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21 virages en épingle à cheveux, 13,8 kilomètres : pourquoi l'Alpe d'Huez est l'ascension la plus prisée au monde

騎行路線

Vous êtes au rond-point de Bourg d’Oisans, levez les yeux vers le sud-est : sur la paroi rocheuse, une route blanche se déplie comme une fermeture éclair, virage après virage, jusqu’à ce qu’elle disparaisse à perte de vue. Les habitants y sont habitués depuis longtemps ; les touristes, eux, ne peuvent s’empêcher de sortir leur téléphone pour prendre une photo. Quant aux cyclistes, ils ne font qu’une seule chose : inspirer profondément, puis baisser les yeux vers leur plateau, pour vérifier que la cassette montée aujourd’hui est bien assez légère.

Ici, c’est l’Alpe d’Huez, l’une des ascensions légendaires les plus visitées de l’histoire du Tour de France. Ce n’est ni la plus longue, ni celle aux pourcentages les plus extrêmes, mais elle possède un symbole que presque tout le monde dans le monde du cyclisme sur route connaît : ses 21 virages en épingle à cheveux numérotés, tels un compte à rebours, du virage n°21 en bas jusqu’au virage n°1 au sommet.

Une route devenue légende « par accident »

À l’origine, l’Alpe d’Huez n’était qu’une simple route d’accès vers une petite station de ski. Par son ancienneté, elle est loin derrière le Tourmalet ou le Galibier, ces cols centenaires qui traversent les Alpes. Son entrée dans l’histoire du cyclisme remonte à 1952, lorsque le Tour de France y a placé pour la première fois son arrivée au sommet — cette année-là, le légendaire coureur italien Fausto Coppi franchissait la ligne en tête, ouvrant une longue histoire d’amour entre cette montagne et le Tour (les détails varient légèrement selon les sources, mais la première ascension de Coppi est largement citée).

Depuis, l’Alpe d’Huez a été à de multiples reprises le théâtre d’arrivées d’étapes du Tour, avec son lot de batailles devenues classiques : les coureurs néerlandais comme Joop Zoetemelk et Hennie Kuiper y ont brillé à maintes reprises, valant progressivement à la montagne son surnom de « Montagne hollandaise » (Dutch Mountain) ; en 1986, l’image de Bernard Hinault et Greg LeMond, le maître et l’élève, franchissant la ligne ensemble, est devenue l’une des photos les plus commentées de l’histoire du Tour. Ces dernières années, c’est encore l’un des décors de prédilection pour les fins d’étapes des concepteurs de parcours du Tour.

Au sortir de chaque épingle, un panneau indique le numéro du virage et le nom d’un vainqueur du Tour de France qui s’est illustré sur ce tronçon — c’est le rituel unique de cette route : vous ne grimpez pas une montagne ordinaire, vous pédalez « aux côtés » des légendes du Tour de ces dernières décennies. Pour beaucoup de cyclistes qui la découvrent, le simple fait d’identifier ces noms au fil de l’ascension, de deviner en quelle année ils ont régné ici, suffit à rendre la longue montée un peu plus agréable et à offrir une distraction bienvenue.

Près du virage n°7 se trouve le passage le plus célèbre de toute la route : le Coin des Hollandais (Dutch Corner, souvent désigné officiellement sous le nom de « Virage Hollandais »). Lorsque le Tour y fait étape, des dizaines de milliers de supporters néerlandais, vêtus de orange de la tête aux pieds, envahissent ce virage, buvant de la bière, mettant de la musique, hurlant à pleins poumons, transformant un bout de montagne en un carnaval d’une journée entière. Même en dehors des jours de course, les graffitis et les traces de drapeaux orange y sont visibles toute l’année, faisant de cet endroit une « étape incontournable » sur la route.

Cette « fièvre orange » n’est pas un hasard. Des années 1970 aux années 1980, les coureurs néerlandais ont accumulé les exploits sur cette montagne, donnant peu à peu à l’Alpe d’Huez un statut presque de terrain de jeu à domicile dans le cœur des supporters néerlandais. À chaque passage du Tour, des fans venus des Pays-Bas font le déplacement en camping-car ou en bus spécial, transformant le virage n°7 en une véritable fête en plein air. Pour les coureurs professionnels, ce tronçon bordé d’un mur humain ne laissant qu’un étroit passage est souvent l’une des expériences les plus oppressantes et les plus saisissantes de toute la course — le bruit, les odeurs d’alcool et la foule compacte qui se pressent à la fois mettent à l’épreuve non seulement les jambes, mais aussi le mental.

