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13 monuments : combien de temps sépare Pogacar des 19 d'Eddy Merckx ?

國際單車

Dans le monde du cyclisme, cinq courses d’un jour sont surnommées les « Monuments » : Milan-San Remo, le Tour des Flandres, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie. Ce sont les plus hauts sommets des courses d’un jour ; un coureur qui en gagne une seule dans sa vie peut l’inscrire en première ligne de son palmarès.

Et Tadej Pogačar en compte actuellement 13.

Ce chiffre est le deuxième plus élevé de l’histoire du cyclisme, derrière les 19 du légendaire Belge Eddy Merckx.

Les 13 Monuments de Pogačar en un coup d’œil

Monument Nombre Années de victoire
Milan-San Remo 1 2026
Tour des Flandres 3 2023, 2025, 2026
Paris-Roubaix 0
Liège-Bastogne-Liège 4 2021, 2024, 2025, 2026
Tour de Lombardie 5 2021, 2022, 2023, 2024, 2025
Total 13 2021–2026

Le tableau révèle directement trois choses :

  1. Une concentration temporelle extrême — les 13 victoires se sont toutes produites entre 2021 et 2026, soit en six ans.
  2. Le Lombardie est son terrain de jeu — cinq victoires consécutives, les collines italiennes de l’automne sont presque devenues son domaine privé.
  3. Paris-Roubaix est le seul vide — c’est la seule pièce qui lui manque pour réaliser le « Grand Chelem des cinq Monuments ».

Printemps 2026 : trois Monuments en trois mois

Si l’on veut choisir la période qui illustre le mieux la domination de Pogačar sur les courses d’un jour, la saison des classiques de printemps 2026 est le meilleur échantillon.

Milan-San Remo (21/03) : la première après des années d’attente

« La première classique du printemps » a toujours été un casse-tête pour Pogačar — le parcours est plat, le point de décision est concentré sur les deux dernières petites côtes, la Cipressa et le Poggio, ce qui est naturellement défavorable aux purs grimpeurs.

L’édition 2026 fut encore plus mouvementée. À 32,5 kilomètres de l’arrivée, avant la Cipressa, il est tombé (Mathieu van der Poel et Wout van Aert sont également tombés en même temps), et a été ramené dans le peloton grâce à ses coéquipiers Florian Vermeersch et Felix Großschartner. Ensuite, Brandon McNulty et Isaac Del Toro ont pris la relève en tête, et Pogačar a attaqué à 24,2 kilomètres de l’arrivée, à 2,5 kilomètres du sommet de la Cipressa, n’emmenant que van der Poel et Tom Pidcock. Il a lâché van der Poel dans le Poggio, Pidcock s’est accroché désespérément, et finalement, il a lancé son sprint à 200 mètres de la ligne sur la Via Roma, s’imposant avec une demi-roue d’avance.

Première San Remo de sa carrière, et son 11e Monument, égalant à ce moment-là le record de Roger De Vlaeminck.

Tour des Flandres (05/04) : troisième couronne

L’équipe a commencé à mettre la pression dès le Molenberg (à un peu plus de 100 kilomètres de l’arrivée). À 55 kilomètres de l’arrivée, lors de la deuxième ascension du Vieux Quaremont, Pogačar a attaqué ; seuls van der Poel et Remco Evenepoel ont pu suivre. Il a lâché Evenepoel dans le Paterberg ; lors de la dernière ascension du Vieux Quaremont, il a lâché van der Poel — au sommet, il n’avait que 6 secondes d’avance, avant de creuser l’écart progressivement pour s’imposer en solitaire.

C’est sa 3e victoire dans le Ronde, faisant de lui le 8e coureur de l’histoire à remporter cette course à trois reprises.

Liège-Bastogne-Liège : quatrième couronne

Une chute en début de course a scindé le peloton, formant à un moment un groupe de 52 coureurs à l’avant (dont Evenepoel), avec jusqu’à 3 minutes et demie d’avance, repris seulement à 95 kilomètres de l’arrivée. Pogačar a attaqué dans la célèbre Côte de La Redoute, seul le jeune coureur Paul Seixas a pu suivre ; ce n’est que dans la dernière ascension, la Côte de la Roche-aux-Faucons, qu’il a lâché Seixas, s’imposant finalement avec 45 secondes d’avance, Evenepoel terminant troisième à 1 minute 42 secondes.

13 contre 19 : Pogačar peut-il rattraper Merckx ?

Élément Pogačar Merckx
Total de Monuments 13 19
Écart 6
Grand Chelem des cinq Manque Paris-Roubaix Réalisé

L’écart est de 6. Ce chiffre semble important, mais il faut le remettre dans une perspective temporelle.

Pogačar est né en septembre 1998, il aura 27 ans en 2026. Pour un coureur professionnel moderne au sommet de sa forme, il lui reste théoriquement un nombre considérable d’années à haut niveau. S’il maintient le rythme de 2025 et 2026, soit « 3 Monuments par saison » — en 2025, il a remporté 3 Monuments en une seule saison, devenant seulement le 2e coureur de l’histoire à le faire — égaler les 19 n’est mathématiquement pas une utopie.

Mais la réalité comporte trois variables :

Un : la saison doit continuer à s’étendre du printemps à l’automne

S’il accumule si vite, c’est parce qu’il domine les trois blocs : classiques de printemps + Tour de France + Lombardie à l’automne. Ce type de programme est extrêmement éprouvant physiquement et mentalement ; si une année il décide de se concentrer sur les Grands Tours, le rythme d’accumulation des Monuments chutera immédiatement. Il est déjà prévu qu’il participe au Tour de Lombardie le 10 octobre 2026, visant une 6e victoire.

Deux : les adversaires ne restent pas immobiles

Van der Poel compte actuellement 8 Monuments, soit le deuxième total le plus élevé parmi les coureurs en activité, et les deux hommes sont loin devant les autres. Au printemps 2025, ils ont d’ailleurs remporté à eux deux les 4 Monuments. L’ancien vainqueur du Tour de France, Óscar Pereiro, a déclaré que leur rivalité était la meilleure depuis les années 1990. De plus, van Aert a remporté son premier Monument pavé à Paris-Roubaix en 2026, et Evenepoel ainsi que Seixas continuent de progresser.

Trois : l’obstacle des pavés n’est toujours pas franchi

Paris-Roubaix est la case qui n’apparaîtra jamais dans ses 13. Il a terminé deuxième deux années consécutives, en 2025 et 2026 — battu par van der Poel en 2025, et battu par van Aert dans le sprint final du vélodrome de Roubaix en 2026. Tant que cette case restera à zéro, le « Grand Chelem des cinq Monuments » lui échappera toujours d’un rien.

Conseils d’observation pour les cyclistes taïwanais

La logique de suivi des Monuments est complètement différente de celle des Grands Tours : les Grands Tours se jouent sur l’accumulation, les Monuments sur la décision en une seule journée. L’attaque de Pogačar à 24,2 kilomètres de l’arrivée à San Remo, son démarrage à 55 kilomètres de l’arrivée dans le Ronde, son coup de force décisif dans la Redoute à Liège — ces choix de « quand appuyer sur la gâchette » sont ce qui rend les Monuments vraiment passionnants.

Si vous roulez habituellement au Fengguizui ou au Beiyi, vous pouvez d’ailleurs ressentir ce sens du rythme : quand suivre, quand y aller seul, c’est souvent plus une question de jugement que de condition physique. La seule différence, c’est que pour Pogačar, le prix d’une erreur de jugement, c’est un Monument.

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