Quatre cols, un tour complet : guide approfondi du circuit multi-jours Sella Ronda dans les Dolomites italiennes
Un anneau routier qui enserre tout le massif du Sella
Les Dolomites, inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO, sont célèbres dans le monde entier pour leurs pics rocheux dentelés d’un blanc grisâtre — cette roche unique que les géologues appellent dolomie, qui prend une teinte rosée sous les rayons du soleil couchant, un phénomène que les Italiens nomment « Enrosadira », l’une des signatures visuelles les plus emblématiques des Dolomites. Et au cœur même de ce massif grandiose se dresse un groupe montagneux relativement isolé, le massif du Sella (Gruppo del Sella). Quatre cols l’encerclent, formant une route circulaire complète — c’est le Sella Ronda.
En hiver, c’est le circuit de ski légendaire dont parlent les skieurs, qui peuvent contourner tout le massif du Sella grâce à un système de remontées mécaniques et de pistes. L’été venu, le même réseau se dépouille de sa neige, laissant apparaître le bitume, et se transforme en l’un des itinéraires de pèlerinage les plus prisés des amateurs de vélo de route du monde entier — vous pouvez accomplir à la force des jambes le tour que les skieurs réalisent en remontées mécaniques. Cette sensation romantique de « même montagne, deux saisons, deux façons de la parcourir » est ce qui rend le Sella Ronda si particulièrement attachant.
Pour les cyclistes taïwanais, c’est un itinéraire qui ne nécessite pas de traverser tout un pays, mais qui permet en trois à cinq jours de vivre intensément l’expérience de plusieurs cols renommés — contrairement à la Grande Route des Alpes qui s’étend facilement sur deux semaines et plus de sept cents kilomètres, le Sella Ronda en lui-même n’est pas très long, mais il vous permet, dans des vacances limitées, de collectionner d’un coup quatre cols illustres dans l’histoire de la compétition cycliste. C’est un choix d’entrée idéal pour les cyclistes salariés qui ne peuvent poser qu’environ une semaine de congé et qui souhaitent relever leur premier défi à l’étranger.
Mieux encore, les infrastructures des villes de montagne autour du Sella Ronda sont très développées, du transport à l’hébergement en passant par la restauration et le ravitaillement. La difficulté d’organisation globale est bien inférieure au seuil que l’on imagine généralement pour un « défi de haute montagne européen ». Même un cycliste qui organise pour la première fois seul un voyage à vélo à l’étranger peut mener à bien la planification et l’exécution avec une relative sérénité.
Quatre cols : chacun son propre spectacle
Le Sella Ronda est composé de quatre cols, tous reliés pour former une boucle autour du massif du Sella, reliant les quatre vallées de la région ladine : le Val Badia, le Val Gardena (appelé localement Val Gherdëina), le Val di Fassa et le Val Fodom / Livinallongo.
Fiche technique du circuit
| Élément | Contenu |
|---|---|
| Pays / massif | Italie · Tyrol du Sud / Trentin · massif du Sella dans les Dolomites |
| Composition du circuit | Quatre cols — Campolongo, Pordoi, Sella, Gardena — formant une boucle fermée |
| Longueur totale du circuit | Selon le point de départ et le sens, la version vélo de route fait couramment environ 55 km (par exemple, la distance de la catégorie la plus courte de la Maratona dles Dolomites) |
| Dénivelé total du circuit | Environ 1 700 à 1 800 mètres (les chiffres varient légèrement selon les sources) |
| Altitude des quatre cols | Campolongo ≈ 1 875 m / Pordoi ≈ 2 239 m / Sella ≈ 2 218 m / Gardena ≈ 2 136 m |
| Origine de la notoriété | Circuit de ski légendaire en hiver, itinéraire central de la Maratona dles Dolomites, visites répétées du Tour d’Italie |
Le col Pordoi (Passo Pordoi), à environ 2 239 mètres d’altitude, est le point culminant des quatre cols et l’un des cols les plus élevés parmi les routes goudronnées des Dolomites. Depuis le versant d’Arabba, la montée s’étend sur environ 9,4 kilomètres, avec un dénivelé d’environ 637 mètres et une pente moyenne d’environ 6,8 %. Au sommet se dresse un monument à la mémoire du cycliste légendaire Fausto Coppi, rendant hommage à l’une des figures les plus emblématiques de l’histoire du Tour d’Italie, et rappelant à chaque cycliste qui atteint le sommet que ce lieu fut un champ de bataille où des coureurs professionnels ont écrit l’histoire.