Outre le Coin des Hollandais, la route est parsemée de graffitis et de slogans rendant hommage aux héros du Tour de différentes époques, souvent bombés spontanément par les fans, qui se superposent au fil des ans pour former une sorte d’« archéologie du bitume ». Les cyclistes expérimentés prennent même le temps de ralentir pour déchiffrer les noms écrits sur la chaussée, transformant l’ascension en une visite guidée de l’histoire du Tour en mouvement.

Informations de base sur le parcours

Les chiffres ci-dessous sont compilés à partir de plusieurs bases de données publiques sur les cols et de plateformes d’itinéraires. Les points de départ et les méthodes de mesure variant selon les sources, les chiffres peuvent différer ; considérez-les comme des « valeurs approximatives », les panneaux officiels et les indications sur place faisant foi.

Élément Détail
Pays / Massif France, Alpes françaises (région de l’Oisans)
Départ → Arrivée Bourg d’Oisans (ville de la vallée) → Station de l’Alpe d’Huez
Longueur Environ 13,8 km
Dénivelé total Environ 1 071 m
Pente moyenne Environ 7,9 % (certaines bases de données indiquent 8,1 %)
Pente maximale Environ 13 % (principalement sur le tronçon de départ entre les virages n°21 et n°20)
Altitude départ / arrivée Environ 720 m → Environ 1 860 m
Nombre d’épingles 21, chacune avec un panneau numéroté
Source de notoriété Arrivée classique et répétée du Tour de France, culture de pèlerinage au Coin des Hollandais, symbole visuel des 21 épingles

La répartition des pentes de cette route présente une caractéristique souvent débattue entre cyclistes : le début est le plus raide, la fin est au contraire relativement plus douce, exactement l’inverse de la logique de nombreuses ascensions célèbres qui « commencent doucement et finissent raide ». C’est aussi pourquoi beaucoup de ceux qui s’y attaquent pour la première fois sentent leurs forces s’épuiser peu après le départ — car l’épreuve la plus dure se présente en réalité dès le tout début.

Découpage par sections : 21 virages, une souffrance inégalement répartie

Découper la route en plusieurs phases est plus parlant que de fixer bêtement le compteur kilométrique :

Première phase (du virage n°21 jusqu’à environ le n°16, début de l’ascension) : c’est le tronçon avec la pente moyenne la plus raide de tout le parcours, certaines portions approchant les deux chiffres. L’excitation du départ pousse facilement à en faire trop, et c’est aussi l’endroit où l’on « explose » le plus souvent. Il est conseillé de maintenir volontairement sa fréquence cardiaque ou son intensité perçue à un niveau où l’on peut dire des phrases courtes, mais pas discuter, afin de garder des forces pour la suite.

Deuxième phase (environ du virage n°15 au n°10, partie médiane) : la pente commence à varier, on traverse la zone du village de Huez, la vue s’ouvre progressivement, laissant apparaître la vallée et les sommets d’en face. Le rythme est essentiel dans cette section — trouver un tempo de pédalage soutenable, sans avoir à se lever constamment dans les bosses.

Troisième phase (environ du virage n°9 au n°7, secteur du Coin des Hollandais) : on entre dans ce lieu emblématique, la pente reste exigeante, mais la richesse du paysage et des graffitis environnants distrait la fatigue mentale. C’est aussi le tronçon le plus dense de tout le parcours en termes de ravitaillement et d’observation des autres cyclistes.

Quatrième phase (environ du virage n°6 au n°1, sprint vers l’arrivée) : la pente s’adoucit globalement, le parcours longe la périphérie de la station, les magasins et hôtels commencent à apparaître. Beaucoup accélèrent ici, car l’arrivée est en vue, la numérotation des virages approche de 1, et l’effet de motivation psychologique est très net.

Dernier tronçon (entrée dans le centre de l’Alpe d’Huez) : le parcours effectue encore quelques virages dans la ville avant d’atteindre réellement la ligne d’arrivée traditionnelle, dont l’emplacement exact varie d’ailleurs légèrement selon les années du Tour. Ce passage donne souvent aux novices l’impression que « ce n’est pas encore fini », mieux vaut être prévenu mentalement.

