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La montée la plus dure d'Australie : Mount Baw Baw, un début qui vous berce, puis une pente à 20,6 % qui vous donne envie de descendre du vélo et de marcher

騎行路線

Une montée qui « trompe » son monde

Beaucoup de cyclistes taïwanais ont gravi le Wuling et ont entendu les légendes du Beihang et du Nanheng, mais si l’on demande « quelle est la montée la plus dure d’Australie », la réponse désignera dans neuf cas sur dix le même endroit : Mount Baw Baw. Elle n’est pas dans les Alpes australiennes, ni dans les Pyrénées, et n’a même jamais été sélectionnée comme étape par aucune course cycliste, mais elle est consacrée par le bouche-à-oreille des cyclistes australiens comme « la montée cycliste la plus dure d’Australie » (the hardest bike climb in Australia) — cette affirmation se retrouve sur plusieurs sites indépendants de bases de données de cols et sur le site officiel de la station du Mt Baw Baw, ce qui constitue un rare consensus dans le milieu cycliste australien.

Sa difficulté ne réside pas dans sa longueur — 12,5 kilomètres, bien moins que n’importe quel segment entre le point d’attaque et le sommet du Wuling — mais dans sa « double personnalité ». La première moitié ressemble à une douce route de campagne, avec une pente moyenne d’environ 4 % seulement, et beaucoup de cyclistes venus la défier pour la première fois se disent ici « la légende est peut-être exagérée ». Puis, après avoir dépassé un point de repère appelé The Gantry, la route semble changer de personnalité : sur les 6,5 kilomètres suivants, la pente moyenne grimpe à 11,4 %, et au milieu se trouve un virage en épingle à cheveux surnommé Winch Corner par les cyclistes locaux, où la pente atteint directement 20,6 %. Au moment où vous réalisez que vous avez été trompé, il n’y a plus de retour en arrière possible — car faire demi-tour implique aussi de grimper pour ressortir.

Cette structure de montée « d’abord la courtoisie, ensuite la manière forte » est en réalité complètement à l’opposé de la logique des montées que connaissent bien les cyclistes taïwanais. Le Wuling par l’ouest est une ascension continue, le Fengguizui est une pente moyenne régulière, mais Baw Baw est ce genre d’itinéraire qui vous laisse totalement relâcher votre vigilance avant de porter le coup fatal, et une partie de sa puissance destructrice vient de « l’effet de surprise ».

Informations de base sur l’itinéraire

Élément Contenu
Pays / massif État de Victoria, Australie, région de Gippsland, contreforts du plateau Baw Baw de la Great Dividing Range
Point de départ Au sud de Tanjil Bren, près du pont où la Mt Baw Baw Tourist Road (C426) croise un affluent de la Tanjil River
Point d’arrivée Entrée de la station Mt Baw Baw Alpine Resort
Longueur totale Environ 12,3–12,5 kilomètres (légères variations selon les bases de données, dues à des différences de point de départ)
Dénivelé total Environ 960–962 mètres
Pente moyenne globale Environ 7,7–7,8 %
Segment difficile (The Gantry au sommet) Environ 6,5 kilomètres, pente moyenne d’environ 11,4–11,5 %
Pente maximale Environ 20,6 % (près de Winch Corner, données de la page officielle du 7-Peaks Challenge)
Altitude au sommet Environ 1 400 mètres (le pic principal du Mount Baw Baw culmine à environ 1 567 mètres, mais la station et le terminus de la route sont légèrement plus bas que le pic principal ; les sources divergent légèrement sur la définition de « l’altitude du terminus », qui se situe autour de 1 390–1 400 mètres)
Origine de la notoriété Aucun palmarès de course professionnelle ; la notoriété provient principalement du titre de « montée la plus dure d’Australie » reconnu par la communauté cycliste, ainsi que de l’événement cycliste annuel 7-Peaks Challenge organisé officiellement par la station

