La maison du pire temps du monde : Mount Washington Auto Road, l'épreuve de montée de l'Est américain à 12 % de pente moyenne sans aucun répit
Les cinquante derniers mètres, la pente grimpe à 22 %. Ta roue avant semble presque toucher ton menton, et voir un pourcentage à un seul chiffre sur ton compteur est une bénédiction — parce que tu viens de te faire malmener par du 18 % pendant près d’un mile et demi. La ligne d’arrivée est en vue, le bâtiment blanc à dôme de la station d’observation au sommet est là, l’anémomètre tourne à toute allure. Nous sommes ici au Mount Washington, dans le New Hampshire, aux États-Unis. Cette route, c’est la Mount Washington Auto Road, considérée comme la montée asphaltée la plus dure de toute la côte Est américaine. Sans exception.
Le Mont Washington culmine à environ 1 917 mètres (6 288,3 pieds). Pour un Taïwanais, cette altitude n’a rien d’impressionnant — le Wuling est bien plus haut. Mais cette montagne détient un titre de niveau mondial : « Le foyer du pire temps du monde » (Home of the World’s Worst Weather). Le 12 avril 1934, la station d’observation au sommet a enregistré une rafale de 231 miles/heure (environ 372 km/h). Ce record a tenu jusqu’en 1996 et reste à ce jour la vitesse de vent la plus élevée jamais mesurée dans un environnement « ni tornade, ni cyclone tropical ». Quand tu es au Wuling et que la mousson du nord-est est si forte que tu as du mal à rester debout, sache que ce n’est qu’une fraction des rafales quotidiennes d’ici.
Informations de base sur le parcours
| Élément | Détail |
|---|---|
| Pays / Massif | États-Unis, New Hampshire, Montagnes Blanches (White Mountains) |
| Départ → Arrivée | Glen House (poste de péage au pied) → Station d’observation du sommet du Mont Washington |
| Longueur | Environ 12,3 km (7,6 miles, selon les sources) |
| Dénivelé total | Environ 1 400 m (environ 4 600 pieds) |
| Pente moyenne | Environ 11,6 % à 12 % |
| Pente maximale | Sections locales à 18 %, les 50 derniers mètres montent à 22 % |
| Altitude départ / arrivée | Départ environ 500 m → Arrivée environ 1 917 m |
| Source de notoriété | Deux courses de montée historiques organisées chaque été : la Mt. Washington Auto Road Bicycle Hillclimb (août) et la Newton’s Revenge (juillet) |
Cette route est une route à péage pour voitures, ouverte dès 1861, huit ans avant le chemin de fer à crémaillère (Cog Railway, inauguré en 1869) qui mène également au sommet. C’est l’une des plus anciennes routes panoramiques artificielles des États-Unis. À l’origine, elle servait aux calèches puis aux touristes en voiture pour admirer le paysage. Sa conception n’a jamais pris en compte le confort des cyclistes — donc il n’y a pratiquement aucun répit sur toute la longueur. C’est ce qui rend cette montée vraiment terrifiante : ce ne sont pas les chiffres de pente en eux-mêmes (une moyenne de 12 % n’est pas exceptionnelle dans les Alpes), mais le fait qu’il n’y a presque aucun passage plat ou en descente pour récupérer, du départ à l’arrivée. Beaucoup de montées européennes célèbres ont des sections plus douces ou même de courtes descentes pour reprendre son souffle, s’approvisionner, se dégourdir les poignets. Pas le Mont Washington — c’est une ligne droite où « la pression ne cesse d’augmenter », avec un rythme cardiaque verrouillé au bord du seuil anaérobie pendant 7,6 miles d’affilée.
Fait intéressant : la station d’observation au sommet a fini par adopter « Le foyer du pire temps du monde » comme slogan. Mais selon des rapports publics, cette phrase provient en réalité d’un article de magazine des années 1940, dont la conclusion originale était plutôt « le Mont Washington n’a peut-être pas le pire temps du monde ». Pourtant, ce slogan sorti de son contexte a perduré et est devenu le symbole marketing le plus marquant de la montagne. Que le temps y soit réellement le pire du monde ou non, quiconque a gravi cette route vous le dira : la vitesse à laquelle le temps y change est absolument « de classe mondiale », et vous la vivrez par vous-même.