À noter : bien que le parcours ne compte que 21 virages, la longueur des lignes droites entre chacun n’est pas uniforme — dans la partie vallée, les distances entre virages sont généralement plus longues et les pentes plus douces ; plus on monte, plus les virages se rapprochent et plus c’est raide. Cela signifie qu’à l’effort, on a l’impression que « dans la seconde moitié, les virages s’enchaînent très vite ». C’est en réalité une caractéristique structurelle du tracé, et non une illusion ou un regain de forme soudain. Une fois ce rythme compris, il est plus facile de trouver une cadence de pédalage stable dans la seconde partie, sans s’énerver à cause de la densité des épingles.

Estimation de la puissance et de l’allure : la physique à la rescousse

Plutôt que de deviner au feeling « en combien de temps je vais monter », autant faire le calcul avec un modèle physique. Le calcul ci-dessous utilise un modèle simplifié d’ascension couramment employé dans le milieu :

P = (Fg + Fr + Fa) × v / efficacité de transmission

Fg = m × g × sin(arctan(pente))       Composante gravitationnelle
Fr = m × g × cos(arctan(pente)) × Crr   Résistance au roulement
Fa = 0,5 × ρ × CdA × v²               Résistance aérodynamique

Hypothèses et paramètres utilisés pour le calcul (ce sont des estimations générales, qui varient selon la personne et le vélo) :

  • Poids du cycliste : 70 kg + vélo et équipement : 9 kg, soit environ 79 kg au total
  • Accélération de la pesanteur g = 9,81 m/s²
  • Coefficient de résistance au roulement Crr ≈ 0,005 (pneus de route sur asphalte)
  • Surface frontale CdA ≈ 0,32 m² (estimation en position de grimpeur)
  • Masse volumique de l’air réduite avec l’altitude ; l’altitude moyenne de l’Alpe d’Huez est d’environ 1 300 m, la densité de l’air y est légèrement inférieure à celle du niveau de la mer
  • Efficacité de transmission ≈ 0,975

Résultats obtenus avec un script Python (W/kg calculés sur la base du poids du cycliste de 70 kg) :

Ratio Puissance/Poids Puissance correspondante Profil type Temps d’ascension estimé Vitesse moyenne
2,0 W/kg Environ 140 W Débutant qui termine Environ 1 h 48 min Environ 7,6 km/h
2,5 W/kg Environ 175 W Amateur moyen Environ 1 h 27 min Environ 9,5 km/h
3,0 W/kg Environ 210 W Cycliste confirmé Environ 1 h 13 min Environ 11,3 km/h
4,0 W/kg Environ 280 W Niveau compétition Environ 56 min Environ 14,7 km/h
5,0 W/kg Environ 350 W Niveau professionnel Environ 46 min Environ 18,1 km/h

Ce tableau est une estimation issue d’un modèle physique, sans prise en compte du vent, de l’état de la route, des différences morphologiques ni de la forme du jour ; les temps réels varieront forcément. Il sert uniquement à vous donner un ordre d’idée. À noter : les records d’ascension établis par les professionnels lors du Tour de France sont généralement bien inférieurs aux temps estimés pour le niveau le plus élevé du tableau ci-dessus — en situation de course, il y a l’abri du peloton, les enchaînements de descente, le rythme de la course, et les records eux-mêmes, selon les époques et les méthodes de chronométrage, sont sujets à controverse. Cet article ne cite volontairement aucun temps record professionnel spécifique, afin d’éviter toute confusion.

Ce tableau met en évidence une réalité très concrète : pour la plupart des cyclistes amateurs, il s’agit d’un effort aérobie de longue durée, entre 1 et 2 heures, et non d’un exercice explosif de courte durée. Cela signifie que la discipline de l’allure est bien plus importante que la puissance pure — bien gérer le début permet de maintenir le rythme ensuite, plutôt que de lutter en perdant de la vitesse jusqu’au sommet.

Le point de vue des cyclistes taïwanais : similitudes et différences avec Wuling

Pour les cyclistes taïwanais, le point de repère le plus évident est bien sûr Wuling (route provinciale 14甲). En les comparant, on constate à la fois des similitudes et des différences marquées :

Points communs : ce sont des ascensions d’endurance, longues et continues, qui exigent toutes deux une planification préalable du ravitaillement et des vêtements, et qui font toutes deux vivre un écart de température entre la chaleur en bas et la fraîcheur au sommet. D’un point de vue mental, toutes deux testent la « discipline de l’allure » plutôt que la simple puissance explosive.