Note sur les données : cette route n’étant pas un segment fixe d’aucune compétition professionnelle, les différentes bases de données de cols (par exemple les sites spécialisés dans la collecte de données sur les montées du monde entier) divergent sur la définition du « point de départ » — certains partent du pont au pied de la montagne, d’autres d’une intersection légèrement plus loin, ce qui entraîne de légères différences décimales dans la longueur et le dénivelé total. Cet article adopte les chiffres qui apparaissent dans plusieurs sources indépendantes et dont les écarts restent dans une fourchette raisonnable (erreur inférieure à environ 2 %), et tous sont précédés de la mention « environ » dans le texte. Si vous comptez réellement relever le défi, fiez-vous impérativement aux bornes kilométriques sur place et à vos enregistrements GPS.

Décomposition par segments : la douceur de la première moitié, pour vous faire souffrir davantage

Premier segment : l’illusion de l’échauffement (0–5,5 / 5,7 km, pente moyenne d’environ 4 %)

Le départ se situe près du pont de Tanjil Bren, la route s’élève doucement le long de la vallée, la pente est douce, les virages sont ouverts, et de chaque côté s’étendent les forêts tempérées d’eucalyptus typiques de l’État de Victoria. Cette section est relativement plane, idéale pour vérifier ses provisions, ajuster son rythme et laisser le corps entrer en condition. Beaucoup de cyclistes qui affrontent cette route pour la première fois commettent ici une erreur stratégique : la pente étant trop douce, ils ne peuvent s’empêcher de pédaler avec une puissance trop élevée, se disant « à ce niveau de difficulté, je devrais pouvoir tenir tout du long ». C’est un piège — la pente qui suit vous fera payer cher votre optimisme du début.

Deuxième segment : The Gantry, la ligne de partage des eaux (environ 5,5–7,5 km)

C’est ici que le caractère de l’itinéraire bascule. Après avoir dépassé le point de repère The Gantry, la route commence à s’élever continuellement, la pente passant progressivement de ses doux chiffres à un seul chiffre à une fourchette de 8–10 %. Cette section d’environ 2 kilomètres est une transition à la fois physique et mentale — les jambes commencent à sentir le poids, la respiration devient rythmée, mais on n’est pas encore dans la vraie souffrance. Les cyclistes expérimentés recommandent de commencer ici à rétrograder et à ralentir le rythme, car la véritable épreuve est encore à venir.

Troisième segment : la page de l’enfer (environ 7,5–8,3 km, Winch Corner)

C’est le point culminant de tout l’itinéraire, et le segment unanimement désigné comme « le plus douloureux » par de nombreux récits de sorties. Au kilomètre 7,5 se trouve un virage à gauche, puis vers le kilomètre 8,3 on atteint l’épingle à cheveux surnommée Winch Corner, dont la pente peut atteindre 20,6 % selon les données de la page officielle de l’événement de la station. Que représente 20,6 % ? Si vous avez déjà gravi les pentes près de Balaka sur la route Yangjin, ou certaines courtes pentes raides du Beiyi, vous pouvez à peu près imaginer cette sensation de « roue avant prête à décoller, roue arrière prête à patiner » — la différence, c’est que cette pente raide du Baw Baw n’est pas un bref passage de quelques dizaines de mètres, mais qu’elle s’étend sur une distance considérable, vous forçant à tenir avec le plus petit braquet, presque debout sur les pédales.

De nombreux récits de sorties mentionnent la nécessité d’utiliser une technique de « zigzag » (switchback) sur ce segment pour réduire la pente instantanée et diminuer la tension musculaire continue — une stratégie similaire à celle adoptée en randonnée en montagne face à des pentes extrêmement raides, qui consiste à allonger le trajet latéral pour atténuer la pente verticale, à condition que la route soit assez large, qu’aucun véhicule n’arrive derrière, et uniquement lorsque la sécurité est assurée.