Pourquoi cette route est devenue une légende du cyclisme
Si la Mount Washington Auto Road est si célèbre dans le monde du cyclisme sur route, c’est parce qu’elle combine trois caractéristiques : une pente extrême, une météo extrêmement imprévisible, et une très longue tradition de course. La Mt. Washington Auto Road Bicycle Hillclimb, organisée chaque année en août, est l’une des courses de montée les plus anciennes et les plus respectées d’Amérique du Nord. Elle attire depuis longtemps les meilleurs grimpeurs de tout le pays pour tenter de battre des records personnels. En juillet, une autre course indépendante, la Newton’s Revenge, propose également l’ascension de cette route. Les deux épreuves sont de nature similaire, mais les organisateurs et les conditions climatiques annuelles diffèrent, ce qui a créé des contextes de records distincts. Ce format « deux chances par an » fait que de nombreux amateurs de la côte Est se fixent comme objectif annuel de « passer sous tel ou tel temps psychologique », et c’est l’une des raisons pour lesquelles ce parcours conserve une place durable dans la communauté cycliste américaine.
Pour les cyclistes familiers de la culture de la montagne européenne, le Mont Washington est souvent comparé aux montées légendaires des Alpes, mais sa nature est en réalité très différente. Les montées classiques européennes (comme les cols célèbres des Dolomites ou des Alpes) sont généralement plus longues, avec des variations de pente plus riches, et conservent des ondulations car ce sont des routes reliant deux localités. La Mount Washington Auto Road, elle, a été conçue dès le départ comme une route panoramique « qui ne fait que monter », sans aucun but utilitaire de connexion entre villages. Son profil de pente est donc d’une « netteté » inhabituelle — tout droit vers le haut, sans compromis. Cette linéarité presque brutale, combinée à une météo de haute montagne totalement imprévisible, lui confère une place unique dans le cœur des amateurs de montée en Amérique du Nord.
Décomposition par sections
Comme les sources officielles et les bases de données de montée présentent les détails des pentes par section de manières différentes, voici une description qualitative en « début, milieu, fin » pour vous donner le rythme. Les variations réelles de pente sont à vérifier sur les panneaux et les bornes kilométriques sur place.
Début (du poste de péage à la zone forestière) : Les premiers kilomètres sont en réalité relativement « accueillants » — attention, « accueillant » est relatif à la suite, la pente moyenne reste autour de 10 %. La route serpente à travers la forêt, la vue est masquée par de hautes conifères des deux côtés. Vous entendez votre propre respiration et le frottement des pneus sur le bitume, mais vous ne voyez pas le sommet. Beaucoup de cyclistes décrivent cette section comme la phase « où l’on fait semblant de faire une montée normale » — le corps n’est pas encore en mode extrême, et l’illusion peut vous faire rouler trop vite.
Milieu (dernière montée sous la limite des arbres jusqu’à la limite des arbres) : La pente commence à s’accentuer nettement, certaines sections se maintiennent autour de 15 %. C’est là que la pression psychologique commence à s’accumuler sur tout le parcours. La forêt s’éclaircit, le vent commence à s’engouffrer, et la sensation de température diminue avec l’altitude. Cette section est ce que beaucoup de finishers décrivent rétrospectivement comme le tournant où « on commence à douter de sa vie », car on réalise que les économies d’énergie que l’on croyait avoir faites au début sont loin d’être suffisantes.
Fin (au-dessus de la limite des arbres jusqu’au sommet) : Une fois sorti de la limite des arbres (tree line), vous êtes soudainement exposé à un environnement de haute montagne totalement dégagé. Le vent s’intensifie souvent brusquement, et la pente ne montre aucun signe de relâchement — elle s’accumule au contraire pour atteindre son maximum sur les sections proches de l’arrivée, y compris le fameux « sprint final de 50 mètres à 22 % ». Beaucoup décrivent cette section comme « rien que de la regarder, on a les jambes en coton », car on voit clairement la route asphaltée s’enfoncer directement vers le ciel, sans aucun répit visuel.
