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L'entraînement à faible teneur en glucides (train low) démystifié : théorie, risques, et ce que les cyclistes amateurs devraient vraiment en faire

訓練科學

« Ce matin, j’ai roulé deux heures à jeun, sans rien manger. On dit que ça améliore l’efficacité de la combustion des graisses. »

Cette phrase revient très souvent dans les groupes de cyclistes taïwanais, sur les pistes cyclables au bord de la rivière et dans les publications sur les réseaux sociaux. Elle pointe vers une pratique d’entraînement débattue depuis des années dans le milieu de l’endurance, et qui reste sans consensus : l’entraînement à faible disponibilité en glucides (train low).

Ses partisans affirment qu’il amplifie les signaux d’adaptation cellulaire et permet au corps d’« apprendre à utiliser les graisses » ; ses détracteurs rétorquent qu’il sacrifie la qualité de l’entraînement, réduit la charge d’entraînement à long terme, et peut même conduire à un déficit énergétique et à des déséquilibres hormonaux. Plus gênant encore, ce terme est massivement mal interprété : certains pensent que train low signifie régime cétogène, d’autres que c’est simplement « manger un peu moins », d’autres encore l’utilisent comme méthode de perte de poids. Résultat : ce qu’ils mettent en place n’est ni une stratégie d’entraînement, ni une stratégie nutritionnelle, mais un déficit énergétique chronique.

Cet article poursuit trois objectifs : clarifier les termes, présenter les deux faces de la théorie et de la controverse, détailler les risques en profondeur, et enfin proposer une alternative réellement pragmatique pour les cyclistes amateurs taïwanais.

Commençons par la position de conclusion : train low est un outil qui repose sur des bases théoriques, mais dont l’efficacité pratique reste controversée, et dont les risques sont fortement liés au profil de l’athlète. Ce n’est pas un tabou, mais ce n’est certainement pas quelque chose que « tout le monde devrait faire ». Pour la grande majorité des cyclistes amateurs qui s’entraînent cinq à huit heures par semaine, il arrive très loin dans la liste des priorités — bien après quatre choses plus efficaces qui ne sont pas encore réglées : le sommeil, le volume d’entraînement total, la récupération nutritionnelle post-séance et la qualité de l’alimentation quotidienne.


1. D’abord, séparons trois termes souvent confondus

Si vous ne comprenez pas cette section, tout le reste sera mal interprété. Train low, régime cétogène et faible disponibilité énergétique sont trois choses différentes, mais dans les discussions en chinois, ils sont presque quotidiennement mélangés.

1-1 Qu’est-ce que train low / compete high

« Train low, compete high » se traduit littéralement par « s’entraîner avec peu de glucides, compétitionner avec beaucoup de glucides ». Sa logique centrale est la suivante :

  • À l’entraînement : certaines séances sont volontairement réalisées avec un glycogène musculaire (glucides stockés dans les muscles) faible, dans le but d’amplifier certains signaux d’adaptation au niveau cellulaire.
  • En compétition : les glucides sont pleinement reconstitués, permettant une puissance maximale avec une forte disponibilité en glucides.

Notez deux mots-clés : certaines séances et volontairement. Il ne s’agit jamais de « ne pas manger de glucides pendant toute la période d’entraînement ». Dans le concept original, train low est un outil de périodisation, quelques séances insérées dans un plan d’entraînement global, et non un mode de vie.

La plus grande erreur dans la réalité consiste à transformer « quelques séances à faible teneur en glucides » en « toute la semaine à faible teneur en glucides », et « un choix délibéré » en « je n’ai pas envie de manger, autant en profiter pour m’entraîner ». Dès que ces deux glissements se produisent, train low passe d’une stratégie d’entraînement à un déficit énergétique.

1-2 Le régime cétogène n’est pas train low

Le régime cétogène (ketogenic diet) désigne un mode alimentaire global qui consiste à réduire durablement l’apport en glucides à un niveau très bas et à augmenter fortement la part des lipides, poussant le corps à produire des corps cétoniques en grande quantité et à les utiliser comme carburant principal.

Ses différences avec train low sont très importantes :

  • Échelle de temps différente : train low concerne « quelques séances, quelques heures » ; le régime cétogène est « une structure alimentaire sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois ou plus ».
  • Objectif différent : train low vise l’amplification des signaux, avec un retour aux glucides en compétition ; le régime cétogène vise la conversion du métabolisme, généralement sans compter sur les glucides même en compétition.
  • Impact différent sur l’intensité élevée : c’est le point le plus crucial. Un apport très faible en glucides sur le long terme affecte la capacité du corps à produire rapidement de l’énergie, or les moments qui font la différence dans une course cycliste sur route — attaques, suivi de roue, sprints en côte, sprint final — dépendent fortement de cette voie.

En d’autres termes, vous pouvez faire du train low sans être en cétose (c’est le cas de la grande majorité des gens) ; et certaines personnes peuvent être en cétose sans avoir la moindre notion de périodisation train low. Mettre un signe égal entre les deux est l’erreur la plus courante dans les discussions en ligne.

1-3 La faible disponibilité énergétique (LEA) est un risque, pas une méthode

La faible disponibilité énergétique (Low Energy Availability, LEA) désigne : après déduction de la dépense liée à l’exercice, l’énergie restante pour soutenir les fonctions physiologiques de base est trop faible.

Elle n’est pas directement liée à la proportion de glucides — vous pouvez avoir un apport en glucides suffisant mais un déficit calorique total sévère ; ou un apport calorique total qui semble correct, mais un déficit réel dû à un volume d’entraînement trop important.

L’intention originale de train low est d’« ajuster la répartition temporelle des glucides », pas de « réduire l’énergie totale ». Mais en pratique, la pente est très glissante : on commence à s’entraîner à jeun le matin, on repousse le petit-déjeuner, on n’a pas très faim après la séance, on ne mange qu’à midi, et l’apport total chute naturellement. Après plusieurs semaines, on fait officiellement du train low, mais en réalité on est en LEA.

Cette pente glissante est le fil conducteur du chapitre « Risques pratiques » plus loin, et c’est ce que je pense que les cyclistes amateurs doivent le plus surveiller. Le risque ne vient souvent pas de la méthode elle-même, mais de sa dérive dans la vie réelle.