Quatrième segment : les derniers sursauts (environ 8,3–11,9 km)

Après Winch Corner, la pente reste sévère, et l’ensemble du segment de 6,5 kilomètres de The Gantry à l’entrée de la station affiche une pente moyenne de 11,4–11,5 %, ce qui signifie que même en évitant la portion la plus raide, vous devez tenir sur une route à pente à deux chiffres pendant plus de six kilomètres. L’état de la chaussée sur ce segment est également un sujet très discuté : de nombreux récits de sorties mentionnent des « nids-de-poule et des branches mortes assez nombreux », surtout après la pluie ou les vents violents, et il est recommandé de vérifier l’état de la route à l’avance, en évitant de relever le défi par mauvais temps ou juste après de fortes pluies.

Cinquième segment : la dernière ligne droite (environ 600–700 mètres finaux)

Sur le dernier tronçon avant d’entrer dans le domaine de la station, la pente s’adoucit enfin nettement, offrant un répit aux jambes épuisées, avant d’atteindre l’entrée du Mt Baw Baw Alpine Resort. La station elle-même se trouve déjà en zone subalpine, et même en été, la température au sommet peut être de plusieurs degrés inférieure à celle du point de départ ; le vent de montagne et l’humidité font également chuter brutalement la température ressentie, un point qui sera détaillé plus loin dans les consignes de sécurité.

Un plateau perpétuellement humide : contexte géographique et historique du Baw Baw

Le plateau de Baw Baw est une ramification de la Great Dividing Range dans l’État de Victoria. Le sommet principal du Mount Baw Baw culmine à environ 1 567 mètres, ce qui n’est pas particulièrement élevé parmi les montagnes de l’Australie continentale, mais sa position géographique, proche du détroit de Bass (Bass Strait) au sud, lui confère une nette influence du climat océanique. La région montagneuse est perpétuellement humide, pluvieuse et enveloppée de nuages et de brume, avec des précipitations annuelles parmi les plus élevées d’Australie continentale. Ce type de climat a façonné l’écosystème végétal subalpin unique du plateau, et fait du parc national de Baw Baw un site majeur pour la randonnée et l’écotourisme — le parc couvre environ 133 kilomètres carrés, englobant de vastes marais alpins, des forêts d’eucalyptus des neiges et des broussailles subalpines.

Selon les archives historiques, le premier explorateur européen à avoir laissé un récit clair de son ascension du Baw Baw est le célèbre botaniste germano-australien Baron Ferdinand von Mueller, au milieu du XIXe siècle. Il a atteint le sommet lors d’une expédition de collecte botanique dans les années 1860. L’itinéraire de l’époque n’était bien sûr pas la route touristique goudronnée et entièrement aménagée d’aujourd’hui, mais un parcours d’exploration traversant des forêts primaires. Cette histoire explique aussi pourquoi le Baw Baw conserve encore aujourd’hui un caractère relativement sauvage et peu fréquenté — même si la station elle-même s’est développée en un pôle d’activités de ski et de plein air estival, les forêts environnantes et le parc national restent largement à l’état naturel. C’est aussi pourquoi pédaler sur cette route procure un sentiment de solitude « au cœur de la nature sauvage », un contraste total avec l’ambiance de nombreux cols européens réputés, où les villages et les points de ravitaillement se succèdent le long du parcours.

Pour le cycliste, ce « sentiment de nature sauvage » est à la fois un attrait et une source de risque : les points de ravitaillement sont rares tout au long du parcours. En cas d’épuisement ou de panne d’équipement, contrairement à l’ascension ouest du Wuling où l’on trouve des points d’appui comme Cingjing ou Cuifeng, la montée du Baw Baw est presque entièrement déserte. C’est pourquoi la vérification de l’équipement et la planification du ravitaillement sont particulièrement cruciales sur cet itinéraire.