Le col Sella (Passo Sella), à environ 2 218 mètres d’altitude, est un passage important reliant le Val Gardena dans le Tyrol du Sud au Val di Fassa dans le Trentin. Son paysage rocheux est particulièrement grandiose : des parois de dolomie presque verticales bordent la route des deux côtés, donnant l’impression de pédaler au cœur d’un théâtre de roche géant.
Le col Gardena (Passo Gardena), à environ 2 136 mètres d’altitude, est célèbre pour ses 19 lacets non numérotés en enfilade, reliant Selva dans le Val Gardena à Corvara dans le Val Badia. En été, l’affluence touristique y est très dense, avec un trafic de motos et de voitures élevé ; c’est le tronçon le plus fréquenté des quatre cols.
Le col Campolongo (Passo Campolongo), à environ 1 875 mètres d’altitude, est le plus bas des quatre cols et relativement le plus doux, reliant les deux villes de montagne de Corvara et d’Arabba. C’est aussi le seul col de la célèbre Maratona dles Dolomites à être escaladé deux fois.
L’histoire géologique de la dolomie : pourquoi cette montagne semble différente
Si les Dolomites se distinguent parmi tous les paysages de montagne du monde, c’est directement lié à leur structure géologique. La roche principale de ce massif est un type de roche carbonatée, nommée d’après le minéralogiste français du XVIIIe siècle Déodat de Dolomieu, qui l’a étudiée. Au cours des longues ères géologiques, cette roche a connu la sédimentation marine, le soulèvement orogénique, puis a été sculptée par l’altération et l’érosion glaciaire pour donner les pics dentelés que l’on voit aujourd’hui. Comparé aux terrains granitiques courants dans d’autres régions des Alpes, les parois des Dolomites sont plus abruptes, plus verticales, et les crêtes des sommets plus fragmentées et acérées — c’est précisément la raison clé pour laquelle l’UNESCO l’a classée au patrimoine mondial naturel parmi tant de paysages montagneux européens.
Pour ceux qui pédalent, cette particularité géologique se traduit par une différence de ressenti physique bien concrète : en montant sur le Sella Ronda, les parois rocheuses s’élèvent presque à la verticale de part et d’autre, la route semble prise au piège au centre d’un théâtre de calcaire géant. Cette expérience visuelle, à la fois oppressante et grandiose, n’a rien à voir avec celle des cols du nord des Alpes, aux pentes herbeuses à perte de vue. S’ajoute à cela l’atmosphère régionale unique, tissée de trois influences entremêlées — la culture italienne, la culture tyrolienne autrichienne et la culture de la minorité linguistique ladine — qui apporte à cette expérience cycliste, au-delà du terrain et des pentes, une dimension supplémentaire d’exploration culturelle : vous verrez des panneaux indicateurs trilingues (italien, allemand, ladin), et l’architecture des villages de montagne mêle chalets alpins et influences méditerranéennes.
Les liens profonds entre le Tour d’Italie et ce massif
Les cols autour du Sella Ronda sont depuis longtemps des habitués des étapes de montagne du Tour d’Italie (Giro d’Italia). Le col Pordoi occupe une place particulièrement spéciale — le monument à la mémoire de Fausto Coppi symbolise la position inébranlable de ce col dans l’histoire du cyclisme italien. Coppi, l’un des coureurs les plus légendaires de l’histoire du Giro, a livré dans les Dolomites plusieurs batailles devenues classiques, faisant de ce massif un sanctuaire spirituel pour les supporters italiens, un statut comparable à celui des cols alpins pour les supporters français.
