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12,4 km, 10,5 % de moyenne : pourquoi le Mortirolo est-il considéré comme le col le plus dur d'Italie

騎行路線

Tu as peut-être gravi le Wuling, tu as peut-être aussi roulé sur le Beiyi. Mais si tu demandes à n’importe quel vieux cycliste dans les montagnes lombardes italiennes « quelle montée est la plus douloureuse », neuf sur dix te répondront du même nom : le Passo del Mortirolo. Ce n’est ni la montée la plus longue, ni le col le plus haut, avec à peine une dizaine de kilomètres au total — mais il jouit d’une réputation bien particulière : celle du synonyme de « souffrance » dans la bouche des coureurs professionnels, une pente qui a consacré la légende du cyclisme, Marco Pantani.

Une route militaire devenue célèbre « par accident »

Le Mortirolo n’était à l’origine qu’un simple chemin de montagne reliant la Valteline (Valtellina) à la Val Camonica, avec une chaussée étroite et des virages serrés, longtemps resté sous les radars. C’est le Tour d’Italie (Giro d’Italia) qui l’a véritablement propulsé sur la scène mondiale. En 1990, le Giro y a inscrit cette montée pour la première fois, et les organisateurs de l’époque la décrivaient comme une « montée infernale ». Mais c’est en 1994 qu’elle est devenue légendaire : Pantani, sous une pluie battante, a lancé une attaque en solitaire depuis le peloton, creusant l’écart jusqu’au sommet, et a scellé son statut de « Roi de la montagne » sur cette pente.

Depuis lors, le Mortirolo est presque devenu un passage obligé du Giro pour les « étapes décisives », apparaissant à de multiples reprises dans les étapes de montagne, et étant régulièrement élu par les coureurs et les médias comme l’une des montées les plus impitoyables du Giro (voire de toute la course professionnelle européenne). Le légendaire coureur et commentateur italien Francesco Moser a publiquement déclaré que sur cette route, « même marcher est épuisant », une phrase reprise par d’innombrables médias et devenue l’une des annotations les plus célèbres du Mortirolo (les formulations varient légèrement selon les articles, mais le message central reste le même).

Si le charme du Stelvio réside dans sa « majesté », celui du Mortirolo est sa « férocité » — il est court, mais si court qu’il ne laisse aucun répit.

Après Pantani, cette montée a continué de jouer un rôle clé dans les éditions suivantes du Giro, devenant un théâtre où de nombreux grimpeurs ont prouvé leur valeur. Sa renommée a même dépassé les frontières de l’Italie, et les médias cyclistes et la communauté des coureurs d’Europe et d’Amérique la comparent sans cesse au Mont Ventoux en France ou à l’Alto de l’Angliru en Espagne, la classant parmi les candidates au titre de « l’une des trois montées terrifiantes d’Europe » — même si ce classement est subjectif et que les listes varient d’un média à l’autre, le Mortirolo y figure presque à chaque fois.

Il convient de noter que la « cruauté » particulière du Mortirolo a aussi une raison souvent négligée : il n’offre presque aucun retour visuel naturel. Les lacets du Stelvio te permettent de « voir » combien d’étages tu as gravis ; le Mortirolo, enveloppé d’une forêt dense, ne te laisse presque rien voir du sommet sur les sections les plus raides, ni la trace de ton ascension ; tu ne peux que fixer le petit bout de bitume qui se dresse sans cesse devant toi. Cette pression psychologique de « rouler à l’aveugle », beaucoup de cyclistes qui l’ont gravi estiment qu’elle est plus éprouvante que les chiffres de pente eux-mêmes.

Informations de base sur le parcours

Le Mortirolo compte trois voies d’ascension principales, la plus classique et la plus fréquente sur le parcours du Giro étant le versant de Mazzo di Valtellina, qui est aussi l’axe principal de notre découpage en sections. Attention : les points de départ et les méthodes de mesure varient souvent selon les bases de données ; les chiffres ci-dessous sont des « valeurs approximatives », se référer aux panneaux sur place pour les valeurs exactes.