Terme Nature Échelle de temps Objectif principal Effet attendu sur la performance en compétition
train low Répartition temporelle des glucides en période d’entraînement Séance unique / journée Amplifier les signaux d’adaptation à l’entraînement Glucides élevés en compétition, amélioration attendue
Régime cétogène Structure alimentaire globale Plusieurs semaines à plusieurs mois Conversion du métabolisme La puissance à haute intensité est souvent affectée
Faible disponibilité énergétique État de déficit d’apport énergétique Continue, cumulative (Ce n’est pas une méthode, c’est un problème) Nettement néfaste

2. Les différentes formes de train low

« L’entraînement à faible teneur en glucides » n’est pas une action unique, mais toute une famille de pratiques. Leur intensité, leurs risques et leur utilité varient considérablement et doivent être traités séparément.

2-1 L’entraînement à jeun le matin (fasted training)

Comment faire : se lever le matin sans prendre de petit-déjeuner, sortir directement faire du vélo ou courir, généralement avec seulement de l’eau ou un café noir.

Objectif : après une nuit, le glycogène (en particulier celui stocké dans le foie) est partiellement diminué ; l’exercice dans cet état est censé augmenter la part d’énergie provenant des graisses et produire des signaux métaboliques plus forts au niveau cellulaire.

Réalité : c’est la forme la plus accessible, celle que le plus de gens pratiquent, et donc celle qui dérive le plus. Beaucoup ne font pas de l’« aérobie à jeun à faible intensité », mais du « roulage en groupe à jeun » ou « grimper Fengguizui à jeun en essayant de battre son record » — ce n’est plus du train low, c’est se moquer de soi.

Conditions d’application : faible intensité, durée courte, indépendant de la séance principale du jour.

2-2 Sleep low

Comment faire : la veille au soir, une séance qui épuise le glycogène (généralement un parcours d’une certaine intensité ou durée), puis volontairement pas de glucides après la séance (mais généralement des protéines), un dîner pauvre en glucides, dormir, et le lendemain matin, une séance à faible intensité dans un état de glycogène faible, avant de reprendre un apport en glucides.

Objectif : prolonger la « fenêtre de glycogène faible » pour maintenir le corps dans un état de faible teneur en glucides plus longtemps, théoriquement avec des signaux plus forts.

Réalité : c’est la forme qui a le coût physiologique et psychologique le plus élevé. Un dîner pauvre en glucides affecte souvent la qualité du sommeil, la qualité de la séance du lendemain est généralement nettement réduite, et elle conduit très facilement à un apport énergétique total insuffisant sur la journée. Une chose est de voir cette pratique dans le cadre d’un plan nutritionnel supervisé par une équipe professionnelle ; une autre est de la voir chez un cycliste amateur qui travaille, s’occupe des enfants et ne dort déjà pas assez.

Conditions d’application : franchement, pour la grande majorité des amateurs, je ne le recommande pas.

2-3 Deux séances par jour, sans glucides entre les deux (twice-a-day low)

Comment faire : une séance le matin pour épuiser le glycogène, un intervalle de plusieurs heures avec seulement de l’eau et des protéines, pas de glucides, puis une deuxième séance l’après-midi.

Objectif : la deuxième séance se déroule dans un état où le glycogène n’a pas été reconstitué, obtenant ainsi un effet d’entraînement à faible teneur en glucides.

Réalité : cette pratique suppose que « vous vous entraînez déjà deux fois par jour ». Une personne qui s’entraîne cinq à huit heures par semaine n’a pas de double séance quotidienne, donc cette option ne s’applique pas à la plupart des amateurs. Se forcer à diviser l’entraînement en deux séances uniquement pour faire du train low, c’est mettre la charrue avant les bœufs.

2-4 Pendant la séance : seulement de l’eau, pas de ravitaillement (train low during)

Comment faire : pendant une sortie longue, ne consommer aucun glucide, seulement de l’eau ou des électrolytes sans sucre.

Objectif : laisser le glycogène diminuer progressivement pendant l’effort et entraîner la tolérance « au-delà du système digestif ».

Réalité : c’est la forme au risque le plus élevé pour la sécurité à vélo. Sans glucides pendant une longue période, en montagne, sous une forte chaleur, sur des routes nécessitant une concentration fine, peuvent apparaître une baisse d’attention, un ralentissement du jugement, une faiblesse marquée, voire des vertiges. Le vélo est différent de la course à pied — quand on ne peut plus courir, on peut marcher ; sur un vélo de route, perdre son jugement dans une descente ou au milieu d’un peloton a des conséquences d’un tout autre niveau.

Si vous voulez le faire, je pense qu’il faut le limiter strictement : courte durée, terrain plat, parcours connu, accompagné, et hors des périodes de forte chaleur.

2-5 Limiter les glucides après la séance (recovery low)

Comment faire : après l’entraînement, retarder ou réduire volontairement l’apport en glucides, ne prendre que des protéines dans un premier temps, pour prolonger l’état de faible glycogène de plusieurs heures.

Objectif : prolonger la « période d’activité des signaux » après l’entraînement.

Réalité : le risque de cette forme est plus insidieux — elle ne provoque pas d’inconfort immédiat, mais ralentit silencieusement la récupération et dégrade la qualité de la séance du lendemain. Si une séance importante est prévue le lendemain, cette pratique vous coûtera presque certainement cher. C’est aussi la forme qui évolue le plus facilement vers un déficit énergétique chronique, car le repas post-entraînement est souvent le plus copieux de la journée ; le supprimer rend très difficile de compenser le total.

Pratique Mode opératoire Objectif principal Risque principal À qui cela pourrait convenir
Entraînement à jeun le matin Se lever et faire du vélo / courir à faible intensité sans manger Augmenter la part d’énergie lipidique, signaux métaboliques Perte de contrôle de l’intensité, hypoglycémie, glissement vers un déficit total Ceux qui ont déjà un volume suffisant et ne font que des séances courtes à faible intensité
Sleep low Épuiser le glycogène le soir + pas de glucides + séance le lendemain matin Prolonger la fenêtre de faible glycogène Sommeil dégradé, qualité du lendemain effondrée, déficit énergétique Athlètes à haut volume avec un soutien nutritionnel professionnel
Pas de glucides entre deux séances Deux séances matin et après-midi, sans glucides entre les deux Deuxième séance en état de faible glycogène Récupération insuffisante, fatigue accumulée Ceux qui font déjà deux séances par jour
Seulement de l’eau pendant la séance Pas de glucides pendant une sortie longue Diminution progressive du glycogène pendant l’effort Risque de sécurité à vélo le plus élevé, vertiges, chute Courte durée, terrain plat, accompagné
Limiter les glucides après la séance Retarder / réduire l’apport en glucides après l’effort Prolonger la période d’activité des signaux Récupération ralentie, qualité du lendemain dégradée, déficit chronique Pas de séance importante le lendemain et capacité à compenser le total

3. Fondements théoriques : pourquoi certains croient que c’est utile

Pour parler équitablement de la controverse, il faut d’abord exposer clairement la logique des partisans. Ce qui suit sont des concepts reconnus en physiologie de l’endurance, et non des conclusions de recherche inventées par cet article ; quant à savoir dans quelle mesure ces mécanismes se traduisent finalement en différences de performance dans l’entraînement réel, le débat reste ouvert et les variations individuelles sont importantes.

