La physique de la résistance au roulement et de la pression des pneus : pourquoi « plus dur, plus rapide » est faux
« Plus la pression des pneus est élevée, plus le pneu est dur, plus il roule vite » est une intuition d’une autre époque
De nombreux vétérans qui roulent en vélo de route depuis plus de dix ans partagent cette conviction profondément ancrée : il faut gonfler ses pneus au maximum, plus c’est dur, plus c’est économique. Cette idée se vérifie effectivement sur un rouleau d’entraînement de laboratoire, lisse et à basse vitesse, mais elle ne tient souvent pas la route sur un vrai bitume, et peut même s’avérer contre-productive. Cet article vise à clarifier la notion de résistance au roulement à l’aide de formules physiques, et à expliquer pourquoi, ces dernières années, les équipes professionnelles et le cercle de la recherche aérodynamique ont généralement adopté des pressions de pneus plus basses qu’il y a dix ans et des largeurs de pneus plus grandes, et non l’inverse. Tous les calculs indiqueront clairement les paramètres hypothétiques utilisés, sans comparaison de produits exagérée ou inventée.
La formule de base de la résistance au roulement
La description physique la plus fondamentale de la résistance au roulement est :
F_rr = Crr × m × g
Où :
- F_rr : résistance au roulement (newtons, N)
- Crr : coefficient de résistance au roulement (sans dimension), décrivant la proportion d’énergie dissipée par la déformation et le frottement lors du contact entre le pneu et la route
- m : masse totale du cycliste, du vélo et de l’équipement (kilogrammes)
- g : accélération de la pesanteur, environ 9,81 m/s²
La puissance nécessaire pour maintenir une certaine vitesse est égale à cette résistance multipliée par la vitesse :
P_rr = F_rr × v = Crr × m × g × v
Contrairement à l’article précédent sur la résistance de l’air, la puissance de résistance au roulement n’est proportionnelle qu’à la puissance un de la vitesse, et non à la puissance trois. Cela signifie que la résistance au roulement représente une part plus importante de la puissance totale consommée à basse vitesse (par exemple en montée) qu’à haute vitesse – ce qui est contraire à l’intuition de beaucoup de gens et mérite d’être particulièrement retenu.
Impact réel des différences de valeurs de Crr sur la puissance
Supposons une masse totale (cycliste + vélo + équipement) de 80 kg (une valeur hypothétique représentative, à ajuster selon votre poids et votre équipement), et appliquons différentes valeurs hypothétiques de Crr pour calculer la puissance nécessaire à la résistance au roulement à différentes vitesses. Les valeurs de Crr ci-dessous correspondent à des ordres de grandeur reconnus dans le domaine de la recherche sur la résistance au roulement, et servent à illustrer la méthode de calcul ; il ne s’agit pas de données mesurées pour un produit ou un organisme de test spécifique :
| Contexte pneu/route (Crr hypothétique) | Crr | Puissance à 25 km/h | Puissance à 30 km/h | Puissance à 35 km/h | Puissance à 40 km/h |
|---|---|---|---|---|---|
| Bitume/ciment rugueux (mauvaise route) | 0,0080 | 43,6 W | 52,3 W | 61,0 W | 69,8 W |
| Pneu route standard / bitume ordinaire | 0,0050 | 27,3 W | 32,7 W | 38,1 W | 43,6 W |
| Pneu route basse résistance / bitume lisse | 0,0035 | 19,1 W | 22,9 W | 26,7 W | 30,5 W |
| Boyau très basse résistance / surface idéale | 0,0025 | 13,6 W | 16,4 W | 19,1 W | 21,8 W |
Ce tableau montre clairement une chose : lorsque le Crr passe de 0,008 à 0,005 (soit environ la différence d’ordre de grandeur entre une route rugueuse et un bitume ordinaire), à 30 km/h, la puissance requise passe de 52,3 W à 32,7 W, soit une économie de près de 20 watts – une économie de cet ordre est comparable au bénéfice calculé dans l’article précédent pour « porter un maillot plus ajusté », mais de nombreux cyclistes n’ont pas du tout conscience de l’impact considérable de l’état de la route et du choix des pneus sur la résistance au roulement.