Chaque année, lorsque le Giro programme une étape passant par les Dolomites, des foules de supporters affluent dans la montagne, plantant des tentes au bord des lacets et agitant des drapeaux pendant des heures, juste pour apercevoir les coureurs passer en quelques secondes. Cette passion du cyclisme profondément ancrée dans la culture locale se manifeste aussi par les boutiques de souvenirs à thème cycliste omniprésentes en été, les cafés pour cyclistes, et l’animation chaleureuse qui règne souvent au sommet des cols, où des cyclistes de tous pays se prennent en photo et s’encouragent mutuellement — après avoir bouclé le Sella Ronda, vous découvrirez que vous n’avez pas seulement accompli un défi routier, mais que vous avez rejoint la procession de pèlerinage commune à toute une génération de cyclistes.
Décomposition par sections : le sens horaire ou antihoraire change totalement la sensation
Une caractéristique intéressante du circuit du Sella est que la même route, parcourue dans un sens ou dans l’autre, procure une sensation radicalement différente — car les profils de pente de chaque col ne sont pas symétriques selon le côté d’ascension. La plupart des cyclistes recommandent, pour une première tentative, de s’inspirer du sens et de l’ordre adoptés par la course Maratona dles Dolomites (qui peuvent être légèrement ajustés selon le programme de l’année), afin de ressentir le rythme soigneusement conçu par les organisateurs de courses professionnelles.
Section d’ascension depuis Corvara : Partir de Corvara en direction du col Campolongo constitue une section d’échauffement relativement douce, permettant au corps et aux jambes de monter progressivement en régime.
Section Arabba – Pordoi : C’est l’une des ascensions les plus emblématiques de tout le circuit. Les lacets successifs gravent la route dans la paroi rocheuse ; plus on monte, plus la végétation se raréfie et plus le panorama s’élargit, jusqu’à atteindre le sommet où se dresse le monument rendant hommage à Coppi.
Section Canazei – col Sella : Après avoir rejoint le val di Fassa, on bifurque vers le col Sella. L’effet visuel saisissant des parois rocheuses géantes de part et d’autre constitue le segment le plus spectaculaire de tout le circuit sur le plan du paysage.
Section Selva – col Gardena : Une succession d’épingle à cheveux non numérotées met à l’épreuve la capacité du cycliste à gérer son rythme ; s’ajoute à cela un trafic estival relativement dense, exigeant une vigilance particulière dans l’analyse des conditions de route.
Estimation de la dépense énergétique quotidienne et répartition de l’effort
La distance d’un tour du circuit du Sella n’est pas très longue (environ 55 kilomètres), mais comme elle concentre quatre cols successifs, la densité d’ascension y est très élevée. À partir d’un modèle physique, voici une estimation des performances prévisibles sur le col Pordoi (versant Arabba, 9,4 km, dénivelé de 637 m, pente moyenne d’environ 6,8 %) selon différents niveaux de capacité :
| Rapport puissance/poids | Profil correspondant | Temps d’ascension estimé | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Débutant terminant le parcours | Environ 1 h 06 | Environ 8,6 km/h |
| 2,5 W/kg | Amateur moyen | Environ 53 min | Environ 10,6 km/h |
| 3,0 W/kg | Confirmé | Environ 45 min | Environ 12,6 km/h |
| 4,0 W/kg | Niveau compétition | Environ 35 min | Environ 16,3 km/h |
| 5,0+ W/kg | Niveau professionnel | Environ 29 min | Environ 19,8 km/h |
(Estimation basée sur un modèle physique avec un poids total de 79 kg, un coefficient de résistance au roulement d’environ 0,005, une surface frontale d’environ 0,32 m² et un rendement de transmission d’environ 0,975 ; sans tenir compte du vent, de l’état de la route ni de la température. Simple référence indicative.)
Si l’on considère l’ensemble du circuit (environ 55 km, dénivelé d’environ 1 780 m) comme une sortie d’une journée, la conversion du travail mécanique en dépense calorique métabolique (avec un rendement métabolique estimé à environ 22 %) donne approximativement :
| Niveau de pratique | Puissance moyenne estimée | Temps de parcours estimé | Dépense calorique métabolique approximative |
|---|---|---|---|
| Amateur moyen | Environ 170 W | Environ 4 à 4 h 30 | Environ 2 900 à 3 000 kcal |
| Cycliste confirmé | Environ 210 W | Environ 3 à 3 h 30 | Environ 2 800 à 2 900 kcal |
(Ce qui précède est une estimation issue d’un modèle physique et métabolique simplifié, fournie à titre indicatif uniquement ; les valeurs réelles varient selon les différences individuelles et les conditions environnementales.)