Élément Détail
Pays / Massif Italie, région de Lombardie, contreforts sud des Alpes
Départ → Arrivée (versant Mazzo) Mazzo di Valtellina → Col du Passo del Mortirolo
Longueur Environ 12,4 km
Dénivelé total Environ 1 300 m
Pente moyenne Environ 10,5 % (entre 10 % et 11 % selon les bases de données)
Pente maximale Environ 18 % (certaines sections atteignent même près de 20 % selon les reportages, de courts murs raides)
Altitude départ / arrivée Environ 552 m → Environ 1 852 m
Origine de la notoriété Habitué du parcours du Giro, bataille légendaire de Pantani en 1994, souvent classée parmi les montées les plus difficiles d’Europe

Comparaison des trois voies d’ascension :

Voie Longueur Dénivelé Pente moyenne Particularité
Versant Mazzo di Valtellina Environ 12,4 km Environ 1 300 m Environ 10,5 % Parcours classique de la course, partie centrale extrêmement raide, monument à Pantani
Versant Mazzo (variante par Trivigno) À peu près similaire À peu près similaire Environ 10 % Tracé alternatif parfois utilisé par le parcours officiel, répartition des pentes légèrement différente
Versant Edolo (Monno) Environ 12,6 km Environ 1 150 m Environ 9 % Relativement « plus doux » mais reste une montée difficile, avec plusieurs kilomètres à deux chiffres au milieu

Les trois voies convergent finalement près du col au sommet. La plupart des cyclistes s’accordent à dire que le versant Mazzo est le « véritable » Mortirolo — car c’est celui le plus utilisé par le Giro, et celui où Pantani a attaqué cette année-là.

Versant Mazzo : découpage en quatre sections

Ne te laisse pas berner par « seulement 12,4 km ». La cruauté de cette route réside dans le fait qu’elle ne comporte presque aucune section réellement reposante.

Première section : l’échauffement est un champ de bataille (du départ à environ 3 km)

Dès la sortie de Mazzo di Valtellina, la route grimpe presque immédiatement à des pentes à deux chiffres. Pas de douceur « 5 km d’échauffement » comme au Stelvio ; le Mortirolo est sérieux dès le premier virage. La chaussée est étroite, bordée de forêts denses, la visibilité limitée, tu ne vois que quelques dizaines de mètres de bitume qui se dresse devant toi.

Point clé de l’allure : c’est l’endroit où l’on commet le plus d’erreurs sur tout le parcours, car l’adrénaline est à son comble et les muscles n’ont pas encore accumulé d’acide lactique ; beaucoup partent avec une puissance bien supérieure à ce qu’ils peuvent soutenir. Souviens-toi : tu ne fais que commencer, des sections plus raides t’attendent plus loin. Il est conseillé de maintenir ta puissance dans les 3 premiers kilomètres sous 90 % de ton objectif.

Deuxième section : le cœur de l’enfer (environ 3 à 7 km)

C’est la partie qui a vraiment forgé la sinistre réputation du Mortirolo. La pente y grimpe à plusieurs reprises à 14 %, 16 %, et certains murs courts atteignent même, selon les reportages, près de 18 à 20 % (les sources de mesure varient considérablement ; il est conseillé de se fier à la sensation sur place plutôt qu’à des chiffres précis). La route est un étroit ruban de bitume au cœur de la forêt, sans presque aucun faux-plat pour récupérer.

Vers la fin de cette section, tu passeras devant un monument — érigé au bord de la route, en hommage à la légende que Pantani a écrite ici. De nombreux cyclistes s’y arrêtent spécialement pour prendre une photo, à la fois pour rendre hommage et parce qu’ils ont effectivement besoin de reprendre leur souffle.

Point clé de l’allure : ici, pas de place pour une « accélération stratégique », seulement pour « tenir sans exploser ». Maintiens absolument ton cadence dans une plage que tu peux contrôler ; utilise plutôt le braquet le plus léger, quitte à sacrifier un peu de vitesse, plutôt que de forcer en danseuse sur ces pentes à deux chiffres continues — c’est le terreau des crampes et des blessures au genou.

