Le géant de Provence : comment le mont Ventoux effraie les cyclistes du monde entier avec son désert blanc
Entre les vignobles et les champs de lavande à perte de vue de Provence, une montagne se dresse solitaire, son sommet arborant une blancheur étrange toute l’année, comme saupoudrée de neige même en plein été. En s’approchant, on découvre que ce n’est pas de la neige, mais des débris de calcaire blanc à nu — les arbres ne peuvent tout simplement pas pousser sur la moitié supérieure de cette montagne, ne laissant que des rochers dénudés et le vent qui hurle.
C’est le Mont Ventoux, dont le nom français évoque l’idée de « montagne venteuse », et que les cyclistes surnomment avec encore plus de justesse : le Géant de Provence. Il se dresse isolé dans la plaine provençale, sans chaîne de montagnes pour le protéger, ce qui lui confère un statut particulier dans le monde du cyclisme — ce n’est peut-être pas la pente la plus raide, mais c’est certainement l’une des ascensions les plus oppressantes psychologiquement.
Une montagne que les coureurs du Tour respectent et redoutent
Le Mont Ventoux est inscrit dans l’histoire du Tour de France depuis des décennies, l’un des théâtres les plus dramatiques aux yeux des concepteurs de parcours. Son histoire la plus connue et la plus lourde remonte à 1967 — le coureur britannique Tom Simpson y a trouvé la mort en pleine ascension, à un endroit situé près du sommet, au bord de la route dans la section rocheuse dénudée. Cet événement a secoué le peloton professionnel de l’époque, et pendant des années, le Mont Ventoux a été étroitement associé à des mots comme « extrême » et « risque ». Aujourd’hui, un mémorial se dresse près du lieu du drame, devenant un repère où de nombreux cyclistes s’arrêtent spécialement pour rendre hommage lors de leur ascension (l’emplacement exact du mémorial et les détails connexes varient légèrement selon les récits et les commémorations ; il est recommandé de se fier aux informations sur place).
Au-delà de cette histoire lourde, le Mont Ventoux a aussi donné naissance à d’innombrables batailles épiques. Au fil des ans, le Tour y a fait étape à de multiples reprises, permettant aux grimpeurs de s’affronter dans l’air raréfié et le vent violent, faisant de ce nom l’équivalent de « test ultime » dans le monde du cyclisme. Contrairement à l’Alpe d’Huez, qui figure presque chaque année au programme, les concepteurs du parcours du Tour traitent généralement le Mont Ventoux comme le clou du spectacle, l’insérant délibérément tous les quelques années seulement, donnant à chaque apparition un sentiment de « retrouvailles » cérémonieux, ce qui attise d’autant plus les discussions des fans.
Avant de devenir un lieu saint du cyclisme, cette montagne portait aussi une histoire scientifique et humaine plus ancienne. Le poète italien de la Renaissance Pétrarque aurait gravi cette montagne au XIVe siècle, laissant des écrits décrivant son état d’esprit au sommet, ce qui donne au Mont Ventoux une place dans l’histoire littéraire (les récits datant d’une époque lointaine, les détails varient selon les versions ; à considérer comme simple contexte). Une station d’observation météorologique est toujours installée au sommet, enregistrant depuis des années les données climatiques extrêmes de cette « montagne du vent », faisant du Mont Ventoux, au-delà de sa renommée cycliste, un site majeur d’étude météorologique et écologique en France.
Ce qui rend le Mont Ventoux inoubliable, ce n’est en réalité aucune course, mais son propre relief. Depuis la forêt au pied de la montagne, les arbres disparaissent soudainement à une certaine altitude, remplacés par d’interminables pentes de gravier blanc, sans la moindre végétation, évoquant de loin une certaine désolation de « surface lunaire » — c’est pourquoi l’expression « paysage lunaire » est si répandue parmi les cyclistes. De plus, le Mont Ventoux étant situé dans une zone dégagée, presque sans barrière, le sommet est fréquemment balayé par le puissant mistral ; selon les relevés locaux et météorologiques, les vitesses de vent peuvent y atteindre des niveaux remarquables dans certaines conditions météorologiques, ce qui en fait l’un des endroits les plus venteux de France métropolitaine (les chiffres précis varient selon les sources ; à titre indicatif uniquement, se référer aux stations météo sur place et aux alertes officielles).