Ce tableau met en évidence un point essentiel : boucler le circuit du Sella en une seule journée représente, pour un cycliste ayant une base correcte en montagne, une charge physique en réalité inférieure à celle des journées alpines lourdes évoquées précédemment. C’est aussi pourquoi de nombreux cyclistes recommandent d’inscrire le circuit du Sella comme une journée « relativement facile » au sein d’un programme de trois à cinq jours, afin de réserver ses forces pour les autres enchaînements de cols plus longs du séjour.
Programme approfondi de trois à cinq jours dans les Dolomites
La plupart des cyclistes qui visitent les Dolomites ne se contentent pas d’un seul tour du circuit du Sella avant de repartir. Ils utilisent ce circuit comme noyau central et l’étendent en reliant d’autres cols renommés des environs, pour composer un programme approfondi de trois à cinq jours :
| Jour | Thème suggéré | Intensité | Points clés |
|---|---|---|---|
| Jour 1 | Arrivée puis sortie tranquille pour se familiariser avec la topographie de la vallée et l’altitude | Faible | S’acclimater à l’altitude, éviter de forcer dès le premier jour |
| Jour 2 | Circuit complet du Sella (quatre cols) | Élevée | Étape centrale ; choisir de préférence un jour à météo stable |
| Jour 3 | Extension vers les cols Falzarego et Valparola | Moyenne à élevée | Élargir le réseau de routes, découvrir des terrains plus variés |
| Jour 4 | Extension en direction du col Giau (Passo Giau) | Élevée (l’un des segments les plus raides de toute la région) | Si la condition physique le permet, programmer ce col, le plus exigeant du secteur |
| Jour 5 | Sortie de récupération ou journée touristique | Faible | Laisser le corps récupérer après l’enchaînement de fortes intensités |
Ce tableau est un cadre conceptuel ; en pratique, il peut être ajusté en fonction de la condition physique de chacun, de la météo et des points de chute. L’essentiel est de ne pas programmer chaque journée comme un défi de haute intensité : alterner avec des journées de récupération augmente considérablement le taux de réussite et le plaisir de l’ensemble du voyage.
Considérations pratiques sur l’équipement et la stratégie de ravitaillement
Le profil « cols rapprochés sur courte distance » du circuit du Sella a également des implications pratiques pour le choix de l’équipement. Comme on peut enchaîner trois à quatre ascensions dans la même journée, il est conseillé d’opter pour un développement plutôt souple, afin de maintenir une cadence de pédalage stable malgré les montées successives et de réduire le risque de fatigue musculaire prématurée. Bien que les descentes soient courtes individuellement, l’alternance de quatre montées et descentes successives sollicite considérablement le refroidissement du système de freinage ; il est recommandé de vérifier avant le départ l’état des patins et l’usure des plaquettes.
Côté ravitaillement, les villages de montagne et les sommets des cols du circuit du Sella disposent pour la plupart de restaurants ou de points de ravitaillement, contrairement à certaines routes de montagne plus isolées. En théorie, il n’est donc pas nécessaire d’emporter une grande quantité de provisions pour boucler le circuit en une journée. En revanche, si vous prévoyez de prolonger l’itinéraire en reliant les cols environnants sur plusieurs jours, il reste conseillé d’emporter suffisamment de gels énergétiques ou de nourriture de route, afin d’éviter que les horaires d’ouverture ou les fermetures hebdomadaires des commerces ne perturbent votre rythme de ravitaillement (horaires précis et produits proposés : veuillez vous référer à la situation réelle lors de votre visite ; cet article ne fait aucune recommandation d’établissement particulier).
Le point de vue des cyclistes taïwanais : en quoi la logique du terrain diffère-t-elle de celle du Hehuanshan et du Wuling ?