Troisième section : une brève accalmie (environ 7 à 10 km)

Après la zone centrale la plus raide, la pente s’adoucit légèrement pour atteindre environ 8 à 10 % — cela semble encore très raide, mais comparé à la section précédente, c’est déjà une « zone de récupération ». La route commence à offrir quelques virages avec une vue plus dégagée, laissant entrevoir les contours de la Val Camonica.

Point clé de l’allure : dans cette section, tu peux ramener légèrement ta puissance vers ta valeur cible, pour faire redescendre doucement ton corps du bord de l’anaérobie du « cœur de l’enfer » vers une allure soutenable, mais ne force pas trop d’un coup ; il reste une dernière épreuve avant le sommet.

Quatrième section : le sprint final vers le col (environ 10 à 12,4 km)

Avant d’atteindre le sommet, la route présente à nouveau quelques sections de pente à deux chiffres en dents de scie, puis s’adoucit progressivement, les derniers centaines de mètres te menant au col de manière relativement plane. Le sommet lui-même est assez sobre — pas de complexe hôtelier commercial comme au Stelvio, généralement juste un panneau indicateur simple et parfois un stand de souvenirs, ce qui lui confère plutôt un sentiment de « conquête sauvage ».

Puissance et estimation de l’allure : convertir « l’enfer » en chiffres

Voici un calcul basé sur un modèle physique standard, avec les formules suivantes :

P = (Fg + Fr + Fa) × v / rendement de transmission
Fg = m × g × sin(arctan(pente))        composante gravitationnelle
Fr = m × g × cos(arctan(pente)) × Crr   résistance au roulement
Fa = 0,5 × ρ × CdA × v²                résistance aérodynamique

Paramètres supposés :

  • Poids du cycliste 70 kg + vélo et équipement 9 kg = poids total 79 kg
  • Accélération gravitationnelle g = 9,81 m/s²
  • Coefficient de résistance au roulement Crr ≈ 0,005
  • Surface frontale aérodynamique CdA ≈ 0,32 m² (position de grimpeur)
  • Rendement de transmission ≈ 0,975
  • Densité de l’air ρ selon l’altitude (entre environ 552 m et 1 852 m) calculée avec le modèle d’atmosphère standard, soit environ 88 % à 95 % de celle au niveau de la mer — l’impact est moindre que sur le Stelvio : la cruauté du Mortirolo vient de sa pente, pas de son altitude.

Estimation côté Mazzo di Valtellina (12,4 km, 1 300 m de dénivelé, pente moyenne d’environ 10,5 %)

Rapport poids/puissance Puissance correspondante pour 70 kg Temps de montée estimé Vitesse moyenne VAM (vitesse ascensionnelle moyenne)
2,0 W/kg 140 W environ 2 h 09 min environ 5,8 km/h environ 605 m/h
2,5 W/kg 175 W environ 1 h 43 min environ 7,2 km/h environ 754 m/h
3,0 W/kg 210 W environ 1 h 26 min environ 8,6 km/h environ 902 m/h
3,5 W/kg 245 W environ 1 h 14 min environ 10,0 km/h environ 1 048 m/h
4,0 W/kg 280 W environ 1 h 05 min environ 11,4 km/h environ 1 193 m/h
4,5 W/kg 315 W environ 58 min environ 12,7 km/h environ 1 335 m/h
5,0 W/kg 350 W environ 53 min environ 14,1 km/h environ 1 475 m/h

Estimation côté Edolo (Monno) (12,6 km, 1 150 m de dénivelé, pente moyenne d’environ 9 %)

Rapport poids/puissance Temps de montée estimé Vitesse moyenne
2,0 W/kg environ 1 h 55 min environ 6,6 km/h
2,5 W/kg environ 1 h 33 min environ 8,2 km/h
3,0 W/kg environ 1 h 18 min environ 9,8 km/h
3,5 W/kg environ 1 h 07 min environ 11,3 km/h
4,0 W/kg environ 59 min environ 12,8 km/h
5,0 W/kg environ 48 min environ 15,8 km/h

Ce qui précède est une estimation issue du modèle physique, sans prise en compte du vent, de l’état de la route, des différences morphologiques, des arrêts pour se ravitailler, ni des variations instantanées réelles de la pente — les résultats réels différeront. À noter particulièrement : le modèle suppose une « puissance constante sur toute la durée », mais les variations de pente du Mortirolo sont extrêmes — sur les murs courts de 16 % à 18 % de la deuxième partie, la puissance réellement produite sera forcément bien supérieure à la moyenne, puis devra être récupérée sur les sections plus douces. En conditions réelles, votre courbe de puissance ressemblera donc à une scie, pas à une ligne plate.