Différences :

  1. L’écart de dénivelé total est significatif. Le dénivelé total de l’Alpe d’Huez est d’environ 1 071 mètres, bien inférieur aux 2 000 mètres et plus qu’il faut gravir depuis Puli ou Wushe pour monter à Wuling. En d’autres termes, l’Alpe d’Huez ressemble davantage au « tronçon le plus dur de la fin » de Wuling, isolé, avec des pentes accentuées, et condensé en une seule route.
  2. La répartition des pentes est inversée. À Wuling, la difficulté augmente globalement vers la fin (surtout dans le dernier tronçon entre Cingjing et Wuling), alors qu’à l’Alpe d’Huez, c’est le début qui est le plus dur et la fin relativement plus douce ; la stratégie d’allure doit donc être pensée à l’envers.
  3. L’ambiance culturelle diffère. Sur la route de Wuling, l’ambiance est plutôt celle de cyclistes taïwanais qui s’encouragent mutuellement ; à l’Alpe d’Huez, en raison de l’histoire du Tour, on croise à chaque virage des panneaux, des graffitis de fans et des cyclistes internationaux, avec une atmosphère de pèlerinage beaucoup plus marquée.

Méthode de conversion pratique : si vous êtes capable de monter Wuling dans un état raisonnable (quel que soit le temps), cela signifie que vous avez déjà l’endurance de base, en termes de dénivelé total et de production d’effort sur la durée, pour terminer l’Alpe d’Huez. Ce qu’il faut vraiment préparer en plus, c’est le braquet adapté aux pentes raides du début, ainsi que la conscience du risque d’orages d’été en montagne en Europe.

Si vous voulez simuler le rythme de l’Alpe d’Huez avec des montées taïwanaises : Fengguizui est idéal pour travailler un effort continu de courte durée à intensité moyenne-élevée, pour ressentir la pression des pentes raides au départ ; la route provinciale 9 (Beiyi) est parfaite pour s’entraîner à un rythme stable sur 40 à 70 minutes ; Balaka et le circuit en P de Yangjin permettent, avec leurs virages successifs, de se familiariser avec le rythme d’entrée et de sortie des épingles, même si la pente et la longueur réelles sont loin du niveau de l’Alpe d’Huez.

Une autre différence souvent négligée par les cyclistes taïwanais est la « culture du public ». Sur la route de Wuling, même si d’autres cyclistes s’encouragent, l’ambiance est globalement calme, chacun faisant son effort ; à l’Alpe d’Huez, autour de la période du Tour de France, en particulier dans le secteur du Coin des Hollandais, on trouve une foule de fans qui campent au bord de la route même en dehors des jours de course, comme si toute la montagne était un lieu de célébration. Si vous choisissez de vous y rendre pendant ou autour de la période du Tour, soyez mentalement préparé — cette « animation » n’a rien à voir avec l’atmosphère paisible des routes de montagne taïwanaises. La densité de véhicules et de piétons y est nettement plus élevée, et il faut contrôler sa vitesse avec encore plus de prudence.

Un autre point mérite l’attention des cyclistes taïwanais : le long de Wuling, le paysage est surtout composé de forêts continues et de paysages de haute montagne, les points de ravitaillement sont rares mais le trafic routier en lui-même n’est pas trop important ; le long de l’Alpe d’Huez, on traverse en revanche plusieurs hameaux, avec des magasins, des restaurants et même des navettes de la station qui partagent la même route. La complexité du mélange piétons/véhicules y est en réalité plus élevée. En d’autres termes, le défi physique est peut-être comparable à la fin de Wuling, mais la complexité de l’environnement routier est un aspect auquel les cyclistes taïwanais devront s’adapter.

Informations pratiques pour s’y rendre

Période idéale : la meilleure saison pour pédaler dans les Alpes s’étend globalement de la fin du printemps au début de l’automne. En plein été (juillet, août), le climat est le plus stable mais l’affluence touristique et cycliste est maximale, surtout autour de la période du Tour de France, où toute la vallée de Bourg d’Oisans est envahie de cyclistes. Pour éviter la foule, on peut envisager le début de l’été ou le début de l’automne, mais la météo en montagne change rapidement ; avant de partir, consultez impérativement les prévisions locales en temps réel et les avis sur l’état des routes, ne vous fiez pas à des informations obsolètes.