Résistance au roulement vs résistance de l’air : qui domine à différentes vitesses
En comparant la résistance au roulement et la résistance de l’air, on observe une relation croisée très intéressante. Hypothèses suivantes : CdA = 0,32 m² (valeur hypothétique utilisée dans l’article précédent), Crr = 0,005 (valeur hypothétique pour un pneu route standard), masse totale de 80 kg :
| Vitesse | Puissance de résistance au roulement (part) | Puissance de résistance de l’air (part) | Puissance totale |
|---|---|---|---|
| 15 km/h | 16,4 W (53,6 %) | 14,2 W (46,4 %) | 30,5 W |
| 20 km/h | 21,8 W (39,3 %) | 33,6 W (60,7 %) | 55,4 W |
| 25 km/h | 27,3 W (29,3 %) | 65,6 W (70,7 %) | 92,9 W |
| 30 km/h | 32,7 W (22,4 %) | 113,4 W (77,6 %) | 146,1 W |
| 35 km/h | 38,1 W (17,5 %) | 180,1 W (82,5 %) | 218,3 W |
| 40 km/h | 43,6 W (14,0 %) | 268,9 W (86,0 %) | 312,5 W |
| 45 km/h | 49,1 W (11,4 %) | 382,8 W (88,6 %) | 431,9 W |
À une vitesse de loisir de 15 km/h ou dans une situation de montée douce, la résistance au roulement représente plus de la moitié de la puissance, devenant même plus importante que la résistance de l’air ; mais à partir d’une vitesse de croisière ou de sprint supérieure à 35 km/h, la part de la résistance au roulement tombe sous les 20 %, et la résistance de l’air devient le principal champ de bataille. Cela explique également pourquoi l’optimisation de la résistance au roulement (choix des pneus, pression correcte) est particulièrement importante à basse vitesse, en montée et pour les trajets domicile-travail, tandis qu’en croisière à haute vitesse, bien qu’elle reste utile, son bénéfice marginal est moindre que celui des ajustements aérodynamiques.
Pourquoi « plus dur = plus rapide » est faux : le concept de pertes de suspension
L’intuition traditionnelle veut que plus la pression des pneus est élevée, plus la déformation du pneu est faible, et donc plus le coefficient de résistance au roulement Crr devrait être bas. Cela est à peu près vrai sur un rouleau de laboratoire parfaitement lisse et rigide, car la surface du rouleau ne présente aucune texture rugueuse ; la seule source de perte d’énergie du pneu est alors la perte par hystérésis de la carcasse elle-même (l’énergie perdue par frottement interne du matériau lorsque le caoutchouc se déforme puis reprend sa forme).
Mais une vraie route en bitume n’est jamais lisse. La surface de la route est parsemée de minuscules particules, fissures, joints et nids-de-poule. Lorsque le pneu est gonflé très dur, face aux micro-irrégularités de la route, le pneu ne se déforme presque pas pour absorber ces vibrations ; l’énergie vibratoire est transmise directement au cadre, au cintre, à la selle, et finalement au corps du cycliste, provoquant des oscillations verticales du corps et de l’équipement. Ces vibrations consomment de l’énergie : c’est ce qu’on appelle les « pertes de suspension » – le corps du cycliste joue en réalité un rôle d’amortisseur, convertissant l’énergie qui devrait servir à avancer en énergie cinétique de rebond vertical, avant d’être absorbée et dissipée par les tissus corporels et la selle.
En d’autres termes, l’image réelle de la résistance au roulement n’est pas simplement « plus la pression est élevée, plus le Crr est bas », mais il existe un point d’équilibre : une pression trop basse entraîne une déformation excessive de la carcasse et une augmentation des pertes par hystérésis ; une pression trop haute empêche le pneu d’absorber les vibrations de la route, qui sont alors supportées par le corps du cycliste et d’autres composants sous forme de pertes de suspension. En additionnant ces deux effets, sur une route réelle et rugueuse, il existe généralement une plage de pression plutôt basse à moyenne, et non la pression maximale, qui minimise la perte totale (pertes par hystérésis de la carcasse + pertes de suspension). La valeur précise de cette plage optimale varie considérablement en fonction du modèle de pneu, de la rugosité de la route, du poids du cycliste et de la largeur du pneu ; il n’existe pas de chiffre fixe universel. Cet article ne donnera pas de recommandation spécifique de pression, mais expliquera le mécanisme physique sous-jacent.