3-1 Le glycogène n’est pas seulement un carburant, c’est aussi un signal

Traditionnellement, on considère le glycogène musculaire comme un « réservoir » — combien on stocke, à quelle vitesse on l’utilise, quand on arrive à sec. Mais une compréhension plus complète est la suivante : le niveau de stockage du glycogène lui-même influence l’activité d’une cascade de signaux intracellulaires.

Lorsque le muscle se contracte avec un glycogène faible, la cellule ressent une pression énergétique plus forte, et l’activité de certaines voies de signalisation liées à la détection de l’énergie et à la régulation métabolique augmente. Ces signaux sont considérés comme liés à « l’adaptation à l’entraînement » — c’est-à-dire le processus par lequel le corps juge « je dois devenir plus capable de faire face à ce stress ».

Le pari central de train low est ici : pour une même séance, réalisée dans un état de glycogène faible, les signaux d’adaptation pourraient être plus forts.

3-2 Adaptations liées aux mitochondries et à l’oxydation des graisses

L’une des adaptations centrales de l’entraînement d’endurance est l’amélioration de la quantité et de la fonction des mitochondries (les structures cellulaires qui produisent l’énergie), ainsi que l’amélioration de la capacité d’oxydation des graisses — c’est-à-dire qu’à intensité égale, le corps peut utiliser une plus grande proportion de graisses pour produire de l’énergie, économisant ainsi le précieux glycogène.

Les partisans de train low soutiennent que l’état de faible teneur en glucides force le corps à dépendre davantage des graisses, et qu’avec l’amplification des signaux mentionnés ci-dessus, cela pourrait accélérer l’accumulation de ce type d’adaptations.

Cela a du sens en termes de direction. La controverse ne porte pas sur « l’état de faible teneur en glucides modifie-t-il les signaux », mais sur les deux questions suivantes.

3-3 Mais il y a un long chemin entre le « signal » et la « performance »

C’est le point de rupture logique le plus crucial de toute l’affaire :

  1. Un signal plus fort ≠ plus d’adaptations. Le signal cellulaire est un indicateur instantané et mesurable, mais l’adaptation à l’entraînement est un résultat cumulatif à long terme, séparé par trop de variables : récupération, synthèse protéique, sommeil, charge cumulée, etc.
  2. Plus d’adaptations ≠ plus rapide en course. Même si la capacité d’oxydation des graisses s’améliore réellement, les moments décisifs d’une course cycliste sur route ne sont souvent pas « tenir jusqu’au bout », mais « suivre pendant les trois minutes clés ». Or ces trois minutes dépendent fortement des glucides.

En d’autres termes, train low tient debout au niveau des mécanismes, mais les preuves au niveau de la performance n’ont jamais été cohérentes. Ce n’est pas moi qui freine, c’est que ce domaine n’a tout simplement jamais fait consensus. Quiconque vous dit que « c’est prouvé efficace » ou « c’est prouvé inefficace » est bien plus affirmatif que ce que la réalité permet.


4. Points de controverse : pourquoi de nombreux entraîneurs ne le recommandent pas

4-1 La qualité de l’intensité élevée diminue inévitablement

C’est le point le plus direct et le moins contesté. Dans un état de glycogène faible, la puissance à haute intensité diminue. Vous ne produisez pas vos watts habituels, les intervalles ne sont pas terminés, et la fréquence cardiaque est fortement déconnectée de la perception de l’effort.

Alors la question se pose : si votre séance du jour était censée travailler l’intensité élevée, et que vous ne pouvez produire qu’une version dégradée à cause du faible glycogène, qu’avez-vous réellement entraîné ? Vous avez payé le prix de la fatigue sans obtenir le stimulus correspondant.

C’est pourquoi toutes les recommandations responsables sur train low insistent : à n’utiliser que sur des séances à faible intensité. Or, les séances à faible intensité n’ont pas besoin de « l’assaisonnement » du faible glycogène — leur valeur réside dans l’accumulation du volume.

4-2 La charge d’entraînement à long terme peut en fait diminuer

C’est un problème plus insidieux et plus décisif.

Supposons que train low améliore réellement un peu l’efficacité d’adaptation de « chaque heure d’entraînement ». Mais s’il vous fait en même temps :

  • Rouler trente minutes de moins sur cette séance (parce que vous n’avez pas de force)
  • Dégrader la séance du lendemain (parce que vous n’avez pas bien récupéré)
  • Sauter une séance dans la semaine (parce que vous êtes trop fatigué ou malade)

Alors le stimulus total diminue. La variable centrale de l’endurance reste, en fin de compte, « la quantité de travail de qualité que vous accumulez sur le long terme ». Échanger un petit gain d’efficacité contre une grosse perte de volume, c’est mathématiquement très désavantageux.

4-3 Le coût pour l’immunité et la récupération

Lorsque la disponibilité en glucides est faible et que le stress de l’entraînement persiste, la réponse au stress du corps est plus marquée, la récupération peut être ralentie et la résistance aux infections respiratoires hautes peut être affectée. C’est encore plus visible chez les personnes qui s’entraînent beaucoup, dorment peu et subissent un stress professionnel important — ce qui est presque le portrait type du cycliste amateur taïwanais.

Un rhume qui vous fait arrêter une semaine annule bien plus de bénéfices d’entraînement que train low ne peut en apporter.

4-4 Le conflit avec la spécificité

Il y a un principe très fondamental en science de l’entraînement : on s’entraîne comme on compétitionne (du moins pour les séances clés).

Si votre objectif est une course de longue montée comme Wuling, vous allez forcément manger en roulant, vous hydrater et prendre des glucides. Votre entraînement devrait donc inclure « maintenir l’allure avec un ravitaillement » et « l’entraînement du système digestif à traiter les aliments pendant l’effort ». Un train low prolongé vous fait au contraire négliger cet aspect, et peut même rendre votre système digestif moins tolérant au ravitaillement en course.

C’est un coût que beaucoup ignorent : ce que vous ne vous entraînez pas à faire est aussi un coût.