Stratégie de braquet et de pédalage : comment répartir votre énergie

Face à un parcours « doux dans la première moitié, brutal dans la seconde », la planification du braquet et de la stratégie de pédalage est plus importante que la simple condition physique. De nombreux comptes rendus de sorties recommandent aux challengers de préparer un braquet plus léger que celui utilisé habituellement en montée, avec une recommandation courante autour de 34×28 ou moins (c’est-à-dire le petit plateau associé à une grande cassette). La raison est simple : la section difficile maintient une pente supérieure à 11 % sur 6,5 kilomètres consécutifs. Si le braquet n’est pas assez léger, les genoux et les quadriceps risquent de développer douleurs voire crampes dès le milieu du parcours, et les 20,6 % du secteur de Winch Corner nécessitent un braquet extrêmement léger pour maintenir une cadence efficace.

Concrètement, la stratégie peut se décomposer en trois phases mentales :

Première phase (0–5,5 km) : réduire délibérément la puissance de sortie, en maintenant la fréquence cardiaque légèrement en dessous de son seuil lactique personnel. Même si l’on sent qu’on « pourrait rouler plus vite », il faut résister. L’objectif de ce segment n’est pas de gagner du temps, mais de préserver le glycogène musculaire et la réserve cardio-respiratoire nécessaires pour la suite.

Deuxième phase (The Gantry jusqu’à Winch Corner) : une fois entré dans les pentes à deux chiffres soutenues, il est recommandé de passer à un mode de pédalage « principalement assis, debout en appoint » — pédaler longtemps en danseuse peut augmenter instantanément la puissance, mais accélère aussi la montée de la fréquence cardiaque et l’accumulation de fatigue musculaire. Cette technique est adaptée aux virages les plus raides ; le reste du temps, restez assis, allongez le rythme respiratoire et laissez les muscles du tronc assumer une partie de la charge.

Troisième phase (après Winch Corner jusqu’à l’arrivée) : à ce stade, le corps est généralement déjà assez fatigué. Il est recommandé de déplacer son attention de la « gestion de l’allure » vers le « maintien d’une cadence ininterrompue ». Mieux vaut rouler plus lentement que de laisser la cadence chuter au point de devoir s’arrêter complètement, voire mettre pied à terre — car sur une pente supérieure à 15 %, une fois complètement arrêté, la puissance instantanée nécessaire pour redémarrer est bien supérieure à celle requise pour maintenir une progression dynamique, ce qui risque de provoquer un second effondrement.

Côté ravitaillement, comme il n’y a pratiquement aucun commerce ni point d’eau sur le parcours, il est recommandé de préparer suffisamment de bidons, de gels énergétiques et de compléments électrolytiques avant le départ, en prévoyant « le double du temps de parcours estimé » comme marge de sécurité — si votre objectif se situe autour d’une heure, prévoir au moins deux heures de provisions en eau et en calories est une approche prudente et raisonnable.

Estimation de la puissance et de l’allure : quelle capacité de grimpeur faut-il pour monter ?

Le modèle physique ci-dessous estime le temps nécessaire à des cyclistes de différents niveaux pour gravir l’intégralité du Mount Baw Baw (12,5 km / 962 m de dénivelé, pente moyenne d’environ 7,7 %). Il ne s’agit pas de données mesurées par des cyclistes ayant réalisé l’ascension, mais de valeurs théoriques calculées à partir des formules physiques standard de la montée. Les performances réelles varieront selon le gabarit, le vent, l’état de la route et les pauses.

Formule de calcul :

P = (Fg + Fr + Fa) × v / efficacité de transmission

Fg = m × g × sin(arctan(pente))      composante gravitationnelle
Fr = m × g × cos(arctan(pente)) × Crr   résistance au roulement
Fa = 0,5 × ρ × CdA × v²              résistance aérodynamique

Paramètres hypothétiques :