Comment la rugosité de la route modifie la plage de pression optimale
Ce mécanisme de pertes de suspension explique directement pourquoi la règle générale « plus la route est rugueuse, plus la pression adaptée doit être relativement basse » s’applique. Sur un rouleau intérieur parfaitement lisse ou sur un revêtement excellent, la contribution des pertes de suspension due à la rugosité de la route tend vers zéro ; dans ce cas, augmenter la pression réduit effectivement le Crr de manière continue (car il ne reste que les pertes par hystérésis de la carcasse, qui diminuent généralement avec l’augmentation de la pression). Mais sur les bitumes rugueux, les surfaces en ciment, voire les routes rapiécées, courantes sur de nombreux tronçons à Taïwan, le poids des pertes de suspension augmente considérablement ; gonfler le pneu au maximum peut alors faire augmenter la résistance au roulement globale au lieu de la diminuer.
C’est aussi pourquoi les données de roulage et les recherches sur la pression des pneus recommandent généralement ces dernières années : il faut adapter la pression des pneus aux différentes routes, plutôt que de gonfler aveuglément à la pression maximale indiquée par le fabricant. Sur les tronçons avec un bon bitume (par exemple certaines routes urbaines fraîchement revêtues), on peut supporter une pression relativement plus élevée ; sur les tronçons avec de nombreux joints de dilatation et nids-de-poule (certaines routes agricoles de montagne, certaines jonctions de pistes cyclables riveraines), il est préférable de réduire un peu la pression pour laisser au pneu suffisamment de déformation pour absorber les vibrations haute fréquence de la route et réduire le transfert d’énergie au cycliste.
La logique physique derrière la tendance à l’élargissement des pneus
Au cours des dix à quinze dernières années, la largeur dominante des pneus de route est passée de 23 mm à 25 mm, puis 28 mm, et certaines courses contre-la-montre et épreuves d’endurance longue distance commencent même à voir apparaître des pneus plus larges. Derrière cette évolution se trouve également une déduction issue de la physique de la résistance au roulement, et non une simple tendance de mode.
À pression de gonflage égale, un pneu plus large forme une ellipse de contact (contact patch) relativement plus courte et plus large. Lorsque le pneu se déforme, l’ampleur de la flexion des flancs de la carcasse est moindre que sur un pneu étroit (car la forme de la zone de contact modifie la répartition des forces sur la carcasse), ce qui signifie qu’à charge équivalente, la perte par hystérésis de la carcasse d’un pneu large peut être inférieure à celle d’un pneu étroit. Parallèlement, comme le volume d’un pneu large est plus important, à quantité de gonflage égale, un pneu large peut atteindre la même capacité de charge et la même stabilité anti-serpentement qu’un pneu étroit avec une pression plus basse, et une pression plus basse implique une meilleure absorption des vibrations de la route et des pertes de suspension (pertes dues aux vibrations) plus faibles.
Cela explique pourquoi la combinaison « élargir le pneu, réduire la pression » est, dans de nombreuses situations, plus efficace que la configuration traditionnelle « pneu étroit, pression élevée » — en particulier sur les revêtements de qualité inégale que l’on rencontre couramment à Taïwan. Bien sûr, élargir le pneu augmente quelque peu la surface frontale exposée au vent, ce qui a un léger impact négatif sur le CdA, mais pour la majorité des cyclistes sur route générale, hors usage contre-la-montre, le gain en résistance au roulement et en confort d’absorption dépasse généralement cette légère perte aérodynamique. C’est aussi pourquoi la tendance aux pneus larges concerne principalement les vélos de route endurance, les longues distances et les vélos de gravier, plutôt que l’équipement des purs contre-la-montre ou des épreuves chronométrées courtes (dans un contexte de contre-la-montre, la vitesse est extrêmement élevée et la résistance de l’air représente une part prépondérante ; la logique traditionnelle du pneu étroit et de la pression très élevée y conserve donc sa pertinence).
La relation entre la pression des pneus et le poids total du cycliste
Outre la rugosité de la route, le poids total du cycliste et de son équipement est une variable importante qui influence la plage de pression optimale. Pour un même pneu à une même pression, un cycliste plus lourd provoque une déformation plus importante du pneu (un enfoncement plus profond), ce qui peut augmenter la perte par hystérésis de la carcasse ; mais si l’on augmente la pression pour compenser cette déformation, on sacrifie la capacité d’absorption et l’on augmente les pertes de suspension. C’est pourquoi de nombreux outils de recommandation de pression (les calculateurs de pression des fabricants) intègrent des variables telles que le poids du cycliste, le poids de l’équipement du vélo, la largeur du pneu, le diamètre interne de la jante, etc., plutôt que de simplement faire correspondre une largeur de pneu à un chiffre de pression fixe.