4-5 Le coût psychologique et comportemental

Restreindre volontairement les glucides, retarder volontairement les repas, s’entraîner volontairement affamé — si ces schémas comportementaux deviennent des habitudes, ils peuvent évoluer chez certaines personnes vers un contrôle excessif de la nourriture. Ce n’est pas rare dans le milieu de l’endurance, et c’est souvent détecté très tard. J’y reviendrai en détail dans le chapitre sur les risques.


5. Qui peut en bénéficier, qui y perd généralement

5-1 Ceux qui peuvent en bénéficier

  • Les personnes avec un volume d’entraînement déjà très élevé : quinze, vingt heures ou plus par semaine, le stimulus total est déjà saturé, il y a donc de la place pour parler d’« efficacité marginale ».
  • Les personnes avec un encadrement professionnel : un entraîneur pour la périodisation, un nutritionniste pour l’énergie totale, des données objectives (puissance, poids, indicateurs de récupération, examens médicaux si nécessaire) pour le suivi.
  • Les personnes dont le type d’épreuve est très long et l’intensité globalement faible : par exemple les épreuves d’ultra-endurance, où la part d’énergie lipidique a plus de sens.
  • À des moments précis du cycle d’entraînement : par exemple certaines sorties longues à faible intensité en période de base, et non toute l’année.

5-2 Ceux qui y perdent généralement

  • Les cyclistes amateurs qui s’entraînent cinq à huit heures par semaine : c’est le groupe le plus nombreux à Taïwan. Votre facteur limitant n’est presque certainement pas la capacité d’oxydation des graisses, mais le volume total, le sommeil, la récupération et la qualité de l’alimentation quotidienne.
  • Ceux qui veulent aussi perdre du poids : train low plus déficit calorique est le chemin le plus rapide vers une faible disponibilité énergétique.
  • Ceux qui manquent chroniquement de sommeil : la capacité de récupération est déjà comprimée, ajouter le stress du faible glycogène augmente fortement le risque.
  • Ceux qui ont des antécédents ou une tendance aux troubles alimentaires : déconseillé, toute forme de restriction volontaire peut devenir un déclencheur.
  • Les adolescents et jeunes coureurs en période de croissance : en phase de développement, les besoins énergétiques et nutritionnels sont élevés, non applicable.
  • Les personnes âgées : le maintien de la masse musculaire est déjà plus difficile, un déficit énergétique accélère la perte.
  • Les athlètes féminines : le système endocrinien est plus sensible à la disponibilité énergétique, détaillé dans le chapitre sur les risques.
  • Les personnes diabétiques ou utilisant de l’insuline / des médicaments hypoglycémiants : nécessite absolument une supervision médicale professionnelle, ne pas faire seul.
  • Pendant la grossesse et l’allaitement : non applicable.

5-3 Un auto-examen cruel mais utile

Demandez-vous : « Si je passais de six à neuf heures d’entraînement par semaine et que je dormais quarante minutes de plus chaque jour, est-ce que je deviendrais plus fort ? »

Si la réponse est « bien sûr », alors vous n’avez pas besoin de discuter de train low maintenant. Votre courbe de bénéfices a encore de nombreux fruits à portée de main non cueillis. Allez d’abord les cueillir.


6. Risques pratiques (le chapitre que vous devez absolument lire)

Ce chapitre est plus long, car c’est la partie la plus souvent ignorée dans les discussions en ligne, et celle où les problèmes surviennent le plus.

6-1 La faible disponibilité énergétique et le RED-S

Le RED-S (Relative Energy Deficiency in Sport) est un concept très large qui désigne le fait que lorsque la disponibilité énergétique est chroniquement basse, le corps retire des ressources des systèmes « non essentiels », affectant de multiples systèmes physiologiques. Ce n’est pas une maladie unique, mais tout un ensemble de conséquences.

Les impacts fréquemment cités incluent :

  • La régulation endocrinienne et hormonale
  • La santé osseuse
  • La fonction immunitaire
  • La synthèse protéique et le maintien musculaire
  • Les systèmes cardiovasculaire et métabolique
  • La santé mentale
  • La croissance et le développement (particulièrement important pour les jeunes)
  • L’adaptation à l’entraînement et la performance elle-même

Le point essentiel : le RED-S ne nécessite pas d’« avoir l’air très maigre » pour survenir. Des personnes de poids normal et de taux de graisse corporelle normal peuvent très bien être en état de faible disponibilité énergétique. C’est ce qui le rend le plus dangereux — aucun signe extérieur évident.

Si train low est fortement associé au RED-S, ce n’est pas parce que la méthode elle-même le provoque nécessairement, mais parce que lorsque la pratique dérive, les deux comportements sont presque identiques : réduire l’apport énergétique dans un contexte de demande d’entraînement élevée.

6-2 La densité osseuse

La santé osseuse est un aspect que les athlètes d’endurance (en particulier dans un sport non porté comme le cyclisme) doivent déjà surveiller. Un déficit énergétique chronique et les changements endocriniens associés sont considérés comme ayant un impact négatif sur l’accumulation et le maintien de la masse osseuse.

Pour les cyclistes, cela a une double signification : d’une part, le vélo lui-même fournit moins de stimulation mécanique aux os que la course ou les sauts ; d’autre part, en cas de chute, l’état osseux influence directement la gravité des blessures. Échanger un bénéfice d’endurance incertain contre un risque potentiel pour la santé osseuse, le rapport risque/bénéfice est difficile à justifier.

Si vous voulez prendre soin de votre santé osseuse, ce qui est plus important que train low : un apport énergétique total suffisant, des protéines suffisantes, une attention au calcium et à la vitamine D (avec un avis médical si nécessaire), et l’intégration d’activités en charge ou à impact dans le plan d’entraînement.

6-3 Les troubles endocriniens et menstruels

C’est le point le plus important pour les athlètes féminines. Lorsque la disponibilité énergétique est insuffisante, le corps peut réduire la fonction endocrinienne liée à la reproduction, entraînant des modifications du cycle menstruel, des cycles rares ou une aménorrhée.

Il faut être très clair : l’aménorrhée chez une athlète n’est pas une « médaille de sérieux à l’entraînement », c’est un signal d’alarme nécessitant une évaluation médicale. Elle est également liée à la santé osseuse et à l’état physiologique à long terme. Toute cycliste qui constate des anomalies du cycle menstruel après un changement alimentaire ou une augmentation de l’entraînement doit cesser toute forme de restriction en glucides / énergie et consulter un gynécologue ou un médecin du sport.