Au-dessus de la limite des arbres, la différence d’altitude n’est pas seulement un choc visuel : la température ressentie chute brutalement. Même si vous êtes parti en bas par une matinée d’été chaude, en short et maillot, déjà en nage, une fois au-dessus de la limite des arbres avec le vent, la température ressentie peut soudainement nécessiter un manchon long, voire une veste coupe-vent. C’est pourquoi de nombreux habitués de cette route recommandent, même pour un défi estival, de glisser une veste coupe-vent légère dans la poche du maillot — non pas parce que la météo annonce du froid, mais parce que le temps du Mont Washington ne suit aucune prévision.
Stratégie d’allure et mentale
Comme le parcours n’offre presque aucune section de récupération, l’erreur la plus courante en matière de stratégie d’allure est de « partir trop fort au début ». Beaucoup de novices se laissent berner par la pente moyenne relativement « douce » de 10 % au début, se sentant à l’aise, puis découvrent en arrivant au milieu, où la pente monte vers 15 %, que la dette anaérobie (anaerobic debt) s’est déjà accumulée. Ensuite, au-dessus de la limite des arbres, le vent de face s’en mêle et c’est l’effondrement total.
L’approche la plus prudente consiste à considérer l’ensemble du parcours comme un « combat de boxe poids lourds » plutôt qu’un sprint : au début, réduisez délibérément votre puissance, préférez avoir l’impression que « je roule peut-être trop prudemment aujourd’hui » plutôt que de laisser votre fréquence cardiaque monter dès le départ vers le haut de votre seuil. Dans la section du milieu, avec des pentes soutenues à 15 %, concentrez-vous sur la stabilité de la cadence plutôt que sur la vitesse — c’est à ce stade que la fatigue d’un effort maximal commence à s’accumuler, et des auto-suggestions opportunes (comme diviser le parcours en plusieurs points de ravitaillement imaginaires) aident à maintenir la concentration. Dans la dernière section au-dessus de la limite des arbres, comme la vue directe sur la pente qui se raidit et le bâtiment au sommet peut provoquer une excitation excessive à l’approche de l’arrivée, il est fréquent de voir des cyclistes s’épuiser dans les deux ou trois cents derniers mètres et devoir mettre pied à terre. Garder un peu de réserve pour cette dernière section à 18 %-22 % permet souvent d’obtenir une arrivée complète et fluide, bien plus que de faire le malin au début.
Estimation de puissance et d’allure
Pour gravir une montée « à 12 % de moyenne, 12,3 km sans répit », combien de watts faut-il ? Utilisons un modèle physique standard pour laisser les chiffres parler :
P = (Fg + Fr + Fa) × v ÷ efficacité de transmission
Fg = m × g × sin(arctan(pente)) Composante gravitationnelle
Fr = m × g × cos(arctan(pente)) × Crr Résistance au roulement
Fa = 0,5 × ρ × CdA × v² Résistance de l'air
Le calcul utilise les paramètres hypothétiques suivants (c’est la base du modèle, chacun peut ajuster selon son poids et son équipement) :
- Poids du cycliste 70 kg + vélo et équipement 9 kg, poids total 79 kg
- Accélération de la pesanteur g = 9,81 m/s²
- Coefficient de résistance au roulement Crr ≈ 0,005 (pneus de route sur asphalte)
- Surface frontale aérodynamique CdA ≈ 0,32 m² (position de grimpeur)
- Densité de l’air ρ : diminue avec l’altitude, environ 1,225 kg/m³ au niveau de la mer, environ 97,6 % de la valeur au niveau de la mer à l’altitude moyenne du parcours d’environ 1 150 mètres (la réduction est faible, car l’altitude finale n’est que d’environ 1 900 mètres, l’effet de l’altitude n’est pas marqué sur ce parcours)
- Efficacité de transmission ≈ 0,975
En intégrant 12,3 km et 1 400 m de dénivelé (pente moyenne d’environ 11,4 %, ce qui correspond à peu près aux 11,6 %-12 % annoncés officiellement) dans le modèle, les résultats sont les suivants :
| Rapport poids/puissance | Profil correspondant | Temps estimé | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Finisher débutant | Environ 2 h 18 min | Environ 5,3 km/h |
| 2,5 W/kg | Amateur moyen | Environ 1 h 50 min | Environ 6,7 km/h |
| 3,0 W/kg | Avancé | Environ 1 h 32 min | Environ 8,0 km/h |
| 4,0 W/kg | Niveau compétition | Environ 1 h 09 min | Environ 10,6 km/h |
| 5,0+ W/kg | Niveau professionnel | Environ 56 min | Environ 13,1 km/h |
Ce sont des estimations issues d’un modèle physique, sans tenir compte du vent, de l’état de la route ou des différences morphologiques ; les résultats réels peuvent varier. Il est particulièrement important de noter que sur ce parcours, la part de la résistance de l’air est extrêmement faible (la vitesse est généralement inférieure à 10 km/h), donc la puissance est presque entièrement consacrée à lutter contre la gravité et la résistance au roulement. Cela signifie que votre rapport poids/puissance détermine presque directement votre performance, contrairement au plat ou aux montées douces (où la résistance de l’air pèse plus lourd). De plus, ce modèle ne prend absolument pas en compte le vent — or le Mont Washington est surtout célèbre pour son vent. Les rafales violentes au-dessus de la limite des arbres exercent une pression latérale sur le cycliste, et en conditions réelles, beaucoup sont contraints de rouler à une vitesse inférieure à celle du modèle, voire de mettre pied à terre.