Données de base de l’itinéraire
Le Mont Ventoux compte trois voies principales pour atteindre le sommet, la plus classique et la plus utilisée par le Tour étant celle qui part de Bédoin, sur le versant sud-est. Les chiffres ci-dessous sont compilés à partir de plusieurs bases de données publiques d’ascensions ; les points de départ et les méthodes de mesure diffèrent selon les sources, les chiffres peuvent donc varier — à considérer comme des « valeurs approximatives », les panneaux officiels et la signalisation sur place faisant foi.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Pays / Massif | France, Provence / département du Vaucluse |
| Départ → Arrivée | Bédoin (village au pied de la montagne) → Sommet du Mont Ventoux |
| Longueur | Environ 20,8 km |
| Dénivelé total | Environ 1 594 m |
| Pente moyenne | Environ 7,7 % (certaines bases indiquent 7,5 %) |
| Pente maximale | Environ 12 % (principalement dans la section forestière) |
| Altitude départ / arrivée | Environ 310 m → Environ 1 909 m |
| Origine de la notoriété | Visites répétées du Tour, événement Simpson de 1967, relief désertique de calcaire blanc unique |
Outre l’itinéraire de Bédoin, deux autres voies d’ascension, moins mentionnées mais tout aussi dignes d’intérêt, méritent d’être connues : celle partant de Malaucène, sur le versant nord-ouest, dont la longueur et la pente sont proches de celles de Bédoin, mais avec davantage d’ombre sur le parcours et une exposition au vent légèrement différente ; et celle partant de Sault, sur le versant est, plus longue mais avec une pente moyenne plus douce, souvent considérée comme la moins difficile des trois, idéale pour une première tentative.
Fait intéressant, ces trois itinéraires finissent par converger sur la même route près du sommet, ce qui signifie que quel que soit le côté par lequel on part, les derniers kilomètres de rocaille blanche, l’épreuve du vent et le dôme de la station météo au sommet constituent une expérience finale commune incontournable. De nombreux cyclistes avides de défis organisent le « tour des trois faces » (l’esprit des Cinglés du Ventoux) — gravir la montagne trois fois dans la même journée depuis trois points de départ différents, accumulant un dénivelé total considérable, une forme de défi ultime depuis longtemps transmise parmi les amoureux du Mont Ventoux (les règles officielles et les modalités de validation de ces événements sont à vérifier auprès des annonces officielles ; cet article ne cite pas de chiffres précis).
Découpage par sections : trois mondes radicalement différents
Ce qui rend l’itinéraire de Bédoin à la fois fascinant et éprouvant, c’est qu’il se divise clairement en trois sections au caractère totalement distinct :
Première section (Bédoin à Saint-Estève, environ les 5,5 premiers kilomètres) : C’est la section d’échauffement relativement douce de toute l’ascension, avec une pente d’environ 4 %, un revêtement lisse, bordée de vignobles et de paysages champêtres typiquement provençaux. Beaucoup de cyclistes se disent alors « le Mont Ventoux, ce n’est que ça » — mais c’est en réalité le plus grand piège : la vraie épreuve est encore à venir.
Deuxième section (Saint-Estève au Chalet Reynard, section forestière) : C’est la section la plus dure et la plus longue de tout le parcours, dépassant la moitié de l’itinéraire, avec une pente qui se maintient autour de 9 à 10 %, parfois même plus raide par endroits, et entièrement enveloppée de forêts de pins, sans presque aucun changement de vue ni brise pour rafraîchir. Cette sensation d’enfermement — « pas de fin en vue, pas de paysage » — est ce que beaucoup de cyclistes trouvent le plus difficile mentalement. De nombreux cyclistes expérimentés préviennent les novices : dans cette section, le plus important n’est pas le physique, mais la résilience mentale — il faut se convaincre de pédaler un coup après l’autre, sans penser à la distance restante.
Troisième section (Chalet Reynard au sommet, section de rocaille blanche) : À la sortie de la forêt, le paysage change radicalement — les arbres disparaissent, remplacés par cette fameuse pente de gravier blanc, la vue s’ouvre instantanément sur toute la plaine provençale, mais en même temps le vent s’abat sur vous sans la moindre protection. La pente y est légèrement plus douce, mais la pression ressentie est en réalité plus forte, car on voit clairement le dôme blanc de l’observatoire astronomique au sommet, juste devant soi, et il faut pourtant encore pédaler un long moment avant d’y arriver — l’archétype de la torture mentale « on le voit, on n’y arrive pas ».