Les hommes ne sont pas non plus immunisés — un déficit énergétique chronique peut également affecter l’état hormonal, la libido, la fatigue et l’humeur, mais sans indicateur aussi clairement observable que le cycle menstruel, il est donc plus facilement ignoré.

6-4 Immunité et infections

Déjà mentionné plus haut, ici plus concrètement. En pratique, les signaux que vous pourriez observer incluent :

  • Être nettement plus sujet aux rhumes qu’avant
  • Les petits rhumes qui traînent longtemps
  • Une cicatrisation plus lente
  • Des maux de gorge récurrents

Si vous constatez ces changements après avoir commencé train low, c’est un signal d’arrêt, pas « encore un effort et ça va passer ».

6-5 La tendance aux troubles alimentaires

Je vais être très direct sur ce point.

Dans la culture de l’endurance, il existe déjà un récit « plus léger = plus rapide ». Ce récit, combiné à une méthode d’entraînement qui consiste à « volontairement ne pas manger », peut former une combinaison dangereuse pour certaines personnes.

Les signaux d’alarme d’un trouble alimentaire à surveiller :

  • Une forte culpabilité vis-à-vis de la nourriture, surtout après avoir mangé des glucides
  • Classer strictement les aliments en « propres / sales », « bons / mauvais »
  • Éviter les repas de groupe, les réunions de famille et les sorties entre amis par peur de perdre le contrôle
  • Avoir besoin de « s’entraîner aujourd’hui » pour décider si « on peut manger aujourd’hui »
  • Se peser fréquemment, le chiffre influençant clairement l’humeur de la journée
  • Des comportements compensatoires après des crises de boulimie (entraînement supplémentaire, vomissements, laxatifs)
  • Penser constamment à la nourriture, incapable de se concentrer sur autre chose
  • Avoir très faim mais considérer « tenir » comme une réussite

Si vous ou un cycliste de votre entourage présentez plusieurs de ces signes, arrêtez toute forme de restriction alimentaire et consultez un professionnel de santé mentale, un psychologue clinicien ou un spécialiste en nutrition médicale. Les troubles alimentaires sont des problèmes de santé nécessitant une prise en charge professionnelle, ils ne se règlent pas par la volonté ou en « changeant d’état d’esprit ».

6-6 La perte musculaire

Lorsque les glucides manquent, le corps peut, dans certaines situations, augmenter la part des protéines utilisées comme source d’énergie. Pour un cycliste qui cherche à maintenir son rapport puissance/poids, c’est la direction la moins souhaitable — vous voulez perdre de la graisse, pas du muscle.

C’est aussi pourquoi, dans toutes les discussions sur train low, « les protéines doivent être maintenues, voire augmentées » est presque le seul consensus sans controverse. Pendant les périodes à faible teneur en glucides, les protéines ne doivent pas baisser.

6-7 L’hypoglycémie pendant l’entraînement et la sécurité à vélo

C’est, à mon avis, le risque le plus concret et le plus immédiat pour les cyclistes taïwanais.

Les manifestations de l’hypoglycémie à vélo peuvent inclure : vertiges, vision floue, tremblements, sueurs froides, palpitations, faim anormale, incapacité à se concentrer, ralentissement des réflexes, irritabilité, sensation soudaine de faiblesse (ce qu’on appelle « le mur » ou « la panne »).

Sur un home-trainer, au pire, vous vous arrêtez et vous mangez. Mais si cela se produit :

  • Dans un virage en descente à grande vitesse
  • Au milieu d’un peloton
  • Sur une route nationale partagée avec voitures et motos
  • Sur un tronçon de montagne sans accotement

Les conséquences sont totalement différentes. Une demi-seconde de jugement altéré peut signifier une chute ou un accident bien plus grave.

Ma position est claire : toute pratique d’entraînement qui consiste à « se placer volontairement au bord de l’hypoglycémie » ne doit pas être réalisée dans un environnement avec du trafic, de la vitesse et des exigences techniques. Si vous voulez vraiment le faire, le home-trainer est l’endroit le plus sûr.

6-8 Groupes spécifiques

  • Les adolescents : en pleine période de croissance et d’accumulation osseuse, toute forme de restriction énergétique doit être évitée. Ce que les jeunes coureurs doivent faire : « manger assez, dormir assez, s’amuser et accumuler le volume progressivement ».
  • Les personnes âgées : le risque de perte musculaire (sarcopénie) est déjà plus élevé, les besoins en protéines et en énergie totale doivent être d’autant plus garantis.
  • Les personnes diabétiques, utilisant de l’insuline ou des médicaments hypoglycémiants : l’exercice à jeun et la restriction en glucides peuvent provoquer une hypoglycémie sévère. Ce n’est pas une question de gestion des risques, c’est une question de sécurité médicale, nécessitant absolument une évaluation et un suivi préalables par un médecin et une équipe d’éducation thérapeutique. Ne pas tenter seul.
  • Pendant la grossesse et l’allaitement : les besoins énergétiques et nutritionnels sont accrus, aucune forme de restriction en glucides ou en énergie ne s’applique.
  • Les personnes atteintes de maladies cardiovasculaires, rénales, ayant des antécédents de troubles alimentaires, ou prenant certains médicaments : doivent d’abord être évaluées par un professionnel de santé.

6-9 Liste des signaux d’alarme médicaux

Si l’un des cas suivants se présente, arrêtez l’entraînement et consultez un médecin :

  • Oppression thoracique, douleur thoracique, essoufflement anormal pendant ou après l’effort
  • Syncope, confusion, sensation de malaise imminent
  • Palpitations ou rythme cardiaque nettement irrégulier
  • Vertiges récurrents, anomalies visuelles
  • Perte de poids rapide et inattendue
  • Chez les femmes : modification du cycle menstruel, cycles rares ou aménorrhée
  • Fatigue persistante, non améliorée par le repos
  • Infections récurrentes ou plaies qui cicatrisent mal
  • Humeur nettement dépressive, anxiété, troubles sévères du sommeil
  • Douleur osseuse localisée évoquant une fracture de stress (non soulagée par le repos, point douloureux précis à la palpation)
  • Symptômes d’hypoglycémie chez une personne diabétique connue

Cet article est une synthèse d’informations générales en science du sport et en santé. Il ne remplace pas l’évaluation, le diagnostic et les conseils individuels d’un médecin, d’un nutritionniste ou d’un autre professionnel de santé. En cas de maladie chronique, de traitement médicamenteux, de grossesse ou d’allaitement, ou d’antécédents de troubles alimentaires, consultez d’abord un professionnel de santé.