Cet article ne fournit pas de tableau de correspondance chiffré pour la pression (car cela varie considérablement selon le modèle de pneu, la route et le poids ; tout chiffre fixe pourrait induire en erreur les lecteurs dans des situations particulières), mais comprendre le principe selon lequel « plus le poids total est élevé, plus il faut peser finement la perte par hystérésis et la perte de suspension » aide le cycliste à savoir ce qu’il arbitre lors du réglage de la pression, plutôt que d’appliquer mécaniquement un chiffre fixe mémorisé.
La relation entre le matériau de la chambre à air, la structure des flancs et la résistance au roulement
Outre la pression et la largeur, la conception structurelle du pneu lui-même influence également le Crr. Bien que cette partie ne puisse pas être décrite avec précision par une formule unique (car elle implique des interactions complexes entre la science des matériaux et la structure de tissage de la carcasse), on peut comprendre quelques principes généraux à partir de la logique de base de la résistance au roulement.
Le premier principe concerne la souplesse des flancs et l’épaisseur de la bande de roulement. Un pneu aux flancs plus fins et plus souples se déforme plus facilement à pression égale ; théoriquement, la densité d’énergie perdue par hystérésis y est plus faible (car les matériaux souples génèrent généralement une proportion plus faible de chaleur interne par frottement lors du retour élastique), mais ce type de pneu sacrifie généralement une partie de sa résistance à la crevaison et de sa longévité. C’est un arbitrage courant entre efficacité et durabilité, sans absolu de bon ou de mauvais ; tout dépend de l’usage : recherche d’efficacité maximale pour un jour de course, ou pneu d’entraînement quotidien et de trajet domicile-travail devant concilier durabilité.
Le deuxième principe concerne le couplage entre la chambre à air et le pneu extérieur. Les différents matériaux de chambres à air (par exemple les chambres en butyle courantes, ou les chambres en latex utilisées dans certains contextes) présentent eux aussi des caractéristiques d’hystérésis différentes : un matériau de chambre plus souple et au retour élastique plus rapide aura théoriquement une perte par hystérésis relativement plus faible, mais il faut également prendre en compte l’arbitrage entre résistance à la crevaison, étanchéité et prix. Cet article ne classe pas les matériaux de manière absolue, mais rappelle au lecteur : l’optimisation de la résistance au roulement ne se limite pas à la seule variable de la pression ; la structure de la carcasse et le choix de la chambre à air sont des directions compréhensibles et réglables, mais toute modification doit intégrer la durabilité et la fiabilité. Il ne faut pas sacrifier trop de marge de sécurité contre les crevaisons et les éclatements pour un gain d’efficacité minime, en particulier dans les situations de longue distance en solo, où le coût du risque d’une crevaison en bord de route doit être intégré à la réflexion.
Le troisième principe concerne le système tubeless (pneu sans chambre, tubeless). Ce système supprime l’interface de frottement entre la chambre et le pneu, ce qui réduit théoriquement une partie des pertes d’énergie dues au frottement relatif entre la chambre et le pneu ; de plus, comme il n’y a pas de risque de pincement de la chambre, on peut généralement utiliser des pressions plus basses sans craindre excessivement les crevaisons par serpentement, ce qui est complémentaire du principe évoqué précédemment selon lequel « une pression plus basse contribue à réduire les pertes de suspension ». Mais le système tubeless nécessite des jantes et des pneus compatibles, un réapprovisionnement régulier du liquide préventif, et le niveau technique d’installation et d’entretien est plus élevé ; ce sont des facteurs pratiques à prendre en compte avant de choisir, et l’on ne peut pas trancher uniquement sur la base des chiffres de résistance au roulement.
L’évolution des conceptions de la pression d’un point de vue historique
Comprendre comment s’est formée l’idée que « plus c’est dur, plus c’est rapide » aide à comprendre pourquoi les recommandations actuelles sont différentes. À l’époque où les tests sur rouleau étaient prédominants, la plupart des tests de résistance au roulement étaient effectués sur des rouleaux lisses, car l’environnement de test sur rouleau est stable, hautement reproductible et facile à comparer en contrôlant les variables. Dans cet environnement de test, la relation entre la pression et le Crr était presque monotone décroissante : plus la pression était élevée, plus le Crr mesuré était effectivement faible. Cette méthodologie de test n’était pas erronée en soi, mais elle ignorait le facteur de rugosité de la route réelle, c’est-à-dire les pertes de suspension expliquées précédemment, qui n’apparaissent que sur une route réelle (ou au moins sur un rouleau simulant la rugosité de la route).