La plage d’altitude des quatre cols du circuit du Sella (environ 1 875 à 2 239 m) est légèrement inférieure à celle du massif principal du Hehuanshan à Taïwan, et nettement inférieure à celle du Wuling — le Wuling culmine à environ 3 275 m, point le plus élevé du réseau routier taïwanais. Toutefois, la logique du défi posé par le circuit du Sella diffère de celle d’une unique longue montée taïwanaise : il s’agit d’un enchaînement de cols « rapprochés sur courte distance », avec quatre montées et descentes successives dans la même journée. Ces oscillations répétées d’altitude sollicitent la récupération cardio-respiratoire et musculaire selon une logique d’entraînement différente de celle d’une montée continue et interminable à Taïwan (comme le Wuling, que l’on grimpe d’une traite).
Pour la préparation, il est conseillé de s’inspirer du profil de la route transcentrale taïwanaise (secteur de Guguan à Dayuling), caractérisé par « des montées et descentes successives, avec de brèves respirations en descente avant d’enchaîner immédiatement une autre ascension ». Ce type d’entraînement reproduit plus fidèlement la sensation réelle du circuit du Sella qu’un simple travail sur une longue montée unique.
Principes généraux de préparation avant le départ
- Saison et période d’ouverture : Les cols d’altitude des Dolomites sont également fermés en hiver ; la période d’ouverture dépend de l’enneigement et de la fonte des neiges de l’année. Avant le départ, il est impératif de consulter les annonces officielles les plus récentes concernant l’état d’ouverture.
- Acclimatation à l’altitude : Les quatre cols se situent au-dessus de 2 000 m. Si vous vous entraînez habituellement à basse altitude, prévoyez un à deux jours d’acclimatation avant de tenter le circuit complet.
- Circulation et trafic : En haute saison estivale, le circuit du Sella est un itinéraire touristique très prisé des motards et des automobilistes ; le flux de véhicules n’est pas négligeable, particulièrement aux abords du col Gardena. Redoublez de vigilance pendant la pratique.
- Points de chute : Les villages de vallée comme Corvara, Selva et Canazei sont les bases privilégiées de la plupart des cyclistes, pratiques pour rayonner autour du circuit du Sella. Pour les réservations, veuillez vous référer aux sites officiels des établissements locaux.
Rappel de sécurité
- La météo en montagne change rapidement : l’après-midi d’été dans les Dolomites est également propice aux orages et aux rafales de vent. Il est recommandé de planifier les ascensions de la boucle complète le matin, afin d’éviter la période de forte convection de l’après-midi.
- Circulation dense au col Gardena : avec ses 19 virages en épingle à cheveux successifs et l’afflux touristique, il est impératif de maîtriser sa vitesse à la descente et de ne pas doubler ou franchir la ligne blanche dans les virages à visibilité réduite.
- Forts écarts de température en altitude : même en été, les cols au-dessus de 2 000 mètres peuvent être très froids tôt le matin et la nuit. Pour les longues descentes, emportez impérativement une couche coupe-vent et chaude.
- Gestion de l’effort sur les cols successifs : si vous envisagez d’attaquer quatre cols en une seule journée, conservez suffisamment d’énergie pour la seconde partie du parcours. Ne donnez pas tout dès le premier col, au risque d’une fatigue extrême sur les sections suivantes et d’un risque accru d’accident.
- Vérification de l’équipement : après plusieurs jours d’utilisation intensive du système de freinage, vérifiez chaque matin l’état des plaquettes de frein et la pression des pneus. Les ressources de ravitaillement et de secours en montagne sont relativement limitées.
- Le mal de l’altitude varie selon les individus : si vous ressentez des maux de tête inhabituels, des nausées ou un essoufflement au-dessus de 2 000 mètres, ralentissez immédiatement ou redescendez en altitude. Consultez un médecin si nécessaire. Ne forcez jamais pour terminer l’étape du jour. Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas un avis médical professionnel.