7. Si vous voulez vraiment le faire : prérequis de sécurité et principes d’exécution

Supposons que vous ayez lu tout ce qui précède, que vous ayez évalué et que vous vouliez quand même essayer — vous n’êtes pas adolescent, vous n’avez pas de maladie associée, votre volume d’entraînement est suffisant et vous avez des habitudes de base d’auto-surveillance. Voici ce que je considère comme le seuil de sécurité minimal.

7-1 Cinq prérequis non négociables

  1. Ne pas réduire l’énergie totale. C’est la règle la plus importante. Train low ajuste « quand manger des glucides », pas « combien de calories totales ». Les glucides non consommés pendant les périodes à faible teneur doivent être compensés à d’autres moments. Si vous êtes en même temps en déficit calorique pour perdre du poids, ne touchez pas à train low.
  2. Maintenir ou augmenter les protéines. Surtout pendant les périodes à faible teneur en glucides, les protéines ne doivent pas être réduites.
  3. Ne l’utiliser que sur des séances à faible intensité et de courte durée. Les jours d’intensité élevée, les séances clés et les jours d’intervalles : ravitaillement en glucides normal.
  4. Éviter la période de compétition et la préparation de course. Avant une course, vous devez maîtriser votre protocole de ravitaillement et remplir vos réserves de glycogène, pas expérimenter de nouvelles méthodes.
  5. Ne pas le faire par temps chaud et humide, ni seul sur des routes de montagne isolées. Ce point est particulièrement important en été à Taïwan, détaillé au chapitre suivant.

7-2 Principe de fréquence conservateur

Il n’existe pas de « nombre correct » applicable à tout le monde, mais une approche conservatrice serait :

  • Commencer par la fréquence la plus basse : une fois par semaine au maximum, et sur la séance la plus courte et la plus douce.
  • Commencer par la version la plus douce : par exemple « une sortie à jeun à faible intensité de moins d’une heure », plutôt que de commencer directement par du sleep low.
  • Observer au moins trois à quatre semaines avant de décider d’ajuster. L’adaptation à l’entraînement est lente ; se précipiter pour augmenter ne fera que provoquer des problèmes plus tôt.
  • Si un indicateur de suivi se dégrade, revenez en arrière.

7-3 Que surveiller

Il est recommandé de suivre au moins les éléments suivants, et de les noter par écrit (la mémoire ment).

Élément de suivi Comment l’évaluer Ce que signifie une dégradation
Fatigue subjective et humeur Auto-évaluation de 1 à 10 chaque matin Plusieurs jours consécutifs bas
Qualité et durée du sommeil Difficultés d’endormissement, réveils nocturnes Nette dégradation
Qualité de l’entraînement Taux de complétion de la même séance, puissance / allure Incapacité persistante à réaliser
Tendance du poids Regarder la moyenne hebdomadaire, pas le jour même Perte continue et inattendue
Appétit Anormalement faible ou anormalement élevé Les deux directions sont des signaux d’alarme
Fréquence des rhumes / maux de gorge Nombre par mois En augmentation
Cycle menstruel (femmes) Régularité Tout changement doit entraîner l’arrêt
Émotions vis-à-vis de la nourriture Culpabilité, sentiment de contrôle Si présent, arrêter

7-4 Conditions d’arrêt claires

Dès que l’un des éléments suivants apparaît, arrêtez immédiatement train low et reprenez un apport normal en glucides :

  • Deux séances consécutives nettement non réalisées
  • Vertiges, tremblements, sueurs froides, vision floue pendant l’entraînement
  • Qualité du sommeil dégradée pendant une semaine consécutive
  • Perte de poids continue et inattendue
  • Apparition de l’un des signaux d’alarme de trouble alimentaire mentionnés
  • Modification du cycle menstruel chez les femmes
  • Rhume ou infections récurrentes
  • Perte de motivation, humeur dépressive

S’arrêter n’est pas un échec, c’est une partie normale du processus. Une méthode d’entraînement sans condition d’arrêt n’est pas une méthode, c’est un pari.


8. Le contexte taïwanais : pourquoi le risque est encore plus élevé ici

8-1 La chaleur et l’humidité estivales

L’humidité de l’été taïwanais rend la température ressentie bien supérieure au chiffre affiché, l’efficacité de la transpiration et du refroidissement diminue, et la fréquence cardiaque est nettement plus élevée à intensité égale. Ajouter une faible teneur en glucides dans cet environnement, c’est défier simultanément les systèmes de thermorégulation et d’approvisionnement énergétique.

Les premiers symptômes de la fatigue thermique et de l’hypoglycémie se ressemblent d’ailleurs — vertiges, faiblesse, baisse d’attention, sueurs froides. Lorsque les deux surviennent en même temps, il est très difficile de les distinguer à temps, et donc de prendre la bonne décision.

Recommandation concrète : en été (environ de mai à septembre), ne faites pas d’entraînement en extérieur à jeun ou à faible teneur en glucides. Si vous insistez, passez aux heures les plus fraîches du petit matin, raccourcissez la durée, choisissez des parcours ombragés, ou déplacez-vous sur un home-trainer.

8-2 Les points de ravitaillement rares en montagne

Les parcours d’entraînement classiques à Taïwan — la route provinciale Beiyi, Fengguizui, Datunshan, Balaka, le circuit Yangjin P — ont une caractéristique commune : une fois en montagne, les points de ravitaillement deviennent très rares.

En bas, vous pensez « aujourd’hui je me sens bien, pas besoin d’emporter quoi que ce soit ». À mi-montée, quand vous réalisez que quelque chose ne va pas, le magasin de proximité le plus proche peut être à plusieurs kilomètres, et il faudra redescendre puis remonter. C’est à ce moment-là que vous prenez une très mauvaise décision : tenir coûte que coûte.

Recommandation concrète : sur les parcours de montagne, emportez toujours suffisamment de ravitaillement et ne faites aucune forme de train low. La valeur de l’entraînement en montagne réside dans la montée elle-même, pas besoin d’ajouter de la difficulté. Même si vous prévoyez de rouler avec peu de glucides, ayez toujours une réserve d’urgence dans la poche — c’est une assurance, pas de la triche.

8-3 La sécurité routière

La plupart des parcours d’entraînement à Taïwan partagent la route avec voitures et motos, les virages en montagne ont une mauvaise visibilité et les descentes sont rapides. Dans cet environnement, toute pratique qui réduit la vitesse de réaction et le jugement se transforme directement en risque d’accident.