Ces dernières années, à mesure que les méthodes de test ont intégré la simulation de la rugosité de la route (par exemple en ajoutant de fines particules ou des textures irrégulières à la surface du rouleau) et que les tests en extérieur se sont généralisés, la conclusion selon laquelle « il existe une plage de pression optimale plutôt basse, et non une augmentation monotone » a été plus largement reconnue et acceptée. C’est aussi pourquoi les recommandations d’il y a dix ou quinze ans et celles de ces dernières années présentent un écart manifeste — non pas que les lois de la physique aient changé, mais parce que les méthodes de test se sont rapprochées des conditions d’utilisation réelles. Ce contexte historique rappelle également aux cyclistes que toute « règle générale » concernant l’équipement peut être révisée à mesure que les méthodes de test et la compréhension évoluent ; garder un esprit ouvert pour comprendre les mécanismes physiques sous-jacents est plus important que de mémoriser un chiffre précis.
Mise en contexte des conditions routières taïwanaises
Appliquons les principes physiques ci-dessus aux scénarios familiers des cyclistes taïwanais :
- Pistes cyclables le long des rivières : la qualité du revêtement est inégale, certaines sections présentent des fissures et des joints marqués, des racines d’arbres soulevées, des plaques d’égout ; le poids des pertes de suspension est plus élevé. Réduire modérément la pression et choisir un pneu légèrement plus large permet généralement de concilier efficacité de roulement et confort.
- Les longues ascensions de montagne comme Wuling et la route provinciale 9 (Beiyi) : comme la vitesse en montée est faible, la résistance au roulement représente une part relativement élevée de la puissance totale dépensée (le tableau précédent montre qu’à basse vitesse, la part de la résistance au roulement peut dépasser 50 %) ; bien choisir sa pression et son pneu apporte un réel bénéfice en termes de facilité ressentie en montée. Par ailleurs, les routes de montagne présentent souvent des rapiéçages et des nids-de-poule ; une pression trop élevée, en descente à grande vitesse sur des nids-de-poule, augmente également les risques de dérapage et de perte de contrôle.
- Les trajets urbains domicile-travail et les longues lignes droites comme la route provinciale 9 : la qualité du revêtement y est généralement plus stable ; la pression peut être réglée dans une plage raisonnable plutôt élevée pour réduire la perte par hystérésis, mais il faut néanmoins éviter d’atteindre la limite maximale indiquée par le fabricant, d’autant que la température de la chaussée est élevée en été à Taïwan : la pression augmente encore par dilatation thermique, et un gonflage trop important comporte un risque d’éclatement.
Clarification des idées reçues courantes
Idée reçue n°1 : « Plus la pression est élevée, plus la résistance au roulement est nécessairement faible ». Cette affirmation n’est valable que sur une route idéale et lisse. Sur une route réelle et rugueuse, une pression trop élevée peut, en raison de l’augmentation des pertes de suspension, faire remonter la perte totale au lieu de la réduire — c’est l’argument central de cet article.
Idée reçue n°2 : « Un pneu étroit a nécessairement une résistance au roulement plus faible qu’un pneu large ». Cette affirmation ignore les mécanismes physiques de la forme de l’ellipse de contact et des forces sur les flancs de la carcasse. À pression égale, les pneus plus larges présentent souvent une perte par hystérésis de la carcasse plus faible — c’est d’ailleurs le fondement physique de la tendance récente à l’élargissement des pneus.
Idée reçue n°3 : « La résistance au roulement n’est pas importante, de toute façon la résistance de l’air est le principal facteur ». Cette affirmation n’est valable qu’à haute vitesse. Dans les situations de montée ou de trajet à basse vitesse, la part de la résistance au roulement peut dépasser celle de la résistance de l’air ; l’importance relative des deux s’inverse selon la vitesse, et l’on ne peut pas généraliser.
Idée reçue n°4 : « Il faut gonfler à la valeur maximale indiquée par le fabricant pour être en sécurité ». La plage de pression indiquée par le fabricant est généralement une fourchette prudente entre les limites de sécurité structurelle supérieure et inférieure du pneu ; cela ne signifie pas que la valeur maximale est la valeur optimale en termes d’efficacité. Une pression trop élevée augmente au contraire le risque de dérapage sur chaussée mouillée ou sur nids-de-poule ; il faut l’adapter aux conditions de la route.