  • Masse totale m = cycliste 70 kg + vélo et équipement 9 kg = 79 kg
  • Accélération gravitationnelle g = 9,81 m/s²
  • Coefficient de résistance au roulement Crr ≈ 0,005 (pneus de route sur asphalte ; mais comme mentionné plus haut, certaines sections du Baw Baw présentent des nids-de-poule et des branches, la résistance réelle peut être légèrement supérieure)
  • Coefficient de traînée et surface frontale CdA ≈ 0,32 m² (position de grimpeur)
  • Densité de l’air ρ ≈ 1,15 kg/m³ (ajustée pour la plage d’altitude moyenne d’environ 1 000–1 400 m ; au niveau de la mer, elle est d’environ 1,225 kg/m³)
  • Efficacité de transmission ≈ 0,975

En exécutant ce modèle avec Python (P = (Fg+Fr)v + 0,5ρCdA·v³, en résolvant v par bissection), on obtient les résultats suivants :

Parcours complet : 12,5 km / pente moyenne de 7,7 %

Rapport poids-puissance Profil correspondant Temps d’ascension estimé Vitesse moyenne
2,0 W/kg Débutant qui termine Environ 87 minutes Environ 8,6 km/h
2,5 W/kg Amateur moyen Environ 70 minutes Environ 10,7 km/h
3,0 W/kg Avancé Environ 59 minutes Environ 12,7 km/h
4,0 W/kg Niveau compétition Environ 45 minutes Environ 16,5 km/h
5,0 W/kg Niveau professionnel Environ 37 minutes Environ 20,1 km/h

Section difficile : The Gantry jusqu’au sommet, 6,5 km / pente moyenne de 11,4 %

Rapport poids-puissance Temps estimé Vitesse moyenne
2,0 W/kg Environ 65 minutes Environ 6,0 km/h
2,5 W/kg Environ 52 minutes Environ 7,5 km/h
3,0 W/kg Environ 44 minutes Environ 9,0 km/h
4,0 W/kg Environ 33 minutes Environ 11,8 km/h
5,0 W/kg Environ 27 minutes Environ 14,6 km/h

Il est intéressant de noter que sur la section la plus raide à 20,6 %, même un cycliste avancé à 3,0 W/kg ne maintiendra qu’une vitesse instantanée d’environ 5 km/h — ce qui se rapproche de la vitesse de marche. Cela signifie que sur ce segment, un rythme de pédalage stable est bien plus important que la recherche de vitesse. Les estimations ci-dessus proviennent d’un modèle physique et ne tiennent pas compte du vent, des nids-de-poule, des différences de gabarit ni de la fatigue mentale ; les temps réels varieront donc, et ces chiffres ne servent qu’à se préparer mentalement.

Du point de vue d’un cycliste taïwanais : à quel point cette montée est-elle dure en comparaison ?

Si vous cherchez un point de comparaison « équivalent » à Taïwan, le segment costaud du Mount Baw Baw (6,5 km à 11,4 % de moyenne) se rapproche des pentes de certains passages raides du Fengguizui, mais avec une longueur supérieure et une pente plus soutenue — le Fengguizui est globalement une montée douce entrecoupée de quelques raidillons, alors que le segment costaud du Baw Baw, c’est « six kilomètres et demi presque sans répit ». Pour comparer avec les pentes instantanées de 15 à 20 % de certains virages serrés du Beiyi ou du col P du Yangjin, le Winch Corner du Baw Baw est de ce niveau-là, sauf qu’à Taïwan, ce genre de section ne dure généralement que quelques dizaines de mètres, alors que le Baw Baw vous fait tenir sur ce type de pente bien plus longtemps.

L’ascension ouest du Wuling, avec sa longueur totale et son dénivelé bien supérieurs à ceux du Baw Baw (l’itinéraire principal du Wuling dépasse facilement les cent kilomètres et les 2 000 mètres de dénivelé), n’est pas vraiment un défi du même ordre — le Wuling teste l’endurance et l’adaptation à la chaleur sur la durée, tandis que le Baw Baw teste votre capacité à produire suffisamment de puissance sur une courte période pour tenir des pentes extrêmes. C’est un peu comme si l’on extrayait la section la plus dure du Wuling et qu’on la répétait sur six kilomètres. Pour les cyclistes taïwanais, si vous pouvez maintenir une puissance élevée et stable sans craquer sur des routes comme le Fengguizui ou la Balaka, vous avez probablement déjà les bases pour relever le segment costaud du Baw Baw. Il est néanmoins conseillé de faire un test d’effort sur une pente similaire à Taïwan pour déterminer votre puissance maximale sur les longues montées à plus de 10 %, avant d’envisager de prendre l’avion pour ce défi.