Je veux être très clair sur ma position : cet article n’encourage personne à prendre des risques sur la voie publique. Que ce soit pour tester train low, poursuivre un KOM ou prouver que l’on peut tenir, la voie publique n’est pas un terrain d’expérimentation. Le home-trainer, les circuits fermés et les parcours plats accompagnés sont les endroits pour essayer de nouvelles méthodes.

8-4 La réalité du travailleur de bureau

Le portrait type du cycliste amateur taïwanais : lever à six heures en semaine, trajet, bureau, une heure de home-trainer le soir, sortie longue le week-end, six à sept heures de sommeil, et peut-être des responsabilités familiales.

Dans cette structure de vie, les ressources de récupération sont déjà rares. Utiliser ces ressources rares pour payer le coût de train low ne rapporte généralement rien. C’est aussi pourquoi les alternatives du chapitre suivant ont une valeur bien supérieure à train low pour la grande majorité des gens.


9. Des alternatives plus pragmatiques

Si votre objectif est de « devenir plus fort » plutôt que d’« essayer une méthode qui semble avancée », voici des options dont l’espérance de gain est bien supérieure à train low.

Commençons par un tableau qui fait correspondre « le problème que vous vouliez résoudre avec train low » à « une alternative plus sûre et plus efficace » :

Votre idée initiale Pratique train low correspondante Alternative plus sûre et pragmatique Pourquoi l’alternative est meilleure
Améliorer l’oxydation des graisses Entraînement à jeun le matin Augmenter le volume total d’aérobie à faible intensité, avec un ravitaillement normal Le volume d’entraînement est déjà le principal moteur de l’amélioration de l’oxydation des graisses, sans sacrifier la qualité des séances
Ne pas ralentir en fin de longue distance Seulement de l’eau, pas de ravitaillement pendant la séance S’entraîner au protocole de ravitaillement en course, tester les produits et la tolérance digestive Résout directement la vraie cause de l’échec (ne plus pouvoir manger en fin de course), plutôt que de s’entraîner à « ne pas manger »
Perdre du poids, réduire la masse grasse Sleep low, limiter les glucides après la séance En dehors de la saison, un déficit calorique modéré, protéines maintenues, conserver la musculation Évite de créer un déficit pendant une période de volume élevé, réduit les risques de blessure, de maladie et de RED-S
Faire de la « périodisation des glucides » Ne pas manger de glucides certains jours Ajuster la quantité de glucides selon les séances (plus les jours d’intensité, naturellement moins les jours de faible intensité), sans réduire l’énergie totale ni les protéines Conserve la partie la moins controversée du concept de périodisation, évite le risque de déficit énergétique
Être plus léger en montée Faible teneur en glucides à long terme Accumuler régulièrement du volume d’entraînement + une gestion douce et à long terme de la composition corporelle Le numérateur du rapport puissance/poids (la puissance) mérite plus d’investissement que le dénominateur, sans nuire à la récupération
Imiter les pratiques des professionnels Tout le protocole sleep low D’abord, combler les lacunes en sommeil, volume, ravitaillement post-séance et qualité alimentaire quotidienne Les professionnels ont entraîneurs, nutritionnistes et suivi ; les conditions préalables sont totalement différentes
Trouver que l’entraînement « n’est pas assez dur » S’entraîner affamé comme test de volonté Augmenter le stimulus structuré des séances (intervalles, répétitions en côte, sorties longues) Le progrès vient d’un stimulus d’entraînement de qualité, pas de la capacité à endurer la faim

9-1 D’abord, maîtriser les quatre fondamentaux

  1. Volume d’entraînement total : le prédicteur unique le plus fort en endurance reste le volume d’entraînement accumulé. Passer de six à huit heures de manière stable est plus efficace que n’importe quelle astuce nutritionnelle.
  2. Sommeil : la récupération se produit pendant le sommeil. Dormir trente à quarante minutes de plus par jour a une contribution à l’adaptation difficile à remplacer par d’autres méthodes.
  3. Ravitaillement post-séance : après une séance longue ou intense, prendre des glucides et des protéines pour que la séance suivante soit de qualité. C’est la direction opposée de train low, mais plus rentable pour la plupart des gens.
  4. Qualité de l’alimentation quotidienne : assez de protéines, assez de fruits et légumes, assez d’énergie totale, pas de déficit important les jours d’entraînement.

9-2 Une version douce de la périodisation des glucides

Si vous voulez vraiment périodiser votre alimentation, voici une approche à risque bien plus faible : non pas « glucides ou pas de glucides », mais « plus ou moins de glucides » selon les séances.

  • Jours d’intensité élevée / jours longs : glucides augmentés, ravitaillement complet avant, pendant et après.
  • Jours de faible intensité / jours de repos : glucides naturellement réduits au niveau quotidien (pas une restriction volontaire, simplement parce que le besoin est plus faible).
  • Énergie totale et protéines : jamais réduites, quel que soit le jour.

Les avantages de cette approche : elle suit la logique des besoins physiologiques, ne crée pas de déficit énergétique, ne nécessite pas de privation volontaire et est durable à long terme. Elle capture la partie la moins controversée du concept de « périodisation des glucides » tout en évitant la partie la plus controversée et la plus risquée.

9-3 Ce qui vaut plus la peine que train low : la capacité de ravitaillement en course

Ce point est gravement sous-estimé. La capacité du système digestif à traiter les glucides pendant l’effort peut être entraînée, et elle a une valeur claire en compétition.

L’une des causes d’échec les plus courantes lors des longues ascensions (comme Wuling, un parcours long avec pédalage continu) est de ne plus pouvoir manger en fin de parcours, avec des troubles digestifs et des nausées. Plutôt que de s’entraîner à « rouler sans manger », entraînez-vous à « rouler en mangeant ».

Principes d’exécution :

  • Testez le ravitaillement à l’entraînement, ne l’essayez pas pour la première fois le jour de la course.
  • Commencez par de petites quantités, augmentez progressivement, observez les réactions digestives.
  • Testez différentes formes (gels, boissons, solides, onigiris, bananes) à différentes intensités.
  • Notez : à quelle intensité, qu’est-ce qui a été consommé, combien de temps après, quelle réaction.
  • Le jour de la course, n’utilisez que ce qui a été testé.

Les variations individuelles sont particulièrement importantes sur ce point : le même gel peut ne poser aucun problème à certains et provoquer des ballonnements immédiats chez d’autres. Il n’y a pas de réponse universelle, seulement vos propres résultats de test. La tolérance digestive et métabolique doit être testée à l’avance — cette phrase mérite d’être notée en première page de votre carnet.

9-4 Si votre motivation est en réalité la perte de poids

Séparez cela de la stratégie d’entraînement.