Rappel de sécurité
Le réglage de la pression des pneus touche à la sécurité routière. Une pression trop basse peut augmenter les risques de dérapage et de crevaison (crevaison par morsure de serpent lorsque la jante entre directement en contact avec le sol en heurtant un nid-de-poule) ; une pression trop élevée réduit l’adhérence sur chaussée humide ou dégradée, dégrade le confort, et peut accroître l’inconfort voire le risque de micro-traumatismes aux poignets et au bassin lors de longues sorties. Tout réglage de pression doit être effectué dans la plage de sécurité indiquée par le fabricant, et ajusté progressivement en fonction des conditions réelles de la route et des sensations personnelles, sans changement brutal, en particulier sur les sections de montagne avec descentes et virages où il convient de tester avec prudence.
Par ailleurs, l’optimisation de la pression des pneus consiste en fin de compte à trouver un équilibre raisonnable entre efficacité, sécurité et confort. Il ne faut pas choisir des pressions extrêmes qui s’écartent nettement des recommandations du fabricant pour rechercher un chiffre de résistance au roulement théoriquement plus bas. La plage de pression indiquée par le fabricant de pneus prend en compte, outre l’efficacité, des facteurs de sécurité tels que la résistance structurelle de la carcasse, le risque d’éclatement et la compatibilité avec la jante. Il n’est pas recommandé de franchir soi-même ces marges de sécurité de manière significative. Sur les longues descentes ou les enchaînements de virages, une pression trop basse peut provoquer une déformation excessive du pneu sous contrainte latérale, affectant la précision du pilotage et la prévisibilité de la réponse au freinage. Lorsqu’un cycliste ajuste sa pression pour optimiser l’efficacité, il doit impérativement prendre en compte le terrain et les conditions de route prévus pour la journée, plutôt que de décider de la pression pour tout le parcours uniquement selon la logique d’une croisière sur le plat.
Liste d’actions
- Ne gonflez pas aveuglément à la pression maximale : après avoir compris le concept de perte par suspension, ajustez la pression en fonction de la rugosité de la route du jour — réduisez modérément la pression sur route rugueuse, optez pour une pression un peu plus élevée sur route lisse, mais toujours dans la plage indiquée par le fabricant.
- Suivez la tendance de la largeur des pneus, sans suivre aveuglément le mouvement : élargir le pneu est généralement bénéfique pour la résistance au roulement et le confort, mais si votre cadre et vos étriers de frein ont une limite de largeur maximale, vérifiez la compatibilité avant de passer à un pneu plus large.
- Hiérarchisez selon l’objectif de la sortie : pour les sorties fréquentes sur route rugueuse ou les longues sorties d’endurance, privilégiez l’équilibre entre confort et efficacité de roulement ; pour les contre-la-montre courts ou la recherche de vitesse maximale, envisagez la configuration traditionnelle de pneus plus étroits avec une pression plus élevée.
- Soyez attentif aux variations de température saisonnières : la chaleur de la chaussée en été fait monter la pression par dilatation thermique. Laissez une marge de sécurité lors du gonflage avant le départ pour éviter une pression trop élevée en cours de route.
- Vérifiez régulièrement l’état des pneus : un pneu vieilli, craquelé ou dont la bande de roulement est usée verra sa résistance au roulement et son adhérence se dégrader, quelle que soit la pression. L’optimisation de la pression présuppose un pneu en bon état.
La résistance au roulement, comme la résistance aérodynamique, est une grandeur qui peut être décrite précisément par des formules physiques. Comprendre le mécanisme de perte par suspension derrière l’idée que « plus dur n’est pas forcément plus rapide » aide le cycliste à prendre des décisions plus proches des conditions réelles de la route en matière de pression des pneus, plutôt que d’appliquer les intuitions laissées par une époque révolue.
Lectures complémentaires
- La science de la pression des pneus de vélo : plus dur n’est pas plus rapide, trouvez votre pression idéale
- La résistance au roulement du vélo : la science des matériaux de pneus, de la pression de gonflage et de la route
- La science de la pression des pneus : guide complet pour trouver votre réglage optimal
- La science du choix des pneus de route : influence des sculptures, de la pression et des matériaux sur la résistance au roulement et l’adhérence
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