Côté records de course, la Mt. Washington Auto Road Bicycle Hillclimb et la Newton’s Revenge sont organisées depuis de nombreuses années. Selon les rapports publics, les temps des meilleurs coureurs sont généralement inférieurs à une heure, mais le record officiel exact varie souvent selon l’année de la course et les conditions météo, et les chiffres rapportés par les différents médias diffèrent également. Cet article ne cite pas de « détenteur du record » unique ; les lecteurs intéressés peuvent consulter le site officiel de la course pour les annonces de l’année en cours.
Recommandations d’équipement et de braquet
Un parcours à 12 % de moyenne, avec des sections locales à 18 %-22 %, est un test direct pour la configuration des braquets. En prenant comme référence le Wuling ou le Fengguizui, familiers aux cyclistes taïwanais, les vitesses basses nécessaires sur ce parcours seront simplement plus extrêmes, pas plus faciles :
- Configuration des braquets : Pour la plupart des non-professionnels, un plateau avant compact (ou sub-compact, par exemple 46/30 ou plus léger) avec un dérailleur arrière acceptant une cassette de plus de 32T, voire 34T-36T, sera un choix plus réaliste. L’objectif est de pouvoir maintenir une cadence contrôlable sur les sections les plus raides à 18 %-22 %, plutôt que de forcer à une cadence très basse, ce qui risque davantage de stresser les genoux et d’épuiser prématurément.
- Pression et largeur des pneus : La chaussée est globalement en bon état, mais comme il s’agit d’une route panoramique dont l’entretien varie selon les sections, il est conseillé d’utiliser des pneus de route légèrement plus larges et de réduire un peu la pression pour concilier adhérence et confort, ce qui aide directement à la stabilité de pilotage en descente.
- Système de freinage : Les vélos à disques sont généralement supérieurs aux freins sur jante traditionnels en termes de dissipation de la chaleur et de contrôle dans les longues descentes. Si votre vélo le permet, les longues descentes de ce parcours sont un scénario où l’avantage des disques se fait clairement sentir ; si vous utilisez des freins sur jante traditionnels, surveillez attentivement le risque de surchauffe de la jante due aux freinages répétés.
- Couche de chaleur et coupe-vent : Comme mentionné précédemment, même en partant en été, l’écart de température et le vent fort au-dessus de la limite des arbres peuvent provoquer une hypothermie. Une veste coupe-vent / gilet léger compressible est un équipement indispensable sur ce parcours, plus utile qu’une couche chaude supplémentaire.
Point de vue d’un cycliste taïwanais
Si vous avez gravi le Wuling (route provinciale 14甲, point culminant du réseau routier taïwanais, environ 3 275 mètres d’altitude), vous ferez naturellement la comparaison avec le Mont Washington. Le Wuling gagne largement en altitude finale, mais le Mont Washington gagne en « densité » — le Wuling, malgré sa pente moyenne éprouvante, offre des ondulations et des sections plus douces pour reprendre son souffle ; le Mont Washington, lui, prend la section la plus dure du Wuling (ce genre de montée soutenue avant Kunyang, par exemple) et l’étire sur tout le parcours, sans aucune pause. Si vous avez roulé au Fengguizui à Taïwan, cette sensation de « une fois dedans, la pente te maintient sous pression sans relâche » est la référence la plus proche de la texture du Mont Washington — sauf que le Mont Washington est plus long et dure plus longtemps.