Le coût réel des murs raides : l’exemple d’une section à 18 % sur 1 km

Ce qui rend le Mortirolo le plus redouté, ce sont ces sections extrêmement raides mais courtes dans sa partie médiane. Calculons avec le même modèle une section isolée de 1 km à 18 % de pente :

Rapport poids/puissance Temps pour parcourir ce 1 km Vitesse moyenne
2,5 W/kg environ 14 min environ 4,3 km/h
3,0 W/kg environ 12 min environ 5,2 km/h
3,5 W/kg environ 10 min environ 6,1 km/h

Pour traduire cela : sur les sections les plus raides, la vitesse de la plupart des cyclistes amateurs chutera à un rythme proche de la marche à pied — et ce, « en pédalant fort tout en restant proche de la vitesse de marche » — c’est précisément ce qui fait craquer mentalement sur le Mortirolo : vous fournissez un effort énorme, mais le chiffre sur le compteur de vitesse ne bouge presque pas.

La vérité sur le poids : plus la pente est raide, moins la différence de poids compte

Toujours à 3,0 W/kg sur le versant Mazzo :

Poids du cycliste Puissance correspondante Temps estimé
55 kg 165 W environ 1 h 29 min
65 kg 195 W environ 1 h 27 min
70 kg 210 W environ 1 h 26 min
80 kg 240 W environ 1 h 25 min

Même logique que sur le Stelvio — sur une longue montée extrêmement raide, à W/kg égal, la différence de temps liée au poids est en réalité très faible, car plus la pente est raide, plus la part de la résistance aérodynamique diminue, et plus l’avantage d’un poids léger se réduit. Ce qui détermine réellement si vous pouvez tenir le Mortirolo, ce n’est pas le chiffre sur la balance, mais la durée pendant laquelle vous pouvez maintenir une puissance soutenable sur des pentes à deux chiffres.

Développement : sur le Mortirolo, ce n’est pas une option, c’est une nécessité

Si le Stelvio teste votre gestion de l’endurance, le Mortirolo teste presque « avez-vous le bon équipement ». Avec des pentes soutenues de 14 % à 18 %, un développement standard de vélo de route (par exemple 50/34 avec cassette 11-28) rend la tâche presque impossible à accomplir confortablement — beaucoup de cyclistes recommandent même de descendre sous un rapport de 1:1 pour le plus petit braquet.

Avec des roues 700×25c (circonférence d’environ 2,105 m), voici la cadence correspondante pour différents braquets à différentes vitesses :

Braquet avant×arrière Cadence à 5 km/h Cadence à 6 km/h Cadence à 8 km/h
34×28 environ 33 rpm environ 39 rpm environ 52 rpm
34×32 environ 37 rpm environ 45 rpm environ 60 rpm
34×34 environ 40 rpm environ 48 rpm environ 63 rpm
30×34 environ 45 rpm environ 54 rpm environ 72 rpm
24×36 (plateau de VTT avec grande cassette) environ 57 rpm environ 68 rpm environ 91 rpm

Sur les sections les plus raides du Mortirolo, voir sa vitesse chuter à 5 ou 6 km/h est courant. Si le braquet n’est pas assez léger, la cadence tombera sous 40 rpm — ce type de force à basse cadence impose une charge très lourde sur les genoux et le bas du dos, et peut à terme favoriser les blessures liées à la pratique. C’est pourquoi ces dernières années, de nombreuses équipes professionnelles et cyclosportifs amateurs tendent à utiliser des braquets ultra-légers, voire des configurations à grande cassette de type VTT, sur cette montée.

Règle générale : cette route ne se prête pas à jouer les durs avec un braquet lourd. Mieux vaut préparer un braquet « si léger qu’on ne l’utilisera peut-être pas », plutôt que de découvrir au milieu des murs raides qu’on n’a plus de rapport disponible.

