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Deux changements de vélo, une attaque, une deuxième place : Pogacar à Paris-Roubaix 2026, il ne lui manque qu'un vélodrome pour le Grand Chelem

國際單車

La deuxième rencontre manquée sur les pavés

12 avril 2026, Paris–Roubaix. Tadej Pogačar pénètre une nouvelle fois dans le vélodrome de Roubaix, et une nouvelle fois, il n’est pas le premier à franchir la ligne.

Après avoir perdu contre Mathieu van der Poel en 2025, il est battu en 2026 au sprint final sur la piste par Wout van Aert, terminant deuxième. Pour van Aert, c’est son premier Monument sur les pavés ; pour Pogačar, c’est la dernière pièce du puzzle pour le Grand Chelem des cinq Monuments qui lui échappe entre les doigts pour la deuxième année consécutive.


Ce qu’il a réellement vécu sur cette course

Distance de l’arrivée Événement
Environ 120 km Crevaison, deux changements de vélo
Environ 20 km ensuite Poursuite en solitaire pour revenir dans le peloton
Après la forêt d’Arenberg Intégration du groupe de tête à 7 coureurs
En même temps van der Poel, victime d’une avarie mécanique, accusait plus de 2 minutes de retard
Mi-course Nouveau changement de vélo
À moins de 50 km de l’arrivée Attaque sur le secteur de Mons-en-Pévèle, seul Wout van Aert le suit
Arrivée Les deux coureurs arrivent ensemble au vélodrome, défaite au sprint, deuxième

Rien qu’en regardant ce tableau, on comprend que cette course a été pour lui une succession de gestions de crise : crevaison, changement de vélo, nouveau changement, poursuite en solitaire sur plus de 20 kilomètres — si un seul de ces maillons avait mal tourné, la course était terminée.


I. L’avarie mécanique n’est pas un accident, c’est une composante de Paris–Roubaix

Dans les autres courses, une crevaison s’appelle de la malchance ; à Paris–Roubaix, une crevaison s’appelle une opération normale. La puissance destructrice des pavés transforme les roues, les pneus, la transmission, la fixation de la selle, et même la force de préhension du coureur en une guerre d’usure.

Il faut comparer avec l’autre protagoniste du jour : Mathieu van der Poel, victime d’une avarie mécanique, a perdu plus de 2 minutes et a directement été éliminé de la course pour la victoire. Même problème mécanique, un homme est éliminé, l’autre revient à la force du soutien d’équipe et du physique — c’est toute la cruauté des courses sur pavés.

Après sa crevaison à 120 km de l’arrivée et ses deux changements de vélo, Pogačar a mis plus de 20 kilomètres à revenir dans le peloton. Le coût de cette poursuite ne pouvait que se faire sentir dans le sprint final.


II. Mons-en-Pévèle : il a fait la seule chose qu’il pouvait faire

Après avoir intégré le groupe de tête à 7 coureurs, la situation jouait contre lui — dans ce groupe, il y avait trop de coureurs plus spécialistes que lui du roulage sur le plat et du sprint final.

Alors, sur le secteur pavé de Mons-en-Pévèle, à moins de 50 km de l’arrivée, il a attaqué. C’était le choix parfaitement juste : si la course arrivait au vélodrome à sept, il n’aurait quasiment aucune chance.

Le problème, c’est que l’attaque n’a emmené qu’un seul homme, et que cet homme était Wout van Aert.

À partir de ce moment, la course est devenue une équation très simple : coopérer à deux jusqu’à l’arrivée, puis se départager au sprint dans le vélodrome de Roubaix. Vu les caractéristiques des deux coureurs, la réponse à cette équation n’était pas difficile à deviner. Il a tout de même choisi d’attaquer, parce que la version sans attaque était encore pire — c’était choisir le moins mauvais des mauvais scénarios.


III. Le Grand Chelem des cinq Monuments : pourquoi cette pièce est particulièrement difficile

Regardons d’abord sa collection actuelle de Monuments :

Monument Titres de Pogačar Années
Milan–San Remo 1 2026
Tour des Flandres 3 2023, 2025, 2026
Paris–Roubaix 0 Deuxième en 2025 et 2026
Liège–Bastogne–Liège 4 2021, 2024, 2025, 2026
Tour de Lombardie 5 2021, 2022, 2023, 2024, 2025
Total 13 Deuxième meilleur total de l’histoire, derrière les 19 de Merckx

13 Monuments, 5 Tours de France, 6 victoires au général sur les Grands Tours, 2 titres de champion du monde sur route — dans un palmarès pareil, le vide de Paris–Roubaix est particulièrement frappant.

La raison n’est pas difficile à comprendre :

  • C’est le seul Monument où l’avantage physique est le plus facilement dilué. Pas de longues ascensions, ce qui signifie que son arme la plus redoutable ne peut pas s’exprimer pleinement.
  • La part de chance est élevée. Crevaison, placement, public, pluie — n’importe lequel de ces facteurs peut éliminer le plus fort.
  • Les adversaires sont tous des spécialistes nés pour cette course. La maîtrise du vélo et le roulage sur les pavés de van der Poel, van Aert et consorts sont un avantage spécifique accumulé sur de nombreuses années.

Autrement dit, ce n’est pas un manque que l’on peut combler à force de travail, mais une course qui exige que toutes les variables soient en sa faveur.


IV. Ce qui lui manque encore (et pourquoi c’est intéressant)

Outre Paris–Roubaix, la liste de ce qui manque encore à son palmarès comprend : le classement général du Tour d’Espagne (Vuelta) (également la dernière pièce du Grand Chelem des Grands Tours), la médaille d’or de la course en ligne olympique, et rejoindre les 19 Monuments d’Eddy Merckx.

Pour un coureur qui a déjà remporté 5 Tours de France, à égalité avec Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain au sommet de l’histoire, avoir une « liste de choses à faire » aussi concrète, c’est en soi ce qui rend cette époque si belle à regarder.


Conclusions pratiques pour les cyclistes taïwanais

Les pavés sont loin de Taïwan, mais les avaries mécaniques, elles, ne le sont pas. Dans les épreuves de longue distance (montée de Wuling par l’ouest, tour de l’île, toutes sortes d’activités de plus de 100 km), ce qui fait vraiment la différence sur la qualité de l’arrivée n’est souvent pas le physique, mais la rapidité à résoudre un problème mécanique.

Quelques conseils concrets :

  • Vérifiez avant la course les coupures et l’usure de la bande de roulement de vos pneus, c’est le signe avant-coureur le plus courant d’une crevaison.
  • Entraînez-vous à changer une chambre à air / réparer une crevaison sans avoir à réfléchir, chronométrez-vous pour voir combien de minutes il vous faut.
  • Ne changez pas de nouvel équipement avant une course importante, surtout des éléments comme les roues, les pneus ou l’angle de la selle, qui ne révèlent leurs problèmes qu’après de longues heures de pédalage.

Ce qui précède est un conseil d’ordre général, les différences individuelles et les spécifications du matériel variant, veuillez adapter en fonction de votre propre situation. Et Paris–Roubaix 2026 nous apprend une chose : même le numéro un mondial peut crever à 120 km de l’arrivée, et ne compter ensuite que sur son sang-froid pour régler les problèmes un par un.

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