Base d’hébergement : la plupart des cyclistes choisissent de s’installer à Bourg d’Oisans, la petite ville de la vallée, qui dispose d’infrastructures relativement complètes et adaptées au vélo, et qui est proche d’autres ascensions célèbres (comme les itinéraires enchaînés évoqués plus haut), idéale pour organiser un pèlerinage alpin de plusieurs jours. D’autres préfèrent loger directement à la station de l’Alpe d’Huez au sommet, ce qui permet de partir tôt le matin quand il y a moins de touristes et de circulation.

Location et équipement : il existe sur place un réseau mature de location et de réparation de vélos de route, car c’est une destination de pèlerinage prisée des cyclistes du monde entier. Pour les prix, horaires d’ouverture et services précis, renseignez-vous directement auprès des magasins ou des offices de tourisme locaux, ne vous fiez pas à des informations en ligne potentiellement obsolètes.

Stratégie de ravitaillement : avant le départ, la ville de Bourg d’Oisans dispose de points de ravitaillement complets, mais une fois parti, les magasins et points d’eau sur la route sont relativement limités (surtout avant le village de Huez). Pour une ascension estimée entre 1 et 2 heures, il est généralement recommandé de boire environ 500 à 800 ml d’eau par heure (à ajuster selon la température et la transpiration, les variations individuelles sont grandes), et de compléter avec des glucides pour éviter l’épuisement énergétique en fin de parcours. En pratique, il est conseillé de fixer un rythme de ravitaillement régulier (par exemple, une gorgée toutes les 20 minutes) plutôt que d’attendre d’avoir soif pour boire.

Meilleur moment pour partir : tôt le matin est le conseil commun des cyclistes expérimentés, pour plusieurs raisons : moins de circulation (surtout les flux touristiques vers la station), une température plus fraîche propice à la performance, et la possibilité d’éviter le risque d’orages d’après-midi en montagne.

Consignes de sécurité (à lire attentivement)

Météo en montagne : les orages d’après-midi dans les Alpes sont la norme plutôt que l’exception ; une matinée ensoleillée peut virer brutalement à l’orage en fin de journée. Si des nuages menaçants s’accumulent ou si vous entendez le tonnerre au loin, prévoyez de faire demi-tour ou de chercher un abri, et ne restez pas sur les pentes dégagées sous un orage.

Risque en descente : cette route est célèbre pour ses épingles, ce qui signifie qu’à la descente, vous rencontrerez également une succession de virages serrés, et que certains tronçons sont partagés avec des voitures, des motos et des bus touristiques. En descente, contrôlez impérativement votre vitesse, évitez de couper la ligne médiane dans les virages et gardez toujours une distance de freinage suffisante. Dans les longues descentes, privilégiez un « freinage fort et intermittent » plutôt qu’un freinage léger et continu, pour éviter la surchauffe et la perte d’efficacité des freins à disque ou à patins.

Écarts de température et protection : en été, la température dans la vallée peut être assez chaude, mais à près de 1 900 mètres d’altitude au sommet, combinée à la transpiration et à l’effet de refroidissement éolien en descente, la température ressentie peut être nettement plus basse. Il est conseillé d’emporter une veste coupe-vent pliable ; même en été, ne négligez pas l’équipement de protection contre le froid.

Différences du code de la route : les routes de montagne françaises sont généralement à double sens, certaines sections ont une visibilité limitée, et en haute saison touristique, le trafic, les cars et les motos sont nombreux. Roulez à droite de manière stable, vérifiez la sécurité derrière vous avant de dépasser, et ne roulez jamais de front dans les virages.

Il est déconseillé de faire la course sur route ouverte. Cette route attire chaque année de nombreux cyclistes amateurs venus battre leur record personnel, mais sur une route publique, il y a d’autres usagers et des conditions imprévisibles ; battre son record personnel ne vaut pas de mettre sa sécurité en danger.

Avertissement pour les personnes à risque : si vous avez des antécédents de maladies cardiovasculaires, d’asthme ou d’autres maladies chroniques, consultez un médecin pour une évaluation avant tout effort intense et prolongé en montée. Si, pendant l’ascension, vous ressentez une oppression thoracique, une difficulté respiratoire anormale, des vertiges ou une confusion mentale, arrêtez-vous immédiatement et demandez de l’aide. Le contenu de cet article ne remplace pas une évaluation médicale professionnelle.