Debout ou assis : le choix du rythme sur le Mortirolo

Sur des pentes soutenues à deux chiffres, beaucoup de cyclistes ont l’instinct de se lever et de pédaler en s’aidant du poids du corps. Cela s’avère utile sur les sections extrêmement raides et courtes (comme ces murs approchant les 18 %), car la position debout permet d’augmenter brièvement la puissance et de laisser les muscles des hanches et du bas du dos se reposer en alternance. Mais si l’on tient toute la partie centrale en position debout, la fréquence cardiaque monte plus haut et bascule plus vite en zone anaérobie, épuisant les forces plus rapidement.

L’approche la plus pragmatique est l’« alternance assis-debout » : s’asseoir lorsque la pente s’adoucit légèrement ou lorsqu’il faut ajuster le rythme, en maintenant une puissance stable avec un braquet plus faible ; se lever pour franchir les murs courts et très raides, puis se rasseoir immédiatement pour récupérer une fois passé. Cette transition de rythme demande de l’entraînement ; le meilleur moyen est de trouver à Taïwan des sections au profil similaire et de les répéter, afin que le corps développe un réflexe de bascule automatique, plutôt que de tâtonner sur place une fois arrivé au Mortirolo.

Le point de vue des cyclistes taïwanais : avec quelle montée de Taïwan imaginer le Mortirolo

Le meilleur équivalent taïwanais du Mortirolo n’est pas le Wuling, mais plutôt les montées « courtes, raides et sans répit » — la sensation de pente sur certains tronçons de la fin du Fengguizui, ou la continuité de certaines sections raides de la route de Balaka, se rapprochent davantage du caractère du Mortirolo que le Wuling.

Différences fondamentales :

  1. Le Wuling est un marathon, le Mortirolo est une série d’impacts extrêmes de courte durée. Le Wuling exige une gestion de l’endurance sur la durée et une acclimatation à l’altitude ; le Mortirolo exige une force musculaire et une résilience mentale capables de « maintenir plusieurs kilomètres consécutifs au bord du seuil anaérobie ».
  2. L’altitude n’est pas le critère, c’est la pente qui compte. Le sommet du Mortirolo culmine à environ 1 852 mètres, bien en dessous des quelque 3 275 mètres du Wuling, et le risque de mal d’altitude y est bien moindre ; mais sa pente moyenne est plus du double de celle du Wuling sur l’ensemble du parcours, et les murs de la partie centrale atteignent un niveau de pente rarement vu sur les routes taïwanaises.
  3. Le rythme psychologique est totalement différent. Le Wuling vous laisse le temps de planifier votre allure et d’ajuster votre respiration ; le Mortirolo, dès l’entrée dans la partie centrale, ne vous laisse presque aucune marge pour « réélaborer un plan » — vous ne pouvez que tenir le rythme établi.

Conseil pratique : si vous voulez développer à Taïwan la capacité de tenir la partie centrale du Mortirolo, cherchez les rares sections taïwanaises où la pente soutenue à deux chiffres dépasse 1 kilomètre (par exemple la route de Balaka, ou certains enchaînements de lacets du Fengguizui), et répétez l’exercice consistant à « maintenir une puissance stable avec le plus petit braquet et une cadence très basse ». Cela se rapproche davantage de la compétence spécifique requise par le Mortirolo que le simple allongement de la distance.

La préparation mentale est tout aussi importante. Les longues ascensions auxquelles les cyclistes taïwanais sont habitués (comme le Wuling ou le Beihuan) laissent largement le temps de planifier l’allure, en ajustant en temps réel grâce au cardiofréquencemètre ou au capteur de puissance ; mais l’intensité de la partie centrale du Mortirolo change trop vite et trop violemment — lorsque vous réagissez aux chiffres, il est déjà trop tard. Il est recommandé, lors des entraînements à Taïwan, de « rouler à l’aveugle » sur les sections raides — sans regarder le capteur de puissance ni le compteur, en se fiant uniquement aux sensations corporelles pour trouver l’allure — afin de s’entraîner à prendre la bonne décision d’intensité même en situation de manque d’information. Cette capacité sera extrêmement précieuse une fois au Mortirolo.