  • La perte de poids doit être planifiée hors saison ou pendant les périodes de volume plus faible, avec un déficit modéré et sur une durée plus longue.
  • Ne créez pas de déficit important pendant les périodes de volume élevé — c’est le chemin vers les blessures, la maladie et le RED-S.
  • Pendant la perte de poids, maintenez, voire augmentez les protéines, et conservez un certain stimulus de musculation pour réduire la perte musculaire.
  • Si la question du poids affecte déjà votre humeur et votre vie, vous avez besoin d’une aide professionnelle, pas d’un plan alimentaire plus strict.
  • La gestion du poids pour les personnes atteintes de maladies chroniques ou sous traitement doit être planifiée par un professionnel de santé.

10. Foire aux questions sur les idées reçues

« Rouler à jeun brûle plus de graisses, donc on maigrit plus ? »
La proportion de carburant utilisée pendant l’effort et les changements de composition corporelle à long terme sont deux choses différentes. Les variations de poids dépendent principalement du bilan énergétique total à long terme, pas du carburant utilisé lors d’une séance. Utiliser la sortie à jeun comme méthode de perte de poids : l’efficacité est incertaine, le risque est certain.

« Les professionnels le font, donc je devrais le faire aussi. »
Le volume d’entraînement hebdomadaire d’un professionnel peut être le triple du vôtre, il a un entraîneur, un nutritionniste, un suivi médical complet, et ses facteurs limitants sont totalement différents des vôtres. Regardez moins ce qu’ils font que pourquoi ils le font.

« J’ai fait trois mois sans problème, donc c’est sûr. »
Les effets du RED-S sur les os et le système endocrinien sont cumulatifs. L’absence de symptômes à court terme ne signifie pas qu’il n’y a pas d’impact. C’est pourquoi le suivi doit porter sur les tendances, pas sur « est-ce qu’il y a eu un accident ».

« Alors je passe au régime cétogène, non ? »
Le régime cétogène est un changement de structure alimentaire d’un autre niveau, avec un impact plus direct sur la puissance à haute intensité et un conflit plus important avec les exigences spécifiques du cyclisme sur route. Si votre course comporte des sprints, du suivi de roue ou des montées raides, cette direction doit être abordée avec une grande prudence et idéalement sous supervision médicale et nutritionnelle.

« Si je ne fais pas de train low, je ne développerai jamais ma capacité d’oxydation des graisses ? »
Un volume important d’aérobie à faible intensité est déjà le principal moyen d’améliorer la capacité d’oxydation des graisses. Le volume d’entraînement est le protagoniste ; le moment des repas est tout au plus un second rôle.


11. Liste d’actions

Ce que vous pouvez faire maintenant (par ordre de priorité décroissant) :

  1. Enregistrer honnêtement vos heures d’entraînement et de sommeil hebdomadaires. Si le volume d’entraînement a encore de la marge et que le sommeil est inférieur à sept heures, réglez d’abord ces deux points, ne touchez pas à train low.
  2. Vérifiez si vous faites le ravitaillement post-séance. Après une séance longue ou intense, glucides + protéines : c’est l’action au meilleur retour sur investissement.
  3. Adoptez la version douce de la périodisation des glucides : manger plus les jours d’intensité, naturellement moins les jours de faible intensité, mais ne réduisez jamais l’énergie totale ni les protéines, quel que soit le jour.
  4. Commencez à vous entraîner au ravitaillement en course : testez les produits à l’entraînement, commencez petit, notez les réactions digestives, et le jour de la course n’utilisez que ce qui a été testé.
  5. Si vous décidez d’essayer train low, ne faites que la version la plus douce : une fois par semaine au maximum, moins d’une heure, faible intensité, sur home-trainer ou sur un parcours plat et connu, pas pendant les fortes chaleurs estivales, pas seul en montagne, et gardez toujours une réserve d’urgence dans la poche.
  6. Mettez en place un tableau de suivi : fatigue, sommeil, qualité de l’entraînement, tendance du poids, appétit, fréquence des rhumes, cycle menstruel (femmes), émotions vis-à-vis de la nourriture. Révisez-le chaque semaine.
  7. Écrivez vos conditions d’arrêt et respectez-les : deux séances non réalisées, vertiges ou tremblements pendant l’effort, sommeil dégradé, perte de poids inattendue, modification du cycle, apparition de culpabilité alimentaire — dès qu’un élément apparaît, arrêtez.
  8. Sautez l’été. La chaleur et l’humidité de mai à septembre à Taïwan ne valent pas le double risque coup de chaleur + hypoglycémie pour une méthode aux bénéfices incertains.

À ne jamais faire :

  • Ne combinez pas perte de poids et train low.
  • Ne le faites pas les jours d’intensité élevée, les jours de séance clé ou en période de préparation de course.
  • Ne le faites pas en montagne, sur les routes fréquentées ou en descente.
  • Ne le faites pas seul sur des parcours isolés.
  • Adolescents, femmes enceintes ou allaitantes, diabétiques ou sous traitement, personnes ayant des antécédents de troubles alimentaires : ne le faites pas.
  • Ne considérez pas « s’entraîner affamé » comme une preuve de volonté.

Position finale : train low a sa logique au niveau des mécanismes, mais le chemin entre « le mécanisme est plausible » et « vous serez plus rapide » est long, et chaque étape a un coût. Les variations individuelles sont très importantes ; la même pratique peut donner des résultats complètement opposés chez différentes personnes. Toute recommandation universelle doit donc être prise avec des pincettes. Pour la grande majorité des cyclistes amateurs taïwanais, bien faire les quatre choses suivantes — volume d’entraînement total, sommeil, ravitaillement post-séance et qualité de l’alimentation quotidienne — apportera plus de progrès que n’importe quelle technique à faible teneur en glucides.

Et si vous faites partie de la très petite minorité qui a réellement les conditions pour essayer, rappelez-vous : c’est un outil qui nécessite un suivi, des conditions d’arrêt et un encadrement professionnel. Ce n’est pas une méthode que l’on peut lire sur Internet et appliquer seul.

Rappel : cet article est une synthèse d’informations générales en science du sport et en santé. Il ne remplace pas l’évaluation et les conseils individuels d’un médecin, d’un nutritionniste ou d’un autre professionnel de santé. Si vous avez une maladie chronique, si vous prenez des médicaments, si vous êtes enceinte ou allaitante, si vous avez des antécédents de troubles alimentaires, ou si l’un des signaux d’alarme médicaux mentionnés apparaît pendant la mise en œuvre, arrêtez immédiatement et consultez un professionnel de santé.

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