Conseils pratiques pour s’y rendre

Saison : ici, il faut particulièrement attirer l’attention des cyclistes taïwanais sur un point facile à négliger — les saisons de l’hémisphère sud sont exactement l’inverse de celles de Taïwan. L’hiver dans l’État de Victoria, en Australie, correspond à l’été taïwanais (environ de juin à août). Le plateau du Mount Baw Baw reçoit des chutes de neige en hiver, et le sommet abrite d’ailleurs une station de ski. Pendant cette période, la route peut être impraticable pour un vélo de route en raison de la neige ou du verglas, voire fermée. À l’inverse, l’été australien (environ de décembre à février de l’année suivante, c’est-à-dire l’hiver taïwanais) est la saison relativement stable et propice à ce défi. Si vous envisagez un voyage à « contre-saison », vérifiez bien que la saison est totalement inversée par rapport à Taïwan, et consultez les annonces officielles de la station de ski pour connaître les dernières conditions routières et météorologiques avant le départ. Ne vous fiez pas à votre intuition saisonnière taïwanaise pour juger des conditions routières australiennes.

Adaptation à l’altitude : l’arrivée se situe à environ 1 400 mètres d’altitude. Pour les cyclistes qui s’entraînent toute l’année en plaine ou à basse altitude à Taïwan, la différence ressentie sur une courte période vient principalement de la chute brutale de température et de l’augmentation du vent, plutôt que d’un mal d’altitude évident (on considère généralement que les réactions physiologiques notables à l’altitude ne deviennent significatives qu’au-delà de 2 500 mètres, et cela varie selon les personnes). Il est tout de même conseillé de laisser à votre corps un temps d’adaptation après l’arrivée, et de ne pas vous lancer dans le défi immédiatement après l’atterrissage.

Location de vélo et ravitaillement : nous ne fournissons pas ici de tarifs précis de location, d’horaires d’ouverture ou d’informations sur les navettes, car ces informations évoluent rapidement. Fiez-vous aux annonces officielles et aux informations les plus récentes des magasins de vélo locaux avant votre départ. Dans l’ensemble, le Baw Baw étant relativement isolé (à environ deux heures de route du centre de Melbourne), il est conseillé d’intégrer une certaine flexibilité pour le transport et l’hébergement dans la planification de votre itinéraire, sans trop serrer les délais.

Rappel de sécurité : les risques de cette route ne se limitent pas à la pente

Changements météo soudains

La région du plateau du Baw Baw bénéficie d’un climat océanique tempéré, avec des précipitations annuelles parmi les plus élevées d’Australie. Le sommet est caractérisé par une humidité élevée et des nuages fréquents toute l’année ; le temps peut changer radicalement. Même si le départ se fait par un beau temps ensoleillé, vous pouvez rencontrer du brouillard, de la pluie, voire des rafales de vent en montant vers le sommet, ce qui affecte particulièrement la descente.

Risques à la descente

De nombreux comptes rendus de sorties mentionnent spécifiquement le danger de la descente. Certains cyclistes décrivent « sentir une odeur de plaquettes de frein brûlées » pendant la descente — cela indique une charge thermique très importante sur le système de freinage en descente continue. Les cyclistes équipés de freins à disque doivent particulièrement surveiller la perte d’efficacité due à une température d’huile trop élevée (le fameux « brake fade »). Il est recommandé de freiner par à-coups sur les longues descentes plutôt que de maintenir une pression constante, afin de laisser aux plaquettes et aux disques le temps de refroidir. Les cyclistes équipés de freins sur jante doivent, quant à eux, surveiller le risque de surchauffe du côté de la jante en aluminium.