Aspects pratiques pour s’y rendre

Saison : l’altitude du Mortirolo n’étant pas particulièrement élevée, il est généralement ouvert plus longtemps que les cols de haute altitude comme le Stelvio ou la Gavia, mais au début du printemps et à la fin de l’automne, il faut encore compter avec des routes glissantes ou des plaques de verglas localisées ; le climat montagnard change rapidement, il est conseillé de se fier aux annonces des autorités routières locales et aux conditions sur place.

Choix de la base : l’approche courante consiste à utiliser Bormio, à l’ouest du Mortirolo, ou la région de la Valteline, comme base pour un séjour de plusieurs jours, car le Stelvio et la Gavia sont à proximité — les trois ascensions légendaires peuvent être enchaînées au cours d’un même voyage, un itinéraire classique que de nombreux cyclistes européens appellent le « triptyque lombard ».

Ravitaillement : les points de ravitaillement sont rares le long de cette route, et surtout du côté de Mazzo, il n’y a pratiquement aucun commerce sur tout le parcours — prévoyez donc eau et ravitaillement énergétique avant le départ. Pour une ascension intense de 1 à 2 heures, la plupart des gens ont besoin de 500 à 800 millilitres de liquide et de 40 à 70 grammes de glucides par heure (avec de grandes variations individuelles) ; en pratique, il est recommandé de boire de petites gorgées toutes les 15 à 20 minutes, plutôt que d’attendre d’avoir soif — la pente du Mortirolo ne laisse guère l’occasion de « boire tranquillement en pédalant », le mieux est de se ravitailler sur la troisième section, plus douce.

Équipement et location : des services de réparation et de location adaptés au vélo sont disponibles localement ; si vous apportez votre propre vélo, vérifiez impérativement à l’avance que la cassette et le braquet sont suffisants pour affronter des pentes soutenues à deux chiffres. Pour les tarifs, horaires d’ouverture et autres détails, fiez-vous aux annonces sur place des commerçants ou des offices de tourisme officiels, et ne vous fiez pas à des informations en ligne potentiellement obsolètes.

Consignes de sécurité (à lire attentivement)

Le risque à la descente est plus élevé qu’on ne l’imagine : les descentes du Mortirolo sont étroites, avec des virages serrés et des pentes raides, et la distance de freinage est bien plus longue que sur une route normale. Sur les longues descentes, adoptez un freinage « fort et intermittent » — freinez brièvement et fort, puis relâchez pour laisser le système de freinage refroidir, afin d’éviter l’évanouissement des freins à disque ou la surchauffe des jantes avec des patins.

État de la route : la qualité de la chaussée sur ces petites routes de montagne n’est pas toujours régulière ; feuilles mortes, gravillons et zones glissantes peuvent apparaître, et surtout dans les sections forestières denses, les variations de lumière sont importantes et la visibilité peut être trompeuse — gardez une vitesse adaptée et restez concentré.

Charge cardiovasculaire sur pentes extrêmes : des pentes soutenues à deux chiffres font monter la fréquence cardiaque rapidement jusqu’à, voire au-delà, de la zone de fréquence cardiaque maximale personnelle. Si vous avez des antécédents de maladie cardiovasculaire, une tension mal contrôlée, ou si votre condition physique récente n’est pas optimale, l’intensité de cette route peut dépasser les limites de sécurité. Si, pendant l’effort, vous ressentez une oppression thoracique, des vertiges, un trouble de la vision ou des palpitations anormales, arrêtez-vous immédiatement et demandez de l’aide ; cet article ne saurait remplacer une évaluation médicale professionnelle.

Circulation et visibilité : la route de montagne est à double sens mais à une seule voie par sens, avec une mauvaise visibilité dans les virages — restez sur la droite et roulez de manière stable, ralentissez à l’avance lors des croisements, et ne roulez jamais de front dans les virages.

Ne faites pas la course sur route ouverte. Ce n’est pas un circuit fermé ; battre un record personnel ne vaut pas de risquer sa vie, surtout sur des sections où la pente dépasse régulièrement 15 %, où la moindre erreur a un coût très élevé.