Défi supplémentaire : le col Giau, le plus redouté de toute la région
Si vous avez encore de l’énergie dans un itinéraire de trois à cinq jours, la plupart des cyclistes expérimentés recommandent d’inclure le col Giau (Passo Giau) dans le programme — bien qu’il ne fasse pas partie des quatre cols de la boucle Sella, il est géographiquement proche et est reconnu comme l’un des cols les plus pentus de toute la région des Dolomites. Il figure régulièrement dans les étapes de montagne du Tour d’Italie. Sur la base d’un modèle physique, en prenant les chiffres couramment cités d’environ 9,9 km et 1 000 mètres de dénivelé (pente moyenne d’environ 10 %), cette pente dépasse déjà la moyenne des quatre cols de la boucle Sella :
| Rapport poids/puissance | Profil du cycliste | Temps de montée estimé | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Débutant terminant le parcours | Environ 1 h 39 min | Environ 6,0 km/h |
| 3,0 W/kg | Intermédiaire | Environ 1 h 07 min | Environ 8,9 km/h |
| 4,0 W/kg | Niveau compétition | Environ 51 min | Environ 11,7 km/h |
(Également estimé à l’aide d’un modèle physique, à titre indicatif uniquement ; les différentes sources divergent légèrement sur la longueur exacte et le dénivelé du col Giau. Veuillez vous référer aux panneaux sur place et aux annonces officielles.)
Si votre condition physique et votre emploi du temps le permettent, intégrer le col Giau à l’une des journées de votre itinéraire enrichira considérablement l’expérience complète de votre voyage dans les Dolomites — mais évaluez soigneusement votre état et ne vous lancez pas sur les pentes les plus raides de la région sous l’effet de la fatigue accumulée lors des journées de montée successives.
Conclusion : une boucle, deux âmes
Ce qui rend la boucle Sella si fascinante, c’est peut-être qu’elle incarne deux philosophies sportives totalement différentes — l’hiver, c’est un paradis pour les skieurs qui profitent de la vitesse et des paysages enneigés en remontées mécaniques ; l’été, c’est un terrain d’épreuve où les cyclistes sur route conquièrent les quatre cols centimètre par centimètre à la force des jambes. Lorsque vous terminez la dernière descente, que vous revenez à la ville de montagne de départ et que vous contemplez la route qui encercle complètement le massif du Sella, ce sentiment d’accomplissement d’« avoir réalisé quelque chose par les moyens les plus primitifs » vous fera comprendre pourquoi cette boucle attire skieurs et cyclistes, année après année.
Si vous planifiez votre prochain voyage cycliste en Europe, la boucle Sella offre une excellente option « offensive et défensive » : vous pouvez vous contenter d’un seul tour de boucle comme défi d’une journée bien soutenu, ou l’utiliser comme noyau pour prolonger votre voyage en un périple de trois à cinq jours au cœur des Dolomites. Quelle que soit l’option choisie, le bitume sous ces sommets dentelés gris-blanc mérite que vous le planifiiez sérieusement.
Liste d’actions
- Planifiez un itinéraire de trois à cinq jours selon la durée de vos vacances, avec la boucle Sella comme noyau, et étendez-vous aux cols environnants comme Falzarego et Giau selon votre condition physique
- Prévoyez une période d’acclimatation à l’altitude avant le départ, évitez de vous attaquer à la boucle complète dès le premier jour
- À l’entraînement, simulez un terrain « vallonné avec montées successives » (comme la section Guanguan à Dayuling du Cross-Island Highway central à Taïwan), plus proche des sensations réelles qu’un simple entraînement en longue montée
- Planifiez les ascensions le matin pour éviter les orages de convection de l’après-midi
- Sur les sections à forte circulation comme le col Gardena, contrôlez strictement votre vitesse à la descente
- Si vous avez l’énergie pour relever le défi du col Giau, évaluez soigneusement votre niveau de fatigue après les journées de montées successives et mesurez vos forces
- Emportez suffisamment de couches coupe-vent et chaudes pour faire face à la chute brutale des températures lors des descentes en haute altitude, et soyez attentif à votre propre réaction à l’altitude ; en cas de malaise inhabituel, consultez immédiatement un médecin
Lectures complémentaires
- L’itinéraire classique des Dolomites : les quatre cols du Sella Ronda et la géographie du rythme
- Dolomites, Italie : les plus belles routes cyclistes du monde
- Pèlerinage cycliste à l’étranger : notes sur la conquête des Dolomites italiennes
- Le joyau de la couronne des Dolomites : le col Pordoi (Passo Pordoi) et le guide complet de la boucle des quatre cols du Sella Ronda
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