Au sommet se dresse le dôme blanc bien visible de la station radar météorologique, un repère visuel que les cyclistes aperçoivent de loin mais mettent une éternité à atteindre, et l’image la plus emblématique de tout ce défi.
Puissance et estimation de l’allure : le calcul physique à l’appui
En utilisant le modèle physique simplifié de montée couramment employé dans l’industrie, estimons le temps nécessaire à différents profils de cyclistes pour terminer le parcours du Mont Ventoux par Bédoin :
P = (Fg + Fr + Fa) × v / rendement de transmission
Fg = m × g × sin(arctan(pente)) Composante gravitationnelle
Fr = m × g × cos(arctan(pente)) × Crr Résistance au roulement
Fa = 0.5 × ρ × CdA × v² Résistance aérodynamique
Paramètres hypothétiques retenus pour le calcul :
- Poids du cycliste : 70 kg + vélo et équipement : 9 kg, soit environ 79 kg au total
- Accélération de la pesanteur g = 9,81 m/s²
- Coefficient de résistance au roulement Crr ≈ 0,005
- Surface frontale aérodynamique CdA ≈ 0,32 m² (position de montée)
- Densité de l’air ajustée à la baisse selon l’altitude moyenne du Mont Ventoux (environ 1 100 m)
- Rendement de transmission ≈ 0,975
Attention : ce modèle est calculé sur la pente moyenne et n’intègre pas le mistral, le vent le plus célèbre du Mont Ventoux. Si le vent souffle fort le jour J, la puissance et le temps réellement nécessaires sur le secteur du désert de pierres blanches augmenteront sensiblement. C’est la raison clé pour laquelle cette montagne est plus difficile que ce que les chiffres laissent paraître.
Résultats du calcul effectué en Python :
| Ratio puissance/poids | Puissance correspondante | Profil type | Temps de montée estimé | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Environ 140 W | Débutant terminant l’ascension | Environ 2 h 42 min | Environ 7,7 km/h |
| 2,5 W/kg | Environ 175 W | Amateur moyen | Environ 2 h 10 min | Environ 9,6 km/h |
| 3,0 W/kg | Environ 210 W | Cycliste confirmé | Environ 1 h 49 min | Environ 11,4 km/h |
| 4,0 W/kg | Environ 280 W | Niveau compétition | Environ 1 h 23 min | Environ 14,9 km/h |
| 5,0 W/kg | Environ 350 W | Niveau professionnel | Environ 1 h 08 min | Environ 18,2 km/h |
Ce tableau est une estimation issue du modèle physique en conditions sans vent ; il ne tient pas compte du mistral, de l’état de la route ni des différences morphologiques. Les temps réels s’écarteront nécessairement de ces valeurs. Si un vent violent souffle au sommet ce jour-là, même des cyclistes au niveau physique identique peuvent avoir besoin de plusieurs dizaines de minutes supplémentaires pour terminer le dernier secteur. C’est aussi pourquoi de nombreux cyclistes expérimentés affirment que la vraie difficulté du Mont Ventoux tient pour moitié à la pente, et pour moitié à la météo. Quant aux records d’ascension établis par les professionnels lors du Tour de France, les relevés eux-mêmes sont sujets à controverse selon les époques et les points de chronométrage de départ et d’arrivée ; cet article ne cite aucun temps précis afin d’éviter toute méprise chez le lecteur.
En comparant les trois itinéraires, celui de Bédoin est unanimement reconnu comme le plus dur ; celui de Malaucène présente une difficulté comparable mais une exposition au vent différente, tandis que celui de Sault, avec sa distance plus longue et sa pente plus douce, allonge le temps total nécessaire mais offre un déroulement plus progressif et une pression ressentie moindre.
Le point de vue des cyclistes taïwanais : en quoi c’est plus dur que Wuling ou Fengguizui
Pour les cyclistes taïwanais, ce qui rend le Mont Ventoux le plus singulier, ce n’est pas le chiffre de la pente ou de la longueur, mais bien le choc psychologique de « voir le terrain s’étaler à nu devant soi », un aspect qui diffère profondément de la plupart des parcours de montée à Taïwan :
Comparaison des volumes : le dénivelé total du parcours de Bédoin au Mont Ventoux est d’environ 1 594 mètres, un ordre de grandeur comparable à la montée de Puli à Wuling, mais le Mont Ventoux concentre ce dénivelé sur une distance plus courte, avec une pente moyenne nettement plus raide.