Liste des erreurs courantes

  1. Partir trop vite dans les 3 premiers kilomètres — le Mortirolo n’a pratiquement pas de véritable section d’échauffement ; partir à fond mène souvent à une défaillance prématurée dans la partie centrale.
  2. Un braquet trop lourd — avec des pentes à deux chiffres et des murs courts, un braquet lourd vous force à forcer à une cadence extrêmement basse, ce qui impose une charge énorme aux genoux.
  3. Négliger la préparation mentale pour la partie centrale — beaucoup ne consultent que la pente moyenne avant de partir, sans réaliser que la partie centrale est une sortie quasi anaérobie sur plusieurs kilomètres consécutifs ; un manque de préparation mentale mène facilement à l’effondrement en cours de route.
  4. Prévoir trop peu d’eau — les points de ravitaillement sont rares le long du parcours, surtout du côté de Mazzo où il n’y a pratiquement aucun commerce.
  5. Sous-estimer le risque à la descente — la difficulté de la montée relâche la vigilance, mais la descente, étroite et aux virages serrés, est tout aussi dangereuse.
  6. Se fier entièrement aux données de pente trouvées en ligne — les enregistrements de la pente maximale du Mortirolo varient considérablement selon les plateformes ; les sensations sur place et les panneaux routiers sont les seules références fiables.

Liste d’actions : de aujourd’hui jusqu’au sommet

Préparation physique (8 à 12 semaines avant le départ)

  • Planifier une à deux séances d’intervalles « courts et raides » par semaine, trouver un tronçon avec une pente supérieure à 10 %, et s’entraîner à maintenir une puissance stable avec le plus petit braquet pendant 5 à 15 minutes
  • Ajouter des séances d’intervalles proches du seuil anaérobie, car l’intensité de la section centrale du Mortirolo approche souvent, voire dépasse, le seuil
  • Travailler la stabilité de posture et le contrôle de la respiration à très basse cadence (50 à 65 rpm)
  • Les recommandations d’entraînement doivent toujours être progressives, car les différences individuelles sont importantes ; en cas de douleur persistante ou de fatigue anormale, réduire la charge et consulter un professionnel

Check-list du matériel

  • Braquet : il est fortement recommandé d’avoir un plus petit rapport de 1:1, voire plus léger ; en cas de doute, emporter une cassette plus légère ou opter pour un pédalier de VTT
  • Freins : vérifier que les plaquettes / patins sont en bon état, et les contrôler avant une longue descente
  • Pneus : vérifier l’usure et les coupures, emporter une chambre à air de rechange et des outils
  • Bidons et ravitaillement : prévoir au moins deux bidons, car les points de ravitaillement le long du parcours sont très rares

Planification de l’itinéraire

  • Si l’on prévoit la « trilogie lombarde » (Stelvio, Mortirolo, Gavia), il est conseillé de placer le Mortirolo un jour où la condition physique est bonne, car sa sollicitation de la force musculaire et du système nerveux diffère de la sollicitation d’endurance des deux autres cols
  • Prévoir suffisamment de temps de repos, car la récupération après cette ascension peut être plus longue que sur une pente douce de distance similaire

Check-list du jour J

  • Avant le départ, vérifier que la configuration du braquet est suffisante pour affronter des pentes soutenues à deux chiffres
  • Réduire délibérément l’intensité sur les 3 premiers kilomètres pour garder des forces pour la section centrale
  • Accepter le fait que la vitesse sera « très lente » dans la section centrale, et se concentrer sur le maintien d’une cadence stable plutôt que sur le chiffre de vitesse
  • Avant le monument Pantani, on peut s’arrêter un instant, reprendre son souffle et rendre hommage
  • En descente, freiner par intermittence et surveiller l’état de la route

Le Mortirolo ne t’offrira pas de paysages grandioses pour te distraire ; il ne te donnera qu’une succession de murs raides, te forçant à regarder honnêtement tes limites. C’est précisément pour cela que tant de coureurs professionnels le surnomment la route la plus douloureuse d’Italie.

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