Liste des erreurs courantes

  1. Sprint à fond dans les 5 premiers kilomètres — le piège de l’Alpe d’Huez est justement l’inverse de beaucoup d’ascensions : le plus dur est au début, et beaucoup épuisent leurs forces ici par excitation.
  2. Un braquet trop lourd — avec une pente moyenne proche de 8 % et des passages à deux chiffres, prévoir un braquet suffisamment léger est la base.
  3. Ignorer le risque de foule autour du Coin des Hollandais — les jours de course ou en haute saison, une foule importante et des véhicules s’y concentrent ; soyez particulièrement attentif à votre environnement en roulant.
  4. Partir avec une seule gourde — les points de ravitaillement sont limités sur la route, et un manque d’eau compromet directement la performance de la seconde moitié.
  5. Partir à midi — c’est le moment où la température est la plus élevée, où il y a le plus de monde et de voitures, et où le risque d’orage d’après-midi est le plus fort.
  6. Imaginer la ligne d’arrivée trop tôt — après l’entrée dans la ville, il reste encore un bout de route avant le véritable point d’arrivée traditionnel ; se relâcher trop tôt fait perdre de la vitesse.
  7. Se fier entièrement aux données de pente trouvées en ligne pour se faire une idée — les différentes plateformes donnent des chiffres différents sur la longueur et le dénivelé ; les panneaux sur place et les sensations sont la référence ultime.
  8. Couper les virages en serrant l’intérieur à la descente — c’est l’une des causes les plus courantes d’accidents de vélo en montagne ; gardez impérativement une trajectoire sûre.

Liste d’actions : d’aujourd’hui jusqu’au départ du virage n°21

Préparation physique (8 à 12 semaines avant le départ)

  • Planifier une à deux séances d’entraînement en montée continue de 45 à 90 minutes par semaine, à une intensité se situant dans la zone « capable de dire des phrases courtes, mais pas de discuter »
  • Toutes les deux à trois semaines, prévoir une sortie longue avec un dénivelé total supérieur à 800 mètres, pour simuler la fatigue cumulative
  • Pour s’adapter aux pentes raides du début, intégrer des intervalles « haute intensité dès le départ », simulant le rythme de l’Alpe d’Huez qui met tout de suite les choses au clair
  • Toutes les recommandations d’entraînement doivent être progressives, les variations individuelles sont grandes ; en cas de douleur persistante ou de fatigue anormale, réduisez la charge et consultez un professionnel

Check-list du matériel

  • Braquet : prévoir une configuration avec au moins un plus petit rapport de 34×32 ; en cas de doute, mieux vaut prendre plus léger
  • Système de freinage : vérifier que l’épaisseur des plaquettes / patins est suffisante, et que le système hydraulique ne présente pas de problème d’air
  • Pneus : vérifier l’usure de la bande de roulement et les coupures éventuelles, emporter une chambre à air de rechange et les outils de réparation de base
  • Vêtements : veste coupe-vent pliable, gants longs, et manchons de jambes selon la température

Planification de l’itinéraire

  • Avant le départ, vérifier les prévisions météo locales en temps réel et privilégier la matinée
  • Si le voyage est prévu autour de la période du Tour de France, prévoir une plus grande marge de manœuvre pour les transports et l’hébergement
  • Envisager de combiner l’Alpe d’Huez avec d’autres ascensions célèbres des environs sur plusieurs jours, pour répartir l’intensité quotidienne

Check-list du jour J

  • Partir tôt le matin, avec un apport suffisant en glucides avant le départ
  • Réduire volontairement l’intensité au début, résister à l’envie de « foncer dès le départ »
  • Boire toutes les 20 minutes, compléter avec des glucides selon les besoins, ne pas attendre d’avoir soif
  • Prendre les virages par l’extérieur, accélérer à la sortie, maintenir une cadence de pédalage stable
  • Une fois au sommet, ajouter d’abord des vêtements chauds avant de penser aux photos
  • En descente, freiner de manière intermittente ; si vous sentez une fatigue des mains ou une sensation de froid, arrêtez-vous immédiatement pour vous ajuster

21 virages, du n°21 au n°1, chaque panneau de virage porte un morceau de l’histoire du Tour de France. Cette route ne change pas d’un iota selon que vous la montez vite ou lentement ; elle est simplement là, immobile, attendant le prochain qui lèvera les yeux vers elle.

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