Pression psychologique du terrain différente : le long de Wuling, les forêts, les nuages et les chaînes de montagnes offrent des changements visuels constants ; même si l’effort est pénible, le paysage ne cesse d’évoluer. Sur le Mont Ventoux, la section forestière s’étend longuement sans aucun changement de paysage visible, ce qui plonge facilement le cycliste dans un état de fatigue psychologique monotone. Cette épreuve de « ne voir ni la fin ni le paysage » est d’une nature différente de l’expérience de Wuling.
Le facteur vent : les montées de haute montagne à Taïwan (comme Wuling ou la région du mont Hehuan) peuvent elles aussi rencontrer des vents forts, mais un terrain aussi isolé, pratiquement sans aucune protection et réputé pour ses vents violents comme le Mont Ventoux est rare. Si vous ne vous entraînez que dans les montagnes boisées de Taïwan, il est très difficile de simuler pleinement cette sensation d’exposition totale, sans le moindre abri, au sommet du Mont Ventoux.
Une méthode de transposition pratique : si vous êtes capable de terminer Wuling d’une traite de manière régulière, cela signifie que vous possédez déjà les bases physiques — en dénivelé total et en endurance prolongée — pour boucler le Mont Ventoux. Ce qu’il faut réellement préparer en plus, c’est la tolérance mentale face à une « longue montée monotone sans variation », ainsi que l’équipement et le jugement nécessaires pour affronter des conditions venteuses.
Si vous souhaitez utiliser les pentes taïwanaises pour simuler le rythme du Mont Ventoux : la montée continue de Fengguizui permet de travailler la tolérance à l’effort soutenu ; la longue distance de la route provinciale 9 (Beiyi) convient pour simuler la monotonie de la section forestière, cette impression de « ne pas voir le bout » ; quant au terrain venteux, aucun itinéraire à Taïwan n’y correspond vraiment. Il est recommandé de renforcer la stabilité de pilotage face aux rafales soudaines via un home-trainer ou des séances en salle.
Par ailleurs, les cyclistes taïwanais sont peu familiarisés avec le mode « trois faces pour un même sommet », qui consiste à gravir la même montagne à plusieurs reprises le même jour. Ce type de défi extrême, long et cumulant un fort dénivelé total, exige une gestion mentale totalement différente d’une ascension unique — il faut gérer non seulement le rythme d’une montée, mais aussi la récupération en descente, l’enchaînement des ravitaillements et la répartition globale de l’énergie. Si vous avez déjà l’expérience d’un aller-retour à Wuling ou de l’enchaînement de plusieurs ascensions parmi les 100 plus grandes montées de Taïwan, cette qualité mentale est en réalité déjà en place ; il ne reste plus qu’à appliquer ce rythme sur une échelle de temps plus longue.
Aspects pratiques pour aller y rouler
Saison idéale : la meilleure saison pour gravir le Mont Ventoux se situe globalement entre la fin du printemps et le début de l’automne. Il faut absolument noter que, même en été lorsque les températures sont élevées en plaine, la zone sommitale peut donner une sensation de froid nettement plus marquée à cause du vent, et que la météo change extrêmement vite. Avant le départ, consultez impérativement les prévisions locales en temps réel et l’état des routes ; ne vous fiez pas à des informations obsolètes.
Base d’hébergement : la commune de Bédoin est le point de départ le plus classique. On y trouve des infrastructures cyclistes relativement complètes et des options d’hébergement ; c’est aussi une base utilisée par de nombreuses équipes pour leurs stages d’entraînement. Malaucène et Sault peuvent également servir de base de départ, et se prêtent bien à un défi de plusieurs jours enchaînant les trois itinéraires.
Location de vélo et matériel : des services de location de vélos de route et de réparation bien établis sont disponibles sur place. Pour les tarifs précis, les horaires d’ouverture et le détail des prestations, veuillez vous renseigner directement auprès des magasins ou des offices de tourisme locaux.