Côté pratique pour s’y rendre, il s’agit d’une route à péage pour voitures située en Nouvelle-Angleterre, sur la côte Est des États-Unis. L’accès aux cyclistes est principalement concentré sur les saisons d’été et d’automne (la route est fermée en hiver, les conditions météo étant bien plus rudes que dans les montagnes taïwanaises). Pour les dates d’ouverture réelles, les modalités d’accès et la question de savoir s’il est obligatoire de participer à une course officielle pour y rouler, veuillez vous référer impérativement aux annonces officielles de la Mount Washington Auto Road. Cet article ne fournit pas de prix ni d’horaires précis, car ces informations changent fréquemment. En dehors des jours de course officiels, la route est partagée avec les véhicules touristiques ordinaires ; il faut être particulièrement attentif au trafic montant et aux bus de tourisme descendants. Pour les cyclistes venant de Taïwan, il est recommandé de considérer « les changements violents du climat de haute montagne » comme la priorité absolue, bien plus que la pente elle-même — cette montagne vous fera passer de conditions douces à des conditions de tempête en une demi-heure, ce qui est relativement rare dans les hautes montagnes taïwanaises (même au Wuling).
Concernant l’acclimatation à l’altitude, le sommet de ce parcours n’est qu’à environ 1 900 mètres, bien en dessous des 3 275 mètres du Wuling. Pour les cyclistes taïwanais, le risque de mal aigu des montagnes est quasi inexistant, ce qui rend ce parcours relativement « accessible » sur ce point — pas besoin de prévoir une période d’acclimatation comme pour les montées à plus de 4 000 mètres à l’étranger. Ce qu’il faut vraiment préparer, c’est « l’endurance musculaire » et « l’expérience du vent ». Si vos terrains d’entraînement habituels à Taïwan sont principalement la route provinciale 9 (section Yilan) ou la montée en P de Yangjin, vous pouvez concevoir un programme d’entraînement spécifique pour les « montées raides sans répit », simulant la principale difficulté de ce parcours ; si vos terrains d’entraînement sont plutôt des routes aux variations de pente plus riches comme le Datun ou le Balaka, il faut consciemment renforcer la capacité à « maintenir une seule intensité élevée sur une longue durée », car c’est précisément la plus grande différence entre le Mont Washington et la plupart des montées taïwanaises.
Côté planification, la plupart des cyclistes venant de Taïwan ou d’autres régions d’Asie programment ce voyage autour de la saison des feuilles d’automne en Nouvelle-Angleterre (les couleurs d’automne de la côte Est américaine sont une saison touristique réputée), et en profitent pour organiser des randonnées et des visites autour des Montagnes Blanches, transformant un simple défi en un petit voyage à vélo. La location de voiture, l’hébergement et les transferts dans les petites villes montagneuses de la côte Est, peu densément peuplées, ne sont pas aussi pratiques qu’à Taïwan ; il est conseillé de se renseigner à l’avance via les sources officielles et touristiques, plutôt que de tout improviser sur place.
Consignes de sécurité
La vitesse à laquelle le climat change dans la région du Mont Washington est le facteur de risque le plus important de ce parcours, bien plus que la pente elle-même. Voici quelques points à garder impérativement à l’esprit :
- Aucun abri au-dessus de la limite des arbres : Une fois sorti de la protection de la forêt, vent fort, basses températures et averses soudaines peuvent survenir à tout moment. Même par une journée d’été ensoleillée au départ, le sommet peut être enveloppé de nuages et de vent fort. Emportez impérativement des vêtements chauds et coupe-vent.
- Risque de descente très élevé : La montée est pénible mais relativement sûre ; c’est la descente qui est vraiment dangereuse — des descentes continues à plus de 12 % avec des rafales latérales, la dissipation de chaleur du système de freinage et le contrôle sont des défis. Contrôlez impérativement votre vitesse et évitez les freinages continus prolongés qui peuvent provoquer une surchauffe (défaillance des freins).
- Signes d’hypothermie : La température au sommet peut être très différente de celle en bas. En cas de tremblements des mains et des pieds, de confusion mentale, de difficultés à parler, cherchez immédiatement un abri et réchauffez-vous. C’est une urgence médicale à traiter sans délai, à ne pas prendre à la légère.