État de la route

Comme mentionné précédemment, la route présente « pas mal de nids-de-poule et de branches tombées », et certaines sections traversent des zones forestières où des branches peuvent tomber sur la chaussée par vent fort. Il est conseillé d’éviter de rouler juste après de fortes rafales de vent ou de violents orages, et de maintenir une distance de visibilité suffisante vers l’avant.

Différences du code de la route

L’Australie est un pays où l’on conduit à gauche, contrairement à Taïwan où l’on conduit à droite. Ce point est particulièrement important à prendre en compte aux intersections et lors des croisements dans les épingles, où il faudra ajuster vos réflexes directionnels. Les vélos circulent également sur le côté gauche de la chaussée. Vos habitudes visuelles pour les dépassements et les croisements demanderont un temps d’adaptation. Il est conseillé de rouler quelques jours sur du plat après l’arrivée pour vous familiariser avec le rythme de la circulation à gauche avant de vous attaquer aux montées plus difficiles.

Climat d’altitude et risque d’hypothermie

Même en été (de décembre à février en Australie), la température au sommet peut être nettement inférieure à celle du point de départ, et l’effet de refroidissement éolien pendant la descente fera encore baisser la température ressentie. Il est conseillé, même pour un défi estival, d’emporter une veste coupe-vent légère pour éviter l’apparition de signes d’hypothermie (frissons, confusion mentale, ralentissement des mouvements) au sommet ou pendant la descente, surtout si vos vêtements de cyclisme sont trempés et que le vent est fort. Si un coéquipier présente ces symptômes, arrêtez-vous immédiatement pour le réchauffer et consultez un médecin si nécessaire. Ces rappels sont fournis à titre indicatif uniquement et ne remplacent pas un jugement professionnel sur place.

Conclusion : une montée qui impose le respect

Si le Mount Baw Baw a réussi à s’imposer comme « la montée la plus difficile d’Australie » grâce au bouche-à-oreille des cyclistes, sans l’aura d’une course professionnelle, c’est grâce à ce profil de route aux contrastes extrêmes — il ne gagne pas par sa longueur absolue, mais par sa conception rythmique « d’abord on te laisse te détendre, ensuite on te fait craquer », qui vous force à affronter un véritable test de volonté en montée.

Liste d’actions :

  • Vérifiez la saison avant le départ : en hiver australien (juin-août), le sommet peut être enneigé ; l’été (décembre-février) est la période relativement stable pour ce défi. N’oubliez pas que c’est l’exact inverse des saisons taïwanaises
  • Ne forcez pas sur les 5,5 premiers kilomètres sous prétexte que la pente est douce ; gardez des forces pour après The Gantry
  • Le segment costaud fait 6,5 km à 11,4 % de moyenne : prévoyez un braquet suffisamment bas (de nombreux comptes rendus recommandent du 34×28 ou plus bas)
  • La pente peut atteindre 20,6 % près du Winch Corner : si nécessaire, adoptez une trajectoire en zigzag pour réduire la pente instantanée, mais assurez-vous de la sécurité de la route et des autres usagers
  • Freinez par à-coups dans les descentes et surveillez la surchauffe du système de freinage
  • Emportez une veste coupe-vent légère pour faire face à la chute brutale de température et aux rafales au sommet
  • Habituez-vous à la circulation à gauche sur du plat pendant quelques jours avant de vous attaquer aux pentes raides
  • Consultez impérativement les dernières annonces officielles de la station de ski concernant l’état des routes et la météo avant le départ ; ne vous fiez pas à votre expérience personnelle

Les données d’itinéraire ci-dessus sont compilées à partir de plusieurs bases de données indépendantes sur les montées et des pages d’événements officielles de la station de ski. Des écarts raisonnables existent entre les chiffres ; pour le défi réel, fiez-vous aux panneaux sur place et aux annonces les plus récentes.

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