Stratégie de ravitaillement : le Chalet Reynard est un point de ravitaillement majeur à mi-parcours ; au-delà, une fois entré dans le secteur du désert de pierres blanches, les options de ravitaillement deviennent très limitées. Sur la base d’un temps de montée estimé entre 1 h 30 et 3 h sur cet itinéraire, il est généralement recommandé de s’hydrater à raison d’environ 500 à 800 ml par heure (en ajustant selon la température et la transpiration), et de compléter avec des glucides. Il est vivement recommandé de faire un dernier point de ravitaillement complet au Chalet Reynard, car au-delà, il n’y a pratiquement plus aucun abri ni aucune option de ravitaillement.
Meilleur moment pour partir : le petit matin est généralement conseillé, car la section forestière est relativement confortable quand les températures sont encore fraîches, et cela permet d’éviter le renforcement du vent et le risque d’orages qui peuvent survenir dans l’après-midi.
Rappel de sécurité (à lire attentivement)
Le vent fort est la plus grande variable de cette montagne. Le mistral peut se renforcer sans le moindre avertissement, et particulièrement sur le secteur du désert rocheux blanc au sommet, où aucune barrière naturelle n’existe. Un fort vent latéral peut directement affecter la stabilité du pilotage, et le risque est encore plus élevé en descente. Si les prévisions météorologiques du jour annoncent un avertissement de vent fort, il faut évaluer prudemment s’il est raisonnable de monter, ou au minimum se préparer mentalement à faire demi-tour à tout moment.
Écarts de température et protection contre le froid : l’écart de température entre le pied et le sommet de la montagne peut être considérable. Combiné à l’effet de refroidissement éolien causé par le vent fort, même en partant en été, le sommet peut donner une sensation de froid marquée. Il est impératif d’emporter une veste coupe-vent pliable.
Risques en descente : la surface de la descente dans le secteur forestier est en bon état mais comporte de nombreux virages. Sur la descente du secteur du désert rocheux blanc, il faut particulièrement surveiller les fortes rafales latérales. Pour les longues descentes, il est recommandé d’adopter un freinage fort intermittent afin d’éviter la surchauffe et la perte d’efficacité du système de freinage.
Ensoleillement et protection solaire : le secteur du désert rocheux blanc n’offre pratiquement aucune ombre. Ajouté à la réflexion du soleil sur les rochers, l’exposition aux rayons UV peut être considérable. Il est recommandé de bien se préparer en matière de protection solaire.
Visibilité et conditions météorologiques soudaines : la zone sommitale peut occasionnellement être rapidement enveloppée de nuages et de brume, la visibilité chutant considérablement en très peu de temps. Cela représente un défi supplémentaire pour le jugement et le temps de réaction en descente. En cas de mauvaise visibilité, il faut réduire la vitesse et allumer les feux. Si nécessaire, faites une pause à un endroit sûr en attendant que la brume se dissipe. Ne vous obstinez pas à continuer la descente dans des conditions de visibilité réduite. Mieux vaut attendre dix minutes de plus que de risquer de descendre à l’aveugle.
Il est déconseillé de faire la course sur route ouverte. Cette route attire chaque année de nombreux cyclistes amateurs venus tenter de battre leur record personnel. L’incident de 1967 rappelle également à chaque cycliste : la montagne sera toujours là, et l’évaluation de la sécurité prime toujours sur la recherche de la performance.
Avertissement pour les populations spécifiques : si vous avez des antécédents de maladies cardiovasculaires, d’asthme ou d’autres maladies chroniques, consultez un médecin pour une évaluation avant de vous exposer à un environnement de haute intensité prolongée avec du vent fort et des UV. Si, pendant l’ascension, vous ressentez une oppression thoracique, une difficulté respiratoire anormale, des vertiges, une confusion mentale ou des signes de déshydratation sévère, arrêtez-vous immédiatement et demandez de l’aide. Le contenu de cet article ne saurait remplacer une évaluation médicale professionnelle.
Liste des erreurs courantes
- Se laisser tromper par la douceur du premier tronçon — les 5,5 premiers kilomètres de l’itinéraire du Bédoin sont relativement plats, ce qui pousse beaucoup de monde à forcer trop tôt avant le secteur forestier.
- Sous-estimer la difficulté mentale du secteur forestier — l’absence prolongée de changement de paysage peut facilement faire perdre le rythme. Il est conseillé de s’y préparer mentalement à l’avance.