- Différences de règles de circulation : C’est une route à péage ouverte aux véhicules ordinaires. Les cyclistes doivent respecter le code de la route local et partager la route avec les voitures et les grands bus touristiques. Les règles peuvent différer entre les jours de course et les autres jours ; vérifiez impérativement les annonces officielles avant de partir.
- Réaction à l’altitude : Bien que l’altitude du sommet ne soit pas une altitude extrême inconnue des Taïwanais, l’effort en zone anaérobie combiné à un environnement légèrement hypoxique peut provoquer des vertiges, des nausées. Les personnes ayant des antécédents de maladies cardiopulmonaires devraient consulter un médecin avant de tenter ce type d’effort extrême. Toutes les recommandations d’entraînement et de défi de cet article sont fournies à titre indicatif ; les différences individuelles sont grandes, il faut progresser par étapes, et cela ne remplace pas une évaluation médicale professionnelle.
- Liste des signes d’alerte médicale : Si pendant l’effort vous ressentez une oppression thoracique, des douleurs thoraciques, des palpitations, des maux de tête qui s’aggravent, une confusion, une faiblesse ou un engourdissement des membres, arrêtez immédiatement l’activité et consultez un médecin. Ce sont des signes possibles d’urgence cardiovasculaire ou neurologique ; ne tenez surtout pas jusqu’au bout.
La station d’observation au sommet est une installation de recherche météorologique occupée en permanence. En raison de sa situation géographique particulière et de son climat extrême, elle est un poste avancé important pour l’étude de la météorologie de haute montagne. Une fois au sommet, de nombreux finishers prennent soin de se photographier devant la station — ce panneau indiquant « Vous êtes arrivé au foyer du pire temps du monde » est presque un rituel de fin de parcours pour chaque challenger. Mais précisément parce que le sommet est venteux et que la température y est variable toute l’année, il ne faut pas s’y attarder exposé, même après l’arrivée. Reposez-vous brièvement, hydratez-vous et mangez un peu, puis prévoyez rapidement la descente ou un moyen de transport pour quitter les lieux, afin d’éviter d’augmenter le risque d’hypothermie en restant longtemps exposé au vent au sommet.
Points clés à retenir
- La Mount Washington Auto Road fait environ 12,3 km de long, avec environ 1 400 m de dénivelé, une pente moyenne de 11,6 % à 12 %, et l’absence quasi totale de sections de récupération sur tout le parcours est ce qui la rend plus effrayante que ses chiffres de pente.
- Selon le modèle physique, un finisher débutant à 2,0 W/kg mettra environ 2 h 18 min, tandis qu’un niveau professionnel à 5,0 W/kg mettra environ 56 minutes — le rapport poids/puissance détermine presque directement la performance, car la résistance de l’air est très faible à basse vitesse.
- C’est « le foyer du pire temps du monde », avec une rafale record de 231 mph mesurée en 1934, record qui a tenu plus de 60 ans. L’absence totale d’abri au-dessus de la limite des arbres est le plus grand risque.
- Par rapport à l’expérience taïwanaise, la sensation la plus proche n’est pas l’altitude globale du Wuling, mais la densité du Fengguizui, cette impression de « montée continue qui te maintient sous pression, sans répit », simplement étirée sur une plus longue distance.
- La descente et l’hypothermie sont les véritables points de sécurité de ce parcours. Renseignez-vous impérativement sur la météo et les informations officielles d’ouverture avant de partir ; pour tout détail incertain, référez-vous aux annonces officielles.
- Côté braquet, optez pour un petit plateau plus léger et une cassette de plus de 32T, et privilégiez un vélo à disques pour gérer la dissipation de chaleur dans les longues descentes. Glissez impérativement une couche coupe-vent légère dans la poche du maillot pour faire face aux écarts de température au-dessus de la limite des arbres.
- L’altitude finale de ce parcours est d’environ 1 900 mètres, bien en dessous du Wuling, donc le risque de mal aigu des montagnes est relativement limité. Le véritable entraînement nécessaire est « l’endurance musculaire sur montée raide sans répit » et « l’expérience du vent », plutôt que l’acclimatation à l’altitude.
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