour aider un concurrent en proie à des crampes au bord de la route. Ces moments vous redonnent confiance en l’humanité.

3. La force de la gratitude

De nombreux athlètes reviennent spécialement remercier les bénévoles pendant et après la course. Ce ne sont pas des paroles de politesse — vous pouvez voir la sincérité dans leurs yeux. « Merci d’avoir crié des encouragements au 35e kilomètre, à ce moment-là je voulais vraiment abandonner. » Ce sentiment d’être utile est plus précieux que n’importe quelle récompense.

4. La beauté du travail d’équipe

Une épreuve de triathlon de plusieurs milliers de participants nécessite que des centaines de bénévoles coopèrent sans faille sur des dizaines de postes. Ce travail d’équipe à grande échelle, lorsqu’il fonctionne harmonieusement, possède une beauté quasi artistique. Vous êtes un rouage de cette immense machine, mais c’est précisément parce que chaque rouage tourne consciencieusement que toute la machine fonctionne parfaitement.

5. Donner rend plus heureux que recevoir

C’est peut-être la leçon la plus clichée, mais aussi la plus vraie. Lorsque vous tendez le dernier gobelet d’eau au dernier athlète, lorsque vous le voyez accélérer le pas grâce à vos encouragements, lorsque vous lui accrochez la médaille sur la ligne d’arrivée — le bonheur de cet instant n’a rien à envier à celui de franchir vous-même la ligne d’arrivée.

Comment devenir bénévole de triathlon

Envie de vivre l’émotion du bénévolat en triathlon ? Voici plusieurs pistes :

  1. Recrutement officiel de l’épreuve : La plupart des épreuves de triathlon commencent à recruter des bénévoles deux à trois mois avant la course ; les informations d’inscription sont disponibles sur le site officiel ou la page Facebook de l’épreuve.
  2. Équipes de clubs de triathlon : De nombreux clubs de triathlon organisent des services de bénévolat en groupe, une excellente occasion de rencontrer de nouvelles personnes.
  3. Service social scolaire ou d’entreprise : Certaines écoles et entreprises collaborent avec des épreuves de triathlon pour offrir des opportunités de bénévolat.

Que vous soyez un athlète blessé ne pouvant pas courir, un curieux voulant comprendre ce qu’est le triathlon, ou un citoyen bienveillant souhaitant simplement contribuer à sa communauté, le bénévolat en triathlon vous offrira un week-end inoubliable.

Il y a deux sortes de héros sur le parcours — ceux qui portent une combinaison de triathlon, et ceux qui portent un gilet de bénévole. La prochaine fois que vous recevrez un gobelet d’eau pendant une course, n’oubliez pas de lever les yeux et de dire merci à la personne qui vous le tend. Car elle est peut-être restée là pendant des heures, simplement pour devenir, au moment où vous en aviez le plus besoin, la force qui vous fait continuer.

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