- Ignorer la menace du vent — le vent fort du secteur du désert rocheux blanc peut considérablement affecter le pilotage et la sensation physique. Vérifiez impérativement les conditions météorologiques avant le départ.
- Ne penser au ravitaillement qu’après le Chalet Reynard — c’est le dernier point de ravitaillement fiable ; passé celui-ci, il n’y a pratiquement plus d’options.
- Ne préparer qu’un équipement léger d’été — l’écart de température au sommet et l’effet de refroidissement éolien prennent souvent les gens au dépourvu.
- Partir à midi — c’est la période où les températures sont les plus élevées, où le vent peut se renforcer et où le risque d’orages augmente.
- Négliger la protection solaire — l’exposition due à la réflexion du soleil sur les rochers blancs est souvent sous-estimée.
- Se fier entièrement aux données de pente trouvées en ligne pour se faire une idée mentale — les longueurs et les dénivelés enregistrés varient déjà selon les plateformes. Les panneaux sur le terrain et la sensation physique restent la référence ultime.
Liste d’actions : d’aujourd’hui jusqu’au moment où vous poserez le pied sur le désert rocheux blanc
Préparation physique (8 à 12 semaines avant le départ)
- Planifier une à deux séances d’entraînement en montée continue de 60 à 120 minutes par semaine, à une intensité se situant dans la zone « capable de dire des phrases courtes, incapable de tenir une conversation »
- Toutes les deux à trois semaines, planifier une sortie longue avec un dénivelé total supérieur à 1 000 mètres, pour simuler la monotonie de l’effort prolongé du secteur forestier
- Intégrer un entraînement au pilotage face au vent fort, par exemple en s’exerçant à rouler de manière stable sur des sections dégagées avec du vent latéral
- Toutes les recommandations d’entraînement doivent être progressives, car les différences individuelles sont grandes ; en cas de douleur persistante ou de fatigue anormale, réduisez la charge et demandez un avis professionnel
Liste de contrôle du matériel
- Développement : il est recommandé de prévoir une configuration avec au moins un braquet le plus léger de 34×30
- Système de freinage : vérifier que l’épaisseur des plaquettes / patins de frein est suffisante
- Vêtements : veste coupe-vent pliable, manchons ou coupe-vent, protection solaire
- Ravitaillement : vérifier avant le départ que le nombre de bidons est suffisant pour tenir jusqu’à la section après le Chalet Reynard
Planification de l’itinéraire
- Vérifier les prévisions météorologiques locales en temps réel avant le départ, en portant une attention particulière aux alertes de vitesse du vent
- Si le temps le permet, envisager d’enchaîner les trois itinéraires d’ascension (Bédoin, Malaucène, Sault) et d’organiser un défi sur plusieurs jours
- Prévoir une marge de temps flexible, car le vent fort peut entraîner des changements de plan à la dernière minute
Liste d’exécution le jour J
- Partir tôt le matin, en absorbant suffisamment de glucides avant le départ
- Réduire délibérément l’intensité sur le premier tronçon, en gardant des forces pour le secteur forestier
- Dans le secteur forestier, établir un rythme de ravitaillement fixe, en buvant toutes les 20 minutes
- Au Chalet Reynard, faire une dernière vérification : eau, vêtements, état physique
- Après être entré dans le secteur du désert rocheux blanc, surveiller les variations du vent et être prêt à ajuster sa position de pilotage pour faire face au vent latéral
- Une fois au sommet, ajouter d’abord des vêtements chauds avant d’envisager de prendre des photos souvenir
- En descente, adopter un freinage intermittent et surveiller l’impact du vent fort sur le pilotage
À l’instant où, depuis la lisière de la forêt, vous contemplez cette étendue désertique blanche, vous comprendrez pourquoi cette montagne, isolée au milieu de la plaine provençale, inspire à la fois respect et crainte aux cyclistes du monde entier. Elle n’a pas besoin d’effrayer par des chiffres de pente vertigineux. Le simple fait de se tenir là est déjà une déclaration — le vent, la lumière, l’aridité et l’histoire s’additionnent, indissociables, sur un même sommet, attendant que vous veniez le gravir par vous-même.
Lectures complémentaires sur le sujet
- Mont Ventoux, la montagne chauve de Provence : l’ascension la plus impitoyable